Désinfo

Affaire Merah : voyage au pays des conspirationnistes et des propagandistes

Lorsqu’aujourd’hui, les témoignages sur l’affaire Mérah nous dressent des cheveux sur la tête, nous ne pouvons nous empêcher de penser qu’à l’époque, la majorité des médias parlaient d’attentat sous fausse bannière, organisé par la DGSE et le MOSSAD… Et tout le monde y croyait dur comme fer, au point que les pauvres enfants victimes passaient inaperçues…

Tout à coup, nous réalisons à quel point toute cette littérature conspirationniste a fait le jeu du terrorisme et continue à le faire en se faisant passer pour des chercheurs de vérité… Détails:

1 – Le procès Mérah aujourd’hui

Rapporté par France info

L’ex-compagne d’Abdelghani Merah, entendue au procès ce mardi, a confirmé les propos de son ancien compagnon sur le climat raciste et antisémite qui régnait dans la famille Merah. Elle dit avoir pensé qu’ils avaient commis les crimes ensemble.

“Je regrette de ne pas avoir appelé la police le soir du 15 mars”

L’ex-compagne d’Abdelghani a indiqué devant la Cour que le soir de la tuerie de Montauban, elle a tout de suite pensé à Mohamed et Abdelkader Merah, en raison des propos qu’ils tenaient régulièrement autour de la religion. Ce soir-là, elle n’a pas appelé la police mais son ex-compagnon. « Tu es folle », lui aurait-il répondu.

A l’audience, très émue, elle a même déclaré avoir pensé que les assassinats de Toulouse et Montauban avaient été commis en famille par les frères Mohamed et Abdelkader mais aussi que leur soeur Souad et leur mère étaient au courant:

Quand Mohamed Merah était à la morgue, j’ai dit à Aïcha (NDLR : soeur aînée des Merah) que je pensais qu’Abdelkader était avec lui pendant les assassinats ou qu’ils étaient au courant. C’est ce que je pensais”.

Des propos tenus lors d’une semaine où les membres de la famille se succèdent à la barre, décrivant le climat régnant dans la famille. Les assassinats de Toulouse et Montauban ont été commis par Mohamed Merah seul. L’enjeu du procès c’est de savoir si l’influence idéologique d’Abdelkader Merah sur son frère peut être considérée comme une complicité dans les assassinats terroristes.

Pour elle, « le choix de l’école juive, j’ai pensé que c’était une idée d’Abdelkader ».

Des insultes racistes et antisémites

La jeune femme de 39 ans, séparée d’Abdelghani Merah et mère de son fils, a aussi indiqué mardi à la barre de la Cour d’assises spéciale de Paris qui juge les complices de Mohamed Merah, qu’un climat d’antisémitisme et de racisme régnait au sein de la famille Merah et que des propos en ce sens étaient tenus régulièrement par “tous les Merah”.

Celle qui a rencontré Abdelghani Merah, l’aîné de la fratrie, en 1994 alors âgée de 16 ans, décrit d’abord un climat familial “détruit”, “un chaos” où règne la violence.

Elle dit avoir été proche d’Abdelkader Merah, “le plus intelligent de la fratrie”, qu’il l’a même protégée quand Abdelghani, sous l’emprise de l’alcool, la battait.

Mais cette femme athée, d’origine catholique, a aussi décrit les propos antisémites et racistes tenus à son encontre :

Abdelghani leur avait dit que mon grand-père était juif, mais c’est faux mon grand-père c’est celui qui a adopté et élevé ma mère pas son géniteur, que je n’ai d’ailleurs quasiment pas connu”.

“Sale juive” lui aurait crié dessus Zoulikha Aziri, la mère , lui crachant dessus alors qu’elle n’avait que 16 ans.

“Sale française” lui crié les autres. Zoulikha Aziri, qualifiée par le témoin de “la plus grande menteuse que j’ai jamais connu”.

La mère des Merah est attendue à la barre des témoins mercredi.

Pourtant, elle a fréquenté cette famille pendant plusieurs années : “Je leur ai rien fait moi aux Merah, je les considérais comme mes frères et soeurs”.

« Abdelkader et Souad ont appris leur religion fanatique à Mohamed »

Au fil du temps, elle va voir la religion prendre une place prépondérante dans la famille : avec la soeur Souad, mais surtout avec Abdelkader, qui entre en religion après son incarcération en 2003 et l’agression au couteau de son frère Abdelghani. Les voyages répétés en Egypte, la pratique de l’islam radical, font de lui un ultra-religieux.

