A la Une Le Mystère JESUS Messianisme

Le secret de l’Adoration des Mages, à la « Fin des temps »…

Qui étaient les Rois mages ?

Le récit évangélique de Matthieu ne dit presque rien des Rois mages. Seulement qu’ils ont vu se lever une étoile et qu ils l’ont suivie. Qui étaient-ils ? Combien étaient-ils ? La « Légende dorée » puis la Tradition et la piété populaire ont comblé ces lacunes à travers les siècles.

Les noms des mages

C’est dans l’évangile de Matthieu que l’on trouve le récit de l’Épiphanie. Il raconte que des mages venus d’Orient ont été guidés par une étoile jusque vers Jésus qui venait de naître. « Ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. », écrit-il.

Matthieu ne nomme pas du tout les mages dans son évangile. Le récit ne dit même pas qu’ils sont trois. C’est sans doute parce qu’on y lit qu’ils offrent l’or, l’encens et la myrrhe que la tradition populaire en a déduit qu’ils étaient trois.

Ce n’est que vers le VIe siècle qu’apparaissent les noms de Gaspard, Melchior et Balthazar.

Les mages n’étaient pas des juifs : ils représentent tous les non-juifs, tous les peuples de la terre pour qui Jésus est né.

Leur provenance géographique les disperse au gré des découvertes de l’époque – vers le XIVe siècle : Gaspard en Asie, Balthazar en Afrique, Melchior en Europe. La curiosité populaire les a imaginés dans différents rôles de représentation, comme l’évocation des trois âges de la vie : la jeunesse, l’âge mûr et la vieillesse.

rois magesCes mages seraient des savants perses, établis à Babylone, l’actuel Irak, à la fois philosophes et astronomes :

«La grande conjonction de Jupiter et de Saturne dans le signe zodiacal des Poissons en 6-7 avant J.-C. semble être un fait vérifié. Elle pouvait orienter des astronomes du milieu culturel babylonien et perse vers le pays de Juda, vers un “roi des juifs”.»

Benoît XVI

Des présents symboliques

A la fin du XIIIe siècle, Jacques de Voragine (Iacoppo da Varazze vers 1228 – Gênes, 1298) était un chroniqueur italien du Moyen Âge, archevêque. Dans ce que l’on appelle « La Légende dorée »(écrite entre 1261 et 1266) et qui relatait de grands épisodes bibliques ou la vie de quelques 150 saints, saintes ou martyrs; Cette « Légende dorée » perpétua la Tradition.

Voici le portrait des Rois mages dressés par Jacques de Voragine:

« Le premier des Mages s’appelait Melchior, c’était un vieillard à cheveux blancs, à la longue barbe. Il offrit l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ.

Le second, nommé Gaspard, jeune, sans barbe, rouge de couleur, offrit à Jésus, dans l’encens, l’hommage à sa Divinité.

Le troisième, au visage noir, portant toute sa barbe, s’appelait Balthazar ; la myrrhe qui était entre ses mains rappelait que le Fils devait mourir ».

L’Épiphanie en Occident, c’est l’adoration des Mages. Pour les chrétiens orthodoxes d’Orient, le sens profond de la fête réside dans le Baptême du Christ. Pour tous c’est l’annonce du salut.

Quel est donc le sens profond de cette fête populaire ?

Épiphanie signifie « manifestation » en grec. Dieu se donne à voir, à toute l’humanité représentée par les mages venus du bout du monde.

Dieu entre dans notre monde, dans notre histoire, en se faisant l’un de nous, comme un bébé. Noël, l’Épiphanie, les moments du commencement, sans bruit… Voilà la bonne nouvelle proposée par cette fête.

L’Évangile de saint Matthieu raconte que des mages venus d’orient ont été guidés par une étoile jusque vers Jésus qui venait de naître. « Ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. », écrit-il. L’or pour sa royauté, l’encens pour sa divinité, la myrrhe, parfum utilisé pour embaumer les défunts, pour annoncer sa mort.

Si l’Église fait cesser le temps liturgique de Noël à la mi-janvier avec le baptême de Jésus, des traditions régionales et familiales affichent leur désir de le prolonger.

