Egypte Le cerveau subliminal

Le KA supérieur ou le Divin incarné dans l’humain

Conception de l’homme et des dieux

Les théogamies racontent comment le divin s’incarne en Pharaon : le roi, type de l’homme idéal, est le Ka supérieur (ou spirituel) de tous les kaou d’Egypte.

Ces théogamies vont servir de base aux penseurs thébains, pour expliquer comment le divin s’incarne en chaque être humain.

Nous avons vu que Ptah est le premier artisan de la création corporelle : enfermé au plus profond de la Matière, sa chaleur active est le moteur de toute génération. Si Ptah est le moteur de la vie, Khnoum est le potier des formes de chaque être.

Khnoum, comme on peut le voir dans la théogamie d’Hatshepsout, est la Puissance qui unit les semences humaines bénies par Amon-Râ de son souffle nef, de sorte que ces deux compléments mâle et femelle se trouvent parfaitement assemblés par sa fonction khnem.

Puis, Khnoum les pétrit « de ses deux mains » pour éveiller le Ptah emmailloté dans la Matière, rendant ainsi effectifs les « dons des Sept Hathor ».

Khnoum potier de l’homme

Plusieurs Neter assistent Khnoum dans sa tâche, au moment de la naissance, comme on le voit dans la théogamie d’Hatshepsout.

Dans les divers livres de l’Au-delà, deux divinités principales président à la naissance : Renenoutet et Meskhent. Ce sont ces deux Neter qui donnent à l’enfant les caractéristiques propres qui formeront sa « nature innée », qui n’est autre que son Ka.

C’est pour cela que Khnoum est représenté modelant deux formes : l’enfant et son Ka.

Le Ka est donc ici à comprendre comme la caractéristique spécifique par laquelle l’Esprit incarné s’est informé : il est le point fixe qui assurera l’identité de cet être à travers tous les kheprou (transformations) de son Devenir.

Dès qu’il prend corps, le Ka développe une énergie personnelle en réaction à son action dans ce corps : cette énergie, c’est le Moi-inek, c’est-à-dire la volonté d’existence individuelle.

Ce Moi-inek est conduit par la force nek, force primitive et aveugle de l’animalité humaine : il est dénué de tout sentiment supérieur ou spirituel, et son principe est « l’égoïsme ».

Le Moi-inek, en croissant avec l’enfant, cristallisera à son profit les tendances du Ka supérieur (ou spirituel), de sorte à affirmer son existence, et en assurer la continuité après la mort.

Bien qu’apparaissant comme la personnalité véritable de l’individu, le Moi-inek n’est que le pâle reflet du Ka supérieur et des kaous de cette personne.

Pour se maintenir et détourner l’individu de son chemin véritable, le Moi-inek utilise le cerveau (ais) pour y inscrire ses impressions (en opposition à l’Entendement ou « Intelligence du Cœur » (intuition) sia), empêchant la personne de rechercher l’union avec son Ka (qui s’inscrit en sia).

Le Ka et l’hérédité

Pour bien comprendre la pensée égyptienne, il ne faut pas oublier que la semence paternelle « émet le nom », c’est-à-dire qu’elle imprime la lignée, pendant que la mère « fait » (ou façonne) le nom individuel.

Par exemple, la reine Ahmès, recevant la semence divine d’Amon, en manifeste dès l’instant de la conception, ses impressions intuitives et psychiques en prononçant le nom de l’enfant qu’elle va porter (ici : Hatshepsout-Khnemet-Amon).

Ainsi, les tendances des parents ne définissent pas de ressemblance avec l’enfant. En toute logique avec la loi de croisement, les deux éléments héréditaires père-mère trouvent un élément réactif dans le Ka individuel incarné par cet embryon et qui est représenté à côté du corps de l’enfant sur le tour de Khnoum, parce que non transmis par les parents.

C’est pour marquer cette nuance que Khnoum est représenté façonnant deux corps : un évoque l’hérédité parentale, l’autre le Ka supérieur de l’enfant, qui le choisit pour s’incarner. Et Khnoum façonne le corps de l’enfant à l’image de ce Ka.

L’hérédité maternelle joue donc le rôle de substance-milieu dans la forme psychique de l’embryon, par rapport à l’hérédité paternelle, qui joue le rôle d’essence active donnant la forme spécifique de sa lignée.

L’enfant porte la signature de la réaction de son Ka supérieur face à cette double influence héréditaire. C’est cette hérédité père-mère qui a fait que ce Ka choisisse cet enfant pour s’incarner selon ses affinités, qui correspondent à des nécessités d’expériences vitales : il choisira donc le corps de l’enfant soit comme facilité d’expression de ses tendances essentielles, soit comme occasion de luttes nécessaires à certaines acquisitions de conscience qui lui sont nécessaires.

Tous ces éléments symboliques ayant été rappelés, nous pouvons maintenant aborder le thème de la conception de l’être humain.

