Gnostiques et Rose-Croix

Humanisme vs Rédemption : Une vision non religieuse du GRAAL

Bien que je ne partage pas toutes les idées de John Lash sur ce sujet, il y a des notions intéressantes dans ce texte qui mérite d’être connues, notamment l’allusion selon laquelle le Graal serait une pierre et non une coupe …Bonne lecture … Miléna

Trois Courants du Graal : L’Histoire Parallèle en Europe et en Orient – John Lash

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Traduction par Dominique Guillet de l’essai « Three Currents from the Grail: Parallel History in Europe and the East »

La confrontation avec le Mensonge Paternel requiert un certain nombre de mouvements d’aïkido qui se déploient dans ces leçons de Mythbusting 101.(Démystification 101)

En premier lieu, il nous faut exposer les croyances-clés imposées par le programme dominateur du patriarcat: par exemple, la croyance que Dieu le Père transmit ses commandements à des émissaires mâles et barbus qui, à leur tour, les codifièrent en règles de comportement social et personnel. Les hommes qui parlent au nom de Dieu le Père et gouvernent en Son nom sont des théocrates. Il se peut qu’ils n’évoquent pas publiquement leur descendance d’origine divine mais ne nous laissons pas berner par leur fausse modestie.


Il est vrai que la prétention antique, de l’Egypte pharaonique à l’époque de Louis XIV, d’être de descendance divine ne passe plus très bien en ces siècles qui ont suivi l’avènement des Lumières. Mais les vieux mythes ont la peau dure. Vous pouvez être sûrs que quelque part, et d’une quelconque façon, des théocrates d’aujourd’hui chérissent la croyance qu’ils possèdent une connexion privilégiée avec le Créateur – idéalement, une connexion génétique. La famille de George W. Bush fait référence à lui, en plaisantant, comme “l’Elu”.

Mais peut-être n’est ce pas une plaisanterie.

Le script de royauté divine trouva son origine dans le scénario Annunaki trouvé sur les tablettes Sumériennes cunéiformes datant de 1600 avant EC mais qui témoignent d’une histoire beaucoup plus antique. Le mythe de création Babylonienne, l’Enuma Elish, commence ainsi: “Et la royauté descendit des cieux…”.

A l’aube de l’ère Chrétienne, ce script fusionna avec le personnage de Jésus-Christ, imaginé comme le sauveur immortel envoyé par Dieu.

A partir de l’époque d’Alexandre, quelques empereurs Romains se proclamèrent eux-mêmes de descendance divine mais l’empereur Constantin fut le plus malin d’entre eux: il proclama la divinité du Christ (par un vote forcé durant le Concile de Nicée en 325) et puis il institua le Christianisme comme religion d’état de l’empire qu’il gouvernait. Ce faisant, il cautionnait son autorité impériale par une autorité divine. Et il ne lui fut même pas nécessaire de croire dans le Sauveur pour le faire. (La plupart des historiens sont unanimes sur le fait que la “conversion” de Constantin fut une mise en scène, si tant est que l’on puisse parler de conversion. Même Eusebius, l’historien personnel de Constantin, avoua le trucage de l’histoire concoctée pour rehausser l’image de l’empereur).

D’aucuns peuvent penser que ce ne sont que de pitoyables problématiques d’antiquaires mais loin s’en faut. Le modèle Annunaki de théocratie, qui est maintenant intimement corrélé à la doctrine de la rédemption, est encore bien vivant en 2008. En fait, il déborde même de vitalité à la fois chez les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, mais sous des versions différentes.


L’image imposante du Christ Pantocrator représente l’apothéose de la royauté sacrée: le Fils de Dieu qui gouverne le monde. Tel est l’idéal historique suprême du Christianisme. Mais regardons-y de plus près et il n’est que trop aisé de percevoir ce même personnage sous la forme d’un Imam Musulman ou d’un ayatollah barbu obsédé par le Coran.

Le pouvoir de la foi rédemptrice repose, avant tout, sur une logique schizoïde.

Avec le concept abasourdissant d’une puissance extra-terrestre qui gouverne ce monde et qui, opérant au-delà du temps, contrôle le déroulement de l’histoire même, les théocrates possèdent un outil puissant de programmation comportementale.

La théocratie est la finalité suprême des religions Abrahamiques. Les politiques Chrétiennes d’extrême-droite aux USA ne diffèrent pas de l’idéologie des imams, des ayatollahs et des cléricaux Musulmans qui insistent sur le fait que l’Islam ne fait aucune distinction entre la religion et la politique.

Les néo-cons qui entourent le président George Bush furent initiés aux stratégies idéologiques par l’historien Juif Leo Strauss, le “parrain” du fascisme Etats-Unien. Strauss épousa le principe Illuminati du “mensonge noble”, originellement promu par Platon. Il est plus que probable que Bush fut conseillé par les protégés de Strauss (tels que Paul Wolfowitz) lorsqu’il déclara ouvertement que ses convictions religieuses guidaient sa politique. Ce faisant, il pouvait faire un pied de nez au monde Musulman en envoyant le signal qu’il est tout vertueux que n’importe quel ayatollah, pour ne pas dire plus. La déclaration de foi du Président a extrêmement attisé les sensibilités Musulmanes. Son attitude vertueuse provoque le pire dans l’Islam – exactement ce qu’elle est supposée faire.

