Les Celtes Livres de Femmes Livres de Vérités

Livres de Femmes, Livres de Vérités (10) Celtes et Latins – 3/3

Trois bougies repoussent les ténèbres ; la vérité, la connaissance et les lois de la nature. Proverbe Celtique

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
3ème chapitre : Les Aryas – Guerre des sexes chez les Perses et les Hindous
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
4ème chapitre : La guerre des sexes dans la Chine antique
5ème chapitre : La guerre des sexes dans la Grèce antique
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
6ème chapitre : De l’Israélisme au Judaisme
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE – 3ème PARTIE – 4ème PARTIE
7ème chapitre : Origine et histoire du christianisme
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE – 3ème PARTIE – 4ème PARTIE
8ème chapitre : Vierge Marie et mystère de l’Immaculée Conception
9ème chapitre : Faits et temps oubliés
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
10ème chapitre : Celtes et latins
LIRE LA 1ère PARTIE 2ème PARTIE

Chapitre 10 suite

LA MAGIE

L’histoire nous dit que c’est de second Zoroastre qui créa la magie ; ce qui semble vouloir dire que c’est à une seconde génération de prêtres que l’on doit cette création.

Les Mages sont des hommes qui prétendent faire des choses extraordinaires ; ils s’entourent de mystères, créent un surnaturel exubérant qui, une fois les limites de la Nature franchies, s’égare dans toutes les aberrations ; ils cherchent à étonner les esprits simples, qui aiment le merveilleux, et se prétendent doués du pouvoir de faire agir des forces occultes ; ils Invoquent les morts, les font parler ; ils prétendent commander aux éléments ; ils veulent conjurer les tempêtes, faire pleuvoir, suspendre la marche des maladies ; ils vont jusqu’à prétendre transformer, pour un temps, l’homme en animal. Ils ont avec eux toute la gamme des fous et s’adonnent à toute la variété des miracles.

Cette manifestation de la mentalité masculine, qui a existé dans tous les temps, répond à une loi psychique : Quand l’âme de l’homme descend par suite des appels de la vie sexuelle, quand son esprit devient inquiet et instable, ne comprend plus la valeur des actes à accomplir, au lieu de prendre une décision, il imite les autres. Quand il prend la place de la Femme, il imite la Femme. C’est ce que, dans les temps modernes, nous avons appelé la réflexion sexuelle ; dans l’antiquité, cela s’appelait « spéculation », de spéculum (miroir).

Mais, ne comprenant pas ce qui émane de la pensée féminine, ne connaissant pas la limite de cette pensée, qui lui semble infinie, son imitation est maladroite, elle est outrée, il va au delà, s’égare parce qu’il se met dans le domaine des choses qu’il ne peut pas comprendre.

L’enseignement des Magiciennes reposait sur la puissance de leur esprit qui leur faisait connaître les lois de la Nature sans s’égarer dans un sens ou dans l’autre. Cela s’appelait « la Magie blanche ».

Le Mage qui veut l’imiter tombe tout de suite dans le miracle, en cherchant à sortir de sa nature pour s’élever jusqu’à celle de la Femme ; il dépasse les bornes de la puissance humaine. Cela s’appelle « la Magie noire ».

RÉACTION PROFANE EN KALDÉE (CHALDÉE)

Parmi les noms des Déesses qui furent masculinisées et profanées, il ne faut pas oublier celui de Vénus-Belisama qui, décomposé, faisait Bel-isa-ra (Isa-ra a fait Isra-el).

Avec le temps, Bel devint un dieu mâle. Dans la Norique et dans la Gaule, après quelques siècles, nous trouvons que Bel est devenu un dieu solaire.

Les Scandinaves firent de Beli un dieu subalterne, et de Balder leur Apollon, en attendant les Grecs qui donneront le nom de Bélénus à l’Apollon celtique. Le nom de druide, en langue celtique, est Belech ; ce serait donc le Druide qui se serait fait glorifier sous le nom de Bel, Belus ou Belos. Il aurait bâti la ville de Babel, dit-on, et fut le fondateur (c’est-à-dire le réformateur) de l’empire babylonien, appelé tantôt Syrie, tantôt Assyrie.

L’audace sacrilège de l’impie Belochus aurait donné le signal de tous les malheurs. Ce personnage légendaire se serait fait reconnaître comme roi de Babylone et se serait déclaré monarque absolu.

Une histoire est arrangée pour donner du prestige et de l’antiquité à la révolte des prêtres.

On raconte qu’un préfet de Médie nommé Arbace, secondé par un prêtre babylonien nommé Belesis, se révolta contre Sardanapale. Puis, d’après les calculs de Callisthène, il faudrait placer le règne de Belochus l’an 1930 avant notre ère.

Ce serait le Caïn du Sépher.

On donne tous les malheurs comme étant la suite de ce schisme que l’on confond avec le schisme d’Irshou.

Le nom de Bel est resté dans l’histoire comme un nom générique servant à désigner l’homme qui prend un commandement. C’est évidemment de ce nom qu’on a fait « Bellone », la guerre.

A Tyr nous trouvons Bel-Tsur ; à Sidon Baal-Tsidon ; à Tarse Baal-Tars ; à Palmyre on l’appellera Belus ; en persan et en sanscrit on dira Bala ; Ballen en phrygien, et ce mot signifiera Roi. Rappelons cependant avec quelle ardeur on combattait le Bel des Babyloniens, qui devint le Baal des Phéniciens et dont les multiples aspects représentaient l’horreur qu’il inspirait. C’était Baal-Moloch (le destructeur), Baal-Bérith (la honte), Baal-Péor, Baal-Ram, Baal-Samin, Baal ou Bel-Zébuth, Baal- Itou, etc., etc.

A côté de lui se trouvait Ophin, l’homme-serpent, qu’on appelait par corruption Surnu-Bel (serpent de Bel). Rien n’est curieux comme l’histoire de l’évolution des mots. Celui que nous étudions, servant d’abord à désigner une Déesse, change d’aspect quand un homme s’en empare et prétend exercer une autorité sur les autres au mépris de leurs droits ; le mot alors s’amplifie, grandit à tel point qu’il se répand dans le monde entier, et en se propageant devient l’expression d’une force immense, d’une puissance.

Mais revenons à la source de la légende, à l’homme qui s’est révolté contre l’autorité de la Femme, jusque là incontestée.

Cette révolte, loin d’être acceptée par le monde féminin, est, au contraire, très sévèrement jugée et, si, Bel est glorifié par les hommes, il est maudit par les femmes qui le représentent comme un dieu de la mort. Elles en font d’abord un personnage odieux et ridicule, le Baal-Phégor de Syrie, un diable aux longues oreilles, ivrogne, luxurieux, comparé à l’âne ; c’est ce type grotesque qui, en évoluant, s’élèvera en passant par des formes nouvelles jusqu’à devenir un être innocent, de blanc vêtu, jusqu’au moment où il deviendra un grand Dieu assis sur le trône divin à côté d’Astarté. Telle est la puissance d’imagination du cerveau de l’homme.

Je reviens à de Grave, qu’il est toujours intéressant de citer. Il dit (T. II, p. 19) : « Ce qui détermine encore plus précisément l’endroit de leur première patrie, c’est le nom de leur célèbre idole, Bel, Belus. Ce nom indique évidemment la Belgique ; Bel-gio, dont on a fait Bel-gium, signifie pays de Bel. Gio, go, gan (en grec, gè, gaia) sont des termes un peu variés qui, tous, veulent dire pays.

« Le mot Bel, de même que Bélus, Bal, Baal, devenu le titre du dieu de la plus grande monarchie de l’univers et de la fameuse ville de Babylone, offre un exemple frappant des métamorphoses littéraires opérées par la corruption du culte à l’aide du style- métaphorique. »

LE CONSEIL DES NATIONS

Les faits que nous venons de mentionner montrent que les femmes ont encore une grande autorité dans la nation, puisqu’elles ont le pouvoir de rendre la Justice qui est encore inhérente à la religion théogonique.

Du reste, c’est l’époque où, à Athènes, les prêtresses d’Hemera, Aspasie et les autres, font condamner Socrate pour son impiété.

Dans le monde celtique, c’est l’ancienne institution appelée « le conseil des anciens » ou sénat, qui fonctionne encore. Bien avant que le Christianisme eût pénétré dans les Gaules, les femmes y tenaient cette place prépondérante que l’érudit Sainte-Foix dans ses Essais sur Paris, Chateaubriand dans ses Martyrs, et après eux tous nos historiens modernes, ont signalée.

Au temps d’Annibal, plus de deux siècles avant notre ère, l’administration des affaires civiles et politiques était confiée à un sénat de femmes choisies par les différents cantons. Les documents historiques abondent à cet égard.

Henri Martin nous dit : « Le sénat ou Conseil des Nations était formé des représentants des divers cantons ; chaque tribu était une grande famille et se gouvernait par les lois de la famille.

« La terre était aux familles plutôt qu’aux individus, bien que chacun eût son lot.

« Les chefs de nation, de canton et de tribu, avaient pour conseillers les Anciens du pays et répondaient de leurs actions devant l’assemblée du peuple. » Or cette Assemblée, c’est le Conseil des Déesses-Mères, et c’est cela qui est devenu le sénat. L’âge est lié à la fonction.

De œd on fait Edda, et ce mot, qui veut dire aïeule, devient edad (âge) dans la langue des Celtibères. Tous les mots qui indiquent la direction morale, comme duc, éducation, en dérivent.

