La prophétie de DOHRMAN WINGMAKERS

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre XXXI

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 31 – Adossé à une Pierre

Maia préparait un repas de ragoût de poissons avec l’aide de Simon, qui chantait une chanson dans une langue étrange que Maia ne reconnaissait pas.

Il coupait des champignons et ajoutait un mélange de racines – dont certaines semblaient mieux adaptées aux chevaux qu’aux humains.

La cabane dans laquelle Simon vivait était remarquablement propre et bien entretenue, et compte tenu de la période de temps durant laquelle il y avait vécu, c’était un prodige de fabrication, mais toutes les choses relatives à Simon pouvaient être considérées comme merveilleuses.

« Comment l’avez-vous construite ? », demanda Maia, sachant que sa question était vague, mais elle était curieuse de voir comment Simon répondrait.

« Vous êtes curieuse au sujet de ma longévité, je présume ? »

Maia acquiesça, en regardant dans la direction de Kamil qui dormait. Joseph était sorti dans le but de reconstituer leurs réserves d’eau, et de sorte que le calme et l’intimité étaient offerts à Simon, ce dont Maia était consciente.
Simon arrêta sa découpe momentanément, et ferma les yeux un instant pour accéder à un souvenir d’un temps très ancien. « Quand j’ai découvert l’Oracle, j’étais un jeune homme … »

Simon fit une pause pour se retrouver au milieu de ses souvenirs de l’époque. Ce sont les souvenirs d’une autre personne, pensa-t-il. « J’ai quitté la maison de mes parents quand la guerre devint impérieuse, cherchant plus de force pour écraser les villages d’Anterbury dans le sud- »

« Vous étiez dans la guerre ? », s’exclama Maia.

« Je me suis enfui. La seule bonne chose que la guerre m’a apportée est qu’elle m’a guidé vers une mission que je ne pouvais pas imaginer. »

« Vous êtes arrivé dans ces bois ? »

Simon acquiesça. « En ces jours, la forêt de Dohrman appartenait à la famille royale. Quand la guerre éclata, ceux qui étaient dissidents comme moi, ont fui vers le sanctuaire de la forêt, mais ils furent tués par les patrouilles du roi, ou moururent de faim. Toute personne trouvée dans la forêt était abattue à vue, car elle était supposée être dissidente, et les soldats du roi étaient toujours heureux de faire appliquer un décret royal, puisque chaque dissident mort valait deux lingots d’or. Ainsi, la forêt était assez … déserte. »

« Mais comment avez-vous trouvé l’Oracle au milieu de tout cela ? »

Simon retourna à sa découpe et regarda la lame dans sa main. Il se souvint de ce même couteau alors sa seule arme et source de survie alors qu’il taillait son chemin plus profondément dans la forêt, espérant passer inaperçu. La paranoïa fut mon salut alors.

« La nuit, je dormais dans les arbres. J’avais trop peur d’être découvert. Je savais que les soldats ne donneraient même pas la peine de me réveiller s’ils me trouvaient endormi, et les perspectives de me faire transpercer le cœur par une flèche pendant le sommeil … eh bien, ce n’est pas propice au sommeil. Alors, une nuit, j’essayais de préparer ma couche dans un arbre, le genre qui a de grosses branches en demi-cercle en haut de son tronc. J’étais allongé sur quelques branches offrant un soutien lorsque j’ai entendu du bruit. »

Simon arrêta à nouveau sa découpe alors que les souvenirs revenaient. « Le bruit provenait d’une petite patrouille, cherchant dans les bois. C’était la première que je visse depuis que j’avais pénétré dans les bois plusieurs semaines plus tôt, mais j’étais bien conscient de leurs pratiques au sujet des dissidents. »

« Qu’est-il arrivé ? », demanda Maia, cherchant les yeux de Simon, comme si elle s’attendait à voir la réponse avant qu’elle ne l’entende.

« Le problème était que j’avais laissé mes chaussures au pied de l’arbre. »

Maia tressaillit à la déclaration.

