Messianisme Swedenborg

La NOUVELLE JÉRUSALEM et sa DOCTRINE CELESTE – 4ème partie

LE BAPTEME

202. Le Baptême a été institué comme signe que l’homme est de l’Église, et comme témoignage qu’il doit être régénéré.

En effet, l’ablution du baptême n’est autre chose que l’ablution spirituelle, qui est la régénération.

203. Toute régénération est opérée par le Seigneur au moyen des vrais de la foi et d’une vie selon ces vrais.

Le baptême atteste donc que l’homme est de l’Église, et qu’il peut être régénéré ; car, dans l’Église, le Seigneur qui régénère l’homme est reconnu, et là aussi se trouve la Parole contenant les vrais de la foi par lesquels la régénération s’effectue.

204. C’est là ce que le Seigneur enseigne dans Jean :

« Si quelqu’un n’est engendré d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » (3 : 5). « L’eau », dans le sens spirituel, est le vrai de la foi d’après la Parole ; « l’esprit » est la vie selon ce vrai ; et « être engendré », c’est être régénéré par ces deux moyens.

205. Puisque tout homme en voie de régénération subit aussi des tentations, qui sont des combats spirituels contre les maux et les faux, les eaux du baptême représentent également les tentations.

206. Le baptême étant un signe et un témoignage de ces choses, l’homme peut être baptisé enfant ; s’il ne l’a pas été, il peut l’être adulte.

207. Que ceux qui ont été baptisés sachent donc que le baptême ne donne ni la foi, ni le salut

Mais qu’il atteste seulement que l’on doit recevoir la foi, et que l’on est sauvé, si l’on est régénéré.

208. On peut voir par là ce que signifient ces paroles du Seigneur dans Marc :

« Celui qui aura cru, et aura été baptisé, sera sauvé ; mais celui qui n’aura pas cru, sera condamné » (16 : 6).

« Celui qui aura cru », c’est celui qui reconnaît le Seigneur, et reçoit de Lui les divins vrais de la Parole ; « celui qui aura été baptisé », c’est celui que le Seigneur régénère par ces vrais.

LA SAINTE CENE

210. La Sainte Cène a été instituée par le Seigneur, afin que par elle l’Église soit conjointe au ciel, et ainsi au Seigneur.

Elle est donc la chose la plus sainte du culte.

211. Mais ceux qui ne savent rien du sens interne ou spirituel de la Parole, ne comprennent pas comment, par la Sainte Cène, se fait la conjonction

Car ils ne pensent pas au-delà du sens externe, qui est le sens de la lettre. D’après le sens interne ou spirituel de la Parole, on sait ce que signifient le corps et le sang, le pain et le vin, et également ce que signifie la manducation.

212. Dans ce sens, le corps ou la chair du Seigneur, c’est le bien de l’amour

Il en est de même du pain ; et le sang du Seigneur, c’est le bien de la foi ; il en est de même du vin ; et la manducation est l’appropriation et la conjonction. Quand l’homme participe au sacrement de la Cène, les anges qui sont chez lui n’entendent pas autrement ces choses, car ils perçoivent tout spirituellement. Alors ce qu’il y a de saint dans l’amour et la foi influe des anges chez l’homme, ainsi du Seigneur par le ciel ; de là résulte la conjonction.

213. D’après cela, on peut voir que quand l’homme prend le pain, qui est le corps, il est conjoint au Seigneur par le bien de l’amour envers Lui d’après Lui

Et que quand il prend le vin, qui est le sang, il Lui est conjoint par le bien de la foi en Lui d’après Lui. Mais il faut savoir que seuls ceux qui sont dans le bien de l’amour envers le Seigneur et de la foi en Lui, d’après Lui, peuvent Lui être conjoints par le sacrement de la Cène. Dans ce cas, par la Sainte Cène, il y a conjonction ; autrement, il y a présence, mais non conjonction.

214. La Sainte Cène renferme et comprend en outre tout le culte divin institué dans l’Église Israélite

Car les holocaustes et les sacrifices, dans lesquels consistait principalement le culte de cette Église, étaient appelés d’un seul mot : « le pain ». Elle en est ainsi le complément.

LA RESURRECTION

223. L’homme a été créé de telle manière que, quant à son interne, il ne peut pas mourir.

En effet, il peut croire en Dieu et aussi aimer Dieu ; par conséquent Lui être conjoint par la foi et par l’amour. Or, être conjoint à Dieu, c’est vivre éternellement.

224. Cet interne est chez tout homme par naissance.

L’externe est ce par quoi l’interne est à même d’accomplir en fait les choses qui appartiennent à la foi et à l’amour. L’interne est ce qui est appelé esprit, et l’externe ce qui est appelé corps. L’externe ou le corps a été adapté aux usages dans le monde naturel. L’homme le rejette, quand il meurt : mais l’interne ou l’esprit a été adapté aux usages dans le monde spirituel ; cet interne ne meurt pas. Il est alors un esprit bon ou un ange, si l’homme a été bon sur la terre ; un esprit mauvais, s’il a été mauvais.