La haine du juif, du Français, devient alors de plus en plus présente dans la famille.

La jeune femme, qui était très proche au début avec Abdelkader, le voit alors s’éloigner, entrer en salafisme et ne plus lui adresser la parole. Quant à Mohamed Merah, elle dit qu’il était fier d’avoir été introduit dans le cercle des religieux par Abdelkader Merah. Pour moi, c’est Abdelkader et Souad qui ont appris leur religion fanatique à Mohamed”

Des propos qui rejoignent ceux de son ancien compagnon, tenus la veille selon lequel Mohamed Merah a été le bras armé mais que l’accusé Abdelkader Merah a été la tête pensante, le “mentor” de son frère.

Des tentatives d’embrigadement de son fils

Elle raconte aussi comment son fils, né en 1996, a été très tôt “embarqué” par les frères Merah, particulièrement Abdelkader, pour en faire “un bon musulman”. Et les discussions sur lesquelles elle a dû batailler avec son propre fils qui adolescent la traite de “mécréante”.

Le fils est alors régulièrement exposé à des visionnages de vidéos jihadistes violente, avec des exécutions. Elle raconte que son fils a été à plusieurs reprises embrigadé par Mohamed Merah, dans son appartement.

Enfin, elle termine avec cette phrase : “J’ai d’abord eu de la tristesse, de la peine après les attentats, mais depuis j’ai du dégoût pour cette famille”.http://france3-regions.francetvinfo.fr)

2 – L’Affaire Mérah vu par la presse en juin 2012

Zones d’ombre, surenchère médiatique, récupération politique, ratés des services de police : l’affaire Merah réunit tous les ingrédients dont raffolent les conspirationnistes.

Par Soren Seelow pour le Monde.fr


Un policier inspecte l’appartement de Mohamed Merah rue du Sergent-Vigné, à Toulouse, vendredi 23 mars. Reuters/JEAN-PAUL PELISSIER

Zones d’ombre, déclarations contradictoires, surenchère médiatique, récupération politique, résonances avec le conflit israélo-palestinien, ratés des services de police, rôle trouble des services de renseignement… l’affaire Mohamed Merah, le jeune homme accusé d’avoir tué sept personnes en mars à Toulouse et à Montauban, réunit tous les ingrédients dont se nourrissent les théories conspirationnistes.

Dès l’origine de l’affaire, les premiers soupçons de manipulation politique surgissent. Alimentés par les incohérences du dossier, ils ne cesseront d’enfler jusqu’à s’agréger en véritables thèses alternatives à la version officielle. Plongée dans la nébuleuse complotiste, ses réflexes, ses techniques, ses arrière-pensées idéologiques.

Nous sommes le 19 mars. La France est encore sous le choc du meurtre de trois militaires à Montauban quand un homme, baptisé le « tueur au scooter » par la presse, tue trois enfants et un adulte devant une école juive de Toulouse.

Le nom de Merah n’est pas encore apparu, les médias véhiculant encore la thèse d’un tueur néonazi. Quelques heures à peine après le drame, Philippe Poutou, alors candidat NPA à la présidentielle, déclare : « Ça a l’air d’être un fou, mais ce n’est peut-être pas un hasard si ça arrive en pleine campagne. Il y a peut-être un calcul politique derrière pour faire diversion par rapport à la crise. » Le NPA se désolidarise aussitôt de cette sortie hasardeuse. Les germes du complot, eux, ne tarderont pas à s’épanouir sur Internet.

De l’innocence de Merah à la culpabilité d’Israël

Ils sont rapidement relayés sur des sites « spécialisés » comme Sott.net, le Réseau Voltaire, Mecanopolis, Oulala.net ou Legrandsoir.info. Avec l’identification de Merah, ce n’est plus tant sur le « timing » politique que sur l’identité du tueur, que portent désormais les soupçons de manipulation.

Pour Sott.net, un réseau de sites multilingue qui occupe une place de choix dans la complosphère, l’affaire est entendue : Merah est « innocent ».

La « démonstration », truffée de contrevérités, se nourrit des nombreuses zones d’ombre de l’affaire (récits contradictoires de l’assaut, nature exacte des relations entre Merah et les services secrets, etc.) pour aboutir à une conclusion lapidaire : le jeune homme a été manipulé par les services de renseignement avant d’être exécuté.

