Parasha de la semaine TORAH

 » Et j’apparus  » Si ton coeur ne réfléchit plus, ton esprit s’égare – Vaera

UNE LOI, CHAQUE SEMAINE

vaeraParacha «Vaéra»  – « Je me suis montré »

Shabbat du 28 décembre 2013

La Parasha est l’unité de division hebdomadaire de la Torah

Quelle que soit notre appartenance dans le judaïsme, il est indispensable de connaître, respecter et aimer les autres.

L’Eternel dit à Moïse: « Dis à Aaron de prendre ton bâton et de l’étendre sur les eaux de l’Egypte . . .  » (Exode 7. 19)

Pharaon a pleinement conscience qu’il n’est qu’un être humain, mais parce qu’il ne s’impose pas la réflexion, il tombe dans l’absurdité de croire que « Le Nil lui appartient et c’est lui qui l’a créé ! ».

Pharaon a refusé d’obéir à l’ordre de Dieu transmis par Moïse et de laisser partir les Hébreux et l’Eternel se voit obligé de le punir, lui et son peuple, en envoyant sur l’Egypte dix plaies qui, seules, arriveront à bout de l’obstination du souverain. Moïse, accompagné par Aaron, sera chargé d’annoncer à Pharaon chaque nouveau malheur qui va s’abattre sur celui-ci, et aussi d’en appeler l’exécution.

Son bâton devra donner le signal de l’accomplissement de chaque plaie.

Avant d’envoyer la première plaie, l’Eternel s’adresse à Moïse et lui demande de charger Aaron d’étendre son bâton sur les eaux du Nil pour que celles-ci se changent en sang.

On peut se demander pourquoi cette mission n’a pas été confiée à Moïse lui-même ? Qu’avait-il donc besoin d’être remplacé par son frère dans cette tâche ?

Nos Sages déjà se sont posés la question et ils nous fournissent la réponse à leur interrogation.

Ils nous font remarquer que Moïse était uni au Nil par des liens très intimes; c’est sur le Nil qu’il fut exposé dans un panier en osier dès sa naissance, c’est le Nil qui l’a abrité au milieu de ses roseaux jusqu’au moment où la fille de Pharaon l’a recueilli.

C’est le Nil qui lui a sauvé la vie et Moïse, de ce fait, avait une immense dette de reconnaissance envers ce fleuve.

II ne pouvait, de gaieté de cœur, être la cause d’une plaie qui allait frapper, avant tout, les eaux de ce fleuve en les transformant en sang. II ne se sentait pas en état, lui, d’étendre son bâton sur le Nil pour le punir, étant donné les sentiments de gratitude que contenait son cœur envers son bienfaiteur.

Aussi l’Eternel, comprenant parfaitement et encourageant même les sentiments de Moïse, n’a-t-il pas voulu poser à celui ci un problème de conscience et a-t-il chargé Aaron d’exécuter un ordre qui aurait trop pesé à son frère.

Si, vis-à-vis d’objets inanimés qui ne peuvent ni souffrir ni éprouver aucun sentiment, il nous faut agir avec délicatesse, combien plus devons nous nous conduire avec cœur envers des êtres de chair et de sang qui, eux, pourraient être affectés par notre comportement.

Combien plus, en particulier, devons-nous savoir leur manifester notre gratitude pour les services qu’ils nous ont rendus. (http://www.lamed.fr/)

Les enjeux de la paracha Vaera

plaiesLa parachat Vaéra décrit les sept premières des Dix Plaies, les cataclysmes que D.ieu mis en œuvre pour montrer aux Juifs, aux Égyptiens et au monde entier que Lui seul est le maître de la création et de toutes les forces qui s’y trouvent.

Dans ce contexte, le terme Vaéra (« et J’apparus ») s’applique adéquatement à tout le contenu de la paracha : D.ieu « cesse de se cacher », pour ainsi dire, et manifeste Son pouvoir surnaturel et miraculeux aux yeux de toute l’humanité.

Rappelons toutefois que les mots qui ouvrent cette paracha font partie de la réponse à la question accusatrice de Moïse à la fin de la paracha précédente : « Ô D.ieu, pourquoi as-Tu maltraité ce peuple ? »

Bien que nous ayons vu que, dans une perspective élargie de l’histoire, Moïse ne remit pas en question la justice de D.ieu par ces paroles, le contexte implique que c’est bien ce qu’il fit. Et dans ce contexte, les premiers mots la paracha constituent la réprimande que D.ieu adresse à Moïse. D.ieu reproche à Moïse d’avoir mis Sa justice en question. C’est certainement intéressant, mais cela doit également être utile : la Torah n’aurait en effet pas relevé un incident qui semble rejaillir de manière aussi désobligeante à l’égard de Moïse s’il ne contenait pas une leçon pour nous.

Cette leçon émerge lorsque nous considérons le contexte de la question de Moïse. Moïse fut élevé dans la maison d’Amram, le plus illustre Juif de sa génération, le fils aîné de Kehath, second fils de Lévi, dont la tribu se consacra avec abnégation à préserver les enseignements et les traditions héritées des Patriarches. Aussi Moïse avait-il très certainement été bien édifié dans sa jeunesse au sujet des Patriarches et des Matriarches et de leur foi totale et inconditionnelle en D.ieu, qu’ils conservèrent même lorsqu’elle fut durement mise à l’épreuve.

