Peuples et Nations

Les Kurdes : Histoire d’un peuple qui aspire à retrouver une Nation

Aux dernières nouvelles, les troupes turques et de l’ASL s’apprêtent à lancer une opération antikurde en Syrie

Environ 20.000 membres de l’Armée syrienne libre (ASL) et des militaires turques participeront à une nouvelle opération militaire antikurde dans la région de la ville d’Afrine, située au nord-ouest de la Syrie et actuellement contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG).

Les Kurdes, un peuple éclaté entre quatre pays

Depuis l’offensive fulgurante de l’Etat islamique (EI) dans le nord de l’Irak, la question kurde est plus que jamais d’actualité. Les peshmergas (soldats du Kurdistan d’Irak) mais aussi les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), basé en Turquie et Syrie, sont en première ligne face aux djihadistes.

Après des revers dans les monts Sinjar et la plaine de Mossoul, les troupes kurdes, appuyées par les bombardements aériens américains et par les livraisons d’armes venues des Etats-Unis et d’Europe (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et République tchèque), ont reconquis des territoires perdus, notamment le barrage de Mossoul et la ville d’Amerli.

Qui sont les Kurdes, leur langue, leur religion ? Quelles sont les implications régionales de l’offensive de l’EI sur leur avenir ? Pourraient-il profiter de l’effondrement de l’Etat irakien pour accéder à l’indépendance ?

Les Kurdes veulent un Etat à eux

kurdistan

Les Kurdes veulent majoritairement leur indépendance. Ils tiennent à dire qu’ils en remplissent tous les critères (continuité territoriale, langue, culture, histoire) et qu’ils en ont le droit.

Mais ils savent que le demander serait un suicide politique. Cela conduirait les Américains à lâcher les Kurdes d’Irak.
A ses débuts, fin des années 1980-début des années 1990, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, Turquie) réclamait l’indépendance, une revendication qu’il a abandonnée par la suite…

Qui mérite vraiment un état, les Kurdes ou les Palestiniens ?

Victor Sharpe

www.americanthinker.comWho Truly Deserves a State? The Kurds or the Palestinians? by Victor Sharpe
Merci à Sally de http://israelagainstterror.blogspot.com

Il y a plus de vingt états arabes à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, mais le monde exige, dans un chœur d’animosité à peine déguisé contre Israël, qu’un autre État arabe soit créé sur le territoire qui sépare la mer Méditerranée du Jourdain, large d’à peine 50 kms.

Israël, un territoire pas plus grand que le petit pays de Galles ou l’État du New Jersey serait forcé de partager cette bande de terre avec une nouvelle entité arabe hostile appelée Palestine, territoire qui au niveau de sa taille de guêpe a une largeur de seulement 15 km, ce qu’un ancien homme d’État israélien, Abba Eban, avait décrit comme les frontières d’Auschwitz.

Rappelez-vous, il n’a jamais existé dans toute l’histoire une nation souveraine indépendante appelée Palestine et encore moins arabe.

Le terme « Palestine » a toujours désigné le nom d’un territoire géographique, comme la Sibérie ou la Patagonie. Ce terme n’a jamais désigné un État.

Mais il existe un peuple qui, comme les Juifs, mérite une patrie et dont l’ascendance historique remonte à des milliers d’années.

Ce sont les Kurdes et il est très instructif d’examiner leur histoire remarquable en conjonction avec l’histoire des Juifs. Il est également nécessaire de retracer l’injustice historique qui leur a été faite cours des siècles par des voisins hostiles et des empires.

Faisons un retour en arrière à l’époque de la captivité des 10 tribus d’Israël qui ont été déportées de leur terre par les Assyriens en 721-715 avant l’ère chrétienne. L’Israël biblique fut dépeuplé, ses habitants juifs furent déportés dans la région de l’ancienne Médie et de l’Assyrie — un territoire qui correspond en gros au moderne Kurdistan.

L’Assyrie fut à son tour conquise par Babylone et cela a conduit à la destruction ultérieure du royaume juif du Sud, le Royaume de Juda, en 586 avant l’ère chrétienne. Les deux tribus juives restantes furent envoyées à leur tour dans le même territoire que leurs frères du Royaume du Nord.

Lorsque le conquérant perse de la Babylonie, Cyrus le Grand, autorisa les Juifs à retourner dans leurs terres ancestrales, de nombreux juifs restèrent à Babylone et continuèrent à vivre avec leurs voisins, dans ce qui à nouveau inclut le Kurdistan des temps modernes.

Le Talmud de Babylone évoque dans un chapitre, des déportés juifs de Juda qui avait reçu l’autorisation rabbinique de faire du prosélytisme auprès de la population locale. Dans les années qui suivirent, la maison royale kurde, accompagnée d’une grande partie de la population, embrassa la foi juive. Et lorsque les Juifs se soulevèrent contre l’occupant romain au premier siècle de l’ère chrétienne, la reine kurde envoya des troupes et du ravitaillement pour soutenir les Juifs assiégés.

Dès le début du IIème siècle de l’ère chrétienne, le judaïsme était fermement établi au Kurdistan, et les Juifs kurdes qui vivent en Israël aujourd’hui, parlent une forme ancienne d’araméen à la maison et à la synagogue. La vie des Juifs et des Kurdes a été mêlée jusqu’à un degré tellement intime que de nombreuses légendes populaires kurdes ont un lien avec les Juifs.

Il est intéressant de noter que plusieurs tombes de prophètes juifs bibliques se trouvent soit à l’intérieur du Kurdistan, soit à proximité. Par exemple, le prophète Nahum se trouve à Alikush, tandis que le tombeau de Jonas se trouve à Nabi Yunis qui est l’antique Ninive.

Le tombeau de Daniel se trouve dans la province kurde de Kirkouk, région riche en pétrole. Habacuc se trouve au Tuisirkan et la reine Hadassah, ou Esther, se trouve à côté de son oncle Mardochée à Hamadan.

