Gnostiques et Rose-Croix Spiritualité

Tout est … Information et Expérimentation

La liberté du plan de Dieu – Tout est …

Il n’est pas rare que des évangiles, dont on connaissait l’existence, aient été redécouverts et publiés, apportant un nouvel éclairage à de nombreux textes bibliques. C’est le cas notamment de l’Evangile de Thomas et de l’Evangile de Judas où apparaît une autre figure du Judas : au traître de la tradition se substitue un homme plein de dévouement.

Jan van Rijckenborgh et Catharose de Petri attirèrent notre attention sur le fait que les textes de la Bible, tels que nous les connaissons, ne sont que des parties annexes d’un ensemble beaucoup plus vaste d’écrits auxquels furent apportées, au cours des quatre premiers siècles de l’ère chrétienne, d’importantes modifications.

Dans la Genèse, écrit Jan vanRijckenborgh, il ne fut d’abord question que d’un seul arbre, l’arbre de la vie, et non pas du second, l’arbre de la connaissance du bien et du mal, qui fut introduit dans l’histoire par la suite. Dans la version originale, le dieu du domaine de vie terrestre dit à l’homme, montrant l ’arbre de la vie : « Tu ne mangeras pas du fruit de l ‘arbre qui est au milieu du jardin ». Il n’ y avait donc qu’un arbre au centre du paradis, l’arbre de vie, auquel ce dieu interdit à l’homme de toucher.

Ainsi, le texte originel retrouve tout son sens et sa limpidité. Jan van Rijckenborgh explique que le dieu du monde terrestre
veut empêcher l’homme de quitter son enclos. Heureusement, il y a Eve, symbole de la faculté d’imagination, qui comprend ce que dit le serpent.

Le serpent, lui, est le symbole de la force éthérique divine originelle, autrement dit du feu du serpent.

Et Eve convainc Adam de l’importance vitale de manger du fruit de cet arbre. Si l ’on supprime les rajouts ayant trait à un arbre de la connaissance du bien et du mal, nous obtenons le texte suivant:

Puis l’Eternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’ il avait formé. L’Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l ’arbre de la vie au milieu du jardin (…) Le serpent était le plus astucieux de tous les animaux des champs que l ’ Eternel Dieu avait faits. Il dit à a femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l ’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme :Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que le jour ou’ vous en mangerez,vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu. La femme vit que l ’arbre était bon à manger (…) elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était auprès d ’elle, et il en mangea. Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent (…) [Genèse 2 : 8 et 3: 1-7]

Le récit prend ainsi un tout autre sens : il existe une force antagoniste qui tente délibérément de river l’homme à son champ de vie en l’empêchant de manger du fruit de l ’arbre de la vie. Dans cette optique, nous comprenons que celui qui veut parcourir le chemin du renouvellement de l ’âme doit traverser une crise.

Tout chercheur, à un moment donné, tend la main pour cueillir le fruit de l ’arbre de la vie, mais il est rappelé à l ’ordre par le dieu de ce monde : « Tu ne mangeras pas du fruit de cet arbre. » Ce n’est pas forcément une expression à prendre au pied de la lettre : il est question, avec ce dieu, d’une concentration de forces correspondant à la personnalité issue du champ terrestre.

Autrement dit, il arrive à tout chercheur d ’être son propre adversaire : dès lors que nous aspirons au renouvellement de l ’âme, nous nous retrouvons face à face avec les forces dont est tirée notre existence, qui nous maintiennent en vie et que nous avons assimilées. La confrontation nous prend au dépourvu car elle survient toujours autrement que nous ne l’aurions imaginé.

L’enracinement dans le champ de vie

Dans le Nyctemeron d ’Apollonius de Tyane, chapitre trois, Jan van Rijckenborgh parle de Cerbère, le chien de la mythologie grecque, qui garde la porte du royaume des ombres. Ce chien est couramment considéré comme un monstre. En fait, Cerbère n’est qu’en partie monstrueux, et dans la mesure ou’ il est le reflet de la peur. La peur engendre des formes monstrueuses ; elle est notre pire ennemie. L’autre aspect de Cerbère est invisible et donc plus difficile à cerner. Nous ne le voyons pas parce qu’ il est en parfaite concordance avec notre personnalité : il s’agit de notre enracinement dans le champ de vie terrestre, le fondement de notre personnalité, ce que Jan van Rijckenborgh appelle notre dogme.

