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Divulgation Cosmique S12: Ep.28 – Culture, us et coutumes d’un monde lointain

Bonjour, ici Jay Weidner, dans Divulgation Cosmique, de retour avec Jason Rice.

Ca va Jason?

Jason Rice: Génial, Jay, ravi d’être ici.

Jay Weidner: Oui, on va aborder des questions intéressantes. J’aimerais savoir… Commençons par Planète Un, la première où vous êtes allé. Quelles sont les coutumes sociales sur la planète, entre les sexes, et entre les gens? Sont-elles similaires aux nôtres? Ou différentes?

Jason Rice: La structure sociale des régions où les gens se trouvaient, comme il n’y avait pas de ,gouvernement planétaire unique à notre arrivée, chaque région respective avait ses propres coutumes et ses propres systèmes de croyances et de gouvernance. Donc, les régions que je connaissais, leur manière de gouverner se basait sur un système clanique de corporation. Cela signifie que pour chaque métier différent qu’ils avaient, ces métiers se succédaient dans la position de dirigeant, en gros, de telle ville ou de telle région. Et ce que ça permettait, c’était de partager cette responsabilité entre les différents groupes.

Donc, ce qu’on avait, c’était un équilibre naturel où un métier ou une corporation ne pouvait pas tenter de tirer profit du fait d’être au pouvoir. Car après moins de l’équivalent d’un an, quelqu’un d’autre y sera. Et ça leur permettait de partager équitablement ce qu’il y avait de mieux pour la communauté. Et ça fonctionnait très bien dans les régions où on était. Donc, du point de vue du contrôle et de la gouvernance, c’était une position alternante qu’ils avaient établie, en fait.

Maintenant, dans la structure sociale, chaque famille restait généralement au sein du même métier, de la même corporation. Et ce qu’on finit par avoir, c’est une famille qui… et une autre chose : les familles, quand elles se rapprochaient par un lien, ce qu’on considérait comme un mariage, ils ne l’appelaient pas comme ça, le couple emménageait avec la famille de la mariée. Ils avaient donc des enceintes où il y avait une association multigénérationnelle. Les gens avaient leurs espaces privés, mais ils étaient tous là. Ils avaient un espace là-bas pour ces enfants-ci, un espace ici pour ces enfants-là. Et ils les agrandissaient s’il y avait besoin. On se retrouvait avec des groupes multigénérationnels, généralement au sein du même métier ou de la même corporation, qui vivaient sur la même propriété.

Jay Weidner: C’est intéressant qu’ils aillent dans la famille de la mariée.

Jason Rice: C’est ce que je me dis.

Jay Weidner: C’est un matriarcat?

Jason Rice: Pas nécessairement. C’était autant un matriarcat qu’un patriarcat. Donc, je crois que la famille matriarcale aidait à encourager ce partage. car un ne prévalait pas forcément sur l’autre. Car il n’y avait aucun travail ou aucune occupation qui était limitée à un sexe. Et donc les femmes faisaient tout ce que les hommes faisaient. Ca leur permettait donc… d’avoir un meilleur équilibre, si vous voulez.

Jay Weidner: Donc, si on a une corporation avec des trucs lourds, comme les charpentiers et leurs lourdes poutres, elles travailleraient avec les hommes?

Jason Rice: Oui, avec les hommes.

Jay Weidner: Et ils sont humanoïdes?

Jason Rice: Oui, humanoïdes. Ils étaient un peu plus petits que les humanoïdes européens ou occidentaux, probablement comme de la taille des asiatiques, un peu plus petits.

Jay Weidner: Asie du sud est?

Jason Rice: Oui, un peu plus petits. Mais proportionnellement, ils étaient…

Jay Weidner:  Comme nous?

Jason Rice: Oui, comme nous.

Jay Weidner:  Et il y avait deux sexes?

Jason Rice: Oui.

Jay Weidner:  Tombaient-ils amoureux?

