Le Monde Angélique Les NOMBRES Séphiroth

Les Ecorces ou Klippoth par Eliphas Levi

Sur les écorces

Voici quelques passages où Eliphas Lévi traite des qlippoth qu’il nomme « écorces ». Bien entendu, son point de vue est celui d’un occultiste chrétien, aux vues très manichéennes, néanmoins il a nous semblé intéressant de citer ces textes, étant donné l’influence majeure de cet auteur sur la magie moderne.

Dogme et Rituel de la Haute Magie, 1854-56 :

« Les cabalistes comparent l’esprit à une substance qui reste fluide dans le milieu divin et sous l’influence de la lumière essentielle, mais dont l’extérieur se durcit comme une cire exposée à l’air dans les régions plus froides du raisonnement ou des formes visibles. Ces écorces ou enveloppes pétrifiées (nous dirions mieux carnifiées, si le mot était français) sont la cause des erreurs ou du mal, qui tient à la pesanteur et à la dureté des enveloppes animiques. Dans le livre de Sohar et dans celui des révolutions des âmes, les esprits pervers, ou mauvais démons, ne sont pas appelés autrement que les écorces, cortices.

Les écorces du monde des esprits sont transparentes, celles du monde matériel sont opaques ; les corps ne sont que des écorces temporaires et dont les âmes doivent être délivrées ; mais ceux qui obéissent au corps en cette vie se font un corps intérieur ou une écorce fluidique qui devient leur prison et leur supplice après la mort, jusqu’au moment où ils parviennent à la fondre dans la chaleur de la lumière divine, où leur pesanteur les empêche de monter ; ils n’y arrivent qu’avec des efforts infinis et le secours des justes qui leur tendent la main, et pendant tout ce temps ils sont dévorés par l’activité intérieure de l’esprit captif comme dans une fournaise ardente. Ceux qui parviennent au bûcher de l’expiation s’y brûlent eux-mêmes comme Hercule sur le mont Œta et se délivrent ainsi de leurs gênes ; mais le plus grand nombre manquent de courage devant cette dernière épreuve, qui leur semble une seconde mort plus affreuse que la première, et restent ainsi dans l’enfer, qui est éternel de droit et de fait, mais dans lequel les âmes ne sont jamais ni précipitées ni retenues malgré elles. »

Le Livre des sages, 1869-70 :

« XXV. Le fini se détache de l’infini comme par amputation. Les limites du fini sont comme une plaie que la nature se hâte de cicatriser. Ainsi se forment les écorces qui sont la substance matérielle des mondes. Il se forme aussi des écorces sur les croyances finies. Ce sont les dogmes matérialisés et les superstitions qui veulent s’immobiliser. »

La science des esprits, 1865 : chapitre III, De la hiérarchie et de la classification des esprits :

Il existe des esprits élevés, il en est d’inférieurs, ii en existe aussi des médiocres.

Parmi les esprits élevés, on peut distinguer aussi les plus élevés, les moins élevés, et ceux qui tiennent le milieu.

Il en est de même pour les esprits médiocres et pour les esprits inférieurs.

Ceci nous donne trois classes et neuf catégories pour les esprits. Cette hiérarchie naturelle des hommes a fait supposer par analogie les trois rangs et les neuf chœurs des anges, puis, par inversion, les trois cercles et les neuf degrés de l’enfer.

Voici ce que nous lisons dans une ancienne Clavicule de Salomon, traduite pour la première fois de l’hébreu:

« Je te donnerai maintenant la clé du royaume des esprits.

Cette clé est la même que celle des nombres mystérieux de Jézirah.

Les esprits sont régis par la hiérarchie naturelle et universelle des choses.

Trois commandent à trois par le moyen de trois.

Il y a les esprits d’en haut, ceux d’en bas, et ceux du milieu ; puis, si vous retournez l’échelle sainte, si vous creusez au lieu de monter, vous trouvez la contre-hiérarchie des écorces ou des esprits morts.