Le mot ancien, que nous voyons employé pour désigner ceux qui sont des éducateurs, doit être expliqué afin de faire comprendre comment la primitive autorité divine fut donnée à celles que les modernes appellent des anciens. Cela m’oblige à répéter encore une fois ce que j’ai déjà dit :

La première Divinité est désignée par le mot As ou Az (d’où Asie, terre des Déesses). As-gard signifie bourg ou garde de la Déesse. Mais le mot se change insensiblement en Ans, et cela à mesure que la Déesse vieillit, et ancien dérive de Ans.

La vieillesse était en grand honneur dans l’antiquité.

L’âge était un titre de distinction ou de noblesse. Jornandès, en parlant du respect religieux que les Goths portaient à leurs chefs, dit qu’ils les regardaient comme semi-Anses, ce qui veut dire semi-deos (demi-dieux). Ans ou Hans servit à désigner ce qui est premier ou principal. Hans signifie en hollandais seigneur (Groote hansen, grand seigneur). De seniores populi, on a fait seigneurs. De là sénateur et senectus. Les ministres des religions, imitant les anciennes qui, dans les Mystères, étaient appelées Presbytres, ont pris ce nom dont ils ont fait le mot Prêtre.

(En Chaldée, on trouve la racine Oald signifiant vieillard) Et comme senex (vieillard) fait seigneur, nous trouvons en Syrie le mot Syr, signifiant un maître, un seigneur, un sénateur.

Pour convoquer les communes, annoncer les jours de fête, les moments de danger ou autres affaires d’un intérêt public, on sonnait les cloches ; et la cloche s’appelait Bel, du nom de la déesse Bel-isa-ra. Des tours élevées, en forme de phare, prirent le nom de Bel-fort. De là est venu le mot corrompu de beffroi.

Bel (cloche qui appelle) est un symbole qui signifie chef qui commande, qui ordonne. C’est pour cela, dira de Grave, qu’on a donné ce nom au pays Bel-gio, Bel-land, qui signifie Chef-pays, pays des peuples conducteurs, instituteur des autres nations.

Ce sont les prêtres chaldéens qui ont construit à Babylone la fameuse Tour de Bel.

Quand les hommes ont pris le gouvernement du monde, ils ont fait de ces tours des prisons et les ont consacrées au dieu Thor. Alors ce nom a fait torture, et celui-ci est devenu Tartare.

Les hommes ont substitué la guerre à l’Esprit. Le champ de Mars s’est appelé, d’abord, champ de Cérès. Quand les hommes écriront l’histoire à leur manière, ils diront que, lorsque la lutte d’homme à homme s’organisa, les chefs boréens furent appelés Herman (frères) ou Gherman (cousins) (la racine Her indique le sexe masculin et veut dire saillant), et ils ajouteront que les femmes se chargeaient de la subsistance des batailleurs et que c’est pour cela que le mot diète a signifié subsistance. Ce mot vient de AEdes Cereris ; il indique l’assemblée tenue dans le temple de Cérès pour s’occuper des hautes questions scientifiques, morales, sociales, qui intéressaient le pays. C’est la Diète germanique qui est devenue le sénat.

Et c’est par ironie que les hommes, qui veulent que les femmes s’occupent de leur nourriture, donnent à ce mot une signification qui indique la privation de nourriture. (Fabre d’Olivet, L’Etat social, T.. I, p. 117, note.)

Aux modernes qui mettent en doute que le sénat fût une assemblée de femmes, on a répondu ceci : « Si, dans le traité d’Hannibal avec les Gaulois, le règlement, des difficultés est confié aux matrones gauloises, si tant de traditions des âges mythiques nous montrent les femmes, tantôt seules, tantôt groupées, tantôt isolées entre elles, tantôt côte à côte avec les hommes, jugeant, votant dans les assemblées publiques, arrêtant l’ordre des batailles, négociant la paix, réglant les traités, sacrifiant pour la patrie tantôt la fleur de leur corps, tantôt leur vie même ; qui oserait accuser ces récits d’invraisemblance, leur reprocher de contraster avec ce que nous connaissons, d’être incompatibles avec les lois de la nature humaine sous sa forme actuelle ; qui oserait enfin invoquer contre eux l’auréole poétique qui les entoure ? Ce serait sacrifier le passé au présent, ce serait combattre les siècles, rabaisser l’histoire, en faire le jouet d’opinions éphémères. L’invraisemblance ! Mais les probabilités se modifient avec le temps. » (Le Droit de la Mère dans l’antiquité, Préface).

LA JUSTICE

D’abord, les cours de Justice, les assemblées d’élection se tenaient aux mêmes endroits que les assemblées religieuses, dans des cercles de pierres consacrées, situés dans des clairières.

Le pouvoir judiciaire était une branche du pouvoir législatif. Manas, la raison féminine, exerçait la fonction de Grand Juge.

Virgile dit que Rhadamante, juge suprême et grand devin, forçait les coupables à révéler eux-mêmes leurs crimes et les horreurs de leur vie.

C’était donc une confession, comme cela se passait en Egypte dans les célèbres jugements des morts. On paraissait au tribunal accompagné de ses amis et de ses parents et on y déployait toutes les ressources de sa race et de ses richesses pour se faire absoudre. Les principaux délits étaient ceux qui concernaient l’atteinte au droit divin, à la puissance de la Déesse, à son prestige spirituel, en un mot le manque de respect et le refus d’obéissance.

Henri Martin nous dit que « les vieilles lois gauloises punissaient les attentats à l’honneur comme les attentats à la vie », et il ajoute : « La loi des Celtes d’Irlande dit que la loi a trois objets : le gouvernement, l’honneur, l’âme. Le gouvernement, dit-elle, appartient aux chefs, l’honneur et l’âme appartiennent à tous. » Or les chefs, ce sont les Déesses législatrices.

On célébrait à Athènes les Thesmophories de Cérès, fête des lois. C’est Cérès Législatrice qui fut surnommée Thémis en Grèce. A Rome, on semble en faire deux entités différentes.

Thémis est la Déesse bienfaisante pour les hommes, qui prend la défense des opprimés, qui personnifie l’ordre et la régularité. On la confond avec Diké, Déesse de la Justice ; elle a les traits d’une belle femme au regard sévère, tenant d’une main l’épée qui châtie, de l’autre la balance qui rétablit le Droit. On dit qu’elle dirige la marche régulière de l’année, représentant par là l’ancienne idée qu’elle dirige la marche régulière des sociétés. Du reste, les mœurs du temps montrent que les hommes n’entreprenaient rien sans l’assentiment ou la consécration d’une Déesse. En voici un exemple :
Il y avait sur la Seine et la Saône une association batelière puissamment organisée. Au commencement de chaque année, les deux corporations se réunissaient sur la crête mitoyenne entre les deux bassins, saluaient du haut de ces collines le soleil levant et inauguraient la nouvelle saison par des fêtes célébrées sous les auspices de la Déesse Bérécinthe, par des festins, des jeux, des cadeaux.

On retrouve ces fêtes en Perse où les Celtes les avaient portées. La maison-mère des Druidesses de Bretagne était à Anglesey, et les Romains les appelaient Ordovices (ordo en latin, orthos en Grec, sont les racines de ce mot). Leurs jugements s’appelaient Ordalies (oor, grand, deal, jugement).
Quand les auteurs modernes ont voulu décrire les lois et les usages du monde ancien, surtout lorsqu’il s’agit de la situation de l’homme dans la famille, ils en ont toujours parlé comme si le régime familial actuel avait toujours existé. C’est cela qui constitue surtout le grand mensonge historique.

Tout le masculinisme moderne est résumé dans les lignes suivantes d’Henri Martin ; il dit :

« Leurs femmes étaient de belle apparence et de grand courage, bonnes conseillères de leurs maris, bonnes éducatrices de leurs enfants. On les prenait parfois pour arbitres dans les différends entre les nations. On cite d’elles nombre de traits d’une héroïque fidélité. »

Le mariage n’existait pas, donc les femmes ne sont pas conseillères de leurs maris. On ne les prend pas pour arbitres, puisque ce sont elles qui représentent l’autorité morale qui dirige. Le droit féminin résultant de la nature féminine réside en toute femme ; socialement il passe de mère en fille ; c’est une aristocratie.

Le droit masculin qu’on a voulu lui substituer est personnel, il ne vient pas de la nature de l’homme, il est exceptionnel et temporaire.

Pour les Grecs, le pouvoir législatif est représenté par Démi-ourgos, la Déesse-Mère (législatrice d’un peuple).

Et le pouvoir exécutif par Déma-gogos, l’homme (meneur d’un peuple).

Démos (peuple), ourgos (facteur, créateur), agos ou agogos (meneur).

Le mariage tel que les religions masculines l’ont institué ne pouvait pas exister avant le règne de l’homme.

L’union n’était pas imposée, réglementée par des lois, mais seulement par l’amour et le libre choix de la femme éclairée par la science qu’enseignaient les Druidesses.

L’amour de la femme consacrait l’homme et lui conférait une dignité. L’éducation des enfants était entièrement faite par des femmes. Les enfants ne connaissaient pas leur père.

Les historiens modernes, qui ne veulent pas avouer l’existence de ce régime, diront cependant que : « Les enfants ne pouvaient aborder leur père avant l’âge de porter les armes ». C’est-à-dire qu’à l’âge d’homme ils étaient mêlés à la caste masculine dans laquelle était leur père (1).

