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Les accidents nucléaires militaires : de l’irresponsabilité des nations 

Depuis les premiers essais atomiques du Projet Manhattan, au cours des multiples missions américaines effectuées sur le territoire national ou ses possessions dans le Pacifique (îles Bikini, Enewetak, Christmas, Johnston, etc), dans le cadre des accords de l’OTAN ou lors des manoeuvres de la Flotte du Pacifique, nous avons assisté à des dizaines d’incidents et d’accidents concernant des armes nucléaires, impliquant tantôt des bombardiers tantôt des portes-avions ou des sous-marins. La situation est identique en Russie et dans une moindre mesure au Royaume Unis et en France.

Le public ignore en général ces événements ou les oublie facilement car il s’écoule parfois quelques années d’accalmie entre les accidents.

Mais si le public en a oublié jusqu’à l’existence, aujourd’hui des civils ressentent encore dans leurs chairs les effets de la contamination radioactive ou la perte d’un de leur proche. Cet article est à verser aux dossiers des défenseurs de la paix et de l’abollition des armes nucléaires.

J’ai résumé dans cet article tous les incidents ou accidents nucléaires militaires survenus depuis Hiroshima et Nagasaki, une compilation réalisée notamment en collaboration avec l’Institut américain pour L’Education sur le Désarmement et sur la Paix, le DPE. Les autres sources sont citées dans le texte ou en bas de page.

Les bombes thermonucléaires perdues

Nous allons d’abord évoquer trois incidents ou accidents nucléaires majeurs impliquant des B-52 porteurs de bombes H. Ils sont connus des associations écologiques et méritent d’être placés parmi les grandes bêtises de l’humanité, le mot étant bien faible vu le risque potentiel ou la contamination avérée qu’entraînèrent ces armes stratégiques de forte puissance. Aujourd’hui ces trois événements ne portent plus à polémique, il y a prescription et les éventuelles victimes ont été indemnisées ou ont accepté le verdict des scientifiques et n’ont pas porté plainte. Ces affaires sont donc classées.

Pour être complet d’un point de vue historique, rappelons que le B-52 Stratofortress est un bombardier stratégique qui fit son premier tour de piste en juin 1955. Il représente encore aujourd’hui l’un des fleurons de la force de frappe de l’USAF, faisant partie de 20 escadrilles américaines aux côtés des B-1B Lancer, ici en compagnie d’un F-15 Eagle, dont voici un instantané en vol transsonique (passant le mur du son) et une vue de face et des B-2B Spirit furtifs dont voici un magnifique gros-plan.

Le B-52 Stratofortress existe en 8 versions, la dernière, le B-52H (modèles 464-261 et supérieurs) fut fabriquée à partir de 1960 et est toujours opérationnelle, aux ordres du Strategic Air Command (SAC). 102 bombardiers de ce type furent construits à Wichita (contrat AF33) jusqu’en 1994, époque à laquelle on lui retira son canon de 20 mm mais qui fut avantageusement remplacé par un système GPS et une avionique plus performante. Il coûte 7.5 millions de dollars l’unité et a reçu pour environ 833000$ d’améliorations diverses, trois fois le prix des premières estimations !

Alias BUFF (Big Ugly Fat Fellow), le B-52H mesure 49.05 m de longueur pour 56.39 m d’envergure et 12.40 m de hauteur. Il est aujourd’hui équipé d’une avionique ultra-moderne, de contre-mesures de défense et ses consoles informatiques (stations) sont à l’abri des effets électromagnétiques. Le B-52 original était équipé de huit réacteurs turbojets Pratt & Whitney J57 d’une poussée de 5481 kg chacun, à injection eau-alcool. Le B-52H dispose aujourd’hui de huit réacteurs turbofans Pratt & Whitney TF33-P-3 d’une poussée de 7700 kg chacun. Cette amélioration l’a rendu plus économique et permit d’augmenter son rayon d’action. Le B-52H dispose d’un réservoir de 192000 litres de kérozène placé dans ses ailes dont la superficie mesure 1200 m2 !

Le B-52H dispose de 10 hommes d’équipage, le 11eme, le mitrailleur, ayant été remplacé en 1994 par un éventuel instructeur. Toutes missions et toutes escadrilles confondues, les B-52H assurent annuellement 22000 heures de vol (entre 215-280 heures de vol par pilote).

Avec son poids de 219.6 tonnes en charge, le B-52H requiert une piste longue de 2200 m et consomme12545 litres de fuel à l’heure ! Dans l’absolu (spécifications), il peut voler à 1046 km/h et parcourir 16095 km à 16765 m d’altitude sans refueler. En combat, son rayon d’action avec une bombe de 4 tonnes se limite à 7760 km. Il peut emporter 33 tonnes de munitions dans ses soutes et sous sa voilure (missiles AGM, ALCM, mines Mk, harpon AGM anti-missile, bombes nucléaires B28).

Les B-52G et H ont servi durant la guerre du Vietnam (1965-1972) puis en compagnie des F-117 et B-2B au cours de la Guerre du Golfe (1991), au Kosovo (1999), en Afghanistan (2001) et durant la guerre en Irak (2003). Pour l’anecdote, l’explosion de l’arsenal de trois B-52 peut créer un cratère de 1 km2 et 15 m de profondeur. Leurs bombes pénétrantes peuvent détruire un building à 300 m de distance.

1. Des bombes atomiques larguées en Caroline du Nord, 1961

Le 24 janvier 1961, suite à une défaillance structurelle, un B-52 de l’USAF explose en vol à 20 km de la base aérienne de Seymour Johnson AFB en Caroline du Nord, perdant deux bombes H Mark-39 d’une puissance de 4 MT chacune. Cinq hommes d’équipage sautèrent en parachute et eurent la vie sauf mais trois moururent dans l’accident. L’un fut retrouvé dans un arbre pendu par ses suspentes et les deux autres furent entraînés dans le vide par les bombes.

L’une des bombes tomba en chute libre dans le champ d’un fermier à environ Mach 1. Les débris furent retrouvés à 7 mètres de profondeur au milieu des sables mouvants et ne purent jamais être totalement récupérés.

Après avoir pris contact avec le Gouverneur de cet état, en 2005 il m’apprenait que les scientifiques continuaient à surveiller le site, mesurant périodiquement le niveau de contamination des eaux souterraines qui étaient jusqu’à présent préservées et toujours potables. Mrs Laura Leonard de la Division of Environmental Health me confirmait également que leur équipe de Protection Radiologique n’avait signalé aucune trace d’uranium ou d’autre matière radioactive dans les échantillons d’eau et que, de toute manière, de moins en moins de personnes utilisaient cette eau souterraine. Néanmoins, si aucune pollution n’a été récemment signalée, le Département de la Défense (DoD) effectue également des prélèvements de son côté car il souhaite connaître le statut du site, ayant l’intention de créer une servitude à terme sur une partie du territoire.

La deuxième bombe atterrit sans encombre grâce à son parachute automatique. Dans un premier temps l’USAF aurait confirmé que tous les dispositifs de sécurité empêchant soit son explosion inoppinée soit un déclenchement volontaire s’étaient bien déclenchés. Mais après expertise, il fut établi que cinq des six dispositifs de sécurité n’avaient pas fonctionné. Un seul commutateur avait empêché l’explosion de cette bombe thermonucléaire 260 fois plus puissance que la bombe d’Hiroshima !