Jason Rice: Oui. Et ils avaient aussi une version de ce qu’on appellerait des mariages arrangés. Or, généralement, ce qui vient à l’esprit avec « mariage arrangé », c’est qu’on force quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne veut pas. Mais ce n’était pas le cas, d’après mon expérience sur Planète Un, et en ce que, oui, ils étaient arrangés, car on avait certaines familles qui voulaient améliorer ou enrichir le lien avec une autre famille. Mais au final, les individus avaient un droit de veto. S’ils refusaient, ça n’avait pas lieu.

Jay Weidner:  Donc, si on a une corporation de… je ne sais pas… mécaniciens. Et si la fille, la jeune femme, fait entrer un homme dans la famille, suivant la coutume, est-il aussi mécanicien ou charpentier, ou peu importe la corporation? Ou apprend-il le métier?

Jason Rice: Pas nécessairement. Une partie de leur système éducatif comprend une sorte de garderie où les enfants apprennent de leur propre famille le métier qui les occupe. Mais ce qu’ils font aussi, c’est qu’ils ne passent pas toutes leurs années de formation à apprendre un seul truc. Ils tournent et font plusieurs choses. Ca leur permet de partager leurs responsabilités, de sorte qu’une seule personne n’est pas responsable d’éduquer un enfant. Ca leur a permis d’avoir des enfants qui alternaient différents métiers, et pouvaient donc se concentrer sur ce qu’ils aimaient et ce pourquoi ils étaient doués. Et en apprenant ces choses, ils ont pu découvrir : « J’ignorais que j’étais doué pour la pêche avant d’aller chez Joe. Et devinez quoi? Je suis vraiment doué. »

Jay Weidner:  Le système éducatif consistait à faire passer les enfants par les corporations pour apprendre les différents métiers?

Jason Rice: Oui.

Jay Weidner:  Pigé.

Jason Rice: Oui. Et ça leur donne aussi des remplaçants. En cas de maladie ou de décès, ils avaient des gens formés aux bases des différentes corporations, et pouvaient donc dire : « on a besoin de quelqu’un pour aider à X,Y ou Z. » Ils avaient des gens entièrement formés pour faire n’importe quel métier.

Jay Weidner:  Et le mariage? Avec une cérémonie?

Jason Rice: Il y avait une cérémonie d’union. Ils ne passaient pas signer des documents devant un juge de paix. Il y avait une cérémonie qui marquait l’union des deux familles.

Jay Weidner:  Y avait-il des interactions entre les différents groupes de manière officielle?

Jason Rice: Oui, il y en avait. Il y avait quelques villages isolés qui, à cause de leur taille ou de leur isolement, n’avaient pas un système de réseau social, comme de plus grandes villes ou comme la zone 26. Donc, certains villages isolés comptaient quatre ou cinq familles, au lieu de 400 ou 500, voire 1000 familles. Et ils avaient donc un partage de ressources où ils emmenaient leurs biens et services à la grande ville, pour les échanger contre des provisions et des matériaux, ou peu importe ce qu’ils ne pouvaient faire, fabriquer, ou produire eux-mêmes. Sur Planète Un, ils n’avaient eu aucun conflit ou guerre depuis des générations. Il y avait un endroit sur la planète où l’on fabriquait toujours des armes, plus pour les loisirs qu’autre chose.

Jay Weidner:  Y avait-il des hôpitaux ou un personnel médical pour les gens? Ou se soignent-ils eux-mêmes?

Jason Rice: Il y avait une corporation de type chaman qui était chargée de faire pousser des herbes, des épices, des choses dont ils ont besoin à des fins médicales. Les grandes villes avaient donc ces corporations en particulier, réparties dans des endroits clés, pour que les gens profitent au mieux de ces compétences.

Jay Weidner:  Pour un bras cassé, où iriez-vous?

Jason Rice: On va à l’équivalent d’un centre médical de quartier. Vu que les familles vivaient sur le même ensemble où ils avaient leur entreprise, leurs corporations et leurs métiers. Elles allaient voir le métier qui était le métier médical.

Jay Weidner: OK. Avaient-ils des livres?

Jason Rice: Ils avaient des livres. Ils avaient leur propre langue écrite, leurs arts avancés. En fait, partout dans la ville, la zone 26, il y avait de l’art. Car la ville était construite avec un système très important de canaux semblable à ce qu’on voit aux Pays-Bas actuellement, où ils avaient une combinaison de petites routes assez larges pour y pousser un chariot et y marcher. Et à coté il y avait un canal. Donc, les cargaisons plus grandes, plus volumineuses, de biens et de matériaux passaient par les canaux, car c’était plus facile à déplacer par bateau.

