ABSOLU Alchimie Intérieure

Le bel arbre de la Conscience-sans-dualité

Extraits du Chant de Saraha

Sans connaître le mystère, c’est en vain que les brahmanes récitent les quatre Veda. Les ascètes mendiants jaïna aux ongles longs, aux vêtements sales ou entièrement nus, s’arrachant les cheveux et dont la conduite parodie la voie, se lient eux-mêmes au moyen  de leur doctrine de la délivrance… Privés de la Réalité, ils ne font que tourmenter leur  corps !

Celui qui, délaissant le Spontané, se consacre au nirvâna en aucune manière n’accédera au Sens ultime.

Comment en s’attachant à quelque chose peut-on obtenir la délivrance ? A quoi bon les austérités, à quoi bon les pèlerinages ? Peut-on atteindre la délivrance en se plongeant dans l’eau ?

Laisse-là tout attachement, renonce aux contraires illusoires. Il n’y a rien d’autre que la parfaite connaissance de « Cela ». Quand la Conscience s’éveille, tout est Cela.


Là où l’on vit, là où l’on disparaît, c’est là, mon fils, qu’il te faut demeurer !

Si l’on n’est pas délivré tout en prenant intensément plaisir au monde sensible, peut-on appeler cela Connaissance parfaite ? Ce par quoi l’on naît, vit et meurt, par cela même on  acquiert la suprême, l’ultime Béatitude.

Mangez et buvez, soyez heureux en jouissant des plaisirs, et remplissez sans cesse de ces offrandes le cercle tantrique. C’est ainsi que l’on gagne l’autre monde.

Jouir du monde sensible, sans être pollué par le sensible, cueillir le lotus sans toucher l’eau, ainsi fait le yogin qui repose à la racine des choses : tout en jouissant du sensible, il ne s’en  rend pas esclave.

Regardez, écoutez, touchez, mangez, sentez, marchez, restez assis, levez-vous, mais renoncez au bavardage de la vie courante. Abandonnez la pensée, ne vous écartez pas de  l’Un.

Là où ni pensée ni souffle ne circulent, là où ni soleil ni lune ne pénètrent, là même, mets  ta conscience en repos. Fais un, ne fais pas deux. Dans la Connaissance ne fais pas de  distinction… Dans la Béatitude suprême, ni soi ni autre !

Tout ce que l’on voit, devant, derrière, dans les dix directions, c’est la Réalité. Là où vole  en éclats le sentiment du moi, ami, voici le corps du Spontané. Là où la pensée meurt… là  réside la suprême et grande Béatitude. C’est la prise de conscience intime. Connais ta propre pensée d’une façon subtile, ô yogin, elle est comme l’eau se mêlant à l’eau.

Tout ce qui naît de la conscience a même nature qu’elle : les vagues sont-elles autres que  l’eau ? Celui qui rend sa pensée sans pensée se réjouit de la suprême nature du Spontané.


Perçois la conscience comme Conscience, ô ignorant, et abandonne toutes les vues  erronées. Purifie-toi dans la suprême et grande Béatitude ; c’est d’elle que dépend la  véritable action.

Laisse là complètement la pensée et la non-pensée et sois comme un enfant.

Ô toi, fils, reconnais la saveur de ce nectar si parfaitement inhérent au non-savoir. Ô fils, la  Réalité a une saveur merveilleuse, on ne peut exprimer sa nature. Tel est, libre  d’imagination, l’éminent séjour de la Béatitude dont le monde jaillit.

De la seule conscience sort la graine universelle et aussi, frémissants, devenir et nirvâna…Voici le fleuve divin, la Jamunâ, voilà le Gange à l’appel de l’océan, voilà Prayâga et  Bénarès, voilà la lune et le soleil !

« C’est moi, c’est un autre », conçoit-on. Dépouille ce lien qui rend captif ; c’est ainsi qu’on  se libère soi-même. Ne te trompe pas sur toi-même et autrui. Tout sans distinction est le Bouddha.

La conscience liée, on est lié ; la conscience libérée, on est libéré. Pas le moindre doute à  ce sujet. Cela même qui lie les ignorants libère immédiatement les éveillés. Lié, on court  dans les dix directions ; libre, on reste immobile. Ami, regarde le chameau. Ce paradoxe  me frappe par son évidence.

La pensée aussi instable que le vent et le cheval, abandonnez-la. Prenez conscience de la  nature propre du Spontané et d’elle-même la pensée s’immobilisera.

Au cours de mes pérégrinations j’ai visité des sanctuaires et mains autres lieux de pèlerinage sacrés, mais je n’ai pas vu de gué aussi plein de béatitude que mon corps.


L’enseignement du maître est nectar d’immortalité. qui n’en boit pas très vite meurt de soif dans les steppes désertiques des innombrables traités.

Que la parole du maître pénètre le cœur et le disciple voit le trésor comme dans sa propre main.

Le Dieu est unique, mais il est révélé en de nombreuses traditions, étant perçu selon le désir de chacun. On ne le voit pas venir, on ne sait pas s’il vient ou s’il demeure. On reconnaît le suprême Seigneur comme sans tache et sans houle !

Il est à la maison et elle sort à sa recherche ; elle est avec son époux et elle s’enquiert de lui auprès des voisins ! Insensé, connais le Soi, Il n’est objet ni de méditation ni de concentration ni de récitation.

Le monde entier est tourmenté par les paroles et personne n’échappe aux paroles. Ce n’est  que libre de paroles qu’on fait tourbillonner les paroles. J’ai récité « que le succès soit ! »,  mais j’ai bu l’eau de vie et j’ai tout oublié. Il n’y qu’une parole que je connaisse et son nom,  ami, je l’ignore !

Quiconque délaissant la compassion s’attache à la Vacuité n’a pas trouvé la meilleure des  voies. Qui s’adonne uniquement à la Compassion ne se libère pas du cycle des existences. Mais celui qui peut unir les deux ne distingue pas le devenir du nirvâna.


Tel le devenir, tel le nirvâna; n’imaginez aucune distinction.

Ne reste pas chez toi, ne va pas dans la forêt, connais parfaitement la pensée où que tu sois. Pour qui réside dans l’illumination indivise et ininterrompue, où est le devenir, où est le nirvâna ? Ni chez toi, ni dans la forêt l’illumination ne réside. Prenez parfaite connaissance  de ce mystère. Soyez non-mutilés dans la nature essentielle de la Conscience immaculée ! Profonde, immense, ni soi ni autrui, connais cette Expérience intime dans la félicité du Spontané. De même que la lune, joyau du ciel, éclaire d’épaisses ténèbres en un seul  instant, la suprême et grande Béatitude dissipe toute calamité.

Le bel arbre de la Conscience-sans-dualité s’étend avec ampleur sur le triple monde. Il fleurit en compassion, son fruit se nomme charité envers autrui.

Extraits du Chant de Saraha, Le Bouddhisme (Fayard – 1977)
Source : http://eveilimpersonnel.blogspot.fr

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