2. Langue de bois et contamination à Palomares, 1966

Durant une mission d’alerte de routine, le 17 janvier 1966, au cours d’un ravitaillement en vol au large de Palomares, près d’Alméria en Espagne, le nez d’un avion-citerne américain KC-135 tombe sur un bombardier B-52G alors chargé de quatre bombes H B28 d’une puissance entre 70 kT et 1.45 MT. Les 151000 litres de fuel s’enflamment, les deux avions explosent, tuant huit des onze hommes d’équipage. Les débris des avions ainsi que les bombes nucléaires, non amorcées heureusement, firent une chute de 10000 mètres.

Selon les rapports des experts, deux bombes percutèrent le sol et explosèrent partiellement en contaminant la région. On y reviendra. Une troisième bombe H fut retrouvée pratiquement intacte dans le lit d’une rivière asséchée, tandis que la quatrième se perdit en Méditerranée, à plusieurs kilomètres du rivage. Les débris des épaves furent répartis sur une superficie de 100 km2 à travers terre et mer.

L’US Strategic Air Command voulut maintenir un black-out sur cette affaire mais la population ayant assisté à l’accident et les journalistes en faisant déjà leurs manchettes aux quatre coins du monde, les gouvernements firent pression sur les Etats-Unis pour qu’ils retrouvent cette bombe le plus rapidement possible.

Ce n’est qu’au terme de 80 jours de recherches stressantes impliquant 3000 hommes et 38 vaisseaux de la NAVY qu’un sous-marin ALVIN retrouva la bombe à 8 km des côtes par 869 mètres de profondeur. Elle était intacte et fut hissée à bord du vaisseau USS Petrel ainsi qu’on le voit sur la photographie présentée à droite.

Entre-temps, durant les recherches et pendant 40 jours, le DoD refusa d’admettre avoir perdu la moindre bombe atomique, alors même que la presse était au courant des efforts réalisés pour la retrouver ! Cela conduisit à quelques propos irréalistes entre les journalistes et le porte-parole du DoD, tel celui-ci : « Je ne connais aucune bombe manquante, mais nous n’avons pas positivement identifié ce que je pense que vous croyez que nous sommes en train de rechercher ».

Les deux bombes H qui avaient percuté le sol s’étaient éventrées faisant exploser l’amorce, créant plusieurs cratères de 1.8 à 3 m de profondeur. L’explosion dispersa du plutonium et d’autres éléments radiotoxiques entre 90 et 460 m autour des zones d’impact.

La décontamination

Durant trois mois, 1700 militaires américains et de la protection civile espagnole travaillèrent à décontaminer la région. On estime qu’environ 1400 tonnes de terre et de végétaux légèrement contaminés furent expédiés à l’usine de retraitement et de stockage des substances radioactives de Savannah River Plant à Aiken, en Caroline du Sud. Les plants de tomates contaminés furent quant à eux enterrés ou brûlés.

Durant cette période, tout le personnel américain disposait de vêtement de protection radiologique et son niveau de contamination fut régulièrement vérifié et au besoin ils furent décontaminés. De telles mesures n’ont pas été prises envers les travailleurs espagnols ! Plus tard l’argument des Américains fut de dire que : « l’USAF n’était pas préparée pour fournir les moyens de surveillance et de détection à son personnel lorsqu’un accident survenait impliquant des armes au plutonium dans une région éloignée d’un pays étranger ». Le mensonge et le culot des autorités est sidérant !

Une enquête conduite conjointement par l’Agence de Défense Nucléaire américaine (aujourd’hui DTRA) et le bureau espagnol Junta de Energia Nuclear (JEN) découvrit qu’une superficie de 2.6 km2 contenant des villages, des champs et des fermes furent contaminés jusqu’à 1.6 km des côtes. Le vent transporta et disséma également des poussières de plutonium beaucoup plus loin, si bien que le DNA nota par la suite : « l’extension totale de la répartition [des résidus radiotoxiques] ne sera jamais connue ». Encore aujourd’hui, les autorités n’effectue qu’un contrôle sporadique des habitants et aucun effort n’est assuré pour déterminer si le niveau de contamination est acceptable, en-dessous des seuils européens. Ainsi que l’a signalé le DNA par la suite : « Le Gouvernement espagnol n’a pas établit de critères concernant les niveaux acceptables, ce qui est totalement compréhensible car les installations de production de plutonium et les armes nucléaires n’existaient pas en Espagne ». Il est significatif de noter qu’il n’existait pas [à cette époque] de critères s’appliquant aux accidents nucléaires. Les seuls procédures mises en place concernaient les usines de traitement du plutonium ». Aussi, le DNA appliqua uniquement les directives utilisés lors de retombées radioactives instaurées dans le site américain du Nevada Test Site (NTS).

Surveillance du site

Après avoir procédé du mieux possible à la décontamination du site, l’AEC américaine en collaboration avec la JEN espagnole établirent un programme de surveillance radiologique des villageois et de l’environnement à long terme, l’AEC fournissant l’argent nécessaire et le JEN procédant aux mesures et aux analyses.

En novembre 1971, Wright Langham du Laboratoire National de Los Alamos (LANL) et grand spécialiste des questions biomédicales nucléaires visita Palomares pour étudier la situation et établir le programme scientifique. Il découvrit que seulement 100 villageois (environ 6% de la population à cette époque) avaient été examinés pour une éventuelle contamination des poumons ou des urines. 29 tests furent positifs mais écartés car jugés « statistiquement insignifiants ». L’analyse de l’air à la recherche de poussière de plutonium fut abandonnée deux ans après l’accident alors qu’on observait encore occasionnellement des concentrations élevées de plutonium par vent fort. Les échantillons de terre furent jetés car le JEN ne disposait que d’un seul spectromètre qui ne fonctionnait pas toujours correctement. Langham rapporta que l’intérêt des membres du JEN envers leur travail diminuait depuis l’accident et que les Etats-Unis devaient fournir plus d’argent et d’équipement pour maintenir la surveillance. Un rapport du DNA complété en 1975 stipule : « Palomares représente l’un des rares lieux dans le monde qui offre un laboratoire expérimental continu, probablement le seul offrant un regard sur une zone agricole ».

Le programme de surveillance continua apparemment jusqu’en 1986. En 1985, sur proposition d’Antonio Flores, maire de Palomares (et qui fut témoin de l’accident étant enfant), les villageois qui furent examinés purent finalement accéder à leur dossier médical qui, selon Francisco Mingot, le directeur de l’Institut de Radiobiologie et de Protection Environnementale du JEN, fut tenu secret sous la pression des Etats-Unis, et plus tard sous la dictature de Franco, ce qui devait éviter des inquiétudes excessives, dixit l’autorité américaine.

Le prix à payer pour surveiller le site entre 1966 et 1986 représenta un budget de 5 millions de dollars. Le coût total de l’accident, en excluant les avions mais en tenant compte des frais de recherche et de décontamination ainsi que le règlement de quelques 500 plaintes au civil du chef des résidents de Palomares, fut estimé à plus de 120 millions de dollars, mais il fut vraisemblablement proche de 170 millions de dollars de l’époque, soit environ 850 millions de dollars actualisés !

L’affaire de Palomares de 1966 fit grand bruit et reste aujourd’hui l’affaire la plus grave et la plus connue en cette matière.

