A la Une Peuples et Nations

Tournez votre regard sur la plus «grande nation» sans État et discernez les impostures

Les Kurdes seraient aujourd’hui la plus «grande nation» sans État, constat sans faille de la négation d’une véritable culture, d’un véritable peuple. Il y a plus de vingt Etats arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, mais le monde exige avec une animosité à peine déguisée la création d’un état palestinien pour un peuple inventé, sans histoire et sans culture, qui vit au frais de l’Europe, incapable d’engendrer le moindre progrès pour ses « ressortissants ». Alors que tout près, gît un peuple qui bien qu’ayant démontré sa capacité à s’organiser en nation, subit le déni des puissances qui l’ont annexé….

Et où est Kerry ? Et où est Fabius ? Où sont l’ONU, BDS, et toute la clique ? … L’occident est à la source des problèmes actuels au Proche et Moyen-Orient, avec en plus cette fois le soutien aux terroristes, la libération de criminels, et la volonté d’annihiler le seul pays démocratique de la région: Israël, en plantant les germes de nouveaux bains de sang. La facture sera très lourde à payer pour toutes ces inconséquences. Pourtant, les mèdes qui représentent le peuple kurde actuel est un vrai peuple avec une histoire, qui ne cherche pas à s’en créer une en s’appropriant celle des autres.

Obama, promoteur des terroristes n’a-t-il que dédain pour un peuple capable de gérer son propre gouvernement autonome dans le nord de la Syrie, une zone où les enfants vont à l’école, les entreprises restent ouvertes, et les femmes peuvent aller faire du shopping ou se promener dans la rue sans crainte d’enlèvement, de viol ou d’assassinat. Ce qui est loin d’être le cas à Gaza !!!

Rappelons encore une fois que les Britanniques en charge de la ‘Palestine, mandataire destinée à devenir le foyer national Juif, n’a pas hésité à spolier les Juifs de leur foyer national de 77 % de leur territoire pour la donner au shérif de la mecque – les Hachémites et créer ainsi un état arabe supplémentaire: la Tranjordanie, interdisant à tout Juif d ‘y habiter.

Ces arabes qui se revendiquent aujourd’hui « palestiniens » et qui colonisent les 23 % restant osent prétendre à avoir un état qu’ils ont déjà reçu, il y a 80 ans et parlent de colonisation !!! Tant que les arabes et toutes les nations, ne reconnaitront pas l’histoire, la vraie, et continueront à alimenter une propagande mensongère soutenue par un déni complet de la réalité des peuples du proche et moyen-orient, il n’y aura jamais de paix. On ne construit pas la paix sur des mensonges….

Miléna

Les Kurdes, un peuple, quatre territoires, quatre histoires

par Anne Bernas

CARTE KURDISTAN_0

L’arrêt de la lutte armée annoncé par le leader kurde Abdullah Öcalan, le 21 mars dernier (2013), remet sur le devant de la scène la question kurde, et pas seulement en Turquie.

Sujet brûlant de l’histoire, le peuple kurde, entre 20 et 40 millions de personnes, vit sur quatre Etats : la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie.

Quatre territoires et pas d’Etat pour un peuple présent tout autour du monde.

Et quatre situations bien différentes.

Le « Kurdistan » est un territoire sans frontières.

Les Kurdes, dispersés entre la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie, se démènent tant bien que mal avec leur Etat respectif depuis des décennies, mais une radicalisation existe depuis 1975 en Irak, 1979 en Iran, 1984 en Turquie et 2011 en Syrie.

La fin des années 1970 et 1980 au Proche-Orient, marquées par la guerre civile au Liban et la guerre entre l’Iran et l’Irak, ont de nombreuses analogies avec les temps présents ; la région étant aujourd’hui encore rattrapée par des violences, en Syrie, en Turquie, etc.

Pourtant, les années 1970 et 1980 ont été marquées par une marginalisation des Kurdes qui avaient été des acteurs armés à part entière dans des conflits comme celui entre l’Iran et l’Irak.

La « fin du peuple kurde » aurait alors pu arriver, car seule la diaspora de l’époque vivait et faisait vivre l’identité kurde.

Les Kurdes, une entité qui compte dans la région

Mais le peuple kurde est encore là. Plus que jamais même. Il est aujourd’hui une entité qui compte dans la région. Suite à la Guerre du Golfe de 1990, les Kurdes irakiens établissent une zone autonome au nord de l’Irak. Ils soutiennent en 2003, l’intervention américaine en Irak.

Adoptée par référendum en 2005, la Constitution irakienne reconnaît une très large autonomie au Kurdistan. Après une vingtaine d’années d’existence, il est le symbole d’une société extrêmement dynamique et moderne au sein d’un Proche-Orient dévasté par les conflits.

La région autonome, fédérale, du Kurdistan irakien, est un espoir pour les autres Kurdes de la zone.

Alors que seulement 17 % du budget national est donné au Kurdistan, la région est en modernité perpétuelle :

17 universités ont ouvert en dix ans, les hôpitaux, les autoroutes et les aéroports fleurissent.

Aujourd’hui, même si la corruption existe et que le système administratif est suranné, le Kurdistan irakien est l’une des seules régions où la sécurité est réelle. Au point que la zone est devenue, dans le chaos régional, un lieu d’asile pour des réfugiés chrétiens et que de plus en plus d’Arabes y passent leurs vacances…

Déstabilisé par la guerre en Syrie et en lutte permanente avec l’Etat fédéral de plus en plus autoritaire, le Kurdistan irakien reste un modèle pour tous les peuples kurdes. Il a un impact sur les Kurdes dans l’ensemble de la région.

Depuis juillet 2012, à la faveur de la rébellion, les Kurdes de Syrie font l’expérience de l’autonomie dans un espace plus ou moins pacifié. L’espace kurde syrien, défendu par une petite armée (de 20 000 à 40 000 soldats selon les sources), n’est plus un mythe.

Mais le chemin pour en arriver là a été long et semé d’embuches. Les Assad se sont attelés durant des décennies à morceler le territoire kurde de Syrie en créant une « ceinture arabe » autour des trois régions que sont Hassakeh, Kobane et Efrin.

En Syrie, jusqu’en 2004 où a eu lieu le soulèvement de Qamishli stimulé par le conflit en Irak,le peuple kurde (3 millions de personnes sur une population totale de 22 millions) n’a jamais fait appel à la lutte armée pour revendiquer ses droits, droits culturels, droits territoriaux et surtout le droit de se voir restituer la nationalité syrienne.

