A la Une Nos Origines

Nos origines : L’Histoire oubliée des Européens

Pour retrouver nos assises

Le sujet de cette page est un sujet doublement tabou.

En effet, après l’incendie en 49 avant J.C de la Grande Bibliothèque d’Alexandrie – qui entraîna la perte irrémédiable de 400.000 rouleaux de papyrus dans toutes les disciplines scientifiques, la fermeture des Universités païennes au VI ème siècle par l’Empereur Justinien, l’interdiction de la lecture et la destruction de tous les documents anciens par les chrétiens, notre histoire fut totalement occultée et oubliée.

Même si elle fut retrouvée au XV ème siècle, notamment grâce aux arabes ayant traduits beaucoup d’ouvrages grecs, ce ne fut que très partiellement car ne concernant, en somme, que le monde de l’antiquité méditerranéenne. De plus l’Église catholique maintint ses efforts pour que ces connaissances demeurent ignorées. Là est l’origine du premier tabou.

Le second tabou provient de ce que les historiens qui participèrent au XIXème siècle aux recherches sur ce passé oublié , donnèrent – sans doute involontairement – des assises à divers mouvements européens qui allaient développer le concept de supériorité des Indo-Européens sur les autres peuples, et ainsi donner naissance au X ème siècle en Allemagne au National Socialisme dont on connaît les conséquences et les atrocités. Après la Seconde Guerre Mondiale il devint par simple consensus interdit d’évoquer certains de ces auteurs et leurs ouvrages.

Toutefois les découvertes scientifiques faites dans la seconde partie du XXème siècle démontrèrent une chose étonnante:

l’antériorité de la civilisation européenne des mégalithes sur celle des constructeurs des pyramides d’Égypte, et donnèrent à penser que les Celtes étaient indigènes de l’Europe.

Ces faits incontestables, nous permettent aujourd’hui d’esquisser ce que fut notre passé probable, ce qui ne peut que passionner tout honnête chercheur, et nous passerons donc outre aux lobbies et aux tabous qui prétendent nous empêcher de retrouver nos racines.

Retrouvons la mémoire de l’ancienneté de nos origines.

Voici quarante ans que le radiocarbone, en les vieillissant de 1 000 à 3 000 ans, affirme que les premières cultures de l’Europe ont précédé, de beaucoup, l’essor des civilisations d’Égypte et de Mésopotamie.

Il n’est donc plus possible de baser la préhistoire sur le postulat  » Ex Oriente Lux « , par lequel la lumière de la civilisation s’était propagée depuis le merveilleux Proche-Orient, d’autant plus tardivement et médiocrement qu’on s’en éloignait.

C’est pourtant cette conception qui constitue encore la toile de fond des publications accessibles au grand public, laissé dans l’ignorance du rôle majeur qu’a joué l’Europe dès le VIIème millénaire av. J.-C et sans doute bien avant.

 » Si le radiocarbone fait remonter vers – 9 000 av. J.C. les débuts de la vie collective en Palestine (Jéricho), puis à – 6 500 av. J.C l’extraordinaire civilisation urbaine d’Asie Mineure (Çatal-Höyük), on évoque moins qu’il montre aussi leur dépérissement. En effet, vers – 5 000, il n’existait plus de civilisations organisées qu’en Europe. En deux Europes faut-il dire, dont le destin fut incroyablement différent. »

Tragique destin de l’Europe de l’est

« A l’Est, depuis l’invention de la métallurgie du cuivre vers – 5 000 (les trésors de Varna), la vallée du Danube n’a cessé de voir ses brillantes initiatives anéanties par des migrations successives. Le radiocarbone étale sur trois mille ans ces  » invasions indo-européennes  » d’origine si controversée.

Nordiques (-4 600), Peuples aux Haches de combat (-3 600), Indo-européens (-2 600), Peuples de la Mer (-1 300), répètent leur scénario de dévastations suivies de Renaissances.

Les paisibles paysans des immenses régions nordiques, chassés par le froid, et de plus en plus mal accueillis, furent contraints de s’organiser en guerre. On ne naquit pas indo-européen, on le devint par nécessité. Comment en vouloir à ces pauvres gens ? Mais aussi quel contresens d’en tirer gloire ! Il fallut chaque fois quatre cents ans pour en relever les ruines !  »

L’Empire mégalithique

Rama-Stonehenge

Par un saisissant contraste, l’Europe occidentale connut trois mille ans, ou plus, de paix immuable, sous l’égide de ce qu’il faut bien appeler l’Empire mégalithique.

