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Feuille de route pour l’Apocalypse : 1 Transformer le champ psychologique

par Natajaran

supramental et psychologieSattva est la force d’équilibre et se traduit qualitativement par le bien, l’harmonie, le bonheur et la lumière; rajas est la force de mouvement et se traduit qualitativement par la lutte, l’effort, la passion et l’action; tamas est la force d’inconscience et d’inertie, et se traduit qualitativement par l’obscurité, l’incapacité et l’inaction.
Sri Aurobindo.

La première préoccupation de l’aspirant au supramental est de se libérer de l’ignorance, dont certains aspects appartiennent à l’espèce elle-même, tandis que d’autres sont d’ordre subjectif et particulier.

Au-delà des conditionnements familiaux et culturels, existent encore des couches génériques d’inconscience et d’obscurité que le supramental déblaiera dans les corps des premiers adeptes du yoga intégral. Aussi est-il possible de s’atteler dans n’importe quel ordre à la libération des aspects de la personnalité qui nous empêchent de capter l’énergie supramentale sur le plan physique d’une part, et nous retardent dans l’accès à la connaissance du Soi, d’autre part, enfoui sous les instances psychiques, et prisonnier des guna, le temps que l’ascèse permette de les dépasser par le travail intérieur, sans angles morts.

La question de la connaissance paraît simple dans les doctrines, mais elle est difficile dans la pratique, soit que l’individu comprenne le risque des projections, mais qu’il continue de tout ramener à lui dans son ascèse, soit au contraire que le moi s’empare des vérités les plus faciles, directement préhensibles par l’abstraction, tout en évitant les remises en question sur son propre fonctionnement et son identité. Dans les deux cas, le champ de la transformation n’est pas complet, soit que l’individu reste fermé à la totalité tout en jouissant de la connaissance de soi, soit qu’il se relie parfaitement au non-moi, par une souple habileté dans les œuvres, qui le dispensera cependant du travail de fond vers l’intérieur, où une identité plus profonde l’attend, détachée de tous les événements, de toutes les identifications, de toutes les attentes.

Bien que certains sachent éviter les projections les plus grossières et parviennent à éclairer le mental par toutes sortes d’intuitions, s’ils restent trop hermétiques à la totalité, et continuent de se considérer comme l’élément essentiel de la réalité, ils ne vont pas au bout de la connaissance. Ils restent prisonniers de l’idée de réussir leur vie spirituelle, sans se rendre compte qu’une partie sombre d’eux-mêmes cherche la vérité pour se féliciter de l’avoir trouvée, et non pas parce qu’elle est le souffle du Divin.


La connaissance ne peut donc être instrumentalisée aux fins du moi, ou bien elle ne demeure qu’une stratégie fermée, limitée à ses propres buts, entravée par ses propres moyens, et elle conserve, en dernière analyse, toutes les propriétés du mental qu’elle cherche à dépasser: le non s’insurge contre le oui, au lieu de l’accompagner dans l’alternative, la lumière demeure l’opposé de l’obscurité, alors que dans la connaissance, elle la comprend et l’encercle, le Bien semble l’inverse du mal, alors que la connaissance révèle qu’ils sont la même chose sous deux aspects différents, le moi reste séparé du non-moi; alors que la connaissance montre que le moi est le témoin absolu du non-moi, et qu’il ne saurait être différent de lui.

Connaître, c’est donc être, plus profondément que par l’identification, être ce qui nous est étranger. On peut ainsi contenir en soi le monde entier, épouser ses élans, ressentir ses craintes, approuver ses recherches et déplorer ses fautes, sans que ces mouvements entraînent le moindre désordre émotionnel, sans que la colère ou le désespoir ne s’abatte sur le témoin souverain. Mais, étrangement, ce souverain témoin ne semble pas avoir d’identité propre, il voit, il est le voyant, il est l’individu et plus que l’individu, car tout homme n’en dispose pas. Il couronne le mouvement passif vers l’Inconnaissable, soit le retour aux principes premiers.

Mais nulle volonté ne se l’approprie, nul stratagème ne le piège, nulle méthode n’y aboutit, aucune discipline n’est assez parfaite pour l’obtenir. Cet état doit être sanctionné par le Tout, accordé par le Divin. S’il provenait de soi-même, il pourrait être le dernier produit de l’imagination crispée, l’avatar d’une volonté se boursouflant, un ultime parti pris que le moi s’accorderait, par vanité, orgueil ou désinvolture.

