La prophétie de DOHRMAN WINGMAKERS

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre LI

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 51 – L’Homme Bleu

Kamil ouvrit les yeux sans se rendre compte que ce qu’il sentait était des gouttes d’eau ruisselant sur son visage.

La lumière du matin gris baignait sa vue filtrée par des branches floues.

Il ressentit aussitôt la douleur de son corps, et sa mémoire commença à éclore dans les fragiles failles de sa personnalité.

Il était couché sur une civière de fortune qui était tirée sur un sentier forestier. Il essaya de s’asseoir, mais il était étroitement attaché. Sa tête et son corps lui faisaient mal à chaque secousse le long du sentier.

Sa civière était inclinée à un angle d’environ trente degrés, et était tirée par quelqu’un qu’il ne pouvait pas voir. Il s’efforça d’ouvrir sa bouche, mais la volonté de parler le laissa comme l’idée de poser une question se présenta.

« Où m’emmenez-vous ? »

La question disparut dans l’oubli du sable tamisé par un sablier céleste. Au lieu de cela, une voix sans lèvres lui parla. « Vous êtes pris dans le repaire des hommes-bêtes qui ne connaissent rien de ma volonté. Mon pouvoir est en vous, et les hommes-bêtes disposant maintenant de votre vie s’inquiéteront pour leur propre vie s’ils cherchent à vous détruire. Car vous êtes ma semence et je vous défendrai. »

L’attention de Kamil, sous une protection sacrée, fut exilée dans une pièce avec une grande table. Sept êtres qu’il ne reconnaissait pas étaient assis à cette table, néanmoins il pensait qu’ils ressemblaient à des anges, malgré leur manque d’ailes. Ils étaient plus grands que des humains, avec des fils énergétiques de lumière palpitante à travers leur corps ayant une étrange transparence bleu saphir. Ils lui firent signe de les rejoindre à leur table. Il s’assit entre deux d’entre eux sur l’unique chaise libre, et il s’aperçut tout à coup que ses douleurs avaient disparu – qu’il marchait vers la table sans aucun mal – et Kamil souriait de bonheur.

« Votre monde sera rétabli, ne vous inquiétez pas », dit l’être à côté de lui. « Nous ne sommes pas des anges, ni des dieux. Nous sommes vous dans un autre domaine du temps. Chaque homme est un nouvel Adam, chaque femme une nouvelle Ève. Nous sommes ceux que vous appelez l’Arbre de la Connaissance, et, ce faisant, nourrissons votre soif d’égalité et d’unité. »

Une partie de Kamil pouvait entendre le bruit de sa civière trainée, et sentir les bosses de la piste, mais la plus grande partie de son soi était trop captivée par ses hôtes pour s’apercevoir d’être emmené loin d’une telle pièce magique. Il se tourna vers l’être qui lui avait parlé. « Pourquoi semblez-vous si familier ? »

« Je suis votre père », répondit l’être. « Votre vrai père. »

Comment cela pourrait-il être ?, pensa Kamil.

« Nous sommes différents que dans l’apparence de l’espace-temps, mais ce qui est en votre centre, est notre centre aussi, et dans cette présence partagée nous sommes identiques dans tous les points fondamentaux. Ma paternité est la même pour chaque Adam et Ève sur votre planète. »

Les êtres à la table acquiescèrent à l’unisson, leurs corps reliés à un filament éthéré que Kamil commençait seulement à identifier comme il concentrait son esprit sur les autres êtres. Il pouvait voir qu’ils étaient chacun différent, et cette distinction était concentrée dans leurs yeux. C’était les yeux qui reflétaient leur unique compréhension, et pourtant, Kamil avait l’impression étrange qu’il était en présence d’un être qui possédait sept corps.

