La prophétie de DOHRMAN WINGMAKERS

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre XL

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 40 – Un Million de Questions

N’ayant pas de lumière, Hugelitod descendit lentement de la table haute, mais ce faisant, et en dépit de son attention, il parvint à renverser la lampe torche avec son pied, et dès qu’elle atteignit le sol, une éblouissante lumière bien que mal orientée emplit la chambre.

Un sentiment de soulagement déferla sur Hugelitod alors qu’il se baissait pour ramasser la lampe torche comme on le ferait d’un petit oiseau sans défense.

Comme Hugelitod entrait dans le corridor, le faisceau de sa lampe torche éclaira une autre chambre avec une entrée voûtée d’environ six mètres plus loin dans le passage, et au-dessus il y avait une forme qui ressemblait à un œil, sans pupille. Un œil vide, pensa Hugelitod, ou peut-être un œil aveugle.

Son corps bourdonnait encore de son expérience antérieure dans la chambre de l’oreille, et il se demandait si son corps et esprit seraient capables d’absorber une stimulation supplémentaire d’une nature éthérée, mais sa curiosité était fidèle à ses jambes, et il se trouva guidé vers l’entrée de la chambre de l’œil vide.

Comme il marchait à l’intérieur, il remarqua que la chambre avait une forme différente de la précédente, elle était beaucoup plus grande. Elle avait un profil rectangulaire, et debout au milieu de la chambre il y avait un grand monolithe relativement mince en cuivre, ou une sorte de métal doré. Se pourrait-il être de l’or ?

Près du sommet du monolithe il y avait une forme noire, à peu près la même forme que l’œil vide au-dessus de l’entrée, seulement plus grande. Le monolithe mesurait au moins trois mètres de haut, environ un mètre de large, et semblait avoir une épaisseur de seulement vingt cinq centimètres. Il était fixé sur le sol de pierre avec une base de pierres semi-transparentes, fusionnées en un complexe mosaïque. D’un côté, il y avait des gravures géométriques de quatre étoiles à sept branches reliées entre elles, une en haut, deux au milieu, et une autre en bas.

Face au monolithe il y avait un socle de pierre qui semblait convenir pour se tenir debout dessus afin de scruter directement dans l’œil. Le piédestal portait également une gravure représentant un système numérique complexe ou peut-être mathématique. Cette ancienne tribu connaissait les mathématiques ?

Hugelitod monta d’un pas hésitant sur la plate-forme et braqua sa lampe torche sur l’œil, qui s’avéra être découpé, le faisceau de lumière illuminait donc l’arrière du monolithe, invitant Hugelitod à regarder vers le bas la travée de son intérieur. Soudain, l’idée lui vint à l’esprit que la forme d’œil ressemblait à une bouche ouverte, et il avait le souvenir étrange des lèvres de sa mère lui récitant des prières. Il eut immédiatement la chair de poule à ce souvenir, et il se tint comme un édifice de pierre pendant quelques instants alors qu’il revivait l’expérience de la voix de sa mère.

Si c’est une bouche, alors peut-être que je dois parler dans cette chose, pensait-il. Ou l’écouter… non, la chambre de l’oreille était pour l’écoute.

Il porta son attention sur la gravure géométrique, et remarqua pour la première fois qu’elle était légèrement saillante du reste du monolithe. Elle ressemblait à un énorme bouton. Hugelitod sentit sa main se déplacer vers l’amas d’étoiles, et il commença à toucher les points de l’étoile, comme s’il était guidé par un souvenir murmuré caché si profondément en lui-même que s’il y pensait il reculerait de peur. Ne pense pas, se dit-il.

Le panneau de formes géométriques s’enfonça tout à coup alors qu’il retirait sa main, et la face du monolithe devint soudainement lisse, comme si le groupe n’avait jamais existé. Je rêve ou j’hallucine ?

