La prophétie de DOHRMAN WINGMAKERS

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre XLV

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 45 – La Porte Active

Un soleil brillant déversait ses chauds rayons à travers les grands pins, à la recherche du domaine inhabitable de terre et de pierre.

C’était tôt le matin, et la forêt était le lieu de recherche de nourriture de seulement quelques corbeaux et des écureuils roux, dont Hugelitod, marchant lentement, se préoccupait à peine.

Plus tard dans la journée, il apprendrait la décision de Doriah, bien conscient que l’aide de Doriah était la clef pour sa mission désignée par l’Oracle.

Si Doriah voulait l’en empêcher, il n’avait qu’à raconter leur conversation dans le temple à Karnomen, et toutes les libertés retrouvées de Hugelitod disparaîtraient.

Je suis tellement vulnérable.

Hugelitod s’arrêta et ferma les yeux pendant qu’un rayon de soleil déviait son chemin, lui touchant l’épaule de sa chaleur. Le parfum de pin et de terre l’emplissait comme la sainte volonté d’un dieu lointain, et ses pensées se tournèrent vers l’ancien temple souterrain. Pourquoi Doriah cache-t-il le véritable but du monolithe d’or ? S’il parle de mes plans à Karnomen, je peux parler à Karnomen de l’accès secret de Doriah à l’Oracle, et Doriah perdrait sa stature vis-à-vis de l’Ordre. Peut-être qu’il perdrait tout. C’est mon seul levier, mon seul espoir si Doriah choisit d’intervenir dans mes efforts pour aider l’Oracle.

Hugelitod se tourna et marcha vers les motifs du monastère où son travail commencerait sous peu. Il pria à une fleur d’or, flottant sur une mer de charbon liquide, que Doriah le rejoigne. C’était le seul élément de clarté qu’il voyait.

Les coups étaient rudes. Samuel releva la tête de son bureau. Sa vue lentement devint nette alors qu’il regardait un verre renversé qu’il tenait encore à la main. Tout à coup, un souvenir apparut. Il avait travaillé jusqu’à tard dans les premières heures du matin, et avait bu du Tropana, une liqueur célèbre pour être un stimulant, mais aussi connue pour avoir un effet d’effondrement sur ceux qui en buvaient trop.

Encore une fois, les coups infernaux le tirèrent à un nouveau niveau de conscience. Seul un homme avec une canne pouvait faire autant de bruit. « Qui est-ce ? »

« C’est Bartholem, je veux vous voir », fut la réponse étouffée.

La tête de Samuel tournait, ou c’était la pièce mais cela n’avait pas vraiment d’importance puisque le résultat était identique. Il était soudainement hébété. Sa porte était verrouillée, et il devait, d’une manière ou d’une autre, traverser la longueur de son bureau et faire entrer Bartholem. « Un moment, mon ami. Je suis dans un état lamentable. »
Il crut entendre un soupir de l’autre côté de la porte, et se tenant au bureau avec les deux mains, Samuel réussit à se lever. « Maintenant la partie difficile », se dit-il intérieurement avec amusement.

« Dépêchez-vous ! », supplia Bartholem.

Samuel regarda sa montre, en notant l’heure. « Il n’est même pas sept heures, pour l’amour de Dieu. » Puis, avec une respiration profonde et un courage incertain, Samuel se traîna vers les doubles portes massives de l’autre côté de son bureau – un bureau qui semblait, en cet instant, interminable. Il finit par atteindre les portes, tourna la clef qui était introduite dans la serrure, et les ouvrit.

Bartholem entra précipitamment comme un insomniaque harcelé avec un singulier désir à se quereller. « Je vous ai dit que ça arriverait », cria-t-il. « Regardez ceci ! »

Bartholem leva sa main gauche à quelques centimètres de la tête de Samuel qui chancela vers l’arrière, ses bras cherchant un soutien, mais n’en trouvant pas, il tomba.

Bartholem se précipita à son secours, se répandant en excuses. « Je suis désolé. Je suis tellement désolé mon vieil ami. Je ne voulais pas vous surprendre. »

« Eh bien, vos intentions démentent les faits », Samuel se mit à rire, soulageant les soucis de Bartholem. Samuel s’assit sur le sol essayant de rassembler ses esprits, et fit signe à Bartholem de fermer la porte. « Je suppose que quelque chose concerne votre main. Qu’est-ce que c’est ? »

Bartholem ferma la porte, se rapprocha avec le cliquetis de sa canne sur le sol en marbre, et tendit sa main. Samuel saisit la main tendue et la porta près de son visage, l’examinant avec beaucoup d’intérêt. Ses yeux se plissèrent, pendant qu’il interprétait le message.

