A la Une Crimes contre l'humanité

Le génocide namibien…

« N’épargnez aucun homme, aucune femme, aucun enfant, tuez les tous »

[1] C’est par ces mots de l’empereur d’Allemagne Guillaume II en personne, que fut donné l’ordre d’extermination des Herero de Namibie. Ce drame colonial, a été le premier génocide du 20e siècle.

Suite à la conférence de Berlin de 1885 où les nations européennes ont définit les règles de partage de l’Afrique, l’Allemagne établit insidieusement sa domination sur la Namibie, alors appelée Sud-ouest africain par les colons.

Le gouverneur colonial Leutwein dit alors « la terre doit bien entendu être transférée des mains des natifs à celles des Blancs. Ceci est l’objectif de la colonisation du territoire. La terre doit être occupée par les Blancs. Les Natifs doivent donc l’abandonner et devenir soit des servants, soit se retirer ».

L’empereur Guillaume II et le Général Lothar Von Trotha, les bouchers de la Namibie

Les exactions contre le peuple autochtone des Herero se multiplient. Ils sont expropriés de leurs terres et leurs vaches sont confisquées, ils sont tués pour rien, battus quand ils sont employés.

Et comme en Tasmanie et dans l’univers concentrationnaire d’Amérique, la cruauté des colons et le manque de femmes blanches (1 femme pour 5 hommes), entraîne le viol en masse des femmes noires.

La pratique est tellement commune qu’il existe des mots spéciaux pour la qualifier. Un colon allemand du nom de Dietrich, tue la belle-fille d’un chef local parce qu’elle a refusé ses avances. Dietrich est acquitté par la justice coloniale puis condamné à seulement 3 ans de prison en appel.

Face à cet enfer, les Herero organisés autour de leur chef Samuel Maherero décident de répondre en Janvier 1904 et tuent 128 occupants.

La guerre commence.

Ils usent de méthodes de guerilla, profitent de l’environnement porteur de maladies auxquelles les Européens ne sont pas habitués pour prendre l’avantage. Les Hérero se camouflent dans les buissons pour prendre l’occupant par surprise.

Les Allemands se retrouvent en difficulté devant un ennemi considéré comme inférieur et sauvage.

L’Allemagne répond par l’envoi de renforts dirigés par une main par Lothar Von Trotha. Celui-ci instaure en guise de répression le massacre systématique des Hereros, ainsi que des Namas et des Baster (métis de Nama et Blancs).

Le 11 Août 1904, 60 000 Hereros avec leurs 5000 à 6000 guerriers sont encerclés et finalement défaits.

Ils sont contraints de fuir vers le désert du Kalahari, où ils sont pourchassés par les troupes allemandes pour être exterminés. Ils mourront de soif, de faim, de la chaleur et de l’eau de puits empoisonnée par les européens, comme probablement consenti par Guillaume II.

Les Allemands s’extasient devant le spectacle macabre de cadavres jonchant le désert. Ils tuent tous les prisonniers de guerre, en les brûlant vivants.

Les femmes et les enfants sont tués par milliers.

Les survivants sont envoyés dans des camps de concentration où ils mourront.

Des 3500 Herero et Nama envoyés dans le camp de Shark Island, seuls 193 sortirent vivant quand le camp fut fermé en 1906.

Trois quart des Hereros, des Nama, des Hottentots, des Baster sont tués. 90% des Hereros disparaîtront.

Des études « scientifiques » sont menées sur les Baster par Eugène Fischer qui conclue « on ne doit laisser vivre les Hottentots et les populations bâtardes du sud-ouest africain allemand que dans la mesure où ils se rendent utiles au travail » [3].

Eugène Fischer sera un des théoriciens du nazisme.

Des ministres allemands en 2004 ont fait part de leurs « regrets » pour le génocide.

En 2016 l’Allemagne s’est engagée à s’excuser officiellement mais elle se refuse encore à verser le moindre centime de réparations aux descendants des peuples massacrés de Namibie.

Par : Lisapo ya Kama ©

Notes :

Benjamin Madley pour l’Université de Yale
La férocité blanche, Rosa Amelia Plumelle Uribe
[1] La férocité blanche, des non blancs aux non aryens, genocides occultés de 1492 à nos jours, Rosa Amelia Plumelle-Uribe, page 140.
[2] Benjamin Madley pour l’Université de Yale, page 186
[3] La férocité blanche, des non blancs aux non aryens, génocides occultés de 1492 à nos jours, Rosa Amelia Plumelle-Uribe

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