Histoire Parallèle

“Alors que les gens religieux ne sont pas normalement déments, leurs croyances de base le sont absolument”. Sam Harris dans The End of Faith.

Une haine véhémente d’Israël sévit dans tout le monde Arabe. Les journaux quotidiens et les télévisions de tous les pays Musulmans foisonnent de diffamations envers les Juifs et d’appels enragés à l’annihilation d’Israël. Tout comme Sam Harris l’observe, “l’antisémitisme est intrinsèque au Christianisme tout comme à l’Islam; ces deux religions considèrent les Juifs comme des incapables de la révélation initiale de Dieu”.

Les trois idéologies théocratiques émergent de la même racine; toutes les trois sont infectées par la même pathologie; toutes les trois reposent, pour leur continuation, sur la violence inspirée par la foi.

Un quart des six milliards d’êtres humains sont Musulmans, un autre quart sont Chrétiens et la charnière précaire entre ces factions massives (et en croissance rapide) est le Judaïsme. La charnière est en pâte à modeler afin que les Chrétiens puissent osciller dans les deux sens, pro et anti-Juifs.

En termes politiques, les USA Chrétiens sont unis avec Israël contre le monde Arabe. En termes spirituels, les Chrétiens rejettent les Juifs pour avoir éconduit et assassiné le Fils de Dieu. Ces trois religions sont “les Peuples du Livre” mais les Musulmans insistent sur le fait qu’ils sont les seuls à posséder le Livre qui va sauver le monde de la décadence de l’Occident.


La violence générée par cette dynamique à trois voies garantit que la paix ne soit pas une option aussi longtemps que la foi contrôle la planète.

En Europe, néanmoins, la foi ne gouverne pas parce que l’Ouest Européen est l’héritier d’une autre histoire, une histoire secrète cachée au coeur du scénario perclus de violence de la religion théocratique. Cette histoire alternative est peu connue, mais il est aisé de la découvrir lorsque l’on sait où la chercher. Dans les temps modernes, cette histoire cachée vient à la lumière grâce aux valeurs et aux comportements qu’elle a générés au cours d’une maturation longue et troublée – l’héritage de l’humanisme séculaire, comme on l’appelle.

Alors que l’Europe observe l’affrontement indécis entre les idéologies des fondamentalistes, les politiciens en France, en Espagne, en Allemagne, en Belgique, et ailleurs, tentent de garder leurs distances des rhétoriques religieuses et de la realpolitik fondée sur la foi. Au début du premier terme de George W. Bush, le président de Belgique Guy Verhofstedt déclara, aux nouvelles télévisées du soir, que s’il se prenait à mélanger les affaires religieuses et politiques à la manière du président US, il serait de suite transféré dans un asile d’aliénés.

La fusion de la religion et de la politique est anathème en Europe parce que les Européen ont appris, à leurs durs dépens, que la théocratie promet la réforme sociale et la délivrance spirituelle afin de promouvoir son programme apocalyptique. Ravagés par les guerres religieuses durant des siècles, les Européens ne sont pas enclins à emprunter une route qui mène toujours au chaos social et à la destruction matérielle. La plupart de ceux qui adhèrent encore à un credo religieux dans leur vie privée sont ébahis par le scénario actuel , le “conflit des idéologies”, qui met en danger la planète entière.

La perspective de l’humanisme séculaire appliquée à la sphère politique permet aux Européens de garder quelque distance face au problème mais n’en fournit pas de solution pour autant. (En fait, depuis son origine durant la Renaissance, l’humanisme a failli quant à la réalisation de ses promesses mais c’est une autre leçon de Mythbusting 101).

Pour anéantir le Mensonge Paternel, il nous faut nous désengager du scénario historique dirigé par les impératifs théocratiques et puiser aux ressources cachées d’une histoire parallèle. Le Mensonge prospère en imposant l’intrigue fondamentale du PLAN de Dieu le Père pour l’humanité. La réalisation de ce plan signifie pour les Juifs la vengeance ultime, pour les Chrétiens la rédemption surhumaine et pour les Musulmans le contrôle totalitaire de la société – mais il existe une histoire parallèle de l’Occident qui nous libère de la complicité avec ces programmes pervertis et génocidaires.

Le désaveu inconditionnel des plans de Dieu le Père pour l’humanité n’est pas une option qui est généralement considérée relever du système humaniste de valeurs mais l’humanisme a néanmoins préparé la voie pour une telle option. Mais tant qu’une autre histoire ne la remplace pas, on ne peut pas rejeter la croyance selon laquelle le plan pour l’humanité émane de la divinité mâle extra-terrestre qui nous a créés, selon l’histoire Biblique bidon de la théocratie.

