A la Une Egypte

JOSEPH: Personnage historique. Maître du Monde et Maître ès sciences

Pour étudier le personnage de Joseph, nous nous mettrons successivement à l’écoute de ce qu’en dit la Bible, des commentaires des Pères de l’Eglise et du travail égyptologique de Fernand Crombette.

Pour ces deux derniers points nous utiliserons le beau livre de Dom de Monléon « Les Patriarches » et l’ouvrage du catholique français « Joseph Maître du Monde et Maître ès Sciences. »

C’est dans le Livre de la Genèse que nous trouvons le Joseph biblique entre les chapitres XXX à XLIX. Le récit en est assez plaisant pour que nous l’écoutions en entier. Nous utiliserons le texte de la Vulgate en traduction française.

Chapitre XXX : « Or Rachel (l’épouse préférée de Jacob) était stérile. Après nombre d’années (puisque Jacob avait déjà dix fils) le Seigneur se souvint aussi de Rachel ; Il l’exauça et la rendit féconde. Elle conçut et enfanta un fils disant : « Dieu m’a retiré mon opprobre ». Et elle l’appela du nom de Joseph, disant : « Que le Seigneur me donne encore un autre fils ». (Cet autre fils fut Benjamin, et Rachel mourut en le mettant au jour).

Chapitre XXXVII : « Mais Jacob habita dans la terre de Chanaan, dans laquelle son père avait été comme étranger. Et voici ses générations : Joseph, lorsqu’il avait seize ans, paissait le troupeau de son père avec ses frères, étant encore enfant ; et il était avec les fils de Bala et de Zelpha, femmes de son père ; et il accusa ses frères auprès de son père d’un crime détestable. Or Israël aimait Joseph par-dessus tous ses fils, parce que c’est dans sa vieillesse qu’il l’avait engendré ; et il lui fit une tunique d’un tissu de diverses couleurs. Ses frères donc, voyant qu’il était aimé de son père plus que tous ses autres frères, le haïssaient, et ne pouvaient rien lui dire avec douceur.

Il arriva aussi qu’il racontât à ses frères un songe qu’il avait eu, prétexte qui fut la semence d’une grande haine. Il leur dit donc : « Ecoutez mon songe que j’ai vu : je croyais que nous étions à lier des gerbes dans le champ et que ma gerbe se levait et se tenait comme debout, et que les vôtres, étant autour, se prosternaient devant ma gerbe »‘. ses frères lui répondirent : « Est-ce que tu seras notre roi ? Ou serons-nous soumis à ta puissance ? ». Ainsi ce prétexte de songes et de discours fournit un aliment à leur envie et à leur haine. Il eut encore un autre songe qu’il raconta à ses frères disant : « J’ai vu en songe comme le soleil et la lune et onze étoiles se prosterner devant moi ». Lorsqu’il l’eut rapporté à son père et à ses frères, son père le reprit et dit : « Que veut dire ce songe que tu as eu ? Est-ce que moi, ta mère et tes frères nous nous prosternerons devant toi sur la terre ? ». Ainsi ses frères lui portaient envie, mais son père considérait la chose en silence.

Et comme ses frères s’étaient arrêtés à Sichem pour paître les troupeaux de leur père, Israël lui dit : « Tes frères paissent les brebis dans les pâturages de Sichem ; viens, je t’enverrai vers eux ». Joseph répondit : « Je suis prêt ». Il lui dit : « Va et vois si tout va bien pour tes frères et pour les troupeaux, et rapporte-moi ce qui se fait ». Envoyé de la ville d’Hébron, il vint à Sichem. Et un homme le trouva errant dans la campagne et lui demanda ce qu’il cherchait, et il lui répondit : « Ce sont mes frères que je cherche ; dis-moi où ils paissent les troupeaux ». Et cet homme lui dit : « Ils sont partis d’ici et je les ai entendus disant : Allons à Dothaïn ». Joseph alla donc après ses frères, et il les trouva à Dothaïn.

Lorsque ceux-ci l’eurent vu de loin, avant qu’il s’approchât d’eux, ils projetèrent de le tuer, et ils se disaient mutuellement : « Voici le songeur qui vient ; venez, tuons-le et jetons-le dans une vieille citerne ; nous dirons : Une bête sauvage l’a dévoré. Et alors on verra à quoi lui servent ses songes ». Mais entendant cela, Ruben s’efforçait de le sauver de leurs mains et disait : « Ne tuez pas son âme et ne versez pas son sang, mais jetez-le dans cette citerne qui est dans le désert, et conservez vos mains pures ». Or il disait cela voulant l’arracher de leurs mains et le rendre à son père. Aussitôt donc qu’il fut arrivé près de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique longue tissée de diverses couleurs, et le jetèrent dans la vieille citerne où il n’y avait pas d’eau.

Puis s’asseyant pour manger du pain, ils virent des voyageurs ismaélites qui venaient de Galaad et leurs chameaux portant des aromates, de la résine et du stacté en Egypte. Juda dit alors à ses frères : « Que nous servira, si nous tuons notre frère et nous cachons son sang ? Il vaut mieux qu’il soit vendu aux Ismaélites et que nos mains ne soient pas souillées ; car il est notre frère et notre chair ». Ses frères acquiescèrent à ses discours. Et des marchands madianites passant, ils le retirèrent de la citerne et le vendirent vingt pièces d’argent aux Ismaélites qui le menèrent en Egypte. Cependant Ruben, étant revenu à la citerne, n’y trouva pas l’enfant ; alors, ses vêtements déchirés, il retourna vers ses frères et dit : « L’enfant ne parait pas, et moi, où irai-je ? ».

Ils prirent donc sa tunique et la trempèrent dans le sang d’un chevreau qu’ils avaient tué, envoyant des gens pour la porter à leur père et pour lui dire : « Nous l’avons trouvée : vois si c’est la tunique de ton fils ou non ». Quand le père l’eut reconnue, il dit : « C’est la tunique de mon fils ; une bête farouche et cruelle l’a dévoré ; une bête a dévoré Joseph ». Et, ses vêtements déchirés, il se couvrit d’un cilice, pleurant son fils pendant longtemps. Or, tous ses enfants s’étant rassemblés pour adoucir la douleur de leur père, il ne voulut pas recevoir de consolation, mais il dit : « Je descendrai pleurant mon fils dans les enfers ». Et lui, persévérant dans son pleur, les Madianites vendirent Joseph en Egypte à Putiphar, eunuque du Pharaon, chef des soldats.

Chapitre XXXIX : « Joseph fut donc mené en Egypte, et Putiphar, égyptien, eunuque du Pharaon et chef de l’armée, l’acheta de la main des Ismaélites par lesquels il avait été amené. Et le Seigneur fut avec lui, et c’était un homme prospérant en toutes choses ; il demeura dans la maison de son maître qui connaissait très bien que le Seigneur était avec lui et que tout ce qu’il faisait le Seigneur le dirigeait entre ses mains. Ainsi Joseph trouva grâce devant son maître et il le servait ; préposé par lui à toutes choses, il gouvernait la maison qui lui était confiée et tout ce qui avait été remis à ses soins. Et le Seigneur bénit la maison de l’Egyptien à cause de Joseph et il multiplia tous ses biens tant à la ville que dans les champs. Il ne connaissait autre chose que le pain dont il se nourrissait. Or Joseph était beau de visage et d’un aspect très agréable.

C’est pourquoi après bien des jours sa maîtresse jeta les yeux sur Joseph et lui dit : « Dors avec moi ». Mais celui-ci, ne consentant nullement à cette action criminelle, lui répondit : « Voilà que mon maître, toutes choses m’ayant été confiées, ignore ce qu’il a dans sa maison, et il n’y a rien qui ne soit en ma puissance et qu’il ne m’ait livré, excepté vous qui êtes sa femme ; comment donc pourrais-je faire ce mal et pécher contre mon Dieu ? ». Par des discours semblables chaque jour cette femme était importune à ce jeune homme, et lui, se refusait au crime.

Or il arriva un jour que Joseph rentré dans la maison s’occupait de quelque travail sans témoin et qu’elle, ayant pris le bord de son manteau, dit : « Dors avec moi ». Mais lui, le manteau laissé dans sa main, s’enfuit et sortit dehors. Lorsque cette femme eut vu le manteau dans ses mains et qu’elle était méprisée, elle appela les gens de sa maison et leur dit : « Voici qu’il a amené ici un homme hébreu pour nous insulter. Il est venu à moi pour me corrompre et lorsque j’ai poussé des cris et qu’il a entendu ma voix, il a laissé son manteau que je tenais et s’est enfui dehors ». Ces plaintes entendues, le maître trop crédule aux paroles de sa femme fut très irrité et il envoya Joseph dans la prison où les prisonniers du roi étaient gardés et il était enfermé là. Mais le Seigneur fut avec Joseph et, ayant pitié de lui, il lui fit trouver grâce devant le chef de la prison, lequel mit sous sa main tous les prisonniers qui étaient détenus dans la prison, de sorte que tout ce qui se faisait était soumis à Joseph. Il ne prenait même connaissance de rien, tout ayant été confié à Joseph, parce que le Seigneur était avec lui et dirigeait toutes ses œuvres.