Il faut lire l’exposé jusqu’à son terme pour comprendre l’arrière-fond idéologique qui sous-tend cette thèse : « Les véritables cerveaux du terrorisme à l’échelle mondiale » sont… « les Israéliens ». Sous l’article, un texte intitulé « Comment le monde va finir en 2012 » nous explique « que la mise en place finale du Nouvel ordre mondial fasciste et totalitaire aura lieu cette année ».

« L’idéologie conspirationniste pense que tout est complot, qu’il y a un complot mondial. Elle recycle les vieux thèmes anti-judéo-maçonniques, l’idée d’un sionisme international tentaculaire », explique Rudy Reichstadt, fondateur de Conspiracy Watch, site qui se décrit comme un « observatoire du conspirationnisme et des théories du complot ».

« La complosphère est une galaxie rouge/brune, qui s’agrège de l’extrême gauche à l’extrême droite autour d’un fond idéologique anti-impérialiste ».

Une collusion illustrée récemment par le cas René Balme, candidat du Front de gauche aux législatives qui hébergeait sur son site, Oulala.net, des textes d’extrême droite, antisémites et complotistes.

Merah, Ben Laden, DSK, 11-Septembre…

Les ruines du World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001 à New York. AFP/ALEX FUCHS

L’idéologie conspirationniste se signale par une approche systématique, quasi obsessionnelle, qui tend à tisser un lien invisible entre certains grands événements de l’histoire récente au service d’une même vision du monde.

Sur Mecanopolis, Hani Ramadan, le frère de Tariq, défend ainsi la thèse d’un attentat sous fausse bannière, destiné à faire monter l’islamophobie, qu’il met en relation avec la mort de Ben Laden et les attentats du 11-Septembre :

« A propos de Mohamed Merah, nous pouvons être sûrs qu’il est l’auteur des crimes de Toulouse et de Montauban. Du moins, aussi sûrs que nous avons la certitude que le corps de Ben Laden gît au fond des mers, écrit le directeur du Centre islamique de Genève. Comment ne pas ressentir un malaise devant la version officielle des faits, en cette période électorale ? Comment ne pas faire la comparaison avec le 11-Septembre ? »

« La complosphère s’est engouffrée dans cette affaire avec sa célérité habituelle, dès les premiers jours, comme pour le 11-Septembre, la mort de Ben Laden ou l’affaire DSK », constate Rudy Reichstadt. Dernier exemple en date de ce complotisme systémique, le réalisateur Mathieu Kassovitz, qui avait déjà publiquement mis en cause la version officielle du 11-Septembre, s’est fendu, la semaine dernière, d’un tweet dubitatif (supprimé depuis) sur la culpabilité de Mohamed Merah :


Parole officielle contre source alternative : qui croire?

Mohamed Merah ne sera jamais jugé, et rien n’interdit de s’interroger sur les innombrables questions laissées ouvertes par cette affaire complexe et par les lenteurs de l’enquête.

« Toute thèse alternative n’est pas délirante, remarque le sociologue Pascal Froissart, auteur de La rumeur. Histoire et fantasmes. L’appareil d’Etat nous a déjà abondamment menti par le passé – Tchernobyl, la maladie de Mitterrand, etc.. Le doute est plutôt sain. »

Ce tweet est néanmoins révélateur de la mécanique conspirationniste.

A partir de « zones d’ombre », le complotiste remonte un fil qui le conduit irrésistiblement à rejeter en bloc la version officielle. On ne sait pas tout, c’est donc qu’il y a complot.

La prise de position de Mathieu Kassovitz fait suite à la publication, mardi 12 juin, par le quotidien algérien arabophone Echourouk, de la traduction en arabe des propos qu’aurait tenus Merah dans deux vidéos tournées durant l’assaut du RAID. Selon la transcription en français du contenu supposé de ces vidéos, le jeune homme aurait découvert peu avant de mourir qu’il avait été manipulé par les services secrets. « Je suis innocent », affirme-t-il, selon la transcription.

Personne n’a jamais vu ces vidéos.

La justice française les réclame, jusqu’ici en vain. Les enquêteurs ont fait part de leurs « sérieux doutes » concernant leur existence, tout comme le parquet de Paris, au motif qu’aucun matériel d’enregistrement n’a été retrouvé dans l’appartement de Merah.