La tradition humaniste en Europe contient les fils vitaux de cette autre histoire: la Quête du Graal.


Contrairement à ce que des polissons d’intellectuels Français, en quête de fessées, voudraient nous faire croire, l’espèce humaine ne peut pas vivre sans une quelconque histoire maîtresse. Le scénario qui guide l’espèce doit combiner des éléments historiques et des éléments mythopoétiques. Quelle que ce soit la manière dont l’espèce humaine a émergé dans le cosmos – c’est la partie de l’histoire à découvrir et à développer au travers de la mythopoésie, en harmonie avec le paradigme Gaïen – ceux qui aspirent à créer un monde humain, ici et maintenant, doivent compter sur ce qui a amené la race humaine à son sens actuel d’humanité.

Comme je l’ai souligné auparavant, en ayant recours à un écho métahistorique, la préhistoire est ce qui nous a rendus humains tandis que l’histoire est ce que nous avons fait de notre humanité.

Au travers de l’histoire, nous développons un sens de l’humanité – sans vouloir insinuer d’ailleurs que les peuples de la préhistoire en étaient dépourvus. Car ils (nous, en fait, dans des époques très lointaines) possédaient une grande humanité mais elle était innée; l’influence principale du drame de l’histoire nous confronte directement avec la problématique d’être humain.

Le mot d’introduction de Parzival est zwivel, le doute, et le motif récurrent de la légende est vragen, le questionnement. Le héros oscille précairement dans son sens de l’humanité et remet en question toute foi dans la main guidante de Dieu. Il déclare même qu’il hait Dieu. Perceval personnifie le soi historique moderne piégé dans le dilemme existentiel d’être humain sans une essence, sans un critère spirituel prédéterminé qui définisse l’humanité. Il est cependant attiré par une vocation spirituelle qui lui permettrait de soulager les souffrances de l’humanité. Bien que cela soit son destin d’avoir accès à une merveille surnaturelle, il ne compte pas, et ne peut pas compter, sur une puissance supérieure pour en découvrir le chemin. C’est la vie elle-même qui lui montre le chemin.

Dans son doute, Perceval a le sentiment qu’il a été trahi par Dieu. Ce sentiment de trahison est en réalité la première indication de l’émergence de sa foi en l’humanité, son critère humaniste. Juste parce qu’il remet en question Dieu, Perceval est un exemple à suivre, dans l’histoire parallèle, qui puisse nous libérer du Mensonge Paternel et nous mener au-delà des programmes de génocides et d’écocides par lesquels les partisans du Mensonge prétendent accomplir la volonté de Dieu le Père.

L’histoire cachée des trois courants procédant du Graal n’est pas Son Histoire, l’histoire de Dieu le Père (jeu de mots intraduisible en anglais avec “His Story/history”), la narration auto-légitimante du créateur extra-terrestre. C’est la légende spécifique à notre propre espèce, l’histoire qui raconte comment nous avons appris à connaître ce que cela signifie d’être humains.

Cette narration commence avec la préhistoire de l’espèce humaine et de Gaïa, la planète vivante. Le scénario préhistorique nous révèle ce qui nous a fait humains en premier lieu. Par contraste, le scénario historique raconte ce que nous avons fait de notre humanité, comme nous venons juste de le souligner.

Le lecteur peut trouver quelques indices du premier scénario dans ma trilogie d’articles “Nymphes des Arbres et Shamans aux Arbres Pendus” ainsi que dans d’autres textes mythopoétiques sur ce site. Les leçons de Mythbusting 101 concernent la dimension historique de notre narration plutôt que les dimensions préhistoriques et mythiques. C’est la narration qui nous guide vers un sentiment générique pour l’espèce humaine, un sens d’humanitas.


En cohérence avec l’essai de fondation “Children of the Damned”, j’utiliserai le terme humanité pour la définition biologique de l’espèce humaine et le terme humanitas pour l’intuition de ce que cela signifie d’être humain, dans un sens moral et spirituel, et d’agir de façon humaine.

Illumination Sociale

Comme nous l’avons vu, la transmission du Graal de Perceval à Lohengrin fut un tournant décisif pour le développement de l’humanisme dans le monde Occidental. Même s’il a failli en tant que programme philosophique, l’humanisme de la Renaissance a défini le besoin pour une intuition générique de l’humanitas incluant des aspects essentiels tels que la dignité de l’individu et les droits universels. Elle ouvrit une petite fenêtre permettant à l’illumination sociale reflétée dans les idéaux philanthropiques de se manifester.

