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Les Phéniciens en Bretagne

Il était une fois un peuple qui servait d’intermédiaires entre les hommes blancs et les hommes bruns…

Il était une fois les peuples des mers du nord, hardis navigateurs au teint clair, les « gwened ». Une fois sédentarisés, ils se passionnaient pour les mégalithes (dolmens, menhirs et autres cairns). Du nord, ils tenaient les routes maritimes, car les routes dans les forêts épaisses étaient lentes et peu sûres.

Dans les peuples du sud, un petit groupe spécialisé dans le commerce maritime servaient de « traders » entre les hommes blancs qui possédaient les métaux « blancs » (étain, plomb, argent) et les hommes bruns qui possédaient le métal rouge (cuivre de Chypre). La ligne de démarcation était la Bretagne sud.

A l’instar des comptoirs fortifiés reconnaissables à la racine « gdr », tels que Agadir, Mogador, Cadix, on avait par exemple Morgat (et sa pointe beg ar gador).

À partir de l’estuaire de la Vilaine, ils sous-traitaient aux gens du pays l’extraction et le transport des métaux. On imagine facilement la rencontre de deux capitaines de navire évoquant sur le sable de Penestin (la pointe de l’étain) les mérites respectifs de leurs embarcations, renseignements que le Phénicien recopiait aussitôt pour les monnayer quelques semaines plus tard au directeur de la Grande Bibliothèque d’Alexandrie.

Que faire pour éviter les tempêtes de la mer d’Iroise aux navires chargés à ras bord de métaux lourds ? (Un navire a bien sombré au large des 7 îles avec une cargaison de 22 tonnes de plomb), un autre au large de l’île de Batz …

Réponse : aborder à Toul an Hery, à l’embouchure du Douron (Menuvium flumen) dans l’interzone Léon/Trégor, fief de la très puissante tribu qui avait édifié le cairn de Barnenez. Un mouillage facile à trouver, sûr et discret, utilisé jusqu’à la fin du XIXème siècle pour le commerce avec les Iles Britanniques.

De Toul an Héry, port de Plestin (autre Penestin, ou Plouestin) et port desservant la région de Morlaix, on suivait le chemin droit sur Carhaix, capitale des Osismes (halte-péage!) et de là sur Vannes

La Statue de Tanit en Bretagne

Si ce ne sont pas les Carthaginois qui l’ont érigée dans les environs de Penestin, qui a pu y déposer cette statue ?
• Un collectionneur romain de la bande à Verrès – contre qui a tonné Cicéron – ayant récupéré l’objet dans le souk de l’ex-Carthage ?
• Un chevalier breton ayant accompagné Saint Louis dans son expédition à Tunis et désireux de ramener une figurine exotique – érotique ?

– et qui se la fait confisquer à son retour par sa digne épouse, qui la confie au curé, lequel préfère la sceller « ad vitam aeternam » et à toutes fins utiles dans les murs de la chapelle en construction ?
• Un faussaire facétieux qui vendit une œuvre de sa composition, plus vraie que nature, au premier propriétaire du domaine de Rochevilaine ?

Une des teintures organiques les plus chères de l’antiquité reçoit son nom de la Purpura Lapillus et du Murex Brandaris, une espèce de crustacé qui produisent des sécrétions de teinture pourpre, aussi appelée Pourpre Impérial. Traditionnellement employé pour décorer les habits d’empereurs et de rois. Il faut 10.000 exemplaires de ce coquillage pour obtenir 1 gramme de colorant.

Les Phéniciens, habitants de Tyr, utilisaient cette teinture et se faisaient appeler les « hommes rouges »….

Pline l’Ancien écrit : « La pourpre la plus estimée est, en Asie, celle de Tyr »

Les Phéniciens

Les Phéniciens sont un peuple courageux, installé sur les côtes de l’actuel Liban, qui affirma ses qualités de marins au cours du II° millénaire avant l’ère chrétien et entreprit la conquête des mers du monde entre le XIII° et le IX° siècle av. J.C.. Il s’appelait lui même « le peuple rouge ».