Pour beaucoup, ce temps des « fêtes de la lumière » s’achève le 2 février, jour de la Chandeleur et de la Présentation de Jésus au temple. Douze jours après Noël,le 6 janvier vient clore le cycle des fêtes.

http://www.croire.com

L’Adoration des Mages

Par Albert Jounet

Je pense que le catholicisme ne se desséchera pas au milieu des idées modernes, tel qu’au milieu d’un jeune taillis vivace, un chêne définitivement mort. J’attends un renouveau, une croissance, immense, imprévue, de cet arbre déjà énorme et millénaire.

Une pareille transformation ne saurait avoir d’autre agent que l’esprit, sève qui anime le bois de la lettre, le nourrit, le force à grandir, le couvre de neuves et plus larges frondaisons.

Moi-même, ésotériste catholique, je voudrais indiquer d’avance quelle sera, autant que j’en peux juger, la transformation que j’attends, quelles branches aux puissants feuillages produira l’esprit.

Dès ses primes années, tout arbre a deux polarités, l’une vers la terre, l’autre vers le soleil ; de même le catholicisme dès ses origines, dans l’Évangile, montre deux tendances, l’une vers l’humilité, la simplicité, l’autre vers l’intelligence et la gloire.

Et la seconde succède à la première, comme dans l’arbre lui-même, en chaque série donnée de son développement, la partie ascendante et ensoleillée succède à une partie plus rapprochée du sol et la continue.

Prenons, par exemple, une série : celle des adorations rendues à Jésus Enfant.

La première adoration est rendue par les bergers, la seconde par les Mages. La première est d’humilité, de simplicité ; la seconde, d’intelligence et de gloire.

En ne considérant même que cette série, et sans examiner les autres (vie cachée, vie publique, tentation, service des anges, Passion prédite, Transfiguration, etc… et enfin : Mort, Résurrection), les correspondances permettent déjà de conclure que le développement total du catholicisme offrira lui-même deux tendances, simplicité, et gloire qui est la tendance future, finale.

On m’objectera que le catholicisme a connu déjà la puissance, la gloire temporelle. Mais ce n’est pas de cela que je parle. Il ne s’agit pas des ornements étranges dont l’arbre a pu être revêtu, des draperies qu’on y accrocha, des tentes qu’on y adossa, en des jours de fêtes royales et humaines. Il s’agit de la grandeur et de l’ensoleillement de l’arbre lui-même. Il s’agit de gloire spirituelle, divine.

Or, jusqu’à présent, les Dogmes n’ont pas atteint leur degré de croissance et d’illumination vraiment glorieux.

Voilà pourquoi je dis que la gloire est future.

L’adoration des Mages, étudiée dans le détail, nous donne quelques enseignements sur le splendide avenir.

D’abord les Mages sont des intellectuels. Cela me justifie d’avoir appelé plus haut la seconde tendance : Tendance d’intelligence et de gloire. En effet, à la simple foi des Bergers, succédera l’intelligence des Mages. On s’efforcera de réduire graduellement la part du Mystère sans méconnaître que le Mystère est, en un sens, illimité comme Dieu lui-même. On s’efforcera en outre, de régler, avec précision et lucidité, les rapports normaux entre l’intelligence conquérante et le Mystère illimité, de sorte qu’à chaque moment de relation entre l’intelligence et le Mystère, ces deux termes soient unis par un accord sympathique et harmonieux.

Et les conquêtes de l’intelligence sur le Mystère ne seront pas regardées comme des victoires de l’homme sur Dieu, reculant et humilié, mais comme des admissions de l’homme dans l’éternel empire et la souveraine victoire de Dieu.

Et si les Mages sont des intellectuels, ils ne sont pas que cela.

Ils surgissent, dans l’Évangile et la Tradition, comme les Équilibres par excellence.

En effet, ce sont des mystiques. Car les voilà prosternés aux pieds du Christ, en la Crèche, assez pénétrants, assez religieux, pour deviner le Dieu Maître du monde dans la pauvreté, le Dieu dans l’Enfant, pour prier et s’anéantir.

Ce sont des savants. Et des savants audacieux, à l’orientale, explorant la vie des astres et les avertissements des songes.

