Kabbale Les NOMBRES

LETTRES HÉBRAÏQUES – Le HÉ

Pourquoi, Abram rajoute un Hé à son nom et devient Abraham et sa femme saraï, remplace le yod de son nom par un Hé et devient sarah ?

Saraï (Genèse 11,29), dont le nom signifie ma princesse et a pour valeur 51, nombre de la Shekhinah, la présence de Dieu au sein de la Tente du Rendezvous. Elle est demi-soeur et femme d’Abram. Son nom sera transformé en Sarah, princesse par décision de Dieu (17,15), quand son mari deviendra Abraham …

Après avoir scellé l’alliance qui le lie au divin par la chair, le patriarche Abram reçoit un signe Hé dans son nom. Il devient alors Abraham, le père des nations monothéistes.

Dans le même verset de la Genèse, le nom tétragramme apparaît pour la première fois, avec les deux signes Hé. On est au début de la spiritualité consciente et active

Le Hé venant du fond de l’être est un appel, un émerveillement.

Hé est à la fois une consonne et une voyelle muette. Elle est de plus un signe du féminin.

Le dessin d’origine ressemble à un E majuscule avec trois branches et deux ouvertures. Il a évolué vers une forme carrée avec deux ouvertures: une grande vers le bas et une petite lucarne vers le haut, une fenêtre vers l’extérieur, vestige de l’image d’une personne levant les bras vers le ciel pour implorer, ou pour prier.

Avec le Hé, cinquième lettre de l’alphabet, on se trouve devant un problème existentiel : « deux, cela suffit ».

Le deuxième jour de la création, les eaux se séparent pour que celle-ci ait lieu.

Avec la dualité, le monde peut être créé, en évoluant vers la multiplicité. Il aurait pu ce jour là ne pas être créé et de la dualité revenir à l’unité. Le deuxième jour, le Créateur a eu comme un doute.

D’après la Tradition de la Qabalah, avec le Hé le monde est finalement créé : « quand deux âmes se joignent ici-bas, cinq voix joyeuses sont entendues », la lettre Hé étant alors créée avec la valeur cinq.

Ainsi d’après l’exégèse biblique, le signe « Hé » est l’instrument de la création et de la vie: une lettre Hé de petites dimensions apparaît dans le mot « béhébaram », (Genèse chap 2 vers 4), mot qui veut dire que « Dieu créa les vivants avec le Hé ».

A travers ses trois branches, le signe Hé contiendrait les trois pelures ou les trois aspects de l’âme: la pensée, la parole et l’action. Il contiendrait également les trois impressions que cette âme a du divin, en fonction du niveau de clarté obtenu, soit l’immanence, la transcendance ou la vanité de tout, eu égard au divin.

Le sens du signe Hé est aussi « cela », « voilà », une interpellation pour percevoir une clarté à travers la lucarne d’en haut qui s’entrouvre: regarder et observer la réverbération de la lumière. Hé est un souffle, une respiration.

La valeur de la lettre est cinq comme les niveaux de l’âme et les doigts de la main.

Au cinquième jour de la Création, la vie animale commence à se développer. Hé est alors aussi bien le souffle de la vie matérielle que l’ouverture permettant un regard vers le ciel pour respirer un air venu d’ailleurs.

Symbolisme

Hé est la lettre du souffle de vie. C’est le mode de communication entre les différents niveaux de l’âme, regroupant les cinq principes (Hé a une valeur de 5) : Nefesh, Roua’h, Neshamah, H’ayah, Yeh’idah.

Origine

Les premiers pictogrammes représentant le Hé, figuraient un homme en prière, les bras levés vers le ciel en signe d’adoration ou de joie.

On peut donc supposer que le rôle profond du Hé, soit d’exprimer un cri de joie rituel, poussé vers tout ce qui dépasse et terrifie les créatures. Ceci expliquerait que le Hé en tant que cri spontané, n’ait pas d’étymologie précise.

La forme du Hé protosinaïtique évoque un peigne, constitué d’un manche et de trois dents.
Le peigne permet de démêler les cheveux, qui symbolisent l’émanation de l’énergie divine, à travers la barbe et les cheveux de l’Ancien des jours.

Signification

Le mot Hé, apparaît dans la Genèse (47:23), pour signifier « voici », dans le sens de donner : »voici (hé) pour vous la semence ». Toutefois, le Hé peut aussi être utilisé comme un cri de joie ou de triomphe, exprimant une libération du souffle. Ainsi le verset de la Genèse pourrait très bien se traduire par « Hé ! pour vous la semence ».

