Qigong sibérien

Chi-Kung – 1 L’univers: un océan énergétique

Qigong sibérien: La face cachée du chi-kung

Tchi kungout ce qui nous entoure est énergie. Et si la science a mis au point différents appareils capables d’enregistrer des spectres et des flux énergétiques, il ne s’agit là que d’une partie infime du champ énergétique qui nous entoure.

A chaque instant des milliers de flux énergétiques interagissent, s’entremêlent, s’entrechoquent, et s’enrichissent mutuellement. Ces rencontres les modifient, les renforçant ou le cas échéant les détruisant, et provoquent l’apparition de nouveaux courants, de nouvelles impulsions, de nouvelles configurations énergétiques.

Introduction

Perception du monde

Qu’est ce qui fait le monde tel que nous le percevons? Ce sont nos systèmes sensoriels. Mais ils sont comme d’étroits rayons de lumière qui éclairent ce monde de façon limitée, laissant derrière le seuil de notre perception d’immenses espaces simplement séparés de nous par l’étroitesse de notre perception. Nous ne pouvons pas entendre les ultrasons, nous ne voyons ni les spectres ultra violets ni les infrarouges, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils n’existent pas… Nous ne connaissons que de partielles manifestations du monde extérieur (illustration).

La vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher enregistrent des ondes et des vibrations. Nous voyons la couleur rouge parce que nos yeux s’accordent à ce flux et perçoivent une longueur d’onde spécifique, et à ce type de flux énergétique notre cerveau attribue la notion « rouge ». Nous sentons l’odeur de la rose: c’est notre odorat qui reçoit les pulsations de l’énergie qui enveloppe cette rose et les décode comme un arôme connu, caractéristique. Chacun de nos systèmes sensoriels possède son diapason de fonctionnement. La plupart des hommes ont à peu près le même sauf quelques-uns qui ont une perception plus large.

Les peintres dans leur communication avec ce monde disposent d’un diapason de couleurs plus grand que la moyenne des gens. Sachant distinguer les nuances les plus infimes, ils sont en mesure de baptiser une très grande quantité de flux.

Les « nez » quant à eux sont capables de discerner des milliers d’odeurs qui passeront inaperçues auprès d’un homme ordinaire, ils ont une perception particulièrement développée de ces pulsations que nous définissons comme étant celles de l’odeur.

Il y a des gens qui peuvent voir des étoiles que nous ne pouvons voir qu’au moyen d’un télescope, etc.

Ce sont des exemples de systèmes sensoriels très développés. Ils indiquent une capacité à différencier un flux énergétique ou un type de vibrations d’un autre, mais aussi une capacité à les désigner dans un langage adopté par tous. Mais combien de fois, nous arrive-t-il de tomber sur des manifestations difficilement exprimables, combien de nuances voyons-nous sans pouvoir les nommer, combien d’odeurs sentons-nous sans pouvoir les définir? Il en est de même avec les sensations du goût, de l’ouïe, et du toucher. Le système de perception des énergies qui nous entourent fait précisément partie d’un autre registre, un registre « inconnu », inconscient, c’est un système que l’on ne sait pas ranger dans les classifications habituelles, mais qui se manifeste de plus en plus à notre époque.

Généralement, nous percevons le monde à l’aide de nos cinq sens classiques. Si vous essayez de vous priver d’une de ces composantes, vous verrez tout de suite votre univers changer complètement. Essayez en toute sécurité et dans le confort, de passer une journée les yeux fermés dans une pièce que vous connaissez par cœur tout en essayant d’avoir les mêmes sensations et de conserver le même rythme qu’avec les yeux ouverts. Et si l’on fermait les yeux pendant une année? ou pendant plusieurs années? Absurde? Pourtant c’est bien ce que nous faisons au niveau de notre perception énergétique.

À la naissance nous disposons de nombreux systèmes sensoriels dont nous allons peu à peu nous couper. En effet en grandissant, nous nous départons peu à peu de nos sensations énergétiques, nous nous privons du maniement et de la conduite de notre énergie; plus exactement nous les oublions faute d’usage et de demande. Nous fermons nos yeux « énergétiques » et nous nous défaisons ainsi d’une perception du monde multi- dimensionnelle.

