Kabbale Le Monde Angélique

Un Egrégore doit être alimenté par des énergies en harmonie avec son niveau vibratoire

L’accomplissement de tous les actes magiques est soumis à un rite, dont chaque point précis a une grande importance. La qualité des mots, des écrits, des ingrédients et des attitudes est fondamentale dans l’accomplissement de tout rituel.

Le rite est l’inverse de la prophétie car il est tourné vers le passé, alors que la prophétie contemple l’avenir.

La réalisation d’un rite permet de se mettre en phase avec un instant important du passé. Par exemple, une fête religieuse place, par le rite, les croyants en harmonie avec un événement fort de leur histoire. La notion d’égrégore y est fondamentale, car c’est lui qui réagit à la qualité du rite.

En arrière plan de tous les cercles spirituels ou profanes, se cachent des forces subtiles dont les puissances peuvent être, dans certains cas, inimaginables.

De ce fait, l’harmonisation des courants de pensées initiatiques et religieux, ne dépend pas uniquement d’une synthèse intellectuelle ; des problèmes occultes beaucoup plus profonds et délicats se posent. Les magiciens savent qu’il est bien plus important d’harmoniser les forces de la pensée aux niveaux subtils que dans la matière, bien que leurs relations soient inextricables.

Un cercle de conviction, religieux ou autre, scelle par son existence une énergie alimentée par les formes-pensées de ses membres. Toutes ces pensées émises forment, dans les plans subtils, des énergies qui gravitent autour de leurs raisons d’être. De cette manière, toutes les pensées dirigées en harmonie vers un même but, s’additionnent et s’agglomèrent pour ne former qu’un tout. Cet agglomérat d’énergies subtiles porte communément le nom d’égrégore (1).

Un égrégore est la synthèse d’une force collective, il contient les buts, les espoirs et les désirs de l’ensemble des individus qui s’y rattachent.

Cette force créée n’est pas uniquement mystique, il existe des égrégores pour tous les groupes de personnes formés, évolutifs ou involutifs, spirituels ou profanes. Il faut toutefois noter que seuls les égrégores spirituels sont volontairement alimentés, entretenus et utilisés (les groupes de magie noire s’appuient aussi sur le mouvement de leur égrégore). Les autres existent, parce que la nature répond à des lois, mais ces égrégores ne sont pas structurés et donc difficilement contrôlables.

Il n’y a pas de mot hébreu qui corresponde directement au mot égrégore, le plus vraisemblable serait « Malakh » (מאלך) .

Ce mot désigne généralement un ange et veut littéralement dire « messager », c’est-à-dire intermédiaire ; un égrégore joue aussi le rôle d’intermédiaire entre l’esprit et la matière, les membres du groupe, le visible et l’invisible.

La tradition enseigne que lorsque dix personnes se réunissent pour prier, elles créent un ange (malakh).

Les dix personnes réunies s’appellent un « Minyan » (מנין), c’est le nombre minimum de personnes nécessaires pour accomplir certains rites et réciter certaines prières (Kaddish).

Ainsi, la prière d’un Minyan forme un Malakh (un égrégore), dont la vocation et l’énergie sont motivées par la Kawanah (intention) du groupe. Si ce malakh (ange-égrégore) est régulièrement dynamisé, il grandira en énergie et deviendra de plus en plus puissant ; dans le cas contraire il s’épuisera.

Les qualités du Malakh formé seront scellées par un nom, un sceau magique, des couleurs, des parfums et des invocations, que les membres du groupe utiliseront pour mettre en action la force de leur Malakh. Si ce malakh est bien entretenu, les générations suivantes pourront continuer à l’utiliser, ceci grâce au rite perpétué de générations en générations.

C’est pourquoi, les invocations angéliques sont encore utilisées de nos jours, à plus ou moins bon escient. Il faut tout de même savoir qu’il est inutile d’invoquer un ange dont l’énergie s’est dissipée, ou a été absorbée par un autre ange.

Pour utiliser la force d’un Malakh, il faut avoir reçu une filiation par une transmission initiatique sinon, la machine tourne à vide.