J’ai pris contact avec l’un de ses principaux acteurs en 2005. Le bombardier B-52G, appartenait à la 68eme escadrille de bombardement de Chennault AFB en Louisianne et le fait d’être armé de bombes atomiques était une configuration de vol standard à l’époque, utilisée au cours d’exercices d’alertes de routine. L’histoire de cette escadrille et des « bombes perdues » fut racontée par Marvin T. Broyhill du SAC dans un livre qu’il met à la disposition des lecteurs sous forme d’un fichier Word que vous pouvez télécharger sur son site, Strategic Air Command. C’est un document très intéressant sur la guerre froide et les activités du SAC vues par l’un de ses acteurs. L’escadrille dans laquelle travailla M.T.Broyhill (la 380th SAC) fut également celle qui perdit une bombe atomique dans les eaux Arctique près de Thulé en 1968 …

3. Black-out sur la base de Thulé, 1968

Le 21 janvier 1968, un incendie se déclara dans le compartiment du navigateur d’un bombardier B-52G de la 380eme escadrille de Plattsburg AFB, NY, en mission d’alerte de routine au nord-ouest du Groenland. L’avion contenait 4 bombes H de 1.1 MT chacune et tenta un atterrissage d’urgence sur la base de contrôle radar de Thule AB (aujourd’hui intégrée au 21eme Space Wing). L’incendie provoqua une coupure générale de l’alimentation électrique et l’avion s’écrasa malheureusement à 11 km de la base sur une étendue d’eau glacée. Un seul parmi les sept membres d’équipage fut tué dans le crash.

Sous l’impact, les 132500 litres de fuel s’embrasèrent, déclenchant l’explosion de l’enveloppe extérieur (l’amorce) des quatre bombes H B28 qu’il transportait. L’explosion pulvérisa des fragments de plutonium grands comme une boîte de cigarette ainsi que de l’uranium et du tritium le long d’un couloir large de 100 mètres de part et d’autre de la trajectoire de l’avion. Les débris des bombes et l’épave brûlèrent durant au moins 20 minutes et couvrirent une superficie large de 300 à 600 mètres de côté. La chaleur de l’incendie fit fondre la glace qui plus tard regela, enfermant certains débris. Une partie de l’assemblage de l’une des bombes B28 (la partie thermonucléaire) fit apparemment fondre la glace et coula au fond de la mer de Thulé. Le haut commandement du SAC exigea que l’histoire soit tenue secrète.

Aussitôt l’USAF mis tout en oeuvre pour nettoyer la région, effort qui fut baptisé « Project Crested Ice » (mais qui fut mieux connu des travailleurs sous le nom de « Dr. Freezelove »). Il impliqua plus de 700 militaires américains et des travailleurs civils danois de Thulé, y compris des spécialistes américains de plus de 70 agences gouvernementales !

Selon les experts, la bombe nucléaire B28 était un modèle 1 (1.1 MT), pesait 984 kg et mesurait 4.21 m de longueur pour un diamètre de 51 cm. Le combustible était constitué de plutonium, de deutéride de lithium et de tritium, tandis que l’amorce était composée d’une matière hautement explosive reliée à un détonateur à 40 contacts. Bien que la bombe était d’une taille appréciable, elle contenait relativement peu d’explosifs conventionnels. Encore aujourd’hui, la B28 constitue l’une des armes les plus performantes de la force de frappe américaine. Elle peut être transportée par des bombardiers ou des chasseurs.

La décontamination du site

Les conditions de travail furent impossibles : obscurité totale jusqu’en février, glace et neige omniprésentes, rafales de vents jusqu’à 137 km/h, températures de -33 à -57°C, des équipements fonctionnant mal ou pas du tout par ces froids glaciaux, sans parler d’une intense pression de la hiérarchie pour terminer le travail avant la débacle du printemps. Au total, 10500 tonnes de neige, de glace et de débris contaminés furent collectés dans des fûts et expédiés plus tard par bâteau lorsque les eaux furent à nouveau ouvertes à la navigation vers le centre de retraitement et de stockage de Savannah River Plant à Aiken, en Caroline du Sud. Les débris de l’avion furent envoyés au centre d’Oak Ridge (ORNL) où ils furent enterrés dans un site de haute sécurité nucléaire.

L’autorité accepta que les déchets résiduels soient coulés dans la baie au cours de la débacle du printemps, expliquant qu’en théorie le grand volume d’eau serait suffisant pour diluer les émissions radioactives du plutonium jusqu’à des niveaux inoffensifs. Des chercheurs Danois du Danish Risø ont exploré l’environnement sous-marin après que les débris furent coulés et n’ont pas pu démontrer l’existence d’un niveau significatif de radiation.

L’opération coûta au total 9.4 millions de dollars de l’époque, soit environ 45 millions de dollars actualisésMalgré le black-out sur cet épisode, un peu plus tard les journalistes du journal danois Jyllands-Posten publièrent des documents classifiés obtenus par un groupe de travailleurs de Thulé indiquant qu’une des quatre bombes n’avait pas été retrouvée. Elle portait le numéro de série 78252. L’article expliquait que la bombe non explosée se trouvait toujours au fond de la mer de Thulé.

Incident diplomatique

Les autorités locales eurent rapidement connaissance de cet article, conduisant à une crise diplomatique entre les Etats-Unis et son allié Danois. A l’époque le Danemark était responsable des affaires étrangères pour le Groenland, la sécurité et la défense et avait interdit les armes nucléaires sur son territoire, y compris au Groenland. Le gouvernement danois ne fut jamais informé de la perte de cette bombe ni des travaux de décontamination ultérieurs.

Quelques jours après l’incident, Robert McNamara, le Secrétaire de la Défense américain ordonna le retrait des armes nucléaires lors des missions d’alerte aéroportées. Les exercices d’alerte nucléaire eux-mêmes seront par la suite écourtés et plus tard suspendus, évitant ainsi tout risque d’accident.

Selon un communiqué publié le 13 août 2000 par l’agence de presse danoise Ritzau et relayé sur CNN, en avril 1968, un film réalisé sur les lieux de l’accident par un sous-marin ALVIN de la NAVY à la recherche de l’épave du B-52 indique qu’il avait localisé un objet ressemblant à une bombe au fond de la baie. L’ambassadeur des Etats-Unis à Copenhague ne fut pas à mesure de commenter l’événement. Des représentants du Département d’Etat américain seront en visite quelques jours plus tard au Groenland pour discuter de la situation avec le Gouvernement et les autorités locales. A ce jour l’élément thermonucléaire demeure toujours quelque part au fond de la baie de Thulé.

Polémique sur la contamination de la population Danoise

Entre 1968 et 1988, plus de 500 travailleurs Danois furent traités pour divers affections débilitantes, y compris des cancers, des stérilités, soi-disant associées à leur travail sur Crested Ice. Ne portant aucune protection radiologique (ils renonçèrent souvent à porter leur masque anti-gaz car il les empêchait de respirer dans les conditions difficiles de leur travail), les équipes de recherches (d’abord Américaines ensuite un mélange de personnel Américain et Danois) utilisaient des détecteurs de rayonnement (compteur Geiger et radiamètre) pour localiser les débris et ils les récupéraient ensuite à la main.