225. Après la mort du corps, l’esprit de l’homme apparaît dans le monde spirituel dans une forme humaine, absolument comme dans le monde naturel :

Il y jouit aussi de la faculté de voir, d’entendre, de parler et de sentir comme dans le monde ; il possède à un haut degré toute faculté de penser, de vouloir et d’agir comme dans le monde. En un mot, c’est un homme quant à toute chose en général et en particulier, excepté qu’il n’est pas enveloppé de ce corps grossier qu’il avait dans le monde ; il l’abandonne en mourant et ne le reprend jamais.

226. C’est cette continuation de la vie qu’il faut entendre par la résurrection.

Si les hommes croient qu’ils ne ressusciteront qu’au jugement dernier, quand doit aussi périr tout ce qu’il y a de visible dans le monde, c’est parce qu’ils n’ont pas compris la Parole ; c’est aussi parce que les hommes sensuels situent la vie dans le corps, et croient que si ce dernier ne devait pas revivre, c’en serait fait de l’homme.

227. La vie de l’homme, après la mort, est la vie de son amour et de sa foi.

Par conséquent, sa vie demeure éternellement telle qu’a été son amour et telle qu’a été sa foi pendant qu’il vivait dans le monde. La vie de l’enfer est le partage de ceux qui se sont aimés eux-mêmes et ont aimé le monde par-dessus toutes choses, et la vie du ciel le partage de ceux qui ont aimé Dieu par-dessus toutes choses et le prochain comme eux-mêmes. Ceux-ci ont la foi tandis que ceux-là n’en ont point. La vie du ciel est aussi appelée vie éternelle, et la vie de l’enfer, mort spirituelle.

228. Que l’homme vit après la mort, c’est ce qu’enseigne la Parole :

Par exemple, quand elle dit que Dieu est le Dieu, non pas des morts, mais des vivants (Math. 22 : 31-32) ; que Lazare, après la mort, a été élevé au ciel et le mauvais riche jeté en enfer (Luc 16 : 22-23 et suiv.) ; qu’Abraham, Isaac et Jacob sont au ciel (Matth. 8 : 11 ; 22 : 31-32 ; Luc 20 : 37-38) ; que Jésus a dit au larron : « Tu seras aujourd’hui avec moi dans le paradis » (Luc 23 : 43).

LE CIEL ET L’ENFER

230. Deux choses font la vie de l’esprit de l’homme :

L’amour et la foi ; l’amour fait la vie de sa volonté ; et la foi celle de son entendement. L’amour du bien et par suite la foi du vrai font la vie du ciel ; l’amour du mal et par suite la foi du faux, celle de l’enfer.

231. L’amour envers le Seigneur et l’amour à l’égard du prochain font le ciel

La foi aussi fait le ciel, mais dans la mesure seulement où, d’après ces amours, elle a en elle la vie ; et comme ces deux amours, et par suite la foi, proviennent du Seigneur, il est bien évident que le Seigneur fait le ciel.

232. Le ciel est chez tout homme selon qu’il reçoit du Seigneur l’amour et la foi…

Et ceux qui, dans le monde, reçoivent du Seigneur le ciel, viennent dans le ciel après la mort.

233. Ce sont ceux qui ont le ciel en eux qui reçoivent du Seigneur le ciel, car le ciel est dans l’homme. C’est aussi ce que le Seigneur enseigne :

« On ne dira point du Royaume de Dieu : Voici, il est ici ; ou voici, il est là ! Car le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Luc 17 : 21).

234. Le ciel, chez l’homme, réside dans son interne et consiste à vouloir et à penser d’après l’amour et la foi

De là il réside dans son externe, où il consiste à agir et à parier d’après l’amour et la foi. Mais il n’est point dans l’externe sans être dans l’interne ; car tous les hypocrites peuvent agir et parler bien, mais ne peuvent ni vouloir, ni penser ce qui est bien.

235. Quand un homme entre dans l’autre vie, ce qui arrive aussitôt après la mort, on voit clairement si, en lui, il y a le ciel

Mais il n’en est pas de même quand il vit dans le monde ; car, dans le monde, l’externe seul se montre et non l’interne ; mais, dans l’autre vie, l’interne se manifeste, puisqu’alors l’homme vit quant à l’esprit.

236. La félicité éternelle, également appelée joie céleste, est à tous ceux qui sont dans l’amour et dans la foi envers le Seigneur, d’après le Seigneur.

Cette joie est inhérente à cet amour et à cette foi. L’homme qui a le ciel en lui entre dans cette joie après la mort ; en attendant, elle reste cachée dans son interne. Dans les cieux, il y a une participation commune à tous les biens : la paix, l’intelligence, la sagesse et la félicité de tous y sont communiquées à autrui, mais dans la mesure toutefois où chacun reçoit du Seigneur l’amour et la foi. Par là, on voit clairement combien il y a de paix, d’intelligence, de sagesse et de félicité dans le ciel.

237. De même que l’amour envers le Seigneur et l’amour à l’égard du prochain font la vie du ciel chez l’homme, de même l’amour de soi et l’amour du monde, quand ils règnent, font la vie de l’enfer chez lui, car ces derniers amours sont opposés aux précédents.