Après l’échec de la révolte contre Rome, de nombreux rabbins ont trouvé refuge dans ce qui est aujourd’hui le Kurdistan. Les rabbins se sont joints à leurs collègues locaux et au IIIème siècle de la chrétienne, les académies juives étaient florissantes. Plus tard l’occupation de la région par les Sassanides et les Perses entraîna une période de persécution contre les Juifs et les Kurdes, période qui dura jusqu’à l’invasion arabo-musulmane du VIIème siècle. En effet, les Juifs et les Kurdes avaient soutenu les envahisseurs arabes dans l’espoir que leur action apporterait une rémission aux persécutions subies.

Peu de temps après la conquête arabe, les Juifs de l’État autonome juif de Himyar, dans ce qui est aujourd’hui l’Arabie Saoudite, ont rejoint les Juifs des régions kurdes. Cependant, avec la nouvelle occupation arabo-musulmane, la situation s’est dégradée et les Juifs ont eu à souffrir de leur statut de dhimmis dans le territoire sous contrôle musulman. Les Juifs se sont retrouvés chassés de leurs terres agricoles en raison des lourdes taxes imposées par les suzerains musulmans. Ils ont dû quitter l’agriculture pour devenir commerçants et artisans dans les villes. De nombreux paysans juifs furent convertis à l’Islam de force ou à la suite de circonstances désespérées et se marièrent avec leurs voisins.

Un grand personnage historique est issu de cette population. En 1138, un garçon voit le jour dans une famille de guerriers et aventuriers kurdes. Il se nomme Salah-al-Din Yousouf ibn Ayyoub — mieux connu en Occident sous le nom de Saladin. C’est lui qui a chassé les Croisés chrétiens de Jérusalem, bien que le fait d’être kurde ne lui attirait pas la confiance des Arabes musulmans. Même alors, les arabes étaient conscients de la relation étroite qui existait entre le peuple kurde et les Juifs.

Saladin prenaient des mesures empreintes d’humanité et de justice tant en période de guerre qu’en période de paix, ce qui contrastait avec les méthodes utilisées par les Arabes.

En effet, il est notoire que Saladin, non seulement a été juste avec les Chrétiens mais qu’il a permis aux Juifs de prospérer à Jérusalem et c’est à lui qu’on impute la redécouverte du mur occidental du Temple juif [le mur des lamentations], qui avait été enterré sous des tonnes de déchets pendant l’occupation chrétienne byzantine. Le grand rabbin, philosophe et médecin juif, Maïmonide, a été pendant un temps le médecin personnel de Saladin.

Selon une équipe de scientifiques internationaux, une découverte remarquable a été faite en 2001.

Cette équipe, travaillant sur l’ADN, qui comprenait des Israéliens, des Allemands et des Indiens a trouvé que de nombreux Juifs modernes ont un lien génétique plus étroit avec les populations du nord de la Méditerranée (kurde et arménienne) qu’avec les Arabes et les Bédouins du sud de la Méditerranée.

Mais revenons à l’époque actuelle et les raisons pour lesquelles le monde réclame un État palestinien arabe mais élude étrangement l’idée d’une indépendance nationale et d’un État kurdes. Ce principe d’autodétermination, universellement accepté, ne semble pas s’appliquer aux Kurdes.

Dans un article paru dans le New York Sun du 6 juillet 2004, intitulé « L’Exception nationale kurde », Hillel Halkin montre la discrimination et les doubles standards utilisés contre les aspirations nationales kurdes. Il écrit :

« il est possible de remédier aux injustices historiques et aux souffrances endurées par les Kurdes au cours des années, dans le cadre d’un Irak fédéral, dans lequel ils auraient une complète autonomie, sous réserve du consentement du gouvernement central de Bagdad, dominé par les Arabes. Un État kurde indépendant est impensable. On considère cette position comme allant de soi ».

Il existe une réalité brutale en realpolitik, c’est que les Arabes, qui s’appellent eux-mêmes Palestiniens, ont beaucoup d’amis dans le monde arabe riche en pétrole –pétrole dont le monde a désespérément besoin pour son économie. Les Kurdes, comme les Juifs, ont peu d’amis et les Kurdes ont peu ou pas d’influence dans les couloirs internationaux du pouvoir.

M. Halkin a souligné que

« les Kurdes ont des justifications bien meilleures que les Palestiniens pour accéder à un État. Ils ont leur propre langue et leur propre culture, contrairement aux Palestiniens. Cela fait de nombreux siècles qu’ils se considèrent comme un peuple distinct, contrairement aux Arabes palestiniens. Ils ont été trahis avec répétition au cours des cent dernières années par la communauté internationale et ses promesses, alors que les Arabes palestiniens étaient trahis seulement par leurs compatriotes arabes ».

Par conséquent, l’ancienne panacée qui dit que c’est seulement quand les Arabes palestiniens auront un État qu’il y aura la paix dans le monde, est un mirage dans le désert.

Mon collègue écrivain, Gerald Honigman, écrit également sur la sollicitude du monde pour les Palestiniens alors que le sort des Kurdes, des Berbères et des millions de membres des peuples non-arabes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord est ignoré.

Le livre d’Honigman a fait partie de l’exposition LSS à la prestigieuse Conférence ASMEA au mois de novembre dernier (et est présent aujourd’hui dans au moins une douzaine de grandes universités), le livre consacre plusieurs chapitres à la question kurde. Ce n’est pas par hasard que son avant-propos a été principalement écrit par le Président de l’Assemblée Nationale du Kurdistan de Syrie.

Durant la dictature de Saddam Hussein, les Kurdes ont été gazés et massacrés en grand nombre. Ils ont subi un nettoyage ethnique par les Turcs et continuent d’être opprimés par le gouvernement turc actuel, dont le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a eu le culot de suggérer, lors d’une réunion du Centre d’Etudes stratégiques internationales, que la Turquie apporte son soutien aux opprimés du monde. Il a occulté l’oppression des Kurdes par son propre gouvernement et a qualifié le régime voyou antisémite de Gaza, de régime « opprimé ». Au niveau d’une simple realpolitik, la cause des Kurdes est infiniment plus légale et morale que celles des Arabes qui se disent Palestiniens.