Comme toujours l’Orient, comme les divers grands peuples historiques jusqu’aux cent dernières années, ils ne chassent assurément pas la beauté et l’art de la vie. D’ailleurs la science orientale ne s’est jamais séparée d’un magnifique symbolisme, où palpitent, en germe, tous les arts. Il faut donc accorder aux Mages Évangéliques le sens esthétique, l’esprit de beauté.

Enfin, la Tradition nous apprend qu’ils étaient Rois et devinrent Apôtres.

Donc il ne leur manqua pas davantage l’esprit de gouvernement, puis de direction rayonnante et spirituelle, l’effort.

Nous voyons, par conséquent, déjà coalisés dans les Mages ce que j’ai nommé, ailleurs, les quatre Eléments de l’Harmonie Messianique : la Religion, la Science, l’Art et la Rédemption sociale.

Les chrétiens qui voudront travailler à l’avènement de la divine gloire, devront, à l’exemple des Mages, unir en eux les quatre Éléments, ne pas être des fragmentaires, des partiels partiaux, des analystes, mais des synthétiques, servir simultanément le Ciel, la Vérité, la Beauté et les Hommes.

Je n’entends point interdire les travaux spécialisés, les vocations favorites ; mais, malgré ces spécialités nécessaires, il faut conserver des aptitudes générales à comprendre, à sentir les quatre Éléments de la synthèse.

Il faut, sinon être simultanément prêtre, savant, artiste, et politique de profession, du moins avoir tout ensemble l’esprit religieux, l’esprit scientifique, l’esprit artiste et l’esprit social.

Mystique, Vérité et Beauté se retrouvent dans les présents offerts au Christ par les Mages: La sainte Mystique dans l’encens ; la profonde et toujours un peu amère Vérité dans l’amertume de la myrrhe, et l’éclat de la Beauté dans l’or. Quant à la Rédemption sociale, il ne serait pas irrationnel de la voir dans l’offre de ces trois présents réunis. Car elle n’est pas, au fond, un principe distinct ajouté au ternaire idéal, mais la réalisation, par la société, du triple Idéal : Religion, Science, Art, ou Mystique, Vérité, Beauté.

De même le dernier Hé du grand Nom Divin ne forme que l’appui commun aux trois premières lettres : Jod (Religion, sagesse) Hé (Intelligence, science) Vau (Beauté, en Kabbale : Tiphéreth).

Ainsi, d’après ce que l’Évangile et la Tradition nous révèlent sur l’Adoration des Mages, j’espère que l’avenir développera un Christianisme, un catholicisme, offrant les caractères de la gloire, de l’intellectualité, et de la synthèse.

Manifestations de la splendeur de Dieu, interprétations, toujours plus lumineuses et plus généreuses, des dogmes, vastes accords où la Religion, la Science, l’Art, la Rédemption sociale s’arcboutent l’un sur l’autre comme les chants d’une polyphonie colossale… telles s’élèvent, aux lointains de ma contemplation, les promesses de l’Histoire future.

C’est ce que l’Évangile paraît annoncer lorsqu’il nous prédit que l’avènement du Christ de Gloire éclatera comme un géant éclairé « depuis l’Orient jusqu’à l’Occident », depuis l’extrême Idéal jusqu’à l’extrême Réalisation, depuis la Religion et la Mystique jusqu’à la société chrétienne glorieuse, en passant par les intermédiaires de la Science et de l’Art.

Notre époque, à des yeux superficiels, condamnerait ces espérances ; la Religion, si elle s’est un peu rapprochée de l’action sociale, ne demeure-t-elle pas encore trop séparée de la Science et de l’Art ? Ceux-ci ne se développent-ils pas hors de la Religion et ne se séparent-ils pas entre eux ? Les socialistes ne s’obstinent-ils pas à combattre aveuglément toute religion, à méconnaître les vérités hautaines et sévères de la réelle Science, les beautés hiérarchiques et impérieuses du grand Art ? Oui, malheureusement. Mais cet état même de séparation crée une insupportable lassitude.

Chaque tendance séparée éprouve des symptômes d’impuissance et d’épuisement qui se transformeront en désir d’union, en soif et passion de synthèse.

