La Grèce Antique

Voyage sur la lune et bataille intergalactique: un script de science fiction vieux de 2000 ans

Près de 2 000 ans avant que George Lucas ne crée son opéra épique Star Wars, Lucian de Samosata (une province de la Turquie moderne) a écrit le premier roman mondial consacré aux voyages spatiaux et aux batailles interplanétaires.

L’histoire vraie a été éditée environ 175 ap JC pendant la grandeur de l’empire romain.

L’aventure spatiale de Lucian est composée d’un groupe de voyageurs qui quittent la Terre lorsque leur vaisseau est jeté dans le ciel par un féroce tourbillon.

Après sept jours de navigation dans l’air, ils arrivent sur la Lune, seulement pour apprendre que ses habitants sont en guerre avec le peuple du Soleil. Les deux parties luttent pour le contrôle d’une colonie sur l’Étoile du Matin (lucianusa planète que nous appelons aujourd’hui Vénus). Les guerriers des armées du Soleil et de la Lune voyagent à travers l’espace

Lucien fit de brillantes excursions dans le domaine de la fantaisie. Son Histoire véritable est un chef-d’œuvre d’imagination et de plaisantes allusions. Il trouve qu’Hésiode, Homère et les poètes ont eu le tort de raconter des choses invraisemblables, avec un grand sérieux et ayant l’intention évidente de nous les faire croire ; il se reconnaît le droit, lui aussi, d’écrire des récits absurdes, mais il aura la conscience d’avertir le lecteur qu’il invente, qu’il présente uniquement les résultats de ses rêveries littéraires :

J’ai résolu, n’ayant rien de vrai à raconter, vu qu’il ne m’est arrivé au- cune aventure digne d’intérêt de me rabattre sur un mensonge beaucoup plus raisonable que celui des autres car il n’y aurait dans mon livre, pour toute vérité, que l’aveu de mon mensonge, il me semble que j’échapperais aux reproches adressés par moi aux autres narrateurs, en convenant que je ne dis pas un seul mot de vrai. Je vais donc raconter des faits qui ne me sont pas arrivés, des aventures que je n’ai jamais eues et que je ne tiens de personne ; j »y ajoute des choses qui n’existent nullement et qui ne peuvent pas être. Il faut donc que le lecteur n’en croie absolument rien.

Lucien et son équipage y feront la connaissance du peuple lunaire : les sélénites.

Ils rencontreront également les peuples des planètes et astres voisins et participeront même à une bataille opposant sélénites à héliotes (habitants du soleil), le tout en découvrant simultanément de nombreuses créatures extra-terrestres diverses, certaines servant de monture à ces soldats de ces divers peuples.

Le roi des sélénites n’est autre qu’Endymion : ce célèbre amant de Diane/ Séléné a ici fait son chemin depuis son passage dans la mythologie grecque….

Une bourrasque soudaine vient nous assaillir avec une telle violence qu’après avoir fait tournoyer notre vaisseau, elle le soulève en l’air à plus de trois mille stades et ne le laisse plus retomber sur la mer ; la force du vent engagé dans nos voiles, nous tient en suspens et nous emporte de telle sorte que nous naviguons en l’air pendant sept jours et sept nuits.

Le huitième jour nous apercevons une espèce d’île brillante, de forme sphérique, éclairée d’une vive lumière : c’était la lune. »

Le pays est peuplé et bien cultivé, le roi se nomme Endymion, il parle grec ; ça c’est une chance. Il accueille fort bien les étrangers qui, la nuit venue, aperçoivent plusieurs îles voisines, les unes plus grandes, les autres plus petites, toutes couleur de feu ; au-dessus l’on voyait encore une autre terre avec des fleuves, des villes, des forêts, des mers, des montagnes.

Dans la Lune il n’y a pas de femmes… Les jeunes gens conçoivent par le gras de la jambe… l’enfant est mort en entrant au monde, mais en l’exposant à l’air il commence à respirer… d’autres naissent dans les champs, comme les plantes, par suite d’une certaine opération à ce destinée… Lorsqu’un homme devient vieux, il ne meurt pas, mais il s’en va en fumée… Les Lunaires ne mangent pas, ils avalent seulement la vapeur (on retrouvera la même idée chez Cyrano de Bergerac)

Au moment où nos hommes débarquèrent dans la lune, le roi Endmion venait de déclarer la guerre à Phaéthon, roi du Soleil, pays également très peuplé, pour des questions de frontière et de sphère d’influence. Ces difficultés sont toujours irritantes et délicates à résoudre, même lorsqu’il s’agit de territoires aussi bien délimités que le Soleil et la Lune. Le roi de la Lune avait envoyé une colonie pour peupler l’Etoile du matin qui était inhabitée, aussitôt le roi du Soleil revendiqua cette planète à laquelle il ne pensait nullement avant la tentative d’Endymion. La guerre fut déclarée et Endymion était fort occupé à organiser son armée.

