Parasha de la semaine TORAH

Les 7 lois fondamentales de l’existence – Noah’

Noah1UNE LOI, CHAQUE SEMAINE

Paracha « Noah’ »

Shabbat du 5 octobre 2013 (Nouvelle lune)

La Parasha est l’unité de division hebdomadaire de la Torah

La paracha Béréchit nous révèle le but de la Création, la raison d’être de l’univers et de l’humanité, et le fonctionnement de l’homme qui doit en découler. Quelle est ta véritable Intention ?

Ce passage du Créateur à l’homme, étant donnée la distance de nature entre les deux partenaires, suscite nécessairement un appauvrissement de la présence divine sur terre qu’est aussi la Shékhinah (Mère Divine). il n’est pas toujours facile de rendre son pouvoir à la Divine Providence, ou de se garder d’un langage « impur », l’homme étant ce qu’il est, le temps et son courage lui permettra de se parfaire et ainsi de se réparer. Mais les 7 lois fondamentales qui ont été données à Noé, pour toutes les nations, quelque soit leur culte sont garantes d’une éventualité de réparation. Sans le respect de ces 7 lois, aucune réparation n’est possible .

2e Paracha – Noa’h: Noé  Béréchite (La Genèse) 7, 1 – 11, 32

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

Pour lire l’étude de la paracha sur Modia, c’est ici : Noa’h

La paracha traite du déluge

Quel homme ou femme être: choisir, persévérer, fructifier et apporter une bénédiction discrète dans un monde de violence, même si le prix à payer pour cela passe par l’isolement et la différence.

Nous apprenons la généalogie de Noa’h, (Noé) homme juste, mais qui n’avait pas transmis correctement ses principes de vie à sa descendance. Hachem n’ayant pu trouver qu’un juste et sa famille sur la terre (tout le reste du monde était corrompu), Il décida d’y mettre fin et invita Noa’h et sa famille à se construire une arche goudronnée et étanche pour y placer des couples de tous les animaux de la terre afin de les sauver du déluge.

Nous assistons à l’entrée de Noa’h, (que D.ieu avait seul trouvé assez droit pour refaire le monde à partir de sa descendance), de sa famille et des couples d’animaux de la Création dans l’arche, au déluge, puis les différentes tentatives pour savoir si la terre était libérée de l’eau qui avait recouvert la terre et noyé tous les « rachayim » (méchants).

Hachem leur permet de descendre sur la terre ferme et leur donne l’ordre de se multiplier.

Il leur donne les 7 « lois Noa’hiques », qui aujourd’hui encore sont en vigueur pour ce qui concerne tous les peuples de la terre, les Juifs ayant reçu plus tard la Torah avec ses 613 « mitsvote » commandements.

Il est aussi question de la tour de Babel, le don de D.ieu : l’arc-en-ciel, signe qu’Il ne détruira plus jamais la terre, l’ivresse de Noé et la conduite différente de ses fils et on passe en revue les générations jusqu’à Abraham :

ADAM, SETH, ENOCH, KENANE, MAHALALEL, YERED, ‘HANOKH, METOUCHELAH, LAMEKH, NOA’H, soit 10 générations depuis la création du monde et depuis Adam et CHEM, ARPACHAD, CHELA’H, EVER, PELEG, REOU, SEROUG, NA’HOR, TERA’H et AVRAHAM, soit 10 nouvelles génération. (Abraham se situe donc à la 10ème génération de Noa’h et à la 20ème génération d’Adam.)

Le projet divin est non seulement la science de l’univers comme lieu d’expansion de la bénédiction divine, mais aussi la connaissance de la vie interne de D.ieu dans une relation au niveau masculin-féminin, à l’image du Créateur entre Haqqadoche Baroukh Hou et la Chékhina. Mieux, D.ieu a remis à l’homme une certaine influence sur la Création en lui permettant de faire le « tiqqoune » (Réparation), afin de réparer le monde en montrant à l’homme que c’est par les prières et les mitsvote que cela peut se faire.

On nous montre comment découvrir le meilleur en chacun dans le peuple (qui n’est alors pas encore Juif) et on nous explique comment orienter sa vie vers le bien en commençant par respecter les mitsvote et comment devenir un homme juste ayant la crainte du Ciel, un « tsaddiq bitemimoute ».