Selon certaines sources, ils provenaient de l’immigration des Himyarites qui constituaient dans l’antiquité du XXème siècle avant J.-C. au Vème siècle de notre ère le groupement ethnique et politique le plus célèbre du sud de l’actuelle Arabie. Ils occupaient l’endroit où se situe aujourd’hui Hadramaout et leurs territoires s’étendaient d’Aden (Yemen) à Mascate (Oman).

Ville de l’Hadramaout

Leur royaume fut désigné par les Egyptiens sous le nom de « Pays de Poun ».

Poun, Pouaniti, Poeni et Puni sont les mêmes mots pour désigner aussi bien les Phéniciens que, par la suite, les Puniques de Carthage.

Ces Himyars auraient été les précurseurs des Phéniciens en organisant déjà – avant de venir s’installer sur le littoral du Liban – le commerce maritime avec l’Inde, l’Arabie et l’Afrique, en découvrant le fabuleux royaume d’Ophir que l’on n’a jamais réussi à identifier, en construisant des maisons tout en hauteur avec de nombreux étages, comme le seront plus tard celles de Tyr.

Le pays où ils se fixèrent, ce passage entre la mer et les monts du Liban, était déjà peuplé par des tribus sédentaires cananéennes. Ces derniers excellaient dans l’art de l’agriculture, la Bible nous fait rêver parfois par ses descriptions du pays de Canaan, pays qui comprenait la plupart des hautes et basses plaines fertiles du Liban d’aujourd’hui.

Une ethnie nouvelle se forgea alors, peu à peu, et créa, en différents points de la côte, des cités très actives, véritables traits d’union entre le commerce maritime et l’exploitation agricole. Un nouveau peuple, aux caractéristiques propres, héritier de l’esprit d’entreprise des Himyarites et de la solidité des rudes agriculteurs cananéens, était né : les Phéniciens.

Les phéniciens sont très proche des hébreux avec lesquels ils partagent la langue…

L’hébreu biblique ne diffère que de l’épaisseur d’un cheveu d’un patois du dialecte phénicien de Tyr et de Carthage….» (note : G Vacher de Lapouge, les Sélections sociales, p. 136-137, Fontemoing, Paris, 1896).

Les Phéniciens qui fondèrent Carthage nommèrent le sol sur lequel ils débarquèrent Taenosh (qui donnera plus tard ‘Tunis’). Or Taenosh signifie en paléo-hébreu « terre des hommes ».

Le nom de Carthage lui-même vient de l’hébreu ‘qarta hadashat’, qui signifie ‘cité nouvelle’.

Qarta, était une des villes du pays d’origine des Phéniciens, et en fait la ‘ville refuge’ de la tribu nordique de Zebulon, une des principales tribus de la confédération israélite nommé « Israël » (ou selon la prononciation en hébreu nordique « Ishraël »).

Dans la Bible, il est dit de cette tribu :

« Zebulon, peuple téméraire qui défie la mort » (Juges, 5, 18), ou encore « Soit heureux Zebulon … grâce à l’opulence des mers et aux trésors cachés dans le sable » (Deutéronome, 33, 18).

Zébulon réside sur le littoral des mers, il offre des ports aux vaisseaux, et sa plage côtoie Sidon » . (Pentateuque (Genèse 49, 18))

Monnaie « phénicienne », portant une inscription en paléo-hébreu mentionnant la ville de Tyr (çor en hébreu)

Justin, l’historien romain, écrit de son côté que les Phéniciens furent forcés de quitter leur territoire à cause d’un tremblement de terre et de s’installer pour quelque temps « ad Syriam stagnum » (peut-être la mer Morte) avant de fonder leurs villes sur la côte.

Hérodote, lors de sa visite à Tyr vers 450 av. J.C., apprit que la fondation de la ville remontait à 2300 ans en arrière donc vers 2750 avant notre ère, et il affirma que ses habitants étaient arrivés de la mer d’Erythrée (qui pour les anciens correspondait à la mer Rouge..

Un peuple de marchands

Déjà, Homère pestait contre « ces gens de Phénicie, ces marins rapaces, qui dans leur noir vaisseau, ont mille camelotes. » (note: Odyssée, 15, 415).