De même que dans les solutions chimiques de certaines matières, il suffit d’introduire quelques morceaux des mêmes matières à l’état solide, pour que toute la masse en suspension se précipite, et constitue, avec les morceaux solides, un ferme et unique bloc, de même il suffira qu’apparaissent quelques hommes synthétiques dans l’humanité, pour que la masse des hommes se précipite et constitue, avec ces initiateurs et autour d’eux, l’unique bloc de l’Adam-Ève Initié.

Les chercheurs ésotéristes sont plus aptes que tous autres à devenir ces hommes rassembleurs de l’humanité, car, grâce à l’étude des symboles et des correspondances, ils rassemblent déjà dans leur pensée les mystères divins, les vérités scientifiques, les beautés esthétiques et les adaptations sociales.

Qu’ils poursuivent donc cette étude, qu’ils se fassent toujours davantage des types d’harmonie calme et d’universalité. Qu’ils ne se découragent point de l’actuelle opposition du monde à ces types. Qu’importe le présent fatigué, mourant, lorsqu’on vit dans l’avenir?

Or l’avenir, c’est la gloire par la synthèse et la synthèse dans la Gloire.

Albert Jounet, La Voie, 15 mai 1904.

http://www.esoblogs.net

QUI ETAIENT LES MAGES ?

rois mages 2Basé sur Randall P. Spackman,
Introduction to Book of Mormon Chronology,
FARMS 1993, pp. 34-48

La naissance du Christ a été l’événement le plus sacré que le monde ait jamais connu. Elle est célébrée chaque année et malheureusement en est arrivée à contenir plus de folklore qu’autre chose. Un des éléments dont le folklore s’est le plus emparé, c’est l’épisode des mages.

On en a fait des rois, on a dit qu’ils étaient trois, qu’ils s’appelaient Gaspard, Melchior et Balthazar, qu’ils représentaient les trois grandes races (un blanc, un noir, un jaune). Cette histoire de mages venus on ne sait d’où, guidés par une étoile, fait conte de fées et contribue à jeter le doute sur l’authenticité de l’avènement du Christ.

La Bible nous affirme cependant que des mages, venus de l’orient, sont venus adorer Jésus. Elle affirme également qu’ils sont venus guidés par une étoile. Est-il possible de trouver une explication logique à cet événement ?

Les mages étaient peut-être à l’origine un clan ou une tribu vivant au pays des Mèdes. Ils constituaient depuis des siècles une caste distincte qui remplissait des fonctions sacerdotales, interprétaient les songes, pratiquaient la divination dans les empires médique, perse et parthe.

En tant que prêtres, leur rôle était de mesurer le temps, de déterminer les saisons et de fixer la date des fêtes lunaires. Pour ce faire, ils se livraient à une étude approfondie des phénomènes célestes, ce qui fit d’eux les inventeurs de l’astronomie. (Contrairement à ce que l’on croit communément, l’astronomie ne dérive pas de l’astrologie. L’astrologie, selon O. Neugebauer[1], était le fait de charlatans, contemporains des mages).

On retrouve les mages dans divers pays du Moyen-Orient. Ils constituaient, par exemple, un des deux grands conseils de l’empire parthe (l’autre étant constitué par les nobles).

Pendant l’hiver de 722 et le printemps de 721 avant notre ère, les Assyriens anéantirent le royaume d’Israël et, selon leur habitude, déportèrent la population. Selon 2 Rois 17:6 et 18:13, un des pays de déportation fut la Médie.

Les colonies juives prospérèrent en Mésopotamie et de grands centres religieux y furent fondés. L’histoire de Daniel montre qu’il était parfaitement possible pour des exilés juifs d’accéder à des fonctions importantes dans l’échelle sociale. Au premier siècle avant notre ère, les Juifs parthes constituaient une des communautés juives les plus grandes et les plus importantes en dehors de la Palestine. Lorsque Hérode choisit un nouveau souverain sacrificateur après la prise de Jérusalem en 37 avant notre ère, il choisit un Juif parthe.

Il est donc parfaitement possible que des Juifs, profondément religieux, et croyant aux prophéties concernant le Messie, soient devenus des mages en Parthe ou en Médie. Si les mages qui rendirent visite au Christ venaient de l’Orient, ils venaient à coup sûr de pays où les traditions religieuses, les promesses prophétiques, les mathématiques et l’astronomie étaient diligemment étudiées et comparées. Ils comprenaient parfaitement que les prophéties des Écritures juives relatives à un Messie s’étaient accomplies.