D’autre part, après le renversement de Saddam Hussein, les Kurdes ont fait preuve d’une grande sagesse politique et économique. Quelle différence avec l’exemple des Arabes de Gaza qui, quand de manière insensé, Israël leur a laissé le contrôle total de la bande de Gaza, ont choisi de ne pas construire d’hôpitaux ni d’écoles mais plutôt des bunkers et des lanceurs de missiles. En plus, ils ont imposé la charia qui s’accompagne du dénigrement des femmes et des non-musulmans.

L’expérience kurde, au moins celle qui est en cours sur le territoire quasi indépendant [d’Irak] a montré au monde une société décente, où tous les habitants, hommes et femmes, jouissent de libertés bien plus grandes que ce qui peut être trouvé ailleurs dans le monde arabe et musulman — et certainement nulle part ailleurs en Irak, qui depuis que l’armée américaine s’est retirée, est en train de sombrer dans un chaos ethnique.

Barack Obama, David Cameron, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, et tous les dirigeants du monde libre devrait se tourner vers le Kurdistan, avec ses énormes réserves de pétrole, comme vers le nouvel État à créer au Moyen-Orient.

Cela ne ferait que réparer simplement une injustice qui n’a que trop duré. Un État arabe palestinien deviendra immédiatement une base de terrorisme anti-occidental, une base pour Al Qaïda et le Hamas (le plus jeune partenaire des Frères Musulmans) ; une terre non démocratique, découpée sur les terres bibliques ancestrales juives de Judée et Samarie, qui sera inévitablement recouverte de l’abrutissant linceul de la charia. En bref, cet État sera mis en place avec un seul but : détruire ce qui reste d’Israël assiégé.

Finalement, il s’agit aussi d’une simple question de loyauté pour l’État juif — avec son association millénaire d’histoire partagée avec le peuple kurde, qui comprend plus de 30 millions de personnes dispersées à travers les régions du nord-ouest de l’Iran, du nord de l’Irak, de Syrie et de Turquie – il faut se battre dans les forums du monde pour la mise en place rapide d’un Kurdistan indépendant et fier.

Une alliance durable entre Israël et le Kurdistan serait une revanche de l’histoire, une reconnaissance des souffrances partagées par les deux peuples, et accélérerait l’avènement d’un avenir meilleur pour ces deux nations non-arabes.

Mahmoud Abbas, négationniste de l’holocauste et actuel président de l’Autorité palestinienne, n’a jamais abrogé et n’abrogera jamais publiquement, en anglais ou en arabe, les articles de la charte de l’OLP qui appellent à « la négation de l’existence économique, politique, militaire et culturelle de l’entité sioniste », – en d’autres termes, la destruction de l’État juif et le génocide de ses citoyens. Voici pour l’homme que le président Obama et les Européens couvrent d’argent et de louanges.

Ce sont les Kurdes qui, incontestablement, méritent un État.

Les soi-disant Arabes palestiniens ont perdu ce droit à cause de leurs agressions féroces, de leurs crimes et de leurs intentions génocidaires contre Israël et les Juifs.

Victor Sharpe.

Adapté Victor Sharpede l’anglais par Danilette

Victor Sharpe est un rédacteur free-lance et il est l’auteur d’un livre en trois volumes : «Politicide : la tentative d’assassinat de l’État juif ».

http://danilette.over-blog.com/

UN APERÇU DE L’HISTOIRE DES KURDES

Carte_du_Mitanni
Carte du Mittani

Qui sont les Kurdes ?

D’où viennent-ils ? Les historiens s’accordent généralement pour les considérer comme appartenant au rameau iranien de la grande famille des peuples indo-européens. Aux temps préhistoriques, des royaumes ayant pour nom Mittani, Kassites, Hourites ont régné sur ces territoires montagneux situés entre le plateau iranien et le cours supérieur de l’Euphrate.

Au VIIème siècle av. J.C., les Mèdes, qui sont aux Kurdes ce que les Gaulois sont aux Français, fondèrent un empire qui en l’an 612 av. J.C. conquit la puissante Assyrie et étendit sa domination à tout l’Iran ainsi qu’à l’Anatolie centrale. Cette date de 612 est d’ailleurs considérée par des Kurdes nationalistes comme le début de l’ère kurde.

Le règne politique des Mèdes s’achèvera vers le milieu du VIème siècle av. J.C., mais leur religion et leur civilisation domineront l’Iran jusqu’à l’époque d’Alexandre le Grand. A partir de cette date et jusqu’à l’avènement de l’islam, le destin des Kurdes, que les géographes et historiens grecs appellent Carduques (ou Kardoukhoy) restera lié à celui des autres populations des empires qui se succèdent sur la scène iranienne: Séleucides, Parthes et Sassanides.

Carte_Empire-Medes

Après avoir opposé une résistance farouche aux invasions arabo-musulmanes, les Kurdes finirent par se rallier à l’islam, sans pour autant se laisser arabiser. Cette résistance s’étala sur près d’un siècle. Pour des raisons plutôt sociales que religieuses les tribus kurdes résistaient aux tribus arabes. Pour amadouer les Kurdes et les convertir à l’islam, tous les moyens furent utilisés, même la stratégie matrimoniale. Par exemple, la mère du dernier calife omayade, Merwan Hakim, était kurde.

A la faveur de l’affaiblissement du pouvoir des califes, les Kurdes qui jouaient déjà un rôle de premier plan dans le domaine des arts, de l’histoire et de la philosophie, commencent à affirmer dès le milieu du IXème siècle leur propre puissance politique. En 837, un seigneur kurde du nom de Rozeguite fonde sur les bords du lac de Van la ville d’Akhlat et en fait la capitale de sa principauté théoriquement vassale du calife, en fait pratiquement indépendante.