Le zeitgeist humaniste s’épanouit lentement du 10 ème au 15 ème siècles. Lohengrin modela une nouvelle équation sociale par laquelle un couple prédestiné, venant de la sphère des privilégiés, se dédia aux réformes sociales et à la défense du droit du petit peuple à vivre d’une manière décente et humaine. Ainsi, ceux qui vivaient d’une façon aisée pouvaient rendre la vie plus facile pour ceux qui ne l’avaient pas. La condition unique de cette nouvelle équation était que le couple ne révèle pas ses origines aisées afin que les bénéfices de ses actions ne viennent pas à l’actif de la classe fondée par le patriarcat dont ils émanaient. De cette manière, le principe de Lohengrin contrecarrait, ou du moins neutralisait, l’ethos auto-gratifiant de la classe dominante.

Il semble que cela soit une perspective noble et magnifique. Il faut cependant préciser que la nouvelle équation sociale préfigurée dans Lohengrin n’était pas, et n’est pas, la seule voie humaine et généreuse de contribuer à l’amélioration de la société. C’est un modèle d’illumination sociale mais ce n’est pas le modèle exclusif et sans doute pas même le modèle suprême.

A ce jour, de nombreux personnes privilégiées s’engagent dans des activités philanthropiques qui ne suivent pas le principe de Lohengrin. Beaucoup de bien a été réalisé et des améliorations considérables de la société ont été accomplies par ceux qui embrassent et pratiquent ce que les Bouddhistes appellent “l’intention altruiste”. Cette intention est inhérente au vœu de Bodhisattva mais la pratique de renoncement du mérite – un des aspects également du modèle Lohengrin et de l’éthique Bouddhiste, comme il a été souligné dans la leçon 2 – semble être une option spéciale et non pas une condition essentielle de l’activisme socialement illuminé.

En bref, il semble exister deux voies de réalisation de l’amélioration sociale: en oeuvrant au sein du patriarcat ou en oeuvrant au-delà du patriarcat. Dans le premier cas, le mérite pour des actes d’illumination sociale vient à l’actif des classes privilégiées qui le réalisent: ainsi, les philanthropes reçoivent de nombreuses congratulations et des bénéfices matériels en cascades pour leurs actions. En améliorant le monde, ils finissent par en tirer beaucoup de profits pour eux-mêmes. Ils ne s’impliquent dans aucun altruisme qui mettraient leurs privilèges à risque. Dans le second cas, le mérite est abandonné et un autre type de dynamique sociale entre en jeu.

Le principe de Lohengrin implique cette autre dynamique qui a peu de chances d’être embrassée par les classes privilégiées. Occasionnellement, cette dynamique surgit dans des périodes de grand remous sociaux – par exemple, la révolte des Décembristes en Russie en 1825 lorsque les soldats au service héréditaire du Tzar rompirent leur allégeance et se mirent du côté du peuple contre l’empire – qui sont toujours voués à l’échec. Même lorsqu’elle est représentée dans un opéra kitch, il émane de l’histoire de Lohengrin un pathos inéluctable parce qu’elle incarne un idéal mort-né.

Mais la transmission à Lohengrin de la mission sociale corrélée au Graal n’épuise pas la faculté magique et transformative de vie de celui-ci.

La Première Question du Graal

Retournons au moment culminant de la Légende du Graal, lorsque Perceval pose la question. Bien que cela ne soit pas clair dans la version de Wolfram, il existe deux questions au coeur de la Légende.

La première “Humanité, de quoi souffres-tu?” nous oriente vers la souffrance infligée au monde par ceux qui sont eux-mêmes profondément blessés. En d’autres mots, ceux qui sont blessés dans leur sens de l’humanité, blessent et affligent le reste de l’humanité, physiquement, karmiquement et autrement. Perceval pose cette question au roi blessé du Graal, Amfortas, le personnage patriarcal central de la Quête du Graal. Il est crucial d’appréhender que Perceval dirige la question concernant la souffrance à celui qui souffre mais qui ne peut ni mourir de l’affliction, ni en être guéri de façon permanente. Ce faisant, il fait face au mal pathologique du Mensonge Paternel à sa racine.

L’action de Perceval est paradigmatique, ainsi que le dirait Mircea Eliade. Il nous fournit un exemple, à nous tous. La Quête nous enseigne qu’afin de faire face à la souffrance de toute l’humanité, chacun de nous doit être concerné par les blessures dont souffrent les gens dans nos vies personnelles, et plus particulièrement les figures parentales. Cela n’est pas dire qu’il nous faille nous réconcilier avec le patriarcat ou nous soumettre à l’autorité parentale et à ses codes et contingences. Pas du tout.

La Quête ne nous enseigne pas à honorer le conditionnement parental, mais elle nous enseigne comment le transcender. Pour transcender le conditionnement familial, il nous faut comprendre en profondeur sa nature, son origine et la manière dont il véhicule une pathologie qui s’auto-perpétue (une co-dépendance dans le jargon psycho-pop). Il nous faut parler directement de sa souffrance à l’ancêtre paternel blessé car ce dont il souffre est paradigmatique de l’espèce humaine. En posant à son oncle la première question, Perceval fit face à la souffrance inhérente à sa condition familiale. Au travers de cette confrontation, il prit en compte toute la souffrance universelle.