Chapitre XL : Ces choses s’étant ainsi passées, il arriva que deux eunuques, l’échanson du roi d’Egypte et le panetier offensent leur maître. Et le Pharaon, irrité contre eux, (car l’un commandait aux échansons et l’autre aux panetiers) les envoya dans la prison du chef des soldats où Joseph était aussi détenu. Mais le gardien de la prison leur donna Joseph pour les servir. Quelque temps s’était écoulé depuis qu’ils étaient détenus dans la prison.

Or ils eurent tous deux dans une même nuit un songe qui, selon son interprétation, se rapportait à eux. Lorsque Joseph fut entré près d’eux le matin et qu’il les eut vus tristes, il les interrogea disant : « Pourquoi votre visage est-il plus triste aujourd’hui que de coutume ? ». Ceux-ci répondirent : « Nous avons eu un songe et il n’y a personne pour nous l’interpréter ». Joseph leur dit : « N’est-ce pas à Dieu qu’appartient l’interprétation ? Rapportez-moi ce que vous avez vu ». Le grand échanson raconta le premier son songe : « Je voyais devant moi qu’une vigne où il y avait trois provins poussait peu à peu des boutons, et qu’après des fleurs des raisins mûrissaient et que la coupe de Pharaon était dans ma main ; je pris donc les raisins et les pressai dans la coupe que je tenais et je donnai la coupe à Pharaon ». Joseph répondit : « Voici l’interprétation du songe : les trois provins, ce sont trois jours encore après lesquels le Pharaon se souviendra de ton ministère et te rétablira dans ton ancienne charge ; tu lui présenteras la coupe, selon ton office, comme tu avais coutume de le faire auparavant. Seulement souviens-toi de moi quand bien t’arrivera et fais-moi miséricorde en suggérant au Pharaon de me tirer de cette prison ; car j’ai été enlevé par fraude du pays des Hébreux et, innocent, j’ai été jeté ici dans la fosse ». Le grand panetier, voyant qu’il avait sagement expliqué le songe dit : « Et moi aussi j’ai eu un songe : j’avais trois corbeilles de farine sur ma tête et dans l’une des corbeilles qui était la plus élevée, je portais de tous les aliments qui s’apprêtent par l’art du boulanger et les oiseaux en mangeaient ». Joseph répondit : « Voici l’interprétation du songe : les trois corbeilles, ce sont trois jours encore après lesquels le Pharaon t’enlèvera la tête et te suspendra à une croix et les oiseaux déchireront tes chairs ». Le troisième jour d’après était le jour de la naissance du Pharaon qui, faisant un grand festin à ses serviteurs, se ressouvint pendant le repas du grand échanson et du grand panetier. Or il rétablit l’un dans sa charge pour qu’il lui présentât la coupe, et il suspendit l’autre à une potence ; en sorte que la véracité de l’interprète se trouva justifiée. Cependant, tout lui prospérant, le grand échanson oublia son interprète.

Chapitre XLI : « Après deux ans, le Pharaon fit un songe. Il croyait qu’il était debout sur le bord du fleuve, duquel montaient sept vaches extrêmement belles et grasses ; et elles paissaient dans les marécages. Sept autres vaches aussi sortaient du fleuve, hideuses et consumées de maigreur ; et elles paissaient sur la rive même du fleuve, dans les lieux verdoyants ; et elles dévorèrent celles dont la beauté et l’embonpoint étaient merveilleux. Le Pharaon s’étant réveillé s’endormit de nouveau et fit un autre songe : sept épis poussaient sur une seule tige, pleins et beaux, et autant d’autres épis, grêles et frappés par un vent brûlant, se levaient aussi dévorant toute la beauté des premiers. Le Pharaon s’éveilla après son sommeil et, le matin venu, frappé d’épouvante, il envoya vers tous les devins de l’Egypte et tous les sages et les ayant mandés, il leur raconta le songe et il n’y en avait aucun qui pût l’interpréter.

Alors enfin, le grand échanson se souvenant dit : « Je confesse ma faute. Le roi irrité contre ses serviteurs, ordonna que moi et le grand panetier fussions ramenés dans la prison du chef des soldats où, dans une seule nuit, nous fîmes chacun un songe, présage des choses futures. Il y avait là un jeune Hébreu, serviteur du même chef des soldats, et auquel, ayant raconté nos songes, nous entendîmes tout ce que dans la suite l’événement confirma, car moi je fus rendu à ma charge et lui fut suspendu à une croix ».

Aussitôt, par l’ordre du roi, on tondit Joseph qu’on avait tiré de la prison et ses vêtements changés, on le lui présenta. Le roi dit : « J’ai eu des songes et il n’y a personne qui puisse les expliquer ; j’ai appris que tu les interprètes très sagement. » Joseph dit : « Sans moi Dieu répondra des choses favorables au Pharaon ». Le Pharaon raconta donc ce qu’il avait vu : « Je croyais que j’étais debout sur la rive du fleuve et que sept vaches sortaient du fleuve, extrêmement belles aux chairs grasses ; elles paissaient l’herbe verte dans les marécages. Et voilà que sept autres vaches les suivaient, si difformes et si maigres que jamais je n’en vis sur la terre d’Egypte. Or celles-ci ayant dévoré et consumé les premières ne donnèrent aucun signe de satiété, mais elles demeuraient engourdies dans la même maigreur et la même laideur. M’étant éveillé et de nouveau assoupi, je fis un songe : sept épis poussaient sur une seule tige, pleins et très beaux. Sept autres aussi, grêles et frappés par un vent brûlant, s’élevaient d’un chaume ; ils dévorèrent la beauté des premiers. J’ai raconté le songe aux devins et il n’y a personne qui puisse l’expliquer ».

Joseph répondit : « Le songe du roi est un : ce que Dieu doit faire, il l’a montré au Pharaon. Les sept vaches belles et les sept épis pleins sont sept années d’abondance et ont dans le songe la même signification. Pareillement les sept vaches maigres et décharnées qui sont montées après les premières et les sept épis grêles et frappés d’un vent brûlant sont sept années d’une famine qui doit venir. Ces années s’accompliront dans cet ordre : voilà que viendront dans toute la terre d’Egypte sept années d’une grande fertilité que suivront sept années d’une telle stérilité que toute l’abondance précédente sera vouée à l’oubli ; car la famine doit consumer toute la terre, et la grandeur de la disette doit détruire la grandeur de l’abondance. Mais le songe que vous avez vu en second lieu et qui se rapporte à la même chose est un signe certain que la parole de Dieu aura son effet et qu’elle s’accomplira promptement. Maintenant donc, que le roi choisisse un homme sage et habile et qu’il le prépose sur la terre d’Egypte afin qu’il établisse des intendants dans toutes les provinces et que la cinquième partie des fruits des sept années d’abondance qui déjà maintenant vont venir, il l’amasse dans les greniers et que tout le blé soit mis sous la puissance de Pharaon et gardé dans les villes et qu’il soit tenu prêt pour la famine de sept ans et que le pays ne soit pas consumé par la disette ».

Ce conseil plut au Pharaon et à tous ses ministres et il leur demanda : « Pourrons-nous trouver un tel homme qui soit plein de l’esprit de Dieu ? ». Il dit donc à Joseph : « Puisque Dieu t’a montré tout ce que tu as dit, pourrai-je trouver quelqu’un plus sage que toi et même semblable à toi ? C’est toi qui seras sur ma maison et au commandement de ta bouche tout le peuple obéira ; et c’est par le trône royal seulement que j’aurai sur toi la préséance ». Le Pharaon dit encore à Joseph : « Voici que je t’établis sur toute la terre d’Egypte ». Et il ôta l’anneau de sa main et le mit à la main de Joseph ; il le revêtit aussi d’une robe de lin fin et lui mit autour du cou un collier d’or. Il le fit monter sur son second char, un héraut criant que tous devant lui fléchissent le genou et sussent qu’il était préposé sur toute la terre d’Egypte. Le roi dit aussi à Joseph : « Moi je suis le Pharaon mais sans ton commandement nul ne remuera la main ou le pied dans toute la terre d’Egypte ». Et il changea son nom et il l’appela en langue égyptienne Sauveur du Monde. Il lui donna pour femme Aseneth, fille de Putiphar prêtre d’Héliopolis. Joseph sortit donc pour visiter la terre d’Egypte (or il avait trente ans quand il fut présenté au roi Pharaon) et il fit le tour de toutes les provinces de l’Egypte.

Cependant arriva la fertilité des sept années et les blés mis en gerbes furent recueilis dans les greniers d’Egypte. Toute l’abondance des grains fut mise aussi en réserve dans chacune des villes. Et si grande fut l’abondance du froment qu’il égalait le sable de la mer et que la quantité surpassait toute mesure.

Or il naquit à Joseph avant que vînt la famine deux enfants que lui enfanta Aseneth, fille de Putiphar, prêtre d’Héliopolis. Il appela le premier-né du nom de Manassé, disant : « Dieu m’a fait oublier toutes mes peines et la maison de mon père ». Et il appela le second du nom d’Ephraïm, disant : « Dieu m’a fait croître dans la terre de ma pauvreté ».

