Messianisme Parasha de la semaine TORAH

« Les Enfantements »: Le Transfert du droit d’aînesse – Toledot (2ème partie)

rebeccaPARACHAH : «THOLEDOTH » (Enfantements)
Shabbat 2 novembre 2013
Commentaire de 2008
Lectures:
Parachah : Bérèchiyth /Genèse 25 :19 à 28 : 9
Haphtarah : Malakhiy/Malachie 1 : 1 à 2 : 7
Bérith Hadachah : Romith/Romains 2 : 12 à 10 : 13

Rappel: les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire…

La vision messianique de la Paracha

Introduction

L’étude des chapitres de la parachah « des enfantements » nous instruit jusqu’à l’évidence de l’importance du droit d’ainesse et nous convainc de la nécessité du transfert de ce droit d’ainesse d’Esaü sur Jacob, comme il le fut déjà d’Ismaël sur Isaac.

L’obtention de ce droit par dérogation au droit naturel, acquis par « ruse », nous interpelle car néanmoins il aboutit à la réalisation des desseins de notre D.ieu-Elohim YHWH.

Rébecca est l’inspiratrice et l’instigatrice de ce transfert du droit d’ainesse par la primauté de la bénédiction d’Isaac sur Jacob. Elle agit en bonne conscience, conduite par la révélation qu’elle reçut de YHWH :

« Deux nations en ton ventre, deux patries de tes entrailles se sépareront. Une patrie plus qu’une patrie s’affirmera : le majeur (Esaü) servira le mineur (Jacob) ».

Cette révélation ouvre la vision du destin d’Israël et des nations jusqu’au temps messianique quand Jacob-Israël sera la tête des nations. Seule détentrice de cette révélation, Rébecca n’aura de cesse que s’accomplisse la volonté de YHWH et de forcer Isaac à être acteur dans la réalisation des desseins de son D.ieu-Elohim.

Les enfantements d’Isaac

25 :19 : « Voici les enfantements d’Isaac (Yitshaq) ben Abraham ». Avant que ne soient cités les noms des deux fils d’Isaac, le récit nous apprend que Rébecca (Rivqah) l’araméenne est stérile.

Comme le fut Sarah, épouse d’Abraham, et plus tard, Rachel (Rahel). De Léa, il est dit que D.ieu-Elohim la rendit féconde.

« Isaac intercède auprès de YHWH» – intercéder : racine ‘atar, signifie contempler attentivement quelqu’un, d’où « supplier, offrir des prières ».  Ceci laisse entendre que l’intercession d’Isaac est puissante dans la contemplation et la supplication, plus puissante que l’offrande d’un sacrifice qu’Isaac ne fait pas.

Pour Sarah, femme d’Abraham, l’intervention divine la rendra féconde; il en est de même pour Rébecca.

Ce qui nous apprend que les pères fondateurs d’Israël ne naissent que grâce à l’intervention directe de YHWH qui efface la stérilité naturelle et le « paganisme » d’origine pour que soit féconde la postérité d’Abraham, l’Ivrit (l’hébreu).

« Rébecca sa femme est enceinte. Les fils gigotent en son sein. Elle dit : si c’est ainsi, pourquoi cela, moi-même ? Elle va consulter YHWH».

Les fils gigotent : racine routs qui signifie courir, agiter ses jambes – ou bien rasa qui se rapproche d’antagonisme, antagonisme entre les jumeaux.

Rébecca souffre et craint pour ses enfants d’où son cri : pourquoi cela, moi-même ? (Anokhi). A.Chouraqui traduit cette expression au plus près par : à quoi est-ce que je sers ?.

Le Seigneur entend sa requête (directe) et Rébecca reçoit la grande révélation du devenir des deux nations qu’elle porte en son sein. Elle sait dès lors « à quoi elle sert » et à quoi elle servira dans la révélation des desseins « divins » (ou plutôt « selon Elohim).

Rébecca enfante les deux fils d’Isaac, « le premier sort : un roux, tout entier comme une cape de cheveux. Ils crient son nom : Essav (du verbe faire -s’apparente à homme fait) ».

Esaü est un roux (hébreu : admoni), nom qui évoque le sang (dâm). Il évoque aussi la tribu d’Edôm, plus tard ennemie d’Israël.

« Après quoi son frère sort, sa main saisissant le talon d’Esaü. Il crie son nom: Yaaqov (Jacob) il talonnera. »

Yaaqov de la racine aqav. Le sens archaïque de aqav serait : surveiller ; d’où le nom de Yaaqov’el : El veille, connu dans la documentation égyptienne dès le 18ème siècle av. JC. d’après A.Chouraqui. Par suite, en hébreu biblique, le verbe a pris le sens de talonner, puis de ruser. Or, le récit nous apprend que quelles que soient les manoeuvres d’intrigue, El, D.ieu, le D.ieu d’Abraham et d’Isaac « veille » sur Jacob (Yaaqov El : D.ieu-Elohim veille).

Les deux natures

Les engendrements d’Isaac sont bien Esaü et Jacob, deux fils aux natures si différentes.