C’est pourquoi ceux chez qui règnent les amours de soi et du monde ne peuvent rien recevoir du ciel ; tout ce qu’ils reçoivent vient de l’enfer. En effet, tout ce que l’homme aime, et tout ce qu’il croit, vient ou du ciel ou de l’enfer.

238. L’homme chez qui règnent l’amour de soi et l’amour du monde, ne peut pas savoir ce qu’est le ciel, ni quelle en est la félicité.

Il lui semble incroyable qu’il y ait de la félicité dans d’autres amours que dans ceux-là, alors qu’il n’entre de félicité céleste dans l’homme que dans la mesure où il éloigne ces amours comme fins ; quand ceux-ci ont été éloignés, la félicité qui les remplace est si grande, qu’elle surpasse tout ce que l’homme peut concevoir.

239. Après la mort, la vie de l’homme ne peut être changée.

Elle reste alors telle qu’elle a été ; car l’esprit de l’homme est entièrement tel qu’est son amour, et l’amour infernal ne peut être transformé en un amour céleste, puisque ces amours sont opposés. Tel est le sens des paroles d’Abraham au riche en enfer :

« Il y a entre nous et vous un gouffre immense, de sorte que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne peuvent le faire » (Luc 16 : 26).

De là, il est évident que ceux qui vont en enfer y restent éternellement et que ceux qui vont au ciel y demeurent pour l’éternité.

L’EGLISE

241. Ce qui fait le ciel chez l’homme, fait aussi l’Église, car de même que l’amour et la foi font le ciel, de même ils font l’Église.

D’après ce qui vient d’être dit du ciel, on peut donc voir ce qu’est l’Église.

242. Par définition, l’Église est là où le Seigneur est reconnu, et où il y a la Parole…

Car les essentiels de l’Église sont l’amour et la foi envers le Seigneur, d’après Lui, et la Parole enseigne comment l’homme doit vivre pour qu’il reçoive du Seigneur l’amour et la foi.

243. Pour que l’Église existe, il faut qu’il y ait une doctrine d’après la Parole puisque, sans doctrine, la Parole n’est point comprise.

Mais la doctrine seule ne fait point l’Église chez l’homme ; c’est la vie selon la doctrine qui la fait. Il s’ensuit que ce qui fait l’Église, c’est la vie de la foi, qui est la charité, et non, la foi seule. La doctrine réelle est la doctrine de la charité en même temps que celle de la foi et non la doctrine de la foi sans celle de la charité ; car la doctrine de la charité, en même temps que celle de la foi, est la doctrine de la vie, mais il n’en est pas de même de la doctrine de la foi sans celle de la charité.

244. Ceux qui sont hors de l’Église, mais qui cependant reconnaissent un seul Dieu et qui, en vertu de leurs principes religieux, vivent dans une sorte de charité à l’égard du prochain, sont en communion avec ceux qui sont de l’Église…

Parce que nul homme qui croit en Dieu et vit bien n’est damné.

De là, il est évident que l’Église du Seigneur est partout sur le globe entier, quoiqu’elle soit spécialement là où le Seigneur est reconnu, et où il y a la Parole.

L’ECRITURE SAINTE OU LA PAROLE

249. Sans une révélation procédant du Divin, l’homme ne peut rien savoir de la vie éternelle, ni même de Dieu, ni à plus forte raison de l’amour et de la foi envers Dieu.

En effet, l’homme naît dans une ignorance complète et c’est au moyen des choses du monde qu’il doit apprendre tout ce qui est nécessaire à la formation de son entendement. En outre, et par le fait de son hérédité, il naît aussi dans tout le mal qui découle de l’amour de soi et du monde. Il est continuellement dominé par les plaisirs qui en proviennent et qui lui suggèrent des choses qui sont diamètralement opposées au Divin. C’est pourquoi l’homme, par lui-même, ne sait rien de la vie éternelle et, en conséquence, pourquoi il est indispensable qu’il y ait une révélation par laquelle il puisse en être instruit.

250. On peut voir clairement que les maux de l’amour de soi et du monde produisent une telle ignorance des choses qui appartiennent à la vie éternelle…

Quand on considère le cas de toutes les personnes au sein de l’Église, tant parmi les érudits que parmi ceux qui ne le sont pas, qui tout en sachant par la révélation qu’il y a un Dieu, un ciel et un enfer, et qu’il y a une vie éternelle à laquelle on accède par le bien de l’amour et de la foi, n’en sont pas moins arrivés à nier toutes ces choses. Ceci montre une fois de plus combien grande serait l’ignorance relativement à tous ces sujets, s’il n’y avait aucune révélation.

251. Donc, puisque l’homme vit pour l’éternité après la mort, et que sa vie est alors entièrement telle qu’est son amour et sa foi, il s’ensuit que, par amour pour le genre humain, le Divin a révélé les choses qui doivent conduire à cette vie et contribuer au salut de l’homme.

Ce que le Divin a révélé est chez nous la Parole.

252. Comme la Parole est une révélation procédant du Divin, elle est divine dans toutes et dans chacune des choses qui la composent, car ce qui procède du Divin ne peut être autrement que divin.