Une loi sur le recensement en 1962 déchoit plus de 300 000 kurdes de leur nationalité. Alors que dans les autres pays de la région les autorités tentent d’assimiler les Kurdes, en Syrie, ils sont purement et simplement apatrides (470 000 apatrides aujourd’hui en Syrie).

En 2004, la répression contre les Kurdes s’est amplifiée.

Un embargo économique a été mis en place par le régime de Damas pour étouffer la zone kurde. Bachar el-Assad a mis en place une loi interdisant les ventes immobilières dans la région. Le peuple kurde et le Kurdistan syriens paraissent avoir vécu ce que subit aujourd’hui l’ensemble du peuple syrien sous le joug du régime de Damas.

Les Kurdes de Syrie à l’épreuve de la rébellion

RFI/Jérôme Bastion

Les enjeux, après deux années de révolution, sont énormes pour les Kurdes de Syrie.

« L’Armée syrienne libre n’est pas appréciée par les Kurdes qui regrettent que le mouvement de révolte n’ait pas conservé son aspect pacifique », déplore Sève Aydin Izouli, avocate au Barreau de Paris et militante de la cause kurde, qui récuse les accusations de certains membres de l’opposition syrienne envers les Kurdes, soupçonnés à tort de soutenir le régime Assad.

Les Kurdes ne veulent plus du régime barbare des Assad mais refusent la création d’une République arabe syrienne comme l’a évoqué l’opposition ».

Lors de la Déclaration de Damas en 2005, les Kurdes étaient associés au mouvement de revendication pour la création d’une République syrienne, et non arabe. Et si Assad n’a pas réprimé les Kurdes au début de la révolution comme ce fut le cas à Deraa, « c’est parce qu’il ne voulait pas mettre le feu aux poudres dans la région », affirme l’avocate.

Le conflit syrien ne manque donc pas d’inquiéter les Kurdes.

L’opposition syrienne les fait douter quant à leur avenir. Et Sève Aydin Izouli de regretter que « les Kurdes, les chrétiens, sont absents de la Coalition ».

L’oppression des Kurdes d’Iran

En Iran, comme en Syrie, la contestation militaire est absente mais le divorce entre Téhéran et les Kurdes est total et la radicalisation inédite. La répression n’en est que plus féroce.

Le pays est une mosaïque de peuples et de cultures, Perses, Azaris, Kurdes, Balouchs, Arabes, etc , vivant ensemble sur un territoire gigantesque.

Le Kurdistan iranien s’étend sur 125 000 kilomètres carrés d’un territoire de plus 1,6 million de kilomètres carrés, 16 % des 77,8 millions d’Iraniens sont des Kurdes.

Pourtant, depuis le XXe siècle, l’Iran est une nation monolithique où le persan est devenu l’identité ethnique la plus favorisée.

Alors que 60 % des Iraniens ne sont pas Persans

La frontière entre l’Iran et le Kurdistan irakien.

(Photo : AFP)

Pourtant, la révolution de 1979 a représenté un réel espoir de reconnaissance pour les Kurdes, mais aujourd’hui, selon Khosrow Abdollahi Mandolkani, du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran, le peuple kurde est le peuple le plus opprimé d’Iran.

Les droits élémentaires, civils et politiques, sont violés par la politique répressive du régime. La discrimination confessionnelle est également omniprésente.

À la demande d’octroi d’une autonomie, Téhéran, après six mois de tergiversations et de pseudonégociations, répond par la répression militaire.

Le 19 août 1979, une fatwa a proclamé « le jihad contre les Kurdes ».

La chasse aux Kurdes est en marche depuis lors. Les assassinats politiques, perpétrés en Iran comme à l’étranger, se multiplient.

En 2013, les régions kurdes d’Iran sont parmi les régions les plus sous-développées du pays et affichent un triste record de chômage à 50 %. Le fléau de la toxicomanie qui s’accroît chez les jeunes dans le tout le pays -mais que les autorités ne tentent pas de freiner au Kurdistan- en rajoute à la misère ambiante.

Depuis 2005 et l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinedjad et surtout après les contestations de 2009, les violences contre les Kurdes se sont accrues.

« Un mois avant les célébrations de Norouz, explique Khosrow Abdollahi Mandolkani, plus de 60 personnes ont été arrêtées dans les provinces kurdes d’Iran ».

Les Kurdes d’Iran réclament une reconnaissance, un système fédéral. Mais leur voix reste étouffée.

Vers la fin de la crise en Turquie?

C’est en Turquie que la question kurde est la plus médiatisée.

La minorité kurde en Turquie représente 20 % de la population. Mais à la création de la République turque, l’identité kurde est oubliée.

Des centaines de milliers de personnes étaient rassemblées à Diyarbakir, dans sud-est de la Turquie, pour écouter l’annonce du chef du PKK, le 21 mars 2013.

REUTERS/Umit Bektas

Durant la décennie 1990, le gouvernement turc reconnaît bien malgré lui l’identité kurde, promet un investissement économique dans la région et offre aux Kurdes la possibilité de s’organiser politiquement. Il mène par ailleurs des opérations offensives contre un parti armé, le PKK, le parti fondé par le leader de la rébellion Abdullah Öcalan, et cela jusque dans son sanctuaire irakien.

L’organisation multiplie les actions armées, jusqu’en Europe.

Selon les chiffres officiels, 45 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit.

Depuis 2009, ayant pour modèle le Kurdistan irakien, l’Union des communautés du Kurdistan (KCK) met tout en œuvre pour parvenir à l’autonomie et à l’autodétermination. Mais l’Etat turc refuse de négocier.

Le 21 mars dernier, le chef rebelle kurde emprisonné Abdullah Öcalan a appelé les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan à déposer les armes.

« La phase de lutte armée laisse la place à une phase de politique démocratique. Commence un processus essentiellement politique, social et économique. Se développe une conception fondée sur l’égalité, les droits et les libertés », a déclaré dans une lettre le leader du PKK.

Une « kurdistanisation des sociétés »

Un peuple sur quatre Etats, quatre problématiques distinctes, mais une unique question régionale, car chaque dimension interne a un impact externe.

Plus de quarante années de revendications pour aboutir aujourd’hui à une « Kurdistanisation des sociétés », selon la formule d’Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’EHESS : en 2013, la société kurde est jeune, plus de 50 % de la population a moins de 25 ans.

Avec le temps, la contestation ne s’est pas essoufflée, bien au contraire puisque les jeunes poursuivent la lutte pour la reconnaissance du peuple kurde et de ses spécificités.

C’est même une radicalisation qui émerge.

La civilisation kurde ne cesse de s’intensifier, au sein des territoires kurdes comme à l’étranger.