« Que s’est-il passé exactement ? », demanda Samuel alors qu’il se mettait debout, se traînant vers une chaise à proximité. « Et je veux toute l’histoire. »

Bartholem s’assit et expliqua les événements de la nuit précédente avec détails cinématiques, tandis que Samuel écoutait. Parfois, les yeux de Samuel se fermaient, comme s’il calculait des valeurs astronomiques, mais Bartholem ne doutait pas que son attention soit fixée sur son histoire. Quand il eut fini, il attendit patiemment la réaction de Samuel.

Après un très long silence, Bartholem ne pouvait pas attendre plus longtemps. « Alors ? »

« Tout d’abord, je suis désolé que vous ayez dû supporter cette humiliation », répondit Samuel, tenant sa tête dans ses mains comme s’il était profondément déprimé. « Mais Karnomen est audacieux, et nous savions que quelque chose comme cela pouvait se produire … et au moins vous allez bien. »

« Oui, mais j’ai cette marque sur moi pour le reste de ma vie … Que penseront mes patients? Que pensera quiconque la voyant ? C’est le dragon royal dont la tête est coupée ! »

Le Dragon Royal était la marque la plus vénérée de la Maison Royale. Si une marque plus offensante pouvait être faite, elle serait représentée dans toute la littérature et Samuel le savait. « Le roi comprendra- »

« Je ne suis pas inquiet au sujet du roi – bien sûr qu’il comprendra … sans doute un bon rire à ce sujet », plaisanta Bartholem. « Je me préoccupe au sujet de tout le monde. Ils penseront que je suis un espion… ou … ou un dissident. Je serai signalé à toute autorité- »

« Détendez-vous », dit Samuel. « Nous allons prendre soin de cela. Il y aura quelques inconvénients certes, mais après un certain temps, les autorités ignoreront les rapports. D’ailleurs, ne pouvez-vous pas porter un gant quand vous sortez ? »

« J’ai encore un cabinet médical ! », s’écria Bartholem. « J’ai des patients. Je ne peux pas porter des gants. Ils penseront que j’ai peur de les toucher ou, pire encore, que j’ai des maladies transmissibles. »

« Ce n’est pas très grand », fit remarquer Samuel. « Peut-être que vous pourriez l’effacer avec un maquillage épais. »
« Maquillage ? », protesta Bartholem. « Dois-je ressembler à un homme qui se maquille ? »

« C’est le dos de votre main, pour l’amour de Dieu. Ce n’est pas votre visage. Ne réagissez pas de manière excessive. »
Bartholem poussa un long soupir. « Je me sens humilié … fatigué, et … et coupable. »

« Coupable? Coupable de quoi ? », demanda Samuel.

« Je n’ai jamais voulu blesser Karnomen. Il était bon avec moi. »

« Il était bon avec vous parce que vous serviez son dessein », corrigea Samuel. « N’oubliez pas cela. Et maintenant que vous ne servez pas son but, regardez comment il vous traite. »

« Je le mérite », dit Bartholem, sa voix à peine audible.

« Karnomen a sa revanche. C’est fini. Son message a été envoyé. Votre service auprès du roi est respecté. Fin de l’histoire. » Samuel qui était debout avec un peu plus d’équilibre qu’auparavant, gagna tant bien que mal son bar, se versa un verre d’eau et le but goulûment. « La chose que vous devez vous rappeler, mon ami, c’est que nous avons l’Oracle, en grande partie grâce à vos efforts. Vous pouvez obtenir n’importe quel désir en votre cœur, simplement en demandant au roi. Quels hommes peuvent en dire autant ? », Samuel sourit d’un charme pervers. « Combien ? »

Bartholem regarda ses chaussures, en tapant de sa canne sur l’accoudoir de sa chaise. Ses manches longues – choisies à dessein – couvraient en grande partie ses mains, mais semblaient négligées ; une allure qu’il déplorait profondément. « Je mettrai un bandage quand je sors », dit tranquillement Bartholem. « Je dirai à tous ceux qui me questionneront que c’est une éruption cutanée chronique. »

« En le décrivant », dit Samuel : « Je suis sûr que nous pourrions attraper le gars qui a fait cela- »

« Vous m’avez bien entendu », dit Bartholem avec une soudaine intensité. « Pas de règlements de comptes. Comme vous l’avez dit, la fin … de … l’histoire. Nous allons tous prétendre qu’il ne s’est rien produit, et juste laissez couler. »

« C’est probablement mieux. Nous avons l’Oracle », affirma Samuel. « C’est la meilleure forme de vengeance. »

« Levernon a signé le Pacte ? », demanda Bartholem.

