La prophétie de DOHRMAN

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre LVIII

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 58 – Pouvoir auto-couronné

Kamil regardait tandis que Nathanaël traversait la cour.

Il était suivi par un petit groupe de sentinelles curieuses, leurs visages grimaçant, ressemblant à une foule en colère.

Monsey reprit conscience, décontenancé et bouillonnant d’irritation.

« Qu’est-il arrivé ? », s’écria-t-il, en regardant Kamil comme s’il avait quelque chose à voir avec sa soudaine perte de mémoire.

Nathanaël s’arrêta et se tourna vers la collection de sentinelles qui le suivaient tels des chiots curieux. « Partez. »

Les sentinelles, dans un chœur de bavardages murmurés, s’en allèrent vers la bordure de la cour pour regarder.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? », répéta Monsey.

« Partez », dit Nathanaël, les yeux fixés sur Monsey.

Monsey se mit debout, les jambes un peu vacillantes, prit ses repères et suivit le même chemin que les sentinelles avaient pris, en espérant que l’un d’entre eux pourrait pouvoir fournir une explication quant aux événements étranges.
Comme Monsey se retirait, Nathanaël se retourna vers lui. « Envoyez Doc tout de suite. »

Monsey acquiesça. « Oui, monsieur. »

Nathanaël fixa ses yeux de faucon sur Kamil, et le pointait pendant qu’il parlait. « Vous et moi, nous devons parler. Je vais vous laisser partir d’ici immédiatement, je vais laisser Doc vous regarder, vous rafistoler du mieux qu’il peut, et puis je vais vous accompagner à la porte avec quelques provisions et je vais vous laisser partir. Et ensuite je ne veux plus vous revoir. Avez-vous compris ? »

Kamil écoutait avec des yeux brillants, son cœur s’emballant, sa respiration superficielle et rapide. La déshydratation était si sévère que sa confusion était comme un brouillard épais qui l’engloutissait. Nathanaël cracha sur le sol et desserra son col. Il faisait les cent pas tandis qu’il parlait, en chuchotant tout le temps, mais avec beaucoup d’intensité. « Je n’ai pas un putain d’os religieux dans tout mon corps », poursuivit-il, « mais quelque chose vient de m’arriver que je ne sais pas comment expliquer et je serais damné si je ne prends pas acte de ça. Voilà ! Des questions ? »

Il y avait une agitation à l’extérieur de la salle à manger, et une sentinelle marchait à grands pas vers le centre de la cour une voix forte, un verre dans une main et un fusil dans l’autre. « Est-ce le bâtard qui nous a tendu une embuscade, qui a brûlé mes chaussures, qui a pris toutes mes fournitures et qui a écrasé la crosse de mon propre fusil sur mon visage? Je viens de marcher douze kilomètres dans la forêt nu-pieds, avec un mal de tête atroce à cause de toi, je pense qu’il est temps pour un petit remboursement ! »

Sothmen était torse nu, les pieds enveloppés dans des chiffons sales qui étaient autrefois sa chemise, et le côté droit de son visage était gravement meurtri. Ses yeux avaient l’éclat noir du venin. Comme il arrivait à trois mètres de Kamil, il se tourna vers Nathanaël. « Monsieur, autorisation de frapper le prisonnier ? »

« Refusé. Partez », souffla Nathanaël.

Sothmen s’arrêta et regarda Nathanaël incrédule. « C’est mon droit ! »

« J’ai dit partez. » Nathanaël s’avança vers Sothmen dans un geste d’intimidation. Les deux hommes étaient aussi grands et de même construction, mais le grade de Nathanaël l’emporta.

Sothmen était stupéfait, puis prit une longue gorgée de sa bière. Il lança un regard furieux vers Kamil. « Je reviendrai plus tard avec une balle, avec ton nom dessus. Je reviendrai, ça c’est sûr. » Il se retourna et s’éloigna. Une rumeur éclata des sentinelles qui s’étaient rassemblées à distance et Nathanaël paraissait nerveux pour la première fois.

Doc et Sothmen se croisèrent. « Il est de méchante humeur… je serais prudent », chuchota Sothmen à Doc d’une voix pâteuse.

« Je passerai plus tard pour jeter un coup d’œil à cette contusion », dit Doc.

« J’apprécie, Doc, mais maintenant allez et prenez soin de cet assassin. Oh oui, protégeons Kamil qui a l’habitude de tuer et de tendre des embuscades à ses semblables ! » La voix de Sothmen était stridente, pâteuse et forte, et tout le monde pouvait l’entendre. Il y avait un bourdonnement dans la cour pendant que les sentinelles parlaient entre elles, spéculant sur ce qui se passait et qui était l’étrange garde.

« Arrivé aussi vite que j’ai pu », expliqua Doc. « Que puis-je faire ? »

« Je vais libérer ce prisonnier, et je veux que vous le rafistoliez du mieux que vous le puissiez. Pouvez-vous faire cela ? »

« Bien sûr, je peux faire cela », répondit Doc, « mais les hommes s’attendent un peu à une partie ce soir. Cela ne va pas être à leur goût, si vous voyez ce que je veux dire. »

« Combien de temps vous faut-il ? », demanda Nathanaël, ignorant les commentaires de Doc.

« Puis-je travailler sur lui dans mon cabinet? Cela prendra moins de temps … peut-être une vingtaine de minutes. »
Nathanaël acquiesça, en gardant les yeux sur ses hommes. Ils étaient environ trente qui s’étaient rassemblés à l’extérieur, et la plupart d’entre eux portaient des fusils ou des armes de poing. Ils avaient fini de dîner et ils s’accrochaient aux chopes à bière, regardant la saga de Kamil se déroulant au centre de la cour comme s’il s’agissait de théâtre. Nathanaël avait l’étrange sentiment que les autres regardaient aussi.