« Vous voyez sept d’entre nous », dit l’être, « car nous vivons dans sept univers, et au sein de l’espace-temps de ces univers chacun d’entre nous a évolué. Nous sommes les anciens, Premier Né. Nous sommes des êtres initiaux qui avons marché sur les sphères planétaires en premier et avons appris ce qu’est la vie chez les plantes, les animaux, minéraux et l’air nécessaire aux systèmes biologiques pour gravir les milliers de marches vers notre royaume. Notre souffle est mêlé au vôtre, et bien que vous n’ayez aucun souvenir de nous, nous sommes l’attrait vers l’intérieur que vous ressentez, l’impulsion attractive à connaître les réponses ultimes de la vie et de la mort. Notre conscience est devenue le phare de toute vie possédant une âme, au sein de cette Âme Intégrale septuple, nous sommes son point le plus central, au sein duquel tout est lié dans un voyage éternel. »

« Bien que nous ne sommes que sept, nous supervisons les sept univers de la Source Première, notre Créateur. Combien y a-t-il d’univers avant nous et après nous, nous ne le savons pas, car des rideaux ont été tirés par la Source Première pour nous maintenir centrés sur nos mondes de création, d’évolution, d’ascension et d’unicité. S’il y a une chose que nous avons apprise de notre existence quasi-infinie, il ne faut jamais présumer que le multivers soit composé de sept univers, mais plutôt comprendre qu’il est inconnaissablement immense. Aussi haut que vous vous élevez, aussi profond que soit votre tunnel, il y a encore toujours plus à découvrir et à comprendre. »

« Nos pouvoirs s’étendent à toute vie et toute matière. Nous n’interprétons ou ne dirigeons pas l’espace-temps, car la volonté de la Source Première est que la vie doit évoluer à l’abri du libre arbitre. Toutefois, ce libre arbitre s’applique uniquement aux mondes intérieurs, il ne s’applique pas à l’extérieur, c’est à cause de cela que vous êtes manipulés, vous êtes faits serviteurs d’hommes qui sont serviteurs de dieux qui sont serviteurs d’autres dieux encore. Et cette lignée de servitude a extrait votre libre arbitre sans votre consentement ou connaissance. Par conséquent, l’Oracle fut déposé sur votre planète – sur toutes les planètes sensibles – pour défaire cette servitude d’une hiérarchie de personnes extérieures. »

« Notre cadeau pour vous est le langage transfiguré. Vous constaterez que votre raisonnement changera à partir de cet instant, car nous vous avons touché de notre présence et un grand vide se posera sur vous, mais vous ne serez pas aveugle. Vous verrez ce que d’autres tâtonnent seulement, et vous vous souviendrez que notre présence est en vous. »

Kamil, assis à la table, regardait l’être qui lui parlait, et finalement un silence s’installa dans la pièce, et il sentit l’envie de parler. « Je ne crois pas en Dieu … jamais senti comme quelqu’un qui aime les êtres humains, sans parler des sentinelles marchant lourdement seules dans une forêt. Qu’avez-vous dit, que je me souviendrai de votre présence – que je changerai… que je croirai finalement en Dieu ? Parce que je ne ressens aucune connexion avec lui. »

L’être bleu qui prétendait être son père se tourna vers le centre de la table et d’un simple signe de tête, comme par magie, activa une image qui apparaissait flottante au-dessus de la surface blanche de la table. C’était un hologramme minutieux de Kamil jeune garçon, comme si un souvenir ressuscitait avec une précision absolue. Il n’avait que cinq ans, peut-être six ans, mais Kamil se reconnaissait, bien qu’il n’ait jamais vu de photos de son enfance. Il y avait quelque chose de familier dans ses cheveux et déplacement. Le garçon courait dans un champ de hautes herbes ; seul, sous l’obscurité d’un ciel nocturne rempli d’étoiles.

Kamil était émerveillé par la scène, mais ne s’en souvenant que vaguement. Il observait tandis que le garçon – haletant de la longue course – tout d’un coup s’arrêta, s’allongea dans les hautes herbes de la prairie, et leva les yeux vers les étoiles, les yeux s’élançant d’une constellation à une autre avec admiration. Il commença à compter ce que ses petits doigts pointaient dans les cieux, puis rapidement vit l’inutilité de le faire et se contenta d’observer. Du coin de l’œil du garçon, Kamil voyait le vaste champ du ciel éclipsé par une profondeur inimaginable de l’espace, et pouvait sentir une partie de l’émerveillement de l’enfant.

D’une certaine manière, Kamil ne comprenait pas comment, alors qu’il regardait le garçon, il pouvait contrôler l’image qui flottait au-dessus de la table, et il pouvait se sentir – une partie de lui – flotter dans le corps du garçon, et Kamil, l’homme, regardait soudainement les étoiles à l’intérieur de son corps jeune garçon. Les étoiles étaient si claires, si nombreuses qu’il était instantanément fasciné.

