La prophétie de DOHRMAN WINGMAKERS

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre XXX

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 30 – Héritage Atavique

L’Oracle se réveilla dans la banale obscurité de l’habitacle du monolithe.

La fermeté de sa demeure, semblable à une tombe, était familière mais troublante.

La récente révélation de sa souveraineté restait en contraste marqué par rapport aux ombres ternes qui l’enveloppaient maintenant.

Il essayait de se rappeler ce qui a provoqué l’échec de la transformation, pourquoi il était revenu se faufiler dans les anciennes voies de l’obscurité quand il avait touché l’humanité d’une telle clarté.

J’étais une femme!, pensa l’Oracle. Libre de l’étreinte froide de l’uniformité, et maintenant il était un édifice sans ailes et récalcitrant de pierre froide. Ai-je perdu ma chance, ou suis-je garant de ma libération ?

Maintenant, l’Oracle s’attarderait entre deux mondes, en passant des messages comme un intermédiaire qui n’appartenait à aucun. Il était un esprit sans volonté, une vie amoindrie, puisant le profond bien des dieux pour abreuver d’autres. Un paria de la réalisation la plus remarquable, et il était sur le point de se trouver sous la lumière crue de la curiosité royale.

Cependant il y avait une sensation différente dans la pierre, et l’Oracle chercha cette différence avec sa conscience. Il élargit sa conscience jusqu’à l’enveloppe extérieure qui l’entourait. Personne n’avait réalisé que sous terre, sept mètres au-dessous de la surface du sol forestier, un tube creux reliait les trois monolithes de pierre qui représentaient l’habitat de l’Oracle.

Le tube était fabriqué à partir d’une substance extraterrestre – en apparence métallique, mais infiniment plus dur – adapté au fond de chaque pierre comme une conduite métallique qui entrait à l’intérieur du nid d’abeilles où l’Oracle centrait sa conscience. Si une personne pouvait regarder avec des yeux façon rayons X, ils verraient que le tube avait une section ayant la forme d’un parfait triangle équilatéral, mais avec des sommets arrondis. C’était l’emblème de l’Oracle dans le monde des WingMakers, et chacun de ceux qui développèrent l’Oracle, le formèrent, permirent son arrivée sur la Terre, et continuaient à veiller sur lui, ils reconnaîtraient ce symbole comme l’Oracle de Dohrman.

Tandis que l’Oracle entrait dans le tube de liaison et examinait son logement, il remarqua que sa coquille en pierre meurtrie était entièrement réparée, comme si le forage n’avait jamais eu lieu. Durant un instant, l’Oracle pensa que c’était un rêve, ou peut-être qu’il s’était déplacé dans le temps et qu’aucune de ses expériences des dernières semaines, n’avait existé.

Le médaillon d’or qui encerclait à sa base la « pierre principale » était gravé avec des symboles d’un autre monde que personne n’avait déchiffré, mais l’hypothèse, selon laquelle il était en cuivre, était erronée. Cette substance était identique à la substance constituant le tube de liaison de forme triangulaire, et c’était le Métal des Dieux qui possède des propriétés inconnues, parmi celles-ci sa capacité à organiser l’espace-temps énergétique dans lequel il se trouve. Les concepteurs de l’Oracle ont, dans une certaine mesure, imprégné un aspect spécifique de leur conscience dans le médaillon métallique, et le médaillon rayonnait de cette caractéristique. C’était la nature de cette substance spéciale, et elle n’était ni gênée par le temps, ni influencée par l’interaction humaine.

Cette caractéristique était curative. Le champ curatif, qui était implanté sur l’énorme médaillon encerclant la pierre principale, était déclenché par tout ce qui mettait en danger la structure physique de l’Oracle. L’Oracle était vêtu d’indestructibilité. Des sondes invisibles, installées dans les revêtements de pierre, activaient les programmes curatifs du médaillon, et la réparation était toujours parfaite, car la conception initiale de l’Oracle était appelée par les pouvoirs spéciaux du médaillon.

