Âme et Conscience Parasha de la semaine TORAH

Entrez dans vous-même et changez le monde: « Lekh Lekha »

lech lecha

UNE LOI, CHAQUE SEMAINE

Paracha « Lekh Lekha »

Shabbat du 12 octobre 2013

La Parasha est l’unité de division hebdomadaire de la Torah

D.ieu dit à Abraham : « Pars pour toi, de ton pays natal, de ton lieu de naissance et de la maison de ton père, vers la terre que Je te montrerai ». (Genèse 12, 1)

Il y a trente siècles, vivait un homme qui, à l’âge de soixante-quinze ans, pouvait regarder en arrière sur une vie d’accomplissement réellement sans précédent.

Jeune enfant, son esprit inquisiteur avait discerné une vérité grandiose dans les mécanismes de l’univers, et il vint à connaître le D.ieu Unique. Homme seul dressé contre le monde entier, il se battit contre le paganisme enraciné de son temps, conduisant de nombreux hommes à une vie de croyance monothéiste et de moralité.

Et puis vint l’appel divin : « Pars ! Pars de ton pays, de ton lieu de naissance et de la maison de ton père, vers la terre que Je te montrerai ».

Maintenant que tu as pris conscience de l’entière capacité de tes forces conscientes, dit D.ieu à Abraham, « pars pour toi » pour ton véritable moi. Je te montrerai une terre qui est l’essence même de ta personne, une terre qui s’étend au-delà de la « terre », du « lieu de naissance » et de « la maison paternelle » que tu connais.

Les enjeux de la paracha Lekh Lekha

Il ne serait pas excessif de dire que les deux mots qui ouvrent la paracha et lui donnent son nom – Lekh lekha, « Va vers toi » – sont les mots les plus importants jamais prononcés dans l’histoire.

C’est par ces mots que D.ieu mit Abraham sur la voie qui allait inverser le processus de déclin dans lequel l’humanité se trouvait bloquée depuis l’expulsion du Jardin d’Éden, une voie qui allait finalement mener au Don de la Torah sur le mont Sinaï.

Il y eut, comme nous le savons, un certain nombre de justes qui précédèrent Abraham, mais aucun parmi eux ne réussit – et certains ne montrèrent pas même d’intérêt – à endiguer le courant d’éloignement de D.ieu qui s’était étendu à la terre entière. Au mieux, ils préservaient les anciennes traditions dans les endroits où ils vivaient reclus, à l’abri d’un monde hostile à la Divinité et protégés de son influence négative. Ces justes manquèrent du courage ou de la créativité nécessaire pour résister et s’opposer à cette corruption et tenter de soigner la rupture entre le ciel et la terre.

Abraham, en revanche, ne fut pas intimidé par la corruption endémique autour de lui ; au contraire, c’est justement la dépravation du monde qui l’incita à devenir un militant.

Comme nous l’avons vu à la fin de la paracha précédente, il circulait parmi ses contemporains, leur indiquant l’incohérence de leur mode de vie et les encourageant à le rejoindre dans son entreprise de résurrection du monothéisme.

Et pourtant, malgré ses accomplissements impressionnants, les efforts d’Abraham furent limités par le fait qu’il ne faisait qu’énoncer ses convictions personnelles, s’appuyant sur la force de son propre raisonnement. Pour les gens auxquels il s’adressait, il représentait seulement une version d’eux-mêmes plus intellectuellement honnête et plus moralement vertueuse.

Certes, lui et ses contemporains avaient assisté à l’intervention divine qui l’avait miraculeusement sauvé de la fournaise de Nimrod de sorte qu’ils avaient tous été exposés à l’existence d’un D.ieu transcendant, non limité par la nature ou la raison humaine. Mais Abraham n’était pas encore parvenu à l’étape suivante : la conscience que ce D.ieu transcendant peut également être rencontré dans la vie quotidienne.

L’idée qui prévalait était que D.ieu est immanent, s’habillant dans les voies de la nature, et transcendant, dépassant à l’occasion la nature ; mais l’intellect humain ne pouvait concevoir la possibilité que le D.ieu transcendant puisse aussi se rencontrer de manière immanente dans la nature et dans la vie quotidienne.

C’est pourquoi le monothéisme à cette époque n’était rien de plus qu’une forme de déisme, la reconnaissance que D.ieu avait créé le monde et avait mis en route les mécanismes de la nature.