Et puis soudain, il s’entendit dire. « C’est Dieu. » Ce n’était pas sa voix, c’était une voix d’enfant. Candide, pure. Les deux mots sont montés dans le ciel sereinement, ne dissimulant rien comme si ensemble, ils étaient l’étoile du berger, celle qui arrive seule, annonçant la première lumière du ciel.

Son esprit chancela. Il était à trois endroits en même temps. Quelque part il était couché sur une civière, son corps trop cassé pour rester conscient, il était assis à une table avec sept êtres qui s’appelaient eux-mêmes Premier Né, et il était aussi à l’intérieur de son corps alors qu’il n’était qu’un petit garçon, les yeux fixés sur les cieux d’une claire nuit d’été. Il ne savait pas comment c’était possible, mais il savait qu’il l’était.

Le garçon continuait à observer le vaste ciel sans défense, piqué par la lumière d’un ensemble infini d’étoiles qui semblaient embrasser aussi bien l’homme et l’enfant. C’était la plus étrange impression que Kamil n’avait jamais éprouvée. Il se demandait où étaient ses parents, pourquoi ils l’avaient laissé seul dans la froide immensité d’un univers massif. Et puis, quelque part le long de sa colonne vertébrale il la sentit d’abord. Une charge électrique courant sur toute la longueur de sa colonne vertébrale, et sa chair entière piquetait, comme si le courant touchait chaque cellule, chaque atome de son petit corps.

Il entendit un autre mot s’échapper de sa bouche. «Amour». Il n’était qu’un jeune enfant, élevé dans un orphelinat dans les abords d’un village où la plupart des enfants étaient les victimes invisibles de la guerre. Il ne connaissait pas l’amour. Ne l’avait jamais ressenti, et pourtant, regardant fixement dans les étoiles, en quelque sorte ce mot s’est formé dans son cerveau ou dans son cœur ou quelque part dans son corps, assez pour faire un son qui s’est échappé de sa bouche délicate. Son corps tout entier frémit de la charge électrique comme elle faisait écho dans ses membres – une présence immuable.

Sans avertissement, Kamil se sentit télescoper loin de la scène et il redevint conscient qu’il regardait en bas le panorama de son soi-enfant couché sur le dos, regardant le ciel étoilé interagissait avec lui comme seul Dieu le pouvait. Il connaissait Dieu, ou une facette de son expression. Kamil avait seulement oublié, et maintenant, le souvenir – si palpable et clair – remuait en lui comme la graine d’un ouragan.

La scène s’évanouit et il revint à son regard vers le Premier Né bleu, mais il réalisa rapidement qu’il était maintenant seul à table. La salle était nue et son appréhension grandissait par l’absence de quelqu’un. Seul dans un endroit qu’il ne connaissait pas. Le mur en face de lui se mit soudain à fondre en transparence, s’ouvrant sur un profond et étrange espace d’étoiles, de planètes et de galaxies lointaines. Il regardait avec stupéfaction alors que chaque planète et étoile commençaient à se dissoudre, à disparaître dans une noirceur profonde, comme si une tempête d’ombres, un pur néant, grondait dans l’espace, engloutissant tout sur son passage.

Kamil était pétrifié alors que la vague noire insondable prit l’horizon et semblait se presser contre la pièce dans laquelle, en tant qu’observateur, il ne pouvait qu’attendre. À sa grande surprise, Kamil ne ressentait aucune panique, ni même inquiétude. D’un seul coup la salle disparut et il était maintenant dans la noirceur absolue. Il n’y avait seulement qu’un bruit comme le soufflement du vent ; rythmique, des poumons d’un univers né avant le temps. Il sentait une intelligence inconnue respirait sur lui – en lui – à travers lui. Ce souffle était une force, une puissance qui entraînait Kamil à respirer au même rythme, le rythme du souffle qui était sur lui. Il se sentait tout petit et insignifiant, mais était complètement en paix, comme s’il était enroulé dans un néant qui le nourrirait sans condition à tout jamais. Il pouvait sentir que chaque pensée, sentiment, espoir, impression, image, tout ce qui avait été versé dans son être au fil du temps – toutes les vies qu’il n’a jamais vécues, ou vivrait – étaient purgés et extraites de lui. Il était vidé de toute expérience, toute stimulation, toute connaissance, toute expression, tout désir. Tout fut pris de lui tandis que ce vaste souffle englobant continuait à travers lui et autour de lui. Il était la conscience pure, séparée de tout ce qu’il croyait qu’il était.