(1) « Les Gaulois diffèrent des autres peuples, dit César, en ce qu’ils ne permettaient pas à leurs enfants de les aborder en public avant qu’ils n’aient atteint l’âge où ils sont capables du service militaire. Ils regardent comme une honte qu’un fils à l’âge d’enfant paraisse en public en présence de son père. » (Guerre des Gaules, VI, 18.)

LES MENSONGES CLASSIQUES

Parmi les mensonges historiques les plus connus, il en est un qui prétend nous expliquer la fondation de Marseille, basée sur une légende inventée pour affirmer le droit du Père, 400 ans avant le Droit romain qui a édifié le régime paternel.

On raconte que 600 ans avant notre ère, un jeune capitaine grec venu de Phocée, ville ionienne de l’Asie Mineure, avait résolu de franchir le détroit d’Hercule, aujourd’hui détroit de Gibraltar. Après une longue suite de péripéties, une effroyable tempête éclata, qui brisa le navire contre les rochers de la côte. Euxène (c’était le nom du capitaine grec) et son équipage parvinrent, avec beaucoup de peine, à gagner le rivage; ils abordèrent dans un golfe situé à l’est du Rhône ; le pays voisin était occupé par une tribu de la race des Galles, les Ségobuges. Ce pays leur parut si fertile qu’ils résolurent de s’y établir ; d’ailleurs, les habitants, comme tous les Gaulois, étaient très hospitaliers ; ils furent donc accueillis avec bienveillance par Nann, chef de la tribu, qui même les emmena chez lui à un grand festin qu’il donnait en l’honneur du mariage de sa fille Gyptis.

Une coutume gauloise, ajoute-t-on, voulait que la jeune fille qui devait se marier ne parût qu’à la fin du repas. Tous les prétendants, qui étaient, pour la plupart, des chefs gaulois, se trouvaient réunis au festin, et ce n’est qu’à la fin que la jeune fille paraissait avec une coupe pleine à la main. Après avoir fait le tour de la table, au milieu d’un silence général, elle tendait la coupe au convive qui lui convenait le mieux et qui devenait son époux. Or Nann avait préparé la même cérémonie pour sa fille, et c’est à ce festin qu’il avait invité le jetine capitaine. Quand le repas fut terminé, Gyptis apparut, tenant la coupe traditionnelle à la main. Après avoir hésité plusieurs fois, elle la tendit à Euxène. La stupéfaction fut grande parmi les autres convives, mais Nann respecta le choix de sa fille et lui donna pour dot le golfe où Euxène avait abordé et quelques cantons environnants.

Ravi de cette préférence, Euxène donna à sa femme le nom d’Aristoxène, qui signifie en grec bonne hôtesse.

Devenu Gaulois par cette alliance, le jeune Grec oublia son pays et s’établit définitivement dans son nouveau territoire où il fonda la ville de Marseille.

Cette légende nous apprend que c’est l’homme qui prend la nationalité de la femme par son union, c’est-à-dire tout le contraire de ce qui existe dans le régime paternel.

Cette coupe que la jeune fille offre à celui qu’elle choisit, c’est la copie, ou plutôt la parodie, de ce qui se passait dans les Agapes fraternelles des anciens Mystères. Seulement, cela n’engageait pas l’avenir de la jeune fille, cela consacrait seulement son choix temporaire.

SYMBOLISME OBSCÈNE

Nous venons de voir que le Prêtre veut mettre le sexe masculin au-dessus du sexe féminin.

Cette lutte contre la loi des sexes et contre l’autorité morale de la Femme qui en est la conséquence, tout entière basée sur l’ignorance et le mensonge, est accompagnée de railleries, d’injures, de blasphèmes. C’est le sexe féminin que l’on maudit, puisque c’est dans les fonctions de son sexe que la Femme puise la force de son esprit. La lutte est obscène. Les masculinistes se font gloire de leur sexe et le représentent de différentes manières ; cela amène une réaction. Les féministes font des caricatures du phallus, que l’on va représenter par un oiseau dont le long cou s’élève entre deux ailes déployées; c’est l’oie ou la grue, et on fait de cette image le symbole de la bêtise.

On sait que les masculinistes ennoblissent toujours les emblèmes qui les représentent ; c’est ainsi qu’ils firent de ces oiseaux symboliques le cygne de Léda, les oies du Capitole, et finalement l’Aigle impérial.

Et le cygne, auquel on va donner un grand rôle, va représenter la pureté. Dans la langue celtique, le mot Schwan, qui signifie cygne, fait appeler Séquanais les peuples qui habitaient entre la Seine et l’Arar. La Seine, dont le nom primitif est Sena, fut appelée Sequana (de Séquanais), et l’Arar Socoana que nous prononçons Saône.

L’oie, qui est une espèce de cygne, se dit ghanse en celtique, anser en latin, hansa en ibérique et en sanscrit, en espagnol moderne ganso.

La cigogne est restée dans les pays du Nord la représentation symbolique du sexe mâle. Dans les vieilles légendes celtiques, c’est la cigogne qui apporte les enfants. Les religions masculines ont fait de Hansa (cigogne ou grue) un symbole du dieu mâle et enseignaient que l’oie ou le cygne était un oiseau fabuleux qui boit du lait. Les sectes masculines prenaient le titre de Hansa, et une association appelée Hanse fut renouvelée au moyen âge.

Le chameau, qui a deux bosses et un long cou, a aussi représenté le phallus.

Les hommes des ports, les portefaix, étaient appelés grao (grues), d’où graii, graeci, gravii, terme de mépris qui indique qu’ils n’ont pas droit de cité.
Ces hommes des ports étaient mal reçus par les habitants du pays, qui leur disaient, en celte, Vor (hors d’ici). Ils répondaient en les repoussant hors de leur ville et les appelaient, avec leur prononciation grecque, bar-bar, ce qui servit à désigner les populations du pays.

Les Grecs ne seraient pas une race, mais le ramassis de tous les hommes des ports qui emportèrent avec eux l’épithète de graïa (grue) qui devint le nom de la Grèce. Pour se venger de ces représentations, les hommes figuraient le sexe féminin par une grenouille.

Les anciennes coutumes bretonnes nous apprennent qu’il a existé longtemps un jeu qui consistait à « écarteler la grenouille ». Les Saliens (masculinistes) avaient pour emblème un taureau portant une grue sur son dos ; les Ripuaires (féministes) une grenouille. Mais le taureau fut abandonné et la grue resta seule.

Nous avons vu, plus haut, que la Déesse Pyrène donna son nom aux montagnes appelées depuis Pyrénées.

Les masculinistes, par ironie, appellent les femmes Pygas, et de là Pygmées. Comme, en même temps, on les méprise et on les infériorise, ce mot Pygmées va indiquer ce qu’il y a de plus petit. Et des historiens vous diront sérieusement : « Pygmées, peuple de Lydie qui n’avait qu’une coudée de hauteur. Leur vie était de huit ans, les femmes engendraient (pour enfantaient) à cinq ans et cachaient leurs enfants dans des trous pour que les grues, avec lesquelles elles étaient toujours en guerre, ne vinssent les enlever. Leur roi était appelé Anté » (1).

Voilà un document qui nous révèle bien des choses. Ailleurs, on nous dit que Pygas, la Reine des Pygmées, fut changée en grue. Voilà donc la grue représentant le sexe féminin.

Pour savoir ce que, finalement, elle devint, citons ces lignes lues dans un journal :

« La grue est, dans les Indes, l’objet d’une vénération particulière. C’est sa forme apparente que, selon les croyances hindoues, revêt l’âme des Brahmines (les Prêtresses) quand elle a quitté son enveloppe terrestre. Protégée par cette superstition, la grue a pullulé d’une manière prodigieuse. Les bords des lacs, de la mer, des fleuves sont habités par d’innombrables troupes de ces oiseaux, qui rendent d’ailleurs de véritables services au pays, en nettoyant et assainissant les rivages. »

Et voilà comment on fait les dogmes !…

(1) Le roi des Pygmées, c’est-à-dire la Reine, est appelée Anté (avant) parce que la Femme, qui avait régné la première, avait été appelée Andarta. En basque, la Dame est encore appelée Andréa. L’homme va revendiquer cette antériorité et se faire appeler Andros, et il appuiera celte prétention sur la science qu’il prétendra avoir faite lui-même.

L’EVOLUTION RELIGIEUSE EN GRÈCE

Les grandes époques de la religion grecque sont résumées dans son histoire et représentées par les noms que ce peuple se donne. Nous y trouvons d’abord les Pélasges qui créent la grande civilisation pélasgique, « qui tient le caractère qui la distingue, dit Bachofen, de l’importance prépondérante de la maternité ». C’est pour cela qu’ils sont condamnés et décriés par les masculinistes qui les appellent « peuples noirs » (non pas de race noire, mais de la noirceur qu’on attribue au mal).

Viennent ensuite les Héraclides (de Hercule) qui triomphent des Pélasges. C’est l’époque héroïque, celle de la grande lutte des Amazones contre les héros conquérants et usurpateurs.

Les Hellènes leur succèdent. C’est le triomphe du parti féministe qui rend à la nation le nom d’une femme, car Hélène, en Laconie, a toujours été considérée comme une Déesse. Par le nom d’Hellènes, on doit entendre les solaires, Hélices ou Iliones.