Pendant que le personnel de l’USAF dirigeait les racloirs à glace (ice scrapers) et les engins de chargement (loaders), les Danois remplissaient les bidons et autre container avec les débris, qui furent plus tard déversés dans 67 fûts servant de réserve de fuel de 95000 litres chacun. Des « éclaboussures » (déversements) à côté des fûts n’ont pas manqué de se produire. Après leur shift, les travailleurs ainsi que leur équipement furent décontaminés « par simple brossage de la neige des vêtements et des véhicules », selon un rapport officiel de l’USAF. Dans quelques cas seulement les vêtements paraissant trop contaminés pour être réutilisés étaient jetés.

Pour gagner du temps, des prélèvement effectués dans le nez étaient souvent utilisés à la place des échantillons d’urine, alors que, nota un médecin de l’Air Force, « puisque tout le monde présentaient d’importants écoulements du nez dans ce climat, il parut raisonnable de douter de la valider de ce contrôle ».

Dans les années qui suivirent le Projet Crested Ice, l’épouse du responsable du personnel Danois à Thulé commença à rassembler les noms et les histoires médicales d’environ 800 Danois impliqués dans ce projet. De nombreuses personnes présentèrent un large spectre d’affections, dont 98 cancers ce qui représentait 12% de l’effectif.

Un article original publié en 1986 par l’Institut Danois d’Epidémiologie Clinique (DICE) mentionnait un taux de mortalité dix fois supérieur à la réalité (une mauvaise interprétation des mesures d’incidence/mortalité). En fait il y eut 6 cas de mortalité (et non 60) parmi les 130 travailleurs les plus exposés. Le nombre de sujets est si petit statistiquement parlant que l’institut ne pouvait pas étudier ce groupe et apporter des conclusions valables. Ils ont donc réalisé une étude scientifique à grande échelle comprenant les 4000 travailleurs de Thulé.

Bien que les épidémiologistes gardaient à l’esprit le fait que le plutonium était radioactif mais ne contaminait pas les travailleurs tant qu’ils ne respiraient pas ses vapeurs ou l’ingérait, il y avait toujours un risque d’éclaboussure ou d’un geste maladroit.

En décembre 1986, le Premier ministre Danois Poul Schlueter proposa donc aux travailleurs de Thulé de se faire examiner par des radiologues. Les scientifiques disposaient également de l’enregistement des niveaux de radiation et des échantillons d’urine qui leur permit d’évaluer les doses individuelles reçues (la plupart étaient très faibles ou même pas mesurables).

Onze mois plus tard, le DICE constata que les travailleurs de Thulé ayant participé à Crested Ice présentaient 40% plus de cancers que les 4000 travailleurs employés à Thulé avant et après l’accident d’avion et n’ayant pas participé au nettoyage du site. Un rapport publié le même mois par la Société Danoise du Cancer (DCS) découvrit que le taux de cancers chez les travailleurs de Crested Ice était 50% plus élevé que dans la population générale, mais après comparaison cette étude conclut que l’exposition au rayonnement ionisant n’en était pas la cause. Cette conclusion assez inattendue mérite quelques explications.

Les résultats épidémiologiques

Quand on apprend que des travailleurs de Thulé ont contracté des cancers ou en sont morts, on est naturellement enclin à se demander si durant la période alléguée, ils n’ont pas été contaminé sur le site qu’ils ont nettoyé ? En répondant à cette question, on comprendra mieux le rôle très important que joue les scientifiques pour faire sortir la vérité du flot de polémiques qui entoure ce sujet.

En septembre 2005, j’ai pris contact avec le Dr. Hans Storm, directeur du Centre de Documentation et de Prévention du Cancer du DCS et discuté avec lui des analyses statistiques que son laboratoire indépendant avait effectuées.

Le DCS procéda aux analyses et au suivi épidémiologique des travailleurs de Thulé entre 1968 et 1995, aussi longtemps que possible, afin de déceler tout cancer induit par radiation – excepté la leucémie apparue plus tard suite à une longue exposition. Son laboratoire travailla également en collaboration avec les laboratoires japonais.

Le Dr. Storm confirme qu’environ 1200 travailleurs de Thulé ont été exposés aux produits contaminants. Comparé à un groupe témoins d’homme Danois du même âge, il n’apparaît statistiquement aucune différence entre les risques de cancer des deux groupes de population, excepté le fait que ceux ayant travaillé longtemps à Thulé (10 à 20 ans) présentent plus de cancers liés au tabac, à l’alcool et au Soleil (UV) que ceux restés à Thulé peu de temps. Comparés à la population générale, les deux groupes de travailleurs présentent une incidence de cancer légèrement supérieure, toutefois aucune différence n’apparaît lorsqu’ils sont comparés à un groupe de travailleurs assurant des fonctions similaires (dockers).

Les scientifiques ont ensuite regroupé les résultats pour faire ressortir les cancers ayant pu être induits par radiation. A leur surprise il n’apparut aucune différence entre les deux groupes de travailleurs, même en considérant des mesures étalées sur plus de 10 ans. La seule différence concernant le risque cancérigène est liée aux source précitées (tabac, alcool, Soleil).

D’un point de vue statistique et épidémiologique les scientifiques n’ont donc pas constaté de lien de cause à effet entre l’accident d’avion et ces cancers.

En effet, analyser uniquement les chiffres l’absolu et constater qu’il y a plusieurs victimes de cancers n’est pas suffisant. Il faut également trouver un dénominateur commun, c’est-à-dire à quoi peut-on s’attendre en examinant un groupe de travailleurs ayant longtemps séjourné à Thulé comparé à la population générale et par ailleurs, ainsi que nous l’avons dit, comparer les groupes exposés et témoins.

En suivant cette méthode, on observe un effet d’exposition lié au temps sans pouvoir démontrer quoi que ce soit pouvant supporter l’hypothèse qu’il y a un risque lié aux radiations.

Si les deux populations présentent un certain nombre de cancers naturels ou induits par leur profession, la question est de savoir si elles sont suffisamment protégées contre ce risque ? Il s’agit bien sûr d’une supposition, qui peut être vrai, à la condition qu’elle ait valeur statistique. C’est-à-dire retrouve-t-on ici aussi un risque similaire à travers le monde chez les travailleurs manipulant les mêmes substances ?

Cela reste difficile à postuler. En fait il est plus facile d’analyser le rôle que peuvent jouer des facteurs tels que les circonstances sociales et le style de vie de ces travailleurs. Les scientifiques savent par exemple que ce groupe fume et boit plus que la population générale, ce qui l’expose à plus de risques de contracter divers cancers. C’est la raison pour laquelle il est si difficile de réaliser une étude épidémiologique fondée sur l’occupation des gens et pointer leur travail comme étant la seule cause de leur maladie en vue de les indemniser. Cependant, au cours des dernières années les épidémiologistes ont pu établir une liste des substances cancérigènes et il est arrivé qu’une travailleuse Danoise ait été indemnisée pour avoir contracté un cancer suite à une exposition passive à la fumée. Elle est malheuresuement en train de mourir sans pouvoir profiter de son indemnisation.

On peut enfin se demander quelle est l’attitude du gouvernement danois en matière de risque professionnel ? Dans le cadre de la législation européenne ou danoise, il existe de nombreuses réglementation en matière de travail y compris concernant la manipulation de substances radioactives. Avec le recul il est impressionnant de constater combien elles s’appliquaient parfaitement à l’incident de 1968. Des ingénieurs atomistes danois ont effectué des mesures dans les zones réservées, le contrôle d’accès et sur le matériel collecté juste après l’accident jusqu’à ce qu’il soit embarqué pour les Etats-Unis. Notons que ce sont ces scientifiques qui comptent parmi les travailleurs les plus exposés et non pas l’équipage du crash ou les Groenlandais ou leurs chiens qui restèrent les derniers dans la zone réservée pour trouver des survivants. Aucun d’eux n’a contracté aucune maladie (mais les épidémiologistes danois ne les ont pas tous suivi).