A notre entrée dans l’Ecole de la Rose-Croix d’Or, nous nous faisons une certaine idée de ses tenants et de ses aboutissants, ainsi que des rapports que nous estimons devoir entretenir avec elle. Puis nous ne cessons d’ajuster l’idée que nous nous faisons de notre progression et des obstacles que nous rencontrons sur le chemin. Cependant, l’expérience nous apprend que si nous avons la possibilité de réviser nos idées régulièrement, il y en a une qui ne se laisse pas réviser : l’idée centrale, fondamentale, à la racine de nous-mêmes et de l’état humain en général, l’idée-germe autour de laquelle se déploie la pensée. Une courte introspection nous le confirmera.

Cette image-pensée centrale, que Jan van Rijckenborgh nomme le dogme, est celle que nous nous faisons de nous mêmes et de ce que nous voudrions devenir. Or, elle est un obstacle, elle nous barre la route, comme Cerbère, le gardien de l ’ombre.

Passer devant Cerbère

Passer devant Cerbère, c’est entrer dans la liberté en s’ouvrant à l’inspiration divine.

Eve devient la représentation symbolique de l ’âme qui s ’exprime en nous pour nous pousser à nous tourner vers l’arbre de la vie, dispensateur de forces qui ne sont pas de ce monde. Ce n’est pas la libération de la personnalité qui s’autoriserait tout à coup à en user comme bon lui semble. La véritable liberté est spirituelle et ne s ’acquiert que par l’éveil de l’homme originel microcosmique endormi en nous.

Le chercheur maintenant s’engage dans le processus de libération et persévère, rejetant toutes les images imposées par son précédent état naturel. Il passe devant Cerbère et se retrouve devant un mystère.

Parvenu à un certain degré de purification du feu du serpent, il connaît le sentiment que procure l’Unité universelle en laquelle demeure infiniment l’archétype de l’homme originel. Ce n’est pas une rencontre, ni une possession personnelle. C’est la révélation simple et certaine qu’un temple originel inviolé est au coeur de chaque être humain, un temple symbolique qui fait partie intégrante du plan universel auquel nous avons la possibilité de collaborer.

Un nouveau corps éthérique

Selon ce qu’enseigne l’Ecole de l’Esprit, la flamme astrale qui brûle dans la moelle épinière est entourée d’une concentration d’éthers. Ces éthers en se purifiant forment un vêtement éthérique qui constituera un nouveau corps éthérique, le corps de l’âme.

Dans l’Appel de la Fraternité de la Rose-Croix figure le récit dans lequel les frères de la Rose-Croix aperçoivent un gros clou planté dans le mur. En le retirant, un morceau de plâtre se détache, révélant l’entrée du temple funéraire de Christian Rose-Croix. Ce clou, découvert par hasard, peut symboliser le point de jonction du corps de l’Ame avec la nature terrestre.

Le récit, en fait, témoigne de la façon dont, à un certain moment, l’âme nouvelle, le corps-Ame, est libéré de l’ancienne nature. Mais il va plus loin : quand les frères de la Rose-Croix pénètrent dans le tombeau de Christian Rose-Croix, ils voient un autel circulaire où sont gravées quatre sentences :

  • Il n’y a pas d ’espace vide
  • Le joug de la loi
  • La liberté de l’Evangile
  • La gloire de Dieu est inviolable

Il y a un plan grandiose, puissant et infini, correspondant à ce que les Rose-Croix nomment la liberté de l’Evangile. Le plan vibre dans l ‘éther du monde et rayonne sur nous, nous appelant à y collaborer.

Servons le plan. Faisons, en cela, le nécessaire. Lorsque nous passons du dogme àla liberté du plan de Dieu, notre comportement et nos actes en témoignent ouvertement. Nous démontrons ainsi la gloire de la divine perfection.