« Je pouvais monter beaucoup mieux avec mes pieds nus », répondit Simon aux yeux interrogateurs de Maia, « mais j’étais déjà haut dans l’arbre, et je n’avais pas le temps de descendre et ramasser mes chaussures. Je ne pouvais qu’espérer que les soldats prennent un chemin différent, ou que peut-être, dans la lumière du soir, ils marcheraient sans y prêter attention, mais chacun des soldats, et il y en avait environ cinq si mes souvenirs sont bons, avait une torche. »

« Qu’est-il arrivé ? »

« Ils sont arrivés sous l’arbre où j’étais, et ils ont trouvé mes chaussures, s’apercevant qu’elles étaient bien cossues, et certainement pas du genre de chaussures que l’on jetterait. Les soldats se mirent immédiatement en état d’alerte, se séparant pour trouver le propriétaire de ces chaussures. »

« Les soldats ont-ils levé les yeux ? »

Les yeux de Simon scintillaient pendant que le souvenir continuait à emplir son esprit. « Non. Pour une raison quelconque, l’idée que quelqu’un grimpât aux arbres dans les profondeurs de la forêt la nuit ne leur est pas venu à l’esprit. » Simon sourit. « J’étais sauf aussi longtemps que je ne ferais aucun bruit qui trahisse ma position.

Voyez-vous, ils avaient laissé un soldat au pied de l’arbre, pensant que le propriétaire des chaussures pourrait revenir. »

« Pendant combien de temps êtes-vous resté silencieux ? »

« C’est le problème », Simon fronça les sourcils énigmatiquement. « Je ne le fus pas. »

« Vous avez été capturé ? »

« Je pensais que ma meilleure chance était de monter un peu plus haut, même s’ils levaient les yeux, ils n’auraient aucune chance de me voir, mais tandis que je grimpais, quelques pommes de pin tombèrent, et dans le calme absolu de la forêt le soir, vous pouvez imaginer comme elles sont tombées bruyamment. »

« A-t-il tiré sur vous ? »

« Le soldat m’a dit qu’il allait tirer un stock inépuisable de flèches si je ne descendais pas de l’arbre, j’ai donc rationalisé qu’il serait mieux d’être abattu sur le sol par un geôlier que je pouvais voir, que d’être abattu dans l’arbre et tomber au sol comme un animal. Alors que je descendais de l’arbre, je m’attendais presque à tout moment à être abattu dans le dos, mais une partie de moi s’en fichait. J’avais froid, j’étais fatigué, affamé et en colère contre tout le monde et chaque chose. Cela faisait deux semaines que je pénétrais toujours plus profondément dans la forêt. J’étais irrémédiablement perdu, sachant que la mort me traquait, la question était de savoir sous quel angle elle descendrait. Quoi qu’il en soit, une flèche se traduirait par une rapide sortie. »

Simon s’arrêta et regarda à travers la pièce pour s’assurer que Kamil dormait encore. « La vérité est … Les soldats, même les gardes suprêmes, me font sentir nauséeux, mais le soldat cette nuit, heureusement, n’était pas un soldat typique. »

« Pourquoi ? », demanda Maia.

« Mettez vos mains où je puisse les voir », dit le soldat. Simon revivait l’expérience comme un flash avant qu’il ne puisse même répondre à la question de Maia.

« Par quel feu d’enfer, que faites-vous dans cet arbre-ci ? », demanda le soldat. « Êtes-vous une sorte d’idiot ? »
Simon commença à se retourner pour faire face au soldat. « Gardez vos mains derrière votre tête et restez face à l’arbre. Tout ce que vous devez faire, c’est répondre à ma question, avez-vous compris ! »

Simon hocha la tête. Pourquoi ne m’a-t-il pas tué ?

« Où sont vos amis … y en a-t-il encore d’autres cachés là-haut ? », demanda le soldat, en pointant son arc et flèche vers le haut. Il était petit pour un soldat. Souvent ceux qui étaient moins bien bâtis, moins athlétiques, étaient expédiés pour les patrouilles contre les dissidents, puisque les dissidents étaient considérés comme pathétiques, des mauviettes sans armes.

Simon hocha la tête et ne savait pas comment répondre sans avoir une flèche comme réponse. « Je suis seul. »

« Je ne vous crois pas ! »

« Je suis seul. »

« Vous êtes un idiot, c’est sûr … qui me dit des foutaises. » Le soldat donna un coup de pied aux chaussures sur le sol. « Où avez-vous eu ces chaussures ? »

« Elles sont à moi », répondit Simon.