Esaü sera homme des champs comme Qaïn. Il sera chasseur comme Nimrod. Il exprime son appartenance à la lignée de Qaïn lorsqu’il décide qu’en son temps, après la mort du père, il tuera son frère Jacob (27 :11).

Jacob sera berger comme Abel (Hévél). Il est intègre (hébreu tâm), « il habite les tentes », expression hébraïque qui exprime la recherche de la connaissance du D.ieu-Elohim d’Isaac, son père (comme Moïse qui consultait YHWH sous la tente). Jacob en habitant les tentes y trouve les ordres (mitsvoth), les règles, les torahs, c’est-à-dire tout ce qui émane de YHWH: Sa Parole, Ses enseignements.

De qui Jacob tient-il les torahs de YHWH ? D’Abraham, selon ce qui est écrit :

« Par suite de ce qu’Abraham a entendu ma voix, il garde ma garde, mes ordres, mes règles et mes torahs » (26 :5).

On peut donc comprendre que la lignée des « Fils de D.ieu-Elohim » a transmis depuis Adam et Noah jusqu’à Abraham les commandements, lois et coutumes, mémoire de la lignée. La primauté de Jacob et sa demande du droit d’ainesse s’éclairent des conditions que requiert l’obtention de la bénédiction des pères, à savoir : obéissance aux torahs (torot) et foi au D.ieu-Elohim de ses pères. Jacob remplit ces conditions. Il est agréé par le Très-Haut. Il est digne d’être parmi les pères de la lignée qui générera Israël.

Vends-moi ton droit d’aînesse

Jacob sait que le droit d’aînesse octroie la primauté de la bénédiction de YHWH par la bénédiction paternelle.

C’est après qu’Esaü eut exprimé son désir de « manger », déclaré sa grande fatigue et qu’il eut crié son nom, Edom, le roux, que Jacob dit : «vends-moi ce jour ton droit d’ainesse.»

La demande de Jacob n’est pas usurpée, sa légitimité s’affirme par la perception des priorités de son ainé Esaü.

Esaü, dit le grand, est une force de la nature. La description qui nous est faite, roux, velu, chasseur, vivant de chair et de sang, nous le confirme bien. Le langage biblique nous fait comprendre que le désir de « manger » de ce roux est l’expression prioritaire d’Esaü de vivre dans le monde matériel. Et cet homme, force de la nature, est-il fatigué de son retour de chasse ? De quelle fatigue s’agit-il ?

Ici, nous rejoindrons la pensée rabbinique qui décèle dans la fatigue d’Esaü une grande lassitude à suivre les voies et commandements transmis par son père Isaac. C’est surtout dans les temps de la mort d’Abraham que survient cette lassitude.

Les commentateurs y voient pour Esaü la perte d’un modèle, de repères donnés par l’exemple d’un homme, son père. Abraham disparu, l’homme guide disparaît. Alors s’effondre celui qui n’a pas la foi personnelle au D.ieu-Elohim de ses pères, YHWH. A quoi bon l’ainesse dans ces conditions où la vie future n’a plus de sens et où la mort devient la seule issue. « voici moi-même je vais mourir. Pourquoi ceci, l’ainesse pour moi ? ». Esaü jure et vend son ainesse à Jacob. Il mange, boit, se lève et s’en va. Tout est consommé. Esaü a méprisé l’ainesse : légalement Jacob a acquis le droit d’ainesse.

Prédestination

Les engendrements d’Isaac, Jacob et Esaü, sont-ils prédestinés?

Leurs naissances sont-elles « programmées » et leurs destins fixés?

De la révélation faite à Rébecca, alors que les deux enfants sont en son sein, nous pourrions en première lecture comprendre que quelles que soient les actions futures des deux enfants chacun suivra « son » programme. Dans ces conditions, il n’y aurait pas de liberté de choix. Or, Élohim ne créa-t-il pas l’homme en lui laissant le choix de la vie ou de la mort, de la bénédiction ou de la malédiction ? (De.11 :26-27 et 30 :19-20).

Il est de la responsabilité de l’homme, ben Adam, créature de D.ieu, de choisir la vie afin qu’il vive, lui et sa postérité, pour aimer YHWH, pour obéir à sa voix et pour s’attacher à Lui, car de cela dépend sa vie.

Ainsi il dépend de l’homme de s’élever vers D.ieu-Elohim ou non. Quand l’homme ne s’élève pas, la faute le guette. Néanmoins, il demeure toujours à même de la dominer. Dès l’origine de l’humanité, le choix est donné à l’homme ainsi que YHWH dit à Caïn:

« Certainement si tu agis bien tu relèveras ton visage et si tu agis mal, le péché se couche à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais toi domine sur lui. » (Ge.4 :7 Segond)

L’homme n’est que le fruit de ses choix et de sa volonté de s’élever ou non vers son Créateur.

Esaü, nature forte, chasseur, organisateur, avait le choix de modifier sa nature et de l’équilibrer spirituellement en dominant ses passions et en s’élevant dans l’obéissance au D.ieu-Elohim de ses pères.