Tandis que l’illumination, justement parce qu’on n’en connaît ni le jour ni l’heure, provient bien de l’univers qui décide enfin de nous libérer de la pensée. Notre attitude en vient à bout, mais la date ne dépend pas de nous. Même si nous sommes entièrement responsables de ce bien, ce n’est pas nous-mêmes qui le remettons à nous-mêmes, c’est la vie qui nous le décerne, qui tranche, qui aura arbitré les épreuves, les souffrances du parcours, soutenu nos envols, jusqu’à ratifier notre élan, qui était le bon.

En général, peu parviennent jusqu’ici, car le moi n’aura cessé de vouloir soumettre la totalité à son entreprise, et il se sera découragé en cours de route. Ceux qui parviennent au bout, à la déchirure de la pensée, qui révèle un moi en retrait d’elle, et foncièrement indépendant des contenus psychologiques, le font par amour. L’amour de ce qui est plus grand qu’eux les aura menés à la vastitude, la connaissance sans objet, l’esprit libre de toute détermination contingente, le Brahman.

Nul ne peut être propriétaire de la connaissance, mais c’est elle au contraire qui possède le moi, le relie sans difficulté à tous les cercles de l’existence. L’éveillé absorbe les offenses et ne se laisse pas prendre aux flatteries, il accepte l’échec avec une certaine ferveur, et le remercie de lui montrer ses limites, il se méfie de la réussite si elle produit une exaltation impure, ressuscite la vanité, aiguise la volonté de puissance.


La connaissance réintègre le sujet dans le Tout, et c’est peine perdue de lui demander autre chose. Elle ne peut pas être un faire-valoir, ni un marchepied pour se différencier des autres, et permettre de pavoiser en terrain conquis. Elle ne peut se limiter à un savoir-faire qui permettait d’éviter les erreurs courantes et de se faufiler dans de plus justes comportements. Elle n’est pas le résultat d’une ruse qui se voudrait exhaustive pour remonter jusqu’à Dieu et le posséder parce qu’on l’aura voulu.

Autant dire que la connaissance pousse au dépouillement de soi, ou bien qu’elle s’égare, ou bien qu’elle cesse. Elle n’a aucune raison de se manifester tant que le moi n’a pas mis dans l’Esprit toute son activité, tout en renonçant à des attentes, tout en sacrifiant le fruit de son sacrifice. Le moi résulte d’un long labeur. Il est rapide par rapport à la terre, minuscule par rapport au Divin. Le temps que l’univers réponde à son aspiration, le chercheur aura eu l’occasion d’abandonner sa quête ou de la relâcher, tant les résultats se font attendre.

Ce point n’est pas assez défini dans les doctrines spirituelles, et il est même entièrement perverti. Les écrits laissent même entendre que le produit de la consécration est aléatoire, ou reporté à la prochaine existence, ou que seule l’âme en bénéficiera en jouissant d’un ciel supérieur. Mais le pire de laisser ce point dans l’ombre, c’est que des mouvements droits finissent par douter d’eux-mêmes, sous prétexte qu’il ne se passe pas assez de choses, tandis que le mental continue sa sarabande en dépit des dispositions prises.

C’est donc une précaution nécessaire d’établir que l’illumination tarde, même si son approche est parfaite, et d’affirmer que la vie spirituelle doit être nourrie en dépit de ce manque, telle une consécration se suffisant à elle-même. Alors il devient possible de supporter l’acharnement de l’ignorance sur soi, sans pour autant s’habituer outre mesure au manque de la vérité, qui ralentirait la démarche. Il est même possible de se consacrer par pur instinct du meilleur, et faire de chaque jour une offrande, indépendamment de tout résultat.

C’est une voie qui combine une certaine ouverture du cœur à une ascèse intellectuelle rigoureuse, dont certains champs sont même froids, puisqu’il faut savoir s’examiner soi-même sans aucune complaisance émotionnelle ou mentale, qui viendrait pervertir le regard objectif. Quand le cœur reste ouvert tandis que le soi se dérobe, n’importe quelle journée porte néanmoins en elle-même son propre mode de révélation, fournit quelques indices furtifs, et provoque quelques satisfactions qui servent la plénitude de l’être.