Or, ces Hommes-Phéniciens (et leurs descendants Carthaginois), n’étaient pas que des « marins rapaces ». Ils étaient également les pionniers dans un très grand nombre de domaines. Depuis le travail des métaux jusqu’aux principes de navigation maritime, en passant par les constructions navales et terrestres (les architectes carthaginois construisaient des immeubles de six étages habitables).

En fait, ils étaient bien plus avancés que les Grecs et les Romains. Ceux-ci, d’ailleurs, ne tarissaient pas d’éloges devant l’ouvrage d’agronomie de Magon le Carthaginois.

Ils étaient des explorateurs intrépides, les premiers à avoir franchi la « passe de Melqart » (le détroit de Gibraltar).

Le récit du ‘périple de Hannon’ décrit une exploration poussée de la côte atlantique de l’Afrique.

Mais il y a ‘pire’ encore. Les Phéniciens ont aussi largement exploré l’Europe tout entière, depuis la vallée du Rhône jusqu’aux côtes de Bretagne et même d’Ecosse.

Le terme Europe lui-même est tiré de la racine hébraïque ‘ERV, qui signifie « le coucher de soleil », c’est-à-dire l’ouest, l’occident, donc l’Europe (note : la raison pour laquelle Europa est, dans les médaillons antiques, représentée par un saule en devient clair : le saule en hébreu se dit arava, donc le féminin de ‘erev.

Ainsi, les Phéniciens ont développé des relations étroites avec de nombreux peuples d’Europe, depuis l’Ibérie au sud (en deçà et au-delà du fleuve Ebre, – on retrouve encore une fois la racine hébraïque ‘ebr’ = Hébreu, dans Ibérie et Ebre), jusqu’aux Hébrides et à l’Eire (noms également dérivés de la racine ‘ebr selon Adyah Horon qui fait la remarque que certains celtes nommaient jadis leur pays Evrin, qui s’est ultérieurement transformé en Eire).

Ils ne se sont eux-mêmes jamais appelés « Phéniciens » et se dénommaient naturellement « Fils d’Adam », « Adaméens », ou encore « Qadméens », de la racine QDM, ce qui en hébreu signifie ‘le Levant’.

Ils auraient voulu que l’on reconnaisse ce qu’ils ont apporté à l’humanité, et à l’Europe en premier chef.

D’ailleurs, selon Hérodote, Qadmos est le « frère aîné de Europa, et c’est lui « qui introduisit en Grèce l’Alphabet » (duquel descend aussi l’alphabet latin !).

Les raisons de l’expansion des Phéniciens

Les historiens sont partagés sur la question. Certains défendent la thèse selon laquelle les Phéniciens ont pris la mer pour échapper au pouvoir politique en place. C’est leur amour de la liberté et de l’indépendance qui les poussa à prendre les voiles. Mais cette thèse reste fragile, sachant bien que la majorité des expéditions accomplies par les Phéniciens fut encouragée et même monnayée par les pouvoirs politiques et les alliances.

La cause économique semble toutefois la plus logique et la plus acceptable.

Les Phéniciens ne possédant pas de matières premières (mis à part le bois de cèdre, les produits agricoles et le murex pour la fabrication de la pourpre), les marins sillonnaient la Méditerranée à la recherche des mines d’argent, d’étain et de cuivre. Ces matières, indispensables à l’industrie, étaient achetées à faible prix et par la suite, une fois transportées et travaillées, revendues à des taux bien élevés.

Diodore de Sicile écrivit à ce sujet : « Le pays des Ibères contient les plus nombreuses et les plus belles mines d’argent que l’on connaisse. Les indigènes en ignoraient l’usage. Mais les Phéniciens, venus pour faire du commerce, achetèrent cet argent en échange d’une petite quantité de marchandises. L’ayant porté en Grèce, en Asie et chez les autres peuples, ils acquirent ainsi de grandes richesses ».

Ce qui motivait les Phéniciens fut avant tout leur amour du contact et des échanges. Fins commerçants, ils ont essayé de relier la mer et la terre. Ils ont cherché à créer un réseau commercial à travers la Méditerranée. Ils ont fondé des comptoirs de commerce situés à faible distance les uns des autres pour faciliter les escales et les approvisionnements.