Esaü n’a pas fait ce choix ! Cela YHWH le savait ; même avant la conception d’Esaü la prescience divine, hors du temps, embrasse le devenir de chaque être vivant et le devenir des collectivités, telles les nations. C’est ainsi que Moïse reçut de D.ieu-Elohim la connaissance du devenir d’Israël.

« Oui, je le savais, après ma mort, oui vous vous détruirez, vous vous écarterez de la route que je vous ai ordonnée. Le malheur vous abordera dans l’après des jours. Oui, vous ferez le mal aux yeux de YHWH pour l’irriter par l’oeuvre de vos mains. » (De.31 :29).

Israël avait le choix, Israël a fait le mauvais choix. Moïse en reçut la révélation avant même qu’Israël ne commette le mal!

Prescience prophétique divine. Israël n’était pas prédestiné à faire le mal. De même, Esaü et Jacob ont fait tous deux leur choix. La prescience prophétique divine l’a révélé à Rébecca.

La prédestination (qui ne signifie pas programmation) de l’homme est dans l’ordre divin la pré-connaissance des choix de l’homme que la prescience prophétique divine révèle. (ce qui est vrai pour ce que l’on nomme Israël est aussi vrai pour ce que l’on nomme les « églises » tous ont été enfermés dans la faute, tous ont fait peu ou prou « le mauvais choix »).

Les bénédictions

Les patriarches Abraham, Isaac et Jacob avaient une perception de la puissance de bénédiction donnée par YHWH puis transmise par les pères aux fils. La bénédiction divine, bérakhah, est l’affranchissement de toute forme de servitude. Elle est de plus porteuse de richesses en biens spirituels et en biens matériels, qui ne dépendent que de YHWH.

L’acceptation des richesses, des biens générés par le monde dans lequel il n’y a pas de bénédiction, est à redouter pour l’homme de D.ieu-Elohim. Car ces richesses asservissent celui qui les reçoit à celui qui les donne. Et s’il y a asservissement, il y a servitude, voir esclavage. Ce qui devient qélalah, malédiction, ainsi qu’il est dit :

« Canaan sera maudit. Il sera esclave de ses frères ». (Ge.9 :25). C’est pourquoi, dans le Mashiah Yéshoua nous avons reçu toute liberté et que nous ne sommes les esclaves de personne, excepté notre soumission au Mashiah et à notre divin Père céleste.

Rébecca avait une forte compréhension de la puissance de la bénédiction que portait son époux Isaac. C’est pourquoi elle intrigue pour que Jacob, aimé de D.ieu-Elohim et d’elle-même, reçoive le transfert des biens spirituels et matériels de la bénédiction d’Isaac.

Isaac ne semble pas complètement dupe de l’intrigue de Rébecca. Les nombreuses questions posées à Jacob nous le laissent croire.

Le pic émotionnel des actes précurseurs de la bénédiction est atteint lorsqu’Isaac dit : « La voix, la voix de Jacob, les mains, les mains d’Esaü ! », soit la spiritualité de Jacob et l’action physique d’Esaü. C’est cette nature qu’Isaac espérait d’Esaü, qu’il aimait, mais qu’Esaü par choix a refusée.

Jacob, le spirituel, deviendra aussi l’homme d’action, lutteur, et deviendra Israël. C’est de cette nature qu’était Abraham, spirituel mais aussi homme d’action et vainqueur de Kedorlaomer et des rois qui étaient avec lui (Ge.14 :17). Ainsi fut David, spirituel, mais aussi bâtisseur et chef de guerre.

Et Jacob reçut la bénédiction d’Isaac qui le couvrait des biens de la rosée des ciels et qui surtout le faisait entrer dans le sacerdoce par le don « des huiles de la terre, une multitude de céréales et de moût ». C’est le symbole des bénédictions chez les prophètes. Paroles de YHWH à Israël :

« Elle n’a pas reconnu que c’était moi qui lui donnais le blé, le moût et l’huile et l’on a consacré au service de Baal l’argent et l’or que je lui prodiguais. » (Osée 2 :10 Segond).

En conclusion

La parachah des enfantements d’Isaac nous apprend que la volonté de D.ieu-Elohim s’exprime par la préconnaissance des actions des hommes qui demeurent toujours libres de leurs choix. Mais les desseins de YHWH s’accomplissent toujours, car la finalité de Ses desseins est Sa réunion avec ceux qui font choix de l’aimer et de lui obéir.

Le choix d’aimer D.ieu-Elohim n’est pas une émotion spirituelle abstraite pour contrôler ses propres satisfactions intellectuelles, ou autres autosatisfactions sensorielles. Aimer D.ieu-Elohim c’est aussi aimer faire Sa volonté.

Que YHWH vous bénisse de Ses riches bénédictions vous et vos maisons.

Shabbat Shalom véshavoua tov.

JYH
1/11/2013
D’après « Blog Kéhila »
Copie autorisée et même souhaitable, à condition d’en redonner le texte intégral et les sources)

http://jyhamon.eklablog.com/

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