Jay Weidner: Ont-ils des animaux de trait?

Jason Rice: Non.

Jay Weidner: Aucun?

Jason Rice: Aucun.

Jay Weidner: Comment les chariots se meuvent-ils?

Jason Rice: Ils les poussent.

Jay Weidner: Ah oui. Les technologies sont donc rudimentaires sur cette planète.

Jason Rice: Oui, exception faite des sources lumineuses artificielles. Mais oui, ils s’intéressaient plus à leurs activités quotidiennes qu’à faire progresser ou améliorer leurs technologies.

Jay Weidner: Comment s’amusent-ils?

Jason Rice: Ils avaient des jeux auxquels ils jouaient, un équivalent du foot avec une canette, ou jeter un ballon dans un arceau ou même quelque chose de très semblable aux dames, étrangement. Donc en fait, tout, depuis les chansons jusqu’aux instruments de musique.

Jay Weidner: Quels instruments?

Jason Rice: L’un d’eux était très similaire à un luth.

Un autre à un tambour.

je ne crois pas qu’il y ait une civilisation qui n’ait pas de tambour. Ils avaient les leurs.

Jay Weidner: Etaient-ils bons? leurs musiciens étaient-ils très doués?

Jason Rice: Ceux que j’ai entendu, oui, les corporations développées et avancées, qu’ils avaient… ils étudiaient, pratiquaient et faisaient tout dans le domaine de l’art. Certaines corporations se consacraient à la musique.

Jay Weidner: Si je nais au sein de la corporation des charpentiers, mais que je veux jouer du luth, suis-je coincé chez les charpentiers ou puis-je changer de groupe?

Jason Rice: Non. Il y avait certains cas où ce genre d’interaction était autorisée. Si la famille n’était pas capable  de se passer de ces bras supplémentaires,, ils se mettaient à la recherche d’un remplaçant. Et c’est généralement là où les relations arrangées entrent en jeu.

Jay Weidner: Je vois. je comprend.

Jason Rice: Ce n’était pas un « Non, tu ne peux pas le faire, car on a besoin de toi à la ferme. » C’était plus « Ok, bon… » Ils tentent de trouver une solution ensemble, pour savoir comment y parvenir. Car leur culture comprenait la quête de compétences individuelles tout en faisant ce qu’ils aimaient.

Jay Weidner: Y avait-il des confrontations entre les différents types de personnes? Des rivalités entre clans?

Jason Rice: La dernière fois que quelque chose comme ça était arrivé, c’était trois générations avant notre arrivée. Ils avaient vécu en paix et de manière coopérative pendant longtemps, avant qu’on arrive, avant l’invasion.

Jay Weidner: Des forces de l’ordre, des prisons, des tribunaux, des magistrats, des avocats?

Jason Rice: Rien de toutes ces bêtises.

Jay Weidner: Mais si je viole la loi, que se passe-t-il?

Jason Rice: Les gens qui violent la loi… les conséquences de ça étaient une décision de groupe du conseil de gouvernance, si vous voulez. Chacun des syndicats ou des clans, des corporations, avaient des représentants. Chaque corporation était un microcosme de la ville. Dans chaque corporation, on a des fonctions dirigeantes en rotation. On a donc un conseil de gouvernance, si on veut, de chaque corporation. Et il se réunit avec d’autres conseils de gouvernance. Et donc si quelqu’un viole la loi ou… le vol n’av pas lieu d’être. Car si on avait besoin d’une chose, on faisait quelque chose qu’on savait fabriquer. Puis on trouvait quelqu’un qui était disposé à l’échanger.

Jay Weidner: Et les crimes passionnels?