Il y a des gens qui essayent de se rappeler, d’assimiler, et de nommer ces autres systèmes de relation avec le monde, systèmes qui existent préalablement et indépendamment de notre rapport avec le monde.

Tout se passe comme si vous ne pouviez rien entendre, dès la naissance on vous a bouché les oreilles, et cela vous paraît normal : tout le monde a les oreilles bouchées. Cela fait partie intégrante de votre vie. Mais un jour, quelqu’un a débouché ses oreilles et a pu entendre le monde qui l’entourait, et a commencé à percevoir des sons. Puis une deuxième personne, une troisième etc. et tout le monde a finalement pu entendre le monde environnant qui se trouve d’un coup enrichi par ce feu d’artifice sonore que sont le chant des oiseaux, la musique, les voix, le murmure des ruisseaux, le coup de tonnerre, le bruit de la pluie…

C’est ce qui se passe au niveau des sensations et de la vision énergétiques. Autour de nous, il y a ceux déjà qui sentent, voient et frappent à notre porte pour élargir et embellir notre monde. Ils écrivent et parlent, font de leur mieux pour nous débarrasser de ce sombre bandeau. Certains par contre enveloppent ce système de perception d’un brouillard de mysticisme, d’autres encore utilisent leurs nouvelles possibilités à leurs propres fins, certains, comme les guérisseurs, aident les gens dans la mesure de leurs capacités, d’autres essayent d’enseigner.

Chez ceux qui pratiquent Wushu, Qigong, Taijiquan, méditation., le système de perception dit « énergétique » se remet peu à peu à fonctionner. Chez l’un, tout prêt à émerger il s’activera dès les premiers cours; chez l’autre ce système sera fonctionnel au bout d’un mois, pour le troisième, seulement un an plus tard, chacun à son rythme selon son degré « d’intoxication », selon son expérience et les règles qu’il respecte (au moyen desquelles il se limite), selon la quantité de stéréotypes implantés par l’éducation qu’il aura reçue.

Comme il est dans la nature de l’homme de douter de ses propres forces, si vous êtes de ceux qui s’interrogent sur leurs capacités à y parvenir, nous vous proposons le test suivant: fermez les yeux et ressentez le majeur de votre main droite (il s’agit tout simplement de le trouver dans vos sensations physiologiques), puis de la même façon, l’orteil lui correspondant sur votre pied droit. Vous savez et vous sentez que vous les possédez. Il existe donc bien des systèmes de perception autres que vos cinq sens et qui sont liés à ces parties de votre corps. Faute d’utilisation une partie de ces systèmes « dort », mais on peut la réveiller et la remettre en état de marche en faisant des exercices. Vous aussi vous possédez un système énergétique. Nous avons décrit dans ce livre quelques méthodes qui peuvent le faire travailler. Si vous essayez d’élargir votre diapason de perception du monde, nous serons heureux d’y être ne serait-ce que pour un peu.

Chapitre 1. L’univers: un océan énergétique

chap 1 chi kong

Tout ce qui nous entoure est énergie. Et si la science a mis au point différents appareils capables d’enregistrer des spectres et des flux énergétiques, ce que ces appareils mesurent n’est qu’une infime partie du champ énergétique qui nous entoure. À chaque instant des milliers de flux énergétiques s’entremêlent, s’entrechoquent, s’enrichissent mutuellement: ils se modifient, se renforçant ou se détruisant, et ces interactions provoquent l’apparition de nouveaux courants, de nouvelles impulsions, de nouvelles configurations énergétiques.

De la même manière que les étoiles et les planètes rayonnent sous forme d’ondes et de pulsations énergétiques en tous genres (thermiques, électro­magnétiques, gravitationnelles.), chaque objet matériel sur notre planète rayonne et possède son propre spectre de vibrations : une signature énergétique. Cette signature correspond à sa forme matérielle spécifique, que ce soit un bâtiment, une fleur, un arbre, une voiture, un oiseau, un être humain, etc.

