La prophétie de DOHRMAN

Wingmakers: The Dohrman Prophecy – Chapitre LXV

The Dohrman Prophecy de James Mahu

Traduction intégrale du livre web

dohrman prophecy

Chapitre 65 – De l’Or à la Pierre à la Lumière

Maia enleva son chemisier déchiré et pantalon, les mettant dans l’eau pour un bon décrassage.

Elle fredonnait un air joyeux en trouvant Kamil en aussi bonne santé. Une seule chose la préoccupait, il était incapable d’expliquer comment il avait quitté le poste d’approvisionnement des sentinelles ou comment son corps a guéri aussi rapidement.

On aurait dit qu’il lui cachait quelque chose, comme s’il pensait qu’elle était trop fragile pour supporter la vérité.

Elle était amoureuse, et c’était la principale chose qui importait. Cela ne s’était pas produit comme elle l’avait imaginé qu’il se produirait, et il n’était pas instruit comme elle avait prévu qu’il serait, mais Kamil avait en lui quelque chose qui ne pouvait jamais être enseigné dans les livres. C’était quelque chose de naturel chez lui, profondément enfoui, mais l’esprit qui brillait, comprimé dans un corps fort et un savoir simple.

La matinée était encore jeune et l’air était tiède avec les premiers rayons du soleil. La tiédeur exprimait un léger brouillard qui planait sur le cours d’eau et le talus environnant. Maia finissait de laver son chemisier et pantalon et les serrait avec autant de force qu’elle le pouvait. Elle les pendait sur une branche basse d’un arbre voisin qui surplombait le cours d’eau tel un parapluie.

Il lui a fallu un certain temps pour se plonger dans l’eau fraîche, mais elle le fit finalement. Elle se pencha sa tête en arrière et mouilla ses cheveux. Sans savon, Simon lui avait appris comment fabriquer un substitut à partir de la graisse animale et de la cendre de bois. Elle utilisait ce savon, couplé avec du sable à grains fins du cours d’eau. Ce n’était pas idéal, mais cela fonctionnait assez bien.

La matinée était parfaitement calme, bien qu’elle entende des corbeaux au loin émaillant le silence. Le parfum fané des pins se portait à elle pendant qu’elle frottait son corps.

Alors elle l’entendit. Un coup de feu. Un coup qui fit écho dans le lointain, peut-être une centaine de mètres. Kamil ! Le cœur de Maia bondit et son corps se verrouilla à une position d’attente, tandis que son esprit considérait quoi faire. Elle attrapa ses vêtements de la branche et mit son pantalon gauchement puis ses chaussures. Son esprit courait mille directions différentes. Ce pourrait être Simon, pensa-t-elle. Peut-être un chasseur fatigué des corbeaux. Peut-être un coup de semonce. Un accident.

Il y avait quelque chose dans son cœur qui sentait une peur si froide que, pendant un instant, elle ne pouvait plus bouger. Elle se mit à courir tenant son chemisier dans sa main. Alors qu’elle arrivait à la zone où elle pensait que le coup de fusil provenait, elle ralentit à la recherche et à l’écoute de tout signe, puis elle entendit des voix. Elle s’arrêta net car elle vit un mouvement à environ cinquante mètres à sa gauche.

S’esquivant derrière un arbre, elle grimpa sans faire de bruit pour mieux voir la situation. C’étaient des voix qu’elle ne reconnaissait pas, et s’ils ont tiré au fusil, elle devait être prudente, tant qu’elle voulait trouver Kamil et Simon. Elle monta rapidement vers un point d’observation où elle pouvait voir deux hommes, des sentinelles à en juger par leurs uniformes.