La déclaration de Bouddha selon laquelle tout est souffrance – sarvam dukkham – est cohérente avec la première question de Perceval. Les sagesses Occidentale et Orientale s’accordent totalement sur cette question.

Nous sommes tous profondément impliqués dans la blessure du Roi Pêcheur, l’affliction fatale de la société patriarcale. Tant que la famille du Graal était isolée dans la Terre Gaste et que le chevalier prédestiné à poser la question ne l’avait pas encore posée, la famille pouvait continuer à vivre en profitant des riches ressources du Graal, mais Amfortas ne pouvait pas être guéri par le Graal et ceux qui étaient servis par le Graal ne pouvaient pas offrir son service à autrui. Tout cela changea avec la transmission du Graal à Lohengrin.

Que nous dit cette narration quant à l’histoire alternative de l’Occident?

Elle indique qu’à un certain moment du 10 ème siècle, une transformation de la vie sociale de l’Europe féodale permit à la noble intention de l’altruisme d’émerger dans les classes privilégiées et cette transformation amena éventuellement à la naissance de l’humanisme au 15 ème siècle. Durant ces cinq siècles de transition, les événements historiques reflétant la Légende du Graal se déroulèrent dans les Basses Terres où l’histoire de Lohengrin prend place. En fait, plusieurs sources médiévales tardives rapportent que le Graal, considéré comme une relique physique, fut transporté à Bruges en Belgique. Il fut ainsi précieusement conservé durant la Renaissance Flamande.

L’humanisme prit son essor dans les Terres Basses, là où le Graal était gardé à Bruges, la Venise du Nord.

De nos jours, Bruges n’est pas grand chose de plus qu’un Disneyland, un piège à touristes, mais il émane encore de cette cité médiévale, avec ses canaux charmants peuplés de cygnes sauvages, une aura mystérieuse dont même les touristes endormis prennent conscience. Comme toutes les autres cités de Belgique, d’Allemagne et d’Alsace, la ville de Bruges célèbre traditionnellement les corps de métiers, tels que la cordonnerie, la tapisserie, la tannerie, la confection de bière et ainsi de suite. Les métiers étaient réalisés par les gens de la classe travailleuse dont l’emploi et les droits dépendaient des classes privilégiées, en cohérence avec le principe de Lohengrin. Chaque corps de métiers possédait son emblème héraldique en imitation des blasons de la Noblesse.

On voulait démontrer ainsi que la noblesse du travail décent était complémentaire à la noblesse de sang. Les guildes médiévales inspirèrent les premiers syndicats d’Europe. Le socialisme Européen authentique émergea de l’héritage humaniste du Graal, reflété dans le système des guildes. Le système dépendait d’un contrat sur l’honneur et la confiance entre la classe privilégiée et le petit peuple qui oeuvrait à son service.

On pourrait maintenant se demander comment il fut possible que le Graal fût conservé à Bruges au 12 ème siècle alors qu’il avait été emmené en Inde par Fierefiz au 10 ème siècle. Et bien, comme de nombreuses personnes l’ont remarqué, il n’existe pas un seul Graal mais une diversité de Graals ou de facettes du Graal.

A partir du 12 ème siècle, l’Eglise du Sang Sacré à Bruges se vanta de posséder un calice contenant des gouttes de sang du Christ qui agissait de façon miraculeuse, comme de telles reliques sont réputées le faire. Ce baratin Chrétien mensonger déguise la présence d’un Graal authentique dans les Terres Basses durant les siècles qui ont suivi la publication du Parzival de Wolfram. Le Graal authentique conservé à Bruges fut l’impulsion d’illumination sociale élaborée par le héros proto-humaniste, Lohengrin.

Le Graal qui partit pour l’Inde et le Tibet fut l’expression rituelle et liturgique d’une magie originelle.

Il comprenait une formule de calcul cosmique, l’écriture lunaire sur le Graal qui joue un rôle tellement crucial dans la légende et la pratique psychodynamique du “Joyau qui exauce tous les vœux”.

La Voie du Graal Asiatique

“Il existe un certain nombre de parallèles intéressants entre le mythe de Shambala et la légende du Saint Graal”. Edwin Bernbaum. The Way to Shambala.

Au Proche Orient, la magie du Graal fut formulée dans le système du Kalachakra et, en même temps, elle fut internalisée dans le “Joyau qui exauce tous les vœux”, un yidam, ou image magique, utilisé dans “la phase de développement” du Ati Yoga (Dzogchen). Ce sont deux exemples remarquables de fertilisation croisée entre l’Occident et l’Orient.

Le personnage Asiatique clé dans la tradition du Kalachakra fut le moine Atisha (982-1054), un contemporain un peu antérieur à Perceval et aux autres personnages du scénario historique caché du Graal. Le guru d’Atisha était Pindo qui vint de Java. Le titre honorifique de Pindo était Kalki Shripala, la figure mystique “qui introduisit le tantra du Kalachakra durant la seconde moitié de la vie de Mahipala”, selon l’ouvrage de Taranatha, History of Buddhism in India. Mahipala était un roi Pata qui régna de 988 à 1038.

