La prophétie de DOHRMAN WINGMAKERS

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre XLVI

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 46 – Vent de Prière

La jambe de Kamil provoquait plus de souffrance qu’il ne l’aurait imaginé.

Dans la cabane de Simon, son attention était tellement focalisée sur Maia que sa douleur était reléguée dans une brume souterraine, mais maintenant, étant seul dans la forêt depuis vingt minutes, s’éclipsant à travers les épaisses broussailles comme un renard, son état réel resurgissait, elle palpitait de douleur.

Heureusement, la douleur était sourde, mais malheureusement, elle était persistante, l’assaillant chaque fois qu’il reposait son poids sur sa jambe.

Malgré sa condition, ses préoccupations étaient concentrées sur les sentinelles de la Garde Suprême. Il savait trop bien que leur motivation pour sa capture serait exceptionnellement élevée. La plupart, sinon tous, devaient avoir été réaffectés dans le voisinage de la scène du crime, et ensuite ils se déploieraient en éventail à la recherche de traces de son passage. Grâce à la récente tempête, la flore les avait absorbées. Il savait donc qu’ils auraient à déployer un modèle complet de recherche circulaire, qui réduirait leurs ressources – quelque chose dont il pouvait être reconnaissant.

Il venait de trouver la bifurcation du le sentier, et la suivit sur la gauche comme Simon l’avait suggéré. Environ tous les trente mètres, il se reposait pendant environ cinq secondes, et était à l’écoute de tout son qui pourrait indiquer une présence humaine. C’était une pratique qu’on lui avait enseignée durant sa première année de formation. Kamil souriait en se souvenant que c’était cette même technique qu’il avait utilisée pour localiser et capturer Maia et Joseph.

Soudain, à sa droite au loin, il entendit le craquement net d’une branche transpercer la voûte de la forêt silencieuse, et il s’arrêta net. Un grand arbre se trouvait à proximité, et il s’appuya contre lui, en regardant attentivement autour de son tronc grossier pour distinguer ce qui avait fait le bruit. Son cœur battait tandis qu’il épiait. Cela aurait pu être quelque chose d’aussi innocent qu’un écureuil ou la chute d’un gland, mais cela sonnait comme le craquement d’une branche – le genre qui nécessite un poids important.

Kamil analysa tout mouvement. Ses oreilles étaient à l’écoute du moindre bruit. Et puis il le vit. Un cerf énorme, avec des bois d’un mètre vingt, étudiant la forêt, et clairement agité par quelque chose, ses narines frémissantes à la recherche de clarté. Il était puissamment bâti, mais à travers l’enchevêtrement des branches, Kamil ne pouvait voir que des fragments de sa présence majestueuse : un mouvement brusque de queue, un cou musclé et tendu, la posture du mâle en détection sensorielle.

Il était parfaitement immobile dans la forêt. Même le vent, avec un millier de voix, se cachait dans sa coquille comme s’il était tourmenté par le silence. Kamil savait que le cerf ne pouvait pas l’avoir senti, et que s’il l’avait repéré, il se serait sauvé. Des cerfs en particulier de cette taille, étaient facilement effrayés, car les sentinelles les chassaient pour la nourriture, et bien que Kamil ne les ait jamais vus, il savait qu’il y avait aussi des loups dans la forêt de Dohrman, leurs hurlements pouvant être entendus occasionnellement.

Soudain, un coup de feu retentit, et l’instant d’après Kamil observa le mâle tomber, ses pattes avant se dérobant, mais sa partie postérieure resta debout, luttant pour maintenir l’équilibre. Le cerf essaya de se relever, pour se déplacer, mais un second coup emplit l’air, et le cerf tomba. Kamil comprit instantanément. Des sentinelles – probablement les mêmes qui avaient trouvé Joseph – avaient traqué le cerf en face de sa position.

Kamil s’accroupit au sol, et écoutait. Il entendit des voix dans le lointain, à environ une centaine de mètres plus loin sur le chemin, et ajusta sa position derrière l’arbre pour s’assurer qu’il n’y avait aucun moyen qu’il puisse être repéré. Très lentement, Kamil regarda autour du tronc de l’arbre immense. Il ne pouvait voir que deux personnages, encerclant le cerf tombé, parlaient avec enthousiasme. Ils étaient trop loin pour comprendre ce qu’ils disaient, mais Kamil fut soulagé qu’ils ne soient que deux.