Je suis mort.

La pensée le quitta, sa dernière particule d’identité d’Existence, comme la vapeur finale de la fumée d’un feu éteint s’élevant dans l’infini du ciel. Il était le vide. Le souffle était le sien, et il pouvait seulement se déplacer comme une particule de ce souffle énorme qui semblait remplir l’espace de toutes choses – créé et éternel. Il était le souffle au sein du néant. Il n’y avait pas d’échange. Aucune énergie. Pas besoin de l’équilibre, la dualité avait disparu.

Et dans ce vide de son être, il vit une étincelle de lumière. Au début, il pensait que c’était une lumière de sa création, mais alors la lumière commença à prendre une forme tandis que lentement elle fusionnait en une ligne parfaite sans début ni fin. C’était une ligne lumineuse, lumière dorée, planant en face de lui. Peu à peu la ligne dorée devint un cercle, et le cercle un triangle, puis un carré. La lumière se métamorphosa en des géométries plus complexes. Et les géométries commencèrent à se transformer en formules mathématiques, toutes composées à partir de cette ligne initiale de lumière qui continuait à se métamorphoser avant que Kamil en prit conscience. Il vit alors que les symboles devenaient si complexes que, sous tous les angles qu’il regardait, ils étaient remplis de symboles mathématiques pour lesquelles il n’avait aucune raison de comprendre, et pourtant il le fit.

Je suis cela, pensait-il. Je suis composé de cela, et seulement cela, sous chaque membrane que je porte. Je suis codes. Je suis le langage des symboles. Je suis la méta-image à naître, pas encore existante en tous lieux et tous temps.
Ensuite la lumière devint une sphère, une pyramide, un cube et continua à se développer dans une complexité toujours croissante. Soudain, elle devint une forme cristalline et la couleur commença à infuser la lumière. Des cristaux de toute complexité, couleur et forme remplissaient sa vision l’un après l’autre. Ils changeaient si rapidement qu’ils commencèrent à s’animer. Ils devinrent vivants. Un arc-en-ciel de couleurs balaya devant lui, puis les motifs cristallins se changèrent en de minuscules organismes flottants qui semblaient monter et descendre dans des pâturages humides. Un brin d’herbe, une petite fleur, une fougère, un sapin, puis la profusion de la flore apparut à une vitesse aveuglante.

Ensuite l’image d’un arbre majestueux s’arrêta pendant une période de temps, englobant tout au-dessus et au-dessous. Sa hauteur de voute n’était livrée à aucune ombre, et des branches audacieuses, un serpent descendit en glissant et s’avança vers Kamil avec une rapidité étonnante, mais il s’arrêta net, ses yeux miroitant une intelligence. Alors, le serpent de lumière devint un cheval. Un jaguar. Puis une baleine. La forme lumineuse continua à changer de forme de divers animaux si rapidement que Kamil ne pouvait pas suivre le rythme du changement, et il chercha une voix intérieure qui lui aurait dit – quel que soit ce qu’ « il » était – de ralentir, mais il ne possédait pas de pouvoir d’expression.
Les images d’animaux continuaient à clignoter devant lui. Il les reconnaît tous, et pourtant pour certains il lui manquait leurs noms. Un papillon, le chimpanzé, le saumon, le stégosaure, le corbeau, l’antilope, le crocodile, l’aigle, le dauphin, le gorille, et puis, un petit colibri, palpitant de lumière d’aigue-marine irisée et des nuances d’or, vola vers lui, si près que Kamil pouvait voir ses yeux telles des perles et la puissance et l’intelligence qu’ils commandaient. C’étaient les yeux de l’avenir, regardant en arrière de lui – dans le pardon sans failles.

Kamil baissa les yeux, sentant un rayonnement d’amour venir sur lui. Il était immatériel, sans esprit, vidé de toute chose, et pourtant il y avait l’amour, si puissant, non attaché à n’importe quel objet, se libérant en lui avec un murmure d’une voix si ancienne qu’il pleurait quelque part en lui. « Vous devez être éveillé », dit la voix de l’amour : « pour ceux qui vous attendent dans l’inframonde. »

Le colibri oscilla comme pour donner quelque chose de plus, pour clore sa révélation, mais alors il se tordit et se torsada alors qu’il commença à se métamorphoser, comme toutes les créatures et les objets avant lui, mais cette fois la transformation était mesurée et méthodique.