Dans la prière « Adon Olam », nous disons tous les matins : «Maître du monde qui as régné avant que rien ne fût créé ».

Or, de manière générale, un roi ne peut régner que sur un peuple. Cependant, D.ieu régnait déjà avant qu’il n’y eût de créature, et même la terre et le ciel n’existaient pas encore ! Car la royauté de Hachem consistait dans le fait de Son incontestable présence et unicité.

En créant le monde, Hachem a donc offert la possibilité de proclamer Sa royauté, ce que nous faisons dans la deuxième phrase de « Adon Olam » : «Une fois le monde créé selon Sa volonté, Il reçut le titre de Roi».

A ce propos, le Gaon de Vilna (1720-1797) analyse le sens et la place du mot hébraïque « Elokim » dans les versets de la Genèse. C’est certes, dit-il, le nom de D.ieu en tant que créateur du monde, comme indiqué dans le premier verset de la Torah. Mais de manière plus générale, ce nom désigne le pouvoir divin de diriger l’univers et d’observer tous les actes de Ses créatures.

La paracha Noa’h comprend deux grands épisodes : le déluge (suite à la corruption du monde, destruction de tout ce qui vit sur terre à l’exception de Noé, de sa famille et des animaux de l’arche) et la tour de Babel, (le roi Nimrod voulait défier D.ieu et qui serait le fondeur de la ville de Ninive).

Mais bien avant cela, Caïn et Abel, les enfants d’Adam et Eve, avaient du mal à vivre ensemble et cela finira par un meurtre.

Selon le commentaire de Yonathan ben Ouziel, qui vivait à l’époque du Second Temple, Caïn dit à Abel son frère : « Allons sortons tous les deux dans le champ. »

Lorsqu’ils furent tous les deux dans le champ, Caïn dit à Abel :

« Je considère que le monde a été créé par miséricorde, mais il n’y a pas de récompense pour les bonnes actions et il y a de la préférence (de la part de D.ieu), car pourquoi ton offrande fut acceptée et non la mienne ? »

Abel répondit :

« Le monde a été créé avec miséricorde, il y a une récompense pour les bonnes actions, mais il n’y a pas de préférence, et c’est uniquement parce que mon offrande était meilleure que la tienne qu’elle a été acceptée. »

Caïn répondit :

« Il n’y a ni juge, ni justice, il n’y a pas un autre monde, et il n’y a ni récompense pour les justes, ni punition pour les méchants. »

Abel répondit :

« Certes, il y a un juge et une justice, il y a un autre monde, il y a une récompense pour les justes et une punition pour les méchants. »

C’est sur ces sujets qu’ils discutaient dans le champ, alors Caïn se leva sur son frère Abel et le frappa avec une pierre au front et il le tua.

On dira de Caïn qu’il est un gestionnaire, sédentaire dont la vie est consacrée à gérer les problèmes de la nature et d’Abel qu’il est un homme d’esprit, qui élève les yeux vers les cieux afin de se projeter vers l’au-delà, mais cet au-delà est l’au-delà du lieu où il vit et l’au-delà du temps où les choses se passent.

Caïn et Abel expriment chacun à leur manière la tension qui existe dans ce qu’on pourrait appeler le fameux théorème du début du livre de la Genèse, Béréchite : ne pas manger de l’arbre de la connaissance.

L’un est tout entier connaissance, c’est Abel, l’autre est tout entier gestion, sommation, réduction à l’acte de survie.

Si Caïn tue Abel, c’est que l’idée même de ne pas « manger » de la connaissance que cette idée n’a pas été respectée, que ce projet n’a pas été respecté. Tuer Abel c’est comme manger (réduire à l’inexistant le projet de connaître et de donner du sens à la vie. C’est ce qui fera dire aux Sages de la Torah que le meurtre de Caïn de son frère Abel n’est rien d’autre en réalité que la mise en acte du principe de ne pas manger de l’arbre de la connaissance, et surtout de sa transgression.

Transgresser, ne pas manger de l’arbre de la connaissance c’est tuer l’homme de la connaissance.

