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Livres de Femmes, Livres de Vérités (9) Faits et Temps oubliés – 1/2

« De toute la terre, partout la douceur de l’Enfant et la poésie de l’Adolescent ont précédé la brutalité de l’homme adulte »

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
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2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
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3ème chapitre : Les Aryas – Guerre des sexes chez les Perses et les Hindous
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4ème chapitre : La guerre des sexes dans la Chine antique

5ème chapitre : La guerre des sexes dans la Grèce antique
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6ème chapitre : De l’Israélisme au Judaisme
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7ème chapitre : Origine et histoire du christianisme
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8ème chapitre : Vierge Marie et mystère de l’Immaculée Conception

Chapitre 9

« L’humanité affolée par des siècles de débauche aspire au bonheur et regarde en arrière vers les temps héroïques, où fut, dit-on, l’amour,qui seul pourra régénérer le monde. » (Cleyre Yvelin)

Il était une foi…

« Le premier foyer de la civilisation a été le matriarcat ».

La forme de ce gouvernement était logiquement basée sur cette considération, que la femme est l’élément économique, tant physique que moral du monde. La femme est née génératrice, productrice et conservatrice.

Elle fit la plus belle série d’invention qu’ait illustré une époque. Elle créa la poterie, la vannerie, le fuseau, la culture de la terre, la panification, la domestication des animaux et enfin une quantité de ressources que son esprit ingénieux inventait sans effort.

Cette époque de l’âge d’or, en dépit de ses détracteurs, a laissé son empreinte sur les plus vieux monuments de l’histoire.

Son action sur la civilisation antique est également manifeste. La croyance en un âge d’or est universelle. Elle a pris place au sein des légendes de tous les peuples. Ces voix des temps primitifs ont été entendues des poètes antiques et se sont répercutées jusqu’à nous. Toutes les religions qui ont succédé à celles des déesses (religions masculines), s’en sont inspirées tout en avilissant la femme ; étrange contradiction !… Messieurs les thaumaturges ne s’embarrassent guère de ces incohérences, la vertu des dogmes est l’obscurité : « Je crois parce que c’est absurde » a dit Saint Augustin.

De grands écrivains philosophes, ont écrit sur ce sujet des pages éloquentes, d’une poésie intense, qu’on pourrait peut-être égaler, mais non surpasser. Des artistes de grand talent ont illustré ces œuvres, qui sont comme l’apothéose de l’humanité primitive. Puvis de Chavanne, entre autre, a fait passer dans ses compositions un souffle héroïque ! Muses inspiratrices ! Bois sacrés ! séjour des antiques déesses combien votre vue réconforte : qu’elles sont douces les heures qu’on passe à vous contempler !… (Cleyre Yvelin, Étude Sur Le Féminisme Dans L’Antiquité)

LA GÉNÉRATION (Genèse – Macrocosme / Génération – Microcosme)

Le fait capital des temps primitifs est certainement la reproduction de l’espèce par un moyen que jusque-là, la Nature n’avait pas employé.

L’accouplement est un fait qui n’a dû, et qui n’a pu, s’accomplir qu’à une époque déjà avancée de la vie phylogénique, époque représentée, du reste, par l’âge auquel cette fonction commence dans la vie ontogénique. Donc nos ancêtres n’ont pas acquis les caractères de leur espèce par hérédité, puisque, lorsque la reproduction commence, ils possèdent déjà tous les caractères acquis pendant l’évolution végétale. Il ne faut pas mettre l’hérédité avant la reproduction comme l’ont fait les darwinistes.

Dans la période intermédiaire pendant laquelle les humains ne se reproduisaient pas encore par voie sexuelle, il n’y avait pas de génération, il n’y avait encore que la Genèse directe, c’est-à-dire l’évolution lente des êtres issus de la vie végétale et qui arrivaient peu à peu à l’état d’enfance de l’animalité et de l’humanité (1) .

C’était les primogénitus, genitus, non factus (générés, non enfantés). Ils avaient des tailles gigantesques, c’est pourquoi la Genèse est appelée le Macrocosme.

La science officielle a retrouvé la grande taille des primitifs, aussi bien des animaux que des humains (2).

Les croyances populaires sur la taille extraordinaire des premiers hommes ont une origine scientifique. Ces dimensions fabuleuses sont une réalité que la science des origines affirme, car la fable, c’est l’histoire primitive mal comprise et mal expliquée.

Les premiers hommes étaient plus grands que les hommes actuels, et, si nous, remontons plus haut encore, nous trouvons que les arbres étaient plus grands que les hommes. La taille décroît continuellement, mais imperceptiblement. La longueur du canal intestinal donne la mesure primitive de l’arbre ancêtre puisque, primitivement droit (ce que l’embryologie confirme), il s’est replié sur lui-même (voir l’article consacré à Nos Origines)

MICROCOSME : La génération, c’est le Microcosme

L’être généré va reproduire son espèce sous des formes microscopiques, d’où le nom donné à la génération, le Microcosme (3).
Et, chose merveilleuse, ce microcosme reproduira fidèlement toutes les phases du macrocosme dont il est la réduction.
Mais c’est la Femme seule qui aura cette faculté de reproduction.
C’est elle qui sera la génératrice, la créatrice de ce petit être.
Et cela pour nos ancêtres fut un étonnement.

C’est de la Terre qu’étaient sortis les êtres par Genèse (4) .

C’est de la femme maintenant qu’ils sortent par Génération.

Dans les Stances de Dzyan, il est dit (Stance III) : « La Mère se gonfle, elle croît de dedans en dehors comme le bouton de Lotus ».

On dut croire, en effet, que l’enfant sortait de la Mère, comme le fruit tombait de l’arbre. Et la Mère fût comparée à la Terre parce que la Terre avait produit les hommes.

La naissance du premier enfant est un fait qui, pour la Mère surtout, dut avoir une importance capitale. Quel étonnement n’éprouva-t-elle pas en voyant sortir d’elle-même quelque chose qui était une réduction de la forme humaine !

« Les Dévâs donnent naissance, d’une façon immaculée, à un second moi », disent les Stances déjà citées.

Nous voudrions assigner une date à ce fait si important, mais il ne faut pas oublier que notre humanité, la dernière, avait été précédée par d’autres humanités sur lesquelles nous ne savons rien, car dans une période géologique il y a des premiers et des derniers et, quand les derniers apparaissent, les premiers sont déjà loin dans leur évolution, et ils assistent à l’animalisation de ceux qui les suivent (5).

La seule chose que l’on puisse affirmer, c’est que l’âge de la reproduction représente à peu près le cinquième de la vie totale.

Quand les hommes vivent en moyenne 75 ans, ils se reproduisent à 15 ans. Mais les périodes de longévité ont varié ; très longues d’abord parce que plus près de la vie végétale, elles ont diminué.

La vie actuelle n’est pas le type de la vie primitive.

Dans la grotte de Cro-Magnon, on a trouvé un squelette d’enfant qui n’était pas parvenu à son complet développement fœtal.

Mais la grotte a été habitée pendant de longs siècles, ainsi que le prouvent les différentes couches de débris qu’on y a trouvées ; ses premiers habitants n’étaient peut-être pas parvenus à l’âge de la reproduction, tandis que les derniers y étaient arrivés depuis longtemps.

(1) D’après les inscriptions cunéiformes de la Kaldée et de l’Assyrie, le nom de Adam, Admi ou Adami désignait sept Adam ou racines d’homme (ancêtres végétaux), nés de la Terre-Mère et du Feu astral, c’est-à-dire des progéniteurs (les Elohim).

(2) Des ouvriers opérant des fouilles en 1910 à Ballinahalla, près de Moycullen, comté de Galway (Angleterre) ont découvert un squelette complet mesurant 2 mètres 53 centimètres.

(3) Suivant la définition du Dr A. Wilder, Genèse ne veut pas dire génération, mais le fait de jaillir du sein de ce qui est éternel, pour apparaître dans le Cosmos et le temps.

(4) Platon, dans sa description de l’Atlantide, mentionne « un de ces hommes qui, à l’origine des choses, naquirent de la terre » (Critias).

(5) Les races n’arrivent pas toutes aussi vite à la génération. Nous lisons dans la Doctrine secrète (t. HT, page 7) : « Dans les inscriptions de Babylone, trouvées dans les fouilles de M. Layard, on trouve ceci : « La première race qui tomba dans la génération fut une race sombre (Zalmal-qaqali), qu’ils appelaient la Race d’Adamou ou race sombre ; la race Sarkou, ou race claire, resta encore pure ».

MATERNITÉ

Les premiers témoins de l’enfantement d’une femme durent éprouver un étonnement mêlé d’épouvante en face d’un fait si inattendu dans la vie de l’humanité. Ils ignorèrent d’abord complètement la cause qui l’avait produit, et du reste ne s’en préoccupèrent pas ; ce n’est que dans la période que l’on peut appeler moderne, c’est-à-dire historique, que cette cause a été connue (1) .

Les rapprochements s’étaient accomplis dans la plus grande promiscuité, tous étant frères et sœurs, puisque tous étaient issus de la même Mère-Nature et du même Père-Soleil. Ces rapprochements n’avaient pas eu de résultat immédiat, les hommes ne pouvaient pas se figurer qu’il pût y avoir dans leurs jeux sexuels le germe d’une conséquence aussi éloignée et aussi inattendue ; longtemps ils ignorèrent la loi de la génération, c’est-à-dire le rapport qui existe entre la cause et l’effet.

Ils connaissaient mieux la Genèse primitive, l’origine végétale, puisque les espèces attardées avaient évolué sous leurs yeux.