Samuel acquiesça. « La nuit dernière. »

« Voilà pourquoi je vous ai trouvé ici, et non à votre domicile », répondit Bartholem, remuant son index vers Samuel. « Tropana? Ne le niez pas. Je peux le voir dans vos yeux. »

« Pour ma défense, j’avais beaucoup de documents juridiques à examiner. D’ailleurs je ne suis pas accroc à la substance. Je m’en sers quand j’ai vraiment besoin de rester éveillé. »

« C’est une dépendance au premier verre, vous le savez », réprimanda Bartholem. « En tant que votre médecin, vous devez arrêter. Elle vous tuera. »

« Tout vous tue », sourit Samuel. « Le poison lent de la vie, rappelez-vous ? »

Bartholem sourit, se sentant mieux avec son meilleur ami de trente-cinq ans. Il regrettait les discussions philosophiques qu’ils avaient l’habitude d’avoir, quand la période était plus facile et ils se concentraient sur les jeux de mots au lieu des drames des Maisons Royales.

« N’avez-vous pas dit par le passé que là où il y a ombre, il y a rayonnement ? », demanda Bartholem.

« Cela ressemble à quelque chose que je pourrais dire », avoua Samuel avec un sourire.

« Eh bien, le rayonnement est censé être cet Oracle », dit Bartholem. « J’espère simplement que nous sommes disposés pour l’ombre, ou la déception. »

« Pourquoi dites-vous cela ? »

« Quelque chose ne tient pas debout. Karnomen ne lâcherait jamais l’Oracle. Jamais. »

« Il a négocié l’indépendance grâce à lui, c’est une très bonne raison en soi. »

« Il a essayé de le détruire. Il était convaincu que l’Oracle était une menace … qu’il détruirait l’Église en quelque sorte, et ils l’avaient en leur possession. Entre les mains de Levernon … »

La voix de Bartholem fila dans le silence. Maintenant qu’il avait un tatouage du dragon royal décapité, il devait choisir ses mots avec plus de soin, surtout quand ils se référaient à Levernon.

Samuel avala deux comprimés avec un verre d’eau, se dirigea vers la chaise de Bartholem, et s’assit à côté de lui. Il tira la manche de Bartholem avec son doigt. « Ne le prenez pas mal, mais ce tatouage que vous avez sur votre main … il vous convient très bien. »

Bartholem roulait des yeux, expulsant une respiration profonde de mécontentement. « Toujours le baume de l’humour, n’est-ce pas ? »

« Eh bien, cela fonctionne certainement mieux que la vérité », dit Samuel avec un clin d’œil.

« Vous avez toujours l’intention de venir à la réunion d’échange, n’est-ce pas ? », demanda Samuel avec un ton plus sérieux.

« Je ne suis pas sûr d’être prêt à faire face à Karnomen pour l’instant. »

« Votre curiosité au sujet de l’Oracle n’est-elle pas plus puissante que votre appréhension d’affronter Karnomen?

D’ailleurs, votre présence l’énervera. Remontez vos manches et affichez cette chose sans réserve. Ce sera perturbateur pour Karnomen. Allons, vous savez que j’ai raison. »

Bartholem acquiesça en tenant compte de l’idée. « Peut-être … »

« Au moins venez pour me tenir compagnie », dit Samuel.

« Je vais y réfléchir, mais cela suppose une longue marche vers le site de l’Oracle. »

« Si Karnomen peut le faire, vous le pouvez aussi », répliqua Samuel avec des yeux flous.

Bartholem savait que son ami avait raison, et les perspectives de voir le site légendaire de l’Oracle lui apportaient un sentiment d’aventure qu’il n’avait pas ressenti depuis fort longtemps, voir jamais. « Bon, je viendrai si vous voulez ma présence, quoique je n’aie jamais eu l’impression d’apporter contribution. »

« Magnifique ! », dit Samuel avec un large sourire. « Je vous enverrai les modalités dans la journée, et encore une fois, comme je l’ai dit, vous avez déjà fait votre contribution. Détendez-vous, mon ami ! »

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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