Une plume de lumière tomba en flottant, une à la fois, ses yeux devinrent plus grands et moins opaques. Les ailes se calmèrent et devinrent membres avec des mains et des doigts. Et, dans un ultime geste de récurrence, les pattes du colibri s’allongèrent comme les racines d’un arbre, se débattant avec le problème de solidité à se tenir debout dessus. Kamil regardait avec étonnement tandis qu’une forme humaine se tenait devant lui, regardant tout comme lui, composée de lumière et rien de plus.

Il ne pouvait pas résister à tendre le bras et toucher le corps de lumière, mais comme il le fit, le corps s’éloigna, à reculons, comme s’il était timide. Une voix, qui semblait étrangement familière, remplit tout son être. « Vous êtes mon ombre. Une ombre ne peut pas engager une action, car vous êtes le résultat de mes actes, mon but, mes désirs, et ma volonté. Donc, comme vous tendez le bras pour moi, vous verrez que je suis renaissant, caché dans la naissance perpétuelle de la création dont vous faites partie, mais toujours l’effet transitoire. Si vous cherchez à me connaitre, à toucher mon être et à sentir ma présence, alors vous devez être préparé pour la transformation de votre vide. »

N’est-ce pas ce que j’expérimente?, pensa Kamil.

« Non », répondit le corps de lumière. « Peu importe si vous éprouvez ceci comme un événement de transformation, vous devez l’invoquer par la reddition de votre volonté, et permettre à l’intelligence qui est à la fois dedans et dehors, ici, ici, et ici, et là, et là, soit votre progression. » Le corps de lumière pointa son cœur, estomac, et la tête, puis de haut en bas. « Pour la voir en cette personne et cet animal, dans cette plante et cette pierre, dans cette étoile et cette planète. C’est un processus, non pas la réalisation qui nous relie. »

« Vous devez voir et sentir l’intelligence de la création et laissez ce guide vous informer, vous inspirer, vous libérer des voies anciennes, jamais construire en s’appuyant sur les épaules de ce que vous avez senti et pensé était la vérité, jusqu’à ce moment où tout est balayé et vous vous retrouverez face à face avec votre vrai soi : moi. »

« Alors vous vous connaîtrez comme vous êtes, vivant dans ce corps. » Le corps de lumière pointa l’image émergente d’un corps épuisé, entouré de vêtements ensanglantés, couché sur une civière avec la mort tournant autour avec des yeux affamés. Kamil savait que le corps brisé était lui, mais il avait l’impression qu’il observait une autre personne qui était tombée dans l’abandon douloureux. « Vous verrez que tous les prétextes de votre corps, errant dans les mondes illusoires de vos espoirs et vos ambitions, ont été mais les sources de l’irréel. Pourtant, dans cet état perplexe, vous vivez, respirez, et avez une présence, et cette présence, c’est moi. Je suis le souffle qui coule à travers vous, mais je ne suis pas prisonnier du temps ou du lieu pour que je me déplace sans cesse d’un corps à une autre, toujours observant et en attente de nos retrouvailles dans la chair de votre corps et la lumière du mien. »

« Pourquoi ? », demanda Kamil. « Pourquoi regardez-vous ? Pourquoi vous souciez-vous de notre monde, quand vous avez … ceci ? »

« Pour apprendre », répondit le corps de lumière. « Pour faire l’expérience moi-même amoindri dans l’inframonde de la mortalité, en belle et honteuse émotion, dans des pensées enroulées dans des pensées à la recherche d’une bouche. Je vis à travers vous comme la Source Première vit à travers moi. Mon monde, même maintenant, vous ne pouvez pas le voir.

Vous n’avez pas d’yeux pour ce que je suis vraiment et le royaume dans lequel j’existe. La splendeur est imperceptible à vos sens, mais à cette magnificence, il reste l’attraction à explorer les polarités. Et donc nous plongeons dans votre monde, dans les cendres et les plaines arides nos âmes se précipitent pour combler les corps. Comme des ondes, nous arrivons à remplir les cœurs en fleurs des enfants, et à chaque génération, nous élevons le vaisseau humanité un peu plus haut. Nous approchons nos mondes, comme il est écrit dans nos codes. »

Qui a écrit ces codes?, pensa Kamil. Qui est derrière ce grand projet ?