Elles cherchaient sur le sol, poussant quelque chose qu’elle ne pouvait pas voir. Elle écouta aussi attentivement qu’elle le pouvait. Ils riaient de quelque chose. Elle crut entendre dire : « Laisse-le. »

Les deux hommes regardaient autour, et Maia saisit étroitement la branche tandis qu’elle pressa son corps contre l’écorce rugueuse et texturée. Elle se tenait immobile à l’exception du flux régulier de larmes qui coulait de ses yeux. Elle savait ce qui s’était passé. Elle avait envie de crier. Elle voulait retourner dans le temps et changer ce matin-là. Elle voulait changer le monde et supprimer ces armes à feu, la haine, l’étroitesse d’esprit et les abus, mais elle ne pouvait que pleurer, sans bruit, seule.

Elle avait niché son chemisier sous elle. Son maigre dos musclé était encore humide, des perles d’eau coulaient dans la vallée entre ses omoplates, circulant tel un ruisseau vers sa colonne vertébrale. Là, au milieu de son dos, le seul habitant d’une peau claire, une tache de naissance. Deux triangles asymétriques verrouillés dans une étreinte, comme un sablier qui vidait plus de temps qu’il ne pouvait contenir.

Maia resta sur la branche en pleurant doucement pendant environ vingt minutes. Les deux sentinelles étaient parties presque immédiatement après son arrivée, mais elle était terrifiée de quitter l’arbre et de voir le corps de Kamil.

Elle enfila son chemisier lorsqu’elle entendit un bruissement dessous et baissa les yeux. Maia avait peur que les sentinelles puissent l’avoir encerclée donc elle se figea.

Simon leva les yeux avec un visage grave et des yeux tristes. « Vous pouvez descendre, mon enfant. Ils sont partis. Je les ai suivis pendant près d’un kilomètre pour être sûr. »

Maia était encore sous le choc, mais la voix apaisante de Simon était tout ce qu’elle avait besoin d’entendre. Elle descendit de l’arbre rapidement, puis s’enfouit dans Simon comme un jeune enfant vers son père. Il se tint dans le silence avec elle pendant plusieurs minutes, et puis doucement lui tapota l’épaule. « Il est temps », dit-il.

Tous deux marchaient timidement vers l’endroit où le corps de Kamil reposait telle une sculpture qui était tombée face contre terre. Son visage était détourné d’eux. Son bras gauche était étendu comme s’il élevait une torche, et sur le terrain, à côté de sa main, des framboises étaient éparpillées en un bouquet confus.

Simon s’arrêta une dizaine de mètres du corps, et laissa Maia continuer seule. Le soleil était enfin monté et le brouillard s’était levé pour apporter plus de lumière. Les cheveux de Kamil étaient ébouriffés, et Maia s’agenouilla pour brosser ses doigts dans ses cheveux, ramassant une petite feuille de sa tête comme si elle était impertinente. Ses yeux étaient fermés, et Maia pensait qu’il avait l’air paisible.

Elle se tourna vers Simon, les larmes coulaient sur ses joues. « À partir de ce jour, je ne croirai jamais en Dieu ! Il n’y a aucun Dieu s’il voulait laisser mourir Kamil aux mains de ces bouchers ! »

Simon acquiesça presque imperceptiblement. Il se leva et écoutait. Il savait qu’il n’y avait pas de paroles réconfortantes qu’il puisse offrir. Les forces qui transitaient par Maia étaient primales, mystérieuses et puissantes, et Simon savait qu’elles ne pouvaient pas être supprimées par elle ou quelqu’un d’autre. Maia se retourna vers Kamil, souhaitant ne pas crier en sa présence. « Rien ne s’accroche à toi … même pas moi », murmurait-elle d’un ton feutré, sa voix brisée et des respirations irrégulières. « Je suis soudainement tellement perdue … »

Maia sanglotait tandis que Simon s’approcha et lui toucha le bras. « Nous devons retourner à l’Oracle, mais nous l’enterrerons d’abord. Je vais trouver un endroit approprié qui l’honorera. Je ne vais pas aller loin. »

Comme Simon se retirait, Maia se tourna et s’accrocha à sa main, les yeux fixés dans ses grands yeux gris-bleu. « Je veux aller avec vous. »

James
A suivre …

Source : Forum Wingmakers
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