La prophétie de DOHRMAN

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre LXIV

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 64 – Effets Secondaires

Hugelitod se trouvait de plus en plus mal à l’aise dans l’obscurité de la chambre de la passerelle. « Pourquoi vous ne me répondez-vous pas ? »

« Depuis que j’ai ce don en moi », expliqua Doriah, « de voir les champs énergétiques des êtres vivants, je n’en ai jamais vu un qui en avait pas. »

« Que voulez-vous dire ? », demanda Hugelitod.

« Vous n’avez pas aucun champ énergétique », murmura Doriah en libérant un long soupir.

Il frotta une allumette et alluma la bougie, toujours dans sa main, et la couleur dorée chaude et rayonnante infusa les murs de pierres sculptées.

« Peut-être que vous avez perdu votre don », dit Hugelitod.

« Non, je peux voir le mien … vous avez été changé. Que vous ont-ils fait ? »

Hugelitod, feignant l’étourdissement, se rassit sur le sol. « J’ai été interrogé par une créature appelée Gulhab. Il m’a rejeté comme indigne … Je crois que ses paroles étaient : vous êtes juste un assistant rebelle qui a parcouru un long chemin pour gaspiller notre temps. »

Hugelitod toussa pendant quelques instants, puis sourit au souvenir.

« Avez-vous mentionné l’étoile du roi ? », demanda Doriah, de l’inquiétude se montrant sur son visage.

Hugelitod secoua la tête. « Je n’ai jamais eu une occasion. »

« C’est mauvais … c’est très mauvais », chuchota Doriah, perdu dans ses craintes. « Vous devez y retourner et expliquer que vous avez l’étoile du roi. Cela changera leur réponse, je vous l’assure. »

« Je ne vais pas y retourner, Doriah », répondit Hugelitod avec des yeux sévères et résolus. « Ils veulent que vous y retourniez, pas moi. »

« Ils m’ont demandé de revenir? Ils ont utilisé mon nom ? »

Hugelitod hocha la tête et resta silencieux.

« Je ne comprends toujours pas comment vous avez perdu votre champ énergétique … c’est si étrange … »

« Peut-être que c’est juste quelque chose de temporaire. Un autre effet secondaire. Je ne m’inquiéterais pas à son sujet. »

Doriah se dirigea vers Hugelitod, sentit son front, puis saisit son poignet pour sentir son pouls. « Eh bien, au moins vous avez un pouls. Peut-être que vous avez raison. Peut-être que c’est juste un effet secondaire et il va revenir assez vite. »

« Pourquoi les Dieux Froids veulent-ils me voir revenir ? »

« Peut-être qu’ils sentent en vous un allié plus capable qu’ils ont ressenti en moi. »

« Je ne suis pas un allié, ni ne suis plus capable. Vous avez l’étoile du roi. »

Hugelitod continua à tousser et son corps frissonnait de façon incontrôlable. « Je dois retourner à ma chambre », dit-il entre les toux. « Je ne me sens pas trop bien. »

Doriah tendit la main pour l’aider à se mettre debout. « Je vous aiderai à monter les escaliers. »

« Alors que vous êtes au repos », dit Doriah, « Je vais réfléchir à notre prochain coup. Je ne pense que je veuille y retourner. »

Doriah aida Hugelitod dans les escaliers, pendant ce temps il se demandait s’il pouvait croire l’explication de Hugelitod. Tout était si étrange. Son poids chancelant, la toux, aucun champ énergétique, et le rejet par les Dieux Froids … tout cela était si étrange. Peut-être j’ai eu tort, pensa Doriah. Peut-être que je suis celui qu’ils veulent.

Kamil cherchait des baies. La lumière du matin était mince, mais commençait à s’épanouir à chaque instant. Il se pencha, et tout à coup sentit une ombre passer sur lui. En levant les yeux il vit des corbeaux s’élançant du dessus du couvert végétal de l’arbre, faisant retentir leurs croassements comme des trompettes maléfiques. Maia était ailleurs, mais il ne pouvait se rappeler où. Son absence le soulagea de façon étrange quand il eut un pressentiment. Son estomac criait pendant qu’il sentait une paire d’yeux orageux sur lui, mais ne pouvait pas déterminer de quel endroit. Il cria à Maia un avertissement, mais sa voix était vide, et il se trouvait bâillonné de frustration.

Tout autour de lui ralentit. Un silence parfait s’installa de plus en plus lourd jusqu’à ce qu’il capture tout dans son emprise. C’était comme être dans une photographie sans frontières. Puis il entendit le bruit d’une arme à feu cliquant pour tirer, mais avant qu’il ne puisse se tourner, il sentit une coupe tranchante à son dos alors que le plomb explosa à travers lui, et il est tombé, face vers le bas, sur le sol.

Il lutta pour lever sa tête, mais vit seulement les pieds de quelque être mystérieux qui s’agenouillait devant lui. « Il est temps de revenir. Votre travail est terminé dans ce monde, et maintenant une autre vous appelle. »

Kamil avait du mal à parler car le sang coulait dans sa bouche, mais sa pensée était claire. « Pourquoi dois-je partir? Je ne désire qu’une seule chose rester avec Maia. »

L’être était étrangement lumineux et regardait tristement Kamil. « Le portail que vous reconstituerez est comme un pont qui enjambe des dimensions. Le pilier est préparé dans ce monde, mais le pilier de l’autre côté demeure dans les sphères secrètes, en attente d’être réel. Votre âme ne perdra pas la connaissance à moins que vous ne soyez là. Il y a plus à faire, mais pas dans ce monde. »

« Et Maia ? », interrogea Kamil avec une pensée solennelle.

