BLACK PROGRAM

Les « BLACK PROGRAM »: le projet ACORES

Un projet qui date de la « Guerre Froide ».

Le 12 février 2010, la CIA (Central Intelligence Agency) a déclassifiée des informations sur l’un des programmes les plus secret, de l’époque de la « guerre froide ». Le « Projet Açores », fût le nom de code de l’agence pour un ambitieux projet de récupération d’un sous-marin soviétique qui coula dans l’océan Pacifique, afin d’en connaitre ses secrets.

Pour cela, ils furent obliger de travailler à la conception et la recherche, pour la création d’un navire spécial, le « Glomar Explorer », pour pouvoir remonter le sous-marin à la surface.

Egalement publié pour la première fois et récemment déclassifié, sont les comptes-rendus des conversations à partir de 1975, entre le président Ford et les membres de son cabinet, au sujet de fuites dans la presse, à propos du « Glomar Explorer ». Comme vous pouvez le voir sur cette page du New York Times :

Le sous-marin Soviétique K-129

L’histoire débuta le 1er mars 1968 quand un sous-marin soviétique (de type Golf-II), le K-129 (1), transportant trois SS-N-4 Sark (des missiles nucléaires), appareilla de la base navale de Petropavlovsk sur la péninsule du Kamchatka pour prendre sa position de patrouille en temps de paix, située au nord-est de Hawaï.

Si la guerre venait à éclater, le K-129 pouvait lancer ses trois missiles balistiques, chacun portant une ogive nucléaire de une mégatonne sur des cibles le long de la côte ouest des Etats-Unis. Mais un terrible incident se produisit à la mi-mars 1968. Le sous-marin a subi un accident catastrophique et a coulé à 1560 miles au nord-ouest d’Hawaï, provoquant la perte de tout son équipage. Le sous-marin se trouvait sur le fond, à près de 5000 mètres de profondeur. (2)

Les débuts du « Projet Açores ».

Le 1 juillet 1969, la CIA créa un « statut des projets spéciaux » au sein de sa « Direction de la Science et de la Technologie » pour gérer le « Projet Açores ».

Le chef de l’unité était John Parangosky, un haut fonctionnaire de la CIA de la « Direction de la Science et de la technologie » qui avait déjà géré le développement et l’exploitation pour la CIA, d’un certain nombre de systèmes aériens de reconnaissance, classés hautement secret. Son adjoint, et l’homme qui dirigeait les opérations au jour le jour du projet pendant les six prochaines années, était Ernest « Zeke » Zellmer, diplômé de l’académie Naval. Le président Richard Nixon approuva la création de ce groupe de travail spécial le 19 août 1969.

Le Projet se voit attribuer une classification secrète spéciale.

Le Directeur de la CIA Richard Helms avait placé toutes les informations concernant le travail effectué par Parangosky et le personnel de Zellmer dans une catégorie de sécurité spéciale appelée « Jennifer », limitant ainsi toutes les informations au sujet du projet, à un très petit nombre de personnes. Sélectionné à l’intérieur de la Maison Blanche et de la communauté du renseignement Américain, dont le président Richard Nixon et son conseiller de sécurité nationale, Henry Kissinger.(3)

La construction d’un nouveau navire s’avère obligatoire pour la récupération.

Ce n’est qu’en octobre 1970 qu’une équipe d’ingénieurs de la CIA et des entrepreneurs spécialement autorisé ont déterminé que le seul moyen techniquement réalisables pour soulever l’énorme sous-marin soviétique (1750 tonnes) du fond de la mer, était de glisser un gigantesque harnais spécialement fabriqué à cet effet, autour du sous-marin, puis de remonter progressivement le sous-marin à la surface en utilisant des treuils lourds montés sur un bateau modifié, et spécialement construit pour l’opération (ce sera le bateau « Glomal Explorer »).
En ayant eu connaissance du rapport des ingénieurs, les supérieurs de la CIA ne se montrèrent pas particulièrement optimiste sur les chances de succès de l’opération, estimant qu’il y avait seulement une chance sur dix, que l’opération réussisse.

Où le « Projet Açores » manque d’être anbandonné.