Ainsi les sept années de la fertilité de l’Egypte étant passées, commencèrent à venir les sept années de disette que Joseph avait prédites ; et dans tout l’univers la famine prévalut, mais dans toute la terre d’Egypte il y avait du pain. Or l’Egypte affamée, le peuple cria au Pharaon demandant des vivres. Le Pharaon leur répondit : « Allez à Joseph et tout ce qu’il vous dira, faites-le ». Cependant la famine augmentait chaque jour sur toute la terre ; et Joseph ouvrit tous les greniers et il vendait du blé aux Egyptiens car la famine pesait aussi sur eux. Et toutes les provinces venaient en Egypte pour acheter des vivres et tempérer le mal de la disette.

Chapitre XLII : Or Jacob, apprenant que l’on vendait des vivres en Egypte dit à ses fils : « Pourquoi êtes-vous si négligents ? J’ai appris qu’on vend du blé en Egypte : descendez-y et achetez ce qui nous est nécessaire afin que nous puissions vivre et que nous ne soyons pas consumés par la disette ». Ainsi descendant pour acheter du blé en Egypte, les dix frères de Joseph (Benjamin ayant été retenu dans la maison par Jacob qui avait dit à ses frères : « C’est de peur qu’en chemin il n’éprouve quelque accident »), entrèrent dans la terre d’Egypte avec d’autres qui allaient pour en acheter ; car la famine était dans la terre de Chanaan.

Or Joseph était gouverneur dans la terre d’Egypte et c’est selon sa volonté que le blé se vendait aux peuples. Lors donc que ses frères se furent prosternés devant lui et qu’il les eût reconnus, il leur parla durement comme à des étrangers leur demandant : « D’où êtes-vous venus ? ». lls répondirent : « De la terre de Chanaan afin d’acheter ce qui est nécessaire à la vie ». Mais cependant reconnaissant ses frères il ne fut pas reconnu d’eux. Et se souvenant des songes qu’autrefois il avait vus il leur dit : « Vous êtes des espions ; c’est pour voir les endroits les plus faibles du pays que vous êtes venus ». ils répondirent : « Il n’en est pas ainsi, Seigneur ; mais vos serviteurs sont venus pour acheter des vivres. Nous sommes tous fils d’un seul homme ; c’est en gens paisibles que nous sommes venus et vos serviteurs ne méditent rien de mal ». Joseph leur répartit : « il en est autrement : vous êtes venus pour observer les places de l’Egypte qui ne sont pas fortifiées ». Mais eux : « Nous vos serviteurs, dirent-ils nous sommes douze frères fils d’un seul homme dans la terre de Chanaan ; le plus jeune est avec notre père et l’autre n’est plus ». C’est, reprit-il, ce que j’ai dit : « Vous êtes des espions. Dès maintenant je vous éprouverai ; par la vie du Pharaon, vous ne sortirez pas d’ici jusqu’à ce que vienne votre frère le plus jeune. Envoyez l’un d’entre vous et qu’il l’amène ; mais vous, vous serez dans les liens jusqu’à ce qu’il soit prouvé si ce que vous avez dit est vrai ou faux ; autrement, par la vie de Pharaon, vous êtes des espions ». Il les mit donc en prison pendant trois jours.

Mais au troisième jour les ayant tirés de prison, il leur dit : « Faites ce que j’ai dit et vous vivrez car je crains Dieu. Si vous êtes des gens paisibles, que l’un de vos frères soit enchaîné dans la prison et vous, allez et portez le blé que vous avez acheté dans vos maisons ; mais amenez-moi votre frère le plus jeune afin que je puisse vérifier vos paroles et que vous ne mouriez pas ». Ils firent comme il l’avait dit et ils se dirent les uns aux autres : « C’est justement que nous souffrons tout ceci parce que nous avons péché contre notre frère voyant l’angoisse de son âme quand il nous priait et nous ne l’avons pas écouté ; c’est pour cela qu’est venue sur nous cette tribulation ». Un seul d’entre eux, Ruben, dit : « Ne vous ai-je pas dit : ne péchez pas contre cet enfant ? Et vous ne m’avez pas écouté ; voilà que son sang est redemandé ». Or ils ne savaient pas que Joseph les entendît parce que c’est par un interprète qu’il leur parlait. Mais il se retira un moment et pleura ; puis, revenu, il leur parla. Et prenant Siméon et le liant, eux présents, il commanda à ses ministres qu’ils emplissent leurs sacs de blé et qu’ils remissent l’argent de chacun d’eux dans son sac, en leur donnant de plus des vivres pour la route ; ceux-ci firent ainsi.

Suit l’épisode raconté par Moïse où Joseph renvoie ses frères chercher Benjamin, puis, quand ils sont revenus avec lui, (l’épisode) où il cache sa coupe dans le sac de celui-ci, jusqu’à ce que Juda tente de se justifier auprès de son frère qu’il n’a pas encore reconnu. C’est ici que nous reprendrons :

Chapitre XLV : Joseph ne pouvait plus se contenir. Beaucoup de personnes se trouvaient là présentes ; c’est pourquoi il commanda que tous sortissent dehors et qu’aucun étranger ne fût présent à la reconnaissance mutuelle. Alors il éleva la voix avec larmes ; les Egyptiens l’entendirent, et toute la maison de Pharaon. Et il dit à ses frères : « Je suis Joseph ; mon père vit-il encore ? ». Ses frères ne pouvaient lui répondre, étant saisis d’une extrême frayeur. Mais lui, avec douceur : « Approchez-vous de moi », leur dit-il. Et quand ils se furent approchés bien près : « Je suis, ajouta-t-il Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour l’Egypte. Ne craignez point, et qu’il ne vous semble point pénible de m’avoir vendu en ces régions, car c’est pour votre salut que Dieu m’a envoyé avant vous en Egypte. Car il y a deux ans que la famine a commencé à être sur la terre, et il reste encore cinq ans pendant lesquels on ne pourra ni labourer ni moissonner. Dieu m’a donc envoyé ici avant vous pour que vous soyez conservés sur la terre et que vous puissiez avoir des vivres pour subsister. Ce n’est point par votre conseil mais par la volonté de Dieu que j’ai été envoyé ici : Il m’a établi comme père de Pharaon, maître de toute sa maison, et prince dans toute la terre d’Egypte. Hâtez-vous, montez vers mon père et vous lui direz : « Voici que vous mande votre fils Joseph : Dieu m’a établi maître de toute la terre d’Egypte ; descendez vers moi, ne tardez pas ; vous habiterez dans la terre de Gessen et vous serez près de moi, vous et vos fils et les fils de vos fils, vos brebis et vos troupeaux de gros bétail et tout ce que vous possédez. Et là je vous nourrirai car il reste encore cinq années de famine afin que vous ne périssiez pas, vous et votre maison et tout ce que vous possédez. Voici que vos yeux et ceux de mon frère Benjamin voient que c’est ma bouche qui vous parle. Annoncez à mon père toute ma gloire et tout ce que vous avez vu en Egypte, hâtez-vous et amenez-le-moi. Et lorsque, l’embrassant, il fut retombé sur le cou de son frère Benjamin, il pleura ; Benjamin aussi, pleurant pareillement sur le cou de Joseph. Joseph embrassa ensuite tous ses frères et pleura sur chacun d’eux ; après quoi ils osèrent lui parler.

Et l’on entendit et l’on publia hautement à la cour du roi : « Les frères de Joseph sont venus » ; et le Pharaon s’en réjouit et toute sa famille. Et il dit à Joseph qu’il commandât à ses frères disant : « Chargez vos bêtes et vous en allez dans la terre de Chanaan et amenez de là votre père et votre parenté, et venez à moi ; et je vous donnerai tous les biens de l’Egypte afin que vous vous nourrissiez de la moelle de cette terre. Ordonne aussi qu’ils prennent des chars de la terre d’Egypte pour le transport des petits-enfants et de leurs femmes ; et dis-leurs : « Amenez votre père et hâtez-vous de venir au plus tôt. Ne laissez rien de vos meubles car toutes les richesses de l’Egypte sont à vous ».

Et les fils d’Israël firent comme il avait été commandé… Ceux-ci, montant de l’Egypte, vinrent dans la terre de Chanaan vers leur père Jacob et lui portèrent le message disant : « Joseph votre fils vit encore et c’est lui qui commande dans toute la terre d’Egypte ». Ce qu’ayant entendu Jacob, il s’éveilla comme d’un profond sommeil, mais il ne les croyait pas. Eux, au contraire, lui rapportaient toute la suite de la chose ; et quand il vit les chars et tout ce que Joseph avait envoyé, son esprit se ranima, et il dit : « Il me suffit si Joseph mon fils vit encore j’irai et je le verrai avant que je meure ».

Chapitre XLVI : Israël partit donc avec tout ce qu’il avait, vint au Puits du Serment et là, des victimes immolées au Dieu de son père Isaac, il l’entendit dans une vision de la nuit, l’appelant et lui disant : « Jacob, Jacob ». Il lui répondit : « Me voici ». Dieu lui dit : « Je suis le Dieu très fort de ton père ; ne crains point ; descends en Egypte, parce que je te ferai père d’une grande nation en ce pays. Moi-même Je descendrai là avec toi, et Moi-même je t’en ramènerai lorsque tu en reviendras, et Joseph posera ses mains sur tes yeux ».