Et les découvertes contrebalancent l’amertume qui peut survenir de se rendre compte que le Tao ne s’est pas encore manifesté dans sa dimension primordiale, que le Brahman ne s’est pas installé définitivement; que le silence mental rechigne à s’établir.

Dans ce sens-là, subordonner le cœur à la quête du feu sublime qui brûle toute pensée, le mouvement est relativement facile et opératif. À la sécheresse du retour permanent de la pensée sur elle-même, pour en finir avec les projections, s’ajoute un goût de l’existence qui en reconnaît les aspects ludiques et libres, la saveur inconditionnelle, et le moi peut donc mener ses investigations profondes vers l’intérieur, sans se sentir coupé de la vie, ou en lutte avec elle. Au contraire, si l’on s’élance en avant, sous prétexte de vivre dans le cœur et l’amour, et qu’on s’imagine pouvoir assujettir à cette poussée le discernement, on restera dans des eaux plus troubles, on n’atteindra jamais la distance nécessaire et le recul adéquat pour se soustraire, en tant que témoin, de toutes les identifications extérieures, des attentes de l’Idéal, souvent naïves et convenues, et de toutes les aversions, dont il faut aussi par principe se libérer.

Dans ce sens-là, où la priorité cordiale prédomine, le chemin semble plus agréable, les remises en question sont finalement moins profondes, et l’illusion de faire des progrès prévaut. En effet, le cœur, parce qu’il participe facilement à l’existence et à la vie, peut reconnaître ses propres mouvements, les améliorer, et même en jouir dans une satisfaction assez pure. On appelle cela l’Amour, bien que ce terme désigne aussi des formes dérivées de ce qu’il est réellement, mais l’Amour ne résout pas toutes les dualités. Il s’oppose à ce qui n’est pas lui, alors que le Brahman ne peut s’opposer à rien, car il contient tout, le vide comme la matière, l’existence comme la non-existence. Il est donc préférable de subordonner la voie du cœur à celle de la connaissance, que faire l’inverse, mais, comme d’habitude, c’est le chemin facile que les êtres humains préfèrent, et l’on voit donc de trop nombreux pèlerins choisir avec fougue la voie de l’amour, qui, pourtant, ne les mènera pas aussi loin que ce qu’ils souhaitent.

Car sur cette voie, on peut devenir encore plus sensible au mal, moins le tolérer, tout en étant abattu à son spectacle. C’est d’ailleurs l’intention du Mal de blesser toujours plus profondément les partisans de l’amour, et de réduire à néant leurs prérogatives. Au contraire, quand la voie de la connaissance prime, le moi apprend à voir dans l’univers un système qui le dépasse, un monde qui n’est pas fait pour obéir aux règles humaines, et dans cette reconnaissance d’une réalité exhaustive qui échappe aux sentiments humains et à leur approbation, une intelligence beaucoup plus profonde se manifeste. On ne peut guère la nommer, la circonscrire, la définir.

Elle voit la nécessité des choses, que cela dérange ou non. Elle ne ferme pas les yeux sur ce qui semble incompréhensible ou intolérable. Elle en cherche les causes profondes, inlassablement, et tombe donc sur les agents divers qui font de la Manifestation une lutte, un conflit, une guerre, et non un monde d’accords et d’harmonie. Pour autant, elle ne se soumet pas à l’ordre obscur du monde, car elle y voit, projetés et mélangés, des principes, qui, avant leur matérialisation, possèdent leur vérité, leur éclat, leur couleur, leur lumière.


C’est là que la voie de la connaissance commence à posséder le chercheur plus qu’il ne la possède. Il n’a même plus à se demander où orienter son esprit pour apprendre davantage, démystifier plus, rectifier mieux. Chaque moment devient signe de piste, appelle une intelligence supérieure à traiter un événement banal ou commenter un aphorisme; tout devenant le jeu d’un moi qui apprend à devenir le tout. Qu’il s’agisse d’observer ses propres défauts, de prendre en flagrant délit les réactions, de voir des systèmes privilégiés de projection, ou qu’il s’agisse de se laisser pénétrer par le discours des autres et y trouver du sens, le moi s’élargit et accepte.

