La prophétie de DOHRMAN

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre LXVII

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 67 – Rémission Intérieure

La forêt était triste au crépuscule.

Les ombres devenaient des bergers tendant la lumière déclinante à l’extinction.

Des feuilles fragiles étaient parsemées sur le velours de la mousse couleur de jade et la boue marbrée résistait aux empreintes de n’importe quelle créature.

Maia sentait que c’était un endroit qui reflétait son état d’esprit, sauf pour une chose : les lucioles, telles une galaxie poussière, voletaient entre les branches, suscitant l’espoir de leurs manières non apprises.

Maia et Simon ont enterré Kamil ce matin, et ont marché vers l’Oracle en silence pendant le reste de la journée, heureux de mettre plus de distance entre eux et les meurtriers de Kamil. Simon trouva un bel emplacement de campement et avait offert de préparer leurs maigres rations. Maia voulait être seule, et décida de chercher un endroit où elle pourrait recueillir ses sentiments et ses pensées.

Son corps était engourdi et son esprit était possédé par l’absurdité du meurtre de Kamil. Sous la voûte des pins, dans une forêt s’assombrissant, un brouillard de terre se levait telle une chape. Dans le lointain, elle pouvait entendre le grondement de la foudre et la pluie sera ressentie comme une compagne appropriée pour compléter son état d’esprit. Les arbres massifs autour d’elle se découpaient dans le soupir final de la lumière, et elle s’assit sous le grand pin, écoutant les grillons, regardant les lucioles, en se demandant pourquoi le monde était devenu fou.

Maia se mit à battre la terre avec ses mains. « Pourquoi êtes-vous si indifférente ! », cria-t-elle. « Vous vous souciez si peu pour une vie que vous le laissiez mourir ? »

Ses larmes tombaient toujours aussi grosses alors qu’elle sentait l’élagage cruel d’un Dieu indifférent. « Toute ma vie j’ai dit que je vous faisais confiance, j’avais foi en vous, je vous aimais, je vous donnais ma dévotion, et pourtant, je goûte l’amour un jour, et vous, vous me l’enlevez … »

Maia devenait inconsolable pendant qu’elle continuait à battre la terre inflexible avec ses poings féroces. « Je vous hais Dieu, je vous hais ! Je vous hais ! » À travers la vision brouillée de ses larmes elle voyait comme son monde lui lançait un regard furieux de retour – ordinaire, indifférent, comme si l’apathie suintait de toutes les feuilles, pousses, branches et de la pierre. Son corps devint immobile, sa respiration devint plus calme, et elle gisait sur le sol, comme si sa volonté de vivre avait disparu. Le tonnerre au lointain retentissait à nouveau, et l’air était humide et étouffant.

Maia entendit le bruit feutré de pas et ouvrit les yeux sur le corps imposant de Simon et sa robe pourpre. Il portait quelque chose et je m’assis à côté d’elle. « J’ai lavé sa chemise. Ce n’est pas parfait, mais c’est quelque chose de valeurs à conserver si vous voulez. »

Maia se redressa et s’adossa contre un arbre. « Je vous remercie. »

Simon prit son nouvel environnement. « Vous avez choisi un bon endroit. »

« Je crois qu’il m’a choisi réellement. » Maia enveloppa ses bras autour de ses jambes et reposa son menton dans la vallée entre ses genoux.

« Il ferait un meilleur site de campement que celui que j’ai choisi. »

« Puis-je garder sa chemise ? », demanda discrètement Maia.

Simon rendit la chemise de Kamil à Maia. « Elle est encore humide, et un peu froissée. »

Maia prit la chemise et la plaça sur ses genoux, puis posa sa joue sur elle. Elle était pliée, et Maia sentait un sentiment de confort avec elle. « Merci de l’avoir lavée, Simon. »

Il acquiesça. « Vous savez, c’est parfaitement normal de se sentir haineuse dans des circonstances pareilles. Mais souvenez-vous de pardonner … tout le monde, y compris Dieu, quand vous sentez que vous êtes prête. »

« Comment puis-je être prête? Je me sens tellement en colère et découragée. Comment puis-je laisser faire ? Une sentinelle a assassiné mon bien-aimé, alors je déteste la sentinelle, et la sentinelle travaille pour l’Église, ainsi je déteste l’Église, et l’Église travaille pour Dieu, ainsi je déteste Dieu. D’une certaine manière, ils sont tous à blâmer. »

« C’était prévu. »

« Qu’est-ce qui était prévu ? », demanda Maia en relevant la tête.