Sur les sites conspirationnistes, le contenu de ces vidéos fantômes, relayé par un journal proche des services secrets algériens, eux-mêmes réputés pour leur art consommé de la manipulation, est pourtant cité comme une preuve matérielle du complot.

L’autorité de la source importe peu : la version officielle étant par nature mensongère, seules les assertions émanant de la marge sont à même de faire éclater la vérité.

Et quand bien même ces vidéos n’existeraient pas ou seraient des faux, l’objectif serait atteint, explique Rudy Reichstadt :

« Il est moins important de convaincre que d’instiller le doute. Dans dix ans, on aura oublié les détails, on retiendra la suspicion. »

Le rôle des médias : le diable est dans le détail

Une suspicion entretenue par les médias et les déclarations d’anciens patrons du renseignement, comme Yves Bonnet, ancien responsable de la DST, qui a laissé entendre, sans preuve, que Merah avait pu être un indicateur de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). L’enquête n’a pas encore permis de faire la lumière sur ce point : une carence d’information dont s’emparent les tenants des thèses alternatives.

A l’heure d’Internet et des chaînes d’information en continu, affirmations contradictoires non recoupées et contrevérités s’accumulent, semant la confusion dans les esprits.

Sur Sott.net, les approximations des médias ne sont pas le signe d’un manque de rigueur, mais la preuve qu’on nous ment :

« Un témoin oculaire des meurtres de Montauban [a] déclaré de façon claire que le tireur, qui portait toujours un casque de moto, était ‘corpulent’. […] Ainsi, conclut l’auteur, il y a des chances que Mohamed Merah ne soit pas l’assassin de Toulouse. » Ce lien de cause à effet sur la foi d’un unique témoignage est développé dans une vidéo :

« Les témoins disent n’importe quoi, comme souvent dans ce genre d’affaires. Le témoignage de cette dame, Martine, n’a jamais été pris au sérieux par les enquêteurs. Mais il faut alimenter l’antenne, et cela créé de la confusion dans l’opinion », explique Frédéric Helbert, journaliste indépendant, qui décrypte sur son blog les développements de l’affaire depuis le premier jour.

« Les conspirationnistes discréditent par avance toute parole officielle, tout média officiel, alors qu’ils ne se nourrissent eux-mêmes que des informations diffusées par ces canaux, explique Rudy Reichstadt. Ils n’enquêtent pas, ils collationnent ce qu’ils trouvent et le mettent en scène de façon plausible. Ils agissent par sous-entendus, pointent les zones d’ombre comme autant de preuves et excluent de leur démonstration ce qui les gêne. Il arrive bien sûr que la parole officielle mente, mais les discours conspirationnistes sont eux-mêmes mensongers et manipulatoires. »

Le récit de l’assaut : une version officielle défaillante

Les policiers du RAID quittent les lieux de l’opération après l’assaut contre l’appartement de Mohamed Merah, le 22 mars à Toulouse. AFP / PASCAL PAVANI

Cette suspicion à l’égard de la parole officielle a été largement renforcée par la fantastique confusion qui règne depuis le début de cette affaire.

« On est dans une histoire où tous les officiels mentent. La communication est totalement verrouillée. C’est du pain béni pour les complotistes ! », résume Frédéric Helbert.

La description tout en non-dits de l’assaut faite au Monde.fr par le patron du RAID, qui coïncide avec son rapport complet de l’opération, est abondamment commentée sur certains sites. Amaury de Hauteclocque y déclare : « Il est venu à l’engagement contre nous avec trois Colt 45 de calibre 11.43 alors que nous avions alors engagé uniquement des armes non-létales. J’avais donné l’ordre de ne riposter qu’avec des grenades susceptibles de le choquer. Mais il a progressé dans l’appartement et il a tenté d’abattre mes hommes qui étaient placés en protection sur le balcon. C’est probablement l’un des snipers qui l’a alors touché. »

A aucun moment le patron du RAID n’évoque des tirs de la part de ses hommes engagés dans l’appartement laissant entendre, par omission (« alors que nous avions alors engagé… »), qu’ils étaient équipés d’armes non-létales. En réalité, Merah n’avait qu’un seul Colt, et non trois, et les premiers intervenants du RAID ont tiré à balles réelles lorsqu’il a surgi de la salle de bain en faisant feu dans leur direction, racontent Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut dans Affaire Merah, l’enquête. Au terme de près de six minutes de fusillade, la PJ retrouvera 69 douilles de balles 11.43 tirées par le Colt de Merah, qui avait plusieurs chargeurs, et près de 300 appartenant aux policiers.