Langue hébraïque

Forme de la lettre

La lettre est constituée par un Daleth et un Youd, la ligne verticale et la ligne horizontale du Daleth symbolisent le monde physique, le Youd représente le Monde à Venir.

Ceci indique que le présent du Hé contient la marque du Monde à Venir. Les trois barres qui forment le Hé, sont les symboles des trois principaux vêtements de l’âme :

  • la ligne horizontale correspond à la pensée en état d’équilibre ;
  • la ligne verticale attachée à la ligne horizontale, à la parole ;
  • la ligne verticale non attachée, à l’action.
  • D’un autre point de vue, la ligne horizontale représente l’essence, la ligne verticale attachée, la transcendance et la ligne verticale gauche, l’immanence.

Guématria

Le nombre 5, valeur numérique du Hé, symbolise en premier lieu les 5 degrés de l’âme et les 5 livres de Moïse.

Il faut relever également, que dans les unités, de 1 à 9, 5 occupe la place centrale et installe une symétrie dans les unités.

De nombreuses formes vivantes sont formées autour d’une symétrie fondée sur le nombre 5.

Cinq est donc le symbole du centre et du moment présent.

Le nombre 5 est associé à la protection contre le mauvais œil, traditionnellement, pour se protéger, on étend la main droite ouverte en disant : « H’amsah bieinék’a » (5 dans ton œil).

Le cinquième jour de la Création (Genèse 1:20-22) est celui d’une grande expansion vitale, avec l’ordre de croître et de multiplier.

Le nombre 5, comme la lettre Hé, est un symbole de vie, ou plus exactement de souffle de vie.

Comme le nombre 4, le 5 représente la matière, à la différence que la matière du 4 est stérile, alors que celle du 5 est porteuse
d’un élément supplémentaire, la semence, lui permettant d’exprimer sa vitalité.

Le 5 est la vie dans les 4 mondes de la Kabbale, ou encore la vitalité des éléments.

Pris au sens négatif, le 5 est l’illusion de la vie matérielle et symbolise alors la chute.

5 est également le nombre de l’homme, dont les proportions s’inscrivent parfaitement dans l’étoile à 5 branches, symbole du microcosme.

La lettre est une lettre extrêmement importante dans le « panthéon » de la tradition juive. Elle est présente à tous les niveaux de l’interprétation. De la symbolique la plus évidente à la grammaire la plus mystique.

Tout d’abord son phonème est tout à fait particulier dans l’ordre des consonnes. Il demande une contraction des poumons pour être prononcé. Un effet de soufflet exprime sa musique. Ce travail sur l’expiration est la base de toute une mystique des lettres.

Répéter sans arrêt ce glyphe essouffle. Comme le firent de grands maîtres juifs du Moyen-Âge tel Aboulafia qui en permutant les voyelles sous les consonnes créèrent des exercices spirituels de haut niveau.

Le suprême mantra qu’est le Tétragramme comprend deux . Si on combine ces quatre consonnes et les sept voyelles de base, on obtient 2401 combinatoires qui demandent des heures et des heures à être scandées, 7x7x7x7. Si on distribue avec les neuf voyelles on obtient 6561 possibilités de Tétragrammes différentes.

Quelques combinaisons du Tétragramme

La lettre est le moyen d’écrire ce Tétragramme, quand on le croise dans un texte, on doit dire Hachem, c’est-à-dire, le Nom.

Comme le souligne l’extrait de l’Explication des lettres de Rabbi Akiba, le monde fut créé par le Hé.

Le commentateur s’appuie sur une la phrase  µa;r“B;hiB,],. La formule quand ils furent créés peut être lue en manipulant le préfixe ainsi :  par le , il les créa..

Nous retrouvons l’obsession de comprendre la Création par une intelligence des instants zéro, comme le font maintenant les astrophysiciens qui remontent le temps sans relâche afin d’approcher de milliardième de seconde en milliardième de seconde l’explosion du Big Bang.

Pour rester dans ce souci de faire du une lettre cosmique, certains décèlent dans le construit avec ces trois traits, les trois dimensions fondamentales de l’Univers créé, longueur, largeur et profondeur.

Le Hé a une extrême importance dans la formation du nom du patriarche Abraham et de lahe-lavie.jpg matriarche Sarah.