Sache seulement que les principautés du ciel, les vertus et les puissances ne sont pas des personnes, mais des dignités.

Ce sont les degrés de l’échelle sainte le long de laquelle montent et descendent les esprits.

Michaël, Gabriel, Raphaël et les autres ne sont pas des noms, mais des titres.

Le premier des nombres, c’est un. La première des conceptions divines nommées Sephiroth, c’est Keter ou la couronne.

La première catégorie des esprits est celle d’Hajoth Haccadosch ou les intelligences du tétragramme divin dont les lettres sont figurées dans la prophétie d’Ézéchiel par des animaux mystérieux. Leur empire est celui de l’unité et de la synthèse. Ils correspondent à l’intelligence.

Ils ont pour adversaires les Thamiel ou bicéphales, démons de la révolte et de l’anarchie, dont les deux chefs toujours en guerre l’un contre l’autre sont Satan et Moloch.

Le second nombre est deux, la seconde Séphire est Chocmah ou la sagesse. Les esprits de sagesse sont les Ophanim, nom qui signifie les roues, parce que tout fonctionne dans le ciel comme d’immenses rouages semés d’étoiles. Leur empire est celui de l’harmonie. Ils correspondent à la raison.

Ils ont pour adversaires les Chaigidel ou les écorces qui s’attachent aux apparences matérielles et mensongères. Leur chef ou plutôt leur guide, car les mauvais esprits n’obéissent à personne, est Béelzébub, dont le nom signifie le Dieu des mouches, parce que les mouches fourmillent sur les cadavres en putréfaction.

Le troisième nombre est trois. La troisième Séphire est Binah ou l’intelligence. Les esprits de Binah sont les Aralim ou les forts. Leur empire est la création des idées ; ils correspondent à l’activité et à l’énergie de la pensée.

Ils ont pour adversaires les Satariel ou vélateurs, démons de l’absurdité, de l’inertie intellectuelle et du mystère. Le chef des Satariel est Lucifuge, appelé faussement et par antiphrase Lucifer, comme les Euménides, qui sont les furies, sont appelées en grec les Gracieuses.

Le quatrième nombre est quatre ; la quatrième Séphire est Gédulah ou Chesed, la magnificence ou la bonté. Les esprits de Gédulah sont les Haschmalim ou les lucides. Leur empire est celui de la bienfaisance ; ils correspondent à l’imagination.

Ils ont pour adversaires les Gamchicoth ou les perturbateurs des âmes. Le chef ou le guide de ces démons est Astaroth ou Astarté, la Vénus impure des Syriens, qu’on représente avec une tête d’âne ou de taureau et des mamelles de femme.

Le cinquième nombre est cinq, la cinquième Séphire est Géburah ou la justice. Les esprits de Géburah sont les Séraphim ou les esprits brillants de zèle. Leur empire est celui du châtiment des crimes. Ils correspondent à la faculté de comparer et de choisir.

Ils ont pour adversaires les Galab ou incendiaires, génies de la colère et des séditions, dont le chef est Asmodée, qu’on appelle aussi le Samaël noir.

Le sixième nombre est six ; la sixième Séphire est Tiphereth, la suprême beauté. Les esprits de Tiphereth sont les Malachim ou les rois. Leur empire est celui de l’harmonie universelle. Ils correspondent au jugement.

Ils ont pour adversaires les Tagaririm ou les disputeurs, dont le chef est Belphégor.

Le septième nombre est sept ; la septième Séphire est Netsah ou la victoire ; les esprits de Netsah sont les Éloïm ou les dieux, c’est-à-dire les représentants de Dieu. Leur empire est celui du progrès et de la vie ; ils correspondent au sensorium ou à la sensibilité.

Ils ont pour adversaires les Harab-Sérapel ou les corbeaux de la mort, dont le chef est Baal.

Le huitième nombre est huit ; la huitième Séphire est Hod ou l’ordre éternel ; les esprits de Hod sont les Beni-Eloïm ou les fils des dieux. Leur empire est celui de l’ordre ; ils correspondent au sens intime.