Dans la deuxième moitié du Xème siècle le Kurdistan est partagé entre 4 grandes principautés kurdes. Au Nord, les Chaddadites, (951-1174), à l’Est, les Hassanwahides (959-1015) et les Banou Annaz (990-1116) et à l’Ouest les Merwanides (990-1096) de Diyarbékir. L’une de ces dynasties aurait pu, au fil des décennies, imposer sa suprématie aux autres et bâtir un Etat englobant l’ensemble du pays kurde si le cours de l’histoire n’avait pas été bouleversé par les invasions massives des peuplades déferlant des steppes de l’Asie centrale. Après avoir conquis l’Iran et imposé leur joug au calife de Bagdad, les Turcs seldjoukides ont annexé une à une ces principautés kurdes. Vers 1150, le sultan Sandjar, le dernier des grands souverains seldjoukides, créa une province du Kurdistan.

Jusque-là le pays des Kurdes était appelé la Médie par les géographes grecs, le « Djibal », c’est-à-dire la montagne par les Arabes. C’est donc un sultan turc qui, en hommage à la personnalité propre du pays kurde, lui donne le nom du Kurdistan. La province du Kurdistan formée par Sandjar avait pour capitale la ville Bahâr (c’est-à-dire le Printemps), près de l’antique Ecbatane, capitale des Mèdes. Elle comprenait les vilayets de Sindjar et de Chehrizor à l’ouest du massif Zagros, ceux d’Hamadan, Dinaver et Kermanshah à l’est de cette chaîne. Dans l’ensemble cette appellation ne recouvrait alors qu’une partie méridionale du Kurdistan ethnique. Une civilisation autochtone brillante se développait autour de la ville de Dinaver – aujourd’hui ruinée – à 75 km au nord-est de Kermanshah, dont le rayonnement fut partiellement remplacé ensuite par celui de Senneh, 90 km plus au nord.

saladinA peine une douzaine d’années après la disparition du dernier grand seldjoukide, une dynastie kurde, celle des Ayyoubides (1169-1250), fondée par le fameux Saladin émerge et assume le leadership du monde musulman pendant près d’un siècle, jusqu’aux invasions turco-mongoles du XIIIème siècle.

La haute figure de Saladin et ses exploits face aux Croisés sont suffisamment connus en Europe. Son empire englobait, outre la quasi-totalité du Kurdistan, toute la Syrie, l’Egypte et le Yémen. C’était un peu comme l’Empire romain germanique prétendant regrouper peuples, royaumes et principautés de l’Europe catholique. C’était le temps des croisades, de l’hégémonie du religieux sur le politique et le national. Saladin n’était donc pas plus patriote kurde que Saint Louis ne fut un nationaliste français.

Emergence du Kurdistan comme entité géographique reconnue, la suprématie d’une dynastie kurde sur le monde musulman, la floraison d’une importante littérature écrite en langue kurde, le XIIème siècle est assurément une période riche en événements de l’histoire kurde. C’est également au cours de ce siècle que l’église nestorienne, ayant son siège métropolitain au Kurdistan, prend un essor extraordinaire. Ses missions essaiment à travers toute l’Asie, jusqu’au Tibet, le Sin Kiang, la Mongolie et le Sumatra. Le plus spectaculaire succès de ces missions a été la conversion du grand khan mongol Gouyouk en 1248.

Egalement en 1253, Saint Louis lui envoyait Guillaume de Rubrouck, qui joua un rôle important dans ce que l’on appela la « croisade mongole » sur Bagdad. En 1258, quand le Mongol Houlagou, influencé par ces missions, prend Bagdad, il fait mettre à mort le calife mais veille à ce qu’un palais soit donné au catholicos nestorien. A la fin du XIIIème siècle, l’islam l’emporte chez les Mongols et les Nestoriens sont massacrés. Le siège de leur patriarcat, change de lieu au fil des siècles mais demeure toujours au Kurdistan.

Dans la deuxième moitié du XVème siècle le pays kurde finit par se remettre des effets des invasions turco-mongoles et par prendre forme comme une entité autonome, unie par sa langue, sa culture et sa civilisation mais politiquement morcelée en une série de principautés. Cependant, la conscience d’appartenir à un même pays est vive, au moins parmi les lettrés. Un poète du XVIème siècle, de la principauté du Bohtan, Melayé Djaziri, considéré comme le Ronsard kurde se présente en ces termes:

Je suis la rose de l’éden de Bohtan
Je suis le flambeau des nuits du Kurdistan.

Au début du XVIème siècle le pays kurde devient l’enjeu principal des rivalités entre les empires ottoman et perse. Le nouveau chah de Perse qui a imposé le chiisme comme religion d’Etat en Iran cherche à le répandre dans les pays voisins. De leurs côtés, les Ottomans veulent mettre le holà aux visées expansionnistes du chah, assurer leur frontière iranienne pour pouvoir se lancer dans la conquête des pays arabes. Pris en tenailles entre les deux géants, les Kurdes, politiquement morcelés, n’avaient guère de chance de survivre en tant qu’entité indépendante. En 1514, le sultan turc infligea une défaite cuisante au chah de Perse. Craignant que sa victoire reste sans lendemain il cherchait les moyens d’assurer en permanence cette difficile frontière iranienne. C’est là que l’un de ses conseillers les plus écoutés, le savant kurde Idrissi Bitlissi, lui a présenté l’idée de reconnaître aux princes kurdes tous leurs droits et privilèges antérieurs en échange de l’engagement de garder eux mêmes cette frontière et de se battre aux côtés des Ottomans en cas de conflit perso-ottoman. Le sultan turc Selim Ier donna son aval au plan de son conseiller kurde, lequel est allé voir un à un les princes et seigneurs kurdes pour les convaincre que l’intérêt bien compris des Kurdes et des Ottomans était de conclure cette alliance.