Jacob donc se leva du Puits du Serment et ses fils le portèrent avec leurs petits-enfants et leurs femmes sur les chars que le Pharaon avait envoyés pour transporter le vieillard et tout ce qu’il possédait dans la terre de Chanaan. Il arriva donc en Egypte avec toute sa lignée, ses fils, ses petits-fils, ses filles et toute la race ensemble.

Suivent les noms des fils de Jacob et de ceux qui les accompagnaient qui partirent pour l’Egypte, les retrouvailles de Joseph avec Jacob et la présentation de celui-ci au Pharaon. Moïse poursuit :

Or Joseph donna en possession à son père et à ses frères en Egypte, dans le lieu le plus fertile, Ramessès, comme avait ordonné le Pharaon. Et il les nourrissait eux et toute la maison de son père, donnant des vivres à chacun ; car dans tout l’univers le pain manquait et la famine pesait sur la terre principalement d’Egypte et de Chanaan. Joseph recueillit de ces pays tout l’argent pour la vente du blé et il le porta au trésor du roi.

Et lorsque l’argent eût manqué aux acheteurs, toute l’Egypte vint à Joseph disant : « Donnez-nous du pain. Pourquoi mourons-nous devant vous, l’argent nous manquant ? ». Celui-ci leur répondit : « Amenez vos troupeaux devant vous et je vous donnerai en échange des vivres si vous n’avez point d’argent ». Quand ils les eurent amenés, il leur donna des vivres en échange de leurs chevaux, de leurs brebis, de leurs bœufs et de leurs ânes. Ainsi il les nourrit cette année-là en échange de leurs troupeaux. Ils vinrent encore la seconde année et lui dirent : « Nous ne cacherons pas à notre seigneur que, l’argent nous manquant, nos troupeaux nous ont aussi manqué ; et ce n’est pas à votre insu qu’excepté les corps et la terre, nous n’avons rien. Pourquoi donc mourrons-nous sous vos yeux ? Et nous et notre terre, nous serons à vous ; achetez-nous pour être les esclaves du roi, et donnez-nous des semences pour ne pas que, le cultivateur périssant, la terre soit réduite en solitude ».

Joseph acheta donc toute la terre d’Egypte, chacun vendant ses possessions à cause de la grandeur de la famine, et il l’assujettit au Pharaon ainsi que tous les peuples, depuis une extrémité de l’Egypte jusqu’à l’autre extrémité, excepté la terre des prêtres qui leur avait été donnée par le roi ; car une quantité déterminée de vivres des greniers publics leur était fournie et c’est pour cela qu’ils n’ont pas été contraints de vendre leurs possessions. Joseph dit donc au peuple : « Voici comme vous le comprenez que le Pharaon possède et vous et votre terre ; recevez des semences et semez les champs afin que vous puissiez avoir des grains. La cinquième partie vous la donnerez au roi et les quatre autres, je vous les laisse comme semence et comme nourriture pour vos familles et pour vos enfants ». Ils répondirent : « Notre salut est en votre main ; seulement que notre seigneur ait égard à nous, et joyeux nous servirons le roi ». Depuis ce temps-là jusqu’au jour présent, dans toute la terre d’Egypte, on paye aux rois la cinquième partie, et cela est comme passé en loi, excepté pour la terre des prêtres qui fut exempte de cette condition.

Israël habita donc en Egypte, c’est-à-dire dans la terre de Gessen, et la posséda ; et il s’accrut et se multiplia extrêmement. Et il y vécut dix-sept ans ; et les jours de sa vie furent de cent quarante sept ans. Et comme il voyait approcher le jour de sa mort, il appela son fils Joseph et lui dit : « Si j’ai trouvé grâce devant toi, mets ta main sous ma cuisse et tu auras pour moi cet égard et cette loyauté de ne pas m’ensevelir en Egypte mais de me laisser dormir avec mes pères, de me transporter hors de cette terre et de me mettre dans le sépulcre de mes ancêtres ». Joseph lui répondit : « Oui, je ferai ce que vous m’avez commandé ». Et lui : « jure-le-moi », dit-il. Joseph jurant, Israël adora Dieu, se tournant vers le chevet de son lit.

Suit la bénédiction d’Ephraïm et de Manassé puis la prophétie de Jacob sur chacun de ses fils et ses dernières recommandations et sa mort.

Chapitre L : Ce que voyant Joseph, il se jeta sur le visage de son père, pleurant et l’embrassant. Et il ordonna aux médecins qui étaient à son service d’embaumer son père. Pendant qu’ils exécutaient cet ordre, quarante jours se passèrent car telle était la coutume pour les corps embaumés ; et l’Egypte pleura Jacob pendant soixante-dix jours.

Or le temps du deuil accompli, Joseph dit à la famille de Pharaon : « Si j’ai trouvé grâce devant vous, faites entendre aux oreilles du Pharaon que mon père m’a adjuré, disant : « Voici que je meurs ; vous m’ensevelirez dans le sépulcre que je me suis creusé dans la terre de Chanaan. J’y monterai donc et j’ensevelirai mon père et je reviendrai ». Et le Pharaon lui dit : « Montes-y et ensevelis ton père comme tu as été adjuré ».

Joseph y montant, avec lui allèrent tous les anciens de la maison du Pharaon, tous les anciens de la terre d’Egypte, la maison de Joseph, avec ses frères, excepté les petits-enfants et les troupeaux de menu et de gros bétail qu’ils laissèrent dans la terre de Gessen. Il eut aussi à sa suite des chars et des cavaliers, et il se forma une troupe considérable. Ils vinrent à l’aire d’Atad qui est située au-delà du Jourdain, où ils passèrent sept jours pleins, célébrant les funérailles par un deuil grand et solennel. Ce qu’ayant vu les habitants de la terre de Chanaan, ils dirent : « Voilà un grand deuil parmi les Egyptiens ». C’est pourquoi on appela ce lieu du nom de Deuil de l’Egypte. Les fils de Jacob firent donc comme il leur avait été commandé et, le portant dans la terre de Chanaan, ils l’ensevelirent dans la caverne double située vis-à-vis de Mambré et qu’Abraham avait achetée d’Ephrom le Héthéen, avec le champ pour y posséder un sépulcre. Et Joseph retourna en Egypte avec ses frères et toute sa suite, son père ayant été enseveli.

Jacob mort, les frères de Joseph craignant et se disant mutuellement : « Pourvu qu’il ne se souvienne pas de l’injure qu’il a soufferte et qu’il ne nous rende point tout le mal que nous lui avons fait ! ». Ils envoyèrent vers lui disant : « Votre père nous a commandé avant qu’il mourût que nous vous disions en ses propres paroles : « Je te conjure d’oublier le crime de tes frères, leur péché et la malice qu’ils ont exercée contre toi. Nous aussi, nous vous prions de pardonner cette iniquité aux serviteurs du Dieu de votre père ». Ces paroles entendues, Joseph pleura.

Et ses frères vinrent à lui et, inclinés, se prosternant à terre, ils dirent : « Nous sommes vos serviteurs ». Joseph leur répondit : « Ne craignez point : est-ce que nous pouvons résister à la volonté de Dieu ? Vous, vous avez formé un mauvais dessein contre moi, mais Dieu l’a changé en bien pour m’élever comme vous voyez à présent pour sauver beaucoup de peuples. Ne craignez point ; c’est moi qui vous nourrirai vous et vos petits enfants ». Et il les consola et il leur parla avec affection et douceur. Il habita donc en Egypte avec toute la maison de son père et il vécut cent dix ans. Et il vit les enfants d’Ephraïm jusqu’à la troisième génération. Les enfants même de Machir, fils de Manassé, naquirent sur les genoux de Joseph.

Ces choses s’étant passées, Joseph dit à ses frères : « Après ma mort, Dieu vous visitera et vous fera monter de cette terre à celle qu’il a jurée à Abraham, à Isaac et à Jacob ». Et lorsqu’il les eut adjurés et leur eut dit : « Dieu vous visitera ; emportez mes os avec vous de ce lieu-ci », il mourut, cent dix ans de sa vie ayant été accomplis. Et, ayant été embaumé, il fut mis dans un cercueil en Egypte.

On ne sait, et les Pères de l’Eglise n’ont pas manqué de le faire, ce qu’il faut admirer le plus pour l’imiter chez le saint et noble patriarche Joseph, de sa piété filiale, de sa soumission à la Providence, de la douceur de la correction fraternelle qu’il impose à ses frères, de son pardon des offenses et de sa modestie dans les honneurs.

Pour toutes ces qualités, il est un modèle de sainteté et une figure du Christ particulièrement dans Sa royauté sociale.

Mais nous allons voir grâce aux travaux de Fernand Crombette que le génie de Joseph surpasse encore ce qu’en dit Moïse dans le Livre de la Genèse.

Le dessein divin de faire de la descendance d’Abraham un grand peuple s’accomplit particulièrement grâce à l’implantation des fils d’Israël en Egypte où ils vont se multiplier en attendant l’Exode et le retour en Chanaan quelque quatre cent soixante dix ans plus tard environ.

Nous allons maintenant examiner tout ce que révèlent les inscriptions hiéroglyphiques sur Joseph.

