La prophétie de DOHRMAN

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre LVIX

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 59 – Barrières Finales

Doc et Monsey étaient comme des béquilles soutenant le corps semi-conscient de Kamil au cabinet de Doc. Ils le couchèrent sur un lit neuf. L’autre lit détruit restait sur le sol en un amas de débris.

Doc, pointant son doigt, regardait Monsey les yeux écarquillés. « Qui est là ? »

Derrière Monsey, un grand gardien marchait vers Kamil avec un verre d’eau, ignorant les deux hommes comme s’ils n’étaient pas dans la salle.

« C’est le même gars qui m’a assommé dans la cour », répondit Monsey en reculant prudemment.

Le gardien inclina la tête de Kamil vers le haut et lui donna un peu d’eau à boire. Kamil en but la plupart, bien qu’un peu de cette eau se soit répandue sur sa chemise. « Il n’y a rien de plus que vous devez faire », dit l’inconnu. « Vous pouvez nous laisser maintenant. Je vous remercie de l’avoir transporté jusqu’à la sécurité de cette pièce. »

Monsey et Doc se regardèrent au même instant, voyant leur visage blême, et ensuite se bousculèrent hors de la pièce.
Kamil s’agita et s’assit. Ses couleurs étaient revenues et ses yeux avaient une vivacité scintillante comme si né dans le vœu de silence que seule une connexion de l’esprit peut offrir. Il se mit debout, regarda autour à la recherche d’un point de repère, puis réalisa qu’il était dans le bureau du Doc, et il était seul. Alors il entendit une voix dans sa tête. « Vous devez quitter cet endroit. Revenir à Maia. Allez vite. Maintenant ! »

Kamil pouvait entendre Nathanaël élever la voix et Monsey protester juste à l’extérieur, il savait qu’il devait sortir par la porte arrière, et il n’avait que quelques secondes avant qu’ils ne le voient. Il s’élança inaperçu dans l’air frais de la nuit, prenant soin de refermer la porte derrière lui en silence. Il n’avait rien, hormis les vêtements sur son dos, et même ceux qui étaient déchiquetés à un tel degré qu’ils étaient pour la plupart des morceaux qui pendaient sur lui comme des décorations. Il se demandait pourquoi il se sentait beaucoup mieux. Il n’avait aucun souvenir d’avoir mangé ou bu quoi que ce soit ou d’avoir pris quelque médicament, mais depuis qu’il s’est réveillé dans le bureau de Doc, Kamil ne pouvait que supposer que le Doc avait fait quelque chose pour réveiller ses énergies. Il jeta un œil à ses jambes et ses blessures étaient presque guéries, et il ne ressentait aucune douleur – n’importe où dans son corps. Il se faufila rapidement derrière une dépendance à une trentaine de mètres du bureau de Doc. Le bâtiment était sombre, et était utilisé principalement pour les services de blanchisserie.

Kamil ouvrit la porte, et dans l’obscurité, en utilisant uniquement ses mains, il trouva un uniforme propre espérant qu’il lui allait, puis prudemment il s’esquiva en dehors pour rester bien à l’écart de toutes lumières. Kamil pouvait entendre la voix de Nathanaël à distance, mais il ne pouvait pas discerner chaque mot. « Son … état … le ralentit … des chiens … devait être proche … trouvez-le … il pourrait être armé. »

Kamil réalisa qu’ils ne savaient pas qu’il pouvait courir, il a donc utilisé cela à son avantage et a mis autant de distance entre lui et le bureau de Doc qu’il le pouvait. Portant les nouveaux vêtements sous son bras, il courut aussi vite qu’il le pouvait à l’autre bout de l’enceinte – en face de la porte d’entrée. C’était environ huit cents mètres à travers les bois assez épais. Il se sentait bien à courir, et à sentir la puissance de ses jambes sous lui.
Une clôture grillagée, de six mètres de haut, se dressait devant lui. Sur le sommet de la clôture il y avait trois lignes de barbelés qui s’étendaient à travers elle, mais il y avait quelques arbres dont les branches s’étendaient au-dessus de la clôture, et il savait que s’il pouvait en trouver un, son évasion serait possible.

Le bruit des aboiements des chiens le fit sursauter. Kamil savait que son odeur serait facile à suivre – même pour un être humain, s’ils étaient assez proches. Les chiens semblaient excités au loin, et leurs aboiements se firent plus forts, le signe qu’ils étaient lâchés. Kamil savait que le temps pressait. Il trouva un arbre avec un embranchement scié, et il calcula qu’il serait suffisant pour le pivoter au-dessus des barbelés et se laisser tomber au sol de l’autre côté. Il regarda par-dessus son épaule, et vit des lampes de poche rebondir dans l’air du soir. Kamil grimpa dans l’arbre alors qu’un premier chien l’aperçut et courut vers lui avec les dents serrées et un grognement malveillant. Il tira ses jambes rapidement et monta rapidement le tronc tout comme d’autres chiens vinrent et commencèrent leurs incessants aboiements et sauts.

Kamil atteint la branche surplombant la clôture. Il jeta un coup d’œil rapide sur les torches bondissantes au loin, et il savait que les hommes seraient sur lui dans quelques secondes.

« Je le vois », cria quelqu’un, et le bruit d’un coup de fusil suivit immédiatement. La branche au-dessus de lui fut blessée au moment où il vit le flash du canon. Il devait sauter, il n’y avait pas le temps d’y aller doucement. Kamil se tenait sur la branche et courut à travers elle, attentif à éviter les branches qui pourraient le faire trébucher. Il sauta au moment où il entendit plus de coups de feu frapper l’arbre. Il atterrit sur un sol dur, roula sur son épaule et fit une rapide vérification de son corps. Pas de douleur.

Kamil sprinta dans les bois. Pendant qu’il courait, il avait un pressentiment étrange que quelque chose était sur le point de se produire – un changement s’approchait dans sa conscience. Un son aigu entra en lui d’en haut, et il sentit son esprit se replier dans un état fantomatique, séparé de lui par un abîme d’espace si profond, si large qu’il craignait qu’il se soit perdu. Il continua à courir.

Le jet des coups de feu ébranla le silence de la nuit, mais pour Kamil, c’était comme un rêve, et il n’avait pas peur. Il courait avec le même plaisir que lorsqu’il était petit garçon. La forêt fondait dans une grille de lumière, et la lumière à l’intérieur de lui était comme une araignée grimpant dans sa toile et il sentait l’unicité de tous. Chaque feuille, chaque branche, chaque grain de poussière était visible à ses sens, et pas seulement visible, mais tangible d’une manière interconnectée. La forêt vivait littéralement à l’intérieur de son esprit. Elle était illuminée. Son esprit était si clair et concentré que les coups de feu en arrière-plan se perdaient dans la beauté de la forêt. D’une certaine façon, il savait que les balles ne pouvaient pas le trouver. La forêt le protégeait.

Il courut ainsi pendant près d’une heure. Par moments, il flottait au-dessus des arbres, se regardant de haut comme s’il était un observateur, tamisant l’ordre dans le chaos, construisant un chemin que personne ne pouvait suivre. Il était persuadé que la forêt le conduisait exactement à l’endroit où il devait être. Lentement, son corps succomba aux rigueurs de la course, et comme il ralentissait, sa vision se dissolvait et la forêt de chair vivante devint l’objet de la nature pommelé dans l’obscurité d’une nuit étoilée.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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