A partir de là, il est aisé de décliner le récit biblique autour de ce principe.

Parce qu’en réalité, le déluge : ce sont les eaux d’en haut et les eaux d’en bas qui se rejoignent, qui se mélangent. Les eaux d’en haut, les eaux des cieux, ce qui évoque l’au-delà de la nature ce vers quoi nous portons notre regard pour nous extraire des contingences quotidiennes, élever nos yeux, c’est réfléchir, se projeter au-delà de l’instant.

Il est vrai que lever les yeux, c’est l’acte d’Abel, c’est l’acte de ses enfants. Par contre il y a ceux qui ne lèvent jamais les yeux, qui sont prisonniers du quotidien et ne s’en échappent pas, qui sont inaptes à rencontrer ceux qui pensent ou qui sont gênés par la présence de ceux qui leur disent : « arrête-toi un instant, réfléchis, essaie de te projeter sur l’avenir ». C’est le déluge, cette catastrophe qui mène à l’anéantissement du genre humain à l’exception de Noé, de sa famille et de catégories animales.

L’Arche de Noé représente l’idée de la survie à un moment de destruction totale.

L’une des images à travers lesquelles nos Sages décrivent l’Arche est celle de la paix. Dans l’Arche, différentes espèces animales qui, en temps normal, s’affrontent et s’entre-dévorent, vivaient ensemble paisiblement. L’Arche est décrite comme possédant la qualité spirituelle du Monde Futur, où tous vivront dans l’unité et où tout conflit sera aboli.

Cet aspect de l’Arche la lie également au thème de la soucca, la cabane au toit de branches et de feuilles qui fut au centre de la fête de Souccot que nous avons vécue récemment. Dans l’enseignement de la ‘Hassidout, l’Arche de Noé et la Soucca sont comparées l’une à l’autre comme étant un domaine de paix. (Sefer HaMamarim Meloukat vol. 1, p. 177 note 31)

Cette image de la soucca comme source de paix perdure au-delà de la fête de Souccot. De fait, chaque semaine, dans nos prières du vendredi soir, nous demandons à D.ieu : « Étends au-dessus de nous la soucca de Ta paix ». Nous demandons à D.ieu que la paix spirituelle de la soucca, comme celle de l’Arche de Noé dans notre Paracha, s’étende sur chacun de nous, en tant qu’individus, et sur l’ensemble du peuple juif.

Cependant, il n’est pas suffisant qu’il y ait la paix seulement pour le peuple juif. La paix doit régner dans le monde entier !

La force remarquable de l’enseignement juif est que, potentiellement, il y a toujours un double effet dans tout ce que nous faisons : que ce soit dans l’étude de la Torah, la prière ou l’observance des Mitsvote, il y a un aspect qui connecte la personne à D.ieu et il y a aussi un aspect complémentaire qui fait pénétrer la divinité au sein de la création. (Likoutei Si’hot vol. 35 p. 10.) Dans tous les aspects de la vie juive, nous recherchons aussi bien notre propre épanouissement spirituel qu’à « parfaire le monde sous la souveraineté de D.ieu » (prière Aleinou Léchabéa’h)

De la même manière, l’Arche de Noé présente ces deux aspects : d’une part, elle représentait la spiritualité, la sainteté et la paix absolue pour Noé et sa famille lorsqu’ils se trouvaient à l’intérieur ; d’autre part, lorsque le Déluge prit fin et qu’ils quittèrent l’Arche, leur tâche fut d’exprimer ces vertus dans le monde dans sa globalité.

Cela impliquait le respect des Sept Lois Noa’hides *, les instructions divines adressées à Noé et à ses descendants.

Les Lois Noa’hides sont un corpus de sept règles générales de bonté à l’égard de toute l’humanité, incluant le respect pour la sainteté de la vie. Cependant, la société humaine tout entière fut fondée autour du lieu où, enseignent les Sages, Noé offrit des sacrifices à D.ieu quand il quitta l’Arche à la fin du Déluge. (Genèse 8, 20 ; Michné Torah, Lois du Temple 2:2)

Il s’agit du site du Temple de Jérusalem, le point de convergence où le peuple juif s’unit au divin et, en même temps, suscite la bénédiction pour le monde entier. Ceci conduira finalement à la conscience de la Présence Divine à travers l’existence : « Le monde sera rempli de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent les fonds marins » (Isaïe 11, 9), une image qui évoque celle des eaux du déluge, mais dans un mode exclusivement positif.