Nous allons tout d’abord préciser quels pharaons régnaient en Egypte lorsque y arriva captif le fils de Jacob. Le pays était alors sous la domination des rois de la XVème dynastie appelée Hyksôs, d’origine mi-chananéenne mi-égyptienne qui avaient vaincu et subjugué les Sésôstris, pharaons autochtones de la XIIème dynastie. Celle-ci éteinte, les Hyksôs avaient divisé l’Egypte en douze royaumes vassaux qui furent confiés, sous leur autorité, à autant de pharaons des XIIIème et XIVème dynasties, l’une du nord, l’autre du sud. C’est du pharaon Hyksôs suzerain, qui était alors Khaion ou Apophis le Grand que Joseph devint vice-roi.

Nous ne pouvons guère espérer rencontrer d’inscriptions au nom même de Joseph car celles-ci étaient réalisées en commémoration des cérémonies du culte des Egyptiens auxquelles le patriarche ne participait pas à cause de la pureté de sa foi, mais les pharaons qui furent ses vassaux durant de longues années qui suivirent la famine ne furent pas tenus à semblable discrétion ; et de même qu’ils formaient leurs noms royaux des éléments des noms de leurs suzerains Pasteurs, ils durent également y faire des allusions élogieuses au vice-roi.

C’est ainsi que Crombette a découvert une inscription particulièrement expressive à ce sujet ; c’est celle d’un roi que l’égyptologue Gauthier, dans son « Livre des rois d’Egypte » appelle Ousir …Rê Sebekemsaf III (Voir la figure I qui donne son cartouche).

Le premier écusson se lit : « Le superflu des jardins a été introduit dans les greniers pour conserver au pays de la farine. Louange au très prévoyant qui a gardé de grands amas d’eau. » Voici Joseph bien désigné.

Mais il y a mieux : certaines parties de l’inscription se prêtent à d’autres lectures par homonymie : « Joseph adorateur d’un seul Dieu ; Joseph est vraiment beau de visage ; Joseph, de belles formes, combien parfaitement proportionnées; l’un des associés de Joseph pendant sa royauté absolue ».

Le deuxième écusson n’est pas moins éloquent. Voici ce qu’il dit : « La digue a été affermie contre les ruptures par des pieux semblables plantés dedans et réunis entre eux par le milieu au moyen de liens et par des supports en charpente. » Mais comme le premier, il se prête à d’autres lectures : « Le grand docteur d’un trou a fait une mer auprès de la sépulture des célestes. »

Les célestes dont il s’agit sont les crocodiles divinisés dont les momies étaient conservées dans les cryptes du grand Labyrinthe édifié au centre de la dépression du Fayoum où avaient été accumulés comme dans une mer intérieure les grands amas d’eau que la digue était chargée de contenir en vue des sept années de sécheresse dont parle la Bible.

Mais on peut encore trouver dans le second écusson trois allusions à Joseph : « Joseph, le prophète qui donne la nourriture, le chef envoyé de Dieu, Sâphenath Pahenêach, le révélateur des prophéties ; Joseph surnommé comme dirigeant Saphenath Pahenêach, le grand Pasteur ; Le grand maître envoyé par le grand Céleste pour préserver de la faim les multitudes et franchir le pire ou les satisfaire en eau ».

Grâce à ses travaux égyptologiques, Fernand Crombette s’est rendu compte d’un fait qui n’apparait pas à première vue dans le Livre de la Genèse, c’est que le pouvoir de Joseph s’est étendu sur la presque totalité du monde connu d’alors.

En effet, voici le texte d’une traduction d’une inscription relative à Apophis le Grand, le pharaon dont Joseph interpréta les songes:

« Celui qui a renoncé au mois qui était en excédent à l’anniversaire, Khaion – autre nom d’Apophis – le grand chef à travers l’Afrique, les innombrables localités dans lesquelles il y a une multitude, la Double et le cercle universel des mers ; le grand maître des maisons des grands rois. »

Nous voici en présence de la définition égyptienne de l’empire d’Apophis : l’Afrique, c’est tout le continent africain moins l’Egypte ; l’Asie est désignée par une périphrase : ce sont les innombrables localités dans lesquelles il y a une multitude ; l’Egypte proprement dite, c’est la Double ; le cercle universel des mers , la partie de l’Europe du Sud.

Cette conception est confirmée par l’inscription hittite suivante située à Djerablous et traduite par Crombette dans « Le vrai visage des fils de Heth » :

« Le maître suprême des rois qui commande à Avaris est devenu le seigneur de la plénitude des régions qui entourent Karkémish, entre le nord et le midi, l’orient et l’occident ; le maître suprême, avec le maître des troupes de Karkémish, a abattu le grand prince de Bel. »

Apophis se disait et pouvait se dire le maître des extrémités car il dominait de l’Océan Atlantique à l’Océan Scythique qui couvrait alors la plus grande partie de l’Asie.

Citons encore deux inscriptions hittites relatives à Joseph :

« Le céleste envoyé du Premier des dieux pour révéler les songes et conserver les hommes en vie a été donné par le grand seigneur suprême pour diriger les rois ; le prophète du dieu Très-Haut est supérieur aux maîtres des troupeaux ».

Et encore : « Le Céleste envoyé par le Premier des dieux au grand Pasteur a été tiré du cachot des esclaves ; ayant divulgué la vision double demeurée cachée au collège des sages venus pour prophétiser, il a été oint dirigeant des maîtres des maisons et chef suprême des brebis afin qu’il puisse donner une pleine nourriture à la multitude ».

Enfin les rois de Crète reconnaissent également l’autorité de Joseph.

Nous voyons donc que l’empire sur lequel régna Joseph dépassa de beaucoup ce qu’en avaient dit les commentateurs de la Bible.

Joseph non seulement eut une situation de premier plan, mais il fut un grand homme politique au sens noble du terme. En effet, lorsqu’il fut élevé au pouvoir suprême, il y avait douze royautés vassales en Egypte. Au lieu de les supprimer purement et simplement, Joseph eut l’idée d’associer ces rois à la tâche écrasante qui l’attendait d’en faire ses ministres. Ils n’avaient donc plus de pouvoir local, mais une responsabilité nationale à la place.

Au cours de la période de 15 ans où leur royauté fut suspendue, les douze derniers pharaons des XIIIème et XIVème dynasties moururent. Ils furent remplacés par de nouveaux ministres qui devaient, la famine passée, récupérer les anciens trônes dans la XVIIème dynastie. Or les noms de ces derniers sont évocateurs de leurs fonctions ministérielles : le début de ces noms indique leurs titres :

« Celui qui veille sur un continent », ou « Administrateur suprême d’une partie des plus hautes affaires ». La deuxième partie de leurs noms révèle la nature de leurs responsabilités. C’est ainsi qu’on trouve un Ministre de l’Agriculture, un autre de la Main d’œuvre Nationale, un troisième de l’Irrigation, un quatrième des Prisonniers de Guerre, un cinquième de l’Intérieur, un sixième du Réservoir, un septième des Finances, un huitième de la Défense Nationale, un neuvième des Approvisionnements, un dixième des Cultes, un onzième de la Navigation et un douzième du Ravitaillement.

Nous allons découvrir à partir de maintenant des inventions de Joseph qui montrent son génie universel.

Tout d’abord, en lisant certaines inscriptions hiéroglyphiques et en réfléchissant sur la question de l’écriture, Crombette s’est rendu compte que c’était Joseph qui avait inventé l’alphabet.

En effet, l’écriture avait été inventée dès avant le Déluge comme en témoignent les bois-parlants de l’Ile de Pâques, les inscriptions de Mohendjo-Daro dans la vallée de l’Indus et les peintures rupestres des cavernes ; le système hiéroglyphique avait été repris après le Déluge par les descendants de Cham, en particulier par Ludim-Thôt en Egypte.

Mais, comme Crombette l’a découvert, ces hiéroglyphes servaient beaucoup plus à la magie qu’au simple échange d’informations.

Or les Hébreux, fils de Jacob et adorateurs du Dieu unique ne pouvaient utiliser ce système d’écriture.

C’est pour eux que Joseph inventa l’alphabet qui, par la séparation des consonnes et des voyelles, interdisait de pratiquer la magie.

Cette découverte est confirmée par trois inscriptions hiéroglyphiques se rapportant à Joseph qui se lisent :

« Celui qui a réduit l’écriture à ses premiers éléments, qui est arrivé à produire au grand jour la raison des sons » ;

et encore « Auparavant, les images s’adaptaient aux mots en commun et il fallait une multitude de formes. L’oracle des grands docteurs, Joseph, est venu le premier isoler les fragments qui produisent les paroles et de ces premiers éléments composer une série de quelques-uns » ;

et enfin « Joseph, supérieur aux grands sages, venu des palmeraies, a disjoint les paroles pour s’abstenir de jeter des sorts ».

Les noms des lettres hébraïques ont des noms égyptiens et il est facile de montrer comment ces lettres dérivent des hiéroglyphes qui représentent ces noms. Nous n’énumérerons pas toutes les lettres, mais donnerons simplement le tableau de la figure 2 qui décrit la parenté entre l’alphabet hébreu et le démotique. il faudrait une conférence particulière pour traiter toute cette question ; nous ne le ferons pas dans le cadre de cet exposé. Les personnes intéressées peuvent se reporter au chapitre de Joseph maître du monde et maître ès-sciences intitulé « Joseph analyste du langage ».