Fin 1987, quelque 200 travailleurs danois poursuivirent les Etats-Unis en justice grâce au « Foreign Military Claims Act » pour les dommages causés par leur travail durant le Projet Crested Ice. Ce procès ne fut pas autorisé par l’USAF mais la procédure permit de découvrir des centaines de documents secrets.

Bien qu’ils n’apportèrent pas de lumière sur les problèmes sanitaires des travailleurs, ils révélèrent que le personnel de l’USAF ayant travaillé à côté des Danois n’avait pas fait l’objet d’une surveillance médicale à long terme, alors que beaucoup d’entre eux furent probablement exposés à des doses plus élevées que les Danois. En 1996, quatre autres plaignants furent également déboutés devant la Cour américaine.

A ce jour, l’USAF refuse toujours de fournir la moindre information concernant les propriétés toxiques ou radioactives des bombes ou du B-52, une attitude qui stigmatise les Danois dans leur volonté de connaître la vérité et la cause de leurs maladies.

Aujourd’hui pour le gouvernement danois et l’USAF cette affaire est clôturée, la population danoise ayant accepté les conclusions des scientifiques du DCS, à savoir :

– Il n’y a pas eu de risque accru de cancer imputable à une exposition aux radiations – qui fut de toute façon proche du seuil de détectabilité (le risque zéro n’existe pas). En fait on ne peut pas scientifiquement prouver que les cas de cancer sont imputables ou non à la radioactivité qui s’est échappée des bombes au cours du crash.

– Parmi tous les travailleurs ayant ou non travaillé à Thulé à l’époque du crash, ils présentent une légère augmentation du risque de cancer – similaire à celle des autres travailleurs occupant les mêmes fonctions au Danemark.

– Aucune compensation autre que pour le stress psychologique enduré suite à la longue étude des effets collatéraux n’a été payée par le Gouvernement – les travailleurs de Thulé ont accepté les conclusions scientifiques : il n’y a pas eu d’effets liés aux radiations.

– Moins de 25 Inuits de Thulé ont contracté un cancer – et cela ne représente pas une augmentation statistique du risque à notre connaissance. Les 200 personnes citées dans certains articles résultent probablement d’une incompréhension.

Finalement les épidémiologistes danois n’ont pas appris grand chose de l’accident de Thulé si ce n’est des effets psychologiques de l’incertitude quant à l’état de contamination des victimes et des polémiques suscitées dans les médias qui ont effrayé les travailleurs aujourd’hui âgés de plus de 50 ans et parvenus à un âge où le cancer pourrait se déclarer.

En fait les cancers observés sont distribués sur une période de plus de 20 ans et aucun pic de maladie n’apparaît à une époque plutôt qu’une autre.

D’un point de vue épidémiologique, en tenant compte de l’influence de l’âge, le Dr. Storm conclut qu’il ne s’attend pas à observer plus de cancers à une certaine époque après l’exposition bien que certains types de pathologies (cancers groupés) pourraient certainement être un signe significatif, ce qui n’est pas encore observé.

Dans les conclusions qu’il m’adressa, le Dr. Storm déclara en suspens : « en tant que scientifique nous devons être honnêtes envers les découvertes et ne jamais exclure aucune hypothèse tant que la biologie est concernée. Nous acceptons toutefois les conclusions précitées du fait que la probabilité du risque s’avère minuscule après avoir rassemblé tous les indices, étudié les rapports des doses, les études d’incidence et la mortalité. Je me bats au quotidien pour indemniser les victimes chaque fois que cela est possible, mais dans ce cas d’espèce, ce n’est pas le cas, et contrairement aux journalistes et aux politiciens, nous sommes intègres et honnêtes ».

Et le Dr. Storm de conclure à l’intention des journalistes avides de sensationnel : « Les journalistes n’acceptent jamais les conclusions qui peuvent ruiner une bonne histoire – les scientifiques laissent toujours un peu de marge pour de nouvelles études – nous avons conclu que les effets des radiation subséquents à l’accident sont faibles à nil – mais nous ne pouvons pas récuser le fait que les travailleurs du Groenland et du Danemark présentent une incidence de cancers supérieure à celui des plus hautes classes sociales – mais les journalistes ne s’intéressent pas à la dimension sociale et aux effets de bords des vrais bandits, l’industrie du tabac et l’industrie de l’alcool ».

Les résultats épidémiologiques ont été publiés en danois, dans des thèses de doctorat et dans un journal médical. Quelques sites webs danois s’en font également l’écho dont le blog très détaillé Atom Posten d’Anne Albinus qui cite notamment les travaux et le journal d’Otto Kofoed-Hansen (cf. « OKH’s dagbog 1987 ») et la faiblesse des statistiques établies à l’époque, concluant notamment que « Knud Juul a présenté les statistiques d’une façon arrogante sous-entendant que c’est la façon de vivre des travailleurs qui était à l’origine de leurs maladies. »

Aujourd’hui, les Inuits expulsés en 1953 de Thulé par le gouvernement danois à la demande des Américains demandent réparation, la fermeture de la base militaire et de pouvoir retourner sur leurs terres. Selon les experts, ils n’ont qu’une chance sur deux de réussir.

Ironiquement ainsi que le rappela un journaliste de la BBC, en 1968 les Américains ont demandé aux chasseurs Inuits de les aider à retrouver leurs bombes, car ils étaient les seules personnes connaissant bien la région et qui pouvaient retrouver leur chemin dans le mauvais temps. Mais comme le fit remarquer un MP en place à Thulé, quelle nation a déjà fermé une base américaine ? Cela reste exceptionnel et uniquement sous la pression des gouvernements et des habitants.

Autres incidents nucléaires

S’il n’y a plus eu d’accident impliquant des bombes H depuis 1969 grâce à l’ordonnance de McNamara concernant les exercices d’alertes américains, les Etats-Unis semblent avoir définitivement musellé les auteurs des fuites car aucun incident n’a été reporté depuis 1980 et les rares films sur le sujet s’arrêtent en 1969 alors que l’arsenal nucléaire existe toujours et fait toujours l’objet d’excercices ou de travaux de maintenance.

Selon Marvin T. Broyhill du 380eme SAC que j’ai contacté et qui consulta cette liste d’accidents impliquant des bombes H, « cette liste n’est certainement pas complète car dans un certain nombre de cas les armes n’ont jamais été récupérées. Il y en eut de nombreux autres où les armes furent récupérées ».

Il y eut en effet d’autres incidents où les bombes n’ont pas été perdues, des crashes d’avions de chasse non porteur de bombes atomiques (non cités), des sous-marins nucléaires coulés corps et biens sans contamination ni explosion (non cités), des bombardements ou des crashes inquiétants d’avions et des alertes nucléaires militaires. Voici la liste complète des événements connus jusqu’à aujourd’hui. Elle est tenue à jour en fonction de l’actualité. Les événements politiques (conférences, accords, etc) n’ont pas été mentionnés.

Années 1940

Sans oublier les explosions d’Hiroshima et de Nagaski en 1945 qui eurent lieu en temps de guerre, la quasi totalité des autres incidents ou accidents nucléaires militaires se sont déroulés en temps de paix.