Car, à l’ère messianique, tout mal se transformera en bien, et tous les conflits deviendront paix.

Noa’h a été un homme solitaire qui vivait en marge de la société de son temps.

A l’époque du déluge, Noa’h a 600 ans. Pendant 500 ans, bien que marié, il n’a pas voulu fonder de famille. Il eut ensuite 3 fils : Sem, Cham et Japhet.

Dès la fin de Béréchite, nous apprenons les projets divins. La Torah nous dit clairement dans les derniers versets de la paracha précédente, que D.ieu regrette d’avoir créé le monde et de le diriger dans l’état où il se trouve dans une telle décadence, une telle corruption, une telle dépravation, une telle violence.

Le texte parle de « hamas » (violence), mot qui englobe les différentes actions de l’homme de cette époque qui dévient complètement de la moralité, de l’ordre, de la droiture. En fait, la situation avait déjà commencé à se dégrader bien avant Noa’h. D.ieu a laissé un millénaire (10 générations) pour permettre à l’humanité de se rattraper après les différentes fautes qui avaient été commises dès le début de l’histoire : (la faute d’Adam, celles de Caïn et d’Abel). C’est ainsi que D.ieu décide d’effacer le nom de l’homme sur la surface de la terre.

Pourquoi Noa’h n’a-t-il pas intercédé auprès de D.ieu pour essayer de sauver l’humanité du déluge ?

Dans ce contexte de déluge le mot « tsaddiq » signifie que Noa’h a été un homme respectant la volonté de D.ieu, qui allait dans une voie de moralité et qui, en même temps, voulait protéger sa propre famille. Sa réaction a été de vivre en retrait de cette société, ne pas se mêler à elle, bien que pendant les 120 ans de la construction de l’arche, Noa’h a quand même tenté de réprimander et d’expliquer et d’éclairer les gens de sa génération pour leur donner la possibilité de faire « techouva » (retour vers D.ieu), comme le dit Rachi : Malheureusement, ses tentatives ont été vaines et il n’a pas réussi, se renforçant alors dans sa position. Au sortir de l’arche, Noa’h va se reconstruire une nouvelle vie sur des bases morales.

Pour ce qui concerne l’épisode de la Tour de Babel, les raisons pour lesquelles ces hommes-là se mirent à construire une ville avec une tour « dont le sommet atteindra les cieux » paraissent tout à fait compréhensibles. L’humanité commençait à peine à se reconstruire après le Déluge qui avait balayé la race humaine dans son intégralité, à l’exception de Noé et sa famille.

Pour que l’humanité renaissante survive, l’unité et la coopération étaient d’une importance vitale. Ainsi cherchèrent-ils à construire une ville commune qui les souderait en une communauté unique. En son cœur, ils projetèrent d’ériger une tour qui serait visible de très loin, un repère pour ceux de la ville qui s’égareraient à l’extérieur et un monument qui renforcerait l’engagement de tous au but commun : la survie.

Tout ce qu’ils voulaient était de « faire pour nous-mêmes un nom », c’est-à-dire d’assurer la continuité de la race humaine.

Et pourtant, leur projet de préserver l’humanité se dégrada en un rejet de toutes les vertus censées caractériser l’humanité et en une rébellion ouverte contre leur Créateur et l’objet de leur création.

Leur quête d’unité résulta en un éclatement de l’humanité en clans et en factions et au début de presque quatre mille ans d’incompréhension, de xénophobie et de massacres s’appuyant sur les divisions de races, de langues et de cultures.

Leur démarche en elle-même était erronée : ils voyaient la survie comme une fin en soi.

« Faisons un nom pour nous-mêmes », dirent-ils ; faisons en sorte qu’il y ait des générations futures qui liront nos exploits dans leurs livres d’histoire. Mais pourquoi survivre ? Dans quel but l’humanité doit-elle vivre sur terre ? Quel est le contenu de ce nom et de cet héritage qu’ils s’efforcent de préserver ? Sur cela, ils ne dirent, ne pensèrent et ne firent absolument rien.