« Maia sera sous notre protection, comme elle l’a toujours été. »

« Et c’est votre engagement envers moi ? » Kamil envoyait sa pensée avec toute la puissance qu’il pouvait appeler à l’intérieur de lui-même, de chaque morceau assemblé d’éternité qui grimpe encore à l’intérieur de lui.
L’être de lumière se releva. « Vous avez notre promesse. »

Kamil connaissait cet être de lumière, et pourtant il ne pouvait pas trouver un nom, forme ou identité qui le définirait.

« Jusqu’à la dernière douceur de son souffle? Promettez-moi. », demanda encore Kamil. C’étaient ses dernières pensées alors qu’il se glissait dans un nouveau monde où il allait toujours plus profondément, comme si sculptant sa route à l’étincelle qui plane au-dessus du dernier ciel.

Kamil ouvrit les yeux en papillonnant. Maia le regardait, couchée sur le côté avec sa tête sur sa main. « Tu rêvais », dit-elle doucement, balayant ses cheveux avec tendresse.

Kamil se redressa et saisit le bras de Maia avec une soudaine intensité.

« Quelque chose ne va pas ? », demanda-t-elle.

Kamil resta muet comme il se rappelait son rêve, regardant fixement les yeux vides vers les profondeurs de la forêt comme quelqu’un dont le destin était tracé par des mains d’un autre monde.

« As-tu eu un mauvais rêve ? », demanda Maia, se mettant en position assise et en face de lui. « On dirait que tu as vu un fantôme. »

Les yeux de Kamil remplirent de larmes pendant que le souvenir complet s’infiltrait dans son cœur. Il tira Maia à lui, la tenant fermement.

« C’est bon, Kamil. C’est juste un rêve. Je suis ici. Je ne vais nulle part. Je te promets. Je t’aime. »

Kamil se sentait comme si un démon venait s’emparer de son âme et la trainait au plus profond de sa tanière. Tout ce qu’il pouvait faire était de tenir proche Maia, mais il savait qu’un sacrifice était nécessaire. « Ça va. Je suppose que c’était un mauvais rêve … »

Kamil regarda autour de lui. « Aucun signe de Simon ? »

« Non », répondit Maia. « Peut-être la possibilité de prendre un bain rapide ? Je sais qu’il y a un cours d’eau pas trop loin d’ici ? »

« Bien sûr, je vais faire le ravitaillement pour le petit déjeuner, puis nous irons au camp de Simon, nous le réveillerons et nous mangerons ensemble. »

« Et ensuite nous allons directement à l’Oracle », dit Maia avec un sourire. « D’accord ? »

« J’ai un faible pour l’omelette aux champignons », dit Maia avec un sourire un peu penaud.

« Je vais voir ce que je peux trouver », répondit Kamil. Il se leva et aida Maia à se lever et la tenait serré. Il voulait qu’elle aille avec lui, pour ne jamais la laisser hors de sa vue. Il pensait à la suivre, mais savait ce qui se produirait. Rien ne pouvait annuler les rayons vifs versés de son âme. Même les bras encerclés de celle qu’il aimait, sa forme élancée palpitant contre son corps, ne pouvaient le sauver. Son corps tremblait seul.

C’était tôt le matin, Sothmen et Monsey étaient à un ruisseau, remplissant leurs gourdes d’eau fraîche, et trempant leurs visages avec de l’eau froide, dans l’espoir de se maintenir éveillé.

Monsey indiqua à une vingtaine de mètres en aval. « Tu vois cela? Ce sont là des empreintes de pas. »

Les deux hommes se précipitèrent vers le site rapidement.

« Il est seul. Pieds nus, pas moins », Monsey indiquait les empreintes avec son fusil. « Je parierai que le bâtard a pris un bain. »

« Eh bien, regarde ici », dit Sothmen, alors qu’il déterrait un uniforme déchiqueté du banc de sable. « Soit il est parti nu, ou il a un uniforme neuf. Allons-y. »

Hugelitod n’a pas dormi de toute la nuit, mais il n’était pas fatigué. Il se sentait une certaine honte d’avoir menti à Doriah, mais il n’avait pas le choix s’il voulait comprendre ses prochaines étapes, sans intrusion de quelqu’un d’autre, et c’était tout ce qu’il voulait faire. Toute la nuit, il avait pensé à seulement ceci : quel chemin doit-il suivre ?

Doriah lui avait dit qu’il n’avait aucun champ énergétique, et pourtant, il se sentait en excellente condition.

Toutefois, il y avait une partie de lui, calme et de plus en plus non entendue, qui voulait courir, aussi vite et aussi loin que ses jambes pouvaient l’emmener. Mais il devait n’y avoir aucune clandestinité. La plus grande partie de lui était claire sur cette question depuis qu’il en savait trop, et il croyait à la mise en garde d’Anmael selon laquelle s’il se détournait de sa mission, il allait mourir, et tout ce qu’il est serait gaspillé.

Il était unique. Il portait l’étoile du roi. Les Dieux de l’humanité l’avaient choisi pour apporter leur lumière sur la Terre. Comment Doriah pouvait comprendre ? Ou Karnomen ? Ils étaient des obstacles potentiels qu’il devait traiter, mais il trouverait un moyen de les convertir en tant qu’alliés. S’ils aimaient l’Église autant que lui, comment pourraient-ils résister ?

Il se demandait quels seraient ses pouvoirs. Comment les Dieux l’avaient équipé de prouver sa lignée et mérite. Dans toute sa vie, il n’avait jamais rêvé de gloire ou de pouvoir, et pourtant, ici, elle était, dans son corps et esprit. Il pouvait la sentir se réveiller tel un géant imposant se frottant les yeux à la lumière du matin. Il y avait une réunion au sein de lui. Quelque chose accablait son doute. Sa petitesse. Sa croyance aux manières humbles. Et cela lui plaisait.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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