Ce fait historique est étroitement corrélé à la légende quasi-historique de Shambala, parce que Kalki Shripala fut l’un des régents légendaires de Shambala, le royaume mythique auquel le Prêtre Jean est associé. (Voir, The Wheel of Time: Kalachakra in Context. Geshe Lundrop Sopa, Roger Jackson et John Newman, page 72).

Les pratiques du Kalachakra impliquent des connaissances précieusement conservées de cycles temporels planétaires et cosmiques, des divinations et la “maîtrise de pouvoirs psychiques”. (The Wheel of Time, page 75). Un des premiers maîtres reconnus du système fut Naropa qui mourut en 1030. Son guru Tilopa naquit probablement en 988, à une époque très proche de la réalisation du Graal par Perceval, si nous situons les reflets historiques de la Légende au 10 ème siècle. Dans son ouvrage The Life and Teachings of Naropa, H. V. Guenther consacre un grand espace pour expliquer que “le Joyau qui exauce tous les voeux” joua un rôle essentiel dans le système de yoga de Naropa.

L’équivalent Arthurien de Shambala est Avalon.

Le revivaliste Païen Gareth Knight compare les aventures et l’éveil des chevaliers médiévaux, tels Perceval et Gauvain, à des pratiques yogiques Asiatiques, plus particulièrement des rites tantriques impliquant le pouvoir du serpent, la Kundalini. Il affirme que la tradition chevaleresque Arthurienne, à certains égards du moins, s’avère être “un yoga de l’Occident” bien que “cette connaissance n’ait pas été exprimée, de façon adéquate, en termes de Tradition des Mystères Occidentaux”. (The Secret Tradition in Arthurian Legend, pages 128 et 187).

Knight observe aussi que “l’époque des anciens Mystères, qui a juste précédé l’essor du Christianisme, était une époque de fraternité à plus d’égards que nous en prenons actuellement conscience” (page 56). Cette observation est cohérente avec l’histoire de Wolfram dans laquelle nous rencontrons des chevaliers de tous les coins de l’Europe, de l’Islande jusqu’à l’Afrique du nord, pour ne pas mentionner le développement de l’ordre chevaleresque au proche Orient et au-delà.

La fertilisation croisée extraordinaire, effectuée au 10 ème siècle par le passage de la magie du Graal à l’Inde, est au coeur du scénario de l’histoire parallèle.

Gandhara et Après

Il est bien sûr normal de s’enquérir au sujet d’échanges et de contacts directs entre l’Est et l’Ouest: ainsi, un membre Français-Syrien de la famille du Graal voyagea-t-il en Inde vers l’an 1000 et rencontra-t-il des mystiques Bouddhistes tels Atisha, Naropa et Tilopa? Bien qu’il existe des preuves écrites historiques de tels contacts, elles ne constituent pas les preuves ultimes de la véracité de notre histoire. Ces évidences sont simplement anecdotiques mais la preuve réelle réside dans la manière dont, ici et maintenant, nous nous connectons avec les cycles d’événements qui se révèlent lorsque nous reconnaissons et faisons nôtre l’histoire parallèle.

De nombreux échanges et contacts eurent lieu entre l’Orient et l’Occident le long de la piste du Graal Asiatique qui alla de l’Europe vers Gandhara avant de bifurquer vers le centre de l’Inde et vers le nord, au Tibet.

L’art et la philosophie Grecs et Bouddhistes fusionnèrent à Gandhara, dans l’Hindou Kush, à la suite des expéditions d’Alexandre le Grand.

Des preuves historiques de contacts ont survécu du règne d’Asoka qui envoya des missionnaires Bouddhistes vers l’Egypte. Dans mon plan de lecture pour les Codex de Nag Hammadi, j’ai avancé l’hypothèse selon laquelle le Livre de Thomas l’Athlète n’est pas du tout une oeuvre Gnostique mais un sermon Bouddhiste sur le caractère éphémère et l’absence de désir, qui a sans doute été amené en Egypte via Gandhara.

Nagajurna, l’instructeur Bouddhiste du Madhyamika, la Voie du Milieu, enseigna à l’Université de Nalanda au 3 ème siècle lorsque les Mystères commencèrent à être sous le feu des idéologues Chrétiens. Son contemporain Gnostique Basilide utilisa un langage de pensée qui est presque identique à celui de la Voie du Milieu. Des passages d’Eugnostos le Béni (NHC III, 3 et V, 1) pourraient passer, ligne pour ligne, pour un discours de déconstruction par Nagajurna. Il est plus que probable que des érudits Bouddhistes tels que Nagarjuna enseignèrent à Alexandrie et que, vice versa, des Gnostiques Levantins allèrent prodiguer leurs enseignements au Proche Orient.