Ce ne fut qu’au crépuscule que Kamil put parcourir la distance qui le séparait de ses poursuivants. Sa furtivité était la seule chose qui le maintiendrait en vie, et ce fait ne lui avait pas échappé. Mis à part un couteau émoussé, il était sans armes, et sa mobilité était un incontestable handicap s’il devait combattre ou prendre la fuite.

Les sentinelles avaient allumé un feu, et se trouvaient dans les affres de la préparation d’un dîner de venaison. Le feu générait de fort craquements et un bruit de fond qui permit à Kamil de s’approcher assez près du camp des sentinelles afin d’entendre leur conversation. Il reconnut l’une de leurs voix, une sentinelle qui se nommait Sothmen – une personnalité graveleuse et désagréable ayant la réputation d’être tenace et têtu. Kamil ne put identifier la voix plus jeune.

Initialement, Kamil avait prévu de suivre les sentinelles et d’essayer d’apprendre leurs plans, mais alors qu’il les écoutait, il lui devint évident qu’ils avaient tué Joseph et suivaient sa trace. Le grand cerf était tout simplement un cadeau de la forêt auquel ils n’avaient pas pu résister.

Kamil se rapprocha – littéralement d’un centimètre à la fois. La lumière diminuante travaillait en sa faveur, et il savait que les hommes seraient somnolents après s’être gavés de la venaison. Il devait être patient, mais l’odeur de la viande n’aidait en rien. Il n’avait pas vraiment mangé depuis plusieurs jours au cours de son combat avec la fièvre, et son estomac annonçait sa privation avec tous les outils à sa disposition.

Quand les sentinelles eurent fini de manger, Sothmen ordonna à la jeune sentinelle d’assurer le premier tour de garde pendant qu’il dormait. Kamil pouvait les entendre débattre sur le besoin d’une surveillance mais la nourriture était un attracteur pour les autres animaux, et le grade de Sothmen l’emporta.

Une heure plus tard, Kamil, peu à peu, se plaça derrière le dos de la jeune sentinelle, qui était assise en regardant le feu, son fusil posé sur ses genoux. De temps en temps, la sentinelle jetait une branche sur les braises rouges pour plus de chaleur, mais autrement elle était calme. Kamil suivait avec intérêt la façon dont la tête de la sentinelle tombait à plusieurs reprises, un signe révélateur qu’il avait les yeux lourds.

L’approche de Kamil était féline. Il n’était qu’à quelques mètres derrière la sentinelle, une grosse pierre dans sa main, complètement vulnérable si la sentinelle se retournait. Sothmen ronflait. À la gauche de Kamil, à environ trois mètres de distance, il remarqua le cerf éviscéré, une langue molle pendant de sa bouche, les yeux vides regardaient fixement comme des agates polies.

Kamil retourna son attention à l’arrière de la tête de la sentinelle, car elle pendillait vers le bas, obéissant à un puissant appel à dormir, et Kamil, le prenant comme un signe, se précipita, et le frappa sur le côté de sa tête avec un coup puissant. La jeune sentinelle s’effondra et chuta sur le côté dans les bras en attente de Kamil. Kamil l’amortit aussi bien qu’il le pouvait, ses yeux rivés sur Sothmen. Au grand soulagement de Kamil, le ronflement continua ; Sothmen était parfaitement inconscient de l’embuscade à seulement trois mètres de distance.

Kamil plaça le corps inerte de la jeune sentinelle soigneusement sur le sol, et ensuite se dirigea doucement vers le ronflement de Sothmen, tenant le fusil de la jeune sentinelle à l’envers avec ses deux mains. Il prit le bout du fusil et frappa la tempe de Sothmen d’un coup rapide. Au lieu de l’abasourdir, Sothmen tressaillit et ouvrit les yeux avec une voix rauque, saisissant son fusil. « Qu’est-ce- »

Kamil le frappa à nouveau, et cette fois Sothmen perdit conscience.

Kamil rassembla rapidement leurs fusils et couteaux. Il fouilla leurs sacs à dos, en prenant leurs boussoles, cartes, balles et tout ce qui pouvait être utilisé pour l’orientation ou la poursuite, et les mit dans un sac à dos. Ensuite, il enleva leurs bottes, les plaça délicatement sur le feu comme des morceaux de bois, et resta regarder pour s’assurer qu’elles brûlent. Sans leurs fusils ni leurs bottes, les sentinelles n’auraient d’autres choix que de revenir à l’avant-poste le plus proche, qui était au moins à quatre jours de marche.

Kamil fit deux actions finales : il saisit un grand fémur non consommé d’une assiette près du feu, le jeta dans son sac à dos volé, puis quitta le campement dans la direction opposée de la cabane de Simon, consciencieux de laisser des traces.