« Elles sont trop raffinées pour un homme du peuple », murmura le soldat, le plus souvent à lui-même.

Le soldat se demandait quand ses copains reviendraient, en jetant des regards rapides dans les broussailles environnantes. Il ne devait pas crier lors de la poursuite de dissidents afin d’éviter de donner leur position. C’était la consigne. Les dissidents sont toujours en groupes.

Il pointait son arc vers le dos de Simon, debout à seulement trois mètres derrière lui. « Où avez-vous été chié dans ce monde ? », demanda le soldat.

« Je suis né dans un petit village appelé Lenton », répondit-il. Simon ne savait pas pourquoi il répondait encore. Peut-être qu’il se sentait seul, mais cela lui faisait du bien de parler à quelqu’un, même s’il était sur le point de le tuer. « Êtes-vous d’ici ? »

« Rien à foutre », fut la courte réponse. « Voici ce que nous allons faire. Vous la fermez, et nous allons attendre en silence jusqu’à ce que mon lieutenant revienne, et ensuite nous aurons quelques exercices de tir. Jusque-là, encore un mot de vous et je commencerai maintenant. Continuez à faire face à l’arbre et restez parfaitement immobile. »

Simon était large d’épaules, et bien que sa chemise soit trop grande de deux tailles, son physique dominait le soldat dans toutes ses dimensions. Le soldat avait fixé le pied de sa torche dans la terre, et elle était assez proche de Simon pour qu’il puisse sentir sa chaleur. L’ombre de Simon semblait embrasser l’arbre dont il avait espéré plus tôt lui fournir la sécurité et le sommeil. Il se demandait ce que pensait l’arbre de cette étrange rencontre. Soulagé d’être un arbre, sans doute, pensait-il.

Les bras de Simon se fatiguaient de leur position, et son couteau, caché fermement dans son pantalon sous sa chemise, devint sa nouvelle obsession dans le silence de l’attente. S’il avait la moindre chance de survivre, il devait entreprendre un mouvement avant que les autres soldats ne reviennent.

Son corps se tendait, les muscles étaient prêts pour une action qu’il préparait mentalement. Il jeta un rapide regard à son geôlier, cherchant un avantage qu’il pourrait remarquer.

Le soldat tendit l’arc. « Je vous ai dit de rester tranquille. Voulez-vous que j’enfonce cette flèche dans votre cou, ou préférez-vous le cœur ? »

Les yeux de Simon se fermèrent, et en un seul mouvement, il plongea sur sa gauche dans un saut périlleux irréprochable, saisissant la torche alors qu’il tournait, et la jetant sur le soldat. Le bruit d’une flèche voltigeait avec un sifflement, et Simon fit immédiatement une recherche mentale de son corps pour toute douleur mais il n’y en avait aucune.

Tout se passa si rapidement, le soldat ne pouvait qu’observer sa flèche partir dans les bois sombres. Alors que sa main se portait à son carquois pour recueillir une autre flèche, il vit Simon lâcher la torche, et ne pouvait que détourner ses yeux alors qu’il était frappé à son épaule, une partie du feu tomba sur sa chemise et le carquois de flèches.

Dans le chaos qui s’ensuit, Simon saisit ses chaussures et se précipita dans les bois aussi vite qu’il le pouvait. Le soldat se tordait sur le sol, essayant d’éteindre le feu et hurlant à pleins poumons. Simon pouvait entendre d’autres voix au loin, et il réalisa qu’au moment où il sprintait depuis l’épicentre de leur secteur de recherche, les autres soldats revenaient en courant. Il savait également que les soldats portaient des torches, donc il garda un œil sur tout signe lumineux.

Simon courut aussi vite que ses jambes puissantes pouvaient l’emporter de son geôlier criard. Quand il fut suffisamment éloigné, il s’accroupit et se cacha contre un énorme rocher à quelques centaines de mètres de l’incident. Ses poumons brûlaient, ses pieds étaient en sang, et il posa sa main sur sa bouche pour atténuer le bruit de sa respiration laborieuse. Il pouvait voir une torche couper à travers les arbres aux doigts sombres à proximité et le bruit d’un soldat s’écrasant dans les épaisses broussailles de la forêt. Il regarda le soldat se débattant s’en allait à seulement une vingtaine de mètres, oublieux de la position de Simon.