Pour eux, la vie elle-même était un idéal, la survie en soi était une vertu. C’était le commencement de la fin.

Dans le monde physique, aucun système ne peut tolérer un vide pendant longtemps, et cela est également vrai pour les réalités spirituelles : si une âme ou une cause n’est pas pénétrée d’un contenu positif, la corruption finira par s’y infiltrer.1 Un nom et un édifice creux finissent par devenir une tour de Babel.

Jamais la leçon de la tour de Babel n’a été aussi pertinente pour notre peuple qu’elle ne l’est aujourd’hui. Nous sommes, nous aussi, une génération qui lutte pour se reconstituer après les persécutions nazies qui ont cherché à nous anéantir. Le souci de reconstruction et de survie sont au premier plan de nos préoccupations, et tous ensemble, avec l’aide du Tout-Puissant, nous y parvenons.

En un tel moment, il est fondamental de ne pas réitérer l’erreur des bâtisseurs de Babel. Il nous faut reconstruire, mais notre objectif doit être bien plus que d’acquérir un nom encore plus durable, une ville encore plus grande, une tour encore plus haute. Pour survivre, il nous faut donner du sens à notre survie, réaffirmer le « pourquoi » de notre existence. Nous devons pénétrer notre nom de valeur, notre ville de sens et couronner la tour de notre résurgence avec la finalité divine pour laquelle nous avons été créés.

Dans le langage de la Michna, le mot téva (arche) signifie à la fois « arche » et « mot ».

Ce qui permet au Baal Chem Tov une étonnante relecture de l’injonction divine à l’égard de Noé : « Construis-toi une arche » devient « Construis-toi un mot » : il faut que l’Humanité repense l’usage qu’elle fait des mots.

Mais ce mot à reconstruire doit avoir des dimensions précises.

En effet, la Torah rappelle que l’arche avait pour dimensions : 30, 300 et 50 (coudées). L’exégèse juive a sans cesse recours à l’équivalence lettres-chiffres (guématria). Traduites en lettres, les dimensions de l’arche renvoient aux lettres lamed, chin et noun, qui forment le mot « lachon », qui signifie « langage » (en hébreu biblique, lachon peut s’orthographier sans vav).

Autrement dit, la génération post-diluvienne doit redonner aux mots les dimensions du langage ! Ainsi, la langue perverse et violente des contemporains de Noé doit céder la place à un usage mesuré des mots.

Transformer le rapport au langage de ses contemporains, telle était la véritable mission de Noé.

C’est le sens de la phrase : «Tu feras une fenêtre à la teva, fais de la lumière pour chaque parole de la Torah, que chaque mot de Torah et de prière qui sort de ta bouche éclaireBerechit (6,16).

A ce propos, le Gaon de Vilna enseigne qu’il n’est pas nécessaire d’épiloguer sur le pêché de lachone hara (médisance), le plus grave d’entre tous. «Tous les efforts de l’homme sont pour sa bouche» (L’ecclésiaste 6:7).

Nos Sages ont dit que toutes les mitsvote (bonnes actions) d’un homme et tous les enseignements qu’il dispense ne suffisent pas à contrebalancer ce qui sort de sa bouche. «A quoi doit aspirer un homme dans ce monde ? Il devrait être silencieux» (Traité ‘Houlin 89a).

Il faut sceller ses lèvres comme deux meules. Des mots futiles sont des armes puissantes qui peuvent frapper d’un bout de la terre à l’autre. Maintenant c’est vrai quand il s’agit d’un simple discours excessif. Quand il s’agit de véritable discours interdit – par exemple le lachon hara, la moquerie, le serment, le voeu, l’agression et le blasphème – particulièrement à la synagogue le Chabbat ou le Yom Tov – pour chaque expression de ce type il est impossible d’imaginer la douleur et la souffrance que recevra son auteur. (Zohar) Aucun mot n’est perdu, tout est enregistré.