Kamil dansait dans les ruines de sapins brisés, joyeux d’être invisible. Des faisceaux de lumière dorée et transparente se propageaient à travers les arbres imposants sous des angles impossibles, comme des rêves égarés revenants victorieux. L’ombre d’une grande créature ailée traversa les faisceaux de lumière, les interrompant successivement alors qu’elle se rapprochait de la position de Kamil.

Maia voulait tendre sa main à Kamil, et criait un avertissement, mais sa main gisait sans vie à côté d’elle, et sa voix pouvait seulement d’un ton rauque émettre un murmure futile. Son sentiment de frustration grandissait pendant qu’elle observait l’ombre avancer sur Kamil alors qu’il dansait inconscient dans la clairière, comme si appelant son Dieu. Elle se sentait telle une pierre encerclée dans le flux d’un fleuve puissant. La réalité magique actuelle se déroulait devant elle, mais elle ne pouvait l’influencer. Je dois te sauver, était sa seule pensée.

Tout à coup, son monde devint un domaine stérile. Une silhouette gisait au milieu d’une grande clairière peuplée seulement d’un rocher et de chaume de mauvaises herbes de couleur pâle. Le vent amenait des paroles de prière, mais elle était incapable de les comprendre. Il y avait quelque chose observant – s’exprimant … si proche qu’elle pouvait sentir son souffle.

Maia se dirigea vers le corps tombé, ayant peur de confirmer ses craintes que ce soit son bien-aimé, Kamil. Comme elle regardait le corps, nu et couché sur son ventre, elle reconnut les marques rouges brillants de serres immenses, sculptées dans les épaules. Le corps semblait sans vie, et au-dessus de lui, un grand auvent de roseaux brun doré l’abritait du plein soleil.

Soudain, Maia réalisa que c’était un lieu saint, et elle se sentait étrangement importune.

Encore une fois, elle avait ce sentiment que quelque chose, ou quelqu’un, l’étudiait, cherchant ses failles dans la chair. Elle entendit bouger à ses pieds et regarda vers le bas. Le corps inconscient se déplaçait maintenant et gémissait, et alors qu’elle se pencha pour aider, la tête se retourna lentement vers elle, et Maia sursauta quand elle vit le visage de sa mère.

« Enfant, tu dois être silencieuse et immobile. »

Maia frémit stupéfaite pour sa mère. « Pourquoi dis-tu cela ? »

Sa mère s’assit, bâilla, comme si elle se réveillait d’un sommeil profond. « Enfant, regarde au-dessus de toi … lentement. »

Maia bascula sa tête en arrière et remarqua que les roseaux de l’auvent s’étaient métamorphosés en serpents descendant vers eux et des coups de langues fourchues. La peur saisit Maia et elle voulut saisir la main de sa mère et courir.
« Ils ne mordront pas si tu restes toujours immobile », dit sa mère calmement. « Si tu te lèves, si tu bouges d’un pouce, ils te frapperont de toute leur force. Reste immobile, mon enfant. Reste très immobile. »

Maia devint telle une pierre, le visage tendu. « J’ai peur », dit-elle à travers les dents serrées.

« Enfant, tu es avec moi. Tu n’as pas à avoir peur », dit sa mère, les yeux étincelants d’amour maternel. « Je t’ai servi et toujours protégé, pour moi, plus que tout autre, je sais qui tu es, pourquoi tu es ici, et ce que tu laisseras à ce monde. »

Maia sentit une autre présence, et elle voulait faire demi-tour, mais se souvenant de l’avertissement de sa mère elle resta immobile.

« Tu passeras par de nombreuses épreuves, mais ce n’est pas parce que tu as commis des fautes ni la punition d’un Dieu. Souviens-toi de ceci, mon enfant. Nous t’aimons. Nous t’aimons plus que tu ne peux le savoir. Nous te regardons derrière la toile d’un autre monde, jamais indifférents à tes traces. Même s’il fait sombre dans ton monde, tu n’as pas été inventée pour les ténèbres. »

« Mon enfant, regarde », dit sa mère, regardant elle-même vers le ciel, et pointant. « Tu dois te réveiller, il y a quelqu’un qui a besoin de ton aide. »

« Où ? » Maia leva les yeux pour voir que les serpents avaient disparu et seulement un ciel étoilé restait.
« Là, regarde », dit sa mère avec intensité.