Jason Rice: Il y en a eu. Je ne pense pas qu’il y en ait eu pendant qu’on y était. Ca a changé quand la guerre a éclaté et a évolué. Et pendant toute la durée de la guerre, ils… quand on est arrivés, ils avaient un alcool, une boisson alcoolisée. C’était comme une sorte de vin fermenté. Quand la guerre s’est terminée, à cause des interactions avec les humains terrestres et les connaissances qu’apportaient ces humains terrestres quand à la distillation et aux fermentations supplémentaires, ils ont fini par en avoir plusieurs types. Car les forces terrestres qui étaient là voulaient que ce soit ainsi. Bien sût, ils s’y sont intéressés, genre : « Oh, une autre boisson alcoolisée. »

Jay Weidner: L’alcoolisme s’est alors développé?

Jason Rice: Quand je suis parti pas du tout, simplement à cause du fait que ça se résume à une simplicité brutale. Ceux qui pouvaient se déplacer et se battre étaient tenus d’aller combattre. Ca ne laisse pas trop de temps pour…

Jay Weidner: Faire la fête.

Jason Rice: … Faire la fête, ou avoir d’autres activités.

Jay Weidner: Y avait-il des problèmes de drogues?

Jason Rice: Non. Cette planète avait son propre équivalent de la marijuana qu’ils utilisaient lors de cérémonies.

Jay Weidner: J’allais y venir. Ont-ils des plantes psychédéliques? Ou dans le genre?

Jason Rice: L’équivalent de la marijuana utilisée sur Planète Un était légèrement hallucinogène. Et son utilisation se limitait aux cérémonies spirituelles. En ce qui concerne d’autres drogues, je ne les ai pas vus en utiliser d’autres. C’était la seule.

Jay Weidner: Avez-vous vu des cérémonies spirituelles?

Jason Rice: J’ai pu assister à une cérémonie d’union. Une fois l’invasion entamée, beaucoup de tout ça s’est effacé, à cause des préparations de nettoyage.

Jay Weidner: Qu’avez-vous appris de votre séjour avec cette autre civilisation, dont on pourrait s’inspirer ici sur Terre, d’après vous? Rien?

Jason Rice: Tout un tas de choses.

Jay Weidner: Comme quoi?

Jason Rice: On a pas besoin de système monétaire.

Jay Weidner: Ils n’ont pas de monnaie?

Jason Rice: Aucune. C’étaient leurs produits, leurs biens et leur temps.

Jay Weidner: Intéressant. Alors ils…

Jason Rice: Les amérindiens non plus, pendant des milliers années. Ils n’avaient pas de système monétaire. les devises sont créées pour organiser et coordonner la distribution et l’utilisation des ressources. C’est la seule raison d’avoir une monnaie. Et si on a une alternative à un système monétaire, alors ce système monétaire est inutile.

Jay Weidner: Juste le troc et le commerce, alors? Ils gouvernaient ainsi?

Jason Rice: Tout à fait.

Jay Weidner: Autre chose qu’ils ont qu’on devrait faire?

Jason Rice: Je pense que l’intégration d’un système de production de geo-énergie dans chaque foyer est aussi une chose fantastique, qui… Bon, je n’aimerais pas qu’ils éliminent leur énergie.

Jay Weidner: Chaque maison sur cette planète avait sa source d’énergie?

Jason Rice: Au moins un immeuble dans chaque enceinte familiale. Oui.

Jay Weidner: Vous dites que c’est une civilisation un peu en retard sur nous, d’une centaine d’années, peut-être.

Jason Rice: Oui.

Jay Weidner: Mais notre électricité était rudimentaire il y a centa ans aux Etats-Unis, mais on ne l’utilisait pas vraiment alors, sauf pour l’éclairage et les radios et tout ça. Pour quoi et comment utilisaient-ils leur système énergétique? Pourquoi ne pas inventer des trucs pour pousser leurs chariots?

Jason Rice: C’est une excellente question. Pourquoi n’ont-ils pas développé une technologie plus poussée, plus avancée? Quand je leur ai posé la question, ils n’en voyaient pas l’utilité. Ils utilisaient l’électricité pour l’éclairage artificiel dans le logement principal de chaque propriété ou enceinte.