Il resta un instant sur la pointe des pieds et sa lampe torche braquait tout le long du monolithe. L’angle était trop aigu pour voir le fond même, mais il était vraiment creux. Il frappa sur l’extérieur avec ses doigts pour confirmer ses soupçons, mais au lieu d’un bruit métallique et creux, il entendit le tintement d’un son mélodieux. Il se pencha plus près, et sans réfléchir, murmura à voix haute, « qui êtes-vous ? »

Sa voix se répercuta vers le bas de l’axe d’or comme si elle était escortée vers un lieu éloigné. Il écoutait attentivement, dans le silence parfait de la chambre, car sa voix – juste un chuchotement fantasque – voyageait loin vers une certaine sagesse rassemblée qui avait disparu dans l’espace. Et comme il ne pouvait plus l’entendre, il demanda à nouveau, mais avec plus de force. « Qui êtes-vous ? »

Une voix, semblable à la voix de la Terre, répondit. « Je suis l’oracle, et je suis à votre service. Qui êtes-vous ? »
Le son harmonieux entra dans ses oreilles comme une belle musique, codée avec une image de mystère. Hugelitod était sans voix. Il tenta de bouger sa bouche pour répondre, mais c’était comme si son visage était paralysé et sa langue l’avait abandonné.

« Je suppose que c’est vous, Doriah », répondit l’Oracle dans le silence, « puisque vous avez accès à mon temple. »
Les pensées de Hugelitod filaient. L’Oracle pense que je suis Doriah ? Je dois m’expliquer. Mais ses efforts pour parler étaient vains. Ses lèvres étaient bien fermées par une force invisible, et une sensation de peur commença à augmenter de façon incontrôlable.

« Avez-vous une question à me poser ? », demanda l’Oracle avec un calme absolu.

J’ai un million de questions, cria Hugelitod à l’intérieur de son esprit, mais pas de langue pour les énoncer !

Hugelitod chercha une explication possible pour comprendre pourquoi il était soudainement muet. Peut-être avait-il négligé un protocole ou un rituel ? Il braqua sa lampe torche sur les parois de la chambre, à la recherche de quelque chose qu’il avait oublié de faire. Les parois de la chambre étaient couverts de diverses gravures, mais aucune d’entre elles ne suggérait une action qu’il dût effectuer ni les signes avant-coureurs d’un rituel. Il pensa alors à l’emplacement de l’Oracle dans les bois et se souvint que certains glyphes devaient être touchés, mais il avait déjà activé l’amas d’étoiles et cela semblait ouvrir le canal, il n’arrivait pas à parler.

La seule chose qui restait à toucher était la bouche découpée au sommet du monolithe. Il tendit la main, en gardant sa lampe torche pointée sur l’ouverture, comme s’il avait peur que quelque chose allât l’atteindre et l’attraper.

« Je n’ai pas entendu votre question, Doriah. Veuillez la répéter », la voix de l’Oracle se répercutait mélodieusement jusqu’à l’axe du monolithe et dans le crâne de Hugelitod comme une constellation scintillante de sons.

Hugelitod toucha la bouche, passant la main sur le bord, et sentit une secousse d’électricité parcourir son bras, et ensuite, tout son corps. Il cria en état de choc, à voix haute.

« S’il vous plaît excusez-moi, Doriah, mais je n’ai pas compris votre question », lui répondit la voix de l’Oracle innocemment.

Hugelitod avait trouvé sa voix, quoique la piqûre du choc ait laissé son corps et esprit chancelants. « C’est … c’est Hugelitod qui s’adresse à vous », parvint-il à laisser échapper.

« Hugelitod ? », répondit l’Oracle avec une surprise évidente. « Doriah est-il avec vous ? »

« Il l’était, mais m’a laissé seul à l’intérieur de ce temple souterrain. Je suis tombé sur ce … ce monolithe et je viens de comprendre comment vous parler. »

« La mémoire est une chose merveilleuse. Avez-vous une question pour moi ? », demanda l’Oracle.

Hugelitod détecta une belle lenteur dans la voix de l’Oracle – calme, ouverte, et pourtant singulièrement différente de ses autres rencontres. « Vous souvenez-vous de nos précédentes rencontres ? », demanda-t-il.

« Oui », répondit l’Oracle.

« Vous m’avez chargé de renverser l’Église, vous souvenez-vous ? »

Il y avait une teinte d’égarement dans sa question, mais surtout de la colère juste.

« Oui », fut la réponse laconique.