Soudain, il s’aperçut que ses pieds sentaient quelque chose d’étrange sous eux, et dans l’obscurité de la forêt, ses mains instinctivement descendirent pour sentir le sol. Ce n’était pas de la terre. Est-ce que je rêve ?

« Qu’est-ce que c’était ? », demanda Maia, tirant Simon de sa rêverie.

« C’était une sorte de matière en métal dur, et il y avait quelque chose de gravé en relief- »

« L’Oracle … », Maia avait la bouche bée en réalisant.

Simon acquiesça. « J’étais en effet adossé à l’Oracle. Bien à l’époque, personne ne connaissait même l’Oracle. Il se tenait dans ces bois, dans l’obscurité absolue depuis des milliers d’années. »

« Qu’est-il arrivé ensuite ? »

« Je me souviens avoir pensé que j’avais découvert quelque chose de magique. Je levai les yeux dans l’obscurité et je pouvais voir le contour vague de quelque chose d’énorme – un monolithe de pierre qui me dominait – aussi haut qu’un arbre et quand je regardai autour, j’en vis deux de plus. »

« Il y a trois monolithes ? »

« Je me sentais tel un petit animal parmi ces pierres », poursuivit Simon. « Ma peau se mit à picoter et je savais que je devrais courir. Les soldats avaient éteint les torches et s’étaient regroupés, et je pensais qu’ils s’étaient déployés pour me trouver. Je valais deux lingots d’or, même plus important encore, je les avais humiliés et ils voulaient se venger. Mais j’entendis une voix distincte répétant un mot, encore et encore. »

« Quel mot ? »

Simon se frotta les yeux, comme s’il était fatigué. « La voix disait : ` restez. ‘ »

« Et la voix, vous pensez que c’était l’Oracle ? »

Simon acquiesça. « Chaque muscle, chaque pensée, chaque sensation dans mon corps me disaient de chausser mes chaussures et de courir aussi vite que possible, mais j’étais là, dans l’ombre de quelque formation antique – peut-être faite par l’homme, peut-être complètement autre chose – et je l’avais découvert. Je ne pouvais pas courir. Si je le faisais, je ne le retrouverais jamais. Je n’avais aucun repère, c’était une nouvelle lune et tout ce qui restait du soleil couchant était révolu depuis longtemps. »

Maia passa ses mains dans sa chevelure et jeta un regard rapide sur Kamil qui dormait encore. « Que s’est-il passé ensuite, n’avez-vous pas laissé des traces ? »

« Exactement ce que je supposais », répondit Simon : « mais le sol de la forêt était sec, et d’être à pieds nus, mes traces étaient indétectables, surtout la nuit. Mon geôlier était trop distrait par le feu pour même remarquer dans quelle direction j’avais fui. »

« Alors où sont allés les soldats ? », demanda Maia.

« À ma grande surprise et grand soulagement, ils sont partis dans la direction opposée ; sans doute sont-ils retournés à leur camp de base. Je crois que mon geôlier était gravement brûlé, ils ont donc décidé que son traitement était plus important que ma mort immédiate. Après leur départ, la forêt devint aussi immobile qu’elle était sombre, et j’ai réalisé combien j’étais épuisé, alors j’ai pris mes chaussures et les utilisais comme oreillers, et cette nuit, pour la première fois depuis deux semaines, je dormais par terre. Ce que je n’avais pas réalisé est que je dormais sur un médaillon d’or dont la circonférence, que j’ai mesurée plus tard, était précisément de trente-six mètres. »

« Mon Dieu ! », s’exclama Maia.

Simon hocha la tête. « J’ai eu des rêves étranges toute la nuit, et quand je me suis enfin réveillé le lendemain matin, le soleil commençait à peine à partager sa lumière. C’était ma première occasion à voir ce que j’avais trouvé. »
« À quoi cela ressemblait ? »

« Les monolithes étaient couverts de signes étranges, et le médaillon d’or sur lequel j’avais dormi encerclait seulement la plus grande des trois pierres. Les pierres étaient placées de façon triangulaire, et je ne pouvais même pas imaginer comment elles étaient arrivées là. En raison de leur taille énorme, il n’existait aucune technologie sur Terre qui aurait pu déplacer ces pierres, sans parler ensuite de les placer perpendiculairement au sol. Non, je savais que j’étais tombé sur quelque chose qui était d’un autre monde. Le socle médaillon était sculpté avec des marques complexes, mais ces inscriptions semblaient avoir un lien avec l’astrologie à cause de certains des symboles que j’avais identifiés. »

« Vous étiez un astrologue ? », demanda Maia.