Le commerce phénicien pourrait être qualifier de « commerce de redistribution ». Au contraire des Grecs qui étaient motivés par l’implantation, les Phéniciens ont toujours été à la recherche de marchés. Ils étaient les transporteurs et les intermédiaires du monde Antique.

Cette aventure maritime exigeait tout de même, en plus du courage et de la motivation économique, la connaissance des techniques spécifiques à la navigation. Elle supposait aussi la construction de navires et bateaux compatibles avec les trajets à effectuer et assez solides pour tenir en mer.

La navigation phénicienne

Pour mener avec succès la navigation et le commerce, il fallait aux Phéniciens la conjonction de trois facteurs : un bon usage des îles, un bon usage des courants maritimes et de bons bateaux. Au tout début, la découverte de la mer s’est faite par petites étapes, en appliquant le principe du petit cabotage. Ce système de navigation s’effectuait à proximité de la façade maritime, en vue des côtes, reliant deux ports de moins de 25 à 30 milles marins. De ce fait, les marins utilisaient des embarcations de moindre tonnage, en fonction de la distance à couvrir et de la charge à transporter.

Afin de pouvoir élargir leur champ de navigation, les marins phéniciens ont commencé par s’approcher des îles qui étaient à mi-chemin entre leurs cités et les autres régions du monde antique. La Méditerranée offrait cette possibilité : dans le bassin oriental, les continents (Europe, Asie et Afrique) sont reliés les uns aux autres par des îles qui morcèlent l’espace et raccourcissent les étapes tout particulièrement dans la moitié nord d’où la navigation vers l’Ouest se faisait par Chypre, la côte d’Asie Mineure, la Crète et les îles de la mer Égée. (On raconte que Qadmos, parti à la recherche de sa sœur la princesse Europe enlevée par Zeus, suivit ce même parcours.)

Au-delà des îles grecques les étapes devinrent plus longues. Les marins appliquèrent alors le système de navigation au long cours, elle se faisait à une distance beaucoup plus grande des côtes mais en gardant autant que possible la terre en vue. Pendant la nuit, quand l’itinéraire ne permettait pas de s’arrêter, l’orientation du navire était assurée par l’observation de la constellation de la Petite Ourse et particulièrement l’Étoile Polaire, connue dans le monde antique sous le nom d’Étoile phénicienne.

Par contre, ces navigateurs devaient effectuer régulièrement des escales, indispensables à l’approvisionnement en vivres et aux éventuelles réparations(3), d’où la prolifération des comptoirs phéniciens tout autour de cette mer Méditerranéenne et au-delà des colonnes d’Hercule, l’actuel détroit de Gibraltar.

Les bateaux phéniciens étaient de divers types et naviguaient à la voile carrée. La rame était réservée aux manœuvres complémentaires : entrées et sorties des ports, virements de bords, abordages. Les navires de transport, utilisés pour les activités commerciales, furent appelés gauloï (ronds) par les Grecs, en raison de la rondeur de leur coque. Leur capacité de charge était très grande et leurs dimensions correspondaient à environ 20-30 mètres de long et 6-7 mètres de large. La poupe était arrondie et se terminait par un ornement en queue de poisson ou en volute. La proue, elle aussi curviligne, était décorée d’une frise zoomorphe (tête de cheval ou d’hippocampe). Sur le flanc de la proue étaient représentés deux yeux qui avaient une double valeur symbolique : rendre la route visible et intimider les ennemis.

La propulsion de ces navires était assurée par un grand mât, qui soutenait une voile fixée par une vergue et orientée en fonction de la direction du vent. La navigation dépendait d’un gouvernail constitué d’une rame à grandes pales asymétriques, disposée à gauche, à proximité de la poupe. Sur le pont se trouvait l’abri de l’équipage (vingt hommes) et la cuisine de bord.