Placés devant le choix d’être un jour ou l’autre annexés par la Perse ou d’accepter formellement la suprématie du sultan ottoman en échange d’une très large autonomie, les dirigeants kurdes optèrent pour cette seconde solution et ainsi le Kurdistan ou plus exactement ses innombrables fiefs et principautés entrèrent dans le giron ottoman par la voie de la diplomatie. La mission d’Idrissi Bidlissi a été facilitée par le fait qu’il était un savant connu et respecté et surtout par l’immense prestige de son père, le Cheikh Hussameddin qui était un chef spirituel soufi très influent. Bidlissi est également l’auteur du premier traité de l’Histoire générale de l’Empire ottoman, intitulé Hechte Behechte (Huit Paratis), retraçant le règne des huit sultans ottomans.

Ce statut particulier assura au Kurdistan près de trois siècles de paix. Les Ottomans contrôlaient quelques garnisons stratégiques sur le territoire kurde mais le reste du pays était gouverné par des seigneurs et princes kurdes. Outre une kyrielle de modestes seigneuries héréditaires, le Kurdistan comptait 17 principautés ou hukumets jouissant d’une large autonomie. Certaines d’entre elles comme celles d’Ardelan, de Hisn Keif, de Bohtan et de Rowanduz étaient dotées des attributs de l’indépendance; elles frappaient monnaie et faisaient dire la prière du vendredi à leur nom.

Malgré des ingérences de temps à autre du pouvoir central, ce statut particulier fonctionna sans accroc majeur jusqu’au début du XIXème siècle à la satisfaction des Kurdes et des Ottomans. Ces derniers, protégés par la puissante barrière kurde face à l’Iran pouvaient concentrer leurs forces sur d’autres fronts. Quant aux Kurdes, ils étaient pratiquement indépendants dans la gestion de leurs affaires. Ils vivaient certes en vase clos et leur pays était morcelé entre une série de principautés, mais à la même époque l’Allemagne comptait quelques 350 Etats autonomes et l’Italie était bien plus émiettée que le Kurdistan.

Chaque cour kurde était le siège d’une vie littéraire et artistique importante. Et dans l’ensemble, malgré le morcellement politique, cette période constitue en fait l’âge d’or de la création littéraire, musicale, historique et philosophique kurde. En 1596, le prince Chéref Khan achève de terminer sa monumentale « Chérefnameh ou Fastes de la nation kurde ». Les écoles théologiques de Djezireh et Zakho sont réputées dans tout le monde musulman, la ville d’Akhlat dotée d’un observatoire est connue pour l’enseignement des sciences naturelles.

Des maîtres du soufisme comme Gulsheni et Ismail Çelebi sont vénérés même à Istanbul pour leur enseignement spirituel et leur génie musical. Certains Kurdes ambitieux comme les poètes Nabi, Nefi, écrivent en turc pour gagner la faveur du sultan.

A l’exception de quelques esprits visionnaires tel le grand poète classique kurde du XVIIème siècle Ehmedê Khani, les lettrés et princes kurdes semblent croire que leur statut va durer éternellement et n’éprouvent guère le besoin de le changer. En 1675, plus d’un siècle avant la révolution française qui répand en Occident l’idée de la Nation et de l’Etat-nation, le poète Khani, dans son épopée en vers « Mem-o-Zin », appelle les Kurdes à s’unir et à créer leur propre Etat unifié. Il ne sera guère écouté ni par l’aristocratie ni par la population. En terre d’islam, comme d’ailleurs en pareille époque dans la chrétienté, la conscience religieuse prime généralement la conscience nationale. Chaque prince est préoccupé par les intérêts de sa dynastie, et les dynamiques familiales, claniques ou dynastiques prévalent souvent plus que toute autre considération. Il n’était pas rare de voir des dynasties kurdes régner sur des populations non kurdes.

Au XIème siècle, par exemple, le Farsistan, province persane par excellence a été gouvernée par une dynastie kurde; de 1242 à 1378 le Khorassan, province iranienne du Nord-Est a également eu une dynastie kurde, et de 1747 à 1859 ce fut le cas pour le lointain Béloutchistan qui fait partie aujourd’hui du Pakistan. Aussi le fait que telle ou telle proportion du territoire kurde soit gouvernée par des dynasties étrangères ne devait pas sembler inacceptable aux contemporains.

L’idée de l’Etat-nation et du nationalisme est un avatar de la Révolution française. Elle a rapidement trouvé un terrain particulièrement propice dans deux pays morcelés et en partie asservis: l’Allemagne et l’Italie. Ce sont des penseurs allemands comme Goerres, Brentano et Grimm qui posèrent le postulat selon lequel les frontières politiques, géographiques et linguistiques devaient coïncider. Ils rêvaient d’une Allemagne regroupant en un Etat la kyrielle de ses petits Etats autonomes. Le pan-germanisme a par la suite inspiré d’autres mouvements nationalistes comme le pan-slavisme et le pan-turquisme. Ces idées parviendront avec quelque retard, vers 1830, au Kurdistan où le prince de Rewanduz, Mîr Mohammed, se battra de 1830 à 1839 au nom de ses idées pour la création d’un Kurdistan unifié.

En fait, jusque là, tant qu’ils n’avaient pas été menacés dans leurs privilèges, les princes kurdes se contentaient d’administrer leur domaine, tout en rendant hommage au lointain sultan-calife de Constantinople. En règle générale, ils ne se soulèveront et tenteront de créer un Kurdistan unifié que lorsque, au début du XIXème siècle, l’Empire ottoman s’ingérera dans leurs affaires et cherchera à mettre fin à leur autonomie.

Des guerres pour l’unification et l’indépendance du Kurdistan, jalonnent la première partie du XIXème siècle. En 1847, s’effondre la dernière principauté kurde indépendante, celle de Bohtan. Signe des temps, les forces ottomanes, dans leur combat contre les Kurdes, sont conseillées et aidées par les puissances européennes. On remarque, par exemple, la présence dans les rangs ottomans de Helmut von Moltke, alors jeune capitaine et conseiller militaire.