Les Primordiaux qui en étaient issus étaient considérés, dans l’antiquité, comme les plus élevés dans l’échelle de l’existence, parce que longtemps ils furent doués de la virginité enfantine : « Ce sont les Archanges, ceux qui refusent de créer ou plutôt de multiplier », dit Mme Blavatsky. Et si je cite cette phrase qui n’a pas d’importance, c’est afin que l’on voie comment les anciennes légendes religieuses interprétaient les faits, et dans quel langage on les exprimait.

L’intelligence de ces premiers humains semblait égale en développement, c’était des mentalités d’enfant. Il n’y avait pas encore parmi eux de maladies, ni de tares héréditaires, et c’est de là que naquit le sentiment intense de fraternité, c’est-à-dire d’égalité.

Dans les secondes races d’hommes, celles issues de l’enfantement de la Femme et qu’on appelait les fils des Dèvâs (les fils des Dieux, dira-t-on plus tard), des différences individuelles se produisirent, résultant des conditions de la fécondation. Ces différences déterminèrent des inégalités et par suite des jalousies.

Il n’y a de fraternité réelle qu’entre les égaux.

L’enfantement ou la « création secondaire » ne se manifesta qu’à une époque où la genèse primitive avait perdu son activité, ralenti son action évolutive.

Ce temps d’arrêt fut appelé « Noah », mot qui signifie « repos de la Nature ». De ce mot on a fait Noé.

Les premières femmes régnantes, les Dévas, les Fatas, les Génies, les Almées, les Izeds, les Archanges, etc., représentent d’abord l’Esprit universel. L’art antique leur a toujours donné des figures féminines. C’est pourquoi l’idée de maternité sera liée à l’idée de Divinité : La femme est la créatrice de l’enfant, donc c’est la Divinité qui crée l’humanité, et qui la crée mâle et femelle, car la mère enfante les deux sexes.

Ceux qui ne mettent pas la religion naturelle où elle est, c’est-à-dire au début même de l’évolution psychique, ne peuvent rien comprendre à la vie des primitifs.

Les premières naissances, qui devaient beaucoup occuper les femmes, ont laissé, dans les sciences antiques, l’empreinte de la sollicitude qui les entourait. Partout nous retrouvons l’enfant entouré de soins incessants par les Fées, les Marraines, les Anges gardiens, etc.

En Egypte, sept divinités belles et sages veillaient sur le nouveau-né et présidaient à ses destinées. On les représentait sur les maisons (quand il y en eut), dans les habitations, sur les monuments. Elles étaient les Génies tutélaires.

Ces préoccupations nouvelles dans la vie des femmes durent amener de grands changements dans les relations des deux adolescents primitifs.
Chez la femme, ce fut l’éveil de l’amour maternel qui succéda à l’étonnement, à la curiosité des premiers moments, amour fait d’intérêt pour ce petit être qui surgissait d’une façon si imprévue et de la tendresse qui résultait, surtout, du contact intime de cette vie qui cherche l’abri maternel, la chaleur et le lait de la Mère.

Ce sentiment grandissait et devenait bientôt cette affection profonde qui domine toute la vie de la Mère et lui inspire un dévouement sans borne.

Quant à l’homme, il eut sans doute aussi un mouvement de curiosité, même d’intérêt et d’affection pour ce petit être que sa sœur naturelle venait de mettre au monde, mais cela ne l’empêcha pas de suivre les impulsions de sa nature, qui étaient autres, et, en voyant se prolonger cette préoccupation nouvelle de la Femme qui lui créait un amour dont il n’était pas l’objet, un commencement de jalousie naquit et ce fut le germe de discordes futures.
Bachofen, qui a fait une étude remarquable du primitif état social, décrit ainsi la famille primitive :

« L’amour maternel est une force mystérieuse qui régit également tous les êtres de l’Univers. Les premiers pas dans la civilisation, l’origine de chaque vertu, de chaque sentiment est due au mystère de la maternité, c’est le principe de l’amour, de l’union, de la paix. Avec les premiers soucis pour le fruit de son corps, la Mère apprend l’altruisme ; employer ses forces pour conserver et embellir l’existence d’autrui, sera désormais son but. C’est d’elle que partent tous les symptômes de civilisation, tous les bienfaits, tous les sacrifices, l’abnégation et les soins des malades.

« Etre du pays de la Mère, avoir été bercé sur le même sein maternel, constitue le lien le plus sacré, le plus indissoluble ; secourir la Mère, la défendre, la venger, prime tous les autres devoirs, menacer sa vie est un crime inexpiable.

« Le principe maternel, c’est la communauté sans restriction ni limite autre que celle de la Nature. De ce principe découle celui de la fraternité générale, de l’égalité, de la liberté. C’est le fondement des Etats gynécocratiques : l’absence de querelles, de discordes, l’aversion profonde de tout ce qui peut entraver la liberté, telles sont les caractéristiques de ces communautés. »

(1) C’est Leeuwenhoek qui découvrit le spermatozoïde mobile, dans les temps modernes.

Traditions sacrées concernant les Déesses-Mères

La Maternité occupe une place immense dans les anciennes traditions. La glorification de la Mère est restée dans toutes les religions issues de la Théogonie (1) primitive.

Les antiques Déesses sont toujours présentées comme des Déesses-Mères.

Salomon Reinach nous dit : « Les monuments nous font connaître les Déesses-Mères, généralement groupées par trois, qui s’appellent Matres ou Matronae et portent des épithètes locales très variées, celtiques et germaniques. Elles répondent aux Fées du Folklore Celtique, nom dont la forme latine Fatae leur est quelquefois appliquée par les inscriptions » (Orphéus, p. 173).

Partout nous voyons la Mère sous un nom collectif, représentée comme la créatrice de l’humanité, en même temps que l’organisatrice de la vie sociale.

Chez les Kaldéens, une femme appelée Amaka est la Mère Universelle. Elle enfante des filles et des fils, représentés symboliquement, plus tard, par le Ciel et la Terre.

La doctrine précède nécessairement les rites et les symboles.

Plus tard, au contraire, il arrive que, par l’enseignement, des rites et des symboles se transmettent encore lorsque déjà la doctrine est oubliée, et ils continuent de régner, en vertu de la puissance mystique que la doctrine primitive leur avait communiquée.

(1) « Petite » parenthèse :

THEOCRATIE : qu’est-ce donc ?

Les informations dévoilées dans le fil de ce blog, nous prouvent et vont continuer à nous prouver d’une façon irréfutable la suprématie féminine dans l’âge primitif de l’humanité. Aussi, cette suprématie avait trois formes, donc trois aspects.

Elle était religieuse (Théocratie) et représentée par la Déesse.

Elle était familiale (matriarcat) et représentée par la Mère.

Elle était sociale (gynécocratie) et représentée par la Maîtresse (Reine ou Déesse-Mère) (Içwara chez les Hindous et qui donnera le nom Israël – voir l’article consacré à l’Israélisme).

La Théocratie dura ce que dura la gynécocratie, puisque ce régime, c’est le règne de la direction morale exercée par la Femme divine. Plus tard les hommes en firent une parodie ridicule.

C’est la Femme qui élève l’homme et le mène à la Vérité et à la beauté morale ; c’est la Mère qui le fait à son image, c’est la Déesse terrestre vivante qui lui enseigne la première la langue divine. C’est Elle qui a en main le gouvernement des sociétés, Elle qui les guide dans leur marche évolutive, en attendant que vienne la révolte de l’homme contre Elle.

La Théocratie féminine, c’est le gouvernement légitime ; il occupe une place immense dans l’histoire.

Jusqu’au 10ème siècle avant notre ère, la Femme a régné et fait régner la Vérité. Son verbe, c’est cette voix des temps primitifs entendue par les premiers poètes qu’elle inspirait.

La légende d’une époque de bonheur dans un Eden est répandue partout.

« Dans la vocation initiative de la Femme, dit Bachofen, la gynécocratie trouve sa profonde expression. La Justice, la Vérité, toutes les grandes vertus humaines sont d’origine féminine.

« Le principe religieux de la gynécocratie nous montre le droit maternel dans sa forme la plus digne et nous fait voir toute la grandeur de cette antiquité. Les hauts et les bas de l’histoire découlent directement de cette source divine. Sans elle nous ne comprendrions aucune page de la vie antique, la vie primitive surtout serait un mystère impénétrable ».

Il est bien entendu que la Religion dont Bachofen parle ainsi, c’est la Religion naturelle, la Théogonie, et que la déchéance sociale est venue des religions surnaturelles.

L’antique gynécocratie est le fonds du monde, ce roc des sociétés. Ecoutez Bachofen ; il vous dira :

« L’humanité doit à la Femme sa primitive élévation, ses premiers progrès, son existence réglée et surtout sa première éducation religieuse et morale, elle doit à la Femme les jouissances d’un ordre supérieur. Toute la première civilisation est son œuvre propre. C’est à elle qu’on doit la première connaissance des forces naturelles. Vue ainsi, la gynécocratie est la période éducative de l’humanité en même temps que la réalisation des lois de la Nature, qui s’appliquent aussi bien au bien de l’individu qu’à celui de l’espèce ».

Les poètes exaltent leurs sentiments d’égalité et de fraternité. C’est particulièrement chez les gynécocrates que l’on réprime sévèrement le mal fait à son prochain, même fait aux animaux.

Les signes de la plus belle, de la plus grande humanité distinguent la civilisation des mondes gynécocratiques et lui font une physionomie où se reflètent toutes les grâces, tous les bienfaits que la maternité porte en elle-même. C’est le bonheur : avec sa disparition la paix s’envola de la terre. On peut dire que l’époque gynécocratique fut la Poésie de l’histoire, par sa grandeur héroïque, par la beauté sublime qu’elle donna aux femmes, par le développement des idées de courage, de valeur, par les sentiments chevaleresques qu’elle inculqua aux hommes, par l’importance qu’elle donna à l’amour féminin, par la discipline et la chasteté qu’elle imposa à l’adolescent.