La culture kurde, son cinéma, sa littérature, sa musique, est plus que jamais vivante dans le monde.

« La revendication de constitution d’un espace kurde est ainsi intergénérationnelle. Lorsqu’un mouvement apparaît dans l’un des quatre territoires kurdes, un mouvement se crée à l’échelle régionale », poursuit le chercheur.

Le Kurdistan d’Irak, bien qu’il soit toujours sous la menace d’un conflit avec Bagdad, est aujourd’hui un modèle pour les peuples Kurdes de la région.

De l’avenir du régime iranien et de sa sortie de l’autoritarisme dépendra celui du peuple kurde dans cet Etat.

Téhéran affronte une crise structurelle, tant sur le plan interne que régional, et la solution militaire semble exclue.

En Syrie, l’après-Assad sera décisif pour les Kurdes syriens.

En Turquie, les négociations entre le PKK et l’Etat permettront-elles de parvenir à une cohabitation pacifique ?

La question reste entière.

Le massacre de Halabja, la pire attaque au gaz perpétrée contre des civils

Le 16 mars 2013, la ville de Halabja a commémoré le 25e anniversaire du bombardement au gaz ordonné par Saddam Hussein. 5 000 personnes y ont trouvé la mort, dont les trois quarts étaient des femmes et des enfants.

En 1988, les peshmergas, combattants kurdes, s’emparent de la ville engloutie dans les montagnes du Kurdistan irakien.

La guerre avec l’Iran touche à sa fin.

L’armée irakienne ne tarde pas à riposter et à chasser les combattants de la ville où ne restent plus que des femmes et des enfants. Le 16 mars, durant plus de cinq heures des avions de combat irakiens déversent un mélange de gaz moutarde et des neurotoxiques Tabun, Sarin et VX .

Ali Hassan al-Majid, dit Ali le chimique, cousin de Saddam Hussein, est condamné à mort pour avoir commandité le massacre de la ville.

Il est pendu le 25 janvier 2010. Sans avoir jamais exprimé ni le moindre remord ni le plus petit regret.

A. B.

http://www.rfi.fr/

Les Kurdes peuvent espérer un territoire, uniquement en Irak et en Syrie, mais la Turquie et l’Iran ne donneront pas la moindre terre, étant tous les deux des pays purement fanatiques.

L’Iran continue sa politique de répression et de torture a l’égard des Kurdes, alors que la politique turque qui semble suivre l’inverse de Téhéran, maintient la répression par la censure.

La situation des Kurdes en Turquie est particulièrement préoccupante. Depuis les années 1920, Ankara a mené une politique de répression de sa minorité kurde en pratiquant la déportation massive et la « turquisation » de la région.

Il y a tant de peuples opprimés par l’impérialisme turc

 

kurde_0Le Premier ministre Erdogan, qui rêve de rétablir la puissance de l’empire ottoman, est mal placé pour faire la morale à qui que ce soit, et encore moins pour réclamer des excuses.

Lorsque Mustapha Kemal signe le traité de Lausanne, les minorités grecques et arméniennes sont déjà décimées. Les Arméniens ont été exterminés lors des déportations de 1915. Il ne reste plus qu’une toute petite communauté arménienne à Istanbul.

Quant à la minorité grecque, elle est également éliminée lors de la guerre de reconquête menée par Mustapha Kemal alors qu’elle se trouvait sur tout le pourtour de la mer Egée et de la mer Noire. Il en subsiste également une petite communauté à Istanbul, sorte de réceptacle des débris des minorités territoriales de l’empire ottoman. Il existe aussi une communauté juive séfarade, venue d’Espagne, qui s’était réfugiée auprès du Sultan à l’époque de l’empire ottoman.

Demeure cependant l’énorme minorité kurde, occupant un quart du territoire de la nouvelle Turquie. Mustapha Kemal ne peut pas éliminer les Kurdes car ils sont trop nombreux et de confession musulmane sunnite. En revanche, Atatürk va tenter de les assimiler et en tout cas nier leur existence même. Les termes « Kurdistan » et « Kurdes » sont interdits. Cette négation des Kurdes amène les Turcs à interdire l’usage de la langue kurde. Parler cette langue en public est alors considéré comme un acte de séparatisme et conduit directement en prison. La langue kurde est notamment interdite sur tout le territoire kurde. Les médias turcs ne peuvent employer le mot « kurde » sous peine de poursuites judiciaires et pénales. Pour qualifier les Kurdes de Turquie, les médias et les autorités ont recours à des euphémismes : « nos frères de l’Est », « nos compatriotes du Sud-est », « les Turcs des montagnes »…

En Orient, on existe par les mots, c’est l’appellation que l’on vous donne qui emporte la réalité de la chose. Le fait de bannir le nom d’une minorité, c’est une négation de son existence. C’est comme si les Français, au moment de la guerre d’Algérie, avaient appelé les Berbères des Aurès ou de Kabylie « les Français des montagnes »… Mustapha Kemal mène une politique d’assimilation forcée des Kurdes et de « turquisation » du Kurdistan. Il peuple la région de colonies turques et force les Kurdes à quitter leur terre…

Les successeurs de Mustapha Kemal poursuivirent cette politique de négation totale des Kurdes.

La politique d’Ankara est une politique de négation absolue du fait kurde en Turquie. On n’a pas le droit de parler et de se dire kurde. L’héritage kémaliste est respectée et la devise d’Atäturk, « Heureux celui qui peut se dire turc », s’impose sur tout le territoire, plus particulièrement dans les montagnes du Kurdistan. La répression contre les Kurdes ne connaît pas de répit, excepté lors de la présidence Ozal au début des années 90.

Les Kurdes en Turquie (lire l’article complet)

Arméniens, Kurdes, la Turquie a cumulé les génocides, et pourtant tout le monde se tait…. Pourquoi ?

Le Kurdistan, réparti depuis la fin de la première guerre mondiale entre quatre Etats, la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran, est en effet situé dans une région-clé pour l’Occident.

Des troubles en Turquie ou en Iran menaceraient l’alliance atlantique, le pacte de Bagdad, et d’une manière générale ce qui reste du dispositif militaire érigé sur les frontières méridionales de l’U.R.S.S.