Comme d’autre part, ce qui procède du Divin descend par les cieux jusqu’à l’homme, il s’ensuit que, dans les cieux, la Parole a été adaptée à la sagesse des anges, tandis que, sur terre, elle l’a été à la compréhension des hommes. Elle contient donc un sens interne qui est spirituel, à l’usage des anges, et un sens externe qui est naturel, à l’usage des hommes. Il en résulte que la Parole est le moyen de conjonction du ciel avec l’homme.

253. Le sens réel de la Parole n’est saisi que par ceux qui ont été éclairés par le Seigneur

Et seuls sont éclairés ceux qui sont dans l’amour et dans la foi envers le Seigneur ; car leur nature intérieure est élevée par le Seigneur jusque dans la lumière du ciel.

254. La Parole, dans la lettre, ne peut être saisie qu’au moyen d’une doctrine qui en est tirée par un homme éclairé

Car le sens de la lettre a été adapté à la conception des hommes même simples ; c’est pourquoi la doctrine tirée de la Parole leur servira de flambeau.

245. Tout homme en qui il y a l’Église est sauvé

Mais tout homme en qui l’Église n’est point est condamné.

LA PROVIDENCE

267. On appelle Providence le gouvernement du Seigneur dans les cieux et dans les terres.

Or, comme c’est du Seigneur que procèdent tout bien qui appartient à l’amour et tout vrai qui appartient à la foi (au moyen desquels le salut s’opère), et qu’il n’en vient absolument rien de l’homme, la Divine Providence du Seigneur est dans toutes et dans chacune des choses qui contribuent au salut du genre humain. Le Seigneur l’enseigne en ces termes dans Jean :

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (14 : 6) ; et ailleurs :
« Comme le sarment ne peut porter de fruit par soi-même, s’il ne demeure attaché au cep, de même vous non plus, si vous ne demeurez en Moi ; car sans Moi vous ne pouvez rien faire » (15 : 4-5).

268. La Divine Providence du Seigneur s’étend aux plus petits détails de la vie de l’homme, car il n’y a qu’une seule source de vie :

Le Seigneur, par qui nous sommes, nous vivons et nous agissons.

269. Ceux qui pensent à la Divine Providence d’après les choses du monde en concluent qu’elle ne s’étend qu’aux généralités et que les détails dépendent de l’homme

Mais ils ignorent tout des arcanes du ciel et se basent uniquement sur les amours de soi et du monde et sur les voluptés qui en découlent pour arriver à une telle conclusion. Voient-ils les méchants s’élever aux honneurs, acquérir plus de richesses que les bons, les voient-ils réussir dans leurs artifices, aussitôt ils disent dans leur coeur qu’il n’en serait pas ainsi si la Divine Providence s’étendait à toutes choses, y compris les particulières.

Mais ils penseraient autrement s’ils considéraient que la Providence Divine a en vue non ce qui n’a qu’une durée éphémère et prend fin avec la vie de l’homme dans le monde, mais ce qui demeure éternellement, par conséquent ce qui n’a point de fin ; ce qui n’a point de fin, cela « est » ; mais ce qui a une fin, cela relativement « n’est » point. Que celui qui le peut considère si cent mille ans sont quelque chose en comparaison de l’éternité, et il percevra qu’ils ne sont rien. Que sont alors quelques années de vie dans le monde ?

270. Quiconque examine attentivement ces choses peut savoir que la prééminence et l’opulence dans le monde ne sont point de réelles bénédictions divines

– quoique l’homme, par l’agrément qu’il y trouve, les appelle ainsi – car elles passent et séduisent beaucoup de personnes, et les détournent du ciel. Les réelles bénédictions qui procèdent du Divin sont la vie éternelle et sa félicité ; c’est même ce que le Seigneur enseigne dans Luc :

« Amassez-vous… un trésor dans les cieux, qui ne s’épuise pas, où le voleur n’approche point, et où la teigne ne corrompt point ; car là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur » (1 : 2 : 33-34).

271. Si les méchants réussissent dans leurs artifices, c’est parce qu’il est conforme à l’ordre Divin que chacun agisse d’après sa raison et son libre arbitre.

Car, S’il n’était pas laissé à l’homme d’agir conformément à sa raison et d’après son libre arbitre et si les artifices auxquels il peut ensuite recourir n’étaient voués à l’insuccès, l’homme ne pourrait nullement être mis en état de recevoir la vie éternelle, vie qui ne pénètre en lui que s’il est dans un état libre et que si sa raison est éclairée. En effet, personne ne peut être contraint au bien, parce que rien de ce qui est imposé à l’homme par contrainte ne s’attache à lui, puisque cela ne vient pas de lui.

Ne devient, en effet, partie intégrante de l’homme que ce qu’il fait librement d’après sa raison et il fait librement ce qui vient de sa volonté ou de son amour, car la volonté ou l’amour, c’est l’homme même. Si l’homme était contraint de faire ce qu’il ne veut pas, néanmoins il inclinerait toujours en intention vers ce qu’il veut. De plus, chacun tend à ce qui est défendu pour la raison cachée qu’il tend à la liberté ; de là, il est évident que si l’homme n’était pas maintenu dans un état de liberté, il ne pourrait être pourvu à son bien.