On peut se demander où sont ces héros sans peur et sans reproche, fidèles serviteurs de la Féminité ! « Tous les peuples guerriers obéissaient à la Femme », dit Aristote.

Braver les dangers, chercher les aventures, servir la beauté, telles étaient et seront toujours les vertus d’une jeunesse forte et virile.

« O poésie de ces temps passés ! Vous avez disparu avec les siècles de gynécocratie, avec les émotions généreuses, inaccessibles aux poètes de nos jours, civilisés mais énervés. »

JUS NATURALE – Théocratie, base du droit naturel

« Le Jus naturale est un événement historique, une phase de l’évolution, l’expression de la première Religion, le monument des premiers états de l’humanité, il est aussi historique que le matriarcat qui en fait partie.

« Rome, par cela même qu’elle a été fondée sur le principe d’un Imperium, a vaincu radicalement l’ancien droit et opposé à la suprématie féminine asiatique une conception toute nouvelle du droit.

« Ainsi s’explique que, de cet ancien Jus naturale, il n’a été retrouvé que le nom, comme un cadre sans image, comme une ruine étrange.
« A la fin de l’évolution règnera de nouveau le Jus naturale ; non celui de la matière, mais celui de l’Esprit.

« Un dernier Droit, universel comme l’ancien, duquel tout arbitraire disparaîtra, se rapprochera par-là du Droit primitif, basé sur l’Ordre supérieur des choses. Ce droit ne sera pas inventé par les hommes, mais viendra d’une intuition (mal appelée révélation), comme vint le droit ancestral qui fut un ordre immanent et naturel.

« Les Perses croient à l’avènement d’un seul et unique Droit régnant dans l’Univers. Quand Ahriman (l’homme mauvais) sera détruit, le monde sera droit et les hommes heureux auront tous les mêmes mœurs, les mêmes lois, le même gouvernement, le même langage. Dans toutes les Religions, l’avènement d’un royaume « divin » (féminin) avec toutes ses conséquences est attendu et doit arriver à la fin des temps, lors de la dissolution du monde actuel.

« Dans l’émancipation des principes élevés (féminins), le droit devient amour. L’amour est un droit divin (pour la Déesse). Par elle la fin ultime donnera la plus haute justice. Bona Dea est le principe maternel à qui toute vie matérielle doit son origine et sa conservation. C’est Elle qui fait naître le bien-être physique et matériel d’un peuple. Le Praetor Consul est, avec Elle, le représentant de la vie matérielle.

« L’exécution du Droit repose dans cette Mère à laquelle les biens doivent leur origine, il parle pour Elle.

« La phase de l’Evolution, qui a pour centre la maternité avec son caractère sacré, apparaît comme l’expression nécessaire de la Religion naturelle et des lois de la vie.

« Si elle est vaincue, si la domination tombe dans les mains de l’homme, c’est alors le point de vue politique ou civil auquel tout doit céder. Le Jus naturale doit s’effacer devant le principe civil, qui est une violation de l’ordre naturel. » (Bachofen).

M. Deschanel disait, dans un remarquable discours en l’honneur de la Belgique (mars 1916) : « Deux choses me remplissent d’une admiration toujours grandissante : le ciel étoilé sur ma tête et la loi morale dans mon cœur ».

Cette loi morale ne vient pas des hommes, aucun ne l’a formulée, c’est la loi dictée par la Mère, et rappelée par toutes les femmes chaque fois que le conflit sexuel surgit, cette loi fut toute-puissante dans les temps primitifs.

En remontant dans l’histoire des peuples, nous avons vu que, dans la jeunesse de l’humanité, il régnait sur toute la terre des Principes de morale, basés sur la vérité absolue, c’est-à-dire sur la science.

Ces préceptes, érigés en lois morales, étaient le fondement des lois sociales.

C’est toujours à une femme qu’on fait remonter ces lois.

Cérès législatrice est suivie de toutes les Mères, dont le nom dérivera de la mère Celtique Ma (les Manou, Mènes, etc.).

Il en résulte que les mœurs de cette gynécocratie étaient bien différentes de ce qu’elles sont devenues depuis, elles représentaient cette liberté, cette noblesse, cette simplicité que le régime maternel inspirait aux hommes, avant que les institutions sociales, le luxe, l’ambition eussent altéré leur caractère.

Une chose qui prouve que la grande préoccupation de ce temps était la vie morale, c’est que le plus ancien document trouvé par les archéologues, celui qu’on appelle le Papyrus Prisse (4.673 ans avant notre ère), ne s’occupe que de cela, c’est une leçon de morale donnée par une Mère à ses fils.

La parenthèse étant fermée, nous continuons notre récit et allons découvrir, partout dans le monde, cette tradition des Déesses-Mères.

ÉGYPTE

La première Divinité est adorée sous la forme d’une Vierge-Mère, qui s’engendre elle-même, c’est-à-dire qui enfante son propre sexe.

C’est Neith, la Déesse trouvée dans les fondations les plus anciennes d’Abydos et qui appartient suivant François Mariette à la première dynastie, ce qui la rend vieille d’au moins 7.000 ans, dit-on, même suivant les Orientalistes qui sont portés à diminuer les époques.
Mais pour moi cette chronologie n’a aucune valeur.

M. Bouwich, dans son ouvrage sur les croyances égyptiennes, nous dit de cette Mère primordiale : « Neith, Nut, Nepte, Nuh, ses noms peuvent se lire de différentes manières, est une conception philosophique digne du 19ème siècle, plutôt que du 24ème avant notre ère, ou d’une époque encore plus ancienne »; et il ajoute : « Neith est ni plus, ni moins, la GRAND’MÈRE et cependant la Vierge immaculée, ou la Divinité féminine dont toute la Nature procède. »

Les Hermès (non générique des prêtres égyptiens) sont venus, dans le cours des siècles, jeter le voile du mystère sur toutes les antiques vérités. Mais on les retrouve à travers leur symbolisme.

Paul Pierret, qui étudie l’Egypte déjà transformée par les mythes astronomiques, nous dit : « L’espace dans lequel le soleil prend naissance est personnifié par des Déesses qui s’appellent tour à tour Nout, Neit, Nehout, Isis, Thouéris, Maut, etc. Elles renouvellent chaque jour l’enfantement de la première fois et elles ont, quel que soit leur nom, un caractère primordial, comme ayant été le commencement des naissances ; elles sont dites Mères des dieux, puisque le dieu (l’homme) qui engendre ses propres formes est issu d’elles.

Neit, la grande, la Divine Mère qui enfante le soleil (symbole de la lumière de l’Esprit), Neit la Mère qui enfante, n’ayant pas été enfantée (allusion à la genèse végétale directe), est le commencement de tout enfantement, avant qu’il n’y eût eu d’enfantement quelconque.

Isis est appelée « la Déesse qui a commencé les divins enfantements ». C’est un titre de divinité primordiale, analogue à celui de grand commencement du devenir, porté par Ptah (le soleil) et ses similaires. Ce dernier titre « commencement du devenir », ayant été attribué à des femmes, a dû être porté par des Déesses » (Paul Pierret, Mythologie Egyptienne).

LA MÈRE DANS L’INDE PRIMITIVE

L’importance du rôle joué par le Principe-Mère dans les premières conceptions des Hindous explique le respect religieux dont fut entourée la Femme au temps des Védas et de l’ancien Manou.

D’abord nous trouvons dans les vieilles traditions :

Mâtri-Mâtri, la Mère des Mères, et c’est de ce mot sanscrit Mâtri qu’on fera matrimonial, qui indique ce qui est maternel.
Narî était la Vierge universelle. On lui adresse cette litanie :
Narî Aditi : Vierge immortelle.
Brahmî : Mère universelle.
Hiranya garbha : Matrice d’or.
Paramâtmâ : Grande âme.
Lakshmî : Reine de l’Univers.
Çakti : Lumière céleste.
Maryama : Fécondité perpétuelle.
Akâça : Fluide pur.
Ahankâra : Conscience suprême.
Kanya : Vierge.
Tanmâtra : Les cinq éléments.
Triguna : Les trois qualités.
Kanyabâna : Virginité éternelle.

Narî est souvent désignée dans le langage kabbalistique des initiés sous le nom de Reine des Sept (1). Il s’agit des sept principes cosmiques qu’elle a expliqués (voir l’article sur la Cosmogonie). et dont plus tard on fera sept rois.

Il faut remarquer que Narî ou Aditi reçoit seule dans le principe un culte extérieur.

L’apparition des « fils des Dévâs », nés de Vierges immaculées, est une idée qui se trouve à la base d’une multitude d’allégories.

C’est un grand chapitre de l’histoire de la Virgo pariens, la Vierge qui enfante et qui est représentée par Neith, Isis, Diane, etc. Ce sont des « Déesses démiurgiques » à la fois visibles et invisibles (Esprit invisible, corps visibles), ayant leur place dans le ciel (vie de l’esprit) et aidant à la génération des espèces.

Tel est le langage symbolique qu’il faut comprendre.

Quand le mystère de la fécondation sera connu, on dira, pour exprimer le temps où la fécondation n’a pas commencé, que, « au commencement, le fils est encore caché dans la pensée qui n’a pas encore pénétré le sein divin ».

Quand plus tard l’homme qui féconde sera connu, il sera appelé Fohat.

« Fohat est le serviteur des Manous (Mères législatrices ou Dhyan-Chohans) et est cause que les prototypes idéaux s’épanouissent de dedans en dehors ».