Quant aux navires de guerre, ils étaient plus étroits que les navires de commerce. La poupe était semblable à celle des navires de commerce tandis que la proue en différait sensiblement. Elle formait la partie la plus importante du navire et constituait une arme offensive pour le combat. A l’extrémité se trouvait l’éperon ou rostre, pointe de bronze qui servait à briser les flancs des navires ennemis. La propulsion des navires de guerre était plus complexe, car il était indispensable, au cours de la bataille, d’évoluer et de changer de cap brusquement afin de frapper l’ennemi avec le rostre, en évitant soi-même les coups portés par les navires adverses. Pour cette raison, deux mâts se dressaient sur le pont : celui du centre portait la grand-voile et un autre, situé à la proue, portait une petite voile et permettait de piloter le navire même avec des vents transversaux.

Le navire phénicien le plus ancien et le plus élémentaire était la pentécontore. Elle avait une longueur d’environ 25 mètres, un équipage de 50 rameurs (également répartis des deux côtés), auquel il faut ajouter le commandant, le second, le pilote ainsi que les hommes qui manœuvraient les voiles et dont le nombre ne dépassait pas dix. Mais le navire le plus célèbre reste la trirème, maîtresse incontestée de la Méditerranée entre le VII et le IV siècle av.J.C.. Ce navire pouvait recevoir un équipage d’environ 180 hommes. Les navires qui suivirent, la quadrirème et la quinquérème, furent construits par les chantiers navals de Carthage. Les équipages de ces navires étaient respectivement de 240 et de 300 hommes, affectés à 4 et 5 rangs de 30 rames de chaque côté, plus les marins charger de manœuvrer les voiles. La vitesse maximale que l’on pouvait atteindre, grâce à l’usage simultané de deux modes de propulsion – voile et rame – et seulement sur des petits parcours, était de 5 à 6 nœud.

La route de l’étain

Après avoir franchi les « colonnes d’Hercule » renommées « détroit de Gibraltar », les Phéniciens avaient affaire au « peuple de la mer » (philistins) dont on ne sait pas grand chose, sauf qu’ils ont envahi pendant un temps les rivages méditerranéens jusqu’en Egypte et qu’ils sont cités dans la Bible comme ennemis d’Israël.

Etaient-ils les descendants des Vikings ? …

Grâce à ce genre de contacts plus ou moins guerriers, on savait que les armes et cuirasses des peuples nordiques contenaient de l’étain, il suffisait d’aller chercher ce métal. Mais il n’y avait pas que cela.

« On dit que les premiers Phéniciens qui arrivèrent par mer à Tartessos en ont rapporté – en échange de l’huile et de la pacotille qu’ils avaient avec eux – un tel chargement d’argent qu’il leur était impossible d’en embarquer davantage ; alors même ils fondirent en argent tous les objets usuels du bord, et jusqu’aux ancres » (Timée de Platon)

Vers -1200, les Phéniciens fondent Gadès, devenue, en espagnol, Cadix. En premier lieur pour des échanges de marchandises, mais aussi « à quatre jours de navigation de Gadès, les Phéniciens pêchaient des thons immenses trouvés à marée basse dans une zone encombrée de joncs et de sargasses. Ces poissons étaient mis en conserve et envoyés à Carthage. »

Tartessos était-il un mythe ou une réalité ? Des images aériennes du delta ensablé y révèlent une structure rectangulaire qui pourrait être un temple. Dans la Bible, Tartessos est évoquée sous le nom de Tarsis, ou Tarshish. C’est le seul lieu de la Méditerranée occidentale à y être évoqué, et c’est au large de ses côtes que serait situé l’épisode de Jonas et du « gros poisson ».

Comme beaucoup d’autres Jean Mazel s’est intéressé à Tartessos et écrit en 1973 dans son livre :

« On m’a remis des brochures et des dossiers confidentiels. J’ai questionné, dans les villages, des paysans qui avaient des secrets à révéler … Très vite, je me suis rendu compte que les recherches étaient très difficiles, car par le jeu des alluvions venant du Guadalquivir (Oued el Kebir) et du Guadalete, toute la région comprise entre les deux fleuves a considérablement changé depuis des millénaires. »

 

Et il donne une carte où sont indiquées plusieurs implantations possibles.