Notre patriarche ne fut pas seulement un homme politique éminent, un savant linguiste, il fut aussi un grand ingénieur au sens moderne du mot : il pratiqua cette activité dans plusieurs disciplines, l’hydraulique, la mécanique, l’optique et la minéralogie.

Commençons par la première: C’est lui qui, pour préparer l’Egypte aux années de sécheresse qu’il avait prédites au Pharaon, acheva la réalisation d’un immense réservoir d’eau à l’emplacement du Fayoum, commencé par le Pharaon appelé par Eratosthène Myrtaios. Pour ce faire, il construisit une digue longue d’environ 180 km et haute de 15 mètres.

Cette affirmation est confirmée par la traduction d’un écusson du XVIème roi de la XIVème dynastie qui dit :

« Celui qui possède le grand pouvoir, qui a été mis à la tête d’une région principale par celui qui conserve en bon état des monceaux de froment pour couvrir d’avance un grand péril, le protecteur qui a entouré la contrée basse d’une construction importante que l’antique, le grand savant qui répand sur le troupeau dont il est le seul chef, l’excellence de ses dons et qui est semblable au chef suprême, sublime chef généalogique ».

L’historien Guérin du Rocher note dans son Histoire véritable des temps fabuleux que « Les Orientaux et encore aujourd’hui les Coptes attribuent au patriarche Joseph l’entreprise du lac de Moeris-ou du Fayoum ».

La figure 3 représente une carte de ce réservoir. Notre patriarche dota celui-ci d’écluses pour régler le débit de l’eau. C’est ce que confirme le nom du deuxième roi de la XVIIème dynastie qui se lit : « Le grand maître venu du ciel a rassemblé l’eau en abondance en un grand lieu, fermé de portes pour mesurer la sortie de l’eau dans l’avenir ».

Le canal latéral au Nil porte le nom significatif de Bahr Youssouf, la rivière de Joseph.

Ce canal avait pour but d’accroître l’irrigation et les emblavements en Moyenne et Haute-Egypte. L’origine de ce canal et son mode de creusement sont confirmés par des inscriptions de deux Pharaons d’Hypselis de la XVIIème et de la XVIIIème dynasties.

Voici ce que donnent leurs traductions :

« Celui qui était véritablement très aimé et qui est regretté du seigneur suprême des embouchures, du chef suprême de l’Egypte et du sage suprême qui a doublé les canaux pour faire que les jardins soient inondés plus qu’autrefois… »

et encore « Sôhâg la grande est proche de la limite supérieure de la maison que traverse de part en part, jusqu’à sa limite inférieure, le canal fait de main d’homme. Il a garanti ce tronçon du canal, en a écarté les sables, extrait la vase qui s’y était introduite, conservé aux eaux leur cours, assuré la réfection régulière des berges en temps déterminé ».

Joseph assura donc, par son réservoir sans égal et ses canaux, l’irrigation de l’Egypte pendant les sept années de sécheresse ; mais ces travaux conservèrent toute leur valeur, la crise passée.

Il existe un monument exceptionnel de la science de Joseph en hydraulique, c’est un puits destiné à procurer de l’eau potable à la ville de Memphis, puits, lui aussi, unique en son genre.

Il est décrit dans une inscription d’un pharaon qui régna à Memphis approximativement de 1611 à 1597. Voici ce qu’elle dit :

« De nombreux vases-mesures sur une chaîne viennent successivement à la sortie pleins d’eau qu’ils rejettent, ce qui est fait par un mouvement circulaire produit par un grand treuil poussé par une paire de bœufs conduits à la partie supérieure ».

Comme ce pharaon dit par ailleurs avoir été fait roi par le grand envoyé du ciel, il est clair que la création à laquelle son nom fait allusion est de son suzerain Joseph.

Nous venons d’avoir la définition de la sâqiyèh qui sert à élever les eaux du fleuve pendant l’étiage. une autre inscription du même pharaon dit semblablement :

 » Des vases-mesures nombreux ont été mis à la suite l’un de l’autre dans l’eau potable du puits d’un dépôt souterrain donnant abondamment ; sur une chaîne continue, ils arrivent à la sortie pleins d’eau qu’ils rejettent par un mouvement circulaire qui est produit par deux bœufs conduits à la partie supérieure ».

Une autre lecture de la même inscription donne : « Merveille ! une artère dans la roche taillée à pic a été déterminée par la baguette ; des vases pour puiser élèvent et sortent un nouvel écoulement de la partie la plus profonde d’une source intacte, l’eau tirée des puits étant corrompue ».

Cette deuxième lecture nous montre que Joseph avait également un talent de radiesthésiste.

Il existe au Caire un puits profond de 88m dont l’eau est remontée par une double sâqiyèh et qui porte le nom de puits de Joseph. Une coupe verticale de ce puits est donnée à la figure 4.

La traduction d’une inscription du même pharaon confirme la profondeur du puits. La voici :

« On est allé jusqu’à vingt grands roseaux-mesures pour rencontrer l’eau en creusant le conduit d’eau dans la pierre dure ; les travaux ont été exécutés parfaitement bien ; la grande intelligence de maître avait fait vigilance et il a dirigé les travaux avec prudence ».

La machine élévatoire de profondeur inventée par Joseph ne fut pas seulement le modèle de la sâqiyèh, appareil de surface réduit, elle est aussi à l’origine de la noria et de la drague. Elle comportait d’ailleurs une chaîne sans fin qui est le principe de la courroie et de toutes les transmissions qui propagent à distance un mouvement circulaire ; or cette découverte est à la base de toutes nos machines industrielles.

Dans la sâqiyèh primitive la roue horizontale du manège est extérieurement garnie de dents de bois qui engrènent avec une roue verticale de même nature. Ce qu’il faut remarquer, c’est que dans le système égyptien, la roue dentée horizontale est plus grande que la roue verticale avec laquelle elle engrène ; celle-ci fait donc plus de tours que n’en font les bœufs ; l’appareil est ainsi conçu comme un multiplicateur de vitesse.

C’est donc à Joseph que nous sommes redevables de l’invention de la multiplication des vitesses.

D’ailleurs le nom donné par Pharaon à Joseph dans la Bible s’adapte parfaitement à la description du système puisqu’il peut se comprendre : « Ce qui est entaillé de dents à l’entour a pour but d’entraîner une roue semblable ». Joseph est donc le précurseur de la mécanique industrielle.

Nous allons maintenant voir que notre patriarche est l’inventeur de la serrure.

En effet le IVème roi de la XVIIème dynastie, vassal de Joseph qui régna en Nubie de 1611 à 1601 a dans son écusson un signe étrange devant lequel l’égyptologue Gauthier n’a su mettre qu’un point d’interrogation ; Crombette s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un ressort pourvu d’un appendice en forme de languette qui représente une serrure. L’ensemble de l’inscription se traduit de la façon suivante :

« Une verge de fer qui fait des sauts (c’est-à-dire une tige métallique à ressort) insérée dans l’habitation est une excellente défense. Auparavant, quand venait un voleur, on était exposé à ce qu’il fît tomber la barrière de protection. Le grand chef envoyé du ciel, aux anciens verrous des habitations, en a substitué un nouveau, plus fort que les autres ; passer le seuil d’une habitation qui a une telle protection est impossible aux méchants ».

L’écusson du VIIème pharaon de la XVIIème dynastie qui régna à Thèbes sous l’autorité de Joseph a indiqué à Crombette les découvertes du patriarche en optique : tout d’abord celle du niveau d’eau que contient l’inscription. En effet cet objet apparaît alors pour la première fois. Son invention en est donc contemporaine.

Par ailleurs la description de cet instrument en copte est homonyme du surnom de Joseph Baralion, l’œil de Lynx. D’autre part, sa réalisation suppose la découverte préalable du verre. Celle-ci est attribuée par Pline aux Phéniciens.

Il s’agit une fois de plus d’une invention due au Phénix, Joseph.

Il est remarquable que le nom donné par Pharaon à Joseph, répété deux fois, décrit exactement le procédé de fabrication du verre à partir du sable.

Une lecture d’une partie de l’inscription du roi de Thèbes se transcrit de la façon suivante :

« On voit jusqu’à une distance extrême par la découverte, par celui qui impose des ordonnances, de la loupe (ou de ce qui grossit beaucoup les images des mansions). Les étoiles extrêmes n’étaient pas vues à l’exception de celles qui étaient en abondance et des éclatantes ; les petites sont révélées à cette heure même à une grande distance ».

Joseph ne fut donc pas seulement l’inventeur du verre et du cristal, mais tirant de sa découverte de multiples conséquences, il en a fait des vitres, le niveau, la loupe et le télescope ou la lunette.

Une traduction homophone de la totalité de l’inscription est encore plus révélatrice :

« Celui qui possède la puissance de créer plus que la multitude des anciens, le dirigeant adjoint au maître du troupeau a découvert cette manière d’accroître les images par des amandes renflées sur leur face courbe supérieure parfois aussi s’abaissant en pente courbe dans l’intérieur, et tout à fait polies sur leur face utile semblable à une coupe, que l’on introduit dans les deux tubes de visée, glissant l’un dans l’autre à la mesure où l’observation est accrue régulièrement, en dirigeant une extrémité vers le visage et une extrémité en haut. Ce surhomme a rapporté une multitude d’astres du ciel certainement plus grande que celle des autres hommes à la vue la plus perçante avaient rapportée quelque grande qu’elle fût dans le prolongement du temps. On voit jusqu’à une distance extrême par la découverte, qui est au-dessus des autres, de ce qui grossit beaucoup les images des mansions. Les étoiles extrêmes n’étaient pas vues, à l’exception de celles qui étaient en abondance et des éclatantes ; les petites sont révélées, à cette heure, même à une grande distance ».