Il est difficile de situer les Gnostiques géographiquement tout comme il serait difficile, de nos jours, de localiser géographiquement des doyens. Les doyens sont des professeurs titulaires que l’on trouve dans tout le système universitaire. De même, les Gnostokoi étaient des spécialistes titulaires es matières spirituelles qui enseignaient dans de nombreuses écoles de Mystères au travers de l’Europe, de l’Afrique du nord, du Levant et du Proche Orient. Une des places fortes de l’enseignement Gnostique était Antioche en Syrie. Rappelons-nous que Gamuret, le père de Perceval, était un chevalier vivant en Syrie sur des terres gouvernées par la Maison d’Anjou.

Tentant de retracer la piste du Graal Asiatique, Joseph Campbell affirme qu’une traduction Arabe du Panchatantra Sanscrit apparut en Syrie au 10 ème siècle. Plus on étudie ce sujet et plus il devient évident que la “transmission de matière littéraire au Moyen Age de l’Inde vers l’Europe fut considérable”. (Creative Mythology, page 419).

Evénements Simultanés

Il existe donc d’amples évidences que des échanges entre l’Asie et l’Europe prirent place à partir de l’époque de la fusion Gréco-Boudhiste à Gandhara au 3 ème siècle avant EC et qu’ils perdurèrent jusqu’au 10 ème siècle, à l’époque de l’histoire de Perceval. Cette période s’étend donc sur plus d’un millier d’années. Ce qu’il nous faut observer, c’est l’aspect de simultanéité. L’histoire alternative, qui nous mène au-delà du Mensonge Paternel, est une histoire globale dont les événements entrelacés se manifestent durant la même période historique dans différentes parties du monde. De tels événements ne sont normalement pas consignés dans les archives historiques séquentielles utilisées par le patriarcat pour enregistrer et légitimer son programme, conduit par la foi, de domination.

Dans l’histoire alternative, les événements qui arrivent de manière simultanée sont beaucoup plus signifiants que les événements qui se déroulent de façon séquentielle. En tant que véhicule du plan de Dieu le Père pour l’humanité, l’histoire séculaire est une narration chronologique d’événements qui se manifestent par séquences et qui sont supposés procéder par cause et effet – “juste une sacrée chose après une autre” ainsi qu’Henri Ford le faisait aigrement remarquer.

Mais la dynamique cachée de l’histoire alternative n’est ni causale ni séquentielle. Les événements chronologiques peuvent être symptomatiques de structures cachées et profondes mais elles ne les déterminent pas. Qu’est ce qui détermine alors le flux du scénario “infrahistorique”, lorsqu’on le conçoit en termes alternatifs? C’est le succès ou l’échec à définir ou actualiser l’humanitas au fil de son émergence, un moment après l’autre, une époque après l’autre, alors qu’elle manifeste sans cesse un nouveau profil avec des défis spécifiques et des leçons particulières à apprendre et alors qu’elle présente une autre opportunité pour l’innovation et une adaptation supérieure.

Par contraste, le récit chronologique de l’histoire, durant les 6000 dernières années, témoigne d’une trajectoire de mésadaptation croissante due aux cultures de domination qui subjuguent et répriment des cultures plus égalitaires et plus écologiques. Avec l’essor des civilisations urbaines, les systèmes de contrôle social et comportemental prolifèrent, ainsi que des contingences complexes de vie, laissant les individus avec de multiples options mais moins de capacités de discernement pour faire des choix qui soient fondés sur un souci du respect de la vie.

De façon concomitante, le potentiel humain dégénère et la terre souffre d’une dégradation croissante qui transforme certaines régions en un désert créé par l’homme. (Le déclin continuel de l’humanité, par opposition à une évolution et à un progrès est le motif prédominant dans tous les systèmes indigènes d’évaluation du temps. Pour les lectures que nous suggérons sur ce thème, voir l’ouvrage de Richard Heinberg, Memories and Visions of Paradise).

L’histoire parallèle implique, en sus de cycles temporels secrets, des lieux magiques qui sont associés avec des endroits géographiques même s’ils ne sont jamais entièrement identifiés. Shambala représente un tel lieu magique mais cela n’empêche pas qu’elle puisse être également un lieu physique.

Selon Tulshi Rimpoche, (cité par Bernbaum), les hauts sommets spectaculaires du Kangtega dans les Himalayas sont réputés être la porte d’entrée de Shambala. Dans les traditions Occidentales aussi bien qu’Asiatiques, des lieux géographiques constituent des point d’entrée vers l’Autre Monde.


Le prototype de l’Avalon d’Arthur était Tir-Na-Nog, la terre du Dreamtime dans le mythe Celtique.

Le royaume Bouddhiste de Shambala possède de même son prototype dans la religion Bon. Le pays caché de Omlolungring existe dans l’Autre Monde et simultanément existe en interface avec le monde physique. Une tour magique aux nombreux étages figure dans l’aventure de Gauvain sur le territoire du sorcier Klingsor. Les images Arthuriennes et Bon ne représentent pas des places imaginaires mais des interfaces par lesquelles l’imagination permet le passage du monde physique vers d’autres dimensions insérées.