L’émir Khan appartient à une dynastie princière qui a gouverné une partie du Kurdistan pendant plusieurs siècles. Dans une lettre adressée au secrétaire d’Etat américain il écrivait notamment :

« Dans cette période de l’histoire où les peuples non autonomes accèdent à leur indépendance on refuse encore aux Kurdes de se dire Kurdes. On leur nie toute possibilité de progrès dans les domaines culturel, économique, social et politique. Une telle situation ne peut que laisser la porte ouverte à toutes les aventures. Je vous prie donc, Excellence, de bien vouloir exercer votre influence et celle de votre gouvernement afin que ces injustices cessent et qu’au moins la liberté culturelle soit accordée au peuple kurde. »

UN APERÇU DE L’HISTOIRE DES KURDES

par Kendal NEZAN
Président de l’Institut kurde de Paris

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Qui sont les Kurdes ?

D’où viennent-ils ?

Les historiens s’accordent généralement pour les considérer comme appartenant au rameau iranien de la grande famille des peuples indo-européens. Aux temps préhistoriques, des royaumes ayant pour nom Mittani, Kassites, Hourites ont régné sur ces territoires montagneux situés entre le plateau iranien et le cours supérieur de l’Euphrate.

Au VIIème siècle av. J.C., les Mèdes, qui sont aux Kurdes ce que les Gaulois sont aux Français, fondèrent un empire qui en l’an 612 av. J.C. conquit la puissante Assyrie et étendit sa domination à tout l’Iran ainsi qu’à l’Anatolie centrale. Cette date de 612 est d’ailleurs considérée par des Kurdes nationalistes comme le début de l’ère kurde.

Le règne politique des Mèdes s’achèvera vers le milieu du VIème siècle av. J.C., mais leur religion et leur civilisation domineront l’Iran jusqu’à l’époque d’Alexandre le Grand.

A partir de cette date et jusqu’à l’avènement de l’islam, le destin des Kurdes, que les géographes et historiens grecs appellent Carduques (ou Kardoukhoy) restera lié à celui des autres populations des empires qui se succèdent sur la scène iranienne: Séleucides, Parthes et Sassanides.

Après avoir opposé une résistance farouche aux invasions arabo-musulmanes, les Kurdes finirent par se rallier à l’islam, sans pour autant se laisser arabiser.

Cette résistance s’étala sur près d’un siècle. Pour des raisons plutôt sociales que religieuses les tribus kurdes résistaient aux tribus arabes. Pour amadouer les Kurdes et les convertir à l’islam, tous les moyens furent utilisés, même la stratégie matrimoniale. Par exemple, la mère du dernier calife omayade, Merwan Hakim, était kurde.

A la faveur de l’affaiblissement du pouvoir des califes, les Kurdes qui jouaient déjà un rôle de premier plan dans le domaine des arts, de l’histoire et de la philosophie, commencent à affirmer dès le milieu du IXème siècle leur propre puissance politique. En 837, un seigneur kurde du nom de Rozeguite fonde sur les bords du lac de Van la ville d’Akhlat et en fait la capitale de sa principauté théoriquement vassale du calife, en fait pratiquement indépendante.

Dans la deuxième moitié du Xème siècle le Kurdistan est partagé entre 4 grandes principautés kurdes. Au Nord, les Chaddadites, (951-1174), à l’Est, les Hassanwahides (959-1015) et les Banou Annaz (990-1116) et à l’Ouest les Merwanides (990-1096) de Diyarbékir. L’une de ces dynasties aurait pu, au fil des décennies, imposer sa suprématie aux autres et bâtir un Etat englobant l’ensemble du pays kurde si le cours de l’histoire n’avait pas été bouleversé par les invasions massives des peuplades déferlant des steppes de l’Asie centrale. Après avoir conquis l’Iran et imposé leur joug au calife de Bagdad, les Turcs seldjoukides ont annexé une à une ces principautés kurdes. Vers 1150, le sultan Sandjar, le dernier des grands souverains seldjoukides, créa une province du Kurdistan.

Jusque-là le pays des Kurdes était appelé la Médie par les géographes grecs, le « Djibal », c’est-à-dire la montagne par les Arabes. C’est donc un sultan turc qui, en hommage à la personnalité propre du pays kurde, lui donne le nom du Kurdistan.

La province du Kurdistan formée par Sandjar avait pour capitale la ville Bahâr (c’est-à-dire le Printemps), près de l’antique Ecbatane, capitale des Mèdes. Elle comprenait les vilayets de Sindjar et de Chehrizor à l’ouest du massif Zagros, ceux d’Hamadan, Dinaver et Kermanshah à l’est de cette chaîne. Dans l’ensemble cette appellation ne recouvrait alors qu’une partie méridionale du Kurdistan ethnique. Une civilisation autochtone brillante se développait autour de la ville de Dinaver – aujourd’hui ruinée – à 75 km au nord-est de Kermanshah, dont le rayonnement fut partiellement remplacé ensuite par celui de Senneh, 90 km plus au nord.

A peine une douzaine d’années après la disparition du dernier grand seldjoukide, une dynastie kurde, celle des Ayyoubides (1169-1250), fondée par le fameux Saladin émerge et assume le leadership du monde musulman pendant près d’un siècle, jusqu’aux invasions turco-mongoles du XIIIème siècle.

La haute figure de Saladin et ses exploits face aux Croisés sont suffisamment connus en Europe. Son empire englobait, outre la quasi-totalité du Kurdistan, toute la Syrie, l’Egypte et le Yémen. C’était un peu comme l’Empire romain germanique prétendant regrouper peuples, royaumes et principautés de l’Europe catholique. C’était le temps des croisades, de l’hégémonie du religieux sur le politique et le national. Saladin n’était donc pas plus patriote kurde que Saint Louis ne fut un nationaliste français.

Emergence du Kurdistan comme entité géographique reconnue, la suprématie d’une dynastie kurde sur le monde musulman, la floraison d’une importante littérature écrite en langue kurde, le XIIème siècle est assurément une période riche en événements de l’histoire kurde.

C’est également au cours de ce siècle que l’église nestorienne, ayant son siège métropolitain au Kurdistan, prend un essor extraordinaire. Ses missions essaiment à travers toute l’Asie, jusqu’au Tibet, le Sin Kiang, la Mongolie et le Sumatra. Le plus spectaculaire succès de ces missions a été la conversion du grand khan mongol Gouyouk en 1248.

Egalement en 1253, Saint Louis lui envoyait Guillaume de Rubrouck, qui joua un rôle important dans ce que l’on appela la « croisade mongole » sur Bagdad. En 1258, quand le Mongol Houlagou, influencé par ces missions, prend Bagdad, il fait mettre à mort le calife mais veille à ce qu’un palais soit donné au catholicos nestorien. A la fin du XIIIème siècle, l’islam l’emporte chez les Mongols et les Nestoriens sont massacrés. Le siège de leur patriarcat, change de lieu au fil des siècles mais demeure toujours au Kurdistan.