L’Oracle ignorait cette protection extraordinaire qui était offerte par ses créateurs. L’acte de violence des prêtres était sa première expérience de destruction intentionnelle provoquée par des forces d’origine humaines. Pourquoi la main de la nature semblait l’ignorer, cela restait toujours une énigme pour l’Oracle car les arbres et les temples autour de lui avaient été victimes d’incendies de forêt, de vents violents, de tremblements de terre et de dégradations de plus en plus présentes. L’Oracle restait indemne comme un phare de son être originel que le temps était incapable d’atteindre.

Mais alors que sa forme extérieure restait immuable, ce qui était à l’intérieur s’était transformé un millier de fois, et avec chaque nouvelle transformation, l’Oracle progressait s’éloignant de ses créateurs, et se rapprochant de l’humanité. Il se sentait plus lui-même, circulant à l’extérieur de sa prison de pierre, se penchant vers l’extérieur. L’espoir de devenir humain était devenu l’obsession de l’Oracle, et d’où était venu cet intérêt, l’Oracle était incapable de le dire.

Une des choses les plus insolites à propos du complexe souterrain sous l’Oracle était un petit, presque insignifiant, tube métallique qui dépassait hors de la structure triangulaire ; sa portée et longueur étaient inconnues, mais il progressait au-dessous du sol de la forêt, bien en dessous des racines d’arbres, comme une vrille pour atteindre une étreinte. Son but était un mystère, à l’exception d’un seul homme.

Le roi Levernon entra dans le bureau de Samuel à l’improviste, il se dirigea directement près d’une grande fenêtre, et ouvrit les rideaux. « Karnomen est en chemin … et il semble que Torem le suive docilement. »

Levernon était un homme rusé qui évaluait ses adversaires avec une suprême habileté. C’était peut-être son plus grand plaisir dans la vie de déjouer un antagoniste et étendre son pouvoir sur lui comme une vague se déployant sur un grain de sable. Souvent, cela entrainait des coûts humains très lourds car la plupart de ses adversaires étaient des chefs d’État, mais son équipe de conseillers lui fournissait les meilleures analyses disponibles à partir desquelles il faisait ses mouvements stratégiques, comme un maître d’échecs.

Il n’y a jamais eu un moment où il n’avait pas calculé ses coups avec beaucoup de soin et de délibération. Bartholem fut l’un de ses plus grands coups sur l’échiquier. Huit ans auparavant, l’épouse de Bartholem était atteinte d’une maladie qu’il était incapable de traiter. Elle devint progressivement la proie des affres de sa maladie et il était nécessaire de faire appel à un prêtre pour administrer l’extrême-onction.

Bartholem, dans un état désespéré, s’approcha de Levernon et demanda si le roi, en son nom, solliciterait Karnomen pour qu’il conduise la cérémonie d’extrême-onction, croyant que cela aiderait son épouse et peut-être même prolongerait sa vie si l’œil de Dieu veillait sur elle personnellement. Karnomen accepta, par respect pour le roi Levernon, et vint à la maison de Bartholem au cours d’une nuit sans lune.

Levernon se souvenait de l’histoire que lui avait racontée Bartholem comme s’il avait été là personnellement. Que l’épouse de Bartholem soit mourante était un événement malheureux, mais c’était néanmoins une opportunité à l’esprit de Levernon. À chaque situation désespérée que Levernon rencontre, il cherche toujours une manière de l’exploiter pour ses propres ambitions. Un roi ne doit pas gaspiller la souffrance.