Quelles étaient les prophéties sur lesquelles ces Juifs devenus mages mèdes ou parthes se basaient et que pouvaient-ils bien chercher dans les étoiles pour en découvrir l’accomplissement ?

Les prophéties concernant la venue du Messie (elles ne font pas la distinction entre la Première et la Seconde Venue) parlent de l’apparition d’une étoile (Nombres 24:15-17, d’où Matthieu 2:2, « nous avons vu son étoile en orient »), d’une période de ténèbres généralisées (Ésaïe 13:9-10; Michée 3:5-7; Sophonie 1:14-16; Ézéchiel 32:7-8), du soleil qui s’assombrira à midi (Amos 8:8) et de la lune qui sera changée en sang (Joël 2:31). Astronomiquement, cela se traduit par :

  1. Une comète
  2. Une éclipse totale du soleil et
  3. Une éclipse totale de lune (il y a éclipse totale de lune lorsque celle-ci se trouve dans le cône d’ombre de la terre. A ce moment, elle prend une couleur rouge sombre parce qu’elle reçoit encore une lumière rouge débordant du disque terrestre, d’où l’image du sang).

LA PERIODE DE TENEBRES

Les mages ont pu croire qu’ils vivaient à une époque de ténèbres morales et de famine spirituelle. Ils vivaient à une époque de guerres civiles et internationales, d’émeutes, de sauvagerie et de désordre presque permanents.

LE SOLEIL ASSOMBRI A MIDI (AN – 10)

Le 28 juin de l’an 10 avant l’ère chrétienne, une éclipse totale de soleil parcourut la Mésopotamie. Jérusalem était au sud du chemin de l’éclipse totale et n’en connut qu’une partielle. Mais les centres astronomiques de Babylonie et beaucoup de villes de Syrie, de la Mésopotamie et de la Perse se trouvaient sur le chemin de l’éclipse totale. C’était la première éclipse totale de soleil visible partout en Mésopotamie depuis le 12 avril 136 avant notre ère, à midi.

En 10 avant notre ère, les astronomes attendaient depuis plus de 125 ans une éclipse totale du soleil que l’on pouvait observer en beaucoup d’endroits.

LA LUNE CHANGEE EN SANG (AN – 5)[2]

Le 21 mars de l’an 5 avant notre ère se produisit une éclipse totale de lune qui dut être particulièrement intéressante pour les mages.

Selon le calendrier juif, c’était le soir du repas pascal.

C’était la première éclipse totale de lune au moment de la pâque au Proche-Orient depuis au moins 235 ans, peut-être même 354 ans. La rareté de l’événement et son lien avec le thème de la pâque a dû attirer l’attention de ces mages qui connaissaient les prophéties juives.

Pour les prêtres qui tenaient le calendrier, c’était l’équinoxe de printemps. C’était à ce moment-là que le sacrifice des prémices se faisait dans toute la Mésopotamie et qu’on commençait la moisson de l’orge. La pleine lune se leva vers 18h04, heure de Jérusalem, une heure environ après que le dernier agneau eût été sacrifié au temple pour le repas de la pâque. L’éclipse commença vers 19h20. Une heure plus tard elle était totale, et la lune n’était plus qu’un disque rouge sombre. Vers 22h00, l’éclipse totale prenait fin. La pleine lune était hors du cône d’ombre de la terre à 23h00.

LA COMETE DE L’AN 5

Au cours du mois lunaire qui commença avec l’apparition de la nouvelle lune (le 8 mars de l’an 5) une étoile munie d’une longue queue apparut[3].

En Judée, c’était le mois de Nisan, moment de la pâque et de la fête des pains sans levain. En Babylonie, c’était le mois de Nisanu, moment de la fête du Nouvel-An. En Amérique centrale, c’était le premier mois de la 601ème année de l’ère de Léhi. La comète demeura visible pendant 70 jours environ. Elle put probablement être observée jusqu’au 14 juin.