Un pharaon de la XVIIIème dynastie qui fut fondée juste après la mort de Joseph a dans son écusson un prisme en verre. Il n’est donc pas invraisemblable que les Egyptiens aient connu cet objet et qu’on puisse en attribuer la paternité à Joseph.

Il en est de même de la lampe à mèche dont l’invention est attribuée à Joseph dans une inscription du second pharaon de la XVIIème dynastie ayant régné à Cusae de 1637 à 1623. Voici ce qu’elle dit :

« Celui de qui sont venues les mers (les réservoirs du Fayoum), de qui est venu le signe, qui a fait le casque, l’inventeur ultime, a eu l’intuition qu’une longue frange fichée dans le mélange élèverait fortement l’éclairement de la lampe ».

Notre patriarche ne s’en tint pas là : il inventa également le cierge comme en témoigne une inscription du IVème roi de la XVIème dynastie qui se lit :

« De la cire enflammée et dedans une corde tressée donne de la lumière » ; ou « Les parois des alvéoles des abeilles, façonnées en longueur et coupées à la mesure, où l’on introduit un cordon retors, offrent une grande flamme ».

Lorsqu’on transcrit en copte la description d’un cierge, on retrouve le surnom de Joseph, Baralion. C’est donc sans doute à cet inventeur génial qu’il faut en attribuer la découverte.

Le nom du VIIème roi de la XVIIème dynastie qui régna à Silsilis de 1590 à 1580 a une inscription qui se traduit de la façon suivante :

« Le prophète des moissons abondantes et des moissons dépouillées est mort ; le maître et la multitude sont au comble du malheur » ;

mais aussi « Le prophète, en distillant le naphte d’une certaine manière, a fait aux navigateurs une grande lueur ».

Le roi de Damanhour, contemporain du précédent, qui avait dans sa circonscription le port de Rhacotis – la moderne Alexandrie -, confirme que le phare éclaira deux fois mieux qu’auparavant.

Joseph est donc un précurseur de la chimie moderne.

Crombette montre qu’on doit également lui attribuer l’invention de la pourpre et du nard. Il aurait été le premier à porter le manteau rouge que devaient revêtir ultérieurement les grands de ce monde et dont les soldats de Pilate revêtirent Notre-Seigneur pendant sa Passion.

A la suite des grands bienfaits de sa longue administration, Joseph fut considéré comme une sorte de dieu par les Egyptiens.

C’est ainsi que Suidas cité par Guérin du Rocher dans son « Histoire des temps fabuleux » parle d’un dieu Phaunos qui, étant persécuté par ses propres frères et s’étant enfui en Egypte, y demeura, y prophétisa et y fut adoré par les Egyptiens parce qu’il les avait comblés de biens et de richesses.

Nous voyons qu’il s’agit de Joseph auquel le Pharaon avait donné le nom de Phaaneach mais aussi du Faunus des Latins, divinité champêtre créée à l’image de Pan. Dans la mythologie, ce dernier passait pour fils d’Hermès-Thôt et avait inventé la flûte à sept tuyaux dite flûte de Pan avec laquelle il réglait la danse des nymphes et accompagnait les cortèges.

C’est donc bien à Joseph qu’il faut attribuer l’invention de la flûte de Pan. D’ailleurs le hiéroglyphe qui représente celle-ci et que l’on trouve dans les inscriptions peut se lire : « Joseph est le premier » , c’est-à-dire l’inventeur de la syringe ou flûte de Pan. Il y a mieux : si l’on ajoute à la description de la syringe le nom de Joseph, on obtient :« Avec sept embouchures on arrive à produire les sons principaux ». Ici nous touchons au sommet de la musique.

Joseph n’est plus seulement un ingénieux constructeur d’instruments, il est le père de la science des accords, de l’harmonie, il est l’auteur de la gamme rationnelle à sept notes.

Son puissant esprit d’analyse qui lui a fait décomposer les syllabes en consonnes et voyelles lui a fait également découvrir les sons essentiels.

Crombette montre aussi en lisant le surnom de Joseph que c’est lui qui a ajouté une caisse de résonance à la lyre pour donner la cithare, ce qui avait pour effet d’accroître la durée et l’intensité des sons. Enfin une autre lecture du surnom de Joseph montre que la flûte a accompagné les funérailles de Jacob : « Les roseaux ont conduit les chanteurs jusqu’au tombeau de celui qui est mort plus que centenaire ».

Le premier roi qui régna à Bubaste après la disette a dans son écusson un signe qui représente un casque couvrant obliquement le sommet d’un siège osirien. La lecture de cet écusson est la suivante :

« Le chef qui aime la multitude disposée en rangs ( l’armée) a dit de lui donner dans le temps présent pour le préserver de la mort par fracture du crâne un couvre-chef armé en cuir durci recouvert de métal ».

Cette inscription confirme que c’est Joseph l’inventeur du casque.

Crombette montre en effet qu’on retrouve dans l’inscription les deux surnoms du patriarche Baralion et Caphenath Pahenêach. Il prouve enfin que Joseph qui fut assimilé comme nous venons de le voir au dieu Pan est à l’origine de l’expression peur panique lorsqu’il inspira une grande frayeur aux troupes thébaines en se mettant à la tête de l’armée qui les combattait.

Les cornes dont on orne le front du dieu Pan évoquent sans doute le rayonnement qui devait émaner du visage resplendissant de Joseph comme ce sera plus tard le cas de celui de Moïse descendant du Sinaï. Notons en effet que les mots corne et rayon sont rendus par le même mot hébreu Keren.

Nous allons maintenant présenter un scarabée d’un pharaon qui régnait en Basse-Egypte sous les ordres de Joseph au moment de la mort de Jacob et montrer que ce signe qui apparaît pour la première fois et que l’on trouvera ensuite fréquemment sur les sarcophages égyptiens est à la fois un signe anti-magique contenant la signature de Joseph et le récit d’un épisode des funérailles de Jacob.

Ce scarabée est sur la figure 5. Le signe qui se trouve sous l’œil n’est autre que la signature alphabétique de Joseph contenant un iod, un waw, un zaïn et un phé.

Le nom royal tout entier se lit : « Etant en marche vers la demeure cachée du chef, un prodige se produisit lorsqu’on arriva à l’étape qui est aux confins, le fleuve torrentueux, grossi, bouillonnait et avait fortement débordé ; la volonté du Maître du ciel fit que la compagnie aboutit sans dommage et rapidement à la rive opposée par l’action du grand prophète ». « 

Cette lecture est confirmée par celle du nom du XXXIème roi crétois de la première dynastie monté sur le trône en 1641 :

« Joseph ayant embaumé son père mort le roi de Crête a eu compassion de son malheur et lui a fait honneur. L’épaule grande (la grande puissance) du sage a séparé les eaux gonflées du fleuve et l’assemblée du dirigeant des troupeaux (Jacob) est allée au-delà le déposer avec soin dans sa fosse ».

Ces deux inscriptions révèlent un miracle opéré par Joseph qui ne figure pas dans les traductions courantes du Livre de la Genèse.

C’est ce qui a conduit Crombette à penser que la langue primitive de la Bible est le copte et que c’est avec elle qu’il faut la traduire. Cette hypothèse a été pleinement vérifiée.

En effet voici ce que donne le passage correspondant de la Bible : « Et tandis que, dans un religieux respect, Joseph s’avançait sous le poids de la douleur vers Chanaan en vue de faire arriver le deuil à Heth, les eaux emportées au point culminant se dressèrent contre le cortège en marche. Mais sur une vraie grande parole de celui qui exerçait la direction du deuil, les flots puissamment agités cessèrent de couler, rebroussèrent chemin, se tinrent en repos et se turent, et la troupe armée considérable passa outre l’eau du torrent qui fait la limite de l’héritage des fils engendrés de Rê, et s’inclina devant Celui Qui Est substantiellement et que craint l’Hébreu d’Héliopolis (Joseph) ».

Le miracle opéré par Joseph à la traversée de l’oued Arish qui fait la frontière entre l’Egypte et la terre de Chanaan apparaît clairement dans cette nouvelle traduction. Le reflux du fleuve sur la parole de Joseph est confirmé par deux inscriptions crétoises dont l’une se lit :

« Poussant de grands cris de douleur, ils allaient à travers le pays tous ensemble avec le prophète. Caphenath Pahenêach est entré dans le fleuve qui se répandait à flots en mugissant. La terre s’est amoncelée pour le combler sur son commandement et on est allé pas à pas au travers » ;

et l’autre : « La multitude assemblée pour que soit envoyé au loin le père mort du très bon conducteur Joseph, prêtre de l’Eternel, a vu les flots agités aller en arrière et, au retour, faire de même par l’effet des paroles à l’action efficace proférées par le chef dont l’écriture puissante annule le mal lancé ».