Il accepte d’être imparfait, autant que le monde lui-même, et il lui semble alors inopportun de lutter contre le mal extérieur avant de l’avoir éradiqué en soi, sous ses formes multiples.

Ce mouvement n’est pas forcément compris en profondeur par tous ceux qui prétendent mener une vie spirituelle. Trop préoccupés du scandale du monde, s’acharnant à améliorer les choses contingentes, ils gaspillent une part d’énergie dans des séries d’action exemplaires, qui, cependant, les empêchent de faire un retour sur soi suffisamment lucide pour qu’ils entament une transformation.

Le danger de la voie de l’Amour est donc que l’intérêt porté au non-moi l’emporte sur celui que l’on porte à soi-même, tandis que l’on convient un petit trop facilement des propriétés de sa propre identité. Cette voie donne le change, car rien n’est plus facile que modeler des actions, de les perfectionner, et d’y augmenter sa compétence. Dans la voie de la connaissance, au contraire, le moi rencontre plus de difficultés au départ, parce qu’il a perdu l’illusion de changer les choses de son propre chef. Il attend, en quelque sorte, non pas une continuité constructive de sa démarche, mais des prises de conscience nouvelles, qui permettent plutôt des changements radicaux de la perception des choses et de soi-même, que des prolongements, améliorés, du déjà connu.

Pourtant, notre propos n’est pas d’établir que la connaissance est supérieure à l’amour, puisque, finalement, dans l’avenir, ces voies se rejoindront beaucoup plus facilement. Le changement d’atmosphère terrestre va permettre de combler un certain fossé entre ces deux voies. Jusqu’ici, le jnanin est profond, en retrait, se méfie de ses propres mouvements, doute d’agir par amour quand l’idéal le meut, de crainte de se fourvoyer dans une entreprise extérieure. Il plonge vers le dedans, se consacre à découvrir une autre réalité, le Brahman, qui, au-dessus du bien et du mal, et même au-dessus de la Manifestation, ne se laisse pas berner par les élans provisoires du moi obnubilé par l’amour, qui exerce une part de fascination sur des éléments archaïques de la personnalité, rêvant de fusion tautologique.

Jusqu’ici, le partisan de la voie du cœur cherche à se donner, sans restriction, à toutes les actions que son Idéal exige. Il s’identifie en quelque sorte de mieux en mieux, opère quelques retours sur lui-même, pressent la saveur de l’évolution spirituelle dans ses actes et ses élans. Mais il croit encore à la réalité de la durée. Il l’investit d’un haut pouvoir de transformation, d’une certaine manière il la courtise même, en cultivant quelques préférences sur la manière dont elle doit se présenter. Au contraire le jnanin, rompu aux méditations profondes, voit du provisoire partout, se laisse moins impressionner par les œuvres, et rêve secrètement du Brahman, de son aspect intemporel, unique, transcendant, qui absorbe parfois la durée elle-même et n’en fait qu’une forme éphémère de l’Éternel présent.

Dans l’avenir, le jnanin aimera la terre, car toute son atmosphère, transfigurée, inspirera d’elle-même, même au chercheur concentré sur lui-même, un amour authentique. Dans l’avenir, le partisan du Cœur aura besoin de plonger davantage en lui-même, hors contexte, hors actions, hors relations, pour se comprendre plus profondément, quitte à abandonner, parfois, ce sentiment d’adhérence à la vie qui soutient sa démarche. Le fait est que chacun doit suivre sa propre voie, mais si, sous prétexte de la choisir, le moi oublie certaines caractéristiques de la voie universelle, son entreprise échoue en partie.

Si le yoga est «l’habileté dans les œuvres», une réflexion permanente et changeante sur l’itinéraire qu’on poursuit est nécessaire pour s’adapter d’une part à la souplesse des événements, qui présentent toutes sortes de miroirs pour la personnalité, et d’autre part à la vitesse du temps.


Nous ne tiendrions pas à évoquer une fois de plus la voie spirituelle, si nous n’étions profondément touché par les échecs qui la caractérisent le plus souvent. Beaucoup d’êtres humains ont compris le paradigme général, il s’agit bien de toucher quelque chose qui est hors de soi au départ — le Brahman —, mais dans leur application, ils demeurent soit trop centrés sur leur personne, soit trop projetés en avant, vers le non-moi et toutes ses classes d’objets, des plus matériels aux plus abstraits, des plus préhensibles aux plus informels.