La matière est simplement la forme la plus dense, prise par l’énergie. Un caillot matériel est le noyau d’une structure énergétique composée de plusieurs couches de différentes densités, il est au centre d’un « nuage » énergétique.

Dans notre Univers, tout objet peut se décomposer en deux parties : l’une est brute, de forte densité, c’est la partie matérielle (également décomposable en termes énergétiques), l’autre, de faible densité, plus fine et insaisissable est purement énergétique. L’être humain au même titre que tout objet est donc constitué d’une partie matérielle, son corps physique, et d’une partie énergétique, nommée corps énergétique. Nous y reviendrons par la suite.

Toutes les manifestations d’énergie sont maintenues dans un état de stabilité relative par une « matrice » d’informations. Cette matrice est une structure qui détermine en chacun de ses points et à chaque moment précis, la densité du champ énergétique, sa condensation ou sa dilatation. Elle détermine également la particularité, le mouvement et la vitesse du « nuage » énergétique de l’élément. Car le champ énergétique n’est pas homogène dans son ensemble : il se compose de tourbillons, de flux, de pulsations, qui, conjointement, constituent une structure unique mais qui intérieurement se transforment en permanence. Lorsque la matrice d’informations est suffisamment stable, elle maintient équilibré le champ énergétique.

Si à première vue la partie matérielle des objets semble statique et immuable, les physiciens ont démontré depuis longtemps l’existence d’une mobilité et d’un échange permanent entre les particules élémentaires dans les molécules. Échange de particules qui renouvelle constamment et plus ou moins partiellement l’énergie des structures matérielles. Lorsqu’une structure est « neuve », le potentiel de rotation de son champ énergétique est grand et grande est sa faculté à transformer certaines parties de son champ énergétique. Les particules élémentaires s’échangent facilement, en utilisant les tourbillons énergétiques environnants et cet océan d’énergie dans lequel la structure est immergée. En échangeant constamment de l’énergie, la structure dans son ensemble, se maintient dans un état fluide et mobile. Le rythme de cet échange n’est jamais le même (c’est un des facteurs qui déterminent la différence de viabilité de chacun des objets): non seulement il n’est pas constant par nature mais il peut aussi être contrecarré et subir des perturbations (ce qui va influer directement sur le mouvement de rotation du champ énergétique).

Si nous mettons l’accent sur l’échange énergétique c’est qu’à notre niveau, il est très étroitement lié à notre santé, il en est la clé.

Nous savons que dans le corps humain quelques millions de cellules meurent chaque minute et sont évacuées faisant place à de nouvelles cellules qui apparaissent et se développent.

Au niveau des organes, un tissu sain se nourrit constamment d’aliments et d’énergie, mais il doit aussi rejeter déchets et produits de décomposition. Si l’énergie qui a perdu ses propriétés actives est éliminée sans tarder, et qu’avec elle les toxines matérielles partent sans laisser de traces destructrices (avant que leur influence nocive n’agisse sur les tissus ou sur le processus de son fonctionnement), alors l’organe pourra fonctionner longtemps et ce au maximum de ses capacités.

Si le système d’élimination ne remplit plus son rôle, les toxines, énergétiques et matérielles, vont rester et se déposer dans l’organe. Elles vont peu à peu détériorer l’élasticité des tissus et la perméabilité des membranes des cellules, (perméabilité qui est garante des échanges). « L’intoxication » apparaîtra d’abord à certains endroits, puis se propagera, et les échanges avec les autres fonctions corporelles vont à leur tour se dégrader, aggravant l’intoxication des tissus. L’organe va tomber malade.

Ce qui vaut pour le corps physique, à un niveau physiologique, s’applique aussi aux autres niveaux, psychologique et mental, l’échange énergétique y joue également un rôle essentiel. D’autre part le moindre changement qui survient à un de ces niveaux a une incidence sur les autres niveaux. Si nous insistons, c’est que la notion d’échange énergétique est vital pour notre santé.