(1) Les légendes hindoues ont gardé et consacré le souvenir des fondatrices des premières familles. On les appelle Maharchis ou grands Richis. Les sept premiers Richis de l’Inde sont considérés comme les ancêtres de l’humanité. Et comme à cette époque reculée le père n’apparaît pas dans la constitution de la famille naturelle, il est bien évident que ce sont les Mères seules qui sont ces ancêtres primitives.

LA DIVINE MÈRE DÉMÈTER EN GRÈCE

Démétra ou Da-mater (de Dia-Meter), la Divine Mère, porte comme emblème l’épi, symbole de la graine humaine (les ovules).

Comme la Mère porte en elle la graine, elle représentera la moisson et on fera d’elle une Déesse nourricière.

Sa légende et son culte expriment d’abord le bonheur, la gaîté.

Elle est la Déesse féconde et heureuse (c’est pour cela que le temps de son règne est appelé l’Age d’or).

Elle est accompagnée ou traînée par des lions. Sa tête est surmontée d’une couronne de créneaux pour rappeler qu’elle a fondé la cité.

On la confond avec les grandes Déesses : Rhéa et Cybèle.

Nous trouvons aussi en Grèce la Divinité maternelle représentée par d’autres grandes Déesses, telle Héré (Héra), la plus vénérée de l’Olympe, qui siégeait sur un trône d’or. On la représente tenant en main des grenades, emblème de fécondité (le fruit représente toujours la graine, c’est-à-dire l’œuf ou l’ovule, et c’est l’ovulation que l’on glorifie chez la Femme).

Cérès a la même racine que Héré, qui veut dire « Souveraine ».

Elle règne à Milet. Et ce mot Héré forme le nom de Junon, en grec.

Cérès, comme Isis, est souvent appelée législatrice.

L’invention de la charrue est attribuée par les Grecs à Cérès.

Hestia personnifie le Feu Sacré, c’est-à-dire le génie, l’inspiration.

C’est l’Agni des Hindous, la Vesta des latins. Immobile sur son trône dans l’Olympe, on en fait le foyer, c’est-à-dire le centre d’où rayonne la lumière. C’est dans cette acception que le mot « foyer » restera pour symboliser le principal attribut de la Femme.

Hestia personnifie la vie sédentaire et intellectuelle, en opposition avec la vie nomade ou extérieure de l’homme.

Le culte d’Hestia sera, dans la suite des temps, confié à la Maîtresse de la maison. Elle est représentée tenant un sceptre, son visage est austère, sa chevelure sans ornements. C’est ce sceptre de la femme au foyer qui est exprimé par le mot Maitresse.

LA MÈRE DANS LA ROME ANTIQUE

C’est d’abord Mater Matula, Déesse de l’aurore et des naissances.

Sa fête s’appelait « la fête des Mères », Matralia. Nous trouvons aussi Acca Larentia, réceptacle des semences, dont le nom devient générique dans les Lares, qui sont les bons Esprits, protecteurs des champs et des moissons.

Le Laris familiaris était le génie protecteur du foyer. On célébrait les Laralia, fête familiale, en l’honneur de ces Divinités.

Ce culte persista longtemps. On le retrouve dans les Lares publics, les Lares de carrefour (compitales ou viales), les Lares Hostilii, protecteurs contre les ennemis, etc.

Ces Lares représentaient l’Esprit providentiel de la Femme, veillant sur la demeure et pourvoyant à tous les besoins de l’existence. C’est pourquoi les Déesses personnifiaient aussi la vie heureuse de cette époque : Fortuna est la Déesse du bonheur. Elle a différentes formes : Fortuna Muliébris, Fortuna Régia, Fortuna Respicius (favorable).

Du mot sanscrit Mâtri on fait en latin : matri-monialis, matrimonium, Matrona, Maturare.

Tout cela indique bien que c’est la Mère qui est la tête de la famille et l’esprit mûri (maturalio) qui dirige avec sagesse.

CHEZ LES CELTES

Nous trouvons dans le Panthéon Celtique et en Phrygie, Cybèle, Magna Mater, Mère du Mont Ida.

C’est de Mater Magna qu’est venue l’habitude d’appeler les anciennes Mères des Grand’ Mères.

Cybèle est représentée sur un char traîné par des lions, elle a sur la tête une tour à trois étages, dont on a fait plus tard la tiare, et en main une clef double. On lit sur les statues de Cybèle retrouvées chez les Galates : Matri ideae.

Dans toute la Gaule, on a retrouvé de vieilles inscriptions disant Deabus Moerabus (Déesse-Mère ou Dia Mater), dédiées à la Déesse He Moera (la lumière). Ses disciples sont appelées Moeres, Mères spirituelles.

Quand on traduisit Mater ideae dans la langue des Ibères, on fit de Madre-idea, le nom de Madrid donné à la ville qui devint la capitale du pays.
Mère en Celtique se dit Mam.

En Hébreu (qui en dérive), c’est Aman ; on ajoute nutrio (chald), ama nutrix.

EN CHINE

Nous trouvons dans le Chi-King, troisième Livre sacré des Chinois, un poème intitulé : L’amour fraternel, dans lequel la famille primitive est dépeinte.

En voici une strophe (Partie II, Livre II, Ode 1-7) :

L’Union affectueuse entre la Femme et les enfants
Est semblable à la musique du luth et de la harpe.
Lorsque la concorde règne entre les frères,
L’harmonie est délicieuse et durable.
C’est la famille dans sa première forme, sans père.

EN AMÉRIQUE

Les lois de la nature étant les mêmes sur toute la terre, la même évolution se produisit partout. C’est ainsi qu’on a trouvé au Mexique l’ancien culte de la Mère.

La Divinité qui la représentait s’appelait Maïr, Moera ou Mana.

Manco Capac dit Mama Coia.

LA DIVINE MÈRE CHEZ LES HÉBREUX

La tradition à laquelle nous sommes le plus habitués est celle d’Eve, la Mère universelle. Seulement, dans les Ecritures modernes qui la concernent, on met près d’elle un homme, Adam.

Or, dans les Ecritures primitives, cet homme n’existe pas. On appelle la terre végétale qui a produit l’Arbre de vie : Terre Adamique, ou Adama, et c’est de ce mot qu’on a fait Adam, quand on a révisé l’histoire.

Mais, d’abord, la grande divinité des Hébreux, la femme bénie, c’est HeVaH, « douée d’une beauté majestueuse et sainte qui ne pouvait créer dans l’âme des enfants un sentiment autre que celui d’une religieuse vénération. »

Hévah ou Havah est « Celle qui donne la vie ».

Les Hébreux en firent une Etoile, à la lumière douce et majestueuse, chaste et voilée ; elle est le Feu Sacré, l’emblème terrestre du soleil. C’est pour cela que le Soleil devint « la demeure céleste du très-haut ». Les prêtres ont mis dans le ciel d’en haut ce que le premier symbolisme avait fait descendre dans l’Esprit très-haut de la Déesse.

Mais cette vénération du Principe-Mère, de la Reine des Cieux, de l’Intelligence universelle, fut cachée par les Juifs, qui nous diront qu’elle est restée dans le domaine élevé de la spéculation.

Cependant, les anciens prophètes (qui étaient des prophétesses) en parlent continuellement.

Jérémie constate qu’on lui a rendu un véritable culte en Israël, « mais depuis le temps que nous avons cessé de faire des encensements à la Reine des Cieux, et de lui faire des aspersions, nous avons manqué de tout et nous avons été consumés par l’épée et par la famine » (ch. XLIV).

ORIGINE DU NOM D’ÈVE

Nous trouvons le nom de la Déesse-Mère écrit dans le Sépher par les consonnes HVH. On sait que l’hébreu n’a pas de voyelles.

On pouvait entre les consonnes interposer les voyelles que l’on voulait, l’usage seul prévalait, ce qui rendait impossible la transmission écrite de la prononciation des mots. La tradition orale seule conservait cette prononciation et, en changeant le son voyelle des consonnes, on pouvait rendre un nom méconnaissable.

C’est ce qui arriva pour le nom de la Divinité primitive des Israélites. Il fut d’abord prononcé HeVaH, Hévah (d’où Ève) ; en changeant les voyelles de place on en fit HaVeH, puis Jévah, IHOAH, qui fut par la suite prononcé mal à propos Jéhovah, à cause d’une ponctuation vicieuse des Massorètes (espèces de règles ou de conventions).

A propos du nom de Iahvé, Renan écrit (Le Peuple d’Israël, p. 82) : « Rien n’incline à croire que Iahvé soit originaire d’Egypte. En Assyrie, au contraire, et en particulier dans les contrées chaldéennes aramaïsées, voisines du Paddam-Adam, le mot la ho u ou la hv e parait avoir été employé pour désigner la divinité. La racine Hawa, écrite, par un h doux ou un h dur, signifie, en langue araméenne, l’Etre ou le souffle de vie ou la vie. La mère de vie, la première femme, s’appelait Hawa. Le nom sacré se contractait en I a h o u ou I o et s’écourtait en I a h. »

On expliquait le tétragramme par le verbe haïa qui est la forme hébraïque de Hawa : « Je suis celui qui suis ». Et ce « je suis » devenait un vrai substantif.

La franc-maçonnerie, qui garde dans son symbolisme les anciennes traditions de l’Israélisme, a le IVAH parmi les quatre mots sacrés du grade de « Maître secret » et le donne comme une contraction de Jehovah. Ce nom ainsi écrit nous fait présumer que, primitivement, Héva se prononçait Ivah, ce qui rapproche ce nom de Içwara (la Maîtresse exerçant la suprématie morale).

Ce n’est que dans le second chapitre de la Genèse, alors que la création est achevée et seulement lorsque la vie morale commence, que nous voyons employer le mot Ievah, qui est pris comme le symbole de la vie et de l’autorité maternelle morale et qui joue un grand rôle dans la religion israélite, surtout lorsque de grandes luttes de sexes éclatent à propos de ce nom, le nom ineffable, le « saint nom » que les hommes blasphémaient, ce qui aboutit à la défense absolue de le prononcer.