Bien que l’équilibre soit différent pour chacun, que certains puissent sans se perdre absorber le non-moi dans une compréhension profonde tandis que d’autres peuvent sans perdre de vue le Tout se donner en quelque sorte la priorité de façon permanente, il s’agit là de cas plutôt extrêmes. Qu’une concentration presque absolue puisse apporter la délivrance au moi qui se moque par ailleurs du décor qui l’entoure, cela a dû se produire, mais devient de moins en moins le chemin sur la Terre, puisque celle-ci se charge d’énergie et de conscience divine, et qu’elle requiert donc une attention qui n’a pas à entrer en conflit avec la quête du moi.


Quelques personnes parviennent également par un abandon extrême à la réalité transcendante, à de hautes réalisations sans que la question de leur identité se soit vraiment posée, mais elles aussi, comme leurs opposés, représentent une minorité.

Pour ceux qui veulent avancer en combinant les deux approches, ce qui est finalement la voie la plus naturelle, où l’on ne rejette rien par principe, ni les contraintes de la réalité extérieure, ni les exigences de l’intégrité intérieure face au monde décevant des institutions, la question de l’équilibre se pose donc avec une acuité surprenante.

Car certains manquent l’éveil pour ne pas avoir été assez curieux du réel, — il semble qu’ils aient su ouvrir les yeux sur eux-mêmes sans pour autant s’éveiller de manière exhaustive au non-moi —, comme d’autres le manquent parce qu’ils n’ont pas assez creusé vers leur propre secret, leur identité intrinsèque, se contentant, finalement, «d’appartenances» supérieures, capables de leur donner le change sur le champ de leur propre expérience. Parce que tout ce que nous savons n’est pas nous-mêmes, tandis qu’une grande partie de ce que nous comprenons sert seulement de voile sur le bateau de notre existence.

C’est grâce à ce que nous avons compris que nous prenons position, et plus notre vision des maîtres ou de l’Idéal divin est claire, plus nous avançons promptement en sachant utiliser les vents qui se présentent. La voile du «mental conscient» repère les obstacles, saisit les opportunités, s’ouvre sans cesse. Mais l’identité est encore plus profonde, et elle n’est donc pas contenue dans nos plus puissants mouvements vers Dieu, il s’agit là de trajets seulement, ni dans aucune de nos appartenances. Servir sans servilité un maître vivant ou le Seigneur, peut nous rendre meilleur, cela est incontestable, mais l’identité, c’est la question suprême, que le moi se pose à lui-même. Les lumières intellectuelles que l’on peut s’approprier sur ce thème ne font que faciliter le travail, elles ne l’accomplissent point.

Savoir que le Soi est un océan tranquille que l’on absorbe autant qu’il nous absorbe en nous reliant pleinement à la totalité spirituelle, ce n’est pas ce qui provoque l’illumination; savoir qu’au fond de nous, c’est peut-être l’être psychique qui constitue l’identité la plus réelle, ce n’est qu’une préparation qui justifie le travail incessant de la quête, et rien d’autre. Il est même facile de se tromper et d’appeler âme quelque partie intermédiaire qui surgit parfois avec une lumière inhabituelle.

Les représentations transcendantales n’ont donc, par définition, pas plus de pouvoir que les panneaux indicateurs qui guident les itinéraires routiers. Finalement, le moi apprend seulement qu’il navigue entre les nombres, les guna par exemple, ou entre des énergies — mental, vital, physique —, ou même entre des corps qui le composent, mais jamais ces renseignements ne peuvent servir au-delà de ce qu’ils procurent vraiment, la conviction d’un ordre supérieur à découvrir, encore latent, révélé par un engagement absolu vis-à-vis du Réel, avec ces deux composantes majeures entrelacées, le moi et son identité mystérieuse, à dévoiler, le non-moi et ses catégories énigmatiques, la vie, le soi, le Divin.


Sommaire

1 Transformer le champ psychologique


2 L’énigme du Supramental

3 Les polarités inconscientes

4 La représentation du Supramental

5 Les lois de l’évolution

6 La préparation au Supramental


7 Les dangers de nommer la voie

8 Esquisse d’une théorie d’ensemble

Source : http://www.supramental.fr/

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