  • Pourquoi ces mégalithes ?
  • Pourquoi près de l’Océan ?
  • Pourquoi ces orientations astronomiques ?
  • Pourquoi cette sagesse de moeurs des maîtres d’un si vaste empire ?

 » Les tribus aventurées sur les terres exondées par la glaciation, durent s’unir pour endiguer la montée des eaux, acquérant l’esprit de solidarité, le goût des grands travaux et le souci d’assurer à leurs morts des sépultures indestructibles, les mégalithes. Leur repli s’arrêtera vers – 6 000 avec la montée des mers, tout au long des côtes occidentales, où les archéologues s’étonnent de plus en plus de l’absence d’armes, de fortifications, de ces « tombes royales  » où, ailleurs, tant de potentats se faisaient enterrer avec leurs trésors. « 

origine de l'homme« Les origines de l’Homme », Time Life.

 » On reste confondu devant le travail que représente l’érection de tous ces monuments. Faire glisser sur des troncs d’arbres une dalle de 300 tonnes à la face inférieure pleine de bosses et d’aspérités sur plusieurs kilomètres en franchissant ravins et rivières, puis la hisser sur un plan incliné est une tâche pour le moins ardue ! Pour mener à bien de si extraordinaires travaux, les hommes de l’époque devaient être nombreux et soumis à une organisation sociale structurée et hiérarchisée. On ne réalise pas de telles entreprises sans qu’elles aient été prescrites par un clergé influent, décidées par un gouvernement sachant faire respecter ses ordres et exécutées par des ouvriers disciplinés et animés d’une foi ardente. Les vestiges édifiés au V ème millénaire av. JC en France par le peuple européen bâtisseur des mégalithes prouvent que ce peuple était de loin le plus évolué de son époque.

D’énormes travaux « publics », comme ceux que l’on peut voir, supposent un pouvoir politique fort et une culture déjà très ancienne. »…  » Depuis la dernière guerre, on a découvert près de Carnac des outils de pierre taillée remontant à l’Acheuléen inférieur, c’est-à-dire vieux de quelques 350 000 ans. Récemment ont été découverts d’autres traces de présence humaine vieilles de 400 000 ans. »

Les premières pyramides ont été édifiées 2000 ans plus tard.

D’autre part l’identité technique des monuments mégalithiques – qui vont de l’île de Malte et l’Andalousie, jusqu’à l’Irlande et le nord de l’Écosse – suggère la puissance d’une grande civilisation unique, dirigée par une caste religieuse puissante et ayant à son service des populations nombreuses. Sinon comment auraient-ils pu ériger ces monuments ?

Rama_Malte1Une antichambre souterraine, dont les murs de rochers sont sculptés en élégants piliers, donne accès à un porche au coeur du sanctuaire de l’Hypogèe de l’un des temples funéraires de Malte.

Est-ce que cela correspond à l’idée que vous vous faisiez de l’architecture de l’âge de la pierre ?

Rama_BijouxCette boucle de ceinturon (7,5 x 7,5 cm), ce pectoral (21 cm), et ce pommeau de dague (5cm) en or ciselé finement, proviennent d’une tombe du Dorset en Angleterre du Sud.

Est-ce que cela correspond à l’idée que vous vous faisiez des bijoux de l’âge des Mégalithes ?

Bref, il faut admettre l’existence, vers – 6 000 avant JC et sans doute bien plus, d’un vaste Empire mégalithique aux mœurs uniques dans l’histoire et qui fut d’un rayonnement extrêmement vaste.

L’épopée des races humaines et l’origine de la religion

Rama-cavalier

La vision d’Édouard Schuré

«Le Ciel est mon Père, il m’a engendré. J’ai pour famille tout cet entourage céleste. Ma Mère, c’est la grande Terre. La partie la plus haute de sa surface, est sa matrice ; le Père féconde le sein de celle qui est son épouse et sa fille.»