Maintenir un bon échange énergétique et organique est possible :

  1. En faisant des exercices physiques pour activer les tissus et les empêcher de s’immobiliser; pour les nettoyer et pour y activer la circulation du sang, de la lymphe et de tous les liquides.
  2. En faisant des exercices énergétiques pour stimuler et renforcer le champ énergétique du corps dans son ensemble, ou d’un organe en particulier et pour les envelopper d’une énergie neuve et fluide.
  3. En observant régulièrement et attentivement son propre corps, ce mécanisme si précieux dont dépend toute notre vie. Qu’en est-il du fonctionnement des différentes parties de ce mécanisme analysées une à une, mais aussi de leur fonctionnement dans un ensemble bien coordonné ?

Il ne faut pas laisser stagner l’énergie dans certaines zones du corps, mais l’aider à poursuivre son cours « tranquille » et naturel dans les canaux. L’énergie ressemble à l’eau : transparente, vive et puissante lorsqu’elle court dans les ruisseaux de montagne; passive et trouble, ou morte et couverte de vase quand elle s’arrête dans une vallée.

Préface

La Sibérie, immenses étendues de steppes, impénétrables fourrés de Taïga, diversité infinie de la nature vivante, incroyable multitude de couleurs. Une Terre promise chargée de vie, de calme et de sagesse. Ses vastes espaces sans fin ont toujours réveillé chez l’homme le désir de créer une œuvre majestueuse, durable, qui transmette la respiration de cette terre, le rythme de cette nature austère, silencieuse, royalement puissante. Pendant des millénaires, ces terres sont restées vierges, intactes. Une multitude de différentes ethnies a vécu sur ces étendues, certaines dotées de quelques individus seulement, et on peut diviser cette diversité en deux groupes de population. Un premier groupe occupait le Centre et le Sud de la Sibérie, avec comme moyen de transport et principale ressource, le cheval. Le deuxième groupe lui, peuplait les régions du Nord avec pour ressource essentielle le renne.

Entre les différentes ethnies de ce premier groupe qui vivait dans les steppes, les relations ont été de tout temps parfois pacifiques, parfois belliqueuses au gré des circonstances, des recherches de pâturages, de terres fertiles, de forêts giboyeuses. La nécessité de se protéger, comme de s’emparer des biens des autres tribus a permis aux gens de ces régions de développer une agressivité et une forte combativité. De là est née la constante nécessité de perfectionner les arts martiaux de type clanique et les rituels chamaniques. La conscience de ces peuples s’est tournée vers la recherche de moyens de plus en plus efficaces pour tuer les étrangers.

Au sein des peuples du Nord, habitants de la Toundra, la migration des tribus était beaucoup moins considérable. Les difficiles conditions de vie dans ce royaume de gel éternel et d’aurore boréale réveillaient dans l’esprit des hommes un respect de la nature, un désir de coexistence paisible avec elle comme avec tous ses habitants. La nuit, longue d’une demi-année, et les froids sévères, de -60 ou -70°, obligeaient les hommes à passer la plupart de leur temps à l’abri dans l’étroit cercle familial. Dans ce climat de survie, le mode de vie a développé chez ces hommes une habileté à ne compter que sur leurs propres capacités, utilisant uniquement leur corps, leur intellect et leurs instincts. Enfermés dans leur demeure, ils ont pu également développer une habileté à méditer et une capacité à percevoir de subtils changements énergétiques à l’intérieur de leur corps.

La Sibérie du Sud a donné naissance à des arts martiaux originaux, la Sibérie du Nord à des pratiques énergétiques et à des pratiques de méditation.

Frontières sibériennes

Peuples nomades du sud sibérien, les Chors, Aléoutes, Khakasses, Bouriates, Téléoutes, Altaïens, se sont toujours déplacés lentement à la recherche de régions plus hospitalières, contournant et évitant en raison de la sévérité de la nature et du climat qui y régnait de nombreux et merveilleux lieux. Ils ont vécu à proximité et sous l’influence des peuples Tatars, Mongoles, Mandchous, très importants par leur nombre, et dont la vie sociale très structurée, se caractérisait par une organisation hiérarchique aux multiples échelons. Ainsi les cultures des peuples de l’Asie centrale, de l’Asie du Sud et d’Extrême-Orient ont pénétré le sud et le centre de la Sibérie en enrichissant son mode de vie. Les souffles venus de Chine, de Corée, du Tibet, de la Perse et de Russie ont été reçus et adaptés avidement par la conscience des peuples nomades pour former un éclectisme barbare et fantasque.