« Je ne vois personne, seules des étoiles. »

Sa mère se leva, son visage à quelques centimètres de Maia. « Tu dois ouvrir tes yeux, mon enfant. Ouvre tes yeux. Ouvre tes yeux. Ouvre tes yeux … »

Dans la répétition des paroles de sa mère, une réalité en remplaça une autre, et Maia s’éveilla de son rêve, assise, et ouvrant les yeux tels de puissants projecteurs. Elle se tourna vers Simon qui dormait contre un tronc d’arbre, insensible à un grand serpent qui se faufilait dans sa direction avec une furtivité adroite.

Par ce clair de lune symbolique, Maia pouvait bien voir le serpent, ses écailles émettant des reflets dorés et verts, même dans la lumière amoindrie et argentée de la lune. Le serpent s’arrêta et semblait observer Simon avec intérêt, dégustant l’air avec sa langue de cuivre, comme s’il échantillonnait son énergie. Maia connaissait peu de choses sur les serpents, mais elle reconnut la coiffe distinctive du cobra, et, à en juger par sa longueur énorme, c’était un cobra royal.

Sa conscience se concentra immédiatement, comme si elle avait été formée à cela toute sa vie. Son premier mouvement – fuir – s’évanouit instantanément quand elle vit la direction du serpent et estima son but. Sans bouger la tête, elle aperçut le bâton de Simon, et établit son plan. En un bref instant, elle bondit à droite de Simon, saisit son bâton, et le balança sur le serpent qui était maintenant prêt dans sa position caractéristique de frappe, sifflant son avertissement avec un parfait mépris.

Simon, surprit par l’agitation autour de lui, se réveilla et eut le souffle coupé par la situation dans laquelle ils étaient. Avec son dos contre le tronc d’arbre, il se mit debout avec un mouvement lent. « Maia, reculez lentement. »
« Et laissez le serpent frapper ? », dit Maia comme un guerrier dont le très attendu combat ne faisait que commencer. « Il allait vous tuer ! »

« Il se sent menacé », chuchota Simon intensément, en articulant chaque mot avec un soin particulier. « Reculez, il nous laissera tranquille. »

Le cobra se leva, un mètre cinquante au-dessus du sol. Sa coiffe évasée comme un voile, fixant ses yeux dans les yeux de Maia, et se balançant légèrement, comme s’il cherchait une faiblesse. Puis un grognement glacial que seul un cobra royal peut produire emplit l’air. À ce moment, le cobra frappa, manquant Maia de quelques centimètres alors qu’elle s’arquait vers l’arrière. Comme le serpent se préparait à relancer pour une autre frappe, Maia, avec uniquement les instincts contrôlant son corps, balança le bâton de Simon avec une force et vitesse surprenantes. La force du coup était dirigée directement vers la tête du serpent, et ce fut fatal. Le cobra s’effondra sur le sol dans un amas inextricable d’écailles.

Pour une raison inexplicable, au milieu du calme suivant, Maia entendit la voix de sa mère faire écho dans sa tête : « Puise à l’intérieur ! Puise à l’intérieur ! » Elle avait dit cela à Maia à de nombreuses reprises. Chaque fois que Maia devait accomplir une tâche épineuse, sa mère lui disait : « Soit indifférente. Ne cherche à l’extérieur. Puise à l’intérieur. Puise à l’intérieur, mon enfant. Le puits de ton esprit est bien plus profond que les brillantes revendications des hommes. »

Simon tendit le bras, et il fallut une seconde ou deux à Maia pour se rendre compte qu’il voulait son bâton, qu’elle lui rendit en silence.

« Il fut utilisé pour beaucoup de choses au fil des ans, mais je crois que c’est la première fois qu’il tue un cobra royal. » Les paroles de Simon étaient mélangées avec des tons de pur soulagement et un sourire.

Il s’agenouilla pour examiner le serpent, le piquant avec un bâton pour s’assurer qu’il soit bien mort. « Ce n’est pas le petit déjeuner, je pensais à cela quand je me suis endormi, mais ça fera l’affaire. Déjà goûté au serpent auparavant ? »

Maia secoua la tête, encore ébranlée par les deux réalités qu’elle venait juste d’expérimenter. « Qu’est-ce qu’un cobra royal fait dans la forêt ? »

Simon reconnut la voix calme et lointaine de Maia – en partie choquée, en partie coupable. « Nous sommes proches du périmètre du site de l’Oracle », répondit-il. « La Garde Suprême a construit des défenses élaborées pour garder les intrus dehors. » Simon pointa le serpent mort, toujours à genoux à ses côtés. « Ceux-ci ont été importés dans le cadre de leur défense, même si je n’en ai jamais vu un aussi éloigné. »

« Avant que j’oublie », dit Simon, debout et face à Maia, « je vous remercie de m’avoir sauvé la vie. »

« Vous devez remercier ma mère », marmonna Maia, encore sous le choc, regardant le corps sans vie du cobra. « Elle m’a avertie dans mon rêve. Elle nous a sauvés tous les deux. »

Simon plissa les yeux, mais resta silencieux, laissant les paroles respirer l’air frais du matin.