« La mort de Kamil, elle était prévue. »

« Par Dieu ? L’Église ? Qui ? Qui l’a prévue ? «

« La meilleure réponse que je puisse vous donner, c’est que Kamil l’a permise, et non parce qu’il devait ou qu’il était prédestiné par une puissance supérieure, mais parce qu’il vous a choisi. »

Maia semblait confuse. « Vous dites qu’il est mort à cause de moi ? »

Simon poussa un long soupir, comme s’il regrettait de ne pouvoir remonter dans le temps et reformuler ses paroles. « Maia, vous n’êtes pas une femme ordinaire. Vous êtes celle qui nous défendra, qui nous aidera. Vous êtes celle que j’ai attendue pour nous relier, pour dégager une voie vers l’Unité pour nous tous qui sommes prêts. Le côté le plus profond de Kamil le savait. Il était là pour vous servir. Il n’était pas le Grand Portail… il était celui qui a ouvert la porte vers le Grand Portail. Le Grand Portail est en vous, alors que nous parlons, il se forme au sein de votre ventre. »

Le visage de Maia se décomposa. « Vous dites que je suis enceinte ? »

Simon acquiesça.

« Comment savez-vous ? », demanda Maia avec des larmes dans ses yeux. « Comment avez-vous pu savoir ? »

« Je le sais », annonça Simon. « Je ne peux pas expliquer comment je le sais. »

« Alors, c’est une intuition ? »

« Si c’est ainsi que vous désirez l’appeler. Alors, oui, c’est une intuition. »

Il y eut une longue pause, et quelque part au loin le tonnerre bourdonnait aux clics saccadés des grillons.

« Simon ? »

« Oui. »

« Si ce que vous dites est vrai, que je suis censé nous connecter et toutes les autres choses que vous avez mentionnées, comment pourrai-je éventuellement le faire, étant moi? Une transformation ne devrait-elle pas avoir lieu afin de me donner des pouvoirs spéciaux ou… je ne sais pas. Je me sens si insuffisante … »

« Peut-être que ces pouvoirs se développent à l’intérieur de vous. »

Maia regarda Simon et sourit. Elle espérait que son intuition soit juste. « Je pardonne à Dieu. Je regrette ces choses que j’ai dites… J’espère qu’il me pardonne. »

« Ma chère Maia il n’a jamais eu une période où Dieu a eu besoin de vous pardonner. C’est toujours vous qui a besoin de vous pardonner. »

« Si c’est vrai, comment je me pardonne ? »

« C’est un sujet complexe, et vous devez d’abord comprendre que la Source Première, notre Créateur, est également nous. Imaginez que la Source Première soit seule dans un univers de son esprit – pas l’univers que nous avons maintenant avec les planètes et les étoiles. Dans ce méta-univers, la Source Première était comme une seule cellule de conscience et elle se divise en deux cellules. La première cellule était l’observateur, celle qui pouvait regarder sa création et apprendre d’elle. La seconde, la nouvelle cellule, se diviserait en d’innombrables formes et expérimenterait la dimensionnalité, ou un domaine de vibrations qui était matériel, concret et ancré dans la polarité et la séparation. »

« Cette deuxième cellule reste connectée à la première. Elles sont un seul être, ayant exactement la même constitution et noyau génétique, mais parce que la deuxième cellule s’est divisée en une multitude de formes, dans une multitude de réalités vibratoires, ces formes ont évolué à travers l’espace-temps avec des perspectives différentes, des capacités différentes, des points de vue différents et des croyances différentes. En ces différences, elles sont également divisées et la séparation s’est encore plus intensément ressentie. »

« Dans cette séparation, au sein de la deuxième cellule, l’humanité existe avec de nombreuses autres espèces et êtres. Mais même au sein de notre famille humaine tout simplement, cette séparation s’est produite encore et encore jusqu’à ce que nous ayons des gens se méfiant de toute personne qui regarde ou agisse légèrement différemment d’eux. Et pourtant, dans la cascade de la séparation, si vous pouviez tout ramener à ses origines, nous venons tous de la même source – la Source Première. Chacun est la Source Première, quoiqu’un atome minuscule de son soi global. »

« Néanmoins, dans ce minuscule atome de la Source Première, que vous êtes … que je suis … réside la vérité de qui nous sommes réellement. Il ne vit pas ou n’existe nulle part ailleurs. Maintenant, les vertus du cœur, comme la compréhension, la compassion et le pardon, doivent fonctionner à partir de ce point de vue parce que, sans cette perspective ou contexte, nous n’avons pas vraiment la compréhension, nous ne pouvons vraiment pas apprécier l’unité que nous sommes tous. Sans cela, le pardon est tout simplement un concept que vous pouvez employer mécaniquement, eh oui, il aura un certain effet positif, mais il n’atténuera pas les flammes de la culpabilité et du jugement, il ne transformera pas ces énergies aux fréquences de l’amour. »