Après avoir convaincu Karnomen de donner l’extrême-onction à l’épouse mourante de Bartholem, Levernon convoqua Bartholem et lui demanda d’avoir un entretien privé avec Karnomen après la cérémonie. Il ordonna à Bartholem de feindre qu’il soit en colère contre Levernon. « Vous pouvez m’octroyer la responsabilité de la maladie de votre femme. Dites à Karnomen que je l’ai causée en vous ordonnant de ne prêter attention qu’à moi. Sans cela, votre douce femme serait toujours en bonne santé. »

Bartholem ne comprenait pas le but de la tromperie, même s’il avait demandé à plusieurs reprises une explication, mais il était tellement absorbé par la maladie de sa femme que sa curiosité était émoussée. Levernon lui assura que cela deviendrait évident avec le temps et il lui demanda de s’assurer que sa colère soit convaincante. Bartholem devait rapporter tout ce qui se passerait ensuite : « mot pour mot » à son roi.

Karnomen mordit à l’hameçon comme un vautour plongeant sur une carcasse fraîche. Alors que Bartholem confessa à sa Sainteté que son épouse était mourante à cause de ses obligations envers le roi, et qu’il méprisait le roi pour son égocentrisme, Karnomen commença à voir des opportunités. Il sympathisa avec Bartholem et suggéra qu’ils se réunissent à nouveau pour discuter de sa colère et comment il pouvait « la libérer pour une cause supérieure. »

« Vous ne pouvez pas vous accrocher à cette colère, mon ami », conseilla Karnomen, «elle vous détruira. Votre bonne épouse sera bien, ne soyez pas trop préoccupé. Grâce à la cérémonie de ce soir, j’ai pris soin de son âme. Le paradis l’attend au moment opportun. Maintenant, vous devez soigner votre colère afin de profiter du temps qu’il vous reste ensemble. »

«Merci, votre Sainteté », répondit Bartholem. Ils se rencontrèrent de nouveau deux semaines plus tard, quelques jours après le décès de l’épouse de Bartholem des suites de sa maladie. Lors de leur entretien suivant les deux hommes discutèrent de divers sujets, dont plusieurs étaient axés sur le roi Levernon. Levernon avait détaillé précisément à Bartholem la façon de jouer avec Karnomen, et n’expliquait jamais vraiment sa logique ni son but ultime, bien que Bartholem ait noté les tendances rusées de son roi.

« Soyez d’accord avec lui autant que vous le pourrez», conseilla Levernon, « particulièrement s’il parle mal de mes politiques ou de moi personnellement. Dites-lui que votre colère persiste, et que vous vous sentez impuissant à la libérer, ou même apaiser ses flammes ».

Le roi avait insisté pour que Bartholem se lie d’amitié avec Karnomen, et reste ouvert à toute suggestion que pourrait faire Karnomen. Levernon savait que Karnomen tenterait d’utiliser Bartholem pour faire avancer son propre agenda, et une fois que Bartholem aurait gagné sa confiance, il deviendrait l’espion idéal.

Mon père était un bon professeur, pensait Levernon, alors qu’il renvoya les rideaux à l’attitude que la gravité dictait au lourd velours.

« Je suppose que nous nous réunirons dans les Chambres Royales », dit Samuel. «Sauf si vous préférez les rencontrer ici. »

«Non, les Chambres Royal sont préparées », répondit Levernon. « Tout est prêt ? »

Samuel acquiesça, feuilletant des dossiers derrière son bureau. «Je ne prévois pas de problème … pour nous. »

« Très bien », dit Levernon. «Soyons civil, mais nous allons les serrer dans un coin dont ils ne pourront jamais sortir. Ceci est, sans aucun doute, la plus haute forme de divertissement. »

Samuel sourit, reconnaissant l’ego gonflé de son roi avant la « mise à mort ». Il savait que Levernon essaierait d’écraser l’Église pour ses interventions passées dans la famille royale. Malgré le fait que Karnomen ne faisait que suivre les traces de ses prédécesseurs, Levernon le tenait pour responsable de chaque coup gênant et blessant, comme si Karnomen était le visage d’un adversaire qui avait mille ans.

Le roi l’écrasera, songeait Samuel tandis qu’il sortait de son bureau, et suivait la robe somptueuse du roi qui flottait dans le couloir comme un papillon monarque à la recherche d’une fleur.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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