En août 1971, lors de la recherche, au début de la phase de développement du programme, le « Projet Açores » se trouva à deux doigts d’être annulé en raison de ses énormes dépassements de budget (Les rapports estimèrent que au moins 500 millions de dollars ont été dépensés). La seule chose qui a sauvé le programme, était d’être la masse de renseignements potentiels qui serait récolté, si le projet était un succès. Malgré les profondes inquiétudes au sujet de la hausse des coûts, le 4 Octobre 1971, la CIA a était autorisé à procéder au démarrage du programme.

Les travaux ont commencé immédiatement, pour la construction d’un navire spécialement conçu pour la conduite de l’opération. Le 16 novembre 1971, la construction du « Global Explorer » débuta dans le chantier de construction navale de Sun Chester, en Pennsylvannie. Il sera baptisé le « Hugues ». Le calendrier initial prévoyait que le navire serait lancé le 5 octobre 1972, et livré à la CIA le 20 avril 1973.

Ce que l’on appela à l’époque « la détente », qui commençait entre Américains et Soviétique, illustré par les rencontres entre le Président Nixon et Leonid Brejnev, en mai 1972 au sommet de Moscou, à faillit provoquer l’abandon du projet « Açores ». En juillet 1972, le Comité Exécutif Spécial, qui supervisait le projet, avait demandé le ré-exament du projet, en tenant compte de la possibilité que, au moment où il serait prêt pour le déploiement en 1974, « le climat politique en développement pourrait interdire l’approbation de la mission. »

D’autres hauts fonctionnaires du gouvernement, habilités à avoir connaissance du « Projet Açores » ont également été sollicités pour donner leur point de vue. La réponse était loin d’être positive. Le sous-secrétaire à la Défense, le président du Joint Chiefs of Staff (Comité des Chefs d’état-major interarmée), le chef des opérations navales, le secrétaire adjoint à la Défense et le directeur de la DIA (Defense Intelligence Agency) ont recommandé que toutes les phases du « Projet Açores » soient résiliées parce que, en plus de la hausse rapide des coûts du programme et des risques politiques, la valeur des renseignements attendus, grâce à l’opération, serait probablement inférieure à ce que la CIA pourrait espérer. Malgré ces évaluations négatives du projet, le 11 décembre 1972, le président Richard Nixon ordonna que le programme soit poursuivi. Ce fût le dernier obstacle « bureaucratique » face au projet « Açores ».

Dans le port de Long Beach en Californie, entre octobre 1973 et janvier 1974, le contenu de 24 camions, contenant le matériel nécessaire ont été chargés à bord du Glomar Explorer Hughes.
En novembre 1973, une grève des dockers syndiqués perturba l’approvisionnement du Glomar Explorer Hughes pour sa mission à Long Beach. Du coup, la mission ne pourrait pas être accomplie au cours d’une fenêtre météo de dix semaines entre juillet et la mi-septembre. Les responsables de la CIA ont craint que ce retard, ne fasse rater au navire sa date de déploiement. Si cela était arrivé, la mission se serait trouvée retardée pendant une année entière, jusqu’à avoir une prochaine période avec des conditions climatiques favorables.

Le navire « Glomar Explorer Hugues » accomplit sa mission.

Le 7 juin 1974, le président Nixon approuva personnellement le lancement de la mission du « Projet Açores », avec la stipulation que le Glomar Explorer Hugues ne devait pas commencer ses travaux avant la fin de la réunion au sommet de Moscou, prévue pour durer du 27 juin 1974 au 3 juillet 1974. Le Glomar Explorer arriva sur les lieux de récupération, à 1560 miles au nord-ouest d’Hawaï le 4 juillet 1974, au lendemain du départ du président Nixon de Moscou. Les opérations de récupération commencèrent immédiatement à installer les colliers de cordes autour du sous-marin soviétique. (Voici la carte ci-dessous du lieu exact, cliquez pour agrandir)

Les opérations de récupération ont étaient considérablement compliquées pendant près de 14 jours, par la surveillance des opérations exercée, à proximité du navire, par deux navires de guerre Soviétiques. Malgré la présence des navires de surveillance Soviétique, le travail de récupération a continué. Mais voyant que les Soviétiques pouvaient déposer des militaires par hélicoptère sur le Hugues, le 18 juillet 1974, le directeur de mission de la CIA sur le Glomar Explorer, fît empiler des caisses sur la piste d’atterrissage sur le pont du navire, pour empêcher les Soviétiques de se poser sur elle. Et des ordres furent donnés pour assurer la destruction en urgence du matériel sensible, qui pourrait compromettre la mission si les Soviétiques tentaient de débarquer sur le navire par la mer.

