ABSOLU Aspectologie Enseignements Kabbale Le DOUBLE Le TEMPS

Exprimer le H’ASHMAL avant de parler… Le Silence Parlant

Que serais-je sans toi, Ô merveilleuse Etoile qui brille dans l’éternité

Et la nuit comme le jour illumine. (Psaumes 139, 12)

hashmalLe mot hébreu ‘Hashmal est difficile à traduire.

Les Septantes lui donnent pour équivalent grec le terme Elektron, suivies en cela par La Vulgate qui propose Electrum. Les versions en langue moderne traduisent le terme de façon nettement plus variée : émail, charbon ardent, galène, météore, ambre, électre, alliage d’or et d’argent, vermeil, airain poli…

Le Livre d’Ézéchiel où le mot apparaît raconte une vision qu’eut ce prophète, au cours de la cinquième année d’exil de Joachim, avant dernier roi des juifs qui fut déporté par Nabuchodonosor. Ézéchiel dit qu’il vit  » Une Grande nuée de feu enveloppant… et au milieu du feu une chose qui semblait comme le ‘Hashmal  » (I:4). Les deux premières apparitions de ce mot (Ézéchiel 1:4 et 27) utilisent l’expression « ke’eyn ha-‘hashmal »,

« comme le ‘Hashmal ». Mais prononcé différemment, on peut lire ce passage : l' »œil du ‘Hashmal », c’est-à-dire : « ayin ha-‘hashmal ».

Sur cet œil gloseront de façon mystérieuse et obscure, comme nous allons le faire, les étudiants du Masse Merkabah. Quant à la troisième apparition du ‘Hashmal – et il n’y en aura pas d’autre – au chapitre 8 verset 2, elle se présente sous une autre forme : ha-‘hashmala.

La tendance dominante est de voir dans le mot ‘hashmal l’équivalent du grec elektron. Aussi n’est-il guère étonnant que l’hébreu moderne l’ait adopté pour désigner l’électricité. Et de là, ´hashmali en vient à signifier « électrique », manoa ‘hashmalay, « moteur électrique » et s’il y a un court-circuit dans la maison on appellera le ‘hashmalay, lequel a étudié la ‘hashmalout.

Mais on se doute bien que le terme ‘hashmalout désignait aux temps des prophètes autre chose que cette technique que doit apprendre le ‘hashmalay pour pouvoir électrifier une maison.

Longtemps, des alchimistes comme Paracelse vont s’interroger sur la nature de cette force.

Mais le sens, visiblement, échappe à plus d’un, et l’on ira de complication en complication. L’Aesch Mezareph ou Feu Purificateur se contente de le traduire par ambre, sans autre commentaire. D’autres y reconnaîtront le Mercure des Philosophes (Baron d’Hoogvorst).

Dans son ouvrage intitulé Sur les mystères les plus importants de la religion, Karl von Eckartshausen parlera d’une influence, d‘“une huile d’onction qui renouvelle l’homme” et qu’il appellera “Electrum, l’élément divin, l’organe ou vehiculum de l’esprit de Dieu, le vêtement d’or de la fille du Roi”. Son ignorance de l’hébreu ne l’empêchera pas, contrairement à d’autres à qui l’Intelligence du Cœur fait défaut, d’approcher le secret au plus près, quand bien même qualifie-t-il cet Electrum de Charmal. déformation du terme hébreu. Pour notre auteur, le Charmal est “la Lumière sacrée” ; il correspond à ce que la théologie chrétienne nomme « Lumière incréée ».

Mais qu’est-elle, cette Lumière, et quelle est son opérativité ?

Lumière noire, Lumière blanche

Selon le Zohar, la Torah comme le monde, fut composée avec du feu noir sur du feu blanc.

Les kabbalistes, pour le faire comprendre, utilisent l’image de la flamme (shalhevet).

Le Sepher Yetzirah explique que les dix émanations que sont les séphiroth sont comparables à des flammes dont chacune est connectée à une braise (ga’helet).

La flamme, disent-ils, est composée de trois niveaux.

  • Le feu noir, qui est le plus proche de la source, a pour nom ‘Hashmal (silence-parlant).
  • Le feu blanc, la partie lumineuse, a pour nom Eish (feu).
  • Le halo lumineux qui constitue la troisième partie de la flamme a pour nom Nogah (clarté).

Ces trois mots unis ont la même valeur numérique que le mot flamme, 737 (1).

Les kabbalistes du mouvement hassidique assurent que les maîtres authentiques expriment toujours le ‘Hashmal avant de parler.

Cela se fait á travers leur manière d’être. Ils se connectent à l’inconnaissance avant d’enseigner et ils opèrent une sorte de retrait d’eux-même vers non-eux-même (tsim-tsoum).