A partir de là, ils cuisinaient au feu, ils avaient un truc très similaire à une cuisinière à bois. S’ils devaient cuire quelque chose au four, ce qui arrivait, ils avaient une cocotte qu’ils utilisaient dans la cuisinière à bois. Vous savez, l’aspect extraterrestre de tout ça, c’est qu’ils ne pensent pas comme nous. Pour l »humanité, la technologie c’est : quelle est la prochaine grande invention? Comment peut-on continuer à améliorer et modifier W, Y et Z, pour avoir un meilleur machin? Leur philosophie se fondait sur les activités quotidiennes dans lesquelles ils s’investissaient le plus possible, plutôt que de tenter de les changer.

Jay Weidner: Avez-vous été témoin de toute sorte d’esclavage ou de coercition d’une personne pour travailler gratuitement sur cette planète?

Jason Rice: Sur Planète Un ou Planète Deux, Calidus Trois, non. L’unique expérience que j’ai eue ou quelque chose s’approchait des travaux forcés, c’était sur Planète Trois. Planète Trois était l’unique endroit qui avait un crime organisé. Planète Un ou Planète Deux, Calidus Trois, aucune n’avait de cas ou d’exemples de travaux forcés. Que j’ai pu voir.

Jay Weidner: La célèbre anthropologiste, Margaret Mead, a souligné que chaque fois que la civilisation occidentale, que ce soit des troupes, des docteurs, ou peu importe ce qui entre dans un pays non développé, cette présence, cette seule présence, change cette culture généralement pour le pire. Ca a dû arriver…

Jason Rice: Bien sûr.

Jay Weidner: … Sur ces planètes… Quels ont été les effets de votre arrivée?

Jason Rice: On était pas sur la planète aussi longtemps qu’on l’avait espéré avant que l’invasion ne commence. Le plan opérationnel prévoyait 12 à 18 mois de collecte de renseignements pour se familiariser avec la populations et les opérateurs locaux, nous intégrer dans ces sociétés, pour qu’on puisse développer des relations positives avec eux. Donc, cette période de préparation, on est pas autorisés à la finir, car l’invasion a débuté plus tôt. Les effets à long terme sur ces sociétés ont été absolument dévastateurs. Aucun doute là-dessus.

Jay Weidner: Comment?

Jason Rice: Dans les villes les plus grandes où il y avait déjà des milliers de personnes, on les percevait comme plus ouvert aux alternatives, car ils avaient plus d’exemples culturels. Les petits villages au milieu de nulle part, où il n’y avait que quatre ou cinq familles et dont la vie quotidienne se centrait sur la survie et continuait avec les enfants et les petits enfants. Ils avaient leur propre version de l’art et de son expression. mais c’était différent d’un grand… d’un des plus grands centres urbains. Quels étaient les effets?

Jay Weidner: La guerre a dû avoir un effet important.

Jason Rice: Elle a eu un impact immense sur les gens eux-mêmes. L’exposition à ce type de dévastation, à la destruction et à la mort, change une civilisation. Et ça n’a pas fait exception à la règle. Quand la guerre a éclaté, ce qui s’est passé, c’est qu’on a commencé à faire venir des gens des villages éloignés, car ils étaient totalement en première ligne, primo. Et ils n’avaient pas moyen de se défendre. Et un autre aspect était qu’on avait besoin de l’entière participation de toutes les populations, pour pouvoir établir une défense contre l’invasion. Et à certains égards, la plupart des villages étaient disposés à venir. Je n’ai pas trouvé de villages ouvertement contre. Mais il y avait des villages et des endroits que les gens refusaient de quitter. Ca leur était égal.

Jay Weidner: Avez-vous fait des choses à ces gens que vous regrettez?

Jason Rice: Non.

Jay Weidner: Ah, non? Connaissez-vous des gens qui ont fait des trucs?

Jason Rice: Je dirais que… Laissez-moi rectifier ça. Rétrospectivement, souhaiter d’avoir plus aidé entre dans cette catégorie.

Jay Weidner: Bien sûr.

Jason Rice: En ce que… si je regrette que leur civilisation et leur culture aient dû s’homogénéiser en raison de la guerre? Oui, bien sûr.

Jay Weidner: Quels ont été les effets de cette homogénéisation?

Jason Rice: L’élimination de certaines cultures.

Jay Weidner: Et de compétences aussi.

Jason Rice: Des ensembles de compétences.

