L'Hologramme Spiritualité

La solitude de l’humanité

Par Valérie Charoux

Nous avons des idées à propos du monde que nous percevons, mais ces idées ne sont que des souvenirs d’expériences directes ou indirectes et n’ont aucun fondement dans la réalité de notre présent.

Nous perpétuons des mythes que nous pensons être des réalités absolues sur lesquelles nous fondons nos émotions et notre façon de voir le monde. Ainsi, nous avons une variété de mythes incontournables, fondés sur une idée de la réalité qui ne saurait être mise en question; car cette idée est générationnelle, faisant donc partie de notre culture mais aussi de notre nature car elle si profondément enchâssée qu’elle est instinctive.

Nous perpétuons ainsi des mythes à propos de l’Humanité qui est ‘humaine’ – voulant signifier qu’elle est remplie de compassion, à propos d’insectes monstrueux – qui sont minuscules et qui ne sortiraient pas de leur coin pour nous attaquer, à propos de la solitude physique et mentale – qui est vue comme étant un fléau destructeur pour nous.

A propos de ces mythes les plus répandus dans la conscience humaine, nous avons au cœur de ceux-ci l’idée que nous nous faisons de notre humanité. Il suffit de prendre connaissance des actualités pour voir tout ce que ce terme peut signifier et c’est à chaque individu de se faire sa propre idée.


Lorsque nous nous juxtaposons à notre environnement mobile, le différenciant de toutes les formes de consciences immobiles, nous voyons que plus un être mobile est différent de nous – par exemple ceux qui se situent hors de la catégorie des êtres à sang chaud – plus nous en avons peur. Ceci nous mène à un sentiment de séparation par rapport à notre environnement, ce qui cause une solitude mentale plutôt que physique. Cette séparation mentale causée par la différence fait que nous avons plus peur des insectes que des mammifères – même si un ours est plus dangereux qu’une araignée, nous l’admirons car nous pouvons mieux nous identifier à lui qu’à un serpent par exemple.

Cette peur de la différence est une peur instinctive et non pas une peur raisonnable qui est fondée sur une observation raisonnée. Ainsi, nous avons une frayeur d’araignées inoffensives qui sont plus petites que nos mains et que nous pourrions écraser avec l’une de celles-ci, à l’inverse d’un ours contre lequel nous ne serions pas normalement en mesure de nous défendre. Cette frayeur des araignées survient car c’est un être à huit membres – et nous en avons quatre, et parce que nous ne serions pas en mesure de la conditionner – à l’inverse d’un ours que nous pourrions conditionner suffisamment pour le mettre dans un cirque.

Comme une araignée inoffensive n’est pas une espèce qui affecte notre préservation, ce n’est donc pas notre instinct de préservation qui nous met, non seulement sur la défensive, mais en mode d’attaque. En conséquent, cette peur est la peur de la différence et elle n’a rien à voir avec le danger potentiel.

Ce serait déjà un immense pas en avant de prendre conscience de notre façon irrationnelle d’agir – le deuxième pas serait franchi en réagissant de façon rationnelle, comme les êtres pensants que nous nous enorgueillissons d’être. Notre peau préfère ressentir un être à sang chaud plutôt qu’un être froid au toucher, mais notre raison se limite-t-elle au plaisir des sens?


Les êtres différents de nous sont actifs le soir, mais ces êtres ne sont pas des dangers potentiels – et le soir non plus; ce ne sont que des êtres incompris et paisibles – à l’inverse du comportement violent des êtres actifs le jour. Comme notre sens visuel est pleinement fonctionnel le jour, nous sommes encore sous le joug de nos sens et nous avons peur de ce que nos yeux ne peuvent percevoir sans lumière. Dans ce sens, être aveugle pourrait permettre de mieux voir.