La Tradition explique également que le ‘Hashmal est une qualité de silence au-delà de tous les opposés, dans la mesure où son nom même unit à la fois la parole et le silence. Il correspond donc au niveau atziloutique du réel où ne demeure nulle opposition.

La qualité du silence des kabbalistes est particulière dans le sens où, d’une part, il s’agit d’un silence informatif à 100% et non pas d’un silence creux (2). Et d’autre part, ce silence est également considéré par eux comme étant l’Energie la plus dangereuse et la plus puissante qui soit (3).

Dans le Livre d’Ezechiel qui sert de base à la kabbale pratique, le ‘Hashmal est l’énergie du trône de Dieu.

Un passage du Talmud raconte comment un enfant, pourtant d’une grande pureté, qui voulait étudier le ‘Hashmal, fut foudroyé par lui. Un autre passage déclare que ceux qui comprennent la nature du ‘hashmal se placent en danger de mort. Le mot ‘Hashmal a d’ailleurs été traduit en hébreu moderne par « électricité ». Il a conservé cette idée d’énergie extrêmement puissante et dangereuse qui provient du sens du mot ‘hashmal en hébreu ancien. Certains alchimistes ont cru y reconnaître l’Electrum.

Le silence parlant est la matière même du vêtement de lumière (4).

Les mots ‘hashmal et malboush(vêtement) ont la même valeur numérique.

Du point de vue interne, on parle du ‘hashmal, dont les signes sont le pouvoir télépathique ; du point de vue externe, on évoque le vêtement divin ou malboush, ainsi que les 378 lumières fulgurantes et colorées (378 étant la valeur numérique du ‘hashmal).

C’est que le silence parlant est aussi présenté comme étant la source de la matière de l’imaginal.

378 est le nombre des nuances de couleur que l’oeil peut percevoir, dit le Talmud. Et le Midrash Konen ajoute que le’hashmal, est la substance ardente qui compose les piliers sur lesquels le monde repose. Sa guématrie de 378 évoque les éblouissantes « images de couleur », tzivonim de dimion (378), qui sont comme une « splendeur ardente » esh zohar de ki (378).

A l’heure d’étudier les opérativités kabbalistiques du corps de gloire, certains se contentent d’interroger le mot « gloire » en hébreu. Ils en tirent évidemment peu de choses car toutes les opérativités concernant ce sujet dans le monde hébraïque font avant tout référence au ‘hashmal et au malboush. Mais nous savons, bien sûr, que ces choses se développent mieux dans l’ombre de leur développement plutôt que frontalement.

Bref, le silence parlant est une terrible énergie et c’est aussi une matière.

Redoutable, son pouvoir se manifeste selon trois étapes. Il est vecteur et opérativité de signes et prodiges. On assure que c’est le seul instructeur de secrets qui soit.

D’après M. Cordovero, le ‘hashmal correspond au sentier 14 qui unit Hochmah et Binah.

La première étape du ‘hashmal apparaît aux signes de télépathie passive qui permettent de recevoir des messages et inspirations.

Ceci est compréhensible dans la mesure où, comme dit plus haut, le ‘Hashmal est le silence parlant; or, l’état de silence-parlant est, opérativement, un pouvoir télépathique en soi.

Cette étape est connue des kabbalistes comme étant celle de la « purification de la pensée ». On commence par se taire si l’on veut écouter.

 » Dans le monde de Atzilout où n’existe pas de différence entre ‘hash (silence) et mal (parole), le silence même parle et transmet. Il est certainement possible à ce niveau de transmettre et de répondre là où les mots sont incapables de le faire. Certaines choses ne peuvent être expliquées en parlant, mais le silence a le pouvoir de les communiquer. Ceci est le pouvoir de télépathie » (E. Zieger).

Le second niveau du ‘hashmal est marqué de signes de télépathie active qui permettent d’envoyer les messages. Cette étape est connue des kabbalistes comme étant celle du bitoul ha-yesh.

Quant au troisième niveau du ‘Hashmal, il s’agit du pouvoir thaumaturgique et miraculeux, lié à « l’extinction de la réalité » que les kabbalistes appellent : bitoul bimetziouth.

On trouve dans les Psaumes l’expression suivante qui a la même valeur numérique que le mot ‘hashmal : « Hu tziva venivraou », « Il ordonna et ils furent créés ».

Cette phrase exprime le pouvoir qu’a l’esprit d’ordonner et d’agir sur la réalité d’une façon naturelle, sans l’interférence de la parole ou de l’action.

Elle illustre parfaitement le pouvoir thaumaturgique dont il est question ici. « MeHashem hiatza hadavar » s’exclament Laban et Bethuel face à la fantastique « coïncidence » de la prière d’Eliezer et l’entrée en scène de Rivka : « ceci est venu de Dieu ». Et incroyablement, cette expression a la valeur numérique du ‘hashmal, 378.