Les Orphiques qui viennent après s’opposent aux Hellènes et créent une religion nouvelle, l’Orphique Apollonienne, avec ses mystères obscènes, sa loi sévère du mariage imposé à la Femme, loi qu’on veut opposer à l’hétaïrisme, c’est-à-dire au régime de liberté de la Femme. Les Orphiques renversent la signification des mots ; pour eux, ce sont les Hellènes qui sont les lunaires, et ils vont se déclarer, eux, les solaires.

On voit alors apparaître une secte masculiniste ; les Argiens (les blancs), qui font opposition aux féministes phéniciens (les rouges).

Enfin, la division se retrouve dans les Doriens ou Achéens, parti mâle, en opposition avec les Ioniens, parti féminin.

C’est après ces étapes que nous arrivons à l’époque philosophique qui amène une décadence masculine. Cette époque est une réaction contre la fugitive renaissance de la religion théosophique, le Pythagorisme, dont les historiens masculins parleront peu, mais qui nous est révélée par les monuments.

C’est quand le parti masculin se croit vaincu que les hommes élèvent des temples à la Concorde.

Quant au nom de Grec, qu’ils se donnaient difficilement à eux-mêmes, nous venons de voir qu’il venait d’un mot celte, Graïa (une grue). Ne perdons pas de vue que la langue grecque, dans sa première forme, a été celle des Celtes, et que les noms qui ont été transmis chez les Grecs et les Latins, et que nous retrouvons dans leur mythologie, venaient du Nord.

Cette origine de leur nom prouve que les Grecs étaient mal vus, ils étaient considérés comme les suiveurs de Ram, le rejeté des nations. Le misérable orgueil qui les animait leur donna l’idée de passer pour autochtones et de s’élever au-dessus des autres nations qu’ils jalousaient.

Profitant d’une certaine analogie qui se trouvait entre les noms de leurs villes et ceux des villes de la Phénicie ou de l’Egypte, ils faisaient naître dans la Thèbe béotienne celui qu’ils appelaient le souverain universel, Hercule, qui copie la Déesse Héra. Pour eux, le Manou des Indiens devient le Minos de l’île de Crète. Ils assuraient que Persée, fils de Danaë, avait été le législateur des Perses ; ils attribuaient l’invention de la charrue à une Cérès grecque et forgeaient une infinité de fables plus absurdes les unes que les autres, pour prouver que les grandes découvertes scientifiques, faites chez les Celtes, venaient de leur pays.

Il est expliqué, dans l’article du blog intitulé « FAITS ET TEMPS OUBLIÉS », ce qu’ils inventèrent, sous le titre de Cycle de Méton, ou nombre d’or, pour attribuer à un prétendu astronome grec la découverte de la périodicité des éclipses de lune faite par la Déesse Corona, qui donna son nom aux Cornouailles. On y ajouta les calculs d’éclipses attribués à Anaxagore. Nous avons aussi montré que, de Pythagore, nom d’une science, on fit un homme né en Grèce.

Puis voici Litasthène à qui on attribue la mesure de la circonférence de la terre, qui était enseignée dans les collèges des Druidesses. Et pendant qu’ils attribuaient à la Grèce tout ce qui se faisait en Celtique, ils niaient la grandeur de ce pays à qui ils devaient toutes leurs connaissances. Et le peuple grec, devenu arrogant, croyait à tous ces mensonges et commandait aux plus fortes têtes d’y croire.

Les Mystères établis pour faire connaître la Vérité, ouverts à un trop grand nombre d’initiés, perdaient leur influence. Les Hiérophantes, intimidés ou corrompus, se taisaient ou consacraient le mensonge. Il fallait nécessairement que la Vérité se perdît tout à fait. C’est ce qui arriva. La Grèce, éprise d’une folle liberté, céda aux orages des passions ; elle se divisa. A peine vainqueurs, les Athéniens et les Spartiates se brouillèrent et arrosèrent de leur sang les plaines du Péloponèse.

TRANSFORMATION DES CHAMPS-ELYSÉES ET DU TARTARE

C’est dans le polythéisme des prêtres grecs, qui introduisit Jupiter dans le Panthéon, que les antiques traditions perdirent leur signification primitive et devinrent la base d’un surnaturel ridicule.

Plutarque, qui s’en fait le narrateur, nous dit que Jupiter sentit que la force des séductions est dans les passions humaines, que les passions plaident et prononcent dans les jugements. « Ce sont les vêtements, dit Plutarque, qui corrompent les juges. »

Jupiter ordonna donc que, désormais, les juges seraient nus, c’est-à-dire morts et dépouillés de l’humanité fragile, que leur tribunal fût placé dans l’autre vie, afin que, les âmes seules jugeant les âmes, les arrêts fussent justes. Jupiter donna cet emploi à ses enfants : Minos et Rhadamante furent pour l’Asie, Eaque fut pour l’Europe. Il oublia l’Egypte où le Jugement des « morts » était antérieur à lui, ce que les Grecs ignoraient.

Voilà donc un nouveau système mensonger imaginé par les hommes pour se débarrasser du jugement des femmes. Pour donner du prestige à cette nouvelle fable, Platon raconte qu’un philosophe qui l’a instruit lui a dit que dans l’île de Délos on trouva des tables d’airain, apportées des montagnes hyperboréennes (1), sur lesquelles ce philosophe lut toute la description de l’enfer, la doctrine de l’âme immortelle, dégagée des liens du corps et descendue sous la terre dans l’empire de Pluton, empire fermé par des portes de fer, où se présentent d’abord l’Achéron et le Cocyte, au delà Minos et Rhadamante qui jugent dans les Champs de la Vérité.

C’est l’île de Délos qui a vu naître les dieux mâles dans la Grèce, île entourée de superstition et d’exagération. Diodore de Sicile et Pline en parlent ; l’un l’appelle Basilée ou royale, nom d’une des îles féministes de l’Atlantide, l’autre Osericta, mot qui signifie dans les langues du Nord « Ile des dieux-rois », île royale des dieux, c’est-à-dire des Déesses. C’est évidemment une imitation.

(1) Ces tables étaient évidemment fabriquées, ou altérées, si elles ont vraiment existé. Mais il semble que ce témoignage invoqué par Platon est un subterfuge imaginé pour donner de la valeur à la doctrine de l’immortalité de l’âme dont il était lui-même l’inventeur.

VÉNUS SPÉCULATIVE

La grande Déesse Vénus-Hemoera a été surnommée spéculative ; on la représente un miroir à la main, et le miroir s’appelle spéculum. On sait que c’est parce que l’homme copia la Femme qu’on mit dans la main des Déesses un miroir magique qui lui montre son image et qui semble lui dire : « Tu as le reflet de mon Esprit, tu me copies, et maintenant tu me supprimes et attribues à des hommes toutes, mes découvertes scientifiques. »

Et le mot spéculation (copie) restera dans le langage philosophique des hommes. En réalité, il signifie « celui qui imite ». Mais, comme le prêtre qui s’attribue la science en fait un commerce, le mot spéculation prendra en même temps une signification qui indiquera que c’est aussi une affaire d’argent.

Un autre mot remplacera quelquefois le mot spéculation : c’est écho. L’homme qui, chez les Celtes, copie la Déesse et prétend faire des choses extraordinaires, mettant sur le terrain concret ses pensées abstraites qu’il n’atteint pas, cet homme-là s’appelle Hecho ou Hechicero, d’où est resté, dans les langues modernes, le mot écho (ce qui répète).

Les Grecs, qui changent toujours les sexes, feront d’Echo une nymphe, qui cherche à attirer un jeune éphèbe, fils du fleuve Céphise, qu’ils appellent Narcisse. Le fond de cette légende est pris aux Celtes. Narr veut dire sot et kiss baiser. Ce nom signifia embrasser son image dans l’eau. De Narr et Kiss les Grecs ont fait Narcisse.

ROME SOUS LES DICTATEURS

En 498, nous voyons à Rome les Magistri populi qui sont munis d’un pouvoir illimité dans la ville et au dehors. Leurs arrêts sont sans appel, leur pouvoir menaçant jette l’effroi parmi les plébéiens.

C’est ainsi que l’autorité brutale de l’homme venait partout remplacer l’autorité morale de la Femme. On attribua à Romulus la fondation des comices ou assemblées par curies et du Sénat, qui est copié de l’ancien Conseil des Matrones, qui existait dans le régime matriarcal.

C’est pour donner de l’ancienneté à ces institutions qu’on les fait remonter au fondateur supposé de Rome. Le peuple était déjà fatigué de ce régime nouveau qui ne lui avait procuré que des impôts, des corvées, des guerres, des champs dévastés, de la misère et une crainte perpétuelle de la prison pour dette (ergastulum).

C’est alors que pour mater le peuple on créa les Dictateurs.

En 493, on dut créer les Tribuns pour mettre un frein aux excès d’autorité de ces Magistri.

Voici ce qui en fut l’occasion : « Un jour, on vit tout à coup apparaître au Forum un vieillard pâle, exténué de maigreur, les vêtements en lambeaux. C’était un ancien centurion, couvert de cicatrices, honoré de nombreuses récompenses. Il raconte que dans la guerre sabine sa maison a été brûlée ; sa récolte détruite, ses troupeaux enlevés ; pour payer l’impôt il a emprunté, l’usure cumulant la dette lui a ôté tout ce qu’il possédait et, comme une plaie dévorante, a gagné son corps ; il a été emmené par un créancier, par un bourreau, et il montrait ses épaules qui saignaient encore des coups de fouets.

Tels étaient les résultats de cette manière de gouverner, telles étaient les conséquences de la guerre.

