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Quand l’Union européenne fait tuer des « petits paysans » au Brésil

Alors que l’Union européenne continue de négocier un accord de libre échange avec les pays du MERCOSUR au risque d’accroître les difficultés des paysans sur le vieux Continent, les magnats brésiliens de l’agrobusiness paient des tueurs à gages pour massacrer les petits paysans qui tentent de leur résister sur des petits lopins. Même le scandale de la viande avariée au Brésil ne semble poser de problème à Jean-Claude Juncker, Angela Merkel et François Hollande. Alors les droits de l’homme…

Une horrifiante dépêche de l’Agence France presse (AFP) est tombée ce mercredi matin (26/04/2017) à 4h45 sur les ordinateurs des journalistes. Matinale à ce point, elle sera souvent passée inaperçue, ce qui est bien dommage. Elle portait le titre suivant : « Chronique d’un massacre annoncé dans le far-west brésilien».

En voici les principaux extraits :

« Le massacre de neuf paysans brésiliens dans une zone isolée (ouest) est le dernier épisode sanglant de la violence chronique qui rythme les conflits ruraux dans un pays où les grands propriétaires terriens font encore la loi. Les corps sauvagement mutilés ont été enterrés samedi, mais le carnage est passé presque inaperçu au Brésil, où près de 60.000 meurtres sont commis chaque année. Les paysans ont été tués jeudi dans le campement de Gleba Taquaruço do Norte. Les premières informations ont tardé à arriver, tant cette zone est isolée du monde, sans route goudronnée ni signal de téléphone mobile (…) Des photographies que le journal Popular de Colniza a fait parvenir à l’AFP montrent les victimes éparpillées dans le campement, toutes tuées par balles ou à l’arme blanche selon la police… ».

Cinq jours après le massacre, la police n’avait pas encore fait état de la moindre piste pouvant identifier les coupables. La dépêche de l’AFP ajoutait ceci : « L’Etat du Mato Grosso est un des hauts lieux de l’agro-business brésilien, avec un puissant lobby accusé depuis des années de s’approprier des terres illégalement et de mener une politique de déforestation sauvage. Avec le soutien de politiciens de haut rang, les gros propriétaires terriens font la loi dans des domaines qui s’étendent sur des kilomètres, ne pouvant être parcourus de bout en bout qu’en avion. Les paysans qui travaillent dans des petits lopins de terre sont des obstacles à l’extension de ce business. Un grand nombre d’entre eux le paient de leur vie, comme les neuf victimes de ce massacre, dénoncent les associations ».

Les neuf paysans ont été massacrés, jeudi dernier, à Gleba Taquarucu do Norte, près de Colniza dans l’État brésilien de Mato Grosso.Photo : AFP

S’agissant des politiciens de haut rang actuellement au pouvoir, la liste des affaires de corruption dans lesquelles ils sont impliqués s’allonge tous les jours.

« La plupart du temps, la police n’ouvre même pas d’enquête »

Tandis que plusieurs associations religieuses ont déclaré dans un communiqué commun que « le massacre a été perpétré avec une cruauté inimaginable», Antonio Neto de l’ONG Justicia Global a fait ce commentaire :

« Les paysans vont à l’encontre des intérêts de ceux qui veulent s’accaparer ces petits lopins pour augmenter leur pouvoir et planter du soja pour l’exportation, voire exploiter le bois de la forêt amazonienne. La plupart du temps, la police n’ouvre même pas d’enquête. Avec cette impunité, ils se sentent intouchables et continuent à perpétrer ce genre de crime».

Quelques heures avant de lire cette dépêche, nous avions reçu la « Lettre économique » du mois d’avril, le journal en ligne édité par les Chambres d’Agriculture. L’économiste Thierry Pouch , consacre son éditorial du mois à la situation du Brésil dont l’économie dépend beaucoup des exportations de matières première. Elle est en récession depuis 2014 en raison de la chute des cours dans divers secteurs. Il évoque aussi le scandale de la viande avariée vendue sur le marché intérieur comme à l’exportation, découvert voilà seulement quelques semaines.

Rappelant que les deux plus grandes entreprises du commerce de la viande au Brésil que sont JBS et BRF se trouvent impliquées dans ce scandale, Thierry Pouch ajoute ce commentaire :

« Cette nouvelle crise agit comme un révélateur de la faiblesse des normes sanitaires et de l’absence quasi-totale de traçabilité chez les principaux pays producteurs et exportateurs de viande. Cela tombe d’autant plus mal que les négociations pour un accord de libre échange entre les membres du MERCOSUR (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) et l’UE venaient de reprendre. Le scandale de la viande avariée n’a toutefois pas, pour le moment, entamé en quoi que ce soit l’ardeur des négociateurs à poursuivre leurs échanges, sachant qu’il est envisagé de conclure un accord politique à la fin de cette année ».

L’Europe conduit une négociation commerciale irresponsable

Alors que la Chine et beaucoup d’autres pays ont suspendu leurs importations de viandes du Brésil, suite à ce scandale, l’Europe continue d’importer toutes sortes de viandes brésiliennes et envisage d’en importer davantage tandis que les cours de la viande bovine sont trop bas en Europe pour rémunérer les éleveurs.

Plus grave encore, les viandes de bœuf de porc et de volailles souvent importées du Brésil sont celles qui entrent le plus dans la restauration collective, qu’il s’agisse de cantines scolaires, des hôpitaux, des entreprises, voire des restaurants commerciaux.

Les viandes saumurées de volaille (moins taxées que la viande fraîche) importées et les viandes congelées également importées pour être transformées en steak haché, sont de plus en plus utilisées dans le cadre d’une politique d’économie sur la «matière première carnée» dans la restauration collective.

Voilà qui montre bien le degré d’irresponsabilité de la Commission européenne et des pays membre du l’Union européenne – dont la France  – qui continuent de donner à Bruxelles un mandat de négociation pour importer toujours plus de viande des pays tiers.

Parallèlement, cette politique oblige l’Europe à trouver des marchés au rabais dans d’autres pays tiers pour une partie des viandes produites dans l’Union. Ajoutons que ce n’est pas ainsi que l’on freinera le réchauffement climatique après la COP21.

Quand on ajoute au bilan carbone de la déforestation de l’Amazonie, celui de la chaîne du froid et des transports inutiles de produits carnés sur des milliers de kilomètres c’est même l’effet inverse qui est produit.

Ajoutons enfin que cette incohérente politique de libre échange n’est pas pour rien dans les votes d’exaspération qui ont monté dimanche dernier du fond des campagnes de France en faveur de la candidate de l’extrême droite.

http://www.humanite.fr/

Note de Miléna : Cet article est classé dans la catégorie « neonazisme », car vous avez compris (enfin j’espère) qu’en militant pour l’Europe, vous militez pour le néonazisme ou plus exactement le 4ème Reich…

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