Dans la deuxième moitié du XVème siècle le pays kurde finit par se remettre des effets des invasions turco-mongoles et par prendre forme comme une entité autonome, unie par sa langue, sa culture et sa civilisation mais politiquement morcelée en une série de principautés. Cependant, la conscience d’appartenir à un même pays est vive, au moins parmi les lettrés. Un poète du XVIème siècle, de la principauté du Bohtan, Melayé Djaziri, considéré comme le Ronsard kurde se présente en ces termes:

Je suis la rose de l’éden de Bohtan
Je suis le flambeau des nuits du Kurdistan.

Au début du XVIème siècle le pays kurde devient l’enjeu principal des rivalités entre les empires ottoman et perse.

Le nouveau chah de Perse qui a imposé le chiisme comme religion d’Etat en Iran cherche à le répandre dans les pays voisins. De leurs côtés, les Ottomans veulent mettre le holà aux visées expansionnistes du chah, assurer leur frontière iranienne pour pouvoir se lancer dans la conquête des pays arabes. Pris en tenailles entre les deux géants, les Kurdes, politiquement morcelés, n’avaient guère de chance de survivre en tant qu’entité indépendante.

En 1514, le sultan turc infligea une défaite cuisante au chah de Perse. Craignant que sa victoire reste sans lendemain il cherchait les moyens d’assurer en permanence cette difficile frontière iranienne. C’est là que l’un de ses conseillers les plus écoutés, le savant kurde Idrissi Bitlissi, lui a présenté l’idée de reconnaître aux princes kurdes tous leurs droits et privilèges antérieurs en échange de l’engagement de garder eux mêmes cette frontière et de se battre aux côtés des Ottomans en cas de conflit perso-ottoman. Le sultan turc Selim Ier donna son aval au plan de son conseiller kurde, lequel est allé voir un à un les princes et seigneurs kurdes pour les convaincre que l’intérêt bien compris des Kurdes et des Ottomans était de conclure cette alliance.

Placés devant le choix d’être un jour ou l’autre annexés par la Perse ou d’accepter formellement la suprématie du sultan ottoman en échange d’une très large autonomie, les dirigeants kurdes optèrent pour cette seconde solution et ainsi le Kurdistan ou plus exactement ses innombrables fiefs et principautés entrèrent dans le giron ottoman par la voie de la diplomatie. La mission d’Idrissi Bidlissi a été facilitée par le fait qu’il était un savant connu et respecté et surtout par l’immense prestige de son père, le Cheikh Hussameddin qui était un chef spirituel soufi très influent. Bidlissi est également l’auteur du premier traité de l’Histoire générale de l’Empire ottoman, intitulé Hechte Behechte (Huit Paratis), retraçant le règne des huit sultans ottomans.

Ce statut particulier assura au Kurdistan près de trois siècles de paix.

Les Ottomans contrôlaient quelques garnisons stratégiques sur le territoire kurde mais le reste du pays était gouverné par des seigneurs et princes kurdes. Outre une kyrielle de modestes seigneuries héréditaires, le Kurdistan comptait 17 principautés ou hukumets jouissant d’une large autonomie. Certaines d’entre elles comme celles d’Ardelan, de Hisn Keif, de Bohtan et de Rowanduz étaient dotées des attributs de l’indépendance; elles frappaient monnaie et faisaient dire la prière du vendredi à leur nom.

Malgré des ingérences de temps à autre du pouvoir central, ce statut particulier fonctionna sans accroc majeur jusqu’au début du XIXème siècle à la satisfaction des Kurdes et des Ottomans.

Ces derniers, protégés par la puissante barrière kurde face à l’Iran pouvaient concentrer leurs forces sur d’autres fronts. Quant aux Kurdes, ils étaient pratiquement indépendants dans la gestion de leurs affaires.

Ils vivaient certes en vase clos et leur pays était morcelé entre une série de principautés, mais à la même époque l’Allemagne comptait quelques 350 Etats autonomes et l’Italie était bien plus émiettée que le Kurdistan.

Chaque cour kurde était le siège d’une vie littéraire et artistique importante. Et dans l’ensemble, malgré le morcellement politique, cette période constitue en fait l’âge d’or de la création littéraire, musicale, historique et philosophique kurde.

En 1596, le prince Chéref Khan achève de terminer sa monumentale « Chérefnameh ou Fastes de la nation kurde ». Les écoles théologiques de Djezireh et Zakho sont réputées dans tout le monde musulman, la ville d’Akhlat dotée d’un observatoire est connue pour l’enseignement des sciences naturelles. Des maîtres du soufisme comme Gulsheni et Ismail Çelebi sont vénérés même à Istanbul pour leur enseignement spirituel et leur génie musical. Certains Kurdes ambitieux comme les poètes Nabi, Nefi, écrivent en turc pour gagner la faveur du sultan.

A l’exception de quelques esprits visionnaires tel le grand poète classique kurde du XVIIème siècle Ehmedê Khani, les lettrés et princes kurdes semblent croire que leur statut va durer éternellement et n’éprouvent guère le besoin de le changer.

En 1675, plus d’un siècle avant la révolution française qui répand en Occident l’idée de la Nation et de l’Etat-nation, le poète Khani, dans son épopée en vers « Mem-o-Zin », appelle les Kurdes à s’unir et à créer leur propre Etat unifié.

Il ne sera guère écouté ni par l’aristocratie ni par la population. En terre d’islam, comme d’ailleurs en pareille époque dans la chrétienté, la conscience religieuse prime généralement la conscience nationale. Chaque prince est préoccupé par les intérêts de sa dynastie, et les dynamiques familiales, claniques ou dynastiques prévalent souvent plus que toute autre considération. Il n’était pas rare de voir des dynasties kurdes régner sur des populations non kurdes. Au XIème siècle, par exemple, le Farsistan, province persane par excellence a été gouvernée par une dynastie kurde; de 1242 à 1378 le Khorassan, province iranienne du Nord-Est a également eu une dynastie kurde, et de 1747 à 1859 ce fut le cas pour le lointain Béloutchistan qui fait partie aujourd’hui du Pakistan. Aussi le fait que telle ou telle proportion du territoire kurde soit gouvernée par des dynasties étrangères ne devait pas sembler inacceptable aux contemporains.

L’idée de l’Etat-nation et du nationalisme est un avatar de la Révolution française.

Elle a rapidement trouvé un terrain particulièrement propice dans deux pays morcelés et en partie asservis: l’Allemagne et l’Italie.