Les rabbins et les Israélites instruits connaissent l’origine féminine de leur Divinité, mais ils la tiennent secrète. Cependant, ce secret est maintenant divulgué. Fabre d’Olivet a contribué à faire la lumière sur cette question.

Dans son remarquable ouvrage La langue hébraïque restituée, il nous donne les moyens de remonter à cette origine, puis, comme inquiet lui-même de l’effet que cette divulgation va produire, il dit :

« Comme mon intention n’est point de profaner les secrets d’aucune secte, je désire que ceux que j’ai laissé entrevoir jusqu’ici, ou que je serais amené à révéler par la suite, ne choquent personne. Si, contre mon attente, il se trouvait néanmoins des sectaires qui fussent offensés de la publicité que je donne à certains mystères, je dois répéter que, ne les ayant reçus d’aucun homme, ni d’aucune société, et ne les devant qu’à mes seules études, je puis les publier sans trahir aucun secret ».

Renan nous dit que les Samaritains prononçaient IABE et non IAVE. Cette prononciation rapproche ce nom de HeBe qui représente la jeunesse féminine.

De ce nom Hébé on fait heber, nom générique des Hébreux, des Arabes et peut-être des Ibères.

Dans le Zohar, livre masculiniste relativement moderne, qui met le mot « Dieu » au masculin naturellement, on parle de la première Mère en disant : « Le premier (première Mère), c’est l’Ancien. Vu face à face, il est la tête suprême, la source de toute lumière, le Principe de toute sagesse, et ne peut être défini autrement que par l’Unité.

« Du sein de cette unité absolue, mais distinguée de la variété et de toute unité relative, sortent parallèlement deux principes opposés en apparence, mais en réalité inséparables, l’un mâle ou actif, l’autre passif ou femelle, désignés par un mot qu’on a coutume de traduire par celui d’intelligence.

« L’intelligence, c’est la Mère, ainsi qu’il est écrit : « Tu appelleras l’intelligence du nom de Mère ».

« Le nom qui signifie : Je suis, nous indique la réunion de tout ce qui est, le degré où toutes les voies de la sagesse sont encore cachées et réunies ensemble, sans pouvoir se distinguer les unes des autres. Mais quand il s’établit une ligne de démarcation, quand on veut désigner la Mère, portant dans son sein toutes choses (les mâles et les femelles) et sur le point de les mettre au jour, pour révéler le nom suprême, le Divin dit, en parlant de Lui : Moi qui suis. Enfin, lorsque tout est bien formé et sorti du sein maternel, lorsque toute chose est à sa place et qu’on peut désigner à la fois le particulier et l’existence, le Divin s’appelle IHAVE, ou je suis celui qui est. Tels sont les mystères du saint nom » (Zohar).

Je donne cette littérature pour ce qu’elle vaut.

LES PREMIÈRES FAMILLES

Après un temps plus ou moins long, la maternité plusieurs fois reproduite constitue des groupes, formés d’une Mère et de ses enfants. Ce fut la première ébauche d’une famille, un lien unissant ces nouveaux êtres à leur Mère, un autre lien, l’affection fraternelle, les unissant les uns aux autres. Ils eurent des intérêts communs, un même nid, dans lequel ils avaient passé ensemble leurs premières années, un petit coin de terre, qui avait été le théâtre de leurs ébats. La Mère vivait au milieu de ses petits, dont elle était la source de vie et le génie tutélaire, elle les couvait, les soignait, les allaitait, tant que cela leur était nécessaire, et ne les délaissait que lorsqu’ils n’avaient plus besoin d’elle.

Tous les mammifères restés à l’état de nature nous donnent encore l’image de ce groupement familial dans lequel le mâle n’a pas de rôle ; il a cherché la femelle, dans un moment de besoin physiologique, mais, après le besoin satisfait, il s’est éloigné sans se douter des conséquences de son acte.

Cette première famille, dont la Mère est le centre, a gardé sa forme primitive pendant de longs siècles.

La période pendant laquelle la Mère, toute-puissante, a régné sans trouble, est celle qui a été désignée par le mot matriarcat, mot qui est entré dans la littérature historique pendant le 19ème siècle et qu’on doit à Bachofen.

Le mot Patar, dans le sanscrit primitif, ne signifie pas celui qui féconde, mais celui qui protège.

C’est le frère de la Mère. C’est pour cela que longtemps c’est lui, l’oncle, qui s’occupe surtout de l’enfant, et, quand les hommes de cette époque parlaient de la descendance, ils ne disaient pas « nos fils », ils disaient « nos neveux ».

M. Leblois dit : « Le mot Père, qui dans notre langue a un sens précis, n’avait pas ce caractère dans la langue aryenne. Patar était moins un nom, un substantif qu’une expression descriptive dont le sens était « celui qui protège ».

« Matar voulait dire celle qui enfante. Fratar, celui qui aide. Swasar, celle qui réjouit. ».

Voici un autre témoignage :

Renan, dans l’Histoire du peuple d’Israël (T. I, p. 17), nous dit : « Le mot Patriarche ne se trouve pas avant le premier siècle de notre ère, mais il est bien fait ; nous l’employons ».

Et il l’applique aux primitives tribus matriarcales qu’il décrit en substituant le rôle du Père à celui de la Mère. Singulière façon de faire connaître l’histoire de l’humanité ! C’est, du reste, le système employé par la plupart des historiens.

Louis Franck, dans La condition politique des femmes, nous expose comment la famille primitive se constitua. Il dit :

« L’étude des origines de la civilisation nous permet de constater combien modestes furent les débuts de la race humaine. Aux âges primitifs des peuples, a régné la plus étrange confusion dans les relations des sexes, une promiscuité informe, où les hommes d’un même groupe ont possédé en commun les femmes de la tribu. Puis les groupes se sont scindés. Quand, sous l’empire de circonstances et de besoins nouveaux, le fractionnement des tribus amena la création de clans, l’instinct d’appropriation individuelle se fit jour, succédant au collectivisme primordial.

Une civilisation rudimentaire prit naissance. La conception primitive de la famille se forma. Entre les hommes s’établirent les premières relations de parenté, basées sur la filiation maternelle, c’est-à-dire le fait certain, palpable, tangible de la naissance, de la maternité.

« De la promiscuité originelle émergea la famille utérine, se perpétuant par les femmes, et qui semble n’être qu’un prolongement indéfini du cordon ombilical. Le trait distinctif de cette famille, c’est d’être sans père. Le mari, ou plutôt le mâle, y est réduit au rôle de reproducteur. La femme n’y est pas cependant dépourvue de toute espèce d’appui, car elle trouve dans son oncle et ses frères des protecteurs naturels chargés de la défendre. Ces parents maternels occupent dans la famille utérine la place qui appartient au père dans la famille patriarcale.

« Les traces de la famille utérine se retrouvent chez tous les peuples, dans les stades primitifs de l’évolution humaine, au sein des peuplades aryennes, comme à l’origine de toutes les autres races.

« L’ancienne Egypte, au temps de sa splendeur, a ignoré notre régime de paternité, et, durant des siècles, la parenté par les femmes fut l’unique loi régissant les populations de la vallée du Nil.

« Les Cretois n’ont jamais connu que le principe de la maternité et, pour eux, la Matrie a remplacé ce que nous sommes convenus d’appeler la Patrie.

Dans l’antiquité, la famille utérine a laissé des traces fort appréciables chez les Phéniciens, les Sémites, les Lyciens, les Etrusques, les Hellènes, les Spartiates, les Doriens.

« Les Celtes ne faisaient aucune distinction de sexe dans les commandements et chez eux les femmes conservèrent bien longtemps une influence considérable. Quant aux Germains, qui n’ont jamais passé pour des efféminés, ils estimaient qu’il y avait dans l’âme des femmes quelque chose de divin et de primordial ; aussi avaient-ils toujours soin de consulter les femmes et de ne point dédaigner leurs avis et leurs conseils ».

Mille excuses pour la multiplication des citations. Mais les auteurs masculins qui se sont occupés de cette question ont plus d’autorité, dans le monde des hommes, que les auteurs féminins ! C’est du reste dans leurs ouvrages que nous avons été chercher nos documents et nos preuves.

En voici encore un qui fut très écouté. C’est Louis Bridel, professeur de Droit à l’Université de Genève. Il dit :

« Les historiens et les voyageurs qui rapportent le fait de l’organisation maternelle de la famille, chez tel ou tel peuple, ont généralement ignoré qu’il se présentait ailleurs ; et, comme Hérodote pour les Lyciens, ils n’y ont vu qu’une exception, une singularité locale. Or, nous sommes en présence d’un véritable régime antérieur à celui de la famille paternelle de l’Inde, de la Grèce et de Rome, régime dont l’extension paraît avoir été considérable, si ce n’est générale, à une époque donnée. On peut se demander, en effet, si l’organisation maternelle a été commune à toute une période historique, si c’est un état familial par lequel aurait passé l’humanité dans son ensemble, ou bien s’il s’agit d’une organisation propre seulement à certaines races.

De la généalogie maternelle dérive tout un système de parenté par les femmes, coutume générale parmi les tribus sauvages dans toutes les parties du monde. L’enfant étant exclusivement considéré comme l’enfant de sa Mère, toute sa parenté se trouve naturellement du côté maternel et par les femmes. C’est exactement la contrepartie du système agnatique romain, d’après lequel toute parenté provient du côté paternel. Une des conséquences les plus curieuses du régime se manifeste dans l’ordre des successions ; l’on voit alors les héritiers naturels d’un homme être, non pas ses propres enfants, mais les enfants de sa sœur, fait fréquemment observé chez plusieurs tribus africaines.