Voilà ce que chantait, il y a quatre ou cinq mille ans, devant un autel de terre où flambait un feu d’herbes sèches, le poète védique. Une divination profonde, une conscience grandiose respire dans ces paroles étranges. Elles renferment le secret de la double origine de l’humanité.

Antérieur et supérieur à la terre est le type divin de l’homme ; céleste est l’origine de son âme. Mais son corps est le produit des éléments terrestres fécondés par une essence cosmique. Les embrassements d’Ouranos et de la grand Mère signifient dans la langue des Mystères les pluies d’âmes ou de monades spirituelles qui viennent féconder les germes terrestres ; les principes organisateurs sans lesquels la matière ne serait qu’une masse inerte et diffuse.

La partie la plus haute de la surface terrestre que le poète védique appelle la matrice de la terre désigne les continents et les montagnes, berceaux des races humaines. Quant au ciel : Varouna, l’Ouranos des Grecs, il représente l’ordre invisible, hyper physique, éternel et intellectuel, il embrasse tout l’infini de l’Espace et du Temps.

Dans ce chapitre, nous n’envisagerons que les origines terrestres de l’humanité selon les traditions ésotériques confirmées par la science anthropologique et ethnologique de nos jours.

Les quatre races qui se partagent actuellement le globe sont filles de terres et de zones diverses.

Créations successives, lentes élaborations de la terre en travail, les continents ont émergé des mers à des intervalles de temps considérables que les anciens prêtres de l’Inde appelaient cycles interdiluviens. A travers des milliers d’années, chaque continent a enfanté sa flore et sa faune couronnée par une race humaine de couleur différente.

Le continent austral, englouti par le dernier grand déluge, fut le berceau de la race rouge primitive, dont les Indiens d’Amérique ne sont que des débris issus de troglodytes qui gagnèrent le sommet des montagnes quand s’effondra leur continent.

L’Afrique est la mère de la race noire appelée éthiopienne par les Grecs.

L’Asie a mis au jour la race jaune qui se maintient dans les Chinois.

La dernière venue, la race Blanche, est sortie des forêts de l’Europe, entre les tempêtes de l’Atlantique et les sourires de la Méditerranée.

Toutes les variétés humaines résultent des mélanges, des combinaisons, des dégénérescences ou des sélections de ces quatre grandes races.

Dans les cycles précédents, la rouge et la noire ont régné successivement par de puissantes civilisations qui ont laissé des traces dans les constructions cyclopéennes comme dans l’architecture du Mexique. Les temples de l’Inde et de l’Égypte avaient sur ces civilisations évanouies des chiffres et des traditions sommaires.

Dans notre cycle, c’est la race blanche qui domine et si l’on mesure l’antiquité probable de L’Inde et de l’Égypte, on fera remonter sa prépondérance à sept ou huit mille ans.

Cette division de l’humanité en quatre races successives et originaires étant admise par les plus anciens prêtres de l’Égypte. Elles sont représentées par quatre figures à types et à teintes différentes dans les peintures du tombeau de Séti 1er à Thèbes.

La race rouge porte le nom de Rot ; la race asiatique, au teint jaune, celui d’Amou, la race africaine, au teint noir, delui de Halaziou, la race libyco européenne, au teint blanc, aux cheveux blonds, celui de Tamahou. Lenormand, Histoire des peuples d’orient I.

Selon les traditions brahmaniques, la civilisation aurait commencé sur notre terre, il y a cinquante mille ans, avec la race rouge et ce sur le continent austral, alors que l’Europe entière et une partie de l’Asie étaient encore sous l’eau.

Ces mythologies parlaient aussi d’une race de géants antérieure.

On a retrouvé dans certaines cavernes du Tibet des ossements humains gigantesques dont la conformation ressemble plus au singe qu’à l’homme. Ils se rapportent à une humanité primitive, intermédiaire, encore voisine de l’animalité qui ne possédait ni langage articulé, ni organisation sociale, ni religion. Car ces trois choses jaillissent toujours à la fois, et c’est là le sens de cette remarquable triade bardique qui dit :  » Trois choses sont primitivement contemporaines : Dieu, la lumière et la liberté . « 

Avec le premier balbutiement de la parole naît la société et le vague soupçon d’un ordre divin. C’est le souffle de Jéhovah dans la bouche d’Adam, le verbe d’Hermès, la loi du premier Manou, le feu de Prométhée. Un Dieu tressaille dans la faune humaine.