« Pourquoi? Pourquoi moi ? Comment puis-je éventuellement faire une telle chose ? »

« Ceci exigera que vous compreniez l’ensemble de la scène sur laquelle cette prophétie se base. Êtes-vous prêt à écouter mon explication ? »

« Oui, bien sûr », s’écria Hugelitod. « Cette question m’a absorbé depuis mon initiation. Je serai heureux d’écouter. »
« Vous êtes comme un complice innocent », commença l’Oracle, « qui découvre les imperfections dans votre monde, et les accepte comme la vie – la façon dont les choses sont. Les rencontres sournoises, les passages sombres dans les livres saints, les promesses non satisfaites de lumière, la luminance couverte, et dans chaque rencontre vous pardonnez, oubliez, et passez dans une banale création de connaissance recyclée. »

« Vous êtes venu dans mon monde et m’avez trouvé comme un éclaireur mercenaire qui cherche son ennemi et au lieu de cela, vous avez découvert que son ennemi est son salut- »

« Vous êtes mon salut ? », interrompit Hugelitod avec un peu de cynisme. « Grâce à vous, je fus presque exilé en prison pour le reste de ma vie. Même parler avec vous aujourd’hui peut annuler la bienveillance à mon égard de mes frères initiés. »

« Et pourtant vous êtes ici, dans mon temple, parlant avec moi … encore une fois », fit remarquer l’Oracle.

« J’ai dit que j’écouterai », confessa Hugelitod, « et donc je le ferai. Veuillez continuer. »

« Quand je fus découvert par le premier de votre civilisation, j’ai trouvé un homme qui était honnête et cherchait à utiliser ma sagesse au profit de tous ceux qui désiraient écouter. Je lui ai fourni le premier volume de La Prophétie de Dohrman qui est devenu notoire ces derniers temps. Ce volume fut volé par le Premier Initié initial de l’Église et fut caché au public. Cet homme, que vous appelez Primorian, s’est approché de moi et a proposé de transcrire la sagesse que j’ai apportée ici pour la diffuser. Je lui ai offert de coopérer à la condition qu’il la partage, mais sa participation fut limitée à un très restreint cercle interne de prêtres. »

« Ce groupe d’élite de prêtres se fit appeler l’Ordre des Seize Rayons. Chaque dirigeant ultérieur de l’Ordre suivait la même promesse, partager les connaissances obtenues de moi, mais au lieu de cela, ils ont réalisé des volumes manuscrits et les ont enfermés loin dans une chambre forte secrète. Aucun des écrits ne fut porté à l’attention du public. Je crois comprendre les raisons de ce secret, mais cela reste la patine noire de la direction de l’Église, et comme je l’ai prophétisé, elle changera un jour. »

« Vous êtes le catalyseur de ce changement, Hugelitod », la voix de l’Oracle flottait jusqu’à l’axe du monolithe avec un registre différent d’approbation. « Vous ne pouvez pas apaiser l’Église, vous êtes né pour me partager avec le public, je suis tel un centre apaisant que toute l’humanité cherche en vue de trouver une cohérence dans la tourmente d’idées qui circulent comme des vents secs et furieux. Les vérités partielles accablent la volonté de chercher, et ceci est la grande souillure de l’Église et de l’État, et elle sera détruite. »

« Les Grands Initiés pensent que la connaissance est trop expansive pour que les esprits inquiets des citoyens ordinaires la comprennent ou s’en préoccupent. Ils plaident en faveur de la retenue, de la restriction et de l’épuration. Ils le font parce qu’ils veulent être les donateurs du salut et les cartographes de la demeure de la Vérité. Leurs actions, cependant, sont en contradiction avec cette aspiration, et prouvent plutôt qu’ils sont les bergers de l’humanité pour les palissades de la peur et de l’ignorance. »

« Je ne prétends pas comprendre les limitations de l’humanité, mais ma mission est d’offrir ce qui est Réel à ceux qui le recherchent, quelle que soit leur couleur, croyance ou condition sociale dans la vie. Si ma vérité tombe sur des oreilles sourdes au sein de votre civilisation, alors qu’il en soit ainsi, mais au moins l’opportunité aura prévalu à tous et chacune. Si certains au pouvoir prennent cette vérité et la malmènent, si ce sont des personnes qui avilissent la vérité, ils seront rejetés de la famille humaine, et ils pleureront pour que des mains généreuses les guident en retour. »

