EUROPE

L’énigme des Pictes (pré-aryens d’Ecosse) : Ecriture, Mystère et Matriarcat…

Matriarcat Picte (pré-aryens d’Ecosse) : les guerrières bleues de Calédonie face à l’empire romain

Les Pictes étaient une confédération de tribus brittoniques vivant dans ce qui est devenu l’Écosse du nord et de l’est, présents avant la conquête de l’île de Bretagne par les Romains et jusqu’au xe siècle lorsqu’ils se réunirent avec les Gaëls.

La Calédonie est l’ancien nom de l’Écosse

Caledonia est vraisemblablement le pays des Calédones, peuple dont l’ethnonyme brittonique est basé sur l’adjectif caled– « dur » que l’on retrouve en breton kaled et en gallois caled, même sens1. Le suffixe « -one » se retrouve dans les ethnonymes de nombreux peuples celtes, continentaux ou brittoniques (Ligons, Santons, Pictons…)

Les Pictes sont considérés comme étant les descendants des Caledonii et autres tribus identifiées par les Romains ou figurants sur la carte du monde de Ptolémée. Le territoire des Pictes, connu sous le nom de Pictavia, ou Pictland en anglais, se fondit progressivement avec le royaume gaélique de Dál Riata et forma le royaume d’Alba.

Au xie siècle, l’identité des Pictes avait disparu au profit d’un amalgame de peuples identifiés comme « Scots ».

Les femmes bleues

picte femmeLes Pictes sont un peuple de l’Ecosse antique. Peu de choses sont connues à leur sujet mis à part les chroniques romaines, et celles du moine anglo-saxon Bède le vénérable (VIIème siècle ap-JC).

Appelés aussi Cruithnes, ils ont vécu jusqu’au nord de l’Irlande, et ont développé un sens graphique extraordinaire.

Ils se tatouent le corps en bleu par incision d’aiguilles, d’où le nom donné par les Romains « Picte ».

Leur société est basée sur un système matrilinéaire.

Le pouvoir se transmet par les femmes. Le système de succession matrilinéaire en vigueur chez les Pictes facilitait les alliances.

C’est ainsi, que Scot Kenneth Mac Alpin finit par unir les deux royaumes Picte et Scot. Ce régime de transmission matrilinéaire continue à fournir matière à d’abondantes discussions entre les ethnologues d’aujourd’hui.

Celtes ou peuple des mégalithes ?

Nous ignorons quelle langue ils parlaient – le missionnaire irlandais Columba, nous l’avons vu, avait besoin d’interprètes au VIe siècle pour se faire comprendre d’eux -, et les témoignages que nous possédons sur eux sont contradictoires.

Celtes, » proto-Celtes « , ou population autochtone préceltique, toutes les hypothèses ont été formulées, sans qu’aucune s’impose absolument. Nous ignorons à peu près tout des structures politiques, économiques et sociales des Pictes.

On a émis l’hypothèse, assez vraisemblable, que l’ensemble de la population, agriculteurs et pêcheurs, était de souche préceltique, héritière directe de la culture néolithique, soumise à une classe guerrière descendant des envahisseurs celtes, exerçant le pouvoir et levant des impôts en nature.

D’oncle à neveux, le lien du sang

Dans les familles royales Celtes, comme chez les Pictes, et jusqu’à la 1ère dynastie d’Écosse (Kenneth Mac Alpin Ier, IXe siècle), bien souvent, le trône ne se transmettait pas de père en fils, mais d’oncle maternel à neveux.

Cette transmission est dite avonculaire. On est sûr de la mère, mais pas du père.

William Wallace Braveheart, chef de la résistance écossaise (13ème siècle) fut élevé par Argheim, son oncle maternel. Cette pratique courante chez les peuples matrilinéaires s’appelle le « forestage« .

Lire Le fosterage (celtes, germains) : l’initiation par l’oncle maternel, un vestige de matriarcat

Des guerrières face à Rome

le-mur-dhadrien-la-conquc3aate-de-la-bretagne-picteLe mur d’hadrien, la conquête romaine de la Bretagne Picte

Lors de la colonisation romaine de la Britania, face à la résistance des guerrières et guerriers Pictes, invincibles et invaincus, les envahisseurs patriarcaux de l’empire romain érigèrent les murs d’Hadrien en 122 ap-JC (4,5 m de haut, 2,7 m de large, 117 km de long) et d’Antonin en 140 ap-JC (7 mètres de haut, 19 forts, 60 km de long), sans beaucoup de succès…

Les pierres pictes

pierre picte 1Copie de la pierre du Hilton de Cadboll par Barry Grove.

Les pierres pictes de Ross sont un ensemble de pierres travaillées par les Pictes, confédération de tribus présente dans le nord et le sud de l’Écosse de l’époque romaine au Xe siècle.

Un nombre important de ces pierres peut-être trouvé dans la région des Highlands de Ross, et en particulier dans la partie est, dite Easter Ross.

pierre picte de danielPierre de Daniel, dans les fragments de Rosemarkie.

pierre pictes 2Illustration du XIXe siècle des six panneaux du Clach a’ Charridh

Cette pierre fut trouvée à Shandwick dans l’Easter Ross, en raison de quoi elle est aussi appelée pierre de Shandwick.

L’Enigme Picte

Les historiens écossais parlent volontiers de l »’énigme Picte « , et l’imagination populaire brode sur ce thème jusqu’aux limites de la science-fiction, au point qu’on a pu parler de  » pictomanie  » avec tous les excès que ce genre de passion comporte.

Les Pictes ont laissé d’abondants monuments archéologiques, dont l’interprétation est difficile, faute de datation précise. Ce sont essentiellement des pierres dressées, couvertes de figures gravées, les unes géométriques (y compris des croix après la christianisation), les autres figuratives, quadrupèdes, oiseaux, chaudrons, chariots à roues.

Ces pierres, dites  » symboliques « , avaient sans doute une valeur religieuse, peut-être funéraire, sans qu’on soit en mesure de l’affirmer. Tout aussi mystérieuses sont les inscriptions, en alphabet  » ogamique  » (système d’encoches gravées sur la pierre d’après l’alphabet latin) qui donnent des mots incompréhensibles et imprononçables tels que ATTOCUHETTS AHEHHTANN HCCVVEVV NEHHTONS ou BESMEQQNANAMMOVVEZ.

S’agit-il d’un langage codé, ou de symboles ésotériques non littéraux, cela aussi nous l’ignorons.

C’est le moine anglais Bède, au VIe siècle, qui parle des Pictes avec le plus de détails, mais, de par son origine même, il les décrit  » de l’extérieur  » et sans excès de sympathie.

Il affirme, ce que nous savons aussi par d’autres sources, que chez eux la succession de la royauté se faisait non pas de père en fils, mais par filiation féminine: système original qui faisait le plus souvent du neveu le successeur de l’oncle, au détriment des fils. On conçoit que les rivalités aient été fréquentes, et aussi les assassinats entre cousins.

Sources :
Frédéric Mariez sur Meta TV (24/06/2015) : le secret de la Vierge Noire, Isis contre Yahvé

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