272. Laisser l’homme, en vertu de son libre arbitre, vouloir, et, autant que les lois ne le défendent pas, faire le mal, cela est appelé « permettre ».

273. Quand, par son habileté, l’homme parvient aux félicités de ce monde, il a l’impression qu’il le doit à sa propre prudence

Toujours est-il qu’il ne peut rien faire sans la permission de la Divine Providence qui l’accompagne sans cesse et s’efforce continuellement de le détourner du mal ; mais lorsqu’il est conduit vers les félicités du ciel, l’homme sait et perçoit que cela provient non de sa propre prudence, mais du Seigneur, et que c’est l’oeuvre de la Divine Providence qui dispose et conduit continuellement au bien.

274. L’homme, d’après la lueur naturelle, est incapable de saisir qu’il en soit ainsi, car cette lueur ne peut lui révéler les lois de l’ordre Divin.

275. Il faut qu’on sache qu’il y a « Providence » et « Prévoyance ».

Le Seigneur « pourvoit » au bien tandis qu’Il « prévoit » le mal. Ces deux choses vont forcément de pair, car ce qui vient de l’homme n’est rien autre que le mal et ce qui vient du Seigneur n’est rien autre que le bien.

LE SEIGNEUR

280. Dieu est Un.

Il est le Créateur et le Préservateur de l’univers, par conséquent le Dieu du ciel et de la terre.

281. Deux choses font la vie du ciel chez l’homme :

Le bien de l’amour et le vrai de la foi. L’homme reçoit cette vie de Dieu ; il n’en vient absolument rien de lui-même. C’est pourquoi ce qui importe le plus pour l’Église, c’est de reconnaître Dieu, croire en Lui et L’aimer.

282. Ceux qui sont nés au sein de l’Église doivent reconnaître le Seigneur, son Divin et son Humain, croire en Lui et L’aimer, car c’est de Lui que vient le salut.

Le Seigneur l’enseigne dans Jean :

« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (3 : 36).

Et plus loin :

« C’est la volonté de Celui qui M’a envoyé, que quiconque voit le Fils et croit en Lui, ait la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour » (6 : 40).

Et enfin :

« Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en Moi, vivra quand même il serait mort. Quiconque vit et croit en Moi ne mourra point à jamais » (11 : 25-26).

283. Ceux donc qui, au sein de l’Église, ne reconnaissent point le Seigneur, ni son Divin, ne peuvent être conjoints à Dieu…

Ni par conséquent avoir part en aucune manière au sort des anges dans le ciel ; en effet, personne ne peut être conjoint à Dieu si ce n’est par le Seigneur et dans le Seigneur.

Que personne ne puisse être conjoint à Dieu si ce n’est par le Seigneur, c’est ce que le Seigneur Lui-même enseigne dans Jean :

« Personne n’a jamais vu Dieu ; l’unique engendré Fils qui est dans le sein du Père, est Celui qui L’a fait connaître » (1 : 18).

« Vous n’avez jamais entendu la voix du Père et vous n’avez point vu sa face » (5 : 37)

Dans Matthieu :

« Personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut Le révéler » (11 : 27) ;

À nouveau dans Jean :

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; nul ne vient au Père que par Moi » (14 : 6).

Si personne ne peut être conjoint à Dieu que dans le Seigneur, c’est parce que le Père est en Lui et qu’Ils sont un, comme on peut le voir aussi dans Jean :

« Si vous M’aviez connu, vous auriez aussi connu Mon Père… Celui qui M’a vu a vu le Père… Philippe, ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en Moi ?. Croyez-Moi, je suis dans le Père et le Père est en Moi » (14 : 7-11).

Et dans le même :

« Le Père et Moi, nous sommes un… Afin que vous sachiez et que vous croyiez que je suis dans le Père et que le Père est en Moi » (10 : 30, 38).

284. Puisque le Père est dans le Seigneur, et que le Père et le Seigneur sont un, et puisqu’il faut croire en Lui, et que celui qui croit en Lui a la vie éternelle, il est bien évident que le Seigneur est Dieu.

C’est d’ailleurs ce qu’enseigne la Parole, par exemple dans Jean :

« Au commencement était la Parole, et la Parole était chez Dieu et Dieu était la Parole. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle de l’unique-engendré du Père » (1 : 1, 3, 14).

Dans Esaïe :

« Un enfant nous est né, un Fils nous est donné ; la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu Puissant, Père d’Éternité, Prince de Paix (9 : 5)

Et encore dans le même :

« Voici, une vierge deviendra enceinte ; elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom de Dieu avec nous » (7 : 14. Matthieu 1. 23)

Et dans Jérémie :

« Voici les jours viennent où je susciterai à David un germe juste, qui régnera en roi et prospérera…et voici le nom dont on l’appellera : Jéhovah notre Justice » (23 : 5-6 ; 33 : 15-16).