La visite de régions associées avec des lieux magiques, tels que Kangtega en Asie et Tintagel en Angleterre met le mental en phase avec les fréquences constantes de la Légende. Il est plus aisé de se remémorer l’histoire parallèle dans ces endroits, qui est préservée dans la memoria naturae, la mémoire de la terre même.

L’histoire alternative de l’humanité est une sorte de tradition planétaire, une narration qui possède un immense attrait participatif, sans exclure un attrait touristique. Sa puissance ne réside pas dans la certitude prédéterminée du déroulement du plan de Dieu, dans le temps historique, mais dans notre participation intime et volontaire dans l’auto-réalisation de l’espèce humaine, définie et développée exclusivement en termes humains. Il n’existe pas de plan divin pour l’humanité mais il existe un processus d’auto-direction qui surpasse tout plan. Il faut cependant une histoire maîtresse pour que l’imagination humaine s’engage dans le développement des facultés d’auto-direction qui sont innées à notre espèce.

La Seconde Question

Une fois que Perceval a posé la question qui concernait sa relation familiale karmique avec la souffrance universelle, une autre question vint à son esprit. Cette dernière question concernait sa propre illumination spontanée et sa compréhension intérieure profonde de la magie éthique et créative du Graal. Pour capturer le sens de la seconde question, imaginez que vous êtes assis au milieu de la communauté du Graal avec Perceval juste à côté de vous. Devant lui sur une table ornée, se tient la merveille somptueuse du Graal – comme une immense pièce montée de crème glacée de la couleur d’une perle brillante. Perceval, tenant une cuillère à crème glacée, est sur le point de la plonger dans la crème glacée. Il se tient devant vous et le Graal est tout rayonnant et à votre portée.

Alors Perceval se penche en avant avec la cuillère, il pose la seconde question: “Comment puis-je vous servir?” Il pose la question, non pas à vous, mais à la pièce montée de crème glacée. Il demande au Graal même comment il veut être servi, pour être distribué.

Imaginez une substance ou une source surnaturelle de pouvoir qui communique avec ceux qui sont éveillés intérieurement à sa présence. Une substance qui puisse dire à ceux qui la rencontrent comment la transmettre, comment la servir à autrui. Quelle sorte de substance miraculeuse est-ce?

Wolfram disait que le Graal est une pierre. Pas un calice ou une coupe, tel que cela est mentionné dans les cooptations Chrétiennes de la Légende.


Pas même un plat large comme le décrivent certaines versions de la Légende. Cependant, dans la version de Wolfram, la Pierre numineuse agit véritablement comme un plat pour servir. C’est une cornucopia virtuelle qui déverse une panacée et une diversité de nourritures et de boissons délicieuses. Wolfram n’a pas inventé cet artefact et il n’a pas ajouté non plus les effets spéciaux.

La Pierre-Graal est une épiphanie médiévale tardive du chaudron de Keridwen, la Déesse Blanche des Celtes pan-Européens. C’est une image de la source suprabiologique de la vie sur terre. D’une certaine manière, ce n’est pas le vaisseau magique de la Déesse, mais le corps de la Déesse même.

De par la nature de la seconde question, nous pouvons inférer que Perceval eut un éveil mystique authentique dans la présence de la Pierre-Graal, quelle qu’elle fut, mais la séquence de Lohengrin ne procède pas de cet aspect de la Légende. Des trois courants qui émanent du Graal, un va vers l’extérieur dans le monde, dans la direction de l’illumination sociale, selon le modèle de Lohengrin. Cette voie conduit à l’humanisme de la Renaissance. C’est le courant philanthropique noble, le chemin du service au travers du privilège, avec l’option Bouddhiste de renonciation du mérite. C’est l’expression séculaire, pragmatique et socialement orientée de la magie indigène – le courant de manifestation exotérique du Graal.

D’autres développements voient le jour de par la réalisation mystique de Perceval, qui lui permet de poser une question à la Pierre-Graal elle-même. Deux autres courants procèdent de la rencontre directe avec la numen suprême de la magie indigène. Ces deux courants sont profondément mystiques et ne trouvent pas d’expression dans la vie sociale mais plutôt dans les inclinations anti-sociales, dans l’ésotérisme, dans la contre-culture et dans les mouvements underground qui tendent à assumer un caractère cryptique et cultique. Ces deux courants informent profondément le scénario de l’histoire alternative. Ils émergent, au travers d’événements historiques, à partir du 10 ème siècle mais leur origine est bien antérieure. A la différence de la dynamique sociale activiste représentée par Lohengrin, qui n’existait pas avant le 10 ème siècle, les deux autres courants possèdent une antique provenance. Mais leur expression culmine, de façon unique, à la suite de la période-clé de la réalisation du Graal par Perceval en 968.

Dans l’histoire parallèle, les manifestations de ces deux courants sont le culte Européen de l’Amour et le Grand oeuvre, le travail de l’alchimie.


John Lash. Flandres Mars 2006.

Traduction de Dominique Guillet

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