Religion et Tradition

Contre l’extrémisme: appel aux spirituels

Sébastien Morgan

L’extrémisme est plus que jamais actif au sein de nos sociétés. Comme une peste, il se répand dans toutes les religions sans distinction, mais également au sein de l’athéisme qui, sous couvert de laïcité, n’hésite pas à partir en croisade contre la spiritualité.
L’extrémisme est un monstre, une créature infâme issue des abîmes les plus sombres. Hier, chrétien, il dressait les bûchers. Athée, il construisait les goulags. Aujourd’hui c’est au sein de l’islam qu’il est le plus spectaculaire.

Sa particularité ? Il est comme les cellules cancéreuses qui détruisent l’organe dont elles sont issues. Sous couvert d’exalter la pensée au sein de laquelle il voit le jour, l’extrémisme dénature cette pensée, la vide de sa substance avant de la retourner contre elle-même dans un processus de destruction et d’annihilation totale.La volonté de normalisation est souvent la marque de l’extrémisme. Elle consiste à édicter des règles aussi rigides qu’absurdes dans le fond, et de condamner quiconque ne s’y conforme pas. Ceux qui édictent ces lois disposent alors d’un levier d’action sur la population se trouvant sous leur coupe. Jouant sur la superstition, la culpabilisation et la peur irrationnelle (de l’Enfer, du Diable, de mal faire,…), les intégristes dictent leurs normes et condamnent ceux qui ne s’y conforment pas. Normes soit disant issues de « lois naturelles », de la « volonté divine » ou de la conformité rationnelle et scientifique.Ainsi, la chasse à l’hérésie et l’Inquisition sont-elles directement responsables de la perte de crédibilité de l’Eglise et du christianisme en général. En instaurant une police de la pensée, une gestapo dogmatique, en inventant le concept d’hérésie, en torturant de pauvres filles innocentes, l’Église a réussi à redonner corps aux monstres que le Christ lui-même avait combattu : le pharisaïsme mortifère, le jugement de l’autre et le patriarcat auquel il est souvent associé. Les premières victimes de l’extrémisme chrétien furent d’autres chrétiens jugés déviants (ariens, gnostiques, cathares, protestants, etc…).

Aujourd’hui, l’esprit d’Inquisition n’est pas mort. On ne dresse peut-être plus de bûchers, mais on continue à juger et à condamner… Il suffit de voir certaines interventions des patriarcats orthodoxes, de certains pasteurs ou prêtres conservateurs ou de lire certains commentaires sur les forums associés à la Manif pour tous pour se rendre compte à quel point cet esprit est toujours vivant, à quel point certains rêvent d’un monde où chaque homme (et surtout chaque femme) serait enfermé dans une case pré-définie. Et tout cela contribue à détruire et à défigurer chaque jour un peu plus le christianisme que ces gens disent pourtant défendre.

Dans l’islam, l’extrémisme s’en donne à cœur joie, attaquant les chrétiens qui sont l’objet d’un véritable génocide en Orient, mais s’en prenant également majoritairement aux autres musulmans et à l’islam. En tant que chrétien, j’abomine l’esprit d’Inquisition qui me semble aux antipodes de l’élévation spirituelle et de la régénération individuelle prônée par le Christ. J’imagine que tout véritable soufi, vivant ontologiquement l’Amour de Dieu, ne peut que considérer avec la même répulsion le terrorisme et l’esclavage de la femme prônée par les barbus.

On pourrait aussi s’étendre sur les formes d’extrémisme judaïque allant à l’encontre de l’esprit d’universalité et d’ouverture présents dans l’âme juive, et parler également des manifestations d’ombre dans certains courants bouddhistes ou hindouistes.

Que faut-il en conclure ? Que chaque religion possède sa part d’ombre, sa part maléfique ? Ou bien que chaque religion est comme chaque individu qui, dans son parcours spirituel, lutte avec lui-même pour faire éclore l’image divine qui est en lui. Image devant mener à la ressemblance avec Dieu et transformer chaque être en source d’Amour et de Compassion. Les résistances intérieures à cette transformation font partie du processus devant mener à la transfiguration. Elles sont les innombrables blessures et déterminismes bloquant, tels de gigantesques barrages, la libre circulation de l’Eau Vive et du Souffle de l’Esprit.

Ce sont ces barrages intérieurs que chacun doit faire sauter afin de devenir réellement libre et accompli. Ce sont de ces multiples blessures dont il faut guérir afin de vivre Dieu tel qu’Il est, et de se libérer de l’image fausse que l’on s’en fait.

Il est temps que la civilisation guérisse de la barbarie, il est temps d’incarner l’amour divin ici-bas, il est temps de vivre réellement Dieu. Les véritables spirituels de chaque religion, femmes et hommes de bonne volonté, se doivent de se dresser contre les idées mortifères qui cachent le joyau divin dont ils ont la garde. Ils se doivent de plonger toujours plus profondément dans le cœur de leur religion afin d’en faire jaillir la source immortelle pour la guérir des scories qui la défigurent.

Sébastien Morgan est auteur de Devenir soi-même, chronique d’un chrétien du XXIe siècle, 2013, Ed. Mercure Dauphinois. Retrouvez d’autres articles sur son blog www.relianceuniverselle.com

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