Le Glomar Explorer Hugues commença à lever le K-129 du fond de l’océan le 1er août 1974, plus de trois semaines après qu’il soit arrivé sur les lieux du naufrage. Il a fallu huit jours en travaillant lentement avec le treuil, avant que les restes du sous-marin Soviétique, ne soient dans l’énorme cale du Glomar Explorer. Ils terminèrent de tout récupérer le 8 août 1974. Le lendemain, les opérations de récupération étaient achevées et le navire a navigué pour Hawaï.

Le bilan du « Projet Açores ».

Le « Projet Açores » a-t-il était à la hauteur des espérances de la CIA ?

La version officielle soutient que le projet aurait échoué à atteindre ses principaux objectifs. Selon l’avis de hauts responsables de la Navy, c’était un échec, parce que la CIA n’aurait pas réussie à récupérer les missiles nucléaire SS-N-4. Ils n’auraient pas réussit à récupérer le compartiment lance-torpilles et la cargaison de missiles nucléaires. Quatre-vingt dix pour cent du sous-marin était très fragile. Cela comprenait: le kiosque, le compartiment des missiles, la salle de contrôle, le poste radio et la salle des machines. Ces parties se seraient détachées et seraient retombées sur le fond océanique, en se désintégrant en retombant. Tout ce que la CIA pensait pouvoir récupérer serait retombé sur le fond. La CIA décida de ne pas faire une seconde tentative pour récupérer ce qui restait.

En juin 1993, un groupe d’experts Russe remit un rapport au président Boris Eltsine, en utilisant les informations qu’avaient mis à leur disposition les services secrets Russes. Et ce rapport contredisait totalement la version officielle, à propos du bilan soi-disant négatif du « Projet Açores ». Ce rapport concluait que la CIA avait récupéré au moins deux missiles nucléaires armés dans la partie du K-129 qu’ils réussirent à remonter à la surface.

Selon le rapport, le niveau de radiation de plutonium que l’équipe de la CIA sur le Glomar Explorer a rencontré, était compatible avec deux ogives nucléaires. Cette conclusion est en partie confirmée par d’autres archives de la CIA, qui ont indiquées que l’équipage du Glomar Explorer, avait dût faire face à une contamination au plutonium.

Les Américains récupérèrent plusieurs dépouilles de marins soviétiques, dans le morceau de la carcasse du sous-marin K-129. Les corps des membres d’équipages récupérés, ont été inhumés en mer, au terme d’une cérémonie avec les honneurs militaires. La cérémonie a été filmée, et l’enregistrement vidéo fût remit au président russe Boris Eltsine.

(1) La CIA l’avait répertorié sous le n°722.

(2) Les documents déclassifiés de la CIA reste muet sur les causes de l’accident, comment l’agence est parvenu à apprendre la disparition du sous-marin, et sur le lieu exact du naufrage dans le Pacifique. Des enquêtes prétendent que l’US Navy l’aurait détecté, grâce au système de sonar « SOSUS », qui aurait permit sa localisation.

(3) Voilà pourquoi plusieurs articles ou des livres, l’appellent aussi à tort le « Projet Jennifer ».

Sources:

The Nationale Security Archive, le Projet Açores: « L’histoire du Glomar Explorer Hughes, Etude pour le renseignement », automne 1985, (Déclassifié selon la Loi FOIA);
Journal New York Times, du 19 mars 1975;
Journal Los Angeles Times, Février 1975;
« Le Projet Jennifer », par Clyde W. Burleson, New Jersey, Prentice-Hall, 1977;
« Une question de risque », par Roy Varner et Wayne Collier, New York, Random House, 1977;
Mémorandum des conversations du 7 Février 1975, 5h22-17h55, Confidentiel, Gerald R. Ford Presidential Library;
Conseil de Sécurité Nationale – Comptes-rendus des conversations, du 7 Février 1975 entre le président Ford et Kissinger, Schlesinger, Colby, le général David C. Jones, Rumsfeld.

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