La race rouge, nous l’avons dit, occupait le continent austral aujourd’hui englouti, appelé Atlantide par Platon d’après les traditions Égyptiennes.

Un grand cataclysme le détruisit en partie et en dispersa les restes. Plusieurs races polynésiennes ainsi que les Indiens de l’Amérique du Nord et les Aztèques que François Pizarre rencontra au Mexique sont les survivants de l’antique race rouge dont la civilisation, à jamais perdue, eut ses jours de gloire et de splendeur matérielle.

Après la race rouge, la race noire domina sur le globe.

Il faut en chercher le type supérieur dans l’Abyssinien et le Nubien, en qui se conserve le moule de cette race parvenue à son apogée. Les noirs envahirent le sud de l’Europe en des temps préhistoriques et en furent refoulés par les Blancs. Leur souvenir s’est complètement effacé de nos traditions populaires. Ils y ont cependant laissé deux empreintes ineffaçables : l’horreur du dragon qui fut l’emblème de leurs rois et l’idée que le diable est noir.

L’homme de Grimaldi découvert à Monaco est de race noire, confirmant ainsi les dires d’Édouard Schuré sur la présence de peuples noirs en Europe durant le paléolithique, et au Sénégal, entre Kaolack et Goudiri, ont été découverts les vestiges d’une civilisation mégalithique ancienne de 50 à 150 000 ans (selon une communication du Gouvernement du Sénégal) qui prouveraient la grande antériorité de la Civilisation Noire sur la Civilisation Blanche.

Les Noirs rendirent l’insulte à la race rivale en faisant leur diable blanc. Au temps de leur souveraineté, les Noirs eurent des centres religieux en Haute-Egypte et en Inde. Leurs villes cyclopéennes crénelaient les montagnes de l’Afrique, du Caucase et de l’Asie Centrale. Leur organisation sociale consistait en une théocratie absolue. Au sommet, des prêtres redoutés comme des dieux ; en bas, des tribus grouillantes, sans famille reconnue, les femmes esclaves. Ces prêtres avaient des connaissances profondes, le principe de l’unité divine de l’univers et le culte des astres qui, sous le nom de sabéisme, s’infiltra chez les peuples blancs (1)

(1) Voir les historiens arabes, ainsi que Aboud_Ghazi, histoire généalogique des Tartares et Mohammed-Moshen, historien des persans- William jones, Asiatic Researches.I. Discours sur les Tartares et les Persans.

Mais entre la science des prêtres noirs et le fétichisme grossier des masses, il n’y avait point d’intermédiaire, d’art idéaliste, de mythologie suggestive. Du reste, une industrie déjà savante, surtout l’art de manier par la balistique des masses de pierres colossales et de fondre des métaux dans d’immenses fourneaux auxquels on faisait travailler des prisonniers de guerre.

Chez cette race puissante par la résistance physique, l’énergie passionnelle et la capacité d’attachement, la religion fut donc le règne de la force par la terreur. La nature et Dieu n’apparurent guère à la conscience de ces peuples enfants que sous la forme du dragon, du terrible animal que les rois faisaient peindre sur leurs bannières et que les prêtres sculptaient sur la porte de leurs temples.

Si le soleil d’Afrique a couvé la race noire, on dirait que les glaces du pôle arctique ont vu l’éclosion de la race blanche. Ce sont les Hyperboréens dont parle la mythologie grecque.

Ces hommes aux cheveux roux, aux yeux bleus, vinrent du nord à travers des forêts éclairées de lueurs boréales, accompagnés par des chiens et des rennes, commandés par des chefs téméraires et poussés par des femmes voyantes. Crins d’or et yeux d’azur ; couleurs prédestinées. Cette race devait inventer le culte du soleil et du feu sacré et apporter la nostalgie du ciel. Tantôt elle se révoltera contre lui jusqu’à vouloir l’escalader, tantôt elle se prosternera devant ses splendeurs dans une adoration absolue.