La course à l’armement nucléaire commença réellement en juin 1948.

L’Union Soviétique commença son blocus de Berlin, coupant la ville en deux secteurs, Berlin Ouest et Berlin Est. Les Etats-Unis entamèrent un long pont aérien afin de pourvoir les habitants de Belin Ouest en nourriture et fuel. Le pont aérien continua jusqu’en mai 1949, lorsque les Soviétique levèrent le blocus de la ville. Les Américains discutèrent alors de la possibilité d’utiliser des armes nucléaires tactiques si le conflit s’envenimait. L’incident encouragea le Gouvernement américain à placer des armes nucléaires dans les pays alliés européens, des postes avancés pour dissuader l’Union Soviétique d’envahir l’Europe. La Guerre froide avait commencé et durera près de 20 ans.

Années 1950

Le 11 avril 1950, un bombardier B-29 Superfortress transportant une bombe nucléaire percute une montagne proche de la base aérienne de Kirtland AFB, au Nouveau-Mexique. La bombe est détruite mais l’ogive nucléaire qui n’avait pas été insérée dans la bombe resta intacte et fut récupérée.

Le 31 octobre 1952, dans le cadre de leurs essais atomiques en atmosphère, les Etats-Unis procède à l’Opération Ivy, test Mike, en faisant exploser une bombe H de 10.4 MT sur l’île d’Elugelap, dans l’atoll d’Enewetak appartenant aux îles Marshall. Selon les experts même de Los Alamos, Mike n’est pas une bombe dans le sens combatif du terme, elle est trop puissante et reste un instrument stratégique de dissuasion. Elle est haute comme un building de 3 étages, pèse plus de 500 tonnes et est alimentée avec du fuel cryogénique, du deutérium liquide. La boule de feu fut estimée à plus de 4.8 km de diamètre. Sous l’explosion, l’île d’Elugelap disparu ainsi que des portions des îles avoisinantes. Avec le succès de Mike, les Etats-Unis entrèrent dans l’ère des armes nucléaires multi-mégatonnes. Rappelons que les bombardiers du SAC ne transportent que des bombes H de moins de 1.5 MT.

Le 24 mars 1958, le magazine « Life » publia un article intitulé « A scare felt around the world » dans lequel l’auteur raconta qu’un B-47 du SAC, pour une raison qui demeure inexpliquée, largua une bombe atomique sur Mars Bluff, en Caroline du Sud. La bombe n’était pas armée, il n’y eut donc pas d’explosion nucléaire, mais les photos accompagnant l’article montrèrent très bien qu’il y eut des dommages considérables suite à l’explosion de l’amorce conventionnelle qui forma un cratère de 20.5 m de diamètre et de 10.5 m de profondeur.

Années 1960

Les années ’60, souvent considérées comme révolutionnaires d’un point de vue culturel et politique, furent également la décennie la plus stressante sur l’échiquier géopolitique. C’était la Guerre Froide et ce n’était pas un vain mot. Les Grandes Puissances comme leurs alliés considéraient les armes atomiques comme des jouets et les disposaient selon leur humeur. Cela conduisit forcément à quelques sérieuses crises politiques.

En 1960 à Murmansk, la Russie met à flot son premier sous-marin nucléaire porteur de missiles, le K-12. Fleuron de la marine soviétique, au cours d’une mission dans les régions polaires, une fuite radioactive se produit dans le circuit de refroidissement du circuit primaire. Des marins du pont vont essayer de colmater la fuite avec de la soudure. Mais sous leur combinaison, ils n’y voient rien et ne peuvent pas travailler dans ces conditions. Ils effectueront donc leur travail en chemise et sans protection par plus de 60°C et dans une pièce exposée aux radiations. Certains y travailleront une heure d’autres plusieurs jours. Finalement, cette solution s’avère inefficace et le commandant décide de noyer le coeur atomique, ce qui permet de sauver une partie de l’équipage. Peu de temps après, le commandant rompt le silence radio et fait évacuer les marins. Au cours de cet accident, la plupart des hommes recevront une dose de radioactivité 17000 fois supérieure à la dose légale. Plus de 100 marins mourront dans les semaines ou les mois qui suivirent. 12 marins ont survécu. Depuis le K-12 fut surnommé « Hiroshima » par les sous-mariniers.

Après sa décontamination (la « liquidation » de l’épave), le sous-marin sera remis à flot mais Moscou n’informa pas son nouveau commandant qu’il y avait eu un accident nucléaire à bord. Il l’apprendra des marins. Moscou a maintenu la censure sur cet accident jusqu’à l’époque de la « Gladnosc » de Gorbatchev. Encore aujourd’hui le carnet de santé des marins concernés par cet accident ne fait aucun état de leur contamination radiologique et ne mentionne qu’une maladie « végétative » qui ne veut rien dire. Les familles des victimes n’ont jamais été indemnisées. Hollywood en fit un film mettant en vedette Harrison Ford.

Viennent ensuite les accidents nucléaires « Gerboise verte » et de « Béryl » survenus en 1961 et 1962 lors des tirs nucléaires souterrains français en Algérie. Le premier contamina 195 soldats, le second en tua une vingtaine à moyen terme et en contamina des centaines d’autres.

Carte de pointage vertical dans le Centre d’Information de Combat du porte-avion USS Bridge (AOE10). Document NAVY.

Il y eut également les trois incidents ou accidents impliquant des B-52 porteurs de bombes H évoqués précédemment en 1961, 1966 et 1968.

Le 5 octobre 1960, la panne d’un radar du NORAD provoqua dans la Salle de guerre la réception d’une fausse alerte de priorité maximale en provenant de la base radar et de missiles ballistiques de Thulé, indiquant qu’une attaque massive de missiles avait été déclenchée contre les Etats-Unis.

En décembre 1960, les membres du Joint Strategic Target Planning américain terminent le plan SIOP 62. Ce plan de guerre consiste à lancer plus de 3000 armes nucléaires – y compris des centaines de bombes H – pour attaquer 1000 cibles différentes du bloc Communiste dans les premières heures d’un conflit. Cela devait en principe suffire pour tuer le quart de la population soviétique.

Le 3 janvier 1961, des barres de contrôles sont retirées par erreur d’un réacteur nucléaire militaire expérimental installé près d’Idaho Falls, en Idaho, provoquant une explosion de vapeur qui tua trois techniciens. L’un d’entre eux mourut empalé sur une barre de contrôle.

Le 4 juin 1962, la tête nucléaire placée dans l’ogive d’un booster d’une fusée Thor tombe dans l’océan Pacifique alors que le booster aurait dû être détruit. Le 20 juin, un second booster Thor tombe en panne et la tête nucléaire coule également dans l’océan Pacifique.

En septembre 1962, pour réduire la vulnérabilité des Etats-Unis face à une attaque nucléaire, le Président J.F.Kennedy conseille aux Américains de construire des abris anti-atomiques. Sa lettre publiée dans le magazine « Life » de septembre déclenchera une vague de « shelter-mania » qui dura environ un an. Aujourd’hui encore, des centaines d’Américains disposent toujours d’un tel abri.