Jay Weidner: Avez-vous introduit des technologies avancées alors?

Jason Rice: Sur Planète Un, quand on a laissé ce déploiement, je n’ai pu participer aux efforts de reconstruction de Planète Un après la fin de la guerre. Je ne peux donc pas dire pour celle-là. Pour Planète Deux, et à nouveau, tout au long des guerres, sur Planète Un et Planète Deux, tout le concept étaient qu’on ne voulait pas utiliser nos technologies avancées, pour ne pas les empoisonner, ce qui est devenu une vraie propagande.

Car quand je suis revenu sur Calidus Trois, pour aider à l’effort de reconstruction, pendant les 30 mois et quelques de mon absence, c’est passé de : « Non, on ne veut pas empoisonner leur civilisation avec trop de technologies. » C’est passé de ça à : « A quelle vitesse et à quel point peut-on faire devenir cette civilisation une société allant dans l’espace? » C’était un revirement à 180 degrés. Et je suis convaincu que c’était le but depuis le début, à nouveau en jouant sur : comment forcer chaque personne sur la planète à s’engager et à consentir à tout ce qu’on exige? Et bien, en tuant énormément de gens, et en les forçant, pour survivre, à devoir céder certaines choses.

Et le plan comprenait de limiter la technologie, car ça aurait sauvé plus de vies. Donc le commandement ne voulait pas qu’on utilise ça et a menti tout le temps en disant qu’il ne voulait pas empoisonner la civilisation. Non, en fait, ils voulaient contrôler combien de gens avaient péri. Donc, la guerre finie, quand je suis revenu pour aider à reconstruire, le champ était libre. J’ai aidé à la mise en place d’une de leurs plateformes orbitales, une de leurs premières villes orbitales. On passe donc de cacher et de dissimuler des technologies à : « Aidons-les à se développer aussi vite que possible. » Ce qui détruira, bien sûr, toute société et culture qu’ils avaient.

Jay Weidner: C’était le but?

Jason Rice: Oui.

Jay Weidner: Le but était en fait de détruire leur société.

Jason Rice: Qu’elle devienne un système à un seul gouvernement unique sur lequel on pouvait exercer le contrôle général.

Jay Weidner: Donc, quand vous arriviez sur ces planètes, vous leur apportiez immédiatement tout le futur. Ils n’avaient pas l’opportunité de progresser, comme nous. Tout leur arrivait d’un coup, et ça devait les amoindrir psychologiquement.

Jason Rice: Bien sûr. Soudainement, on a des établissements sordides.

Jay Weidner: La prostitution?

Jason Rice: Oui.

Jay Weidner: Vraiment?

Jason Rice: Oui. Ils avaient progressé à un point où c’était une des activités qui s’étaient développées.

Jay Weidner: Avez-vous vu des organisations familiales inhabituelles sur ces autres planètes?

Jason Rice: Excellente question, Jay. Sur Calidus trois, la structure sociale de chaque famille était qu’on avait entre un et quatre couples qui étaient considérés comme une famille. Ce n’était donc pas comme de la polygamie conventionnelle, qu’on connait. parce que chaque personne et individu était considéré comme égal. Donc, on avait, imaginons trois couples où l’entité mâle du couple un se considérait comme uni, ou, selon nos termes marié, aux individus des couples deux et trois. Ce n’était pas la relation sexuelle, c’était seulement hétérosexuel, mais l’union de ces couples faisait qu’ils considéraient que tous, tous les individus étaient leurs… ce qu’on appelle « mari » ou « femme ». Et donc ça…

Jay Weidner: Quel en serait l’avantage?

Jason Rice: Les avantages que j’ai vus étaient qu’ils pouvaient vraiment prendre… Il faut un village pour élever une famille au niveau supérieur, en ce sens que tous les individus étaient impliqués, même si un seul couple avait des enfants.

Jay Weidner: Pigé, tous les enfants avaient plusieurs parents.

Jason Rice: Oui, plusieurs parents avec plusieurs carrières ou différents degrés de … et c’est ce qu’ils font pour vivre. Donc oui, ils avaient cette structure de soutien.