Alors, voyant qu’on avait été trop loin, on créa pour défendre le peuple des tribuns, qui sont l’origine lointaine de nos députés actuels. Ils avaient le droit de veto (je m’oppose), qui arrêtait l’exécution des Sénatusconsultes.

En lisant cela, cette réflexion vient d’elle-même à l’esprit ; A quoi bon faire des décrets et des ordonnances si quelqu’un a le droit d’en arrêter l’exécution en disant tout simplement : « Je m’y oppose » ? Quelle confiance avoir dans des législateurs qui ont besoin d’un contrôle ? On comprendrait cela si c’étaient des femmes qui s’opposaient à l’injustice des hommes ; mais des hommes contre d’autres hommes ? Qui les contrôlera eux-mêmes ?

On sent que la grande préoccupation de ce régime qui commence, c’est d’établir la suprématie du Père, qui aboutira au fameux droit paternel.

On arrive à soustraire la famille à l’autorité de la Mère en donnant aux tribus une organisation nouvelle. On les partage chacune en dix curies, chaque curie est organisée en décuries ; les décuries étaient formées en gentes. La gens était comme une grande famille à laquelle on donna comme chef le Père, alors que, jusque là, c’est la Mère qui avait disposé de toute l’autorité familiale ; ceci prouve que cette substitution fut lente et longue et ne dut pas s’effectuer sans luttes, quoique les historiens nous disent qu’à ce moment le Père règne sur la femme, les enfants, les esclaves, et que son pouvoir sur la gens est absolu. On le présente, d’avance, comme le Pater familias ; il n’y a plus qu’une volonté, la sienne ; ses amis, appelés ses clients, étaient toujours prêts à le soutenir contre les justes revendications des défenseurs de l’ancien droit.

La famille, ainsi constituée, devait être un enfer pour les femmes ; aussi elles n’y entraient pas volontairement, et, pour en avoir, les hommes devaient les voler : de là le rapt.

Ce sont les partisans de ce nouveau régime qu’on va appeler patriciens ; ils vont mettre la noblesse de leur côté, en se déclarant une caste supérieure. Ce sont eux qui vont rendre la justice, déclarer la guerre et prendre la direction de la religion.

ROME FAIT DES LOIS (451)

Le régime nouveau faisait des progrès à Rome. Trois commissions furent chargées d’aller dans les villes grecques de l’Italie méridionale et jusqu’à Athènes, pour étudier les lois et les recueillir. C’est alors que Rome fut connue des Grecs. Elle n’était à ce moment qu’une petite ville sans importance. Même à l’époque d’Alexandre, elle était peu connue en Grèce. L’historien Théopompe ne dit qu’un seul mot de cette ville pour annoncer qu’elle a été prise par les Gaulois (en 390).

Au retour des commissions, on créa les Décemvirs. Dix magistrats patriciens, investis d’un pouvoir illimité, avaient, chacun pendant dix jours, la présidence et le gouvernement. Ils furent chargés en l’an 304 de Rome (442 avant notre ère) de rédiger un Code de lois (les douze Tables). Dix tables de lois furent exposées sur le Forum et acceptées par les centuries ; voilà la loi de l’homme, faite par l’homme et acceptée par l’homme. Impossible de ne pas voir dans ce fait la contre-partie de ce qu’avait fait la Femme dans l’ancien régime.

Pour compléter ces lois, les Décemvirs publièrent deux nouvelles tables remplies de lois iniques et gardèrent le pouvoir sans convoquer les comices. Donc ils commencent par abuser de l’autorité qu’on leur donne.

Des doutes ont été exprimés au sujet de l’authenticité de la loi des douze Tables. Quelques auteurs ont même prétendu que l’existence de ces douze Tables était une pure invention. M. Michel Bréal s’est chargé d’en défendre l’authenticité. Voici ce qu’elles contenaient, et cela nous explique pourquoi on les tenait secrètes.

Le Zodiaque de la Déesse Hathor était un résumé en douze symboles de la Loi qu’elle avait formulée dans le Sépher.

Le mot Zodiaque vient de Zoè (vie) et disque (diaken en flamand). Le Zodiaque fut imité souvent, mais surtout par Ram, qui y introduisit de grands changements dans le but de le faire servir à la consécration des doctrines masculinistes qu’il préconisait.

Depuis, on le considérait comme contenant douze piliers c’est-à-dire comme soutien du régime nouveau. Ce sont les Lois des douze Tables qu’on a personnifiées et célébrées sous différents noms chez tous les peuples de la terre, Les uns en ont fait douze grandes intelligences qui présidaient aux douze mois et aux douze signes, d’autres les chantaient comme les douze anges gardiens de l’Univers. On les appelait les douze sénateurs, les douze modérateurs du monde. Les Scandinaves les célébraient sous le titre des douze Ases d’Odin.

Quoiqu’on ne sache pas ce que contenaient ces lois, on les invoquait souvent à l’appui de ce qu’on imposait. Ainsi, on nous dit que la Loi des douze Tables édictait des peines sévères contre les magiciens qui exploitaient la crédulité publique, les charlatans qui tenaient boutique de recettes qualifiées de magiques, qui tripotaient avec des formules sacrées, préparateurs de philtres, souvent de poisons, ne reculant devant aucun crime.

Les femmes, devaient se révolter de cet état de choses nouveau pour elles. On agissait sans les consulter ; bien plus, on les considérait déjà comme du bétail humain :

« Le brutal Appius a chargé l’un de ses clients de réclamer, comme son esclave, la jeune Virginie, fille d’un plébéien distingué ; au mépris d’une loi récente des douze Tables, il l’adjuge provisoirement à son prétendu maître. En vain Icilius, son fiancé, et de nombreux témoins, prouvent qu’elle est de naissance libre, en vain Virginius, centurion à l’armée de l’Algide, accourt pour réclamer sa fille ; Appius la livre à son client.

Alors le malheureux père, pour sauver l’honneur de sa fille (ce sont les historiens masculins qui parlent), lui perce le cœur et, tout couvert de son sang, il va soulever les soldats qui marchent sur Rome et campent sur l’Aventin. Puis, suivi de tout le peuple, et réuni à l’armée de Sabine, ils se retirent encore une fois dans l’asile du Mont Sacré. ».

Telles sont les mœurs barbares, les idées folles, et la morale bizarre de ces demi-sauvages !…

Ce fait peut être rapproché de cet autre, situé dans l’histoire de Rome un siècle avant (510) : c’est celui qui nous dit que Lucrèce, femme de Tarquin Collatin, fut déshonorée par Sextus Tarquin et se tua sous les yeux de son mari en demandant vengeance.

Comment des hommes peuvent-ils écrire des choses aussi contraires à la psychologie féminine ? Une femme qui a été violée est indignée certainement, mais elle ne se tue pas pour cela. Ce qu’elle peut faire, c’est tuer son violateur, mais pourquoi tuerait-elle la victime du crime, quand cette victime, c’est elle- même ?

Autre chose : elle se tua, dit-on, sous les yeux de son mari, mais en 510 on n’avait pas encore fait de loi qui instituât le mariage, puisque la première loi, celle des douze Tables, date du siècle suivant. On voit, dans tout cela, la préoccupation des hommes d’une époque postérieure, de mettre l’honneur de la Femme dans son esclavage sexuel, ce qui est en opposition avec la morale primitive qui l’avait glorifiée dans son sexe et dans sa liberté !

Fabre d’Olivet a bien jugé les Romains. Il dit d’eux : « Rome, trop farouche pour aimer les arts, asile d’une foule de vagabonds, sans connaissances et sans envie d’en acquérir, était tombée dans un tel état d’ignorance qu’on y posait encore un clou tous les ans à la porte du temple de Jupiter pour conserver la chronologie. Le premier cadran solaire que l’on vit dans cette ville y fut placé dans le temple de Romulus Quirinus, plus de deux siècles après l’établissement des consuls.

« Les Romains n’étaient, dans l’origine, que des sortes de flibustiers que l’appât du butin réunit, des brigands courageux dont l’unique vertu, décorée du nom pompeux d’amour de la Patrie, ne consista pendant plusieurs siècles qu’à rapporter à la masse commune ce qu’ils avaient pillé aux nations du voisinage.

Quand ces guerriers allaient en course, ils portaient pour enseigne une poignée de foin (nourriture de l’âne), qu’ils appelaient manipuli. La grue, qu’ils reçurent des prêtres saliens et qu’ils transformèrent en aigle, ne parut que longtemps après sur leurs drapeaux. L’aigle fut consacré à Jupiter. » (Etat social, t. II, p. 22.)

Rome était l’antithèse de la Gynécocratie.

Centre d’événements tumultueux, violents, il y régnait une dureté qu’on appela de l’héroïsme, une absence complète d’aménité. Des scènes de carnage et de dévastation remplissent les annales de Rome. En quelques siècles, cette bourgade, qui n’était, au début, qu’un ramassis de révoltés, s’éleva, s’étendit au loin et arriva au faîte de la puissance brutale, donnant au monde l’exemple de ce que peut être une société quand la force triomphe.

Rome fit des lois abominables, des guerres meurtrières, elle eut des monstres couronnés, ses grandes femmes furent calomniées, avilies ! Ce fut une tache dans l’histoire, dont le déplorable effet dure encore !

INVASION DES GAULOIS EN ITALIE (390)

En 390, une tribu gauloise, sous la conduite d’un de leurs Brenns, entra encore en Italie et resta dans le nord de la péninsule, qui prit le nom de Gaule cisalpine.