Noa’h établit donc des fondations pour un monde nouveau, un monde qui possédait une stabilité bien plus grande que celui qui précédait. En émergeant de l’Arche, il engendra et construisit le monde post-diluvien et obtint de D.ieu (et l’arc en ciel est là pour nous la rappeler), la promesse de ne plus jamais détruire les œuvres de la nature :

« Désormais, Je ne maudirai plus la terre à cause de l’homme… désormais, Je ne frapperai plus tous les vivants, comme Je l’ai fait. Plus jamais, tant que durera la terre, semailles et récolte, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit, ne seront interrompus. » (Genèse 8, 21-22)

Ainsi, de même que Noa’h a recu d’Hachem la mission de s’occuper de tous animaux qui étaient dans l’arche et les nourrir, de même il nous incombe aujourd’hui de nourrir spirituellement, de faire partager la Torah au monde entier et à tous les juifs de notre génération, à quelque endroit où ils se trouvent.  Lorsqu’il s’agit de « nourrir » son prochain, d’apporter à son âme la nourriture spirituelle dont elle a besoin, on doit le faire sans tarder, comme on voit que le retard de Noa’h à nourrir le lion lui a été compté comme une faute.

L’enseignement que l’on peut en tirer est le suivant : parfois notre travail spirituel peut sembler nous dépasser et nous nous trouvons confrontés à des difficultés, à des épreuves qui nous effraient. A l’exemple de Noa’h, nous devons nous renforcer, ne pas lâcher prise dans nos efforts et nos réalisations. Il faut avoir conscience qu’il s’agit là de la mission qu’Hachem Lui-Même nous confie. C’est pour cette raison que tous les efforts que l’on fournit peuvent et doivent être accomplis dans la joie, celle de servir notre Créateur.

* Liste des 7 lois noa’hides (les 7 commandements donnés par D.ieu à Noé pour toute sa descendance (donc pour toutes les nations) que D.ieu a donné à tous les non-Juifs

(et dont se sont inspirés les 10 commandements – ces derniers (les juifs) devant observer les  613 paroles que D.ieu a prononcées au mont Sinaï, à la sortie d’Egypte, devant tout le peuple hébreu réuni)

  • d’établir des tribunaux,
  • de l’interdiction de blasphémer,
  • de l’interdiction de l’idolâtrie, (l’adoration d’une image ou d’un objet)
  • de l’interdiction des unions illicites,
  • de l’interdiction de l’assassinat;
  • de l’interdiction du vol,
  • de l’interdiction d’arracher un membre d’un animal vivant.

Le projet divin est non seulement d’établir un lien entre D.ieu et l’homme, mais c’est aussi .la science de l’univers comme lieu d’expansion de la bénédiction divine et la connaissance de la vie interne de D.ieu dans une relation au niveau masculin-féminin, à l’image du Créateur entre Haqqadoche Baroukh Hou et la Chékhina. (Présence Divine).

Mieux, D.ieu a remis à l’homme une certaine influence sur la Création en lui permettant à la fois de faire le « tiqqoune » afin de réparer le monde en montrant à l’homme que c’est par les prières et les « mitsvote » (commandements) que cela peut se faire tout en transmettant Sa parole, en donnant l’exemple dans notre propre génération.

Autrement dit, il faut essayer d’être un Homme à l’image de D.ieu. « Le rôle du Juif est si important au monde qu’il en empêche la destruction, c’est comme si, par lui, le monde était recréé. » Yoma 38b.

Ainsi, la paracha nous enseigne comment découvrir le meilleur en chacun dans le peuple et on nous explique comment orienter sa vie vers le Bien en respectant les « mitsvote » (commandements) et en étant un homme juste ayant la crainte du Ciel, un « tsaddiq bitemimoute. »

(sources : Chiourim.com – Akadem Grand Rabbin de France Gilles Bernheim – Sylvia Marouani – Chabbad.org, Tali Löventhal – facebook, Dov Goto ouman Cohen – Torah Box – Wikipedia – Kountras)

http://louyehi.wordpress.com

Le centre mondial des Bne Adam est né ! -Paracha Noah- 30 Sept 2013

Une vidéo du cours de Rav Dynovisz

http://ravdynovisz.tv/video.php?video_id=29116

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