Mais Lebrija, à 50 kilomètres de l’actuelle baie de Cadix, aurait pu être cette capitale. À Lebrija a été trouvé un étonnant trésor composé de six magnifiques candélabres en or. Non loin de là, a été découvert, à l’occasion de travaux effectués par la Société de tir aux pigeons de Séville, un autre trésor connu sous le nom de « trésor de Carambolo. »

Jean Mazel poursuit : « Comment expliquer l’ évanouissement quasi total de Tartessos ? D’après le savant Pena Basurto, les Tartessiens se sont révoltés en 197 avant J.-C. contre les Romains qui s’étaient rendus maîtres du pays en occupant Gadès et le sud de l’Espagne, dès 206 avant J.-C. La résistance, commandée par Istalamio aurait été écrasée en 195 et Tartessos détruite, perdant jusqu’à son nom. Dans les environs de la cité supprimée, Rome établit alors le grand camp militaire de Cérès devenu Jerez. »

Quoiqu’il en soit, les Phéniciens « savaient » que l’étain se trouvait plus au nord.

Les Ostréymnides correspondent aux différentes îles de Bretagne.

« Oestrymnides – Îles mentionnées par les seules Ora Maritima d’Aviénus (v.88-143), relatant le périple du Carthaginois Himilcon.

Situées entre le golfe de Gascogne et la mer Celtique (Œstrymnicus), à une faible distance des îles britanniques, elles pourraient n’être en rien différentes des Cassitérides des auteurs greco-latins.

Elles étaient, en effet, caractérisées par d’importants gisements de plomb et d’étain, ce qui faisait leur richesse.

Il serait vain de rechercher une identification précise à ces îles. La notion d’îles Œstrymnides, désigne certainement, indifféremment l’ensemble des îles stannifères comprises entre la péninsule ibérique et les îles britanniques.

La plus ancienne référence du voyage d’Himilcon est une brève mention dans l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien.

Himilcon est cité trois fois par Avienus, qui écrivit un récit poétique sur la géographie au IVe siècle.

Ce périple dut avoir lieu vers 450 av. J.-C. environ. Festus Avienus cite comme sources Himilcon lui-même et des annales puniques. Il mentionne une « île sacrée », la « nation des Hibernes », l’« île des Albions »

Certains auteurs estiment que l’île sacrée serait l’Irlande.

Mais Ouessant a toutes les caractéristiques pour être cette « île sacrée » d’Himilcon.

Ultime question : les Phéniciens sont-ils passés par Ouessant ? Oui…

Après avoir parcouru terres et mers, la conviction profonde de Jean Mazel est celle-ci : « La plupart du temps les Phéniciens n’achetaient pas directement le minerai. Ce dernier devait voyager par petits cabotages successifs, par portages à travers la Bretagne. Les navigateurs vénètes et ibères devaient assurer une partie importante de ce trafic qui aboutissaient à Cadix, après que de nouveaux intermédiaires gaulois ou galiciens, de nouveaux péages aient grevé lourdement le prix final de la précieuse matière première.

Alors comme le feraient aujourd’hui de grandes compagnies commerciales, afin d’éviter les cascades d’intermédiaires et de stabiliser les cours, il est tout à fait pensable que les Phéniciens aient tenté, au départ de Cadix, ce que j’appellerai des opérations « court-circuit ». De temps à autre, un raid direct, histoire de faire baisser les cours. »

Ainsi, du dernier tiers du XIXe siècle jusqu’à nos jours, se forge l’idée que les comptoirs et colonies des Phéniciens étaient nombreux sur les côtes de Vendée et de Bretagne sud et même que certaines villes portuaires sont d’origine phénicienne, comme le prouvent ces deux extraits de revues locales séparés par plus d’un siècle :

« Situés à un kilomètre de Guérande sur la route de Saillé, les rochers de Kramaguen ont attiré l’attention par leur position et leur forme bizarre… C’est là, dit-on, qu’abordèrent autrefois les navires phéniciens et romains… »

« La légende maçonnique de l’architecte Hiram sacrifié sur la pierre par les siens, ressemble curieusement à l’une des variantes, bien que récente, de la légende d’Almanzor. Le légendaire de Piriac évoque également le mythique roi Salomon et son tombeau sous les eaux.