Au Nord de la Sibérie par contre, l’isolement continuait à faire régner une torpeur sur la vie sociale, impossible de rencontrer âme qui vive à des centaines de kilomètres à la ronde… Ainsi se sont maintenues les traditions de ces peuplades : respect des femmes, bonté, esprit pacifiste, aspiration à fusionner avec la nature et à en comprendre les règles pour survivre. Les Tchouktches, Nentsy, Nanaïs, Evenki, Toungouses – cette multitude de peuplades nordiques n’aime pas et ne sait pas faire la guerre. Ils ne possèdent pas les qualités spécifiques aux peuples guerriers telles qu’orgueil nationaliste, fureur, sadisme, principaux traits de caractère du belliqueux. Chez l’homme du Nord, les éclats des querelles quotidiennes, des émotions négatives ou autres manifestations de même nature sont rares et passent très rapidement, elles glissent en surface. Ces éclats ne sont pas profonds dans leurs manifestations, ils ne touchent pas le fondement de la nature humaine, mais la recouvrent ou l’enveloppent parfois comme un nuage fin et léger cache le soleil avant de disparaître tout de suite sans laisser de trace dans l’immense profondeur du bleu du ciel.

Une légende raconte que l’Empereur le plus sage de Chine, l’Empereur Jaune, Huang Di, est descendu des cieux sur la terre bénie afin de porter la Connaissance aux hommes. Il est probablement venu de Yakoutie (Sibérie du nord) avec son petit clan. Dans son âme brûlait le feu de la soif de connaissance de différentes manières de vivre. Cet Empereur se distinguait extérieurement des Chinois, il était incroyablement curieux et possédait la capacité de voir l’énergie, de la diriger et d’en transformer les qualités, c’est- à-dire de soigner. Il a manifesté un vif intérêt pour l’acupuncture, la phytothérapie, le Shiatsu, qui existaient secrètement en Chine depuis très longtemps. Il a aussi généreusement partagé avec les médecins de son époque ses étranges et inhabituelles connaissances de la médecine. Après avoir donné la vie à des héritiers, et atteint un âge respectable, il est parti dans une direction inconnue, emmenant son fils benjamin, et laissant pour toujours en Chine la mémoire de son caractère étrange, incompréhensible et imprévisible, toujours à la recherche d’une résolution pacifique aux situations conflictuelles.

Au tournant du XVIe siècle, presqu’au moment où les nations européennes investissaient l’Amérique, la Sibérie subissait elle aussi une main mise dure, plus exactement une division. Coupée en deux par les premières traces de ce qu’allait devenir la ligne du Transsibérien, les tsars russes ont installé le long de cette voie le surplus de leurs soldats et leurs familles, distribué des terres à des familles nobles, déporté dans les camps et envoyé aux travaux forcés les dissidents indésirables, ou ceux qui sapaient les fondements de leur autorité. L’unique voie qui reliait (à travers les bagnes et les prisons de plus en plus nombreux) les camps militaires de la Sibérie Orientale au centre culturel naissant de la Sibérie Occidentale, a coupé la Sibérie en deux parties inégales. Le Sud et le Centre se sont trouvés de plus en plus soumis à une féroce et impitoyable expansion qui exportait toutes ses richesses naturelles dans une parfaite indifférence pour les natifs. Cette occupation de la Sibérie par la Russie a ainsi signé le diktat slavophile au sein des cultures de Sibérie, opprimant toutes les manifestations de la culture et des traditions de ces différentes nationalités. Ainsi l’héritage des traditions des arts martiaux et des pratiques énergétiques s’est peu à peu perdu, s’effaçant de la mémoire un peu plus à chaque génération, laissant la place à des innovations venues de l’extérieur. Les rituels chamaniques, les techniques énergétiques de guérison, ou les pratiques des arts martiaux n’ont pas tardé à être considérés par les générations montantes comme des anachronismes incompré­hensibles, vestiges d’un passé sans valeur, suscitant dans le meilleur des cas un sourire en raison de leur naïveté.