Il est intéressant de voir comment les théories se succèdent les unes aux autres à partir d’hypothèses apparemment très différentes. Prenons par exemple les approches plus ou moins scientifiques de notre monde. Certains disent : « Tout est matière », d ’autres disent : « Tout est vibration », ou encore : « Tout est énergie ». Il y a d’autres théories du « Tout est … », mais celles que nous venons de mentionner ont en commun un caractère scientifique. Depuis peu, est venu s’y ajouter une nouvelle théorie : « Tout est information », qui accroît encore l’intérêt de cette série, non seulement parce que nous vivons aujourd’hui dans un monde d’information, mais parce que se présente l ’évidence d ’une analogie avec l ’ image christique originelle : il n’ y a qu’un pas entre « Tout est vibration »et la Parole du commencement, et donc le Père ; entre « Tout est énergie » et la Force du Fils ; entre « Tout est information » et la Connaissance de l ’ Esprit. Au « Tout est matière » se trouve associée la matière primordiale dont tout a été formé.

La théorie

A la lumière de ces analogies, le « Tout est information » mérite d’être étudié de plus près.

Cette théorie s ’appuie sur l’idée qu’à la base de tout ce qui existe, il y a une information abstraite capable de s’exprimer en un nombre infini de formes et qui demande à être connue. A cette fin, elle doit se transformer : elle se condense jusqu’à l’état de probabilité.

Le nombre infini de formes devient un nombre fini, mais néanmoins considérable, de probabilités qui elles-mêmes engendrent un petit nombre de virtualités lesquelles, à leur tour, donnent lieu à la réalité telle que nous la connaissons.

C’est ce mouvement, allant de la pure information à a réalité, que l’on appelle « la vie ». Toujours selon cette théorie, quand, dans le champ du réel, la transformation de la pure information ne peut plus s ’opérer, le phénomène cesse d ’exister et c ’est la mort.

Les deux mouvements

La théorie passe sous silence le fait que pour être connue, l’information doit être saisie par une conscience capable d’apprendre et de se développer.

Le développement de la conscience par l ’assimilation de l’information est un mouvement second qui s’effectue en sens opposé à celui de la condensation de l’information.

Le premier mouvement, lui, va de haut en bas, il vient à nous du futur et, pourrions nous dire, d’un espace vide, tel que l ’on se
représente l’espace avant toute création. Le mouvement de développement de la conscience est précisément inverse : il va de bas en haut, fait irruption du passé et d’un espace plein de matière, la nature, pour s’approcher, espérons-le, d’une information toujours plus originelle.

Nous avons tendance à considérer ces deux mouvements comme étant « la vie » ; par là, nous ne pouvons considérer le réel comme quelque chose de mort ; ajoutons à cela que nous ne connaissons pas, ou à peine, le premier mouvement.

Le courant d’ information de l’expérience

Ce que nous entendons couramment par « information » est a’ l’opposé de ce qu’envisage cette théorie.

Pour nous, l’information est une description aussi exacte que possible de ce que nous constatons dans la réalité, un ensemble de données et de faits venant à notre connaissance de diverses façons, par les livres, les journaux, la radio, la télévision, internet. Mais cela ne nous rend compte que d ’une fraction du réel tel qu’on peut l ’observer. Toutes nos prévisions ne sont que des extrapolations à partir du passé. Ce vers quoi nous tendons se trouve donc dans le passé, dans l’espace empli, avons-nous dit. Nous sommes tournés vers l’information qui contient ce qui a été et comment cela fut, dans le sens inverse de la théorie décrite, pour laquelle le point d’orientation réside dans la vacuité où l’information va déterminer ce qui est susceptible de se produire, et créer la réalité.

Notre conscience est une conscience d’expérience.

Elle se fonde sur notre observation de la réalité vécue. Elle utilise l’action conjointe des sens de l ’observation, de la sensibilité et de l ’entendement qui s’influencent mutuellement, et s’accordent entre eux. Ce sont, en somme, les instruments permettant la mise en oeuvre du processus d’information dans le réel, dans l’espace physique, et non dans l’espace abstrait, « vide », l’espace dans lequel l’Esprit peut se manifester. Ce courant d’information provient donc du passé pour déboucher dans le présent, de bas en haut, dans le sens inverse du mouvement originel. Il coîncide avec le mouvement de développement de la conscience d’expérience, développement qui, nous pouvons l’imaginer, est déterminé et limité.