Comme il existe des relations suivies entre les habitants des diverses planètes tout le monde y fait de l’aviation : on utilise pour cela des oiseaux énormes : vautours, grues, autruches, fourmis, pucerons que l’on dresse à être chevauchés. On emploie aussi des légumes ailés. Endymion put créer, ainsi, de beaux régiments de cavalerie. Quant à l’infanterie, voici : tout le monde connait l’influence de la lune sur la pousse des légumes : il est naturel que sur cet astre les végétaux prennent des proportions anormales ; avec une enveloppe de fève on fait un casque solide, les boucliers sont des champignons et les lances des asperges. Pour faire évoluer les deux armées rivales, l’on tissa du soleil à la lune une belle toile d’araignée sur laquelle eut lieu la bataille que Lucien décrit en historien très au courant de la stratégie militaire.

Les Lunatiques sont vainqueurs et, pour perpétuer la mémoire de leur action d’éclat, ils élèvent deux trophées avec inscriptions, l’un sur la toile d’araignée, l’autre sur un nuage afin que les voyageurs futurs puissent, en passant, apprendre le succès remporté par les soldats de notre satellite. Lucien donne sur les habitants de la lune quantité de détails étranges, scrupuleusement observés, notamment que leurs yeux sont en verre et qu’ils les quittent quand ils n’en ont pas besoin ou qu’il faut les faire réparer. Leur nourriture rappelle, non sans ironie, celle qu’on offre aux dieux : ils allument du feu et font rôtir sur les charbons des grenouilles ailées, puis ils s’asseyent autour de ce feu comme au-tour d’une table et se régalent en avalant la fumée qui s’exhale du rôti.

Tel est leur plat solide, leur boisson est de l’air pressé dans un vase. Il a l’occasion d’éclaircir un point de météorologie qui, de son temps, n’était pas encore expliqué. Dans la lune les vignes produisent de l’eau, les grains de raisin ressemblent à des grêlons, aussi je crois, dit notre voyageur, que quand un coup de vent agite ces vignes, alors il tombe chez nous de la grêle qui n’est autre chose que ces raisins égrénés. Lucien obtient d’Endymion la permission de quitter la lune. Les voyageurs quittèrent la Lune et firent voile, à travers les vastes plaines de l’air, du côté des constellations; un régiment d’hippogryphes les escorta l’espace d’environ cinq cents stades.

Ils s’arrêtèrent fort peu de temps à l’étoile du jour, et la laissant à gauche, entrèrent dans le zodiaque et le suivirent jusqu’au Taureau.

Il y a là, entre les Pléiades et les Hyades, une île merveilleuse, qu’on appelle l’île des Lampes, où ils arrivèrent à l’entrée de la nuit. Lorsqu’ils y furent descendus, ils ne trouvèrent ni végétaux, ni animaux, ni hommes, mais des Lampes, qui allaient et venaient comme les habitants d’une ville, tantôt à la place, tantôt sur le port; les unes petites et chétives comme le menu peuple, les autres grandes et resplendissantes, mais en petit nombre, comme les riches. Elles avaient toutes leur nom et leur logis, comme les citoyens d’une république, parlaient et s’entretenaient ensemble.

Il put visiter plusieurs planètes, entre autres celle qui est habitée par les âmes de toutes les lampes du monde, ce qui lui donne un éclat extraordinaire. Il fut reconnu par la lampe de sa maison. De joie elle versa des larmes d’huile et lui dit : « Tu vois, je suis toujours allumée et tu me retrouveras vivante. »

Les terres qu’ils avaient laissées dans le ciel leur paraissaient déjà lointaines, claires et luisantes comme des astres. Trois jours après ils abordèrent aux régions océaniques.

Là se termine le voyage céleste.

Enfin il parvint à regagner la terre où il continua sa navigation…

https://lucianofsamosata.info/downloads/Lucien_de_Samosate_philosophe.pdf

Source : The Intergalactic Battle of Ancient Rome | History | Smithsonian

http://www.cosmovisions.com/textHistoireVeritable.htm

http://www.neotrouve.com

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