Malgré tout, la migration constante des familles et clans chinois vers la Sibérie a joué un rôle de soutien dans la préservation et le développement partiel du bagage des connaissances ésotériques. En Chine, le processus permanent de recherche d’un lopin de terre avec la possibilité de pouvoir le cultiver dans le calme a poussé les épris de liberté les plus courageux et les plus aventureux d’entre eux, à la recherche d’une terre riche, inexplorée et généreuse. Ils portaient avec eux les connaissances des arts martiaux chinois qu’ils ont partagées avec leurs nouveaux voisins en Sibérie. Une technique de combat plus douce que celle des styles de combat acrobatique de Chine du Nord s’est peu à peu formée, utilisant plus la force interne du corps physique dans des postures complexes mais rationnelles.

Il est impossible de décrire avec des mots ou des images littéraires les particularités de cet alliage de traits de caractères, de traditions, de transformations aussi dissemblables et fantasques. Il est finalement beaucoup plus facile et naturel d’essayer de pénétrer dans la profondeur de ces connaissances par la pratique et de se faire un jugement personnel, en toute indépendance, sur la valeur de l’héritage énergétique et martial venu de Sibérie. Les auteurs entendent proposer un cycle de quelques livres qui sont le résultat de plus de trente ans de pratique et d’étude des arts martiaux sibériens, de vingt-cinq ans de recherches, d’activités et de pratique dans le domaine des rituels énergétiques et méditatifs, et ceux de culte chamanique. Dix années de travail en qualité de directeur d’études de pratiques énergétiques traditionnelles ont permis aux auteurs d’en intégrer de nombreux aspects pratiques et théoriques et de rechercher les possibilités d’utilisation de ces connaissances par la médecine classique officielle. Au cours de ce travail en collaboration avec un groupe de médecins, à la mentalité « avancée », et avec un groupe d’extralucides désireux de comprendre les phénomènes à la base de leurs capacités, est née une série d’idées, d’hypothèses et de découvertes que les auteurs souhaitent partager avec les lecteurs s’intéressant aux connaissances ésotériques dans leur réalisation théorique et pratique.

Le « Qigong » qui est issu des arts Martiaux, signifie en chinois « travail énergétique ». Nous parlons de Qigong sibérien parce qu’il se différencie des très nombreux Qigong chinois. Le mélange des cultures sibériennes et chinoises avec leurs considérables différences a ouvert de nouvelles facettes dans les expressions du travail énergétique. Ce travail s’est traduit par une originalité et une spécificité des mouvements dans lesquels le périnée joue un rôle extrêmement important. D’autre part le Qigong sibérien permet aussi d’accéder au sens et au but de chaque mouvement, évitant ainsi explications nébuleuses, dissimulation et mysticisme trop souvent liés au travail énergétique. Il s’efforce d’offrir une compréhension en profondeur des mouvements dans leur essence.

Ce livre s’adresse à tous ceux que le Qigong et le travail ésotérique intéressent; à tous ceux qui se sentent concernés par la compréhension de leurs sensations (qu’elles soient intérieures ou extérieures à leur corps); à ceux qui aiment les koans et les énigmes, sans pour autant trouver de réponses ; sans oublier également ceux qui sont préoccupés par des problèmes de santé et qui cherchent à les régler sans médicament et sans intervention miraculeuse, mais seulement par leur travail, leur patience et la confiance qu’ils ont en eux.

Nous exposons ici dans une première partie et au moyen de quelques brèves notions, une approche énergétique de notre monde. Dans sa deuxième partie, ce livre vous propose un travail personnel d’autorégulation qui allie travail physique et travail énergétique. Travail en quatorze leçons qui peut vous permettre d’harmoniser votre nature physiologique, psychologique et mentale; qui peut vous aider à trouver votre spécificité, afin d’en améliorer et d’en corriger les faiblesses ; et qui peut vous permettre d’ouvrir ce monde énergétique très étrange et très intéressant, afin d’utiliser dans toute leur puissance et épanouissement, votre force, votre imagination et votre pensée.

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