Pour prévenir toute confusion, notons que l’information pure et abstraite, c’est à dire « l’Esprit », ne peut être connue de la conscience expérimentale, parce que l’instrumentarium, l’homme et sa personnalité, n’en a pas l’aptitude.

Il est accordé, réglé sur le passé, ce qui fait de lui un être plein de contradictions. Il désire vivre, se développer et croître intérieurement : c ’est sa principale motivation ; mais, en même temps, il veut conserver les choses telles qu’elles sont et ont toujours été, éventuellement les amplifier, mais sans changement profond.

Or, ce n’est qu’un changement radical de l’orientation de la conscience qui puisse ouvrir le chemin de « la vie ».

Heureusement, nous ne passons pas toujours à côté du mouvement originel. Il arrive que nous nous libérions du courant d’information de l’expérience et ne voulions même plus en entendre parler. Au moment où l’on refuse la dictature des sentiments et du vécu, il se peut qu’une fraction de seconde nous entrions en contact avec l’Esprit, avec l’information originelle.

Un rayon de la conscience originelle nous touche, que nous allons pouvoir traduire dans notre propre langage et avec nos propres images. La faculté de traduire avec nos mots la connaissance, ou information originelle, est une importante caractéristique de la
conscience. L’ information reçue prend un sens, les mots et les images émergent sur la trame de l’histoire, celle de notre culture, comme celle des évènements dont nous avons fait l ’expérience. Mais, alors même que nous recevons la nouvelle information par les impulsions de l ’ Esprit, nous sommes assujettis par nos perceptions, nos sentiments, notre entendement, à notre passé qui en a tissé la toile. C’est un cercle vicieux.

On interprète le présent par rapport aux évènements antérieurs, en l’annexant à l’histoire, et nos perceptions entérinent la légitimité de ce mode d’assimilation.

Ainsi, l’on comprend que dans l’optique de la recherche spirituelle, il soit souvent recommandé : « Vivez dans le PRESENT », « Abandonnez le passé », « Faites bien et laissez dire ». Exhortations fort appropriées mais qui ne peuvent pénétrer en nous que si nous avons conscience des deux mouvements inverses de l ’ information à connaître.

La théorie du « Tout est information » fait état d’une condensation, d’une transformation de la pure abstraction en probabilité,
puis en potentialité, puis en réalité. Bien qu’elle ne dise rien du passage à la réalite¤, ni du rôle que jouent les sens, elle nous paraît intéressante.

Dans des instants d ’extrème danger, on sait que la conscience semet à fonctionner différemment. Tout le système est en alerte et la vigilance accrue ; nous sentons les choses arriver avant même qu’elles se produisent. Nous sommes dans le présent, prêts à réagir. C’est un instant presqu’entièrement affranchi du passé.

Le passage du potentiel au réel ouvre encore d ’autres horizons. Nous ne sommes pas seulement libres du passé, mais nos perceptions sont tournées vers le futur, vers ce qui va arriver.

Nous ne voyons plus ce qui s’est déjà produit mais ce qui va se produire, faisant ainsi passer le virtuel dans le domaine du réel. Nous créons notre propre réalité en ayant, pour ainsi dire, inversé la direction de nos facultés sensibles : au lieu de considérer la réalité déjà existante, nous rendons réelle une potentialité. Au lieu d’enchaîner le présent au passé, nous l ’associons au futur.

Avec une conscience entièrement enracinée dans le passé, il est difficile de se représenter le processus et de l’accomplir ; alors qu’à une conscience engagée sur le chemin de l ’ouverture à l’Esprit, au courant d’ information porteur de la liberté intérieure, le « présent vivant » offre en abondance des occasions de revenir à l’équilibre du champ de vie originel.

e-Pentagramme, bulletin électronique du lectorium rosicrucianum
Novembre – Décembre 2010

Voir le pdf : http://www.rose-croix-d-or.org/texte/papyrus/epentagramme-2010-11.pdf

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