Nos cinq sens, qui ont constamment besoin d’être satisfaits, nous empêchent de percevoir la réalité au-delà de ce qui pourrait nous apporter un sentiment de satisfaction – comme si un cerf ne verrait du bien chez un être que sur la base de nourriture et de caresses et un chien ne ferait donc pas partie de cette catégorie. Au-delà de notre instinct de préservation, nous donnons de la valeur à l’existence d’un être par rapport au sentiment de satisfaction qu’il nous procure. Les êtres n’ayant pas le potentiel de satisfaire nos sens nous procurent un sentiment de rejet et de la peur et nous réagissons de façon humaine en tuant ces êtres. Ainsi, si un chat se frotte à nous, la sensation est plaisante, ce qui n’est pas le cas pour un être ectotherme à sang froid. Les organismes ectothermes sont des organismes dont la température corporelle est la même que celle du milieu extérieur et la chaleur n’est donc pas produite par l’organisme lui-même. C’est le cas des insectes, des reptiles et des poissons par exemple. Ainsi, nous pourrions user de notre faculté de raisonner pour faire le lien entre, par exemple, une araignée et un poisson. Ces organismes ne possèdent pas de système pour réguler leur température et sont donc plus vulnérables à la température extérieure. D’un autre côté, ils dépensent moins d’énergie en comparaison aux systèmes, comme le nôtre, produisant l’homéostasie, ce qui les rend moins nocifs pour leur environnement.


Nous voyons donc que le rejet et la peur sont des réactions primitives qui n’ont pas évolué en même temps que notre capacité à utiliser notre environnement. Il est ainsi nécessaire de prendre le temps de la réflexion afin d’équilibrer nos instincts à notre raisonnement et par ce fait, à notre environnement.

On pourrait se demander pourquoi nous avons peur de ce qui est différent quand les seuls Etres capables d’une cruauté et d’une perversion sans limites sont nos semblables.

En effet, les seuls Etres capables de nous faire connaître une souffrance si grande qu’elle mène à la haine, sont les hommes. Nous apprenons que nous avons de la chance d’être né humain car nous sommes la seule espèce capable d’obtenir la connaissance nécessaire afin de tenter d’atteindre la sagesse et une conscience supérieure, mais ceci est justement parce que nous sommes la seule espèce si inconsciente qu’elle est capable de faire souffrir ses semblables sans même en avoir conscience. Les autres espèces sont sans aucun doute d’un niveau de conscience et de fréquence beaucoup plus élevé qui se situe au-delà de notre champ de perception et donc de compréhension.

Ceci est la raison pour laquelle nous devons prendre le temps – le temps existe, le problème se situe au niveau de nos priorités – de nous asseoir et de penser. Ceci nous mène à un autre de nos mythes les plus répandus qui fait que nous nous posons les uns les autres la question: « Est-ce que tu ne te sens pas trop seul? ». Ce n’est pas une question raisonnable lorsque nous considérons le fait que nous sommes sur une terre remplie d’êtres vivants et que nous faisons partie intégrante de cet écosystème. De plus, si nous sommes de suffisamment bonne compagnie pour les autres, nous devons donc être de suffisamment bonne compagnie pour nous-mêmes.

La vraie question n’est pas si l’on se sent seuls, mais si l’on se sent de suffisamment bonne compagnie, tout simplement! En vérité, nous devrions prendre le temps de nous « retrouver » seuls et nous devrions ainsi nous demander si nous sommes suffisamment seuls – et non pas trop seuls – pour que nous puissions nous immerger dans la réflexion. Nous ne devrions surtout pas combler ce temps de solitude pour nous ‘changer les idées’ en prenant sans réfléchir tous les messages transmis indirectement à notre inconscient qui traitera ceux-ci comme étant la réalité – notre inconscient n’étant pas en mesure de différentier nos expériences directes et indirectes.

Notre cerveau traite toutes les informations reçues et n’a pas pour fonction inhérente de différencier le vrai du faux, comme celles ayant trait aux expériences des personnages principaux de livres ou de films que nous aurons vécu indirectement en ressentissent les mêmes émotions, désirs et conclusions sur la réalité. En voyant les comportements et réactions de nos héros à l’écran, nous ingurgitons ces modèles pour les reproduire comme étant ‘normaux’.


Par exemple, lorsqu’une personne dit qu’elle a vu un fantôme et qu’elle se comporte comme si elle avait été battue, tout en faisant voir à quel point elle est terrorisée, les millions de téléspectateurs reçoivent le message implicite qu’il faut avoir peur des fantômes, même si ceux-ci n’ont jamais rien fait de mal à personne. Un autre scénario qui est reproduit à l’écran montre des araignées d’espèces non-venimeuses en face desquelles nos avatars hurlent de terreur à la télévision devant chaque génération de téléspectateurs, alors que ce sont ces pauvres bêtes qui devraient être terrorisées par ces grandes brutes qui les massacrent sans raison valable.