Ce sont des penseurs allemands comme Goerres, Brentano et Grimm qui posèrent le postulat selon lequel les frontières politiques, géographiques et linguistiques devaient coïncider. Ils rêvaient d’une Allemagne regroupant en un Etat la kyrielle de ses petits Etats autonomes. Le pan-germanisme a par la suite inspiré d’autres mouvements nationalistes comme le pan-slavisme et le pan-turquisme. Ces idées parviendront avec quelque retard, vers 1830, au Kurdistan où le prince de Rewanduz, Mîr Mohammed, se battra de 1830 à 1839 au nom de ses idées pour la création d’un Kurdistan unifié.

En fait, jusque là, tant qu’ils n’avaient pas été menacés dans leurs privilèges, les princes kurdes se contentaient d’administrer leur domaine, tout en rendant hommage au lointain sultan-calife de Constantinople. En règle générale, ils ne se soulèveront et tenteront de créer un Kurdistan unifié que lorsque, au début du XIXème siècle, l’Empire ottoman s’ingérera dans leurs affaires et cherchera à mettre fin à leur autonomie.

Des guerres pour l’unification et l’indépendance du Kurdistan, jalonnent la première partie du XIXème siècle.

En 1847, s’effondre la dernière principauté kurde indépendante, celle de Bohtan. Signe des temps, les forces ottomanes, dans leur combat contre les Kurdes, sont conseillées et aidées par les puissances européennes. On remarque, par exemple, la présence dans les rangs ottomans de Helmut von Moltke, alors jeune capitaine et conseiller militaire.

De 1847 à 1881, on observe de nouvelles insurrections, sous la conduite de chefs traditionnels, souvent religieux, pour la création d’un Etat kurde. Elle seront suivies jusqu’à la Première Guerre Mondiale de toute une série de révoltes sporadiques et régionales contre le pouvoir central, toutes durement réprimées.

Les causes de l’échec de ces mouvements sont multiples: émiettement de l’autorité, dispersion féodale, querelles de suprématie entre les princes et féodaux kurdes, ingérence des grandes puissances aux côtés des Ottomans.

Après avoir annexé une à une les principautés kurdes, le pouvoir turc s’employa à intégrer l’aristocratie kurde en distribuant assez généreusement des postes et prébendes et en mettant sur pied des écoles dites tribales destinées à inculquer aux enfants des seigneurs kurdes le principe de fidélité au sultan. Cette tentative d’intégration à la Louis XIV fut en partie couronnée de succès. Mais elle favorisa également l’émergence d’élites kurdes modernistes. Sous leur houlette se dessina, à Constantinople, une phase moderne du mouvement politique tandis que se multiplient associations et sociétés de bienfaisance et patriotiques tentant d’introduire la notion d’organisation et d’implanter un mouvement structuré dans la population kurde.

Il faut préciser que dans cette fin du XIXème siècle l’Empire ottoman étant en proie à de vives convulsions nationalistes, chaque peuple aspirait à créer son propre Etat-nation.

Après avoir tenté vainement de maintenir ce conglomérat en vie par l’idéologie de pan-ottomanisme, puis de pan-islamisme, les élites turques elles mêmes étaient devenues pan-turquistes et militaient en faveur de la création d’un empire turc allant des Balkans à l’Asie centrale.

La société kurde aborda la Première Guerre Mondiale divisée, décapitée, sans projet collectif pour son avenir.

En 1915, les accords franco-britanniques dits de Sykes-Picot prévoyaient le démembrement de leur pays.

Cependant les Kurdes étaient en conflit sur le devenir de leur nation. Les uns, très perméables à l’idéologie « pan-islamiste » du sultan-calife, voyaient le salut du peuple kurde dans un statut d’autonomie culturelle et administrative dans le cadre de l’Empire ottoman. D’autres, se réclamant du principe des nationalités, des idéaux de la Révolution française et du président Wilson des Etats-Unis, combattaient pour l’indépendance totale du Kurdistan.

Le clivage s’est accentué au lendemain de la défaite ottomane face aux Puissances Alliées, en 1918. Les indépendantistes formèrent une délégation dépéchée à la Conférence de Versailles pour présenter « les revendications de la nation kurde ».

Leur action contribuera à la prise en compte, par la Communauté Internationale, du fait national kurde.

En effet, le Traité International de Sèvres conclu le 10 août 1920 entre les Alliés, dont la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis et l’Empire Ottoman préconisait dans sa section III (art. 62-64), la création sur une partie du territoire du Kurdistan d’un Etat kurde. Ce traité restera cependant lettre morte, le rapport de forces sur le terrain empêchant son application.

Pour sa part, l’aile traditionnelle du mouvement kurde, dominée notamment par des chefs religieux, bien implantée dans la société kurde cherchait à « éviter le péril chrétien à l’Est et à l’Ouest » et à créer dans les territoires musulmans libérés de l’occupation étrangère « un Etat des Turcs et des Kurdes ». L’idée était généreuse et fraternelle. Une alliance est conclue avec le chef nationaliste turc Mustafa Kemal venu au Kurdistan chercher de l’aide auprès des chefs kurdes pour libérer l’Anatolie occupée et « libérer le sultan-calife virtuellement prisonnier des chrétiens ». Les premières forces de la guerre d’indépendance de Turquie furent en fait recrutées dans les provinces kurdes.

Jusqu’à sa victoire définitive sur les Grecs en 1922, Mustafa Kemal n’a cessé de promettre la création d’un Etat musulman des Turcs et des Kurdes. Il était ouvertement soutenu par les Soviétiques, et plus discrètement par les Français et les Italiens mécontents des appétits excessifs du colonialisme britannique dans la région.

Après la victoire, à la Conférence de paix réunie à Lausanne, les délégués turcs affirmeront parler au nom des nations soeurs kurde et turque.

Le 24 juillet 1923, un nouveau traité fut signé dans ce contexte entre le gouvernement kémaliste d’Ankara et les puissances alliées. Il rendait caduc le Traité de Sèvres et sans apporter aucune garantie en ce qui concerne le respect des droits des Kurdes consacrait l’annexion de la majeure partie du Kurdistan au nouvel Etat turc.

Auparavant, par l’accord franco -turc du 20 octobre 1921 la France avait annexé à la Syrie placée sous son mandat les provinces kurdes de la Djezireh et de Kurd-Dagh. Le Kurdistan iranien dont une bonne partie était contrôlée par le chef kurde Simko vivait en état de quasi-dissidence par rapport au pouvoir central persan.

Restait encore en suspens le sort de la province kurde de Mossoul très riche en pétrole.