De 1847 à 1881, on observe de nouvelles insurrections, sous la conduite de chefs traditionnels, souvent religieux, pour la création d’un Etat kurde. Elle seront suivies jusqu’à la Première Guerre Mondiale de toute une série de révoltes sporadiques et régionales contre le pouvoir central, toutes durement réprimées.

Les causes de l’échec de ces mouvements sont multiples: émiettement de l’autorité, dispersion féodale, querelles de suprématie entre les princes et féodaux kurdes, ingérence des grandes puissances aux côtés des Ottomans.

Après avoir annexé une à une les principautés kurdes, le pouvoir turc s’employa à intégrer l’aristocratie kurde en distribuant assez généreusement des postes et prébendes et en mettant sur pied des écoles dites tribales destinées à inculquer aux enfants des seigneurs kurdes le principe de fidélité au sultan. Cette tentative d’intégration à la Louis XIV fut en partie couronnée de succès. Mais elle favorisa également l’émergence d’élites kurdes modernistes. Sous leur houlette se dessina, à Constantinople, une phase moderne du mouvement politique tandis que se multiplient associations et sociétés de bienfaisance et patriotiques tentant d’introduire la notion d’organisation et d’implanter un mouvement structuré dans la population kurde.

Il faut préciser que dans cette fin du XIXème siècle l’Empire ottoman étant en proie à de vives convulsions nationalistes, chaque peuple aspirait à créer son propre Etat-nation. Après avoir tenté vainement de maintenir ce conglomérat en vie par l’idéologie de pan-ottomanisme, puis de pan-islamisme, les élites turques elles mêmes étaient devenues pan-turquistes et militaient en faveur de la création d’un empire turc allant des Balkans à l’Asie centrale.

La société kurde aborda la Première Guerre Mondiale divisée, décapitée, sans projet collectif pour son avenir. En 1915, les accords franco-britanniques dits de Sykes-Picot prévoyaient le démembrement de leur pays. Cependant les Kurdes étaient en conflit sur le devenir de leur nation. Les uns, très perméables à l’idéologie « pan-islamiste » du sultan-calife, voyaient le salut du peuple kurde dans un statut d’autonomie culturelle et administrative dans le cadre de l’Empire ottoman. D’autres, se réclamant du principe des nationalités, des idéaux de la Révolution française et du président Wilson des Etats-Unis, combattaient pour l’indépendance totale du Kurdistan.

Le clivage s’est accentué au lendemain de la défaite ottomane face aux Puissances Alliées, en 1918. Les indépendantistes formèrent une délégation dépéchée à la Conférence de Versailles pour présenter « les revendications de la nation kurde ».

Leur action contribuera à la prise en compte, par la Communauté Internationale, du fait national kurde. En effet, le Traité International de Sèvres conclu le 10 août 1920 entre les Alliés, dont la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis et l’Empire Ottoman préconisait dans sa section III (art. 62-64), la création sur une partie du territoire du Kurdistan d’un Etat kurde. Ce traité restera cependant lettre morte, le rapport de forces sur le terrain empêchant son application.

Pour sa part, l’aile traditionnelle du mouvement kurde, dominée notamment par des chefs religieux, bien implantée dans la société kurde cherchait à « éviter le péril chrétien à l’Est et à l’Ouest » et à créer dans les territoires musulmans libérés de l’occupation étrangère « un Etat des Turcs et des Kurdes ».

L’idée était généreuse et fraternelle. Une alliance est conclue avec le chef nationaliste turc Mustafa Kemal venu au Kurdistan chercher de l’aide auprès des chefs kurdes pour libérer l’Anatolie occupée et « libérer le sultan-calife virtuellement prisonnier des chrétiens ». Les premières forces de la guerre d’indépendance de Turquie furent en fait recrutées dans les provinces kurdes.

Jusqu’à sa victoire définitive sur les Grecs en 1922, Mustafa Kemal n’a cessé de promettre la création d’un Etat musulman des Turcs et des Kurdes. Il était ouvertement soutenu par les Soviétiques, et plus discrètement par les Français et les Italiens mécontents des appétits excessifs du colonialisme britannique dans la région. Après la victoire, à la Conférence de paix réunie à Lausanne, les délégués turcs affirmeront parler au nom des nations soeurs kurde et turque. Le 24 juillet 1923, un nouveau traité fut signé dans ce contexte entre le gouvernement kémaliste d’Ankara et les puissances alliées. Il rendait caduc le Traité de Sèvres et sans apporter aucune garantie en ce qui concerne le respect des droits des Kurdes consacrait l’annexion de la majeure partie du Kurdistan au nouvel Etat turc. Auparavant, par l’accord franco -turc du 20 octobre 1921 la France avait annexé à la Syrie placée sous son mandat les provinces kurdes de la Djezireh et de Kurd-Dagh. Le Kurdistan iranien dont une bonne partie était contrôlée par le chef kurde Simko vivait en état de quasi-dissidence par rapport au pouvoir central persan.

Restait encore en suspens le sort de la province kurde de Mossoul très riche en pétrole. Turcs et Britanniques la revendiquaient tandis que sa population au cours d’une consultation organisée par la Société des Nations, s’était prononcée dans une proportion de 7/8 en faveur d’un Etat kurde indépendant. Arguant que l’Etat irakien ne saurait survivre sans les richesses agricoles et pétrolières de cette province, la Grande-Bretagne finit par obtenir le 16 décembre 1925 du Conseil de la S.D.N. l’annexion de ces territoires kurdes à l’Irak placé sous son mandat. Elle promettait néanmoins la mise sur pied d’un gouvernement kurde autonome, promesse jamais tenue ni par les Britanniques, ni par le régime irakien qui a pris la succession de l’administration britannique en 1932.