Du 16 au 29 octobre 1962, c’est la Crise des Missiles de Cuba. Un long bras de fer s’installe entre les Etats-Unis et la Russie lorsque les premiers découvrent que Fidel Castro a fait installer des missiles russes à Cuba. Les Etats-Unis font le blocus de Cuba durant 33 jours pendant que les Présidents Kennedy et Khrushchev travaillent derrière la scène à désamorcer la situation. Finalement les Russes retirent publiquement leurs missiles de Cuba et les Etats-Unis retirent les leurs de Turquie. La crise de Cuba conduisit les deux nations à un doigt d’une guerre nucléaire.

Le 16 octobre 1964, la Chine fait exploser sa première bombe atomique au centre d’essai de Lop Nor situé dans la province de Sinkiang.

Entre 1957 et 1965, 100 kg d’uranium-235 disparaissent d’un centre de recyclage nucléaire situé à Apollo, en Pennsylvanie.Le matériel permettait de fabriquer plus d’une bombe nucléaire. Le président de la société avait des relations avec Israël mais le mystère n’a jamais été résolu.

Le 5 décembre 1965, un avion Douglas A-4E armé d’une bombe nucléaire B43 de 1 MT glisse et tombe à la mer au cours d’un exercice sur le croiseur USS Ticonderoga (CVA-14) et coule par 4900 m de profondeur à 80 miles des côtes d’Okinawa, au Japon. La bombe ne fut jamais récupérée. Le Pentagone ne révéla cet incident qu’en 1980.

Entre le 8 et le 10 mars 1968, un sous-marin russe de classe Golf-II armé de trois missiles nucléaires coule à 1200 km des côtes d’Oahu dans l’archipel d’Hawaii.

Au mois de juillet 1968, le caboteur Scheersberg-A quitte le port d’Anvers pour Gênes avec deux tonnes d’uranium à bord. Le navire n’arrivera jamais en Italie comme prévu mais à Iskenderun, en Turquie, sans sa cargaison. Des années plus tard, le propriétaire du navire est retrouvé dans une prison norvégienne et fut identifié comme étant un agent secret israélien.

Le 14 janvier 1969, une roquette Zuni armant un avion Phantom explose accidentellement sur le pont du porte-avion nucléaire USS Enterprise, alias « Big E », tuant 25 marins et blessant 85 membres d’équipage.

Années 1970

Le 6 octobre 1973, c’est la guerre du Yom Kippur. Israel est en état d’alerte nucléaire pour la première fois mais parvient à limiter son engagement aux forces conventionnelles. Lorsque le Président Brezhnev établit un pont aérien pour aider l’armée égyptienne, le Président Nixon conduit le monde à une alerte nucléaire. Un cesser-le-feu mettra fin à la crise.

Le 7 juillet 1977, les Etats-Unis annoncent qu’ils ont testé une bombe à neutrons. La décision du Président Jimmy Carter sera désapprouvée par la population et le programme sera abandonné en avril 1978.

Poste de pilotage du sous-marin USS Seawolf (SSN21). Document NAVY.

Le 8 septembre 1977, le sous-marin nucléaire russe K-171 de classe Delta largua accidentellement une ogive nucléaire près des côtes du Kamchatka dans la Pacifique. Heureusement, l’ogive fut retrouvée.

Le 22 septembre 1979, sans préavis, une explosion nucléaire se produit au large du Cap de Bonne Espérance, au sud de l’Océan Indien. Des personnes bien informées pensent qu’Israël fit un tir d’essai avec l’assistance de l’Afrique du Sud.

Le 9 novembre 1979, l’attaque simulée d’un missile américain alimente accidentellement un système de prévention qui dupe les opérateurs. Durant les 6 minutes qu’il fallut pour découvrir que l’attaque n’était pas authentique, les chasseurs des bases des Etats-Unis et du Canada ont décollé d’urgence, tandis que les missiles et les sous-marins installés à travers le monde furent placés en alerte.

Années 1980

Le 3 juin 1980, un processeur de 0.46$ tombe en panne au NORAD, provoquant une (fausse) alerte d’attaque par un missile soviétique. Environ 100 bombardiers B-52 sont placés en état d’alerte et prêts à décoller. L’avion présidentiel Air Force 1 décolle au même moment avant qu’on découvre qu’il s’agissait d’une fausse alerte.

Le 20 septembre 1980, un technicien perd une manivelle et brise une réserve de fuel, provoquant l’explosion d’un silo abritant un missile intercontinental Titan II. L’explosion souffla le silo de 740 tonnes et expédia le véhicule de réentrée et ses 9 MT de charge nucléaire à 200 m d’altitude. L’accident tua un homme et en blessa 21 autres.

Le 30 septembre 1980, un chasseur F-4 iranien bombarde le centre de recherche nucléaire irakien d’Osirak

Le 21 mars 1984, le porte-avion USS Kitty Hawk entre en collision avec un sous-marin russe d’attaque. Le sous-marin est porteur de torpilles à charge nucléaire et le navire US est armé de plusieurs dizaines de missiles nucléaires.

Le 24 mars 1984, des chasseurs irakiens font un raid aérien sur la centrale nucléaire iranienne de Bushehr. L’attaque sera répétée le 12 février 1985, le 4 mars 1985 et le 17 novembre 1987.

Le 10 janvier 1985, un missile américain Pershing II prend feu près d’Heilbronn en Allemagne de l’Ouest, lançant des fragments brûlants du missile jusqu’à 228 m d’un stock de têtes nucléaires.

Le 3 octobre 1986, un feu se déclare dans le sous-marin nucléaire russe K-219 de classe OTAN Yankee. L’accident se produit à environ 644 km (400 miles) à l’est des Bermudes. Les efforts héroïques des membres d’équipage évitent la fusion du réacteur qui, sinon, aurait pu contaminer toute la côte Est des Etats-Unis et du Canada ! Le sous-marin coula trois jours plus tard. L’épave contient toujours le réacteur nucléaire.

Années 1990

Le 18 janvier 1991, la Guerre du Golfe éclate, c’est l’opération Tempête du Désert ordonnée par le Président George H.W.Bush. Israël est en état d’alerte nucléaire pour la durée des hostilités et annonce qu’elle fera usage de l’arme nucléaire si l’Iraq utilise des armes chimiques contre les missiles Scud tirés depuis les villes israéliennes.

Le cuirassé USS New Jersey, classe Iowa, lançant un de ses 32 missiles Tomahawk au cours de la Guerre du Golfe en 1991. Document UMR/David Roger.

Le 31 juillet 1991, utilisant des stylos fabriqués avec le métal recyclé des missiles SS-20 et Pershing II, les Présidents George Bush et Mikhail Gorbachev signent le premier Traité bilatéral de Réduction des Armes Stratégiques, SALT I. Le traité envisageait une réduction du nombre de têtes nucléaires détenues dans chaque camp à 5000 unités au cours des sept prochaines années.

Le 27 september 1991, la mise à feu d’un missile se déroule mal à bord d’un sous-marin nucléaire soviétique de classe Typhoon transportant plusieurs armes nucléaires.

Le 17 janvier 1993, les Etats-Unis lancent 45 missiles de croisière Tomahawk contre le complexe industriel iraquien de Zaafaraniyeh qui, selon les services secrets fabriquerait des équipements à l’uranium enrichi.

Le 20 mars 1993, un sous-marin nucléaire russe de classe Delta III porteur de missiles ballistiques nucléaires entre en collision avec le sous-marin nucléaire d’attaque américain USS Grayling dans la Mer de Barents.

Le 17 juillet 1993, le sous-marin nucléaire d’attaque français Rubis entre en collision avec un tanker et subit d’importantes avaries.