Avant l’acceptation totale de leur vocation d’être le père et la mère d’une nouvelle nation et fondateur du monothéisme, ils avaient un autre nom. Le premier s’appelait Abram et la seconde Saraï. Elohim leur donne un autre nom, à Abram il ajoute un après le Rech et à Saraï il supprime le Yod pour lui substituer un autre .

Les deux personnages clé de la Bible, une fois leur « conversion » opérée, se voient pourvus d’un Hé qui marque la présence du souffle divin du Tétragramme dans leur nom.

La tradition décèle dans ces deux ajoutés la complémentarité des deux sexes pour accéder au divin: les deux cumulés donnent le nombre 10 qui est la valeur numérique du Yod, autre consonne du Nom ineffable YHVH, qui signifie le pouvoir et la puissance de Dieu.

« Abraham s’éleva au d’en Haut, Sarah descendit dans le d’en bas… Après que le fut donné à Sarah, son et celui d’Abraham s’unirent et engendrèrent dans l’En-Haut, celui qui en sortit fut le Yod ». (Zohar I, 96a, in Voix des lettres, voie de la sagesse de Bermann)

Le revêt une fonction essentielle dans la grammaire hébraïque, c’est lui marque le féminin. Par lui la polarité Masculin/Féminin existe. Il est associé au phonème a. On pourrait faire l’analogie avec le E français qui lui aussi indique très souvent le genre féminin des noms.

On sait l’importance dans la tradition biblique de la bipolarité : création du jour et de la nuit, des eaux d’en bas et des eaux d’en haut, de la justice et de la miséricorde. La Genèse précise lors de la venue au monde des animaux qu’ils furent crées mâle et femelle.

Le par sa valeur numérique est le cinquième jour de la Création où adviennent les animaux qui ont reçu l’ordre de croître et multiplier. Le est le symbole de la création bénéfique, c’est lui qui amène les êtres à l’existence, non pas abstraite du Beth, mais concrète.

Adonaï dit :

« Que les eaux grouillent d’un grouillement d’êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre contre le firmament du ciel et il en fut ainsi. Adonaï créa les grands serpents de mer et tous les êtres vivants qui glissent et qui grouillent dans les eaux selon leur espèce, et tout ce qui est ailé selon son espèce, et Adonaï vit que cela était bon. Dieu les bénit et dit :  Soyez féconds, multipliez, emplissez l’eau des mers, et que les oiseaux multiplient sur la terre. Il y eut un soir et il y eut un matin: jour cinq. » (Genèse, 1,20-23).

Autre dialectique du .

Cette lettre est quand elle préfixe d’un mot, l’article défini : le, la, les. Il n’existe pas de déterminant indéfini en hébreu.

Par elle donc s’articule le défini ou l’indéfini. Notion importante dans la pensée hébraïque soucieuse des définitions. La lettre hé indique aussi dans la phrase l’interrogation ou l’exclamation, ce qui fait d’elle un centre d’émotion. Placée à la fin des termes de lieu elle note le déplacement, le mouvement.

GUÉMATRIA

Outre le cinquième jour abordé plus haut, le chiffre cinq est très important dans le monde sémitique. Il est un signe de conjuration du mal. Il donne le pouvoir de la main-bonne. Nous retrouvons cette symbolique dans la main de Fatma, porte bonheur porté dans le monde arabe. Les personnes superstitieuses des pays levantins quand on leur demande l’âge de leur enfant ajoute toujours un cinq au compte de ses ans ou de ses mois. Ce qui a pour effet de rejeter le mauvais œil. Nombre d’amulettes kabbalistiques ont pour graphisme cette main.

La tradition mystique décèle cinq niveaux de l’âme, la Thora est composée de cinq rouleaux. Sa centralité au milieu de la suite numérique jusqu’à neuf en fait une lettre vouée à l’équilibre.

Notre graphe est lié à la cinquième Séphira, ‘Hessed, la bonté,  liée à Abraham. Elle est l’énergie qui se donne entièrement en s’épanchant sur le monde, le don de soi, que ce soit en termes de volonté, d’affection ou de relation, et qui en se donnant, s’oriente vers la Séphira Gevourah.

Quand on lit aux éclats le nous trouvons un Daleth et un Yod. Le est une contraction du Yod divin et de la pauvreté. Le Hé est la porte du Yod qui est l’unité insécable, le point O de tous les commencements.

Il existe une autre manière de décomposer la lettre en utilisant la cursive ashkénaze. Nous obtenons un Khaf d’une valeur 20 et un Vav d’une valeur 6.

Les deux lettres cumulées donnent 26, le rapport numérique du Tétragramme.

FRANK LALOU

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