Ainsi fin 1925, le pays des Kurdes, connu depuis le XIIème siècle sous le nom de « Kurdistan », se trouvait partagé entre 4 Etats: Turquie, Iran, Irak et Syrie. Et pour la première fois de sa longue histoire, il allait être privé même de son autonomie culturelle.

En effet, les conquérants et les empires de jadis s’étaient contentés de certains avantages et privilèges économiques, politiques et militaires. Nul n’avait entrepris d’empêcher la population d’exprimer son identité culturelle, d’entraver la libre pratique de sa vie spirituelle. Nul n’avait conçu le projet de détruire la personnalité kurde, de dépersonnaliser en le coupant de ses racines culturelles millénaires tout un peuple.

Ce projet fut celui des nationalistes turcs qui ont voulu faire de la Turquie, société éminemrnent multiculturelle, multiraciale et multinationale, une nation une et uniforme; il fut repris plus tard par l’Irak et l’Iran. On peut s’étonner avec Nehru « qu’un nationalisme défensif se transforme en un nationalisme agressif, et qu’une lutte pour la liberté devienne une lutte pour dominer les autres. Victime de sa géographie, de l’Histoire et aussi sans doute du manque de clairvoyance de ses propres dirigeants, le peuple kurde a été sans doute la population qui a payé le plus lourd tribut, qui a souffert le plus du remodelage de la carte du Proche-Orient.

Chez les Kurdes, il y a des musulmans, des chrétiens et des juifs

La grande majorité des Kurdes est musulmane sunnite (70%).

En Irak, la petite population kurde chiite a été massacrée ou déportée par Saddam Hussein en 1987-1988. Certains de ces Kurdes chiites, originaires d’Irak, vivent dans des camps de réfugiés en Iran. Depuis la chute du parti Baas, ils commencent à revenir en Irak, mais ils sont au maximum 20.000.

En Iran même, il y a une concentration de Kurdes chiites au sud du pays.

Parmi les Kurdes, le syncrétisme soufi-chiisme pré-islamique est influent (alévis en Turquie, yézidis en Irak du nord, shabak autour de Mossoul, kaka’ï yarsan en Iran).

Les chrétiens du Kurdistan se partagent entre catholiques et églises autocéphales: Chaldéens, Assyriens, Syriaques. Ils sont de langue araméenne.

Beaucoup de ces chrétiens ont participé à partir de 1967 aux révoltes des Kurdes, car ils étaient menacés par les exodes forcés, la destruction de leurs villages et par l’arabisation, avant de l’être aujourd’hui par l’islamisme.

On compterait actuellement plus de 100.000 chrétiens kurdes au Kurdistan d’Irak. Ils ne sont pas reconnus comme minorité religieuse ou ethnique en Turquie où la guerre des années 1990 les a chassés des régions kurdes (ils sont souvent pris entre deux feux, dans les combats des Kurdes contre le gouvernement central).

Au Kurdistan de Syrie, leurs rapports avec les Kurdes musulmans sont plutôt bons et les chrétiens dans les villes kurdes soutiennent plutôt les mouvements kurdes ou n’en souffrent pas, contrairement à ce qui se passe dans le reste de la Syrie.

Depuis 1949-1950, tous les Kurdes juifs sont partis en Israël, en Australie ou aux Etats-Unis.

L’Irak n’a pas de liens diplomatiques avec Israël mais en 2006 le président du KRG, Barzanî, s’est prononcé en faveur de l’ouverture d’un consulat israélien à Erbil. Les Kurdes juifs peuvent cependant revenir visiter leur village d’origine, sous d’autres passeports. Il ne parait pas y avoir d’hostilité des Kurdes musulmans envers eux.

Mustafa Barzanî (le père de l’actuel président du KRG) avait de très bonnes relations avec Israël qui l’a soutenu dès les années 1960, ou encore en 1975, et les Kurdes ne s’en sont jamais cachés. La tribu des Barzanî avait des liens étroits avec les juifs d’Aqra dont l’ancien ministre israélien de la Défense, Ytzakh Mordechai. Il y a aussi de nombreux «Barzanî» (originaires de Barzan) israéliens.

Le Kurdistan n’aurait soit-disant jamais existé!…

Le Kurdistan (mot interdit en Turquie) n’a jamais existé en tant qu’Etat nation du XXe siècle, mais dès l’époque médiévale, il y eut des principautés indépendantes ou semi-indépendantes tenues par des princes kurdes. Et par la suite, a toujours subsisté une province appelée Kurdistan en Perse, puis dans l’Iran moderne.

kurde-iranLa cause kurde

Peuple d’origine indo-européenne, les Kurdes, musulmans sunnites dans leur majorité, sont établis sur près d’un demi-million de kilomètres carrés, aux confins de la Turquie, de l’Iran, de l’Irak et de la Syrie. Leur nombre total varie, selon les sources officielles ou kurdes, de 25 à 35 millions de personnes. Le plus grand nombre vit en Turquie (12 à 15 millions), suivie de l’Iran (environ 5 millions), de l’Irak (près de 4,5 millions) et de la Syrie (quelque 2 millions). Situés dans des zones à l’intérieur des terres, les Kurdes ont su préserver leurs dialectes, leurs traditions et un mode d’organisation largement clanique.

L’effondrement de l’Empire ottoman à l’issue de la première guerre mondiale ouvrit la voie à la création d’un Etat kurde, prévue par le traité de Sèvres en 1920, situé dans l’est de l’Anatolie et dans la province de Mossoul. Mais après la victoire de Mustafa Kemal (« Atatürk ») en Turquie, les Alliés revinrent sur leur décision et, en 1923, le traité de Lausanne consacra la domination de la Turquie, de l’Iran, de la Grande-Bretagne (pour l’Irak) et de la France (pour la Syrie) sur les populations kurdes. Revendiquant la création d’un Kurdistan unifié, les Kurdes sont considérés comme une constante menace à l’intégrité territoriale des pays où ils sont installés.