« Dans le contexte de qui vous êtes vraiment, vous pouvez sentir comment vous avez dérivé loin de la Source Première, et dans cette incarnation dérivant vous habitez des réalités où tout est séparé, enfermé dans des identités qui révèlent qu’une infime partie de votre nature divine, et de ceci – la peur se déploie. C’est cette peur qui habite la réalité vibratoire de la séparation, et à cause de cela, nous passons le costume pénitentiaire tous les matins et existons dans la séparation, manifestant la séparation, exprimant la séparation, faisant vivre la séparation. »
« Comment peut-on changer cette réalité ? »

Simon poussa un soupir. « Vous existez dans la séparation, mais vous manifestez l’unité, et vous faites cela en comprenant ce que vous êtes vraiment, et en appliquant ensuite cette compréhension à tout le monde. Et ne laissez pas l’image de la séparation se substituer à la réalité profonde d’unité quant à la façon dont vous exprimez l’intelligence de votre cœur. »

Maia écoutait attentivement. « Pourquoi la Source Première voulait se diviser elle-même ? »

« La création hors de la solitude est une chose puissante. Peut-être qu’elle voulait créer un multivers où ses formes matérielles pouvaient interagir et cette interaction élargissait la présence de la Source Première dans l’expansion continue de l’espace-temps. La Source Première serait le soutien et l’observateur, mais donne les pouvoirs de la création à son autre moitié, les Dimensionnels. »

« Les Dimensionnels ? »

« C’est ainsi que j’appelle quiconque faisant partie de la deuxième cellule », répondit Simon.

« Ainsi, la peur est le virus qui attaque la deuxième cellule, ou tout au moins fait de nous moins que ce que nous sommes ? », demanda Maia.

« Parmi les Dimensionnels il y a des êtres très puissants, y compris ce que nos livres religieux ont hardiment, et, ajouterais-je, à tort, appelé nos Dieux. Ces êtres puissants ont appris à répondre à cette peur différemment, à être des agents de causalité de celle-ci et à faciliter son écoulement dans les populations des Dimensionnels. Ils ont appris à s’en nourrir – à en faire leur allié. En un sens, la peur est devenue leur moteur, même si, eux-mêmes restent liés à la peur elle-même. »

« Cela rend seulement les murs de la prison plus élevés, mais cela ne rend pas l’évasion impossible. C’est là où vous intervenez, ma chère, vous êtes une personne sur le plateau de jeu qui créera un passage à la Source Première, du moins pour ceux qui veulent faire le voyage. »

« Mais comment pourrais-je faire cela ? », demanda Maia. « Comment pourrais-je créer une porte pour la Source Première ? Cela n’a pas de sens. Vous seriez un candidat bien mieux pour le faire que moi. »

« Il ne s’agit pas de connaissances ou d’expérience », dit Simon. « Cela ne l’a jamais été. Il s’agit du cœur, et comment son intelligence est prélevée, ensuite exprimée par le biais de votre dimensionnalité – pas seulement votre corps. Les paroles, les gestes et les activités, oui, elles sont une partie d’elle, mais la moindre partie. Il y a un rapport avec les parties invisibles de vous, les aspects vibratoires les plus élevées, et ceux que vous ne pouvez pas voir de vos yeux, et que vous pouvez vaguement sentir avec votre esprit. Mais c’est là où le véritable pouvoir se trouve. »

« Comment puis-je m’assurer que j’utilise ce pouvoir et non pas simplement que je passe par les étapes mécaniques ? »

Simon acquiesça d’une manière encourageante à sa question. « Vous vous assurez que votre foi, votre croyance, soit investie dans l’idée que la vie est intelligente, réfléchie, agile, libre, créative, indéterminée et éternellement soutenue par la Source Première. La réalité est que la vie se réorganisera afin de ne pas décevoir votre foi. Mais la vraie question est de connaitre profondément votre foi, de regarder dans ses yeux et de comprendre vraiment ce que vous croyez et pourquoi vous y croyez. »

« Personne ne veut savoir ce qu’ils sont vraiment, n’est-ce pas ? », dit Maia en tenant la chemise pliée de Kamil sur sa poitrine, comme si étreignant une créature délicate.

« Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas savoir qui ils sont vraiment », répondit Simon : « c’est juste que pour peller les couches, discerner les leurres, se détacher des masques et refuser les promesses séduisantes des charlatans … c’est un processus exigeant quand vous êtes un Dimensionnel qui a été domestiqué en limitation depuis sa naissance. Les muscles divins sont mous d’abandon. L’humanité veut se réveiller, mais la volonté à s’éveiller est systématiquement affaiblie. »

« Croyez-vous vraiment que je peux aider à renforcer cette volonté de l’humanité? Je n’ai pas une formation dans tout cela. Je n’ai jamais été une élève particulièrement bonne. Je suis une jeune femme simple. Je suis plus à l’aise avec des arbres que je ne le suis avec la plupart des gens. Comment tout cela me qualifie ? »

Le vent souffla en rafales un peu. Des traces de foudre sèche imprégnaient le ciel, et puis en une fraction de seconde, une lueur argentée vacillait dans leur chambre ombragée.