Même si historiquement il s’agirait plus sûrement de l’un des trois rois de Bretagne ayant porté ce nom, il convient néanmoins de rappeler que l’ancien Piriac, aujourd’hui sous les flots, fut un ancien comptoir phénicien. Le souvenir de ce roi biblique, de nos jours très discuté, apparaît de façon cryptée dans l’un des vitraux de la Collégiale Notre-Dame de Guérande. »

Dans le pays de Retz, on pensait que l’influence des Sidoniens et des Tyriens était particulièrement bien établie.

Selon l’abbé Allard, ils y fondèrent des comptoirs et des villes tandis que le port de Prigny était utilisé pour l’acheminement du métal provenant de l’île d’Albion.

Plus étonnantes encore, sont les thèses de Louis Siret, selon lesquelles les Phéniciens auraient constitué un immense empire commercial « par leur habileté de commerçants, par leur patience, leur ruse, par l’appât de leur pacotille et de leurs parfums, par l’effet de leurs onguents, de leurs drogues et de leur magie», il affirme, après présentation de données d’ordre géologique, historique puis métallurgique :

Les Phéniciens, installés sur les côtes de Bretagne, d’Irlande et d’Angleterre, ont laissé nombre de traditions religieuses dont s’inspira le druidisme.

Des vestiges matériels de l’installation des Phéniciens devraient même été visibles dans la baie de Douarnenez, la rade de Brest et sur la plage de Porspaul à Ouessant, île qui aurait d’ailleurs été sacrée pour les Phéniciens.

Les fumées des sacrifices humains en l’honneur de Baal s’élevaient donc en Bretagne avant que les Celtes ne s’inspirent de ces pratiques cultuelles et brûlent eux-mêmes des victimes humaines en holocauste dans de grands mannequins d’osier.

Notons qu’aucun vestige phénico-punique n’a été signalé dans la baie de Douarnenez, dans la rade de Brest ou à Ouessant, mais, près du cap de la Chèvre, dans la presqu’île de Crozon, le docteur Vourch mentionne l’existence d’une inscription phénicienne qui serait l’œuvre de… Pythéas le Grec.

Oscar Montelius affirme en 1899 : « La civilisation qui, peu à peu a éclairé notre continent ne fut longtemps qu’un pâle reflet de la culture orientale ».

Dans les années 1920 et 1930, Gordon Childe, se fondant sur le schéma proposé par Oscar Montelius, détermine les voies de cheminement de l’architecture monumentale et de la métallurgie en accordant à l’Ibérie, en contact avec l’Égée, un rôle majeur de carrefour culturel et de transmission des nouveautés venues du Proche-Orient et de la Méditerranée.

L’île d’Ouessant, île sacrée, dernière escale avant l’Amérique

Au large du Finistère, l’île d’Ouessant confère un sentiment de bout du monde.

Dernière parcelle de terre avant l’Amérique, ici, le regard se perd dans les rouleaux de la mer d’Iroise, au creux de laquelle se rencontrent l’océan Atlantique et la Manche.

À la croisée de plusieurs courants marins, l’île d’Ouessant a longtemps été redoutée des marins. Elle est surnommée « l’île sentinelle ».

Peut-on concevoir que des marins phéniciens aient tenté, dès 130 avant Jésus-Christ, d’atteindre de lointaines terres à l’ouest et soient ainsi arrivés en Amérique?

Au XVIIIe siècle, le révérend-père Ezra Stiles, président de l’Université Yale, soutient que le rocher de Dighton serait couvert de pétroglyphes phéniciens.

Les phéniciens en Amérique…!

Il existe plusieurs sites américains qui prouvent que les phéniciens ont apporté leur culture.

Ouessant était-elle l’étape sacrée avant le grand voyage vers l’ouest qui les menaient sur le continent américains…

De plus en plus de preuves surgissent, mais elle sont souvent cachées au même titre que la véritable origine de ce peuple qui aurait inventé l’écriture…

Quand des Égyptiens, Ibères, Hébreux, Phéniciens et Libyens ont construit des villes antiques en Amérique

Sources :

http://caucasekersco.blogspot.co.il/
http://www.pheniciens.com
http://phenicienkersco.blogspot.co.il/
http://www.terrepromise.fr
http://journals.openedition.org

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