« Ainsi donc, avant d’en arriver à la période du régime paternel, la famille se serait organisée du côté maternel et féminin, le nom des Mères et leur condition descendant le cours des générations, tandis que l’homme est sans lien direct avec les générations nouvelles et sans postérité reconnue » (La Femme et le Droit).

Revenons à Louis Franck pour savoir comment la famille maternelle a été remplacée par la famille paternelle ; question qui dépasse l’époque que nous étudions, mais qui cependant trouve sa place dans ce chapitre. Il dit ceci :

« L’autorité maritale n’est pas une institution naturelle et librement consentie entre les hommes, établie de propos délibéré, après mûre réflexion, en vue de permettre à chacun des sexes de remplir sa mission spéciale, au plus grand avantage de tous. Elle est le produit d’une réaction brutale. Résultante d’un ordre de choses dont le souvenir même s’est presque éteint dans la tradition de l’histoire, la puissance maritale est une institution barbare qui ne se conçoit plus, dans une période de civilisation. Vestige d’un passé à jamais disparu, elle ne peut manquer de disparaître à son tour.

« Le passage de la famille utérine à la famille agnatique ne s’est pas effectué chez tous les peuples d’une manière identique.

Chez les uns, la transition a provoqué des luttes violentes et des conflits sanglants, comme on peut d’ailleurs l’observer chez les Maoris de la Nouvelle-Zélande, où la filiation agnatique a remplacé peu à peu la famille utérine.

Ailleurs, la transition s’est accomplie sans trouble et sans secousses par la voie d’une évolution lente et pacifique ; c’est ainsi par exemple que, dans l’ancienne Egypte, un simple décret royal, le prostagma de Philopator, a suffi pour opérer, sous l’influence des idées grecques, cette transformation du droit de famille » (La condition politique de la Femme).

Tout cela est confirmé par les travaux sociologiques de Morgan, de l’auteur danois Charles Kaoutski et du célèbre naturaliste anglais Henri Dumont, pour qui le principe vital de la famille gît dans la Femme ; aussi le matriarcat est, pour ces savants, le régime incontestable qui a gouverné le monde à une certaine époque de l’histoire.

Cette époque aujourd’hui retrouvée a été cachée pendant des siècles, et c’est la condamnation des historiens. Toutes les Écritures primitives qui la mentionnaient ont été altérées. C’est du 10ème siècle avant notre ère au 4ème siècle que cette œuvre de falsification a été accomplie ; on effaça de l’histoire le rôle de la Femme, son règne primitif, ses luttes, ses mérites, toutes ses grandeurs. Et quand le Droit paternel fut introduit dans le monde, vers le 11ème siècle avant notre ère, on mit le mot Père dans les Écritures révisées, partout où l’on trouvait le mot Mère.

La réalité, comme tout ce qui est très loin de nous, se perd dans les brouillards de l’histoire et semble invraisemblable, extravagante même à ceux dont la vue superficielle ne juge le passé que d’après le présent. C’est ainsi que la famille paternelle et le droit paternel de date récente sont nés d’un régime de renversement que nous, verrons plus loin commencer. Ce Droit est devenu pour les peuples dégénérés un fait si naturel qu’ils ont de la peine à concevoir et à croire que la famille maternelle n’ait jamais existé. L’esprit s’est fait au renversement, on l’a pris pour un état primitif, né de la Nature, alors que c’est un état secondaire, né d’une altération des lois de la Nature.

Figurons-nous un homme habitué à porter son habit à l’envers et que l’on n’aurait jamais vu que recouvert de ce vêtement dont la surface est une doublure ; l’œil s’y serait si bien fait que, si quelqu’un venait à dire que cet habit est retourné, qu’il a une autre face que nous ne voyons pas, personne ne le croirait et c’est la primitive surface qui semblerait la doublure.

« Chaque époque suit inconsciemment, jusque dans ses inventions poétiques, les lois organiques qui lui sont propres. Si grande même est la puissance de celles-ci que la tendance à conformer aux idées nouvelles ce qui, dans l’antiquité, s’en écarte, est irrésistible. Les traditions gynécocratiques n’y ont pas échappé et nous constaterons souvent l’influence rétrospective du présent sur le passé. Cette tentation de remplacer l’incompréhensible par le compréhensible, accommodé au goût du jour, se manifeste souvent de façon bizarre : l’ancienne esquisse est recouverte d’un coloris plus nouveau ; les majestueuses figures du monde gynécocratique sont présentées aux contemporains suivant l’esprit de leur propre époque, les formes trop fortes ou trop dures sont atténuées ; en même temps que le droit, les sentiments, les motifs, les passions sont jugés du point de vue régnant.

Parfois le moderne et l’antique marchent de concert ; ailleurs, le même fait, la même personne sont présentés sous le double aspect que leur imprime la diversité des temps : ici innocents, là criminels ; ici objet d’abomination et d’horreur, là de vénération et de respect. Ailleurs encore, c’est le père que l’on substitue à la mère, le frère à la sœur, mettant ainsi l’élément masculin à la place ou à côté de l’élément féminin ; les vocables féminins sont masculinisés. Bref, les conceptions gynécocratiques cèdent, de toutes parts, aux exigences de la thèse patriarcale » (Bachofen, Das Mutierrecht, Préface).

LE NOM DE LA MÈRE

La conséquence naturelle de tout ceci, c’est que l’enfant porte le nom de sa Mère. Du reste, c’est ce nom de la Mère qui désigne la tribu, plus tard la bourgade et quelquefois s’étend même à une région très grande.

C’est ainsi que presque toutes les anciennes villes devaient leur nom aux femmes qui les avaient fondées. Les anciens Gaulois, nous dit-on, vénéraient la forêt des Ardennes parce qu’elle avait été le séjour de la Déesse Arduina, qui lui avait donné son nom.

Il est bien évident que tous les descendants de cette Déesse ont porté des noms qui se rapprochaient du sien, ce sont les Harduins, les Arduens et leurs variétés.

Si une Mère s’appelle Berthe, nous retrouvons sa descendance dans des Berthier, des Berthelot, des Bertet, des Bertillon, des Bertal, etc.

Une Mère primitive appelée Mathilde a une lignée de Mathot, Mathis, Mathieu, etc.

Si la Déesse-Mère s’est appelée Bathilde, elle a laissé à ses rejetons les noms de Barthe, Bartet, Barthou.

Et les Marie, qui furent innombrables, ont laissé des Marion, Marin, Marini, Mariani.

Les noms si communs en France de Martin, Martineau, Martinet, viennent d’une Mère primitive qui s’appelait Marthe.

Ce sont les noms primitifs des femmes qui sont devenus les noms de famille.

Zimmermann, dans son livre intitulé L’Homme, dit :

« On a constaté, chez certains peuples éloignés les uns des autres, l’usage d’appeler l’enfant du nom de sa mère, non de celui du père.

« Cela paraît étrange à nous, qui établissons la paternité sur une simple présomption, mais ne sont-ils pas plus dans le vrai, quand ils s’appuient sur le fait patent de la maternité ?

« Or cette coutume se rencontre partout où les hommes n’ont pas la prétention de disposer seuls de leurs sentiments. La jeune négresse, comme la jeune indigène des îles des Amis (Tonga), peut librement s’abandonner à ses affections et donne son nom aux enfants de ces unions passagères ».

Et Louis Bridel, dans La Femme et le Droit, écrit : « Les Lyciens (sud de l’actuelle Turquie), dit Hérodote, ont une singulière coutume. Ils se nomment d’après leur mère et non d’après leur père. Si l’on demande à un Lycien qui il est, il indique sa généalogie du côté maternel, en énumérant sa mère et les aïeules de sa mère. Si une citoyenne s’unit à un esclave, les enfants passent pour nobles, mais si un citoyen, fût-il du rang le plus élevé, prend une femme étrangère ou une concubine, les enfants ne jouissent pas des honneurs ».

Les mœurs ainsi décrites sont celles de la fin du régime matriarcal, non de ses débuts, mais il est bon cependant de les enregistrer.

Louis Bridel ajoute : « Cette singulière coutume des Lyciens a dès lors été signalée chez de nombreuses populations de l’antiquité, ainsi que chez diverses tribus plus ou moins sauvages de nos jours. Polybe la mentionne chez les Locriens (ancien région de la Grèce centrale). Sur les tombeaux des Etrusques (centre de l’Italie), c’est l’indication de la descendance maternelle qui figure le plus souvent.

Mécène, qui était originaire d’Etrurie, portait le nom de sa mère conformément à l’usage de son pays.

Différentes traces du régime de la famille maternelle se retrouvent chez les Cariens (sud-ouest de l’Anatolie), chez les Pélasges (premiers habitants de la Grèce) et dans la Grèce primitive, chez les Cantabres (habitants de la partie du nord de la Péninsule Ibérique) et jusque chez les Basques, dans l’Egypte ancienne, qui, sous tant de rapports, paraissait aux historiens grecs un monde renversé, dans la Crète où l’on disait la Matrie pour la patrie, etc.

« De tous les documents qui nous font connaître l’existence et les bases du matriarcat, ceux qui concernent le peuple Lycien sont les plus clairs et les plus précieux. Les Lyciens, suivant Hérodote, donnaient à leurs enfants, non pas comme les Grecs le nom du père, mais toujours le nom de la mère ; ils ne tenaient compte dans la construction des généalogies que des ancêtres maternels, c’était le rang social de la mère qui seul, chez eux, classait l’enfant.

Nicolas de Damas complète ces renseignements par d’autres détails sur le droit exclusif de succession des filles qu’il fait dériver de la coutume lycienne ; droit non écrit, émané de la divinité même, suivant la définition de Socrate.