En Turquie, le militant kurde Adbullah Ocalan fonde en 1978 le PKK, d’obédience marxiste-léniniste. Il décide en août 1984 d’engager la lutte armée pour obtenir la création d’un Etat kurde indépendant. Aux attaques du PKK répond la répression des forces de sécurité turques. En mars 1995, l’armée turque déploie 36 000 soldats en territoire irakien pour combattre le PKK. C’est le début d’une politique de la terre brûlée dans le sud-est anatolien, qui contraint à l’exil 2 à 3 millions de personnes.

Adbullah Ocalan, héros de la rébellion kurde

abdullahHéros pour la rebellion kurde, terroriste pour de nombreux Turcs, Adbullah Ocalan est le visage incontournable de la rébellion kurde. Né en 1949 dans une famille paysanne de six enfants dans le village d’Omerli, à la frontière syrienne, il épouse rapidement la cause kurde lors de ses études en sciences politiques à Ankara. En 1978, il fonde le PKK et se trouve, deux ans après, contraint à l’exil. Le plus souvent à Damas ou dans la plaine libanaise de la Bekaa sous contrôle syrien, où il installe son quartier général. Jugeant ses forces suffisantes, celui que ses fidèles ont baptisé « Apo » ou « Serok » (le chef) décide en août 1984 d’engager la lutte armée pour obtenir la création d’un Etat kurde indépendant. Contraint en 1998 de quitter la Syrie sous la pression turque, Abdullah Ocalan erre dans toute l’Europe à la recherche d’un improbable asile politique.

Capturé, puis jugé et condamné à mort en 1999, il ne doit sa survie qu’à la volonté turque d’entrer dans l’Union européenne (UE) et à la suppression de la peine capitale en 2002. Sa peine est commuée en détention à perpétuité. Abdullah Ocalan sous les verrous, Ankara pense avoir décapité le PKK. Depuis son isolement dans l’île-prison d’Imrali, non loin d’Istanbul, Ocalan continue pourtant à diriger son mouvement en délivrant ses instructions à ses avocats lors de leurs rares visites. C’est lui qui ordonne un cessez-le-feu unilatéral qui perdure jusqu’en 2004. C’est lui aussi qui commande au mouvement de renoncer à un Etat kurde indépendant et de militer pour une autonomie politique au sein de la Turquie.

Celui que les autorités d’Ankara n’ont longtemps désigné que comme un « tueur d’enfants » incarne aujourd’hui l’espoir de la paix. Bien qu’il l’ait menacé de rétablir la peine de mort contre lui, c’est bien avec lui que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a renoué le dialogue fin 2012.

Les Kurdes d’Irak disposent désormais d’une large souveraineté et ceux de Syrie ne masquent plus leurs velléités d’autonomie. « Pour des raisons idéologiques, Erdogan croit pouvoir gérer le processus en s’appuyant sur le principal point commun qui unit les Turcs et les Kurdes, l’islam« , juge Nihat Ali Ozcan, de l’université privée TOBB d’Ankara.

Lire l’article en entier sur le monde.fr

Allemagne : plusieurs milliers de Kurdes manifestent contre l’interdiction du PKK

kurdes manifQuelque 20 000 personnes, selon les organisateurs, ont défilé samedi 16 novembre à Berlin pour demander la levée de l’interdiction du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Allemagne en vigueur depuis vingt ans.

Placée sous le mot d’ordre « Soutenir le processus de paix, lever l’interdiction du PKK », la manifestation s’est déroulée dans le calme dans le centre de Berlin malgré des contrôles massifs de la police, selon le collectif de 52 groupes et organisations régionaux et nationaux à l’origine de ce rassemblement. La police de Berlin ne fournit généralement pas d’estimations chiffrées sur le nombre de participants à un défilé.

« Des autobus [transportant des manifestants] ont été arrêtés [par la police] et ont été fouillés pour trouver d’éventuelles affiches du dirigeant [emprisonné] du PKK Abdullah Öcalan », ont indiqué les organisateurs dans un communiqué, précisant que des amendes ont été infligées à ceux en possession d’un portrait du leader historique kurde.

L’Allemagne avait interdit le PKK le 27 novembre 1993. En Turquie, le conflit avec les rebelles du PKK a fait plus de 45 000 victimes depuis 1984.

Lire le décryptage : « La Turquie et le PKK, un conflit de trente ans »

Malgré son interdiction, le PKK bénéficie toutefois de soutiens solides en Allemagne, du fait de la présence depuis des années de près d’un demi-million de Kurdes, la plupart de nationalité turque. Quelque 11 500 d’entre eux sont d’ailleurs fichés comme soutenant activement le mouvement séparatiste, selon l’Office allemand pour la protection de la Constitution, chargé de la traque des organisations extrémistes.

Lire aussi : Mobilisation des Kurdes contre le « mur de la honte » en Turquie

L’ invention « Palestine et palestiniens »

Aimposture-palestinerafat se revendiquait encore comme étant le petit-neveu du grand mufti de Jérusalem, un nazi qui a levé des troupes pour Hitler…

Arafat est secrètement entraîné avec d’autres jeunes aux opérations de commando par un officier allemand de la Waffen SS …

La guerre arabe pour la destruction d’Israël n’était pas susceptible d’attirer beaucoup de soutiens dans les « mouvements pour la paix », satellites de l’Union Soviétique. Il fallait la redéfinir.

Il fut décidé que ce serait une lutte de libération nationale : celle du « peuple palestinien ». L’organisation s’appellerait OLP : Organisation de Libération de la Palestine. Yasser Arafat, en faisant monter l’OLP en première ligne, amène la nature du combat des Palestiniens sur un terrain plus politique.

L’OLP est désignée par le sommet arabe de 1973, comme seul représentant des Palestiniens dans le but de faire adhérer Arafat l’idée d’une démarche progressive vis-à-vis d’Israël, , ce qu’il accepte.

Yasser Arafat déclare à la sortie d’une réunion de l’ONU devant les caméras: « Je viens de créer un pays et un peuple qui jusque là n’existait pas ».

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