285. Tous ceux qui sont de l’Église et dans la lumière qui procède du ciel, voient le Divin dans le Seigneur

Mais ceux qui ne sont point dans la lumière du ciel, ne voient dans le Seigneur que l’Humain, alors que cependant le Divin et l’Humain ont été tellement unis en Lui, qu’ils sont un, comme le Seigneur aussi l’a enseigné dans Jean :

« Père, tout ce qui est à Moi est à Toi, et tout ce qui est à Toi est à Moi » (17 : 10).

286. On sait dans l’Église que le Seigneur a été conçu de Jéhovah le Père et qu’ainsi Il était Dieu par conception

On sait aussi qu’Il est ressuscité avec tout son corps, car Il n’a rien laissé dans le sépulcre. Il en a d’ailleurs donné ensuite la confirmation à ses disciples, en disant :

« Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien Moi ; touchez-Moi et voyez, car un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que J’ai » (Luc 24 : 39).

Et quoiqu’Il fût homme en chair et en os, néanmoins Il entra dans le lieu où ils se trouvaient, les portes étant fermées ; et après qu’Il se fut manifesté, Il devint invisible (Jean 20 : 19, 26. Luc 24 : 31). Il n’en est pas de même pour l’homme-celui-ci ressuscite quant à l’esprit seulement et non quant au corps ; c’est pourquoi le Seigneur, en déclarant qu’Il n’était pas comme un esprit, affirmait qu’Il n’était pas comme un autre homme. De là il est évident que, dans le Seigneur, l’Humain aussi est Divin.

287. Tout homme tient de son père l’être de sa vie, qui est appelé son âme…

L’exister de la vie qui en provient est ce qui est appelé corps ; c’est pourquoi le corps est l’effigie de l’âme, car, au moyen du corps, l’âme dirige sa vie à son gré. C’est la raison pour laquelle l’homme, par naissance, ressemble à ses parents et les familles se distinguent les unes des autres. D’après cela, on peut voir quel a été le corps ou l’Humain du Seigneur, à savoir qu’il a été comme le Divin même, qui était l’être de sa vie ou l’âme provenant du Père ; aussi a-t-Il dit :

« Qui me voit, voit le Père » (Jean 1,4 : 9).

288. Que le Divin et l’Humain du Seigneur soient une seule personne, cela est manifeste d’après la foi généralement acceptée dans l’ensemble du monde chrétien, foi énoncée en ces termes :

« Quoique Christ soit Dieu et Homme, cependant Il n’est pas deux, mais un seul Christ ; Il est même absolument un et une seule personne ; car de même que le corps et l’âme sont un seul homme, de même aussi Dieu et Homme est un seul Christ. »

Ces paroles sont tirées du Symbole d’Athanase.

289. L’idée d’une Divinité composée de trois personnes est incompatible avec l’idée d’un seul Dieu

Bien que des lèvres on dise « un », toujours est-il qu’on pense « trois ». Mais si l’on se fait de la Divinité l’idée de trois dans une seule personne, alors on peut avoir l’idée d’un seul Dieu et ainsi non seulement dire, mais penser « un seul Dieu ».

290. On a l’idée de trois dans une seule personne, quand on pense que le Père est dans le Seigneur, et que l’Esprit Saint procède de ce dernier.

Alors, le trine dans le Seigneur est le Divin-même appelé Père, le Divin-Humain appelé Fils, et le Divin procédant appelé Esprit Saint.

291. Puisque tout le Divin est en Lui, le Seigneur a tout pouvoir dans les cieux et sur la terre.

C’est aussi ce qu’Il enseigne Lui-même dans Jean :

« Le Père a remis toutes choses en la main du Fils » (3 : 35). Et encore :
« Le Père a donné au Fils pouvoir sur toute chair » (17 : 2).

Puis, dans Matthieu :

« Toutes choses M’ont été livrées par le Père » (11 : 27).

Et, dans le même :

« Tout pouvoir M’a été donné dans le ciel et sur la terre » (28 : 18).

Un tel pouvoir, c’est le Divin.

292. Ceux qui assimilent l’Humain du Seigneur à l’humain d’un autre homme ne tiennent pas compte du fait qu’Il a été conçu par le Divin-Même :

Ils ne prennent pas en considération que le corps de chacun est l’effigie de son âme. Ils oublient d’autre part que le Seigneur est ressuscité avec tout son corps et que, pendant sa transfiguration, les disciples virent sa face resplendir comme le soleil. De même, ils ne conçoivent pas que les choses que le Seigneur a dites concernant la foi en Lui, Son union avec le Père, Sa glorification, Son pouvoir sur le ciel et sur la terre, sont des choses divines et qu’elles ont été dites de son Humain.

Ils ne leur souvient pas davantage que le Seigneur est omniprésent, même quant à l’Humain (Matthieu 28 : 20) et que c’est de là que découle la foi en sa Toute-Présence dans la Sainte-Cène ; or, la Toute-Présence est Divine. Peut-être même leur échappe-t-il que le Divin, qui est appelé Esprit Saint, procède de Son Humain glorifié. En effet, il est dit:

« L’Esprit Saint n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean 7. 39).