« Je l’étudiais, je ne dirais pas que j’en étais un », lui répondit Simon avec un subtil regard noir.

« Comment êtes-vous entré en contact avec lui pour la première fois ? », demanda Maia.

« Le lendemain soir, j’étais assis au centre du triangle, sur le bord du médaillon. Il y avait quelques marques inhabituelles et je tentais de les brosser de la saleté et des débris qui s’étaient accumulés afin que je puisse mieux les voir. Alors que je le faisais, je suis devenu sourd. Je n’entendais plus rien. Même aussi silencieuse que la forêt soit, il y a toujours du bruit… un bourdonnement de fond qui imprègne les bois, mais quand ceci s’arrête, vous vous rendez compte ce que le silence est vraiment. »

« La chose suivante que je connus : j’étais aveugle. J’avais perdu le sens de la vue. C’était comme si quelque chose éteignait mes sens un par un. Ensuite, j’ai perdu mon sens du toucher … d’être dans le monde matériel. Puis la peur inonda mon corps car je ne pouvais que supposer que je mourais, et venant tout juste de découvrir une telle création étonnante, je ne voulais pas mourir. »

Kamil gémit un peu, et Maia s’excusa pour aller vérifier, puis revint un instant après. « Il va bien », murmurait-elle. « Allez-y. »

Simon prit le signal de Maïa et baissa la voix. « J’ai commencé à sentir comme si mon corps se dissolvait. Je n’avais aucune stimulation sensorielle du tout. Rien d’autre que la noirceur. La seule chose que je savais, et je ne sais pas comment je savais cela, était que je respirais quelque part. Je pouvais sentir mon souffle, et pour quelque raison, c’était réconfortant. Et chaque fois que je prenais un nouveau souffle, je croyais qu’il pourrait être mon dernier, alors je le maintenais, et quand je ne pouvais pas le maintenir plus longtemps, je laissais aller. C’était comme ça que … je ne sais pas pendant combien de temps … je n’avais aucune notion du temps non plus. »

« Mais en quelque sorte, hors de ce néant, je sentis une présence émerger. C’était comme si elle m’entourait, essayant de trouver un chemin dans mon espace, mon temps. »

« Aviez-vous peur de cette présence ? »

« Plus que je pourrais dire », admit Simon. « Mais en même temps, une curiosité m’envahit. Je continuais à ressentir ce sondage, et il semblait se rapprocher depuis que je commençais à sentir des paroles apparaitre. »

« Que voulez-vous dire ? »

« Les paroles étaient en différentes langues », répondit Simon. « Je ne pouvais pas détecter un sens, mais au moins je savais qu’il y avait un effort pour communiquer. J’entendais une voix dire ce que je présumais être des mots, bien qu’ils ne se soient pas enregistrés dans mon esprit. »

« À quoi ressemblaient-ils ? »

« Je ne me souviens pas », répondit Simon sans réfléchir, distrait par sa rêverie. « Mais ensuite j’ai réalisé que cette intelligence n’essayait pas de trouver un langage commun, les mots étaient des transporteurs énergétiques, telles des capsules vibratoires d’information qui permettaient de m’élever à la vibration de l’intelligence, sur laquelle j’avais trébuché… ainsi nous pouvions communiquer. »

« Elle vous préparait ? »

Simon acquiesça. « Oui, quelque chose comme cela. C’était plus l’équivalent d’être accordé à une tonalité différente. Mais ce jour-là, nous n’avons pas vraiment parlé. Je fus réaccordé. La première communication vint plusieurs mois plus tard et par hasard. »

Le remplissage à l’extérieur de la cabane semblait laborieux, et Maia et Simon regardèrent tous les deux par la petite fenêtre et virent Joseph à rude épreuve portant les quatre flaques d’eau sur son épaule, sa chemise trempée par les déversements. Ils se dépêchèrent de l’aider et la conversation finit brusquement comme un feu dissipé par l’eau.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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