Turcs et Britanniques la revendiquaient tandis que sa population au cours d’une consultation organisée par la Société des Nations, s’était prononcée dans une proportion de 7/8 en faveur d’un Etat kurde indépendant. Arguant que l’Etat irakien ne saurait survivre sans les richesses agricoles et pétrolières de cette province, la Grande-Bretagne finit par obtenir le 16 décembre 1925 du Conseil de la S.D.N. l’annexion de ces territoires kurdes à l’Irak placé sous son mandat.

Elle promettait néanmoins la mise sur pied d’un gouvernement kurde autonome, promesse jamais tenue ni par les Britanniques, ni par le régime irakien qui a pris la succession de l’administration britannique en 1932.

Ainsi fin 1925, le pays des Kurdes, connu depuis le XIIème siècle sous le nom de « Kurdistan », se trouvait partagé entre 4 Etats: Turquie, Iran, Irak et Syrie. Et pour la première fois de sa longue histoire, il allait être privé même de son autonomie culturelle.

En effet, les conquérants et les empires de jadis s’étaient contentés de certains avantages et privilèges économiques, politiques et militaires. Nul n’avait entrepris d’empêcher la population d’exprimer son identité culturelle, d’entraver la libre pratique de sa vie spirituelle. Nul n’avait conçu le projet de détruire la personnalité kurde, de dépersonnaliser en le coupant de ses racines culturelles millénaires tout un peuple.

Ce projet fut celui des nationalistes turcs qui ont voulu faire de la Turquie, société éminemnent multiculturelle, multiraciale et multinationale, une nation une et uniforme; il fut repris plus tard par l’Irak et l’Iran.

On peut s’étonner avec Nehru « qu’un nationalisme défensif se transforme en un nationalisme agressif, et qu’une lutte pour la liberté devienne une lutte pour dominer les autres.

Victime de sa géographie, de l’Histoire et aussi sans doute du manque de clairvoyance de ses propres dirigeants, le peuple kurde a été sans doute la population qui a payé le plus lourd tribut, qui a souffert le plus du remodelage de la carte du Proche-Orient.

http://www.institutkurde.org/

Qui mérite vraiment un État? Les Kurdes ou les Palestiniens?

palestine et kurdistanIl y a plus de vingt Etats arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, mais le monde exige, en chœur avec une animosité à peine déguisée envers Israël, qu’un un autre Etat arabe soit créé au sein des quarante miles qui séparent la mer Méditerranée du Jourdain.

Rappelez-vous, il n’a jamais existé dans toute l’histoire une nation souveraine indépendante appelée la Palestine – et certainement pas non plus arabe. Le terme «Palestine» a toujours été le nom d’un territoire géographique, comme la Sibérie ou la Patagonie. Mais n’a jamais été un état.

Mais il y a un peuple qui, comme les Juifs, mérite une patrie et qui vraiment peuvent remonter leur ascendance à des milliers d’années d’histoire. Ce sont les Kurdes, et il est très instructif d’examiner leur remarquable histoire en parallèle avec celle des Juifs. Il est également nécessaire de revoir l’injustice historique qui leur a été imposée au fil des siècles par des empires et des voisins hostiles.

Revenons à la captivité des dix tribus d’Israël, ces tribus ont été déportées à partir de leurs terres par les Assyriens en 721-715 avant l’ère commune.

L’Israël biblique a été dépeuplé, ses habitants juifs ont été déportés vers une zone dans la région de l’ancienne Médie et de l’Assyrie – ce territoire correspondant à peu près aujourd’hui à celui du Kurdistan.

L’Assyrie a été à son tour conquise par les Babyloniens. Les babyloniens sous Nabuchondonosor ont ensuite envahit le royaume de Juda en – 586 avant l’ère commune.

Les deux autres tribus juives ont été envoyées à leur tour dans la même même zone que celle de leurs frères du nord du royaume.

Lorsque le conquérant perse de la Babylonie, Cyrus le Grand, a permis aux Juifs de retourner sur leurs terres ancestrales, de nombreux juifs sont restés et ont continuer à vivre avec leurs voisins Babyloniens – une région qui, encore une fois, correspond dans nos temps modernes au Kurdistan.

Le Talmud de Babylone se réfère dans un passage aux déportés juifs de Juda ayant reçu l’autorisation rabbinique de communiquer le judaïsme à la population locale. La maison royale kurde et une grande partie de la population en général dans les années qui ont suivi ont accepté la foi juive.

En effet, lorsque les Juifs se soulevèrent contre l’occupation romaine au 1er siècle après l’ère commune, la reine a envoyé des troupes kurdes visant à soutenir les Juifs assiégés.

Dès le début du 2ème siècle après l’ère commune, le judaïsme a été fermement établi au Kurdistan, et les Juifs kurdes en Israël parlent aujourd’hui une forme ancienne d’araméen dans leurs maisons et dans les synagogues.

La vie juive est devenue si intime et à un tel degré que de nombreux contes populaires kurdes sont en rapport avec les Juifs ». Il est intéressant de noter que plusieurs tombes de prophètes juifs bibliques se trouvent dans ou à proximité du Kurdistan.

Par exemple, le prophète Nahum est à Alikush, tandis que la tombe Jonas se trouve à Nabi Yunis, qui est l’antique Ninive. Le Tombeau de Daniel se dans à Suze; Habbabuk est au Tuisirkan; et la reine Hadassah, ou Esther, avec son oncle Mardochée, sont enterrés à Hamadan dans l’ouest de l’Iran. Après que la révolte ait échoué contre Rome, de nombreux rabbins ont trouvé refuge dans ce qui est aujourd’hui le Kurdistan.

Les rabbins se sont joints à leurs collègues universitaires, et au 3ème siècle après l’ère chrétienne, les académies juives de la région étaient florissantes. Exemple :

Poumbedita est une ancienne ville en Babylonie, sur le site de l’actuelle Falloujah. Elle est célèbre dans l’histoire juive pour avoir été l’un des grands centres de l’érudition talmudique, une académie talmudique y ayant été fondée par Rav Yehouda, et y ayant demeuré pendant 800 ans.

Poumbedita abritait une communauté juive depuis le Second Temple au moins. Selon Sherira Gaon, elle tirait son nom du fait de sa situation à l’embouchure (Poum signifiant bouche en araméen) du fleuve Bedita, un affluent de l’Euphrate, ce qui se dit aussi Pallughtha en syriaque et Falluga en arabe.

Sous l’empire perse des sassanides les Juifs et les Kurdes ont souffert de persécution et cela a duré jusqu’à l’invasion arabo-musulmane au 7ème siècle.