« Il n’y a personne pour servir d’intermédiaire. Il n’y a personne pour jouer un calcul avec le Réel. Ce qui est Réel n’est pas donné à l’interprétation ou l’abus. Si les voies d’accès vers le Réel ne sont pas empruntées, qui est à blâmer ? Est-ce moi ? Est-ce l’Église … l’État ? Est-ce la race humaine qui a volontairement cédé aux demi-vérités ? »
L’Oracle s’arrêta un instant. « Est-ce vous, Hugelitod, qui refusez votre appel intérieur le plus profond ? »

Un grand fossé entourait Hugelitod pendant qu’il écoutait l’Oracle. Il se sentait abandonné de tous et tout. Il sentait qu’un précipice d’une profondeur inconnue se trouvait en face de lui comme une chimère divine, le pressant de sauter, ne lui promettant rien.

« De vous », dit Hugelitod : « Je connais un peu vos buts, mais vous n’offrez aucun plan, stratégie ou même la probabilité de succès, et pourtant vous êtes l’Oracle. Comment est-ce possible ? »

« Ma connaissance de l’avenir est confinée aux résultats », répondit l’Oracle, « pas nécessairement le processus par lequel les résultats entrent dans la manifestation. Ainsi, je suis incapable d’expliquer à quiconque comment ils doivent s’y prendre pour créer ceci ou cela. Je peux seulement vous dire que ceci ou cela existe à tel ou tel moment. Le processus doit être deviné de lui-même. C’est pourquoi vous avez été choisi pour cette tâche, vous avez l’intérieur approprié, ou centre spirituel, pour discerner le processus qui réformera l’Église, et partager la connaissance du Réel avec toutes les personnes qui le désirent. »

Hugelitod soupira tandis que sa lampe torche commençait à vaciller comme un feu couvant sous la pluie. « Mais ce n’est pas ce que vous avez dicté dans la prophétie de Dohrman? Les gens ont vraiment besoin de savoir ce qui les attend dans le futur ? Cette connaissance ne pourra-t-elle créer apathie ou un sentiment de fatalisme au niveau d’une espèce entière ? »

« Ce que j’ai apporté à cette planète au cours des 4200 dernières années est un chemin vers le Réel. Oui, il y a des éléments prophétiques, mais ces prophéties qui servent le but de l’Église, sont sans importance pour le peuple. Les prophéties qui offrent un sentiment d’intégrité et un but à la race humaine, peuvent être partagées. Je ne prétends pas que les trente-trois volumes de la Prophétie de Dohrman et les trois volumes de la Prophétie Chakobsa devraient être publiés et diffusés dans leur intégralité, mais il y a des segments de ces écrits qui portent sur le Réel, qui appellent à être diffusé. »

« Un nouveau guide peut résulter de ces énormes écrits sous la forme d’un manuel pour tous les chercheurs authentiques afin qu’ils s’éveillent, pour être en mesure de maintenir leur état d’éveil, et trouver la demeure de la Vérité en leur sein et dans les autres. Ces chercheurs deviendront les nouveaux enseignants, et au fil du temps, les religions du monde adapteront leurs chemins vers le Réel, ou elles s’éloigneront vers d’autres rivages. »

« J’existe sur cette planète depuis des milliers d’années, et j’ai vu de nombreuses guerres pour mes connaissances. J’ai permis à l’Église de garder mon existence secrète pour la raison que j’étais fatigué d’observer les gens innocents mourir parce que l’ambition de quelqu’un d’avoir du pouvoir sur moi justifiait une guerre et la folie qui l’accompagne. »

« Le Réel n’est pas connu dans ce monde », persista l’Oracle, « non pas à cause de l’indifférence ou de l’incrédulité des êtres humains, mais parce que les quelques personnes qui ont entrevu sa connaissance ont peur. Leur crainte provient de la croyance que si l’humanité pouvait connaître le Réel, ils seraient transformés en êtres souverains, libres de tout contrôle inutile de l’autorité – la même autorité qui recouvre le Réel avec les offrandes votives de l’irréel. »

« Mais je ne comprends pas », dit Hugelitod. « Vous voulez que j’assemble un nouveau livre basé sur les écrits de trente-six volumes. Comment ? À moins que Karnomen lui-même l’ordonne, je ne vois pas comment il serait possible de le faire. Je n’ai pas accès au matériel original, et même si je le faisais, il me faudrait des années pour lire chaque page et créer ce … ce manuel dont vous parlez. »