Comme les autres, la race blanche dut se dégager de l’état sauvage avant de prendre conscience d’elle même.- elle a pour signe distinctifs le goût de la liberté individuelle, la sensibilité réfléchie qui crée le pouvoir de sympathie, et la prédominance de l’intellect qui donne à l’imagination un tour idéaliste et symbolique. La sensibilité animique amena l’attachement, la préférence de l’homme pour une seule femme ; de là la tendance de cette race à la monogamie ; le principe conjugal et la famille. Le besoin de liberté , joint à celui de sociabilité, créa le clan avec son principe électif. L’imagination idéale créa le culte des ancêtres qui forment la racine et le centre de la religion chez les peuples blancs.

Le principe social et politique se manifeste le jour où un certain nombre d’hommes à demi sauvages, pressés par une peuplade ennemie, s’assemblent d’instinct et choisissent le plus fort et le plus intelligent d’entre eux pour les défendre et les commander. Ce jour là, la société est née. Le chef est un roi en herbe, ses compagnons, de futurs nobles ; les vieillards délibérants, mais incapables de marcher, forment déjà une espèce de sénat ou d’assemblée des anciens.

Mais comment est née la religion ? On a dit que c’était la crainte de l’homme primitif devant la nature. Mais la crainte n’a rien de commun avec le respect et l’amour. Elle ne relie pas le fait à l’idée., le visible à l’invisible, l’homme à Dieu. Tant que l’homme ne fit que trembler devant la nature, il ne fut pas un homme encore. Il le devient le jour où il saisit le lien qui le rattachait au passé et à l’avenir, à quelque chose de supérieur et de bienfaisant et où il adora ce mystérieux inconnu. Mais comment adora-t-il pour la première fois ?

Fabre d’Olivet fait une hypothèse éminemment géniale et suggestive sur la manière dont le culte des ancêtres a dû s’établir chez la race blanche : Histoire philosophique du genre humain, tome 1er.

 » Dans un clan belliqueux, deux guerriers rivaux sont en querelle. Furieux, ils vont se battre, déjà ils sont aux prises. A ce moment, une femme échevelée s’élance entre eux et les sépare. C’est la soeur de l’un et la femme de l’autre. Ses yeux jettent des flammes, sa voix a l’accent du commandement. Elle s’écrie en paroles haletantes, incisives, qu’elle a vu dans la forêt l’Ancêtre de la race, le guerrier victorieux d’autrefois, le héroll lui apparaître. Il ne veut pas que deux guerriers frères se combattent, amis qu’ils s’unissent contre l’ennemi commun. « C’est l’ombre du grand Ancêtre, c’est le héroll qui me l’a dit, clame la femme exaltée, il m’a parlé ! je l’ai vu ! » Ce qu’elle dit, elle le croit. Convaincue, elle convainc. Emus, étonnés et comme terrassés par une force invisible, les adversaires réconciliés se donnent la main et regardent cette femme inspirée comme une sorte de divinité. »

De telles inspirations suivies de brusques volte-face durent se produire en grand nombre de fois et sous des formes très diverses dans la vie préhistorique de la race blanche. Chez les peuples barbares, c’est la femme qui, par sa sensibilité nerveuse, pressent l’occulte, affirme l’invisible. Qu’on envisage maintenant les conséquences inattendues et prodigieuses d’un événement semblable à celui dont nous parlons.

Dans le clan, dans la peuplade, tout le monde parle du fait merveilleux. Le chêne où la femme inspirée a vu l’apparition devient un arbre sacré. On l’y ramène ; et là, sous l’influence magnétique de la lune qui la plonge dans un état visionnaire, elle continue à prophétiser au nom du grand Ancêtre. Bientôt cette femme et d’autres semblables, debout sur les rochers, au milieu des clairières, au bruit du vent et de l’océan lointain, évoqueront les âmes diaphanes des ancêtres devant des foules palpitantes, qui les verront ou croiront les voir, attirées par de magique incantations dans les brumes flottantes sur transparences lunaires. Le dernier des grands celtes, Ossain, évoquera Fingal et ses compagnons dans les nuages assemblés.

Ainsi, à l’origine même de la vie sociale, le culte des ancêtres s’établit chez la race blanche. Le grand ancêtre devient le Dieu de la peuplade. Voilà le commencement de la religion.