Ils ont pour adversaires les Samaël ou les batailleurs, dont le chef est Adramelech.

Le neuvième nombre est neuf ; la neuvième Séphire est Jésod ou le principe fondamental. Les esprits de Jésod sont les Chérubim ou les anges, puissances qui fécondent la terre et qu’on représente dans le symbolisme hébreu sous la figure de taureaux. Leur empire est celui de la fécondité. Ils correspondent aux idées vraies.

Ils ont pour adversaires les Gamaliel ou les obscènes, dont la reine Lilith est le démon des avortements.

Le dixième nombre est dix ; la dixième Séphire est Malchuth ou le royaume des formes. Les esprits de Malchuth sont les ischim ou les virils, ce sont les âmes des saints, dont le chef est Moïse (NDA : n’oublions pas que c’est Salomon qui parle).

Ils ont pour adversaires les méchants qui obéissent à Nahéma, le démon de l’impureté.

Les méchants sont figurés par les cinq peuples maudits que Josué devait détruire.

Josué ou Jéhosua le sauveur est la figure du Messie. Son nom se compose des lettres du tétragramme divin changé en pentagramme par l’addition de la lettre Schin : ׳השוה.

Chaque lettre de ce pentagramme représente une puissance du bien attaquée par un des cinq peuples maudits.

Car l’histoire réelle du peuple de Dieu est la légende allégorique de l’humanité.

Les cinq peuples maudits sont les Amalécites ou les agresseurs — les Géburim ou les violents, — les Raphaïm ou les lâches — les Néphilim ou les voluptueux, — et les Anacim ou les anarchistes.

Les anarchistes sont vaincus par le Jod, qui est le sceptre du père.

Les violents sont vaincus par le He, qui est la douceur de la mère.

Les lâches sont vaincus par le Vau, qui est le glaive de Michaël et la génération par le travail et la douleur.

Les voluptueux sont vaincus par le second He, qui est l’enfantement douloureux de la mère.

Les agresseurs enfin sont vaincus par le Schin, qui est le feu du Seigneur et la loi équilibrante de la justice.

Les princes des esprits pervers sont les faux dieux qu’ils adorent.

L’enfer n’a donc d’autre gouvernement que la loi fatale qui punit la perversité et qui corrige l’erreur, car les faux dieux n’existent que dans l’opinion fausse de leurs adorateurs.

Baal, Belphégor, Moloch, Adramelech ont été les idoles des Syriens ; idoles sans âme, idoles maintenant anéanties et dont le nom seul est resté.

Le vrai Dieu a vaincu tous ces démons comme la vérité triomphe de l’erreur. Cela s’est passé dans l’opinion des hommes, et les guerres de Michaël contre Satan sont des figures du mouvement et du progrès des esprits.

Le diable est toujours un dieu de rebut. Les idolâtries accréditées sont des religions dans leur temps.

Les idolâtries surannées sont des superstitions et des sacrilèges.

Le panthéon des fantômes à la mode, c’est le ciel des ignorants.

L’égout des fantômes dont la folie même ne veut plus, c’est l’enfer.

Mais tout cela n’existe que dans l’imagination du vulgaire.

Pour les sages, le ciel c’est la suprême raison, et l’enfer c’est la folie.

On comprend que nous employons ici le mot ciel dans le sens mystique qu’on lui donne en l’opposant au mot enfer.

Pour évoquer les fantômes, il suffit de s’enivrer ou de se rendre fou. Les fantômes sont les compagnons de l’ivresse et du vertige.

Le phosphore de l’imagination abandonnée à tous les caprices des nerfs surexcités et malades se remplit de monstres et de visions absurdes.

On arrive aussi à l’hallucination en mêlant la veille au sommeil par l’usage gradué des excitants et des narcotiques ; mais de pareilles œuvres sont des crimes contre nature.

La sagesse chasse les fantômes et nous fait communiquer avec les esprits supérieurs par la contemplation des lois de la nature et l’étude des nombres sacrés. »

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