Cette seconde descente des Gaulois en Italie mit en présence les deux puissances gauloise et romaine. Les Gaulois, ayant passé les Apennins et entamé le pays qui restait aux Etrusques, furent attaqués par les Romains. Ils mirent en pièces l’armée romaine, au bord de la rivière d’Allia, puis ils prirent et brûlèrent Rome (en 391). Ils ne purent toutefois prendre d’assaut la citadelle de Rome. Leur général, leur Brenn (mot dont les historiens romains ont fait un nom propre, Brennus), pour s’emparer du Capitole, fit escalader la nuit le rocher sur lequel il était appuyé ; c’est alors que Manlius fut réveillé par le cri des oies sacrées, et précipita dans le vide les Gaulois qui escaladaient le mur.

Dans cet épisode, nous trouvons à noter ceci : l’oie est un animal qui servit de symbole quand les femmes avaient le tort de ridiculiser les hommes. L’homme se vengea en faisant de l’oie un animal sacré, et nous la retrouvons au Capitole entretenue et vénérée, en attendant qu’elle devienne l’aigle impériale…

Nous trouvons là la même évolution d’un symbole que nous avons déjà constatée en Egypte, où le taureau sert à représenter ironiquement l’homme fort et devient le bœuf Apis, divinisé !…

Une autre forme de l’ironie est celle qui consiste à renvoyer à la Femme les accusations portées contre les hommes. C’est ainsi que nous voyons une jeune fille, Hercynie, tenant une oie dans ses mains. Faut-il faire remarquer que, dans les temps modernes, c’est cette idée renversée qui a prévalu, et que l’oie ne symbolise plus la bêtise de l’homme, mais celle de la Femme ?

Les Romains négocièrent la rançon de leur cité. On raconte que, lorsqu’ils payèrent, en lingots d’or, le rachat de Rome, les Gaulois employèrent de faux poids pour augmenter la somme qu’ils devaient recevoir. Les Romains se plaignirent ; le Brenn, c’est-à-dire le général des Gaulois, mit encore, en plus, sa grande épée dans la balance, en s’écriant : « Malheur aux vaincus ! » Ce Brennus était de la tribu des Semons, et les Semons était une colonie du pays de Sens en Champagne.

Au commencement du règne d’Alexandre le Grand, ils sont sur les bords du Danube ; en 337, ils fondent la Galicie. Après Alexandre, ils vainquirent les Macédoniens, et allèrent civiliser la Grèce.

Belgius était chef de l’armée qui attaqua le Temple de Delphes. Les chefs qui guidaient l’expédition avaient le collier d’or et la robe de lin. Ils furent vaincus en 278. Alors, ils passèrent le détroit qui est entre l’Europe et l’Asie et où se trouve maintenant Constantinople, et ils fondèrent dans l’Asie Mineure un Etat qu’on nomma Galatie ou Gaule d’Asie (1).

D’après une tradition recueillie par un compilateur grec anonyme, c’était une femme, Onomaris, qui avait guidé les Galates lorsqu’ils franchirent l’Istros et qui était devenue leur Reine dans le pays qu’ils conquirent. (Cité par Dottin, Ant. Celt.,ip. 182.)

C’est alors qu’ils introduisirent en Orient leur Dieu Hésus, dont le nom devint à la mode et se retrouve dans des familles juives (Jésus) lorsque, sous le nom de Galates, les Gaulois s’établirent en Asie, où ils fondèrent la Galilée. Ils furent plus tard les seuls peuples qui résistèrent aux Romains.

Pendant deux siècles, ils tinrent la puissance de Rome en échec. Ils furent vaincus par Annibal auquel ils s’étaient alliés.

Il n’est pas étonnant que ceux qui furent vaincus par eux les aient représentés comme des barbares ; ils étaient l’objet de la haine des Latins, qui, du reste, les confondaient avec les Celtes, qu’ils avaient aussi pris en haine, ceux-là à cause de leur supériorité.

Ceci nous explique pourquoi nous allons trouver deux opinions exprimées sur ceux qu’on appelle indistinctement des Celtes, des Kymris, des Belges ou des Gaulois. Les Grecs et les Latins confondent les différentes races qui occupent le territoire de l’ancienne Celtide et qui ont, cependant, une origine très différente.

Dans le 3ème siècle avant notre ère, le mot Galaete apparaît chez Callimaque comme synonyme de Celte. Galaete est aussi employé chez Eratosthène et dans deux épitaphes, dont l’une est celle de trois jeunes filles qui se tuèrent pour échapper aux barbares qui sont désignés successivement par les deux synonymes Keltes et Galaetes (Dottin, pp. 12-13.)

Faut-il penser que ce sont les Gaulois qui ne respectaient pas les femmes, mais qu’on a rejeté leur barbarie sur les Celtes, leurs ennemis ? Il est bien évident qu’un vent de révolte soufflait sur toute la masculinité qui, partout, voulait s’affranchir de la loi morale que les hommes trouvaient trop sévère pour eux.

La révolte générale est révélée par les noms mêmes qu’ils se donnent. Chaque fraction voulait commander, aucune ne voulait obéir, l’anarchie était partout. Les Celtes divisés sont :

– Les Alains ou All-ans (égaux en souveraineté).
– Les All-mands (égaux en masculinité).
– Les Vand-ales (ceux qui s’éloignent de tout).
– Les Fri-sons (les enfants de la liberté).
– Les Quades (les parleurs).
– Les Cimbres (les ténébreux).
– Les Swabes (les hautains).
– Les Allobroges (les briseurs de tout lien).
– Les Scandinaves (ceux qui errent sur les navires).
– Les Francs (les fracasseurs, ceux que rien n’arrête).
– Les Saxons (les enfants de la nature), etc.

Et Fabre d’Olivet, qui cite ces noms, ajoute cependant : « Une sorte de vénération pour les femmes, qu’ils continuaient à regarder comme divines, adoucissait un peu, il est vrai, l’âpreté de leurs mœurs ; mais cette vénération ne resta pas longtemps générale. »

(1) Gallograeci désigne les gaulois établis en Asie Mineure. C’est un synonyme de Galates.

LES MYSTÈRES DES HOMMES

Les orgies étaient tombées dans le domaine du peuple.

Revêtues d’une apparence religieuse qui en dissimulait les désordres, elles gagnèrent facilement du terrain ; les temples se multiplièrent ; les Mystères des hommes, cherchant l’isolement, s’établirent dans les îles riveraines, dont le nom Oog (île en grec, en coréen, en garamis) resta chez un grand nombre de peuples pour signifier demeure, hogar.

Pour célébrer les Mystères, des hommes formèrent des campements provisoires, mille fois maudits par les prophètes hébreux sous le nom de Socoth Benoth (orgies de Baal (1), fête des Sichémites, mystères de Moab). Sichem vient de Sick-heim, demeure des morts.

Les Mystères des hommes n’ont pour but que le rapprochement des sexes. En quelques pays, comme à Babylone, à Sicca Venera, dans l’île de Samos, au temple de Melkart, la jeune fiancée attendait sur le parvis du temple un hôte qui pouvait être un esprit sous une forme humaine ; ou bien encore, renfermée dans le secret de la mezquita, elle recevait la visite de Bel, de Jupiter Ammon, de Brahma.

L’homme se cache sous le dieu.
Mosquée (Moschenein signifie entrer masqué).
Mosechari nous indique la destination primitive de la Mesquita : c’est là que l’homme masqué vient trouver la femme. D’après le rite romain, le sacrificateur se voile la tête.

(1) Le nom de Bal fut donné aux orgies de Bal, Moab. Mob, en anglais et en hollandais, signifie populace

SATURNALES

Les Saturnales étaient des fêtes données en l’honneur de Saturne, au mois de décembre.

Pendant que duraient ces fêtes, tout travail cessait, excepté la cuisine, et les rangs sociaux disparaissaient, les esclaves pouvaient parler comme ils voulaient et critiquer leurs maîtres.

A l’occasion de ces fêtes, on expliquait qu’Uranus se générait directement, mais que, après lui, vint Saturne, monde dans lequel on se reproduit sexuellement.

MERCURIALES

On appelait Mercuriales les fêtes de Mercure, qui étaient célébrées à Rome par une société de marchands, disait-on. Car on sait que Mercure était le dieu des voleurs ; sa divinité était un mensonge, car son éloquence et son air affable qui séduisait conduisaient les âmes dans le Tartare.

Il tient en main le caducée, fait de deux serpents représentant la trahison de l’homme sous ses deux aspects : le prêtre et le roi.

Un des noms de Mercure est Parammon, fils d’Ammon. Mercure, comme Hermès, est celui qui interprète. Pour l’excuser, on dira qu’il est le messager et l’interprète des dieux. C’est le beau parleur, « le dieu de l’éloquence », et on le représentera comme un charmeur, enchaînant le Monde par la force du discours : « de sa bouche sortent de petites chaînes qui se rendent dans les oreilles d’autrui ».

Mais ce dieu est aussi un personnage phallique. Phallus était un des quatre dieux de l’impureté ; les trois autres étaient Bacchus, Priape et Mercure. On peut voir au Musée de Rouen une statuette de Mercure tenant en sa main gauche un phallus. On appelle phallophores ceux qui, dans les fêtes infâmes de Priape et d’Osiris, portaient la figure du phallus.

Et comme ils veulent toujours mettre les femmes de leur côté, on nous dira que Phaloe était une nymphe, fille du fleuve Lyris.

