Clonage Objectif : Robot et Cyborg Surveillance

« Biopouvoir : Menaces pour l’Humanité ?» partie 4/5

Par Jean Luc Pujo

De façon irréversible !

Ces débats soulèvent des questions juridiques complexes qui mettent en jeux des principes constitutionnels – notamment le principe de dignité – et posent les questions de compétence législative, de contrôle de proportionnalité.

Est-ce que la création d’un fichier biométrique central des français constituerait-il une atteinte au principe de proportionnalité ? s’interroge le magistrat Christian BYK.

Ne faut-il pas d’ailleurs renforcer les principes constitutionnels de certains principes dérivés tels que « le respect du consentement » ou la « non patrimonialité du corps et de ses éléments » ?

Et la doctrine de dégager même des « principes sentinelles » qui n’ont pas en eux-mêmes rang constitutionnel mais qui sont les garants de principes constitutionnels. De tels principes ne peuvent être touchés par le législateur sans déclancher une sorte d’ « alerte constitutionnelle » rappelle Christian BYK.

Nous pourrons toujours « convoquer » la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme ou les textes internationaux tels que « la Déclaration Universelle sur la Bioéthique et les droits de l’homme » adoptée par acclamation le 19 octobre 2005 par l’Assemblée générale de l’UNESCO, nous sentons bien que le combat va être rude.

Et même si nous affirmons les principes du respect de la dignité humaine, de l’autonomie de la personne, du respect du consentement, nous savons que des tendances toutes contraires vont s’affirmer et qu’il faudra alors les combattre.

Nous le savons, notre vie quotidienne s’en trouve d’ores et déjà affectée :

« la biométrie articule les deux technologies politiques constitutives du biopouvoir. Elle permet un contrôle strict des individus en s’assurant de l’identité d’un passager ou de celle d’un élève à la cantine par des procédés qui leur imposent des formes de discipline du corps ( bien placer la main ou les doigts face au capteur). »

« Dans l’exemple de la cantine, lorsque le portillon d’accès se bloque face à un élève dont les parents n’ont pas réglé les frais de cantine, c’est dans la file d’attente et avec le personnel de gestion du self que l’élève va devoir s’expliquer sur d’éventuels problèmes familiaux et non plus avec l’assistance sociale dans le secret de son bureau. »

La biométrie révèle ainsi le passage à un pouvoir qui s’exerce sur le corps et par le corps.

Muni de puces, notre corps devient transparent pour les acteurs du biopouvoir : il est le témoin, voire le mouchard, qui authentifie ce que nous sommes et ce que nous faisons.

Et nous voyons bien que le droit seul ne pourra pas nous permettre de lutter contre une tendance lourde du contrôle du vivant qui progresse chaque jour.

Quels sont alors les autres outils ?

2 – Il nous faut – de toute évidence – en appeler au développement d’une conscience éthique :

«  Si l’on bannit l’homme ou l’être pensant et contemplateur de dessus la surface de la terre, ce spectacle pathétique et sublime de la nature n’est plus qu’une scène triste et muette. L’univers se tait ; le silence et la nuit s’en emparent. Tout se change en une vaste solitude où les phénomènes inobservés se passent d’une manière obscure et sourde. C’est la présence de l’homme qui rend l’existence des êtres intéressante. » écrivait DIDEROT dans l’Encyclopédie.

Qui peut contester que « l’Idée de progrès véhiculée par les précurseurs du XVIIème siècle par le mouvement des lumières du XVIIIème siécle, par le positivisme et le marxisme du XIXème reste profondément humaniste » ?

Autrement dit, « L’homme a toujours rêvé de posséder tous les pouvoirs, de dominer la nature, à commencer par la sienne. Il y parvient presque. Fort de cette omniscience, comment peut-il déterminer ce qu’il convient de faire tout en restant raisonnable et humain ? » s’interroge Axel Kahn.

Il nous faut bel et bien en effet repenser l’anthropologie philosophique dans la perspective des responsabilités que les techno sciences confèrent à l’être humain.

« Il nous faut une approche réflexive – nous dit le Philosophe Gilbert Hotois – qui implique que la valeur accordée aux humains dépend aussi des humains mais qui annonce clairement la responsabilité inaliénable des hommes eu égard à ce qu’ils font aux humains et aux non humains. »

Il nous faut envisager « le caractère non expérimentable de l’humain » comme une balise éthique !

Et pour cela, renouer avec l’impératif moral kantien selon lequel on ne doit jamais traiter autrui simplement comme un moyen mais le reconnaître comme étant lui-même sa propre fin.

Pourtant, nous fait remarquer Monette Vacquin, « Il ne faut pas idéaliser les conditions d’avènement du sujet de l’humain. Les obstacles le fortifient, qu’il en a toujours été ainsi, que tout progrès se fait dans la transgression. Certes, (…) il y a des transgressions joyeuses et salutaires, vivifiantes. D’autres laissent un fort sentiment de malaise. C’est le cas du point de non-retour que dessine la perspective légale, généralisée, latente, aseptisée, celle qui se gausserait de l’interdit civilisateur, celle qui atteindrait les conditions même de la constitution du sujet et des relations humaines. Cette transgression-là est un poison mortel. »

Oui, nous devons renouer avec la réaffirmation de Principes.

Interdit civilisateur : C’est en ce sens que nous devons en appeler à une responsabilité collective autant qu’individuelle.

Nous devons très certainement redécouvrir la notion même de « Sacré » parce que « la Nature est de l’ordre du sacré » et que la violation des lois de la Nature menace la Nature elle-même, c’est-à-dire, l’Homme.

« Avons-nous – d’ailleurs – le droit d’altérer la forme humaine que nous avons reçu en héritage ? » s’interroge Hans Jonas.

Et si nous devons travailler à une reformulation de l’éthique autour de l’idée centrale de responsabilité sous ses différents aspects, naturelle et contractuelle, nous ne devons surtout pas oublier – comme le rappelle le philosophe Denis Collin – que « la responsabilité à l’égard d’autrui est la responsabilité à l’égard d’une personne qui est mon égal, et qui, au même titre que moi, est un sujet libre », pour rester fidèle à la théorie Kantienne de « l’autonomie du sujet ».

C’est peut-être – sans doute – là – dans ces principes – que réside notre capacité à concevoir une résistance, à concevoir un monde de « citoyens vigilants », comme autant de « veilleurs », pour l’affirmation d’une humanité qui fidèle à sa marche vers le progrès refuserait sa soumission quand progresse des formes de pouvoir et de contrôle de plus en plus élaborées.

A SUIVRE ….

Biopouvoir menaces pour l’humanite.pdf

La Série

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