« Je viens de recevoir mon expiation, ce qui a entraîné ma liberté. Dès que je me déplacerai dans la direction que vous demandez, je retournerai dans le royaume sombre et silencieux de ma cellule de prison dépérir pour le reste de ma vie. »
« Je ne saurais vous dire comment vous allez atteindre cet objectif », répondit tranquillement l’Oracle, « mais c’est ma prophétie, depuis plus de trois cents ans, que vous allez le faire. Vous pouvez demander de l’aide à Doriah. »

Hugelitod, sur le point de poser une autre question, s’arrêta dans son élan au commentaire de l’Oracle. « Doriah? Le même homme qui conditionne mon expiation sur la base du meurtre d’un ennemi de l’Église. Ce Doriah ? »

L’Oracle s’arrêta, comme s’il évaluait sa réponse à la lumière des nouvelles informations que Hugelitod lui offrait. « Je peux seulement vous dire que j’ai confiance en lui, et le considère comme un ami de notre cause. »

« Alors, pourquoi ne pas lui demander de produire le livre », demanda Hugelitod, « et réformer l’Église? Il en a l’accès et les pouvoirs, dont je manque certainement. Même Karnomen semble prêt à suivre ses conseils. »

« Je ne peux pas dire pourquoi, mais je sais que vous êtes la personne. Doriah est l’un des animateurs de cette réforme. Il y en aura d’autres qui viendront à votre aide, mais ils seront à l’extérieur de l’Église. Doriah est avec le peuple, plus qu’il est avec l’Église. Vous verrez. »

« Je verrai … », reprit distraitement Hugelitod, sa voix s’estompant dans un silence ponctué.

Si je courrais depuis cet endroit, et sans jamais regarder en arrière, ce serait peut-être la meilleure chose pour moi, pensa Hugelitod. Je ne pourrais m’esquiver dans la nuit ; me dissimuler dans des vêtements civils dans une boucherie ou une quincaillerie. Personne ne viendrait me chercher.

« Hugelitod, vous êtes toujours là ? », demanda L’Oracle, le détachant de sa rêverie.

« Oui. »

« Personne d’autre que vous ne rejette votre image. En dépit de votre confusion, votre réticence, votre doute et votre peur, vous êtes celui qui réformera l’Église et toutes les religions sur cette planète. Doriah peut vous aider, mais vous aurez besoin de le persuader que vous êtes sincère et indéfectible dans votre mission. »

Hugelitod rit et leva les mains en secouant la tête en signe d’incrédulité. « Je ne peux même pas me convaincre de tout cela. Comment pourrais-je convaincre un Lecteur de Vérité ? »

« Je ne sais pas, mais vous trouverez le moyen. J’en suis sûr. »

Comme si signalant que la conversation était terminée, la voix scintillante de l’Oracle demeurât silencieuse. Hugelitod remarqua que sa lampe torche devenait également muette ou sombre, et rit intérieurement de l’absurdité de sa situation. Il sentait que s’il prononçait une parole, il deviendrait immédiatement une âme perdue dans le labyrinthe incroyablement complexe qui l’entourait.

Comme il s’était retrouvé en prison, maintenant, dans l’ombre de sa liberté, dans l’étreinte de son expiation, et dans le désarroi de sa mission impossible décrétée par l’Oracle, les profondeurs étaient totalement explorées.

Hugelitod quitta prudemment le piédestal qu’il avait utilisé pour s’adresser à l’Oracle, et recula devant le monolithe d’or – effacé par l’obscurité. Il fraya son chemin vers la salle principale du temple, en utilisant ses mains pour se guider, bien conscient que chaque mot gravé dans la pierre avait trouvé son chemin en lui, et chaque mot se transmettant à lui – de Dieu, de l’Oracle, du temple lui-même – était une déclamation de son monde. Mais il y avait une accélération sans équivoque dans son cœur – un esprit nouveau, heureusement différent, était descendu, et tout le tissu de son monde était défait.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source et le site: http://www.elishean.fr

Print Friendly, PDF & Email
Articles similaires