Les Juifs et les Kurdes se sont joints aux envahisseurs arabes dans l’espoir que leur action leur apporterait un soulagement aux déprédations et persécutions subies sous les sassanides.

Peu de temps après la conquête arabe, les Juifs de l’Etat autonome juif de Himyar (royaume antique du Yémen) ce qui est l’Arabie Saoudite aujourd’hui ont rejoint les Juifs dans les régions kurdes.

Cependant, sous l’occupation arabo-musulmane, leur situation a empiré, et les juifs ont souffert en tant que dhimmis dans les territoires contrôlés par les musulmans.

La Juifs ont été chassés de leurs terres agricoles du fait des taxes onéreuses imposées par leurs suzerains musulmans. Ils ont donc quitté la terre pour devenir commerçants et artisans dans les villes. Beaucoup de paysans juifs ont été convertis à l’islam par la force et les circonstances désastreuses les poussèrent à se marier avec leurs voisins.

De cette population kurde est issue une grande figure historique.

En 1138, un garçon est né dans une famille de guerriers et d’aventuriers kurdes. Son nom était Salah-al-Din Yusuf ibn Ayyoub – mieux connu en Occident sous le nom de Saladin. Il a été l’artisan de la reconquête de Jérusalem contre les croisés chrétiens, et a donné la victoire aux musulmans sur les Francs même si les arabo-musulmans se méfiaient de lui du fait qu’il soit Kurde.

Les Arabes de l’époque étaient au courant de la relation étroite qui existait entre le peuple kurde et les Juifs.

Saladin a établi des mesures de justice et humanitaires en temps de guerre et temps de paix également.. Cette situation contrastait avec les méthodes employées par les Arabes. En effet, Saladin fut non seulement juste pour les chrétiens, mais il a permis aussi aux Juifs de se développer à Jérusalem et a son crédit à fait déblayé le Mur occidental du Temple juif, enterré sous des tonnes de déchets pendant l’occupation chrétienne byzantine .

Le grand rabbin juif, philosophe Maïmonide était le médecin personnel de Saladin.

Selon une équipe de scientifiques internationaux, une découverte remarquable a été faite en 2001.

Une équipe de scientifiques israéliens, allemands et indiens ont fait des recherches ADN et ont constaté que de nombreux Juifs modernes ont une relation plus étroite génétiquement avec des populations dans la zone nord de la Méditerranée (les Kurdes et les Arméniens) qu’avec les Arabes et les Bédouins de la région sud de la Méditerranée.

Mais revenons à nos jours et les raisons pour lesquelles les clameurs du monde se font entendre pour un Etat palestinien arabe, et que ce même monde tourne étrangement le dos à l’indépendance nationale d’un état kurde.

Le principe universellement accepté de l’autodétermination ne semble pas s’appliquer aux Kurdes. Dans un article paru dans le New York Sun, le 6 Juillet 2004 intitulé « L’Exception d’un état kurde », Hillel Halkin expose la discrimination et les doubles standards employés à l’encontre des aspirations à l’indépendance des kurdes. La brutalité de la realpolitik, fait que les Arabes qui se disent Palestiniens ont de nombreux amis dans le monde arabe riche en pétrole – pétrole dont le monde a désespérément besoin pour son économie.

Les Kurdes, comme les Juifs, ont peu d’amis, et les Kurdes ont peu ou aucune influence dans les couloirs internationaux du pouvoir.

M. Halkin a souligné que « les Kurdes méritent bien mieux un État que les Palestiniens. Ils ont leur propre langue et une culture unique, les Arabes palestiniens n’en n’ont pas.

Ils sont un peuple distinct et ce depuis de nombreux siècles, les Arabes palestiniens ne sont pas un peuple distinct des arabes. Ils ont été trahis à plusieurs reprises par les promesses durant les 100 dernières années par la communauté internationale, tandis que les Arabes palestiniens n’ont été trahis que par leurs compatriotes arabes. »

L’équation selon laquelle il y aura la paix lorsque les arabo-palestiniens auront un état n’est qu’un mirage dans le désert.

L’ écrivain Gerald Honigman écrit également sur la seule préoccupation du monde pour les Arabes qui se disent Palestiniens, et qui ignore le sort des Kurdes, des Berbères, et des millions d’autres non-arabes peuplant le Moyen-Orient et Afrique du Nord. Le Livre d’Honigman faisait partie de l’exposition LSS à la Conférence ASMEA ou se sont réunis de prestigieux savants en novembre dernier Dans plusieurs chapitres celui-ci met l’accent sur la question kurde.

Ce n’est pas par hasard que son avant-propos ait été écrit principalement par le Président de l’Assemblée nationale du Kurdistan de Syrie.

Pendant la tyrannie de Saddam Hussein, les Kurdes ont été gazés et assassinés en grand nombre. Ils ont subi un nettoyage ethnique par les Turcs et continuent d’être opprimés par le gouvernement turc actuel.

L’actuel ministre des Affaires étrangères turques, Ahmet Davutoglu, a eu le culot de déclarer, lors d’une réunion du Centre d’études stratégiques et internationales, que la Turquie soutient les opprimés dans le monde.

Il a ignoré l’oppression des Kurdes par son propre gouvernement et appelle les terroristes sanguinaires de la bande de Gaza des »opprimés ».

Sur la base de la pure realpolitik, la légalité et la moralité de la cause des Kurdes est infiniment plus forte que celle des Arabes qui se disent Palestiniens. D’autre part, après le renversement de Saddam Hussein, les Kurdes ont fait preuve politiquement et économiquement d’une grande sagesse.

La différence avec les Arabes de Gaza est lorsqu’Israël, a donné le contrôle total de la bande de Gaza, les arabes n’ont pas choisi de construire des hôpitaux et des écoles, mais plutôt des bunkers et des lanceurs de missiles. En plus de cela, ils ont imposé la charia humiliant les femmes et les non-musulmans.

L’expérience kurde, en cours sur le territoire quasi-indépendant qui est le leur a montré au monde une société décente, où tous ses habitants, hommes et femmes, jouissent de libertés bien plus grandes que ce qui peut être trouvé dans le monde arabo-musulman – et certainement nulle part ailleurs en Irak, qui est en train de sombrer dans un chaos ethnique, maintenant que l’armée américaine l’a quitté.

Les Kurdes méritent un état sans réserve.

Les Arabes palestiniens, peuple inventé ont perdu ce droit par leur implacable agression, leurs crimes, et leurs intentions génocidaires envers Israël et les Juifs.

Lire l’article de Victor Sharpe en entier

sur http://www.israel-flash.com/

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