Les narines de Simon tremblaient. « Je pense que la pluie est sur son chemin, alors je maintiendrai ma réponse courte. Vous venez de parler de vous-même dans la séparation, non seulement séparée de la Source Première, mais aussi de vous-même. »

« Moi-même ? »

« Oui, vous avez dit que vous êtes une expression – cette chose appelée Maia, mais vous êtes un collectif de vies, d’expériences et de réalités vibratoires qui sont tous synchronisées dans une symphonie de votre création – se produisant actuellement. Votre identité, comme Maia, est une fenêtre dans la pièce dans laquelle votre Présence plus grande vit, mais cette salle est très grande, avec des centaines de fenêtres et chaque fenêtre apporte une lumière nouvelle, de nouvelles informations dans la salle de votre Présence. La Présence est différente du Dimensionnel, car la Présence est votre Source Première. »

« Je ne comprends pas, Simon. »

« Chaque personne est sa propre Source Première. Tout comme la Source Première s’est divisée elle-même en un Observateur-Créateur et un Dimensionnel-Expérimentateur, chacun de nous en a fait de même, mais à un niveau relativement microscopique. Nous imitons notre Créateur de plus de façons que la plupart imaginent, et ce n’est qu’un exemple. »

« D’accord, alors disons que je suis plus que ce feu follet gringalet d’être humain. Puis comment puis-je porter cette présence, comme vous l’appelez, dans mon soi Dimensionnel ? »

« Seule la vie elle-même peut faire cela. Mais votre vie est celle qui demandera que le plus grand soi – votre Présence – s’avance. »

« Donc, la vie elle-même extrait ceci ? »

Simon hocha la tête. « Oui. »

« Donc j’attends ? »

« La vie vous appelle toujours. »

« De quelle manière ? »

« La vie invite en permanence à vous engager avec elle en utilisant l’intelligence de votre cœur et les vertus qui y sont, comme le pardon, la compassion, la compréhension, l’humilité, l’appréciation et le courage. La vie est le partenaire de votre développement. Elle n’est pas un observateur passif, mais plutôt votre Présence entrant dans votre conscience humaine, vous encourageant à appliquer ce que vous savez – et non les faits et récitations mises là dans votre tête par d’autres dans votre monde, mais les vertus que vous connaissez instinctivement dans votre cœur. »
« La façon dont vous répondez à la Présence de la Vie détermine la puissance et la profondeur de la Présence dans votre vie. »

Maia s’illumina. « Donc, si je choisis de pardonner aux assassins de Kamil et à l’Église, j’activerai cette Présence, l’attirant plus loin dans mon monde Dimensionnel. Est-ce ce que vous dites ? »

Simon acquiesça. « Oui, mais il doit être fait quand vous pouvez être authentique. Ne vous pressez pas, mais ne l’ignorez pas non plus. C’est un équilibre, et quand votre cœur sera prêt, il annoncera sa volonté, et quand cela arrive, vous saurez. Tout comme vous l’avez fait avec votre père quand nous enterrions Joseph. »

« Comment savez-vous à ce sujet, Simon? Je n’ai jamais dit quoi que ce soit. »

Simon se leva et tendit les bras. « Juste une intuition », sourit-il. « Que diriez-vous si nous essayons de manger quelque chose avant que la pluie nous trouve ? »

Maia et Simon marchèrent le court trajet vers leur campement et mangèrent un sobre repas de racines bouillies et du thé de baies sauvages. Simon promit qu’il prendrait quelques truites mouchetées dans la matinée et ils dîneraient comme des rois pour le petit déjeuner. Il commença à pleuvoir légèrement alors qu’ils finissaient de dîner, mais le tonnerre resta éloigné : une frappe oblique, observa Simon. Ils s’assirent sous un pin blanc antique dont la canopée tenace retenait la pluie. Maia écoutait le doux carillon de la pluie, et la voix apaisante de Simon enveloppant son âme comme l’invisible couvant la Présence qui parlait à travers lui, lui donnait l’espoir.

Elle savait que l’endroit spacieux appelé cœur était sa maison, et elle comprit que tout peut guérir en ce lieu.
Dans la matinée, ils continuent leur voyage vers l’Oracle. Quelque part en elle, tout comme ses paupières commencèrent leur descente, elle crut entendre la voix de Kamil. Il dit quelque chose qu’elle ne comprenait pas, mais elle voulait seulement rêver de lui, afin qu’elle se laisse aller et sentir les bras du sommeil l’étreindre.

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source et le site: http://www.elishean.fr

Print Friendly, PDF & Email
Articles similaires