« Au droit de succession exclusif des filles, chez les Lyciens, correspond l’obligation alimentaire, qui, suivant l’usage égyptien relaté par Diodore, incombe aux filles seules à l’égard des parents âgés. Chez les Cantabres, suivant Strabon, les frères étaient établis et dotés par leurs sœurs ».
« Partout la fraternité des sœurs est sacrée, la sœur a la primauté sur son frère. La fille a la primauté sur le fils. Le dernier né a tous les droits, à la dernière naissance s’attache la succession, la durée de la vie étant présumée plus longue ». (Bachofen).

Il y a ici une erreur d’interprétation.

Quand on dit : Le dernier-né a tous les droits, on veut dire, par-là, celui qui est le dernier apparu dans la vie animée (animale).

Le dernier-né, c’est la Femme. Cependant, elle a dépassé l’homme en intelligence. Ceci ne doit pas être appliqué à la famille, mais à la race, à la Genèse primitive. C’est une façon obscure d’affirmer ce que voulait faire entendre la légende symbolique d’Esaù et Jacob : Esaù, le premier-né, cédant son droit d’aînesse, c’est-à-dire se laissant dépasser (1).

Maintenant Hésiode ne nous étonne plus quand il place au premier plan de Son récit la Mère, ses soins incessants, l’éternelle minorité du fils, dont la croissance physique n’amène pas l’émancipation, et qui jouit près de sa Mère, jusqu’à un âge avancé, du calme et de l’abondance qu’offre la vie agricole. N’est-ce pas là une peinture du bonheur perdu, dont le matriarcat fut le pivot, et n’est-il pas contemporain de ces archaïa phyla gynaïkôn (2) qui ont disparu de la terre en même temps que la paix ?

(1) L’antiquité discuta longuement sur la pro-géniture de l’homme, premier sorti de la vie végétale, mais déchu. Dans l’ancien régime, la fille seule hérite ; dans le nouveau, c’est l’homme qui hérite parce qu’il est l’aîné. Puis on perd de vue cette vieille discussion, mais l’aîné continue à hériter, d’où le droit d’aînesse. Chez les Coréens, les Hébreux, l’aîné (le garçon) a part double, c’est la justice de l’homme.

(2) Antiques races de femmes.

LA TRIBU

Le monde est divisé en tribus, et la tribu n’est que la famille agrandie.

C’est la tribu qui deviendra la bourgade, puis la cité.

L’autorité de la Mère, dans le groupement familial, n’est pas encore discutée, tous se soumettent à ses décisions.

Le gouvernement gynécocratique est une République où toutes les femmes ont la même autorité dans leur foyer, dans leur tribu, qui est le foyer agrandi. Il y a autant de Reines-Mères qu’il y a de familles. On ne connaît pas encore cette autorité envahissante qui prétend dominer par-dessus les familles et les clans.

Les tribus matriarcales pouvaient avoir de 400 à 550 âmes ; au-delà on se divisait, mais le souvenir de la primitive famille se conservait pendant de longs âges et les anciennes Mères, dont le nom restait attaché à la tribu, furent longtemps vénérées par leurs descendants, de là le culte des ancêtres.

Ceci nous explique pourquoi les villes ont toujours été symbolisées par une femme, et le sont encore.

C’est parce que la Déesse matronale avait donné son nom à la tribu que la famille issue d’elle était groupée sous le même nom.

Le régime matriarcal s’explique aussi par ce fait que le Père naturel ne s’attache pas à la Mère et à l’enfant, ne connaît, du reste, pas l’enfant né de lui ; et l’enfant qui ne porte que le nom de sa Mère, qui est le nom de la tribu, ne connaît pas son Père, ne sait même pas qu’il en a un.

Dans le monde primitif, il n’y avait pas de punition pour le parricide, parce qu’on ne connaissait pas son père.

L’enfant grandissait dans sa famille naturelle, qui était sa famille maternelle, n’ayant, quand il était homme, ni responsabilité, ni charges ; donc, pas non plus cette hypocrisie née avec les devoirs factices imposés dans le monde masculiniste. L’amour était libre, mais subordonné à la loi d’hygiène morale qui le réglementait et que la Mère avait inculquée à son fils dès son enfance.

Le monde primitif était fait pour le bonheur de l’homme ; on n’y voyait pas de misère, pas de malheur, pas de crimes.

L’autorité brutale que l’homme a voulu exercer sur la femme et sur l’enfant, sous prétexte de paternité, a apporté le malheur dans le monde et désorganisé la famille. C’est la grande erreur sociale des temps masculinistes.

Faut-il rappeler encore que le droit maternel n’est pas l’apanage d’un peuple, mais régit toute une époque, qu’il n’est pas non plus particulier à une race, mais qu’il est déterminé par l’uniformité des mêmes lois primitives ?

« Les peuples régis par le droit maternel avaient la civilisation qui en résultait. Si ces peuples furent grands, généreux, ils le durent au pouvoir féminin. La féminité était arrivée à un éclat, à une splendeur qui faisait l’admiration des anciens ». (Bachofen).

LA MÈRE, PROVIDENCE UNIVERSELLE

Dans toutes les antiques traditions, la Mère est considérée comme la Providence pourvoyant à tout et distribuant aux humains toutes les choses nécessaires à la vie.

Sous cet aspect, nous trouvons qu’on lui avait élevé un Temple dans l’île de Délos.

On y voyait une femme âgée et vénérable qui tenait d’une main une corne d’abondance, les yeux fixés sur un globe, vers lequel elle étendait une baguette qu’elle tenait de l’autre main, ce qui signifiait qu’elle répand l’abondance sur toute la Terre.

Ceci nous révèle à la fois son rôle universel de Mère nourricière et de Mère spirituelle enseignant aux hommes les lois de la cosmologie, toutes découvertes pendant cette époque primitive.

Les Grands Livres sacrés de tous les pays en font foi.

Nous trouvons aussi dans les archives du passé une Cérès Mammosa, ainsi nommée à cause d’une infinité de mamelles pleines, qu’elle avait autour d’elle comme une Mère nourrice de tout le monde.

Diane fut surnommée Pédotrophe (qui nourrit les enfants).

On appelle « Messies » les Déesses des moissons. Il y en eut une particulière pour chaque espèce de moisson.

M. Désiré Deschamps a publié dans La Question sociale, de 1888, une série d’articles intitulés : La Femme et la Civilisation.
Je lui emprunte les lignes suivantes :

« Le souvenir de cet Age d’or a traversé les âges. Il vivra aussi longtemps que l’humanité.

« Du foyer où la Femme était la Mère-abeille sortit la plus belle série d’inventions qui ait illustré une époque.

« Créée la poterie, créée la vannerie, créé le fuseau, créé le métier à tisser, créée la corderie, créée la culture de la terre, créée la panification, créée la domestication des animaux, créée une quantité de ressources jusque-là insoupçonnées (1).

« AGE D’OR, vous dis-je ! Voyez ces instruments en pierre, hache, pointe de lance et de flèche, polissoirs, marteaux, ciseaux, couteaux, scies, etc. Voyez ces objets fabriqués en os et en corne : aiguilles à un ou deux trous, lissoirs, poinçons, haches, flèches, harpons, etc., et dites-moi si de tels produits ne décèlent pas une population éminemment industrieuse.

« Mais il faut poursuivre plus loin notre enquête. La partie fibreuse de l’écorce de certains arbres, ainsi que celle du lin, était utilisée à la fabrication des cordes et des étoffes.

« La navette, le fuseau en bois, ses disques, ses pesons percés, destinés à favoriser son mouvement rotatoire, le métier à tisser avec ses mallettes à tendre les fils de la chaîne nous émerveillent.

« Les mêmes populations étaient pourvues de meules à moudre le grain, elles pétrissaient la farine et cuisaient le pain.

« Le sol alors était d’une grande fécondité et n’exigeait pas un labour profond. Elles le remuaient avec des bois de cerf ou des branches d’arbres et y semaient du lin, des céréales (froment, orge, millet), des lentilles, des fèves des marais, des pois, etc.

« La terre défrichée lui produit des céréales et des plantes textiles, dont les fibres tissées forment de la toile, le solboisé lui fournit des fruits et l’animalité lui livre des auxiliaires dévoués.

« A quelle influence doit-on cette extension de la puissance de l’humanité ?

« A la Femme ! »

Mme de Bezobrazow, pour soutenir la légitimité du gouvernement des femmes, écrit :

« L’autorité de la Femme se soutenait naturellement par l’importance qu’elle avait dans la question du travail.

« D’abord, c’est la Femme qui la première utilisa le feu, qui la première recueillit les racines nourricières et observa qu’il suffisait, pour, récolter ces mêmes herbes, de jeter leurs semences dans la terre. Par la seule observation de ce fait, la Femme ouvre une nouvelle voie et donne naissance à l’agriculture.

« La forme de l’antique matriarcat était logiquement basée sur cette considération que la femme est l’élément économique tant psychique que moral du monde. De là le culte d’Isis, de Cérès, de la Mère qui possède le germe, qui le nourrit, qui le développe, comme la terre à l’égard du grain ».
Je vois les travaux de cette humanité, je vois ses œuvres, ses sciences, ses arts et ses inventions, mais je n’en vois pas les auteurs. On les a cachés, et ceux à qui on attribue tout n’ont rien fait. Cependant, ce qui est difficile et merveilleux, ce qui étonne les hommes est appelé « un travail de Fée ! »

Allons, Messieurs les masculinistes, avouez que votre bâton de commandement n’était pas autre chose que la baguette des Fées, la baguette magique de Circé.

(1) Schott rappelle au XVIème siècle que les primitifs égyptiens faisaient éclore des poulets au moyen de la chaleur artificielle.