Jay Weidner: Y a-t-il quelque chose sur Terre qui est tabou, mais accepté par l’une de ces autres cultures, quelque chose qu’on autorise pas mais qui ne les dérange pas?

Jason Rice: Je pense qu’une partie du travail des enfants qu’ils encourageaient et promouvaient. Beaucoup dans le monde occidental le considéreraient… « C’est de cl’esclavage d’enfants. Ne faites pas ça. » Leur culture comprenait le fait de former les enfants. mais ils prenaient soin d’eux. Ils ne les mettaient pas en danger. S’il s’agissait de monter en haut du mât d’un bateau à voile pour y réparer quelque chose, ils n’y envoyaient pas un enfant. Mais c’est peut-être une des choses qui pourrait être méprisée.

Jay Weidner: Mais si on regarde l’Amérique rurale il y a cent ans, je crois…

Jason Rice: Oui.

Jay Weidner: … que ces enfants, aujourd’hui, on dirait que ça épuiserait les enfants.

Jason Rice: Oui.

Jay Weidner: … de six heures du matin à tard dans la nuit, à travailler à la ferme. C’est reconnu. Ca dépend donc de votre culture et d’où elle en est. Dans une culture rurale, on travaillera beaucoup.

Jason Rice: Oui.

Jay Weidner: … Dans une culture urbaine, moins.

Jason Rice: Oui.

Jay Weidner: Ils n’envoyaient jamais leurs enfants à l’école?

Jason Rice: Sur Planète Un, l’école, pour les enfants, était le processus de passage dans les différentes corporations et d’apprentissage des métiers. Ils avaient… des professeurs reconnus, si on veux les appeler ainsi, ceux qui connaissaient la langue écrite et pouvaient lire les langues écrites de leurs ancêtres.

Jay Weidner: C’était des érudits. Et il y avait une université, comme une institution supérieure pour les gens ayant des capacités reconnues pour…

Jason Rice: Non, en fait pas du tout. Toute éducation supérieure venait de la corporation, des érudits, des professeurs. Donc la philosophie, l’histoire ou…

Jay Weidner: L’art.

Jason Rice: … L’art en fait partie, comme une sous-catégorie.

Jay Weidner: Y a-t-il plus d’une langue ou juste une seule?

Jason Rice: Il y avait plus d’une langue. La zone 26 où j’ai passé beaucoup de temps, il y avait des villages isolés relativement près de la zone 26. Pendant la phase de consolidation, les phases d’ouverture de la guerre, on a été redéployés dans des régions arctiques pour tenter d’aider à relocaliser les gens de ces régions vers des positions défendables, pour qu’on puisse les protéger autant que possible. Ils parlaient différentes langues.

Jay Weidner: En dehors de vous, ces gens sur ces planètes savaient-ils qu’il y avait toute une galaxie d’êtres autour d’eux?

Jason Rice: Avant notre arrivée?

Jay Weidner: Oui.

Jason Rice: Non.

Jay Weidner: Ils étaient isolés?

Jason Rice: Isolés avec leurs dieux du soleil, de la lune ou du vent.

Jay Weidner: Que retenez-vous de vos interactions avec ces civilisations? Que voulez-vous qu’on apprenne d’eux?

Jason Rice: Je dirais que la préservation d’une culture demande certaines limites. Et ce n’est pas une mauvaise chose. Si on part du principe qu’on est qu’une pensée dans l’esprit de Dieu, qui est une opportunité pour Dieu, pour vivre lui-même et vivre la vie des si nombreuses manières dont elle existe. Avoir des cultures séparées permet cette expression. Car si vous finissez chaque fois avec la même expérience standard, vous ne vivez pas une expérience variée. Vous vivez la même expérience des milliers de fois, au lieu d’en vivre des milliers. Je dirais, Jay, que je retiens de mon expérience que préserver les cultures uniques peut exiger d’instaurer des limites. Et qu’elles soient physiques ou artificielles, il n’y a pas de mal à ça.

Jay Weidner: Merci Jason d’être venu.

Jason Rice: merci à vous Jay. Vous le savez c’est la divulgation qui compte.

Jay Weidner: Exact. C’était Jay Weidner dans Divulgation Cosmique. Merci d’avoir écouté;

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