Des images de France 2 montrent des impacts de balles sur un mur de l’appartement de Mohamed Merah. AFP/-

Sott.net s’est aussitôt engouffré dans les failles du récit du patron du RAID, en y ajoutant plusieurs erreurs factuelles : « Aucune de ces balles n’a atteint Merah ni un seul membre du groupe d’assaut […] On peut supposer que les policiers susmentionnés sont tombés en état de choc lorsqu’ils ont réalisé que trois cents cartouches tirées avec des armes automatiques dans un 38 m2 avaient toutes manqué leur cible. »

Cette affirmation est fausse : près de trente impacts de balles ont été retrouvés sur le corps de Merah, qui portait un gilet de protection, et plusieurs policiers ont été blessés durant l’opération.

« Le récit officiel de l’assaut est incohérent, estime Frédéric Helbert. Six à sept minutes de mitraillage dans 40 m2, 300 cartouches, 28 impacts de balles sur le corps de Merah, c’est difficile à croire. J’ai moi-même du mal à comprendre. Rien n’a été clairement expliqué, et ça ressort comme une hydre. Quand on ne sait pas, on invente. A quoi il faut ajouter que la mère de Merah n’a pas pu voir le corps de son fils, qui était dans un cercueil plombé. Et ça, les complotistes adorent… »

Nous sommes tous conspirationnistes

« Le conspirationnisme a plusieurs étages, explique Rudy Reichstadt. Au premier niveau, une structure de discours qui tend à privilégier un récit alternatif à celui communément admis sur un événement donné. Et quand on creuse un peu, on trouve l’idéologie conspirationniste, qui veut que tout soit complot. »

Inutile d’être un conspirationniste avéré pour céder, ponctuellement, à la tentation du complot.

Au lendemain de la révélation de l’affaire du Sofitel de New York, et alors que l’opinion ne disposait encore d’aucun élément permettant de se forger un avis sur la culpabilité de Dominique Strauss-Kahn, une majorité de français (57 %) pensaient que DSK était victime d’un coup monté. Le pourcentage montait même à 70 % chez les sympathisants socialistes.

Le réflexe complotiste a alors constitué une forme d’autodéfense patriotique, voire partisane.

Elle trouve un équivalent dans l’affaire Merah, avec un conspirationnisme « communautaire », certains Français de confession musulmane refusant de croire qu’un des « leurs » ait pu commettre de telles atrocités. Une façon de se libérer d’une culpabilité collective, d’anticiper par le déni toute stigmatisation de leur communauté.

En témoigne ce clip du rappeur d’Alif (qui se présente lui-même comme le chanteur « le plus boycotté du rap français »), dans lequel il se glisse dans la peau de Merah : « La France m’a pris pour cible et m’a collé une affaire d’Etat. (…) En période électorale, tous les coups sont permis. (…) Ils m’accusent de tous ces meurtres que je n’ai pas commis. (…) Ce que nous vivons est un deuxième 11-Septembre à la française. (…) J’pisse le sang dans leur complot. (…) Je sais que tuer des enfants est horrible, mais le plus horrible est d’en avoir reçu l’ordre. »

http://www.lemonde.fr

Inutile, en effet,  d’être un conspirationniste avéré pour céder, ponctuellement, à la tentation du complot…. Tout le monde peut se tromper… Mais à la lueur de ce procès du frère de Mohammed Mérah, nous pouvons voir à quel point les gens sont prêts à croire n’importe quoi et à le propager, quand l’info leur permet de se déculpabiliser et en même temps de satisfaire une haine du juif inavouée… La haine du juif étant, je le rappelle LA VIEILLE HAINE qui ne veut pas céder…

Ce procès du frère de Merah est en train de mettre à jour toutes les tentatives désespérées de taire les exactions perpétrées par l’islam… Ceci est en cours depuis l’histoire de Ilan Halimi et se termine par celle de Sarah Halimi ….