Mais il savait aussi que D.ieu est censé être bon et miséricordieux, que les Juifs sont Son peuple élu et que leur insoutenable souffrance avait dépassé toute justification rationnelle. C’est pourquoi, en toute sincérité, il s’écria et plaida : « Ô D.ieu, pourquoi as-Tu maltraité ce peuple ?! »

Le fait que D.ieu immortalisa cette protestation en l’inscrivant dans la Torah implique que l’erreur de Moïse ne fut pas de se plaindre contre D.ieu en soi, mais plutôt autre chose.

D.ieu dit à Moïse ce qu’était cette « autre chose » en commençant Son reproche par les mots : « Je suis D.ieu, et Je suis apparu » ou littéralement « Et J’ai été vu ».

Bien sûr, il est impossible de voir D.ieu, car D.ieu ne possède pas de forme physique qui puisse être captée par notre sens de la vision. Mais en énonçant Sa révélation en ces termes, D.ieu signifie qu’il est possible d’être aussi certain de Sa réalité qu’on peut l’être de ce que l’on voit de ses propres yeux.

Le fait de voir quelque chose a un profond impact sur nous : nous croyons en la vérité de ce que nous avons vu. Pour cette raison, quelqu’un qui assiste à un incident qui est ensuite porté devant une cour de justice ne peut pas être celui qui jugera ce cas. Sa mémoire de ce qu’il a vu le rend en effet imperméable aux arguments des parties, qui n’auront pas d’influence sur sa version des événements.1 (En revanche, quand on entend seulement quelque chose de quelqu’un, un tiers peut contester la véracité de ce que nous avons entendu, voire réussir à nous faire changer d’optique.)

Ainsi, D.ieu dit-Il à Moïse : « Bien sûr, tu crois en Moi. Tu as absorbé les enseignements de ta famille et tu ne doutes pas de Moi. Mais tu dois nourrir ta foi encore davantage, jusqu’à ce qu’elle soit si concrète que tu Me voies pour ainsi dire dans la création, que tu sois si sûr de Ma réalité que rien ne puisse en ébranler ta conviction. Alors, tu ne seras plus troublé par les contradictions entre ta foi et ce qu’affirme ta raison. »

Oui, D.ieu désire que nous utilisions nos capacités intellectuelles dans notre rapport avec le monde et avec Lui.

Et quand cet intellect affirme que quelque chose ne va pas dans la façon dont D.ieu dirige le monde, nous ne devons pas occulter la vérité telle que nous la voyons. Nous devons nous exclamer vers D.ieu : « Pourquoi as-Tu maltraité ce peuple ? Pourquoi nous laisses-Tu souffrir ? Ne sommes-nous pas Ton peuple élu, Ton aîné ? Où est ta compassion ? Où est ta justice ? »

Mais en même temps, ces questions ne peuvent et ne doivent pas porter la moindre atteinte à notre foi absolue et inébranlable en la réalité et la bonté de D.ieu. Plus précisément, elles ne doivent nullement interférer dans l’accomplissement de toutes nos obligations dans la mise en œuvre de la volonté divine et de notre mission sur terre. Notre plainte, ardente et angoissée, et les accusations que nous lançons à D.ieu doivent coexister avec notre empressement enthousiaste à accomplir Sa volonté et notre profonde gratitude pour avoir la possibilité de l’accomplir.

Il est donc significatif que cette paracha, tout au long de laquelle le peuple juif est plongé dans les profondeurs de l’exil égyptien, s’intitule Vaéra, « J’ai été vu ».

La leçon que nous devons en tirer est que nous devons simultanément refuser obstinément de nous résoudre à passer ne serait-ce qu’une minute de plus en exil, tout en refusant obstinément de permettre au fait que nous sommes – pour l’instant – en exil d’interférer avec ce que nous avons à accomplir dans l’instant présent.

D’où devons-nous alors tirer la force de croire en D.ieu si profondément que nous le voyons littéralement, même dans les plus sombres moments de l’exil ? D.ieu répond à cette question à travers ces paroles : « Je suis apparu à Abraham, Isaac et Jacob. » Les Patriarches possédaient cette foi inébranlable et, étant leur descendance, nous en avons hérité. Selon les lois d’héritage de la Torah, l’héritier n’a pas besoin de posséder quelque qualité particulière pour pouvoir hériter. Il hérite pleinement et entièrement par le simple fait qu’il est l’héritier.

Notre foi absolue et infinie en D.ieu est l’héritage dont nous devons nous prévaloir.

Tout ce que nous avons à faire est de la nourrir – « faire pâturer la foi »2 – et, nous aussi, nous « verrons » D.ieu. Cette foi nous permettra de passer les derniers moments de notre exil en espérant et exigeant sa fin, tout en optimisant notre utilisation des moments restants. Par ce mérite, nous serons témoins de l’accomplissement de la promesse divine : « La gloire de D.ieu sera révélée et toute chair la verra ensemble »3 avec la Rédemption finale amenée par le Machia’h.4

NOTES
1. Talmud Roch Hachana 26a.
2. Psaumes 37,3.
3. Isaïe 40,5.
4. Hitvaadouyot 5743, vol. 2, pp. 823-830.

Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch – http://www.fr.chabad.org/

La racine et le fruit – L´histoire d´un peuple- Paracha Vaera 2013

par le Rav Dynovisz : http://www.ravdynovisz.tv/video.php?video_id=29372

 

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