Les comètes brillantes et de longue durée apparaissent proches du soleil pendant une grande partie de la période où elles sont observables. Clark, Parkinson et Stephenson[4] observent qu’on peut s’attendre à ce qu’une comète visible pendant 70 jours ou plus, atteigne à un moment donné un éclat très brillant, probablement plus grand que Vénus (l’astre le plus brillant dans le ciel, après le soleil et la lune). Cette comète a pu réaliser la prophétie de Samuel le Lamanite : « Et voici, une nouvelle étoile se lèvera, telle que vous n’en avez jamais vue » (Hélaman 14:5).

LE FILS NE DE LA VIERGE

Peu avant la destruction d’Israël par les Assyriens, Ésaïe avait prophétisé au roi Achaz : « Voici que la jeune fille est enceinte, elle enfantera un fils et lui donnera le nom d’Emmanuel » (Ésaïe 7:14).

Matthieu cite cette prophétie comme suit : « Voici que la vierge est enceinte ­– elle enfantera un fils et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous » (Matthieu 1:23).

De ce fait, Ésaïe 7:14 est généralement interprété comme une prophétie de la maternité de la vierge Marie. Cette interprétation est contestée parce que Ésaïe n’a pas utilisé le mot hébreu désignant une vierge (betula), mais le mot ‘alma, signifiant une jeune fille en âge de se marier, et aussi une femme mariée.

Il y a une explication possible à ce choix. Ésaïe l’a peut-être employé à cause de sa richesse mythique et de ses attaches astronomiques. Au Moyen-Orient, la déesse-mère était appelée Ma, Mamma, Mami et Ninma. Lors du premier croissant de lune, c’était l’aspect virginal de la déesse-mère qui apparaissait dans le ciel.

En Syrie, le nom cananéen de la déesse vierge était galmatu, l’équivalent de ‘alma. Lors de la fête du Nouvel an, qui avait lieu au printemps, on l’accueillait comme étant « la vierge Anath » qui allait enfanter un fils, le dieu qui mourrait et ressusciterait.

Il y a même un texte mythologique cananéen qui correspond, mot à mot, à la prophétie d’Ésaïe : « Voici, la jeune fille enfantera un fils »[5]. Ainsi donc, en vertu du principe que les choses terrestres ont leur reflet dans le ciel, les mages ont pu chercher dans la lune et la constellation de la Vierge l’indication que la prophétie d’Ésaïe s’était réalisée.

Les mages disposaient aussi d’un repère: Pendant que les Assyriens mettaient fin au royaume d’Israël, en 721 avant notre ère, le 12 mars 721, la pleine lune « se changea en sang » en une éclipse totale visible au Moyen-Orient au moment où la lune sortait de la constellation de la Vierge. Ce signe du ciel dut frapper le peuple juif sur le chemin de la Médie et d’autres pays de « l’orient », et rester dans les mémoires. Les mages durent donc s’intéresser à l’éclipse qui eut lieu au moment de la pâque de l’an 5 avant notre ère, car lorsque la lune se leva le soir du 21 mars, elle « se changea en sang » au moment où elle quittait la constellation de la Vierge. Ce signe a pu leur indiquer que la prophétie d’Ésaïe au roi Achaz s’était accomplie.

L’ETOILE DE JESUS ET LA CONSTELLATION DU CAPRICORNE

La comète de l’an 5 avant notre ère apparut dans la constellation du Capricorne. Les mages juifs devaient connaître la signification religieuse de cette constellation, qui remontait à l’époque des prêtres sumériens.

Selon leur mythologie, trois dieux se partageaient le ciel : Anu était associé aux territoires situés à l’est de la Mésopotamie; son fils Enlil était associé à la Mésopotamie. L’autre fils, Enki, dieu de la sagesse, des eaux pures et de la fertilité des champs, était associé aux territoires situés à l’ouest de la Mésopotamie. Il est donc possible que, s’ils se laissaient guider par les traditions anciennes dans leur recherche du Messie, les mages aient cherché dans la partie du ciel associée à Enki.