« La Source Première est la seule réponse que je peux offrir, car cette source est la source initiale de tout ce que nous savons et expérimentons. Nous ne pouvons pas dire qu’elle est la plus haute car aucun d’entre nous n’a sondé ses origines. Quand nous essayons – de sentir ce qu’il y a derrière la Source Première – nous pensons qu’il y a une forme d’intelligence qui est si vaste que le multivers est un amas d’atomes flottant dans son univers où il recueille tout dans son défilé de vie. Nous ne connaissons pas vraiment pas les limites. Nous croyons qu’il y a plus à hériter que ceci », le corps de lumière déploya ses bras gracieusement avec ses paumes dirigées vers le haut, « et quand nous nous unirons, nous chercherons certainement cet héritage, car il nous appelle. »

L’image de son corps, gisant brisé en une civière de fortune, au milieu de pins attaquant un ciel pâle et gris, commença à remplir son monde. Il sentit le mouvement comme si la gravité l’avait brusquement réveillé et il était entraîné dans ce corps inconscient. Une partie de lui voulait résister, mais le corps de lumière sourit et lui rappela: « Il faut être éveillé. »

Les yeux de Kamil étaient grands ouverts comme des stores expédiés par une main puissante. La civière s’était arrêtée. Il entendit une voix, mais c’était la voix de son corps, murmurait dans un ton qui semblait étrangement lointain. « L’eau. De l’eau. De l’eau. » Elle ne cessait de répéter.

Une grosse tête rayonnant l’odeur de l’alcool mélangé à du tabac, se balançait au-dessus de son visage, le regardant avec dédain. « De l’eau? De l’eau ? » La voix faisait écho d’un ton plaintif. « Quel pleurnichard. À quoi je ressemble … à un médecin ou autre chose ? »

Kamil sentit un jet de crachats arroser son visage, et il ferma les yeux. « C’est ta fichue eau », affirma la grosse tête. « Maintenant ferme ta gueule, nous essayons de déjeuner ici. »

Kamil souhaita, plus que tout ce qu’il n’avait jamais souhaité auparavant, qu’il puisse retourner dans la salle avec le Premier Né. Il sourit au ciel, sachant en quelque sorte qu’il était visible à son père. Cela lui suffisait. Et puis une pluie froide commença à tomber, nettoyant son visage et ses plaies, et Kamil ouvrit la bouche pour boire les cieux. Il crut entendre parler son père. Il sentirait comme si l’obscurité a gagné. Mais de même que des salles vides accentuent les sons les plus éloignés, ainsi donc, l’obscurité vous concentre sur ma voix. Écoutez-la bien, car elle vous servira. Vous n’êtes pas seul.

Là-dessus, le visage de Kamil se noua dans certaines divines tortures, serrant les dents, avec une volonté bouillonnante de s’éloigner et de trouver Maia et Simon. Mais encore une fois la voix le trouva. Ils sont avec Vesta, et ils sont saufs, annonça-t-elle.

Kamil lutta pour poser une question avant de perdre conscience. « Qui est …Vesta ? »

Dans mon monde, l’Oracle est connu comme Vesta.

Kamil ferma les yeux. De tous les recoins cachés de la Terre où les mots donneraient la lumière et sa sagesse, l’Oracle était le plus fortement protégé. Comment Maia pourrait être en sécurité ? Mais sur ce seul élément d’information, Kamil, dépossédé de force, ne pouvait s’empêcher de perdre conscience. Un sommeil profond et sans rêves le trouva enfin.
Les deux sentinelles ne s’en aperçurent pas. Ils consommaient avidement leur nourriture, tournant le dos à Kamil.

Quelque part depuis les hauteurs du ciel gris, au-delà des pouvoirs humains, tomba un rayon de lumière, se développant en spirale vers la Terre, portant les codes de l’information qui étaient réservés pour le sacré. La lumière passait à travers les nuages, les branches d’arbres – ses photons les transporteurs de mutation. Ils sont entrés en parenté avec Kamil, dans les courants de son corps, et là ils le rétablirent comme quelqu’un raccommodant un vêtement qui est utilisé pour voler.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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