La prophétie de DOHRMAN

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre LXIII

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 63 – Toucher l’Éternel

Maia se réveilla effrayée. Elle pensait avoir entendu quelque chose, peut-être un claquement de brindille, peut-être un crépitement de leur feu de camp languissant.

Elle s’assit lentement et regarda autour, scannant les bois couverts dans le camouflage de l’obscurité. Elle jeta un regard à Simon qui dormait confortablement contre un tronc d’arbre.

Elle écoutait avec chaque once de son corps, et ensuite entendit une subtile échauffourée à une distance de vingt mètres à sa droite.

Son expérience avec le serpent l’avait rendue inquiète, et depuis cette nuit-là, elle dormait avec un certain malaise. Leur campement était entouré par des pins blancs et des broussailles denses qui l’empêchaient de voir au-delà d’un périmètre de dix mètres.

Puis elle entendit une voix calme, comme un hymne au Créateur, celle qu’elle avait attendue à entendre depuis qu’elle était une jeune fille. « Si j’étais un homme avec un défaut, je dirais qu’il m’est impossible de te dire ce qu’il y a dans mon cœur, mais j’ai une fleur pour toi, et je vais la laisser parler pour moi. »

« Oh, Kamil, c’est toi », s’écria Maia se mettant debout et courant vers la voix qu’elle a entendue. Ils s’embrassèrent sans réserve dans le sous-bois épais, les feuilles les touchant comme s’ils étaient enveloppés dans les mains de la forêt.

« Tu m’as manquée », dit Kamil.

Maia recula pour le regarder, puis saisit sa main et le tira vers leur campement. « Je dois te regarder », dit Maia. « Vas-tu vraiment bien? Est-ce vraiment toi ? »

Kamil sourit, ses yeux étincelaient d’une manière que Maia n’avait jamais vue auparavant.

Au milieu de l’agitation, Simon sortit de son sommeil et se frotta les yeux pas sûr de ce qui se passait, mais finalement il reconstitua les choses ensemble et sourit en hochant la tête à Kamil. « Comment nous avez-vous trouvés ? »

« Je courais et j’ai senti la fumée de bois de votre feu de camp. »

« Courir ? », demanda Maia avec inquiétude. « Comment peux-tu courir avec tes jambes ? »

« Plus important encore, que fuyez-vous en courant ? », demanda Simon. « Devrions-nous remballer ? »

Kamil secoua la tête comme il se tournait vers Simon. « C’est une longue histoire, et une que je ne suis pas sûr de pouvoir même expliquer », dit Kamil, « même s’il y a du monde qui me pourchasse, ils sont loin derrière et je doute qu’ils soient capables de me suivre. »

Kamil embrassa Maia avec exubérance. Il sortit une fleur jaune d’herbe en étoile de sa poche de chemise et la lui tendit. « Désolé, c’est un peu écrasé, mais c’est dû. »

Maia était encore dans un état de choc modéré, assimilant la santé retrouvée, la liberté, l’énergie et la présence de Kamil. La transformation était si extrême – si différente de sa vision – qu’une partie d’elle se demandait si Kamil était réel. Elle essaya de concilier ce que l’Oracle lui avait dit au sujet de Kamil, et se demandait même si sa route s’écarterait de la sienne. Peut-être sa mission comme le Grand Portail les séparerait parce qu’il l’absorberait.

Kamil prit le visage de Maia dans ses mains. « Allons faire une promenade. »

Maia, comme une jeune fille s’en remettant à son père, se tourna vers Simon. « Cela vous convient, Simon ? »

« Bien sûr », dit Simon, agitant une main dédaigneuse, « allez avec mes bénédictions. Je pourrai retourner à mon sommeil, mais j’attendrais un compte rendu complet dans la matinée. Prenez un bâton enflammé avec vous au cas où vous voulez votre propre feu. »

Ils marchaient ensemble, main dans la main, dans la nuit étoilée parmi les genévriers et les pins blancs, et Maia se demandait si c’était vraiment le même Kamil. Il semblait si différent.

« Tu me dirais si j’ai rêvé, n’est-ce pas ? », demanda-t-elle.

« Bien sur. »

« J’en ai l’impression. »

« Tu ne rêves pas, Maia. Je vais te dire tout ce dont je me souviens. Trouvons un endroit tranquille où nous pourrons parler. » Kamil leva le bâton allumé qu’il tenait comme une torche. « Et nous utiliserons ceci à profit aussi. C’est une nuit un peu fraiche. »

Après avoir marché pendant environ cinq minutes, ils trouvèrent un bosquet de pins blancs qui ont germé de la terre, et Kamil rassembla un monticule d’aiguilles de pin et de mousses autour de la braise rouge du bâton enflammé, et commença un feu modeste en soufflant dessus doucement.

Maia le regardait avec beaucoup d’intérêt. C’était comme si c’était la première fois qu’elle le voyait tel qu’il était réellement. « J’ai parlé avec l’Oracle, et elle a parlé de toi. »

« Je ne savais pas que l’Oracle était une fille », Kamil sourit, en ajoutant quelques grosses branches au feu naissant.
« Tu ne veux pas savoir ce qu’elle a dit ? »

Kamil secoua la tête. « Je veux tout entendre, mais laisse-moi d’abord te dire quelque chose. »

Maia se rapprocha de Kamil alors qu’il était assis en arrière du feu. « Depuis que je t’ai rencontré, j’ai vu comment les choses changent dans ma vie. Autant de changements, je n’étais pas capable de suivre. Mais, maintenant, j’ai trouvé une façon d’ouvrir la porte de mon cœur et d’entrer dans ce plus grand monde, si je suis digne de cette expansion, je ne sais pas, mais il est venu à moi sans que je le demande. »

Kamil s’arrêta, cherchant les yeux de Maia. « Je me suis habitué à des sentiments qu’il y a deux semaines je ne pouvais même pas imaginer. J’aurais soutenu qu’ils n’existaient pas. Et je suis ici, ressentant ces… émotions et elles sont un millier de voix, mais si je les écoute attentivement, elles me disent toutes la même chose … aime-la. »

Maia posa son index sur les lèvres de Kamil. « Chut. Tu n’as pas besoin de le mettre en mots. » Maia l’embrassa et ils retombaient ensemble enlacés comme la vigne et l’arbre, sans jamais penser une autre pensée ou parler un seul mot, mais plutôt, se rassembler dans le velours chaud d’un corps et d’un seul esprit. Ils sont devenus tissés l’un dans l’autre, comme la fusion de mondes magiques et profonds, et ils accompagnaient chaque regard, chaque toucher, avec l’âme en apesanteur.

Ils étaient oints – une expression qui rendit la terre d’ombre fond d’or, où rien n’était calculé. Aucun souffle de honte d’obéir aveuglément. Ils étaient lovés dans l’autre jusqu’à ce qu’il n’y ait pas aucun autre. Tout a infiniment entouré une solitude jointive, brillant dans ce mouvement agité des amants qui atteignent le partenaire divin qui les a créés. Si profondément caché. Si rarement trouvé.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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