Cet Enki fut appelé Ea par les Babyloniens et était représenté portant un grand manteau en forme de poisson et avec une chèvre à ses pieds. Il était le dieu de la vie pure, celui qui connaît le cœur, le dieu de la maison, le dieu qui était maître du pouvoir purificateur de l’eau par les ablutions rituelles. Il était aussi le dieu de « la couronne pure », le seigneur de l’oracle pur qui donne la vie aux morts. Certains le considéraient comme le créateur de l’humanité. C’est lui qui avertit Utnapishtim (le Noé babylonien) de construire un bateau en prévision du déluge. Il bénissait les champs, guérissait les maladies et prenait le parti de l’humanité et était son avocat devant les dieux. Il finit par être représenté par le Capricorne, le poisson-chèvre, lieu du solstice d’hiver, la partie la plus basse de la course du soleil et le symbole naturel de la mort et de la résurrection.

LES SIGNES DE LA NAISSANCE DE JESUS

Les deux premiers signes prophétisés, l’éclipse totale de soleil de l’an 10 avant notre ère et l’éclipse totale de lune près de la Vierge en l’an 5 avant notre ère pouvaient être prévus par les astronomes de l’époque.

L’éclipse de lune dut cependant être particulièrement frappante: la lune se changea en sang dans la Vierge exactement au moment de l’équinoxe du printemps. Du fait du léger balancement de l’axe de la terre et du mouvement inégal de l’orbite de la lune, une telle éclipse ne se produit probablement qu’une fois tous les 26.000 ans.

Par contre, les mages n’auraient pas pu prédire l’apparition de la comète et sans cela, les autres signes n’auraient eu aucune signification.

Si l’on admet que l’éclipse totale de lune près de la Vierge signalait la naissance du Messie ce jour-là, 14 nisan du calendrier de Juda, 21 mars de l’an 5 avant notre ère, le premier jour de la vie du Sauveur fut celui de « la préparation de la pâque ».

Le huitième jour de sa vie, le 21 nisan, 28 mars de l’an 5 avant notre ère, jour de la convocation finale de la fête des pains sans levain, le Messie fut circoncis.

Et cette nuit-là, la lune, qui avait marqué le moment de sa naissance quelques jours plus tôt, se levait au sud-est vers deux heures du matin, le 29 mars de l’an 5 dans la constellation du Capricorne.

Nous ne disposons d’aucun document permettant de savoir si les mages ont vu cette nuit-là dans le Capricorne la nouvelle étoile symbolisant le sceptre de David et la tribu d’Israël, mais elle y était. Et elle était probablement visible pour quiconque la cherchait là-bas.

Ce qui est sûr, c’est que ces hommes se sont présentés à la cour du roi Hérode en disant: « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient [ou : à son lever] et nous sommes venus l’adorer » (Matthieu 2:2).

[1] O. Neugebauer, Astronomy and History – Selected Essays, New York, Springer Verlag, 1983.

[2] Il est utile de se rappeler ici que le calcul actuel de notre ère est le fruit des travaux du moine Denis le Petit et que celui-ci commit une erreur de calcul d’environ 5 ans, ce qui fait que le Christ pourrait être né cinq ans avant l’ère chrétienne.

[3] C. Cullen, « Can we find the Star of Bethlehem in Far Eastern Records », Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society, 20, 1979, pp. 153-159.

[4] Clark, Parkinson et Stephenson, « An Historical Re-Appraisal of the Star of Bethlehem – A Nova in 5 B.C. », Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society, 18, 1977, pp. 443-449.

[5] S. Mowinckel, He That Cometh, New York, Abingdon, 1956, p. 114.

http://www.idumea.org/

Adoration des Mages – Leonard De Vinci

Le tableau inachevé

Se pencher sur les étranges anecdotes de la fabrication du tableau (inachevé) de Léonard de Vinci:  » l’Adoration des Mages » … des révélations interessantes…

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer l’auteur, la source et le site : http://www.elishean.fr/

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2015/ Elishean mag



Print Friendly, PDF & Email
Articles similaires

Recevez la Newslettter

Vous souhaitez être informés des bons plans, découvrir les meilleurs articles du réseau Elishean et recevoir des conseils pour optimiser l'Ascension. C’est très simple, inscrivez-vous...

Votre aide est importante…

Vous appréciez mon travail et vous voulez soutenir ce site?

Vous pouvez contribuer à la continuité de ce site en faisant un don sécurisé sur PayPal.

Même une somme minime sera la bienvenue, car je gère seule tous les sites du réseau Elishean/ les Hathor. Avec toute ma gratitude, Miléna

 

Suivez nous sur les réseaux sociaux

Articles Phares