« Elle nous a sauvés », répéta Maia dans un murmure lointain, s’asseyant, sentant l’engourdissement de la montée d’adrénaline qui se dissipait dans son flux sanguin.

Simon appuya son bâton contre un arbre. « Je vais prendre le petit déjeuner, nous commençons tôt notre journée. »
« Est-ce que c’est là où nous allons… à l’Oracle ? », demanda Maia.

Simon prit une profonde inspiration alors qu’il ramassait le serpent, le posant sur le sol comme s’il démêlait une corde. « Oui, nous avons besoin de ses conseils, et je soupçonne qu’il ait besoin de notre aide. Puisque nous avons dû partir, cela semble être l’endroit logique où aller. »

« Pourquoi ? », demanda Maia. « Pourquoi est-ce l’endroit le plus logique où aller? Il est évident qu’ils le gardent bien. »

« Les sentinelles ne gardent pas cette section. Ils laissent leur système de défense le faire. »

« Quel système de défense ? »

« C’est un sujet assez complexe, mais il existe une manière d’arriver à l’Oracle- »

« L’avez-vous fait auparavant ? »

Simon acquiesça. « Plusieurs fois. »

« Sans être détecté ? »

« Sans être détecté », reprit assurément Simon, ajoutant quelques petites branches aux braises du feu, l’invitant à se réveiller de son souffle.

« Pensez à l’Oracle comme le point central d’un grand cercle. Le cercle a un, et seulement un, point d’entrée, le chemin du monastère des Suprêmes Initiés. Ce chemin fait plus de onze kilomètres de long et est très étroit, et il y a un point de contrôle tous les kilomètres. »

« Le reste du cercle est protégé par diverses défenses, mais il est laissé sans surveillance, parce que ces défenses sont invincibles. Nous avons déjà rencontré l’une d’entre elles », Simon pointa avec son couteau le serpent, toute sa longueur désormais évidente à la lumière naissante des premiers rayons du matin. Maia estima qu’elle devait être de quatre mètres, même sans la tête que Simon avait enlevée.

« Je comprends pourquoi il s’est autant éloigné du périmètre, son estomac est complètement vide », observa Simon. « Ils ont probablement épuisé leurs ressources alimentaires, alors ils ont dû élargir leur terrain de chasse. La vermine ici ne peut rivaliser contre ces chasseurs. »

« Cela signifie donc que nous en croiserons plusieurs ? », demanda Maia, la voix chevrotante.

Simon continuait de s’occuper du serpent et du feu. « C’est possible. Nous prendrons les précautions nécessaires. Ils ne chassent pas les humains, à moins qu’ils ne soient totalement désespérés. »

« N’avez-vous pas dit qu’ils étaient désespérés ? », rappela Maia.

Simon commença à parler, mais se ressaisit. Au lieu de cela, il se concentra à répandre des tranches du cobra et les plaçant – peau vers le bas, directement sur les braises. Elles commencèrent à crépiter, à se tordre dans la chaleur et presque instantanément cela sentit bon.

Simon prit une grande feuille d’une plante à proximité et plaça toutes les parties indésirables du serpent dessus et la roula. « Je vais enterrer ceci. Je reviens tout de suite. Gardez un œil sur le serpent – celui sur le feu. » Il rit alors qu’il s’en allait.

Maia esquissa un mince sourire, et se rapprocha du feu pour se réchauffer et s’occuper de leur petit-déjeuner. Elle n’avait pas eu l’occasion de penser à son rêve. Elle toucha son collier, et chercha le souvenir du visage de sa mère, mais il était difficile à atteindre. Était-ce vraiment elle ? Aidez-moi ? J’ai besoin de signes visibles … ma foi est si faible.

Maia ferma les yeux un instant, revivant le rêve, mais il se dérobait comme elle tentait de s’en souvenir. Il y avait quelque chose que sa mère lui avait dit qui l’avait surprise : « … tu n’as pas été inventée pour les ténèbres. »
Inventée, quel choix étrange de mots, pensa Maia.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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