De la conception à la naissance

La pensée égyptienne considère d’abord l’état actuel de l’homme (= l’homme vivant), puis remonte à sa source, le commencement enseignant la fin : dès lors, chaque individu devient totalisation de la vie Amonienne, puisque chaque être incarne dans son humanité, les Ka de toutes la Nature.

La trinité thébaine Amon-Râ-Ptah correspond symboliquement à la trinité humaine akh-Ba-Ka. Ptah est le Ka de la trinité thébaine : il est le créateur des corps et des Ka de la Nature qui forment tous ensemble le Ka d’Amon.

Nous pouvons donc résumer brièvement les différentes grandes étapes de la transcendance Amonienne en chacun :

Au commencement de chaque être, dès sa conception, Khnoum modèle son œuf comme il modela l’œuf du Monde. Or avant de former cet œuf, Khnoum l’avait déjà formé en « essence » avec les Idées des membres de cet individu, étant aidé en cela par les Forces en jeu au moment de la conception.

Ensuite, successivement, Khnoum entoure cet individu de peaux, dont chaque replis a reçu la signature de la force cosmique qui lui correspond.

Ces peaux ne sont pas toutes des membranes : certaines sont subtiles, aériennes ou fluides. Elles sont issues de l’embryon ou de sa mère, c’est-à-dire symboliquement de la Terre ou du Ciel (Pharaon est dit être fils de Geb et Nout). Chacune de ces enveloppes est donc un état, une atmosphère, une enveloppe ou peau, qui parfois, selon sa nature, enveloppe ou pénètre l’embryon, l’astre ou la graine.

Qu’il s’agisse de l’eau amonienne de Nou ou de l’enveloppe aérienne d’Amon, chacune d’elle correspond respectivement au liquide dans lequel baigne l’embryon et à la membrane qui contient ce liquide.

Puis se forme une deuxième membrane issue de l’embryon lui-même, par laquelle la mère lui trasmet les humeurs nourricières (allantoïde) : dans l’image cosmique de l’homme, cela correspond à l’atmosphère lunaire qui baigne la Terre.

Enfin se formera une troisième enveloppe extérieure (le chorion) qui donnera les peaux externes et internes de l’enfant à venir. A sa naissance, le nouveau-né ne garde que ces dernières peaux matérielles, mais chacun des « états cosmiques » qui avaient constitué à leur image les enveloppes de l’embryon demeurent dans l’enfant, devenant alors les états subtils de son être vivant.

Meskhent et Renenoutet jouent leur rôle dans la formation de l’embryon.

Le nom essentiel de l’individu lui est donné par Renenoutet qui, en son nom de cycle et rythme personnel de cet individu » formule et berce son Ka, dont la caractérisation a son siège dans le foie.

Meskhent est la « peau de renaissance » qui apporte (par l’entremise de la mère) la forme qui sera plus tard l’Ombre-khaïbit du Ka supérieur (ou spirituel), comme la Lune est l’ombre du Soleil.

Cette forme a son siège dans la rate, où se génère le sang blanc d’Osiris, alors que le sang rouge se forme dans le foie, puis vient se vivifier dans le hati, où se fait son animation par le double nefer d’Amon-Râ (Cf La médecine en Egypte ancienne au sujet de la circulation sanguine).

C’est ainsi que devient l’âme sensitive ou Ba animal de l’individu, qui est le centre émotif intermédiaire entre son Ka supérieur et ses Kaou inférieurs, organiques et animaux.

Il y a donc divers aspects du Ka, mais cette diversité est due à la Nature : la Cause est unique, ce sont les effets qui sont multiples, comme Amon est multiple par les Neter (qui sont son expression).

C’est ainsi que chaque Ka entité, issu de la source unique Maât, se caractérise en l’homme, qui l’incarne alors, par la signature des forces vitales qu’il y rencontre, qui se manifeste par la conscience innée de tekh.

Quand il y a réincarnation, Meskhent et Renenoutet rapportent dans l’individu les inscriptions précédentes, qui formeront la destinée chaï qui en découle.

L’homme qui durant son vivant développe ses affinités avec son Ka supérieur entrera en contact avec celui-ci. Celui qui se laisse mener par son Moi-inek, sera gouverné par ses kaou inférieurs, et après la mort, deviendra l’Ombre-Khaïbit.

L’accouchement se passe sous la protection d’Heket (protectrice de la maternité-fécondité), en présence d’une sage-femme et d’une infirmière. On remarquera que les femmes égyptiennes accouchent assises sur un fauteuil, comme on peut le voir dans les théogamies d’Hatshepsout et d’Amenhotep III.

Tous ces procédés d’incarnation sont développés dans les divers textes médicaux ou Livres de l’Au-delà, et ne sont ici résumés sommairement, que pour expliquer la transcendance d’Amon, et pour montrer comment s’est organisée la pensée « humaniste » thébaine, qui ouvre progressivement l’Au-delà à toutes les couches sociales.

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