293. Le Seigneur est venu dans le monde pour sauver le genre humain, qui autrement eût péri d’une mort éternelle.

Il a effectué ce salut en subjuguant les enfers qui infestaient tout homme venant au monde et sortant du monde ; et en même temps en glorifiant son Humain ; car Il peut ainsi tenir les enfers éternellement subjugués. La subjugation des enfers, en même temps que la glorification de son Humain, ont été effectuées par les tentations qu’Il admit dans l’Humain hérité d’une mère et par les victoires continuelles qu’Il remporta. Sa passion sur la croix fut la dernière tentation en même temps que la victoire complète.

294. Que le Seigneur ait subjugué les enfers, Lui-Même l’enseigne dans Jean.

Quand la Passion de la croix fut proche, Jésus dit :

« C’est maintenant qu’a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde sera jeté dehors » (12 : 31).

Dans le même :

« Ayez confiance ; Moi, j’ai vaincu le monde » (16 : 33).

Et dans Esaïe :

« Qui est celui-ci qui vient d’Edom… s’avançant dans la plénitude de sa force ? Grand pour sauver… Mon bras m’a procuré le salut… c’est pourquoi il est devenu pour eux un Sauveur » (63 : 1-19 ; 59 : 16-21).

Qu’Il ait glorifié son Humain, et que la Passion de la croix ait été la dernière tentation et la complète victoire par laquelle Il a été glorifié, le Seigneur l’enseigne aussi dans Jean :

« Après que judas fut sorti, Jésus dit : Maintenant le Fils de l’homme est glorifié… et Dieu Le glorifiera en Lui-Même, et à l’instant Il Le glorifiera » (13 : 31-32).

Dans le même :

« Père ! L’heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils Te glorifie aussi » (17 : 1, 5).

« Maintenant mon âme est troublée… Père, glorifie ton Nom… Et une voix se fit entendre du ciel : je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore » (12 : 27-28). Dans Luc :
« Ne fallait-il pas que le Christ souffrît toutes ces choses, et qu’Il entrât dans sa gloire ! » (24 : 26).

Ces choses ont été dites de sa Passion : Glorifier, c’est rendre Divin. De là donc, il est évident que si le Seigneur ne fût venu dans le monde, s’Il n’eût été fait homme, et, par ce moyen, n’eût délivré de l’enfer tous ceux qui croient en Lui et qui L’aiment, aucun mortel n’aurait pu être sauvé. C’est ainsi que doit être comprise l’affirmation que, sans le Seigneur, il n’y a point de salut.

295. Quand le Seigneur glorifia pleinement son Humain, Il dépouilla l’humain provenant de la mère et revêtit l’Humain provenant du Père, qui est le Divin Humain ; ainsi Il ne fut alors plus le fils de Marie.

296. Pour toute Église, la première des choses et aussi la plus importante, c’est de connaître et reconnaître son Dieu

Car sans une telle connaissance et reconnaissance, aucune conjonction avec Lui n’est possible. C’est ainsi que, dans l’Église chrétienne, il n’y aurait point de conjonction avec le Seigneur, si le Seigneur n’était reconnu. Lui-même l’enseigne dans Jean :

« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (3 : 36).

Et ailleurs :

« Si vous ne croyez pas que Moi je suis., vous mourrez dans vos péchés » (8 : 24).

297. Qu’il y ait dans le Seigneur un Trine, à savoir :

Le Divin-même, le Divin-Humain et le Divin procédant, c’est là un arcane venant du ciel, à l’intention de ceux qui seront dans la Sainte Jérusalem.

LE GOUVERNEMENT ECCLESIASTIQUE ET CIVIL

311. Chez les hommes, deux sortes de choses doivent être dans l’ordre, savoir les choses du ciel et celles du monde :

Celles qui concernent le ciel sont appelées choses ecclésiastiques ; celles qui concernent le monde, choses civiles.

312. L’ordre ne peut être maintenu dans le monde sans qu’il y ait des chefs chargés d’exercer une surveillance sur toutes choses

Qu’elles soient faites conformément à l’ordre ou contre l’ordre, de récompenser ceux qui vivent conformément à l’ordre et de punir ceux qui l’enfreignent.

Si cela ne se fait pas, le genre humain périra ; car tout homme naît avec des penchants héréditaires qui le poussent à vouloir commander aux autres et à s’emparer de leurs richesses. De là découlent les inimitiés, les envies, les haines, les vengeances, les fourberies, les cruautés et plusieurs autres maux.

C’est pourquoi, si les hommes n’étaient pas liés par des lois, accompagnées, pour ceux qui font le bien, de récompenses qui flattent leurs amours, telles que des honneurs et des profits, et, pour ceux qui font le mal, de punitions qui contrarient ces amours, telles que la perte des honneurs, des possessions, voire de la vie, le genre humain périrait.

313. Par conséquent, il faut des chefs qui maintiennent l’ordre dans les collectivités humaines.

Ce seront des hommes experts dans les lois, remplis de sagesse et ayant la crainte de Dieu. Il y aura aussi parmi ces chefs un ordre de rang, de peur qu’aucun d’eux, par bon plaisir ou par ignorance, ne permette des maux qui soient contraires à l’ordre, et par conséquent ne le détruise. Ceci est évité quand il y a des chefs supérieurs et des chefs inférieurs, et qu’il existe entre eux une subordination.