Le mot ‘Hashmal apparaît trois fois dans la Bible et uniquement dans le contexte de la « vision d’Ezequiel » oú l’expression « comme une sorte de ‘Hasmal » pourrait aussi bien se traduire : « comme l’oeil du ‘Hashmal ».

Mais on trouve également, nous venons de le voir, de nombreux avatars numériques du ‘Hashmal, dés lors que s’en manifeste le divin pouvoir.

Outre les exemples déjá cités, prenons le Psaumes 139. Il s’agit sans doute du passage de la Bible oú le pouvoir télepathique du ‘Hashmal est exprimé avec le plus de poésie et de puissance.

J’avais d’ailleurs cité ce texte sacré dans L’Art Obscur, afin d’illustrer le lien télépathique qui m’unissait á un ami.

Le Psaume débute ainsi :

« Au chef des chantres. De David. Psaume. Éternel ! tu me sondes et tu me connais, tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, tu pénètres de loin ma pensée; tu sais quand je marche et quand je me couche, et tu pénètres toutes mes voies. Car la parole n’est pas sur ma langue, que déjà, ô Éternel! tu la connais entièrement. Tu m’entoures par derrière et par devant (5), et tu mets ta main sur moi. Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, elle est trop élevée pour que je puisse la saisir. Où irais-je loin de ton esprit, et où fuirais-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es; si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aurore, et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer, là aussi ta main me conduira, et ta droite me saisira. »

C’est la parfaite description du pouvoir du ‘Hashmal, Feu Noir du trône de Dieu, certes, mais aussi éclat et éblouissement de son Vêtement (Malboush), vue divine rendant la nuit aussi brillante que le jour.

L’oxymore qu’est cette Ténêbre Lumineuse fait l’objet du premier verset du Sefer ha-Bahir (6), comme pour en souligner l’importance. Elle est d’ailleurs bien présente. á la suite du Psaume 139 :

 » Si je dis: Au moins les ténèbres me couvriront, la nuit devient lumière autour de moi; Même les ténèbres ne sont pas obscures pour Toi, et la nuit illumine comme le jour. »

Bien trop d’indices sont, dans ce merveilleux Psaume, indicateurs du ‘Hashmal, pour que n’apparaisse pas, ça ou lá, quelque flagrante guématrie. Et quelle guématrie ! Puisque « Et la nuit brille comme le jour », velayla kayom yaiyr, vaut 378. (7)

Enfin, s’il existe bien un endroit oú peut être entendue cette parole du silence, c’est le coeur, sachant que le ‘Hashmal (378) du coeur (32), leb, n’est autre que le fruit du plus haut commandement, celui de l’Écoute, Shéma (410).

NOTES :

(1) Note de topiste : C’est la valeur miroir du nombre premier 373, qui est mon nombre de coyote (373), significateur du Verbe. Géométriquement, 373 est une fractale. Le nombre des coyotes est toujours tiré au sort parmi ceux qui sont encore disponibles.

(2) « Le silence est la plus haute initiation. Le silence est le plus puissant des siddhis (pouvoirs). Le silence n’est pas l’opposé mais le sommet du discours. Le silence n’arrête pas de parler. Il est le flot éternel du langage. Le silence est le plus élevé des langages. » R. Maharshi

(3) « Le vrai silence est explosif ; ce n’est pas l’état de mental apathique que les chercheurs spirituels imaginent. Le silence est un phénomène volcanique par sa nature même ; il bout tout le temps – il est plein d’énergie, de vie – voilà les qualités du silence. » U.G. Krishnamurti

(4)  » Le saint-homme aime le silence, s’en entourant comme d’une couverture, un silence puissant à la voix de tonnerre qui lui dit bien des choses. » (Chevreuil boîteux)

(5) Notons la métaphore : l’Éternel est un vêtement.

(6)  » Rabbi Nehoniah ben Hakana dit : Un verset (Job 37:21) mentionne, « Et maintenant ils ne voient plus la lumière brillante (Bahir) dans les cieux (Shéh’aqim)… » Un autre verset, cependant, (Psaume 18:12), dit, « Il faisait de l’obscurité Son lieu caché. » Il est aussi écrit (Psaume 97:2), « Nuage et obscurité l’entourent. » C’est une contradiction apparente. Un troisième verset vient et réconcilie les deux. Il est écrit (Psaume 139:12), « même la ténèbre n’est pas ténèbre devant toi et la nuit brille comme le jour. »

(7) Sur l’Oeil du ‘Hashmal, le Malboush et la Lumière Noire, voir également Ayin, l’Oeil, ainsi que l’étude :Emmanuel, Dieu parmi nous. (c) copyright Jean-Luc Colnot, 2006-2009

Sources :

http://blissofnone.blogspot.com/

http://magick-instinct.blogspot.co.il

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source et le site: http://www.elishean.fr/

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2016/ Elishean mag



Print Friendly, PDF & Email
Articles similaires

Ajouter un commentaire

Envoyer un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.