Terrorisme

Mais comment la Corée du Nord est-elle parvenue à se fabriquer une bombe nucléaire?

A peine plus jeune que celle de la France, l’industrie nucléaire nord-coréenne a démarré grâce au soutien technique de l’Union soviétique… avant de multiplier les filières à travers le monde.

Comment la Corée du Nord a pu, au fil des années, être en capacité de détenir une arme nucléaire?

Quels ont été ses soutiens historiques dans cette tache, aussi bien en termes de compétences que de matériels ? Comment expliquer la récente accélération dans cette tâche par Pyongyang?

L’industrie nucléaire nord-coréenne a près de soixante ans d’âge.

A peine plus jeune que celle de la France, elle a démarré par la filière plutonium grâce au soutien technique de l’Union soviétique dont les experts ont formé les ingénieurs nord-coréens.

Les dirigeants ont compris très vite que le nucléaire militaire issu des réacteurs plutonigènes permettrait de disposer d’une arme susceptible d’assurer la pérennité du régime. Le développement est resté lent jusqu’au début des années 1990.

A cette époque Pyongyang, s’est inquiété de la victoire écrasante des Etats-Unis sur Saddam Hussein dans la guerre du Koweït.

Il en est résulté une accélération des programmes nucléaires militaires et de missiles balistiques afin de compenser la supériorité des Etats-Unis et de leurs alliés régionaux (Corée du Sud et Japon).

La seconde guerre d’Irak n’a fait que renforcer cette volonté de mettre au point un outil complet et crédible de dissuasion nucléaire ce qui explique la multiplication récente des essais de missiles, et la rhétorique agressive destinée à faire peur.

Selon une analyse de Michael Elleman, reprise dans le New York Times, la réussite de la Corée du Nord à produire des missiles balistiques nucléaires tiendrait en partie à l’Ukraine.

4Selon l’expert en missile de l’Institut International des Etudes Stratégiques, la puissance nord-asiatique aurait réussi à se procurer du matériel auprès de l’entreprise Yuzhmash. Une telle analyse est-elle crédible ?

La mise au point d’une arme nucléaire et la fabrication de missiles balistiques de longue portée exige la fabrication ou l’acquisition de dizaines de milliers de composants de toute nature. La Corée du Nord s’est dont adressée à toutes les sociétés productrices des éléments dont elle avait besoin, y compris de nombreuses sociétés occidentales peu regardantes sur l’identité réelle des acheteurs.

Comme l’avait fait Saddam Hussein, dès les années 1970-1980, la Corée du Nord a cherché à créer de multiples filières, notamment avec le Pakistan. Abdel Kader Khan, « père » du nucléaire pakistanais, était un fournisseur privilégié jusqu’en 2002.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont en effet suscité de la part des Etats-Unis une initiative de contre prolifération qui a durement touché les filières pakistanaises.

Simultanément, la dislocation de l’Union soviétique a favorisé l’ouverture d’un marché noir des technologies balistiques, notamment l’Ukraine dès 1990.

Celle-ci a commencé à vendre au plus offrant les produits d’un complexe industriel de pointe (propulseurs de fusées, utilisables pour les missiles balistiques, centrales inertielles pour les missiles de croisière). Il n’est donc pas étonnant que Pyongyang ait conservé des liens avec des entreprises ukrainiennes plus ou moins héritières du grand complexe de la période soviétique.

Algérie, Lybie, Syrie et Iran

Les efforts pour attirer les scientifiques de l’ex URSS ont, semble-t-il connu moins de succès.

En revanche, la Corée du Nord a activement coopéré avec l’Algérie, la Lybie, la Syrie et l’Iran dans le domaine essentiel de la formation des ingénieurs.

Lors des tirs de missiles balistiques des délégations de ces différents pays étaient invitées comme en témoignent des documents parfois publics.

Après la Corée du Nord, quels pourraient être les prochains pays à suivre cette voie?

En fait il existe aujourd’hui très peu de pays dont les mobiles stratégiques, les moyens financiers et les compétences techniques les placent en situation de chercher à acquérir l’arme nucléaire.

L’Iran qui s’était engagé dans cette voie a renoncé par l’accord du 14 juillet 2015 à toute activité nucléaire de nature militaire, tout en conservant un programme de missiles balistiques de moyenne portée.

Les Etats africains et latino-américains ont signé des traités prohibant les armes nucléaires sur leurs territoires.

Reste le Moyen-Orient où la Turquie et l’Arabie saoudite font figure de candidats.

Or si l’Arabie saoudite a les moyens, elle ne dispose par des compétences techniques. Quant à la Turquie, par ailleurs membre de l’OTAN, donc sous protection nucléaire de celle-ci, elle est trop pauvre pour se lancer dans une telle entreprise. Quand bien même des décisions seraient prises aujourd’hui dans le plus grand secret, la réalisation n’est pas envisageable avant vingt ou trente ans.

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