La deuxième inscription parle d’un deuxième miracle au retour des funérailles et du pouvoir antimagique de la signature de Joseph.

Nous allons voir que ceci est confirmé par la lecture copte de l’épisode correspondant du Livre de la Genèse.

En effet voici ce qu’elle donne : « De plus, Joseph et sa nation, se déplaçant en sens contraire, les flots étaient également grandement agités ; le grand homme imposa à l’eau d’aller à l’écart et il rassembla la grande multitude du deuil qui se prosterna devant le Dieu puissant qui fait que l’eau coule et cesse de couler ».

Nous avons vu que le roi de Crète disait aussi que Joseph était le chef dont l’écriture puissante annule le mal lancé.

C’est également ce que dit le scarabée du IIème roi de la XVIIème dynastie dont les yeux soulignés peuvent se lire :

 » Prophète, fais disparaître les infamies du mort ; qu’il soit purifié ; combats les calomnies publiées ; repousse comme des fauteurs de mauvais présages ceux qui feraient des imprécations : romps la volonté de faire du mal des sorciers malfaisants ».

Voici ce qui explique qu’à partir de la XVIIème dynastie, ces signes étranges se trouvent fréquemment peints sur les sarcophages.

Le IIIème roi de la XVIIème dynastie qui régna à Damanhour à partir de 1636 a également fait allusion à la signature dans son nom qui se comprend :

« Celui qui construit un temple pour l’institution qui donne un écoulement régulier (les jubilés trentenaires institués par Thoth) mais qui reste fidèle aux signes envoyés de Dieu, car ce qui était funeste, par un signe nouveau est heureux ».

Or Crombette montre par l’étymologie copte que le nom même de Joseph a pour sens : « Le Seigneur rejette, Le Seigneur surmonte ».

Les Egyptiens pouvaient donc invoquer ce nom comme plus tard les Apôtres invoqueront le nom de Jésus et comme l’Eglise instituera la fête du Saint Nom de Jésus à la suite de la prédication de Saint Bernardin de Sienne et de Saint Jean de Capistran.

Nous pouvons trouver encore deux confirmations du pouvoir antimagique de la signature de Joseph dans la lecture des deux inscriptions suivantes du même roi de Damanhour :

« La grande bienveillance de celui qui pénètre les songes a offert efficacement dans son sceau écrit un grand secours divin aux morts contre les enchantements, rendus nuls, et pour les préserver des jeteurs de paroles contre leur sommeil » ; et encore : « Etant attristé par la mort de l’ancien, celui qui est très bienveillant et qui a pénétré les songes du roi défunt, dans le but de préserver son père des méchants a fait un signe ».

Nous avons vu dans le récit de la Genèse que lorsque Joseph avait été investi du pouvoir par le Pharaon celui-ci lui avait donné un nom qui est littéralement Caphenaath-Pahenecha et que Saint Jérôme a traduit dans la Vulgate par « Sauveur du monde ».

En fait nous allons nous rendre compte que ce nom inspiré a, grâce à la richesse et à la souplesse de la langue copte, de multiples significations qui évoquent ses faits et gestes et que Crombette a en partie retrouvées. Nous allons les énumérer et, si besoin est, les commenter :

– Fils d’un grand chef qui atteint à l’âge de cent ans. Jacob avait en effet 91 ans quand lui naquit Joseph.

– De méprisables endurcis en ont honteusement tiré profit avec des voleurs. La livraison de Joseph par ses frères.

– Il est l’esclave du grand chef de tous les hommes de guerre. Son esclavage chez Putiphar.

– Fidèle en face de l’adultère, il est tombé dans les chaînes tramées contre lui. Il fut en effet mis en prison pour avoir résisté aux avances de la femme de Putiphar.

– Du secret irritant des prisonniers, le prophète a apporté la pénétration. C’est son interprétation des songes des officiers de bouche du Pharaon.

– Sa pudeur reconnue, ses liens ont fléchi et il a été mis en liberté.

– Le maître suprême a vu en songe successivement des vaches et des épis sur le rivage. C’est le texte même de la Bible.

– La vue de l’avenir a été donnée par la sagesse du Dieu éternel.

– Il le constitua maître sur sa maison. Mon peuple fera la moindre volonté de ta bouche.

– Il le fit revêtir de lin fin et lui donna la bague portant son sceau et son collier.

– Il reçut le droit au prosternement et fut de moitié dans sa grandeur.

– Il le fit monter sur le char suivant celui sur lequel il était lui-même.

– Il lui fit prendre une épouse combien grandement considérable, chaste et belle. C’est Aseneth.

– Les serments ont été agréés en prenant l’Eternel pour juge. C’est le mariage devant son Dieu de Joseph.

– C’est là que régna Joseph et qu’on devrait retrouver des traces de sa royauté.

– Les multitudes s’inclinent devant l’image du docteur béni du ciel.

– Le maître inspecta avec réflexion et méthode la vallée.

– Il a remis en bon état les canaux d’irrigation de façon à remédier au mal de la vallée.

– Il a fait transporter dans des amas considérables et nombreux le reliquat des moissons.

– Le juge fidèle, le sage administrateur.

– Il est issu du ciel miséricordieux pour apporter la vie aux peuples.

– Il est l’épaule protectrice, le remède qui guérit.

– Ce que rend la terre et qui appartient aux propriétaires est mis en commun de bonne grâce et promptement.

– Il est la confiance de la multitude et la protection des couronnes.

– Sa grande sagesse soutient les Enacides, c’est-à-dire les Pasteurs.

– Il a acquis les troupeaux, la superficie des domaines, les maisons et jusqu’aux corps.

– Il n’a pas acheté les propriétés des temples, un décret supérieur les en ayant exempté.

– Le sage considère le peuple avec des yeux favorables.

– Il établit ses frères dans l’endroit le meilleur. C’est la terre de Gessen ou Goshen de la figure 6.

– Il lui donna, comme grande épaule, cet endroit dont il avait été le libérateur. Il s’agit de la ville de Sichem donnée par Jacob à Joseph.

– On ne peut résister au ciel ; par moi la guérison est venue à la multitude.

– Celui qui a percé la conspiration, qui a divisé la nombre et qui a frappé mortellement le rebelle. C’est la révolte d’Amosis soutenu par les prêtres de Thèbes.

– Le maître qui protégeait ces lieux est mort à plus de cent ans. En effet il atteignit 110 ans.

– Le sage est bienheureux ; il a atteint la vie éternelle.

– Du désert est venu le Phénix ; des roseaux du palmier, pour la seconde fois, il s’est avancé vers les roseaux du Nil. Joseph était considéré par les Egyptiens comme un second Phénix, le premier étant Thôt-Ludim, fils de Misraïm. Ce fait est confirmé par les trois lectures suivantes du surnom de Joseph :

– Tenu caché cinq siècles, privé de la vie, elle lui est rendue.

– Par les charbons ardents, réduit en cendres, il en est issu pour revivre.

– Du docteur céleste antique est venu, au temps marqué, un savant semblable à lui.

Pour terminer cet exposé sur ce personnage étonnant de Joseph, il nous semble qu’il n’y a pas de meilleure conclusion à apporter que la lecture copte par Crombette de la bénédiction que lui donna son père Jacob sur son lit de mort :

Le rameau produit, Joseph, fait gonfler la farine pétrie ; il a établi dans la graisse la vie languissante ; il a enlevé le mal des hommes ; il a maintenu la vie ; la vie languissante a été faite abondante ; il est de moitié dans la puissance du rameau de palmier suprême ; il est arrivé soudain à être le premier ; il a changé les liens exécrables où des méchants l’avaient mis pour le perdre ; intègre, il est devenu le chef suprême ; il a vaincu ses ennemis jaloux par une multitude de biens ; il a préservé de la ruine la maison de Jacob ; il a préparé, avec les agneaux d’Israël, un peuple fort et nombreux. Aussi, sur celui-ci, je fais descendre abondantes des paroles de propitiation plus grandes sur le haut de sa tête inclinée ; plus grande que les autres sera sa quantité de terre ; à toi, tête rasée, vont les paroles bienveillantes du chef ; il confirme et rend sacrées les libéralités qu’il fait descendre abondamment des astres qui sont en mouvement circulaire à l’entoure des cieux ; il confirme et rend sacrées les libéralités qu’il te fait pour découvrir des puits, pour que tes campements et tes portes aient la tranquillité ; il confirme et rend sacrées les libéralités qu’il fait nombreuses à celui-ci des paroles de propitiation des sages qui ont parlé précédemment ; il confirme et rend sacrées les libéralités qu’il lui fait nombreuses depuis les jours anciens jusqu’aux jours les plus éloignés ; qu’il ait sans cesse des corbeilles débordantes ; que jusqu’aux jours lumineux du Dieu qui est préparé pour être la promesse extrême de l’espèce, Joseph soit fertile, qu’il ait la plénitude des corbeilles parmi les rejetons, lui qui, le premier, a annoncé la parole de Dieu.

En conclusion, nous voyons à quel point Joseph est non seulement et sans aucun doute un personnage historique et non légendaire mais aussi un des hommes les plus géniaux de tous les temps, grand tant par sa sainteté que par ses qualités d’homme d’Etat, d’inventeur et d’ingénieur.

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