Nathanaël regarda Kamil qui était clairement à moitié mort, et se demandait ce qu’il faisait. Comment pouvait-il écouter une apparition qui avait disparu ? Peut-être que Kamil l’avait hypnotisé. Peut-être que rien de tout cela s’est réellement passé. Mais il y avait quelque chose en lui qui lui disait de continuer son plan. « Je vais avoir une conversation avec les hommes, pouvez-vous réussir à conduire Kamil à votre cabinet ? »

« Je ne crois pas », répondit Doc.

Nathanaël se pencha et retira les menottes du poignet de Kamil. « Je viendrai à votre cabinet quand j’aurai fini. Ne le laissez pas hors de votre vue. Je vous enverrai Monsey pour vous aider. »

« Compris monsieur. »

Nathanaël regarda une dernière fois Kamil – l’incarnation d’un frêle, sale et faible homme marinant dans la puanteur insupportable de la mort. Il était tout à fait répugnant dans tous les sens. Pourquoi quelqu’un voudrait-il le sauver ?

Nathanaël se dirigea vers les sentinelles qui ruminaient à l’extérieur du mess, le son doux de raclement de leurs chaussures sur le patio dallé contrastait avec leurs voix rauques qui cédaient à la bière forte qu’ils buvaient tous. Ils savaient qu’ils étaient venus pour une chose, se venger sur l’un des leurs qui avait commis le crime ultime. La plupart de ces hommes détestaient le lieutenant Jaunder, mais ce n’était pas la question, ils voulaient une partie – une excuse pour blesser quelqu’un avec l’autorité de son bureau. C’était la manière séculaire -pour que l’ordre soit maintenu dans les rangs des sentinelles qui étaient sans éducation, sans amour, sans famille et portaient des armes.
Nathanaël tendit ses mains, et un silence se répandit dans le groupe. « Un représentant du Prêtre Suprême nous a rendu visite, ce soir, et il nous a demandé de libérer Kamil. »

Quelques railleries surgirent du groupe, et quelques sentinelles exprimèrent les troubles. « Pourquoi? Il a tué notre lieutenant. »

« Je n’ai pas eu une réponse claire. Autre que je peux vous dire que Kamil n’est plus considéré comme responsable de la mort du lieutenant de Jaunder. À compter de ce soir, c’est un homme libre. »

Le groupe devint indiscipliné avec un refrain de huées.

Nathanaël leva les mains de nouveau et siffla un cri aigu et haut perché. Tous les yeux se tournèrent vers lui alors que l’ordre fut soudainement rétabli. « Je sais que vous attendez avec hâte une fête ce soir, mais rien n’a changé, le bar restera ouvert toute la nuit -. C’est pour moi, buvez donc jusqu’à la dernière goutte les hommes. Amusez-vous bien. »

Il y avait l’excitation générale aux paroles du commandant, autant que des hommes criaient leur enthousiasme.

Sothmen s’avança et leva la main. « Alors, qu’en est-il de Kamil, monsieur? Sommes-nous censés travailler avec ce gars-là ? Nous savons tous qu’il est un meurtrier et un salaud rusé. Qui d’entre nous peut lui faire confiance ? »

« Il s’en va ce soir. Il est expulsé de la Garde suprême sur les motifs qu’il a agressé vous et votre partenaire. Il est fait. En ce qui me concerne, j’espère que nous le reverrons plus. »

Quelques-uns des hommes beuglèrent leur accord, mais Sothmen ne semblait pas convaincu.

« Comment le Grand Prêtre sait-il que Kamil n’avait rien à voir avec la mort de Jaunder? Comment pourraient-ils le savoir ? Dieu leur a-t-il dit ? » Sothmen ricana.

Certains des autres hommes ricanaient de même, en regardant Nathanaël pour sa réponse.

« Ils ne m’ont pas dit », dit Nathanaël, montrant la porte avant de l’enceinte. « Mais si c’est une consolation pour vous, nous enverrons Kamil dans ces bois avec quelques maigres provisions, et aucune arme à feu. Il est dans un tel état en ce moment que je doute qu’il dure jusqu’au matin. Il est pour ainsi dire mort. Nous laisserons les bois en finir avec lui. De cette manière, Karnomen ne pourra pas nous en tenir responsables. »

Nathanaël regarda directement Sothmen. « Vous et votre partenaire, vous aurez des portions supplémentaires de nourriture et une bouteille de whisky de ma réserve privée. Je vous écrirai aussi deux mentions élogieuses et verrai à ce que la récompense pour la capture Kamil soit doublée afin que vous et votre partenaire, et ceux qui l’ont conduit ici, soient récompensés également. »

Nathanaël lui tendit la main à Sothmen. « Entendu ? »

Sothmen posa son verre sur une table voisine, essuya sa main sur son pantalon et serra la main. « Entendu. Merci, Monsieur. »

« D’accord, les hommes, revenons à la partie. Rappelez-vous, ceux qui ont le devoir du domaine demain, gardez votre consommation d’alcool à un niveau raisonnable. » Il sourit, mais à l’intérieur, il se débattait en appréhension de ce qui se passait dans son monde. Tout s’effondrait, implosant dans une nouvelle étape où il était seulement un petit acteur. Un pion impuissant de forces qu’il ne comprenait pas.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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