Nous ingurgitons ainsi tous les messages implicites qui recouvrent tous les domaines: comme le type d’apparence qui est acceptable et la plus belle, ou ce à quoi nous devrions aspirer – nous voyons d’innombrables odes à l’étude ou à un travail qui remplit tout notre temps, ainsi qu’à la vie à 2 comme raison d’être – plutôt que des exemples de vie équilibrée avec des individus qui vivent en harmonie avec le Tout. Nous reproduisons tous ces modèles comme des automates, car nous ne voulons surtout pas être catégorisés comme étant différents, la différence étant démontrée comme étant anormale et moins bien que d’accepter la liste de coutumes adoptée par la majorité comme elle est transmise à la masse par une minorité – qui pourrait dans ce cas être des producteurs de films. Nous ne prenons pas le temps de réflexion qui nous mènerait à réaliser que la plupart des comportements de personnages ‘normaux’ à l’écran sont farfelus ou anormaux.

Nos expériences indirectes sont traitées avec la même rigueur par nos cerveaux que nos expériences directes, et nos cerveaux en tirent des conclusions tout à fait indépendamment de nos consciences. Ceci est dû au fait que nous ne prenons généralement pas le temps de réflexion, mais aussi de silence mental, afin de percevoir notre réalité de façon moins instinctive et d’orienter nos actions à partir de nos réflexions. Nous recherchons la compagnie de nos semblables, mais il est difficile de s’exprimer et d’être conscients. Lorsque l’on s’exprime, on est forcément inconscient des nuances et réalités de notre environnement, ce qui mène à une solitude mentale.

Le langage est notre façon de communiquer avec ce que l’on perçoit être notre environnement, mais qui est en réalité une communication avec nous-mêmes car, lorsque nous parlons, nous ne sommes plus en contact avec notre environnement. Ceci signifie que, pour s’entendre avec l’Autre, il faut être silencieux. Si l’Autre fait de même, l’on devrait être en mesure d’obtenir une ‘bonne entente’… De ce fait, aucune décision impliquant l’Autre, qui serait donc une décision d’ordre politique, ne devrait être prise si l’une des parties exprime son désaccord pour ne pas être lésée; car le bénéfice mutuel obtenu sur un point d’accord permet d’obtenir les accords de l’harmonique comme cela se fait dans le cérémonial des palabres en fumant le calumet de la paix.


Le temps de réflexion qui fait partie de la solitude est la condition préalable qui mène à un environnement où chaque individu est en mesure de se poser des questions à propos de tous les aspects de sa vie et de voir si ceux-ci sont raisonnables et propices à son propre bonheur. L’individu serait alors en mesure de prendre des décisions même si celles-ci ne sont pas calquées sur la ‘norme’ et il obtiendrait alors plus de cohérence par rapport à ses aspirations et à sa personnalité profonde. Il obtiendrait ainsi plus de bonheur et une harmonie intérieure qui mènerait naturellement à une harmonie extérieure.


A l’inverse, si nous réagissons de façon instinctive ou si nous suivons la ‘norme’, nous suivons souvent une logique que la logique ne connaît pas. Par exemple, lorsque nous voyons un pays ou une personne dans les actualités, nous réagissons du même point de vue que le commentateur et nous pensons que nous aimons ou n’aimons pas un pays ou une personne; mais comment pouvons-nous le savoir si nous ne connaissons pas ce pays ou cette personne personnellement? Notre esprit nous « re-présente » le monde et les êtres qui y vivent, plutôt que de le présenter.

En conséquent, plutôt que de nous laisser guider par nos instincts, nous devrions plutôt nous laisser guider par la foi. Avoir la foi signifie avant tout être rempli d’espoir plutôt que de désespoir, être rempli de sentiments nobles plutôt que de sentiments ignobles. Cette foi est ce sentiment que tout ce que nous percevons, sans exception, devrait nous inspirer afin d’exister en harmonie avec la différence. Nous serions alors en harmonie avec tout ce qui fait partie de la création car la création est le Tout, ou Dieu, et le Tout signifie qu’il n’y a pas d’exceptions. L’Humanité verrait alors son monde se peupler et l’entourer sans accrochage ni de séparation mentale par rapport à soi-même et à son environnement que nous appelons solitude.

Source: http://valeriecharoux.unblog.fr

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