LES FEMMES RÉAGISSENT

Les cultes phalliques sont l’origine de la folie masculine ; l’esprit des hommes sombre dans les orgies ; c’est une mort morale, qu’on représente par un simulacre d’abord, puis, plus tard, dans les Mystères masculins, par une mort réelle, celle d’un animal représentant l’homme descendu vers la brute. Ce fut un bélier ou un taureau, un mâle quelconque.

Au temps où l’équinoxe commençait au taureau, c’était cet animal qui était la victime. Un bélier représentait Ram. On offrait un banquet pour effacer d’avance la tache contractée par le dénouement de la ceinture (1).

On faisait remonter à Ram la révolution masculiniste.

A Rome, chaque année, pour l’immolation du Ram, 48 tribus latines se réunissaient.

Sur les bords du Tibre, aux Mystères de Raymi, on immolait un agneau noir.

A Rama, dans l’Inde, pendant la cérémonie, la foule répétait continuellement : Ram, Ram !

Le mot Ramadan vient de là.

Les Floralies se faisaient à Rome le 4 mai. En Gaule, on les célébrait aux calendes de mai. De Calendoe maianoe le peuple a fait colin-mayar. Cette fête existe encore en Angleterre et se fait à Helstown le 8 mai.

Quand les Européens sont arrivés en Amérique, ils ont trouvé le grand Caraïbe pratiquant encore, en nature, cette antique expiation, ce qui prouve que les mêmes idées avaient régné sur toute la Terre.

La victime du sacrifice, le Dévoué, était attaché au gnomon, mis à mort et mangé.

Dans Lucain et les autres poètes, dévolus signifie dévoué comme victime expiatoire.

Les Phéniciens appellent le bélier sacrifié kar. En celtique, keeren signifie expier, purifier. Dans le fameux temple de Mylasa, le pontife qui immolait le bélier victimaire s’appelait lui-même Carés.

Chez d’autres peuples, le nom est changé, mais le synonyme qui le remplace laisse voir facilement qu’il s’agit du même mystère. Ainsi Borro, en espagnol, veut dire agneau mâle d’un an, et borrar effacer (le péché). Borrico (âne) est aussi employé dans les anciens Mystères.

On connaît les deux boucs symboliques des Hébreux ; l’un (le mâle) était immolé sur place, l’autre (la femelle) était chargé des iniquités de l’homme, puis renvoyé au désert.

Chez les Celtes, l’animal victimaire s’appelait guild. C’était généralement un bélier, quelquefois un taureau. Comme le sacrifice était précédé de l’offrande, on donnait des cornes d’or au bélier. Par la suite, le sacrifice fut précédé d’un banquet, si bien que le mot guild est arrivé à signifier banquet et or. Mais il signifie aussi fille et prostituée, parce que, quand les idées s’altèrent, on fait un mélange confus de tout ce qui rappelle la vie sexuelle.

Le bœuf gras, qui est le dernier souvenir de l’animal sacrifié, s’appelle encore aujourd’hui guildos (gild, os, taureau).

En phénicien, le mot rachat, rédemption, est gael. Mais, comme gael signifie aussi coq, dans la cérémonie du Kippour c’est souvent un coq que l’on prend pour victime, et l’officiant, jouant sur les mots, dit avant de l’égorger : Sois mon rachat.
Gael et gallus, chez les Tyrrhènes, signifie coq.

Dans l’ancienne Gaule, on immolait un taureau sur une pierre trouée, et la personne pour qui on offrait le sacrifice était placée dessous, en recevait le sang ; elle était alors, comme nous le voyons par les inscriptions, Renala (régénérée).

A Mexico, on égorgeait sur une pierre des victimes humaines pour le salut de l’Empereur. Souvenir de l’homme sacrifié et de la femme sauvée (ambrator).

Cette idée de renaissance prend des formes diverses. Sur les tombes qui datent de l’époque hiéroglyphique, on dessinait les animaux qui muent pendant l’hiver, comme les serpents, les tortues, les salamandres, figurant par ces emblèmes l’initié qui laisse au fond du cercueil sa dépouille, pour reparaître dans les Floralies sous une forme nouvelle (2). On y peignait de même le hanneton (scarabée), parce qu’il arrive vers le 1er du mois de mai, époque des Floralies ; on y grava le tau T et l’aspa X (deux os placés en croix).

Muer, c’est se transformer, laisser sa première enveloppe comme le saurien, la grenouille, qui, en celte, s’appelle frog. C’est de là que vient le mot défroque, nom donné au corps du mort.

Dans les Mystères masculins où on immolait un simulacre d’homme, les Suèves de la Baltique gardaient sur leur tête rasée une touffe de cheveux. C’est par opposition à cette ancienne coutume que, plus tard, à cette même place on fit la tonsure des prêtres.

Les Chaldéens de Babylone, les Assyriens, les Araméens ou Syriens n’avaient pas de sacrifices humains ; ils sont inconnus aussi, ou fort rares, chez les Arabes. Lucien parle des sacrifices de la ville sémitique d’Hiéropolis.

(1) On déliait la ceinture dans les Floralies du Temple Olympique de Salisbury. C’est cette légende qui, en se transformant, est devenue celle d’un ancien roi qui aurait ramassé, dans un bal, la jarretière de la comtesse de Salisbury. Une ceinture mystérieuse se voit à Tortosa, en Espagne ; là, l’ancien ordre de la ceinture s’appelle aujourd’hui mystiquement Ordre de la Hache. (La hache sert à fendre.)

(2) Mithra vient de Metrius. Metrius vient de Mugter, qui veut dire Mutare (muer).

LA SCIENCE ANTIQUE CACHÉE SOUS DES FICTIONS SURNATURELLES

Il est curieux de constater par quels chemins tortueux la science antique passe pour arriver à représenter toutes sortes d’erreurs, les unes grotesques, les autres absurdes et souvent obscènes, mais toujours surnaturelles. Le but principal est de changer le sexe de la Divinité.

Dans les Mystères féminins, on continuait à enseigner les Lois de la nature et particulièrement la cosmogonie, symbolisée par le Septénaire, parce qu’il existe sept principes actifs qui régissent l’Univers. Mais cette idée a déjà commencé à se corrompre.

Les Syriens avaient désigné les Forces cosmiques sous le nom d’Intelligences ; cela va servir de base à la théorie hiérarchique des Intelligences célestes distribuées dans les sphères célestes et dans les étoiles, et la distribution en sept grandes Intelligences va se retrouver partout.

Les Guèbres, descendants des anciens Perses, étaient déjà persuadés que les corps célestes étaient animés par des intelligences qui se mêlaient à la conduite des hommes. Le soleil, d’après eux, est la première intelligence. Le feu est devenu leur grande Divinité, c’est un être intelligent susceptible de tous les mouvements spirituels.

Singulière confusion entre l’Esprit vivant et le feu des astres qui a servi à le symboliser. Le feu est devenu un être divin extrait de la substance du dieu, océan de feu et de lumière, dont tous les autres feux sont émanés. Ils placent la Divinité dans la totalité du feu éthéré, dont chaque astre est une émanation. Toute cette théorie fausse est l’origine du dieu aux sept rayons, du Saint-Esprit Mère des sept maisons, des sept lampes devant le tabernacle, des sept colonnes de sagesse, des sept étoiles, des sept chandeliers d’or, des sept esprits célestes des Japonais, des sept étages du monde, des sept cieux, etc.

Les anciens figuraient le monde par un vaisseau inondé de lumière éthérée et conduit par sept pilotes ou génies. C’est ce que, dans l’époque d’ignorance, on représentera par les sept planètes. Mais cela n’était que la copie de ce qu’on avait vu dans les Mystères, lorsque la science était encore enseignée par la Déesse appelée Fides, dont le culte était établi dans le Latium. Cette Déesse, dont le nom représente collectivement les Prêtresses qui enseignaient la science, avait des temples, des hiérophantes et des hiérophantia (Prêtresses d’Hécate) qui présidaient aux initiations.

Leur science, appelée hiéroscopie, fut imitée par les Aruspices. C’étaient des femmes vêtues de blanc, les mains jointes (1). Les hommes qui les assistaient étaient voilés d’une étoffe blanche et en avaient la main enveloppée. (C’est ce qui a été parodié par Pierrot habillé de blanc.)

Ces Prêtresses enseignaient l’origine du symbolisme des sept Intelligences confondues avec les sept Principes cosmiques. On a fait d’elles les sept Pléiades.

La mythologie nous dit que les Ménades et les Hyades pleurent leur défaite par leur frère Hyas ; elles sont changées en astres et, envoyées au ciel. On les nommait Ambroisie, Eudoxe, Pasithoé, Coronis, Palixo ou Plexaure, Philéto ou Phytho et Tyché.

(1) Deux mains jointes ensemble étaient le symbole de la bonne foi.

LES ARUSPICES CONTRE LES DÉESSES

Le prêtre va copier la science des Déesses, puis la masculiniser.

Pour lui, les grands dieux Cabires de Samothrace réunissent en eux le Principe actif masculin et le Principe passif féminin. Leur nom était consacré chez les Romains et dans les livres des Augures, sous le titre de Devi-potens ou dieu tout-puissant.

Puis on appela Parèdres ou Synodes les nouvelles divinités masculines. Augure, le nom qu’on donne aux prêtres romains, vient d’une racine qui signifie vautour : geier en celtique, agur en hébreu, guira en garamis.