Tout cela changea quand D.ieu prononça Ses premiers mots à l’adresse d’Abraham : « Lekh lekha ». Tout d’abord, le fait même que D.ieu répondit ouvertement aux efforts d’un être humain pour dédier sa vie à la vérité changea la donne pour toujours. D.ieu démontra qu’Il est véritablement accessible à ceux qui Le recherchent sincèrement. (Certes, D.ieu avait parlé à Noé, mais de Sa propre initiative ; Noé n’avait pas activement recherché D.ieu, ni ne s’était-il investi dans la diffusion du monothéisme, comme nous l’avons vu.)

Deuxièmement, par ces mots, D.ieu fit d’Abraham Son émissaire. Abraham n’était plus seulement un visionnaire inspiré : ses paroles étaient désormais empreintes d’une autorité supérieure à lui-même, ce qui rendait son message incomparablement plus efficace qu’auparavant. Ce fut ainsi seulement en conséquence de ses efforts après que D.ieu lui eut parlé que la Présence Divine entama Son véritable retour sur terre.

Enfin, et c’est le plus important, en lui disant d’« aller », D.ieu fit d’Abraham un homme nouveau qui pouvait désormais progresser au-delà de ses propres possibilités. « Va vers toi » signifie « Va vers ton véritable être, ton être le plus élevé ; l’être que tu ne pourrais atteindre par toi-même. »

La définition d’un homme de D.ieu n’était plus « une personne qui se connecte à D.ieu autant que les capacités humaines le permettent », mais désormais « une personne qui se connecte à D.ieu en progressant infiniment au-delà des capacités humaines ».

Dans ce contexte, D.ieu, dans la parachat Lékh Lekha, fait passer la dynamique entamée dans la parachat Noa’h au niveau supérieur.

Dans Noa’h, D.ieu avait introduit la notion de techouvah dans le monde, la possibilité de corriger ses erreurs et de refaire sa vie même après avoir commis ce qui semblerait autrement être des erreurs fatales. Ici, dans la parachat Lekh lekha, D.ieu nous donne non seulement la possibilité de revenir à ce que nous étions à l’origine, Il nous permet de « revenir » à notre être authentique et fondamental, l’être dont nous ignorions jusqu’à l’existence même, découvrant constamment des perspectives nouvelles et toujours plus élevées de notre personnalité divine innée et de notre lien avec D.ieu.

Sur la base de ce début, nous nous attendons à ce que le reste de la paracha relate les succès d’Abraham dans l’accomplissement de sa mission divine. Et effectivement, à travers la plus grande partie de la paracha, c’est ainsi que nous voyons Abraham vaillamment sauver son neveu d’une invasion étrangère, habilement conclure des traités commerciaux profitables avec les chefs locaux et recevoir la promesse de D.ieu d’être béni par une grande descendance et l’héritage la Terre d’Israël.

Pourtant, le premier incident majeur relaté dans cette paracha – la famine qui s’abattit dès l’arrivée d’Abraham en Terre d’Israël – plutôt que d’augurer de son succès, menaça de vouer toute son entreprise à l’échec alors qu’il venait à peine de s’y engager.

En premier lieu, la famine aurait pu être interprétée par la population locale comme une vengeance des dieux de la nature contre ses insolentes activités missionnaires de ce monothéiste nouvellement arrivé dans le pays. Deuxièmement, au lieu de pouvoir poursuivre son renouveau monothéiste dans la Terre Promise de D.ieu, Abraham se vit projeté dans le plus puissant bastion du paganisme au monde, un pays si pétri d’idolâtrie qu’il considérait que ses rois étaient des dieux.

L’obsession de l’Égypte pour ses dieux rendait insignifiante en comparaison le culte purement utilitaire de la nature auquel il avait été confronté dans sa Mésopotamie natale et dans son nouveau pays de Canaan. Combien ironique, alors, a dû paraître le sort de cet ambitieux monothéiste, le serviteur autoproclamé du D.ieu Tout-Puissant, qui, à peine avait-il entamé sa grande mission dans la Terre Promise, fût soudain réduit à solliciter la générosité d’un environnement qui raillait et enfreignait ses idéaux les plus chers.

Toutefois, par un retour de situation miraculeux, Abraham vit bientôt les Égyptiens l’implorer lui et, peu après, il retourna en Terre d’Israël mieux équipé encore pour atteindre son but qu’il ne l’était à son départ : avec plus de richesse, plus de renommée et accompagné de la princesse égyptienne qui, en son temps, deviendrait la mère de son premier enfant. Il apparut clairement, rétrospectivement, que cette apparente régression n’était en fait qu’une étape de plus dans la progression d’Abraham vers ses objectifs, une partie intégrante de sa mission divine d’« aller ».