Mais ce n’est pas tout. Autour de la prophétesse se groupent des vieillards qui l’observent dans ses sommeils lucides, dans ses extases prophétiques. Ils étudient ses états divers,contrôlent ses révélations, interprètent ses oracles. Ils remarquent que lorsqu’elle prophétise dans l’état visionnaire, son visage se transfigure, sa parole devient rythmique et sa voix élevée profère ses oracles en chantant sur une mélopée grave et significative.

En Asie, dans l’Iran et dans l’Inde, où des peuples de race blanche fondèrent les premières civilisations aryennes en se mêlant à des peuples de couleurs diverses, les hommes prirent rapidement le dessus sur les femmes en fait d’inspiration religieuse.

Là, nous n’entendrons plus parler que de sages, de rishis, de prophètes. La femme refoulée, soumise, n’est plus prêtresse qu’au foyer. Mais en Europe, la trace du rôle prépondérant de la femme se retrouve chez les peuples de même origine, restés barbares pendant des milliers d’années. Il perce dans la Pythonisse scandinave, dans la Voluspa de l’Edda, dans les druidesses celtiques, dans les femmes devineresses qui accompagnaient les armées germaniques et décidaient du jour des batailles, et jusque dans les Bacchantes thraces qui surnagent dans la légende d’Orphée. La voyante préhistorique se continue dans la Pythie de Delphes.

Les prophétesses primitives de la race blanche s’organisent en collèges de druidesses, sous la surveillance de vieillards instruits ou des druides, les hommes du chêne. Elles ne furent d’abord que bienfaisantes. Par leur intuition, leur divination, leur enthousiasme, elles donnèrent un élan immense à la race qui n’en était qu’au commencement de sa lutte plusieurs fois séculaire avec les Noirs. Mais la corruption rapide et les abus énormes de cette institution étaient inévitables. Se sentant maîtresses des destinées des peuples, les druidesses voulurent les dominer à tout prix. L’inspiration leur faisant défaut, elles tentèrent de régner par la terreur. Elles exigèrent les sacrifices humains et en firent l’essentiel de leur culte.

En cela, les instincts héroïques de leur race les favorisaient. Les Blancs étaient courageux ; leurs guerriers méprisaient la mort ; au premier appel , ils venaient eux-mêmes et par bravade se jeter sous le couteau des prêtresses sanguinaires. Par hécatombes humaines, on dépêchait les vivants chez les morts comme des messagers, et on croyait ainsi obtenir la faveur des ancêtres. Cette menace perpétuelle planant sur la tête des premiers chefs par la bouche des prophétesses et des druides devint entre leurs mains un formidable instrument de domination.

Premier exemple de la perversion que subissent fatalement les plus nobles instincts de la nature humaine, lorsqu’ils ne sont pas maîtrisés par une autorité savante, dirigés vers le bien par une conscience supérieure. Livrée au hasard de l’ambition et de la passion personnelle, l’inspiration dégénère en superstition, le courage en férocité, l’idée sublime du sacrifice en instrument de tyrannie, en exploitation perfide et cruelle.

Mais la race Blanche n’en était qu’à son enfance violente et folle. Passionnée dans la sphère animique, elle devait traverser bien d’autres et de plus sanglantes crises. Elle venait d’être réveillée par les attaques de la race Noire qui commençait à l’envahir par le sud de l’Europe. Lutte inégale au début. Les Blancs à demi sauvages, sortant de leurs forêts et de leurs habitations lacustres, n’avaient d’autre ressource que leurs lances et leurs flèches aux pointes de pierre. Les Noirs avaient des armes de fer, des armures d’airain, toutes les ressources d’une civilisation industrieuse et leurs cités cyclopéennes.

Écrasés au premier choc, les Blancs, emmenés en captivité, commencèrent par devenir en masse les esclaves des Noirs qui les forcèrent à travailler la pierre et à porter le minerai dans leurs fours. Cependant des captifs échappés rapportèrent dans leur patrie les usages, les arts et des fragments de science de leurs vainqueurs.

Ils apprirent des Noirs deux choses capitales : la fonte des métaux et l’écriture sacrée, c’est-à-dire l’art de fixer certaines idées par des signes mystérieux et hiéroglyphiques sur des peaux de bêtes, sur la pierre ou sur l’écorce des frênes ; de là les runes des Celtes.