314. Les chefs préposés aux choses qui, parmi les hommes, concernent le ciel, c’est-à-dire aux choses ecclésiastiques, sont appelés prêtres

Leur fonction est le sacerdoce. Ceux préposés à celles qui concernent le monde, ou choses civiles, sont appelés magistrats ; le premier d’entre eux, dans les pays où la forme du gouvernement le permet, est appelé roi.

315. Quant à ce qui concerne les prêtres, ils ont pour devoir d’enseigner aux hommes le chemin qui mène au ciel, et de leur servir de guides

Ils les instruiront conformément à la doctrine de leur Église d’après la Parole, et les guideront pour qu’ils vivent selon cette doctrine. Les prêtres qui enseignent les vrais, et qui par ces vrais conduisent au bien de la vie, et par conséquent au Seigneur, sont les bons pasteurs des brebis ; mais ceux qui enseignent et ne conduisent pas au bien de la vie, ni par conséquent au Seigneur, sont de mauvais pasteurs.

316. Les prêtres ne s’arrogeront aucun pouvoir sur les âmes des hommes, parce qu’ils ne savent pas dans quel état sont les intérieurs de l’homme

Aplus forte raison, ne s’arrogeront-ils pas le pouvoir d’ouvrir ou de fermer le ciel, puisque ce pouvoir appartient au Seigneur seul.

317. On respectera et honorera les prêtres à cause des choses saintes qu’ils administrent.

Mais ceux d’entre eux qui sont sages attribueront l’honneur au Seigneur, de qui procèdent les choses saintes. Ceux, au contraire, qui ne sont point sages, s’attribuent l’honneur et le dérobent ainsi au Seigneur.

Ceux qui s’attribuent l’honneur à cause des choses saintes qui appartiennent à leurs fonctions, préfèrent l’honneur et le gain au salut des âmes auquel ils doivent veiller ; mais ceux qui attribuent l’honneur au Seigneur et non à eux-mêmes, préfèrent le salut des âmes à l’honneur et au gain. L’honneur d’une fonction n’a pas trait à la personne qui en est investie ; il lui est adjoint en vertu de la dignité de la chose qu’elle administre ; or, ce qui n’est qu’adjoint n’appartient pas à la personne, et même s’en retire en même temps que la fonction cesse. L’honneur qui appartient à la personne (indépendamment de toute fonction) c’est l’honneur de la sagesse et de la crainte du Seigneur.

318. Les prêtres instruiront les hommes et, par les vrais, les conduiront au bien de la vie.

Néanmoins, ils ne contraindront personne, puisque nul ne peut être contraint à croire le contraire de ce qu’il est arrivé à considérer du fond du coeur comme vrai. Celui qui ne croit pas comme le prêtre et ne cause pas de troubles, sera laissé en paix ; mais celui qui cause des troubles sera séparé ; cela aussi relève de l’ordre pour lequel le sacerdoce a été établi.

319. De même que les prêtres ont été préposés pour administrer ce qui concerne la Loi divine et le culte, de même les rois et les magistrats l’ont été pour administrer ce qui concerne la loi civile et la justice.

320. Comme le roi, seul, ne peut administrer toutes choses, il a sous ses ordres des chefs

A chacun desquels a été confiée la charge d’administrer ce qu’il n’a pas la possibilité ou n’est pas en mesure d’administrer lui-même. Ces chefs, pris ensemble, constituent la royauté, mais le roi lui-même est le chef suprême.

321. La royauté elle-même n’est pas inhérente à la personne

Elle lui est adjointe. Le roi qui croit que la royauté est inhérente à sa personne, et le chef qui croit que la dignité de sa fonction est inhérente à sa personne, ne sont point sages.

322. La royauté consiste à gouverner un royaume selon ses lois, et d’après elles à juger avec justice.

Le roi qui place les lois au-dessus de lui, est sage ; mais le roi qui se considère comme au-dessus des lois n’est point sage. Le roi qui met les lois au-dessus de lui place la royauté dans la loi, et cette dernière domine sur lui ; car il sait que la loi est la justice et que toute vraie justice est divine.

Mais celui qui regarde les lois comme étant au-dessous de lui, place la royauté en lui-même, et croit ou qu’il est lui-même la loi, ou que la loi, qui est la justice, vient de lui. De là, il s’arroge ce qui est divin, alors qu’il doit être au-dessous du divin.

323. La loi, qui est la justice, sera établie dans le royaume par des hommes experts dans les lois, sages et craignant Dieu.

Le roi et ses sujets y conformeront leur vie. Le roi qui vit selon la loi établie et qui en ceci donne le premier l’exemple à ses sujets, est vraiment un roi.

324. Le roi qui possède un pouvoir absolu et qui considère que ses sujets sont à tel point ses esclaves qu’il a le droit de disposer à sa guise de leurs biens et de leur vie, et qui agit en conséquence, n’est pas un roi, mais un tyran.

325. On doit obéir au roi selon les lois du royaume et ne l’outrager en aucune manière, ni en actes, ni en paroles ; la sécurité publique en dépend.

FIN

Par Emmanuel SWEDENBORG

Source : http://livres-mystiques.com/

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