Festus nous apprend que les Augures entendaient par les dieux mânes tous les dieux, parce que, selon leur doctrine, il se faisait, de leur divinité, un écoulement qui pénétrait tout. (Du mot latin manare, couler.)

Les Augures furent d’abord les ministres des Temples, appelés Parasites. Leurs fonctions à Athènes étaient les mêmes que celles des Epulons à Rome. Par Parasites d’Apollon, on entendait les farceurs et les bouffons. L’ironie, le sarcasme vont devenir des dogmes.

Après que la Déesse a représenté la lumière, elle va être l’emblème de ce qui l’éteint, l’eau, prenant ainsi la place des dieux océaniques.

On faisait une fête dans laquelle on promenait la statue de la Déesse. A Rome, c’était Cybèle que les Galles promenaient et qu’ils plongeaient ensuite dans l’Almon. Pour se venger, à Rome, le 15e jour de mai, qui était celui des Ides, les Vestales jetaient dans le Tibre, par-dessus le pont Sublicius, trente effigies, ou mannequins en osier, représentant des vieillards.

Si la Bonne Déesse devint pour le Prêtre un objet de crainte, une Némésis redoutable, c’est parce qu’il l’avait outragée, après avoir pris sa place. Et c’est ce qui explique la colère des dieux.

LES VESTALES AU FORUM

Cette histoire rectifiée nous fait comprendre que les Vestales eurent un rôle très important à Rome.

Longtemps elles furent une puissance morale qu’on n’osait pas attaquer. Leur résidence sacrée était le Forum, centre et cœur de Rome, qui, depuis la ruine de l’ancienne religion, a servi à toutes sortes d’usages profanes. On a entrepris des fouilles au Forum pour découvrir les vestiges des monuments immortalisés par l’histoire. Déjà on nous a restitué des vestiges de la maison des Vestales. On sait que c’est là que se trouvait le temple fameux dédié à Vesta.

Gaston Boissier, envisageant les transformations survenues dans ce lieu sacré, nous dit : « On construisit, autour de lui, des places plus vastes, plus régulières, plus somptueuses, mais qui ne furent jamais regardées que comme des annexes et des dépendances de ce qu’on s’obstinait à appeler par excellence le « Forum, romain ».

Il résista aux premiers désastres des invasions et survécut à la prise de Rome par les Wisigoths et les Vandales. Après chaque bourrasque, on s’occupait à le réparer tant bien que mal, et les barbares eux-mêmes, comme Théodoric, prenaient quelquefois la peine de relever les ruines qu’ils avaient faites. La vieille place et ses édifices existaient encore au commencement du 7ème siècle, lorsque le Sénat eut l’idée malheureuse de consacrer à l’abominable tyran Phocas cette colonne dont Grégorovius nous dit que « la Némésis de l’histoire l’a conservée comme un dernier monument de la bassesse des Romains ».

A partir de ce moment, les ruines s’amoncellent. Chaque guerre, chaque invasion renverse quelque ancien monument qu’on ne prend plus la peine de réparer. Les temples, les arcs de triomphe, qu’on a flanqués de tours et couronnés de créneaux comme des forteresses, attaqués tous les jours dans la lutte des partis qui divisent Rome, ébranlés par des assauts furieux, finissent par s’écrouler et couvrent le sol de leurs débris. Chaque siècle ajoute à cet entassement.

Après avoir cité ce qu’écrivent les hommes modernes sur ces questions d’histoire passée, je veux aussi citer ce que disent les femmes.

En voici une qui écrit ceci : « O Vierge aux cheveux courts, blanche Vestale, à qui consuls et préteurs devaient céder le pas ; toi qui marchais précédée des licteurs et devant qui s’abaissaient les faisceaux ; toi qui connus la gloire des apothéoses les plus magnifiques et témoignais en justice sans prêter serment ; que dirais-tu, ô toi dont les tribuns même respectaient le caractère sacré ! Que dirais-tu de la thèse féministe ?…. »

LES ÉTRUSQUES VAINCUS EN ITALIE (vers 309)

Au milieu des guerres incessantes des nations masculinistes, les Étrusques, restés fidèles aux principes gynécocratiques, se sentent chanceler au milieu de leur luxe et de leurs richesses. Ils croyaient à la fatalité de leur décadence. Leurs Prêtres annonçaient le soir prochain du monde, le dernier âge de leur puissance.

Les guerriers étrusques s’engageaient, par la loi sacrée, à mourir plutôt qu’à fuir. Vaincus près de Sutrium par Fabius, ils succombèrent en effet. Ceci nous fait savoir qu’ils avaient une antique loi sacrée, comme la Thorah des Israélites.

Au déclin de la République romaine, on mourait pour la liberté, parce que les femmes ne voulaient pas du nouveau régime. Et les hommes les imitaient et s’entretuaient pour une liberté… que la loi romaine venait de leur donner ! Les rois combattaient les Sabins, les Latins, les Étrusques. Parmi les Sabins étaient les Avintenum, les Fidènes, les Réates, les Cures, peuples de l’Italie centrale. Une partie des Sabins s’établit à Rome avec le roi Tatius, et une autre resta dans ses montagnes et fut soumise par Curius Dentatus (290 avant notre ère).

On raconte que Tarpéia, fille de Tarpéius, gouverneur de la citadelle de Rome, en ouvrit les portes aux Sabins. Cela prouve que les Sabins étaient des féministes.

LES GUERRES PUNIQUES (DE 264 A 241)

Carthage est l’antithèse de Rome : elle représente la Femme ; Rome, c’est l’homme. Aussi est-elle destinée à être vaincue.

Les mercenaires n’ont pas d’intérêt direct dans ses affaires ; les soldats romains mettent leur gloire dans le triomphe, ils combattent comme l’homme, pour vaincre. Les Carthaginois sont moins soucieux de la gloire militaire ; cependant, ils ont une marine nombreuse et une cavalerie excellente, composée de Numides, mais qui ne leur appartient pas, qui peut leur échapper et qui leur échappera, en effet, au moment décisif.

Et puis il y a entre cette nation gynécocratique et les soldats masculinistes des intérêts contraires.

Les Romains, eux, sont tous soldats, tous rompus aux fatigues de la guerre, et ils luttent pour une cause qui leur plaît : la conquête, le triomphe d’un Etat qui exalte l’homme. Puis ils sont protégés par une ceinture de colonies, par des municipes et des villes alliées, dont tous les hommes les soutiennent, dont la population n’a de volonté que celle du Sénat, et qui se lève comme un seul homme quand il s’agit d’attaquer ce qui reste de la puissance du vieux monde féministe.

Aussi Carthage est abandonnée à la première agression des peuples qui l’entourent ; ses soldats, fatigués du joug gynécocratique, sont assoiffés d’indépendance et tout disposés à se révolter contre leur nation au lieu de la défendre. Leur inconstante humeur les porte vers l’ennemi, au lieu de le combattre ; ils voient dans les Romains des révoltés contre les croyances et les mœurs dont ils sont eux-mêmes fatigués ; la religion romaine, plus tolérante que celle de Carthage, est plutôt leur affaire ; le régime brutal de Rome convient bien mieux à leur caractère batailleur que le travail paisible des Carthaginois. En même temps, les superstitions romaines les attirent par leur caractère de mystère.

DÉFAITE DE CARTHAGE

Carthage était devenue un Etat puissant. Vers 250, elle possédait presque toute l’Espagne et y imprimait son caractère de galanterie chevaleresque, qui n’a jamais cessé d’y régner.

Le culte de la Femme, institué alors, avait pris une telle force dans le cœur de l’homme que, lorsque le Christianisme triompha, c’est à la Vierge Marie que l’Espagne rendit un culte. Carthage entretenait garnison à Malte, elle possédait les Baléares et d’autres îles. Sur les médailles de Carthage se trouvait la tête de Cérès, la lionne Déesse, devant laquelle les hommes s’inclinaient.

Le culte théogonique s’était donc conservé là, grâce aux traditions gynécocratiques de cet Etat.

La défaite d’Annibal par les Romains fut le dernier coup donné au régime féministe. Annibal avait toutes les qualités des races théogoniques. C’était une belle nature, un intellectuel. Il réunissait la culture grecque et punique, il prodiguait l’argent, voulait un dévouement absolu, une obéissance immédiate, outrageusement dédaigneux pour le reste des hommes. Justin vante la sobriété d’Annibal : « Il est constant, dit-il, qu’il ne mangea jamais sur un lit (à la manière des anciens), que jamais il ne but plus d’un setier de vin par repas et qu’il observa une telle continence qu’on n’eût pas dit qu’il était africain. »

Quelle différence avec les hommes élevés à Rome, sous le gouvernement le plus masculin de la Terre ! Mais Annibal devait avoir une belle revanche. En 216, ce fut lui qui triompha des Romains.

Aller vers le chapitre 11 : conséquence de l’invasion romaine

https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source et le site: http://www.elishean.fr/

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2018/ Elishean mag



Print Friendly, PDF & Email
Articles similaires

Vérifiez votre éligibilité 

Suivez nous sur les réseaux sociaux

Votre aide est importante…

Vous appréciez mon travail et vous voulez soutenir ce site?

Vous pouvez contribuer à la continuité de ce site en faisant un don sécurisé sur PayPal.

Même une somme minime sera la bienvenue, car je gère seule tous les sites du réseau Elishean/ les Hathor. Avec toute ma gratitude, Miléna

 

Les + vus cette semaine

Articles Phares