Le métal fondu et forgé, c’était l’instrument de la guerre ; l’écriture sacrée fut l’origine de la science et de la tradition religieuse.

La lutte entre la race blanche et la race noire oscilla pendant de longs siècles des Pyrénées au Caucase et du Caucase à l’Himalaya. Le salut des Blancs, ce furent les forêts, où comme des fauves ils pouvaient se cacher pour en rebondir au moment propice. Enhardis, aguerris, mieux armés de siècle en siècle, ils prirent enfin leur revanche, renversèrent les cités des Noirs, les chassèrent des côtes de l’Europe et envahirent à leur tour tout le nord de l’Afrique et le centre de l’Asie occupé par les peuplades mélaniennes.

Le mélange des deux races s’opéra de deux manières différentes, soit par la colonisation pacifique, soit par conquête belliqueuse. Fabre d’Olivet, ce merveilleux voyant du passé préhistorique de l’humanité, part de cette idée pour émettre une vue lumineuse sur l’origine des peuples dits sémitiques et des peuples aryens.

Là où des colons blancs se seraient soumis aux peuples noirs en acceptant leur domination et en recevant de leurs prêtres l’initiation religieuse, là se seraient formés les peuples sémitiques,tels que les Égyptiens d’avant Ménès, les Arabes, les Phéniciens, les Chaldéens et les Juifs.

Les civilisations Aryennes par contre, se seraient formées là où les Blancs auraient régné sur les Noirs par la guerre ou la conquête, comme les Iraniens, les Indous, les Grecs, les Étrusques.

Ajoutons que sous cette dénomination de peuples aryens, nous comprenons aussi tous les peuples Blancs restés à l’état barbare et nomade dans l’antiquité, tels que les Scythes, les Gètes, les Samartes , les Celtes, et, plus tard, les Germains.

Par là s’expliquerait la diversité fondamentale des religions et aussi de l’écriture chez ces deux grandes catégories de nations.

Chez les sémites où l’intellectualité de la race noire a dominé primitivement, on remarque, au-dessus de l’idolâtrie populaire, une tendance au monothéisme, le principe de l’unité du Dieu caché, absolu et sans forme, ayant été un des dogmes essentiels des prêtres de la race Noire et de leur initiation secrète. Chez les Blancs vainqueurs ou restés purs, on remarque au contraire la tendance au polythéisme, à la mythologie, à la personnification de la divinité, ce qui provient de leur amour pour la nature et de leur culte passionné pour les ancêtres.

Le courant sémitique et le courant aryen, voilà les deux fleuves par lesquels nous sont venues toutes nos idées, mythologies et religions, arts, sciences et philosophies.

Chacun des courants porte avec lui une conception opposée de la vie, dont la réconciliation et l’équilibre seraient la vérité même.

Le courant sémitique contient les principes absolus et supérieurs : l’idée de l’unité et de l’universalité au nom d’un principe suprême qui conduit, dans l’application, à l’unification de la famille humaine.

Le courant aryen contient l’idée de l’évolution ascendante dans tous les règnes terrestres et supraterrestres, et conduit dans l’application à la diversité infinie des développements au nom de la richesse de la nature et des aspirations multiples de l’âme.

Le génie sémitique descend de Dieu à l’homme ; le génie aryen remonte de l’homme à Dieu. L’un se figure par l’archange justicier, qui descend sur la terre armé du glaive et de la foudre ; l’autre par Prométhée qui tient à la main le feu ravi du ciel et mesure l’Olympe du regard.

Ces deux génies nous les portons en nous.

Nous pensons et nous agissons tour à tour sous l’empire de l’un et de l’autre. Mais ils sont enchevêtrés, non fondus dans notre intellectualité. Ils se contredisent et se combattent dans nos sentiments intimes et dans nos pensées subtiles comme dans notre vie sociale et dans nos institutions. Cachés sous des formes multiples qu’on pourrait résumer sous des noms génériques de spiritualisme et de naturalisme, ils dominent nos discussions et nos luttes. Inconciliables et invincibles tous deux, qui les unira ? Et cependant l’avancement, le salut de l’humanité dépend de leur conciliation et de leur synthèse.

EXTRAIT DE « Ancienne Religion »
http://www.sens-de-la-vie.com

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