LA DÉESSE-MÈRE, ÉDUCATRICE DU GENRE HUMAIN

Au début de l’évolution, ce qui domine dans la société, c’est l’autorité maternelle, c’est la réglementation de la vie de l’enfant, qui devient homme, suivant les prescriptions de l’Esprit féminin.

La discipline maternelle a formé les hommes, c’est par elle qu’ils se sont élevés au-dessus de leur nature masculine, et je souligne le mot élevé pour faire comprendre que s’ils avaient suivi les instincts de leur nature, sans ce correctif, ils n’auraient pas grandi dans la civilisation, ils seraient tombés tout de suite dans la vie grossière des dégénérés et dans la folie qui en est la conséquence.

C’est quand les hommes, ou les peuples, s’affranchissent de la discipline maternelle qu’ils dégénèrent et disparaissent, car elle est un principe de vie en même temps que de vertu.

La vie morale de l’homme a été une lutte entre ses instincts d’homme et la discipline maternelle qui veut les empêcher de déborder. Le progrès ne s’est accompli que quand le devoir a triomphé de l’instinct.

Bachofen, qu’il faut toujours citer, dit : « L’humanité doit à la Femme sa primitive élévation, ses premiers progrès, son existence réglée et surtout sa première éducation religieuse et morale, elle doit à la Femme les jouissances d’un ordre supérieur. Toute la période civilisatrice est son œuvre propre, c’est à Elle qu’on doit la première connaissance des forces naturelles. Vue ainsi, la gynécocratie est la période éducatrice de l’humanité en même temps que la réalisation des lois de la Nature, qui s’appliquent aussi bien au bien de l’individu qu’à celui de l’espèce ».

L’éducation de l’homme s’est toujours continuée, et se continuera toujours, par les enseignements de la Mère, par sa direction tutélaire, par sa vertu providentielle.

La grande force éducatrice de l’enfant est dans la psychologie de la Mère. La Femme a la charge du Bien de par le fait de son instinct naturel qui l’élève sur le plan spirituel et lui révèle le Mal en lui montrant qu’il a son origine dans la nature inférieure, c’est-à-dire sexuelle de l’homme.

Quel est l’homme qui niera l’influence de sa Mère sur sa première enfance, qui reproduit l’enfance de l’humanité collective ?

La direction générale de la discipline maternelle est partout et toujours la même, elle porte sur les mêmes actes, elle produit dans la conscience naissante de l’enfant les mêmes effets.

La Mère, seule, peut imposer à l’enfant la discipline du Bien parce qu’elle l’aime et il le sait, et il lui obéit parce qu’il sent qu’elle l’aime.

« L’amour qui unit la Mère avec le fruit de son corps est ce qu’il y a de plus sublime au milieu de notre misère humaine », dit Bachofen.

Nulle personne autre que la Mère ne se trouve dans les mêmes conditions. L’homme a subi sa contrainte morale depuis sa première enfance, elle a été constante, l’a suivi dans le développement de sa sexualité, dont l’éveil est venu le troubler, mais dont il a craint les effets, parce que la Mère veillait à le maintenir chaste, et c’est ainsi qu’est entrée en lui l’idée du devoir.

La discipline maternelle laisse à l’homme toute sa liberté, mais s’adresse seulement à sa raison, en le prévenant du danger qu’il coure, du mal qu’il peut se faire à lui-même, de la folie qui le guette. La Mère instruit, elle ne contraint pas, mais elle laisse, dans le cerveau de l’enfant, une impression qui ne s’effacera pas et créera en lui la honte du Mal.

Du reste, la discipline donnée par l’autorité maternelle était appuyée sur l’instinct du Bien qui est dans la Mère. Elle ne pouvait pas être appuyée sur des raisonnements scientifiques que l’enfant n’aurait pas compris. C’est l’homme moderne qui pourrait les comprendre s’il le voulait, mais sa volonté n’est pas encore gagnée à la vertu, il lutte contre la Femme pour défendre ses instincts et il ne s’aperçoit pas que c’est ce système qui le condamne à mort, à la mort de l’Esprit, qui est la mort morale des individus et des peuples.

L’homme veut la liberté des mœurs, la liberté des vices, la liberté de toutes ses puissances physiologiques, et il a organisé la société, depuis qu’il la dirige, pour qu’elle lui facilite cette liberté.

Mais il n’a jamais demandé la liberté de la vertu, la liberté du Bien, et celle-là n’existe pas, aucun homme n’ose être vraiment vertueux, tous sont retenus par le respect humain qui est l’entraînement dans le Mal.

L’homme considère comme un bien la liberté du vice et comme un mal (ou un ridicule) la liberté de la vertu. Il met sa liberté au-dessus des principes de l’éducation maternelle et quelques-uns s’appliquent (les plus cyniques) à les contredire. Cependant, si les sociétés primitives n’avaient pas été disciplinées par les Mères, alors toutes-puissantes, les hommes auraient été des brutes grossières dès la première crise de l’adolescence.

C’est l’éducation maternelle qui tempère les instincts de l’homme en société et l’empêche d’être la bête cynique et déchaînée ; sans cette éducation, la liberté de l’homme serait un danger social.

L’homme n’est pas né pour être libre, et la liberté proclamée par ses formules : « Liberté, Egalité », est une hérésie sociale qui consacre deux erreurs :

1° La Liberté donnée à l’homme, c’est la licence de suivre ses instincts et de ne pas remplir ses devoirs, c’est le droit qu’on lui donne, ou qu’il prend, de travailler contre son propre intérêt, contre lui-même, contre son propre idéal méconnu : c’est le droit d’errer et de mal faire.

2° Parce que la liberté, que l’homme demande pour lui, est la négation de la liberté de la femme, qu’il entrave, en copiant cependant ses revendications.

LES DEUX INSTINCTS

La liberté que l’homme demande, et qu’il se donne, c’est la copie de la liberté demandée par la Femme pour l’exercice de sa nature divine, c’est-à-dire pour manifester ses instincts féminins, qui veulent le Bien, qui cherchent l’élévation spirituelle.

« Qui peut oublier que le siècle gynécocratique représente forcément tous les côtés qui distinguent la nature de la Femme de celle de l’homme, surtout cette belle harmonie, cette « harmonie féminine » comme l’appelaient les anciens, cette religion dans laquelle ce qu’il y a de plus ardent dans l’âme féminine, l’amour, a la conviction profonde de son accord avec le principe fondamental de l’univers, cette instinctive sagesse naturelle qui juge en un clin d’œil et avec la justesse d’une conscience, enfin cette immutabilité et ce conservatisme, inévitable apanage de la Femme ?

« Toutes ces manifestations de la nature, féminine sont autant de caractéristiques du siècle gynécocratique, chacune correspond à une manifestation de l’histoire, que nous pouvons juger maintenant à sa véritable valeur psychologique et historique ». (Bachofen).

Une discipline est indispensable à l’homme parce qu’il ne peut pas, par lui-même, se maintenir dans la région spirituelle et rationnelle qui est la région du Bien.

La discipline maternelle, dans la vie primitive, s’étendit de la famille à la tribu, qui ne fut que la famille agrandie. Et quand la tribu s’étendit elle-même et devint la société tout entière, le devoir familial devint la Religion, qui fut une discipline sociale, instituée par les Déesses-Mères.

Cette Religion étendit à l’homme collectif l’action tutélaire de la Mère ; c’est ainsi que l’idée du devoir s’étendit de la famille à la cité, de la cité à la Matrie.

C’est cette éducation qui créa l’Age d’or, qui ne put se réaliser que parce que l’homme resta à sa place d’homme et ne voulut pas encore prendre la place suprême de sa Mère.

Le Droit naturel, Droit Maternel, réglait les relations générales de l’humanité ; la Justice régnait parce qu’elle était basée sur cette vérité encore incontestée. : le Droit naturel.

Si on supprime l’éducation maternelle et l’autorité de la Mère, l’homme alors doit prendre en lui-même les éléments de sa propre discipline, à moins de s’en affranchir tout à fait et de vivre comme la brute.

Mais alors la société ne le tolère pas. Donc, par nécessité sociale, il doit se faire à lui-même une discipline et il ne peut en prendre les éléments que dans la première éducation maternelle qu’il a reçue.

GYNECOGRATIE

Salomon Reinach, faisant une conférence à la Mairie du 16ème arrondissement de Paris, organisée par le Musée Guimet, avait pris pour sujet : La lutte des Amazones dans l’antiquité.

Il commença ainsi son exposé :

« Gynécocratie est le mot qui désigne pour les savants, comme il désignait dans l’antiquité, le gouvernement des femmes ».

On a donc toujours su que les femmes ont régné, puisque le nom qui désignait leur règne s’est conservé et a toujours été employé par ceux qui connaissent l’histoire.

Comment se fait-il alors que le grand public ignore toute cette période historique et que, même parmi ceux qu’on appelle « des savants », il se trouve un parti masculiniste qui explique les origines d’une façon toute différente et contradictoire, présentant la femme comme esclave quand c’est elle qui gouverne, comme avilie quand elle est Déesse, comme infériorisée quand elle jouit de toutes les suprématies ?

C’est là le grand fait qui domine l’humanité. On a effacé des annales de l’histoire l’époque brillante pendant laquelle la femme régnait, par jalousie de sexes.

C’est l’œuvre des historiens masculinistes qui écrivirent dans le millénaire qui précéda notre ère, et qui cachèrent l’époque historique de la suprématie féminine pour lui substituer une histoire masculine qui n’a aucune réalité.

L’humanité primitive était régie par les lois de la Nature ; ces historiens voulurent y substituer la loi de l’homme, qui ne date que d’une époque relativement récente, et, pour lui donner le prestige de l’antiquité, effacèrent toute l’histoire antérieure à leur règne.

Aller vers la partie 2 du 9ème chapitre

 

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