Les leçons de la parachat Lekh lekha pour nous sont tout d’abord de ne pas se laisser intimider par le monde, que ce soit par le monde autour de nous ou par le « monde » de nos désirs, de nos craintes ou de nos préjugés.

Abraham et Sarah étaient seulement deux personnes, mais parce qu’ils vouèrent leur vie à la vérité, D.ieu devint leur Partenaire et en fit Ses émissaires.

Ensuite, une fois que nous avons répondu à l’appel de D.ieu d’« aller, vers soi-même, en soi-même », nous ne sommes plus contraints par les limites de nos propres capacités : même les régressions apparentes s’avéreront finalement faire partie intégrante du processus qui mène à des niveaux supérieurs de conscience divine.

L’instinct, l’environnement et la raison

Les facteurs innombrables intervenant pour faire de nous ce que nous sommes peuvent être regroupés en trois catégories : ce qui est inné, ce qui est le produit de la formation initiale et ce qui est acquis plus tard.

Nous commençons une vie déjà programmée avec des penchants et des inclinations qui forment le psychisme inné et le caractère. Et puis commence, depuis le moment de la naissance, l’influence de notre environnement, quand les parents, les maîtres et les amis impriment leurs manières et leurs attitudes sur nos âmes. Enfin, une troisième et dominante influence s’exerce lorsque l’on atteint la maturité intellectuelle :

seul l’homme, dans la création de D.ieu, a été nanti d’un intellect objectif avec lequel il peut, dans une grande mesure, choisir les stimuli auxquels il sera exposé et la manière dont il en sera affecté. Avec son esprit, il a la force de se développer au-delà et même à l’inverse de son moi génétique et conditionné.

C’est là le sens plus profond des mots « ta terre », « ton lieu de naissance » et « la maison de ton père ».

Dans l’appel de D.ieu à Abraham. « Erets », le mot hébreu pour « pays » et « terre » est étymologiquement lié au mot « Ratsone » qui signifie « volonté » et « désir » ; c’est pourquoi « ton pays » se traduit aussi par « tes désirs naturels ». « Ton pays natal », « Moladeté’ha », est une référence à l’influence de la maison et de la société. Et « Beth Avi’ha » : « la maison de ton père » se réfère à l’homme comme être mûr et rationnel, forgeant sa tournure d’esprit, son caractère et son comportement avec l’objectivité transcendante de son intellect.

Selon les critères conventionnels, cela constitue l’étape ultime de l’accomplissement humain : le développement de ses instincts naturels, l’assimilation de vérités apprises et observées, et la transformation du moi à travers l’arbitrage objectif de l’esprit.

En réalité, pourtant, l’intellect est encore une partie de notre humanité, restant toujours sujet aux déficiences et aux limites de l’état d’homme ; alors qu’il peut surmonter les limites de ce qui est inné ou marquant, l’intellect n’est jamais véritablement libre de l’ego et de ses préjugés.

Mais il existe un moi plus élevé pour l’homme, un moi libre de toutes les limites de l’être humain. C’est l’étincelle de divinité qui est au cœur de son âme : l’essence divine que D.ieu a insufflée en lui, l’image de D.ieu selon laquelle il a été créé : le « Erets » que D.ieu a promis de montrer à Abraham.

Dans son itinéraire de découverte, Abraham dut quitter « le pays, le lieu de naissance », la maison paternelle de sa Mésopotamie natale ; il rejeta bien évidemment la culture païenne de Our Kasdim et de ‘Haran.

Mais ce n’est pas de ce départ dont D.ieu parle. Abraham reçut cet appel dans sa huitième décennie ; de nombreuses années après avoir renoncé au mode de vie païen de sa famille, de son lieu de naissance, reconnu D.ieu et exercé une profonde influence sur sa société.

Et pourtant, il reçut un ordre: « Pars !  Sors de ta nature, sors de tes habitudes, sors de ta logique.

Après avoir rejeté tes origines négatives et idolâtres, tu dois maintenant aussi transcender ton passé positif. Dépasse-toi même si tu es déjà parfait. La perfection humaine n’est pas suffisante».

Car tout accomplissement humain, fut-il intellectuel, reste limité et circonscrit à la nature humaine. Tel fut donc le premier commandement divin au premier Juif : « sors de tes limites pour accéder au « moi » que seul Moi Je peux te montrer, ce moi qui fait corps avec Moi ».

http://www.fr.chabad.org/

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