La volonté de cacher qu’il existe un antisémitisme musulman coriace qui peut engendrer des actes innommables de barbarie, s’en prenant même à des enfants en bas âge est devenu la norme depuis le meurtre de Ilan halimi, en janvier 2006 et semble se clôturer enfin sur l’assassinat de Sarah Halimi en avril 2017, avec ce procès Mérah…

Voici les affirmations du frère aîné de la fratrie : Abdergani Mérah, concernant cette haine du juif qui a martelé son enfance :

« Ma mère disait que les Arabes étaient nés pour détester les Juifs », lâche-t-il à la barre;

« Dans la famille Merah, on a été élevés avec le traumatisme post-colonial, la haine du Juif et de tout ce qui n’est pas musulman », poursuit-il.

En réalité personne ne veut s’imaginer qu’un rejeton d’une famille algérienne classique a abattu à bout portant des enfants qui avaient encore leur tétine à la bouche pour ensuite tirer par les cheveux une gamine de 8 ans pour mieux lui mettre une balle dans la tête … Comment admettre que l’éducation dans ces familles ressemble souvent à celle des « pesudos colonisés » de Gaza… Le lavage de cerveau a pourtant opéré et la vieille mère Mérah a obtenu de ses enfants qu’ils réalisent ses fantasmes… Combien en France, sont dans le même cas que cette famille Mérah ? Combien sont manipulés depuis des décennies pour haïr le juif et le français de souche ? Tous les candidats au djihad sont concernés par ce bourrage de crâne… 

Le frère du « tireur au scooter », Abdelkader, est passible de la réclusion criminelle à perpétuité s’il est reconnu juridiquement complice de son frère Mohammed, mais combien sont en réalité complices ? De la famille aux voisins, aux amis et même aux médias qui ont innocenté Mérah, tous sont complices…

Abdelghani, 40 ans, est l’aîné de la famille Merah.


Procès Merah : l’aîné de la fratrie va témoigner contre Abdelkader

Lui a toujours condamné les crimes de son frère Mohammed, endoctriné et manipulé, dit-il, par Abdelkader, aujourd’hui jugé pour complicité de meurtres. « Ces attentats ne m’étonnent pas. Déjà en 2003, à la DST (Direction de la surveillance du territoire, j’ai prévenu, je leur ai dit textuellement : ‘Le jour où il y aura un attentat, il ne faudra pas aller chercher très loin, ce sera un de mes frères' », explique-t-il.

« J’ai vu ce danger venir après le 11 septembre 2001, lorsque j’ai vu une grande partie de ma famille chanter, danser, faire des louanges de Ben Laden ».

Combien de familles ont chanté et dansé, combien ont distribué des bonbons, combien se sont réjouis…?

Deux autres témoins étaient attendus au procès Mérah. Le président a indiqué qu’ils avaient demandé l’anonymisation qui a été acceptée pour les deux.

« .Jusqu’à ce moment (arrestation), Mohamed Merah était convaincu que Dieu le protégeait » dit le témoin

« Son but était de mourir les armes à la main » continue le témoin. Mohammed Merah a clairement clamé son affiliation à Al-Qaïda ».

Il ajoute « Souad (la soeur de Mohamed), je l’ai déjà entendue dire qu’elle était capable de se faire péter dans un métro et  Mohamed de prendre les armes »

« Vous avez dit avoir entendu la mère de Mohamed Mérah déclarer être fière de son fils » dit le président au témoin qui confirme.

Concernant Zoulikha Aziri (la mère), le témoin dit : « Quand son fils est décédé, je ne l’ai pas vue verser une larme ».

C’est un procès historique qui s’est ouvert le lundi 2 octobre 2017, devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Après quatre années d’instruction, le procès des crimes terroristes de Mohamed Merah, commis à Toulouse et à Montauban, en mars 2012, est arrivé devant une juridiction pour cinq longues semaines. Avec un handicap majeur : l’absence de l’auteur principal, Mohamed Merah, tué par le RAID, l’unité d’intervention de la police nationale, dans son appartement lors de l’assaut lancé contre lui au terme de trente-deux heures de siège, le 22 mars 2012 au matin.

Il va surtout falloir juger un homme : Abdelkader Merah, 35 ans, frère aîné de Mohamed, renvoyé pour complicité d’assassinats sur la base d’un faisceau d’indices. Il est accusé à titre principal du chef de « complicité d’assassinats et de tentatives d’assassinats commis en relation avec une entreprise terroriste ».

Nous en saurons plus dans peu de temps….

 

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