En septembre 1993, les spécialistes nucléaires russes découvrent que l’augmentation des niveaux de radiations dans le dépôt de munitions ukrainien de Pervomaisk est dû à des mesures de sécurité et des procédures de maintenance insuffisantes.

En octobre 1993, à la frontière de l’Ukraine et de la Russie, les Russes découvrent dans un wagon de chemin de fer deux têtes nucléaires émettant dangereusement de la radioactivité. Les armes furent confisquées durant deux semaines par le Colonel Yevgeny Maslin, Général en Chef du Département de Munitions Nucléaires de Russie.

Le 7 décembre 1993, le Département de l’Energie américain révéla qu’il avait procédé à 204 tirs nucléaires souterrains secrets au cours des 45 dernières années. Cela porta le nombre total d’essais nucléaires américains à 1051. Le Département de l’Energie révéla également que les Etats-Unis avaient délibérément exposé plusieurs Américains à des niveaux de radiations dangereux au cours d’expériences médicales et ce, sans leur consentement.

Le 17 novembre 1999, durant un vol d’entraînement, un chasseur Tornado britannique s’écrase en Mer du Nord, à 800 mètres d’une centrale nucléaire écossaise. Toutefois, dans leur rapport officiel, les Anglais placèrent la distance du crash à 1.6 km (1 mile) qui correspond à la distance de sécurité minimale que les avions militaires doivent respecter vis-à-vis des installations nucléaires.

En 1999 encore, durant la « mini-guerre » Kargil qui se déclara entre l’Inde et le Pakistan qui se disputaient un territoire dans le Kashmir, les deux pays auraient été en alerte nucléaire. Selon le journaliste indien Raj Chengappa, l’armée indienne était en état d’alerte 3, « signifiant que des bombes nucléaires pouvaient être livrées à court terme… La trajectoire fut calculée de manière à ce que les deux étages du vecteur ne retombent pas sur le territoire Indien et ne blesse personne. Le Pakistan aurait également pris ses dispositions pour passer en état d’alerte 3 » (extrait de « Weapons of Peace 2000 », New York Times du 15 juillet 2001, « For the Newest Nuclear Powers, A Little Chat » par Barry Bearak).

Années 2000

Deux torpilles conventionnelles de 533 mm du Kursk dont voici une autre vue. Auteur anonyme.

En mai 2000 un violent feu pénètre dans l’enceinte du Laboratoire Scientifique de Los Alamos (LASL), un complexe de 72 km2 spécialisé dans les armes nucléaires.

L’incendie détruisit quelques bâtiments historiques abritant les laboratoires relatifs au Projet Manhattan. L’incendie fut déclenché par des rangers forestiers qui nettoyaient le bush dans la Bandalier National Forest entourant le laboratoire.

Un porte-parole du LASL déclara que le laboratoire abritait presque 3 tonnes de plutonium. Il était stocké dans des récipients en acier trempés placés dans des bunkers en béton armés à l’épreuve du feu. L’incendie s’était approché à moins de 27 mètres de la réserve. Le tritium était stocké de la même manière au LASL.

Le 12 août 2000, soit près de 40 ans après l’accident du K-12, lors d’un exercice, une torpille nucléaire Granit se déclenche accidentellement et explose à bord du sous-marin nucléaire russe Kursk K-141.

Suite à un manque de réaction du Président Putine qui pensa que son pays résoudrait seul ce problème, l’accident fit 118 victimes, quasiment toutes mortes noyées. Le sous-marin coula à 135 km au large de Murmansk par 115 mètres de profondeur dans les eaux glaciales de la Mer de Barents située au nord de la Norvège et de la Russie occidentale. L’épave, à l’exception du nez, sera renflouée puis démantelée.

La salle de contrôle du réacteur du Kursk. Document Aeronautics.

L’armement du Kursk était important. Il comprenait 24 missiles de croisière Granit à capacité nucléaire (stockés dans des silos non accessibles à l’équipage), 6 tubes lance-torpilles de 533 mm et deux bombes anti sous-marines de gros calibre. Le compartiment pouvait contenir 28 torpilles ou autres munitions.

Le 10 avril 2003 la Corée du Nord ratifia le traité de non prolifération des armes nucléaires et la Lybie se retira du jeu.

En février 2004, l’ingénieur atomiste pakistanais Abdul Qadeer Khan confessa publiquement que les scientifiques de son pays avaient partagé des secrets nucléaires avec la Corée du Nord, la Lybie et l’Iran.

Aujourd’hui l’Iran continue à coopérer à sa manière avec les inspecteurs de l’AIEA dans le cadre de son programme nucléaire civil. Les relations de l’agence atomique et de l’ONU avec l’Iran sont « cordiales » mais son programme nucléaire est étroitement surveillé.

En guise de conclusion

Tant les Etats-Unis que la Russie semblent enfin avoir pris les traités SALT et START au sérieux et s’accordent sur une diminution de leur arsenal nucléaire et des exercices impliquant des armes atomiques.

Il aura fallut 60 ans pour que le monde prenne conscience du danger qu’ils faisaient courir à toute la planète en conservant chacun un arsenal nucléaire disproportionné.

La même attitude se présente aujourd’hui à propos des centrales nucléaires. Mais le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Inde, le Pakistan, Israël, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Iran et l’Irak ne l’entendent pas de la même oreille.

A cette longue liste d’accidents et de pays belliqueux, il faut bien entendu ajouter les dizaines de tirs d’essais en atmosphère qui ont contaminé des civils et l’environnement à long terme ainsi que les accidents nucléaires civils, dont la liste ne fait que s’allonger année après année.

Il n’est pas utile de s’étendre sur le sujet qui parle de lui-même, mais cela confirme à quel point les gouvernements et les armées prennent la question des risques liés au nucléaire avec désinvolture et très peu de sérieux et ce, des deux côtés de l’atlantique.

Si depuis les accidents de B-52 les règlementations américaine et internationale ont été modifiées en faveur de plus de sécurité aérienne, les Etats-Unis comme la Russie, la France et une poignée d’autres états continuent à entretenir leur arsenal nucléaire, y compris celui stationné dans les bases militaires de leurs alliés. L’uranium et le plutonium s’y accumulent, atteignant aujourd’hui des stocks qui s’élèvent à plusieurs dizaines de tonnes selon l’organisation WISE-Paris.

Le risque nucléaire reste d’actualité, non seulement dans l’air ou sur terre mais également dans l’eau, via les nombreux accidents entre sous-marins et bâtiments civils.

Par ailleurs, même s’il s’est fortement amenuisé depuis le temps de la Guerre Froide, il reste des conflits, y compris en Europe, où l’arme nucléaire a été utilisée (Cf. l’uranium appauvri) et trop d’accidents nucléaires tant militaires que civils.

Il est temps d’agir en appelant nos dirigeants nationaux et européens à plus de responsabilités et de transparence. Les méthodes à mettre en oeuvre sont simples et un mouvement collectif attire toujours l’attention des politiques : écrivez à vos représentants publics (échevins, bourgmestres, maires, députés, sénateurs, parlementaires, ministres, etc), supportez les ONG et autres organisations civiles de lutte pour le désarmement et pour la paix, les groupements écologiques anti-nucléaires, contactez les éditeurs impliqués dans cette démarche, adhérez à des magazines d’information et transmettez le message autour de vous.

http://www.astrosurf.com/luxorion/index.htm

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