Certains kabbalistes ont vu, dans la fabrication du Golem, la constitution d’un égrégore dont le support serait une statuette d’argile rouge consacrée et animée par un rituel. Gershom Scholem parle quant à lui d’âme collective : « Ce Golem est une partie de l’âme collective matérialisée du Ghetto, avec tous les côtés sombres du fantomatique, en partie un sosie du héros, un artiste qui combat pour la rédemption par lui même et qui purifie messianiquement le Golem, son propre moi non racheté… » (La Kabbale et sa symbolique).

La vie de l’égrégore

Le nom égrégore vient du fait qu’il désigne l’agrégation de forces psychiques générées par un courant spirituel.

C’est une force synthétique qui doit être régulièrement alimentée par des énergies en harmonie avec son niveau vibratoire.

Chaque égrégore vibre à son propre rythme vital, selon son propre code de vie. De cette façon, seules les personnes en unité avec ce mouvement vital, et se pliant à ce code d’harmonie, pourront alimenter ou utiliser la force. Un égrégore ne vit pas seulement des rites et des énergies produites par un cercle d’humains, des entités occultes viennent s’y rattacher progressivement. Ceci, en réponse à une loi d’attraction liée au degré vibratoire de ces entités.

D’un point de vue purement occulte, la vie d’un égrégore est essentiellement subtile, sa concrétisation matérielle est minuscule, mais indispensable. Dans un sens, un égrégore est un être artificiel (Golem) hors de la perception visible. Son image est celle que lui ont donnée ses membres par leur foi, leur dévotion, leur enthousiasme et parfois leur fanatisme.

Sans qu’on s’en rende compte, les grands égrégores bons ou mauvais, de notre humanité règlent la vie de notre planète depuis la nuit des temps.

Une parfaite connaissance de la vie des égrégores qui nous dirigent permet de prévoir, et même de modifier, le cours des événements sur la terre.

II existe, toutefois, des égrégores très anciens dont les rites ont disparu et qui n’obéissent plus du tout aux groupes qui les ont créés ; ils sont en quelque sorte retournés à l’état sauvage et se dissolvent progressivement.

D’autres, devenus trop puissants, s’émancipent et se comportent comme de véritables tyrans. Ils arrivent, progressivement à neutraliser le libre-arbitre de leurs membres, en les poussant à commettre des actes les dépassant. A la lumière des mystères du monde occulte, notre histoire prend un tout autre aspect.

Les égrégores de groupes profanes (2) n’ont pas d’alimentations volontaires et rigoureuses et peuvent disparaître assez vite. D’un point de vue magique, un égrégore ne peut devenir véritablement vivant que si des rites le vitalisent à intervalles très réguliers ; voire continu si l’on souhaite le rendre plus puissant. Ceci explique pourquoi, seuls les cercles humains à caractère rituélique, génèrent des égrégores qui durent indéfiniment, tout au moins fort longtemps.

(1) On trouve par fois ce mot écrit « eggrégore ». L’origine du terme est assez difficile à retrouver. On pense qu’il provient des livres sacrés de hourrites de Cilicie et qu’il migra dans le grec et l’araméen, langues qui étaient utilisées dans cette province. Dans ces deux langues, le terme signifierait « veiller », « surveiller ».

D’un point de vue hébraïque, cette signification est tout à fait intéressante, car j’ai signalé à la page 31 de ce livre, que A. Jellinek voyait la racine « natar » comme origine du nom Métatron. Natar veut dire « veilleur », « surveillé », ainsi Métatron le maître des djinns, serait donc le maître des égrégores.

On propose aussi une source égyptienne car « gre » signifie « silencieux ». On dit d’ailleurs en faisant allusion à un égrégore « le veilleur silencieux ».

(2) Par égrégores profanes, il faut entendre : mouvements politiques, groupes de supporters sportifs, clubs divers, groupes de pensée, etc.

Ce texte est extrait de l’ouvrage Vie mystique et kabbale pratique de Virya, paru aux éditions Georges Lahy en 1994.

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