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Livres de Femmes, Livres de Vérités (7) Origine et histoire du christianisme – 2/4

« Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre. » Saint Jean

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
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2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
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3ème chapitre : Les Aryas – Guerre des sexes chez les Perses et les Hindous
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4ème chapitre : La guerre des sexes dans la Chine antique

5ème chapitre : La guerre des sexes dans la Grèce antique
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6ème chapitre : De l’Israélisme au Judaisme
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7ème chapitre : Origine et histoire du christianisme
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Chapitre 7 – suite

LE PREMIER CHRISTIANISME

Qu’est-ce alors que le Christianisme?

Ce ne fut évidemment pas la doctrine qui triompha sous Constantin. Ce fut un enseignement donné par quelques initiés formant un parti violemment persécuté et dont le souvenir fut effacé par la doctrine qui triompha plus tard.

Il y eut donc deux Christianismes :

Le premier (le vrai), qui est aujourd’hui inconnu, et le second (le faux), qui s’édifia sur ses ruines, avec ses matériaux utilisés, mais mutilés.
Ils ne se confondent pas, ils sont en opposition complète.

Burnouf dit (La Science des religions, p. 83) : « C’est un fait connu de tout le monde que dans les premiers temps du Christianisme il existait une doctrine secrète transmise par la voie de la parole et en partie peut-être par l’écriture. Cet enseignement mystérieux excluait d’abord ceux qu’on appelait catéchumènes, c’est-à-dire les païens convertis, mais non encore instruits dans les choses de la foi et n’ayant pas reçu le baptême. Une fois chrétiens, ils n’étaient pas pour cela initiés aux plus profondes doctrines, car celles-ci se transmettaient, en quelque sorte, de la main à la main entre les hommes dont la foi ardente était éclairée par une intelligence plus vive ; à ce titre, ils pouvaient devenir docteurs à leur tour, instruire et diriger la masse des fidèles.

« Sur quel point de doctrine portait le mystère?

« C’est une question qu’il est presque impossible de résoudre a priori et que l’étude des textes peut seule éclairer. On est néanmoins en droit de penser que le voile du secret couvrait, comme les Mystères d’Eleusis, les parties les plus profondes de la science sacrée et celles qu’il eût été le plus dangereux de découvrir à tous, au milieu du monde païen, dans une société chrétienne composée de personnes pour la plupart ignorantes.

« Vint-il un temps où la doctrine cachée cessa de l’être?

« On s’accorde généralement à dire qu’après Constantin il n’y eut plus de tradition secrète dans aucune Église, ni en Orient ni en Occident.

« C’est à cette époque que l’Eglise sentit le besoin de fixer ses principes essentiels dans une profession de foi désormais invariable qui les mît à l’abri des attaques de ses ennemis.

« Ce fut l’œuvre d’Eusèbe (268-338) pour la partie historique et du Concile de Nicée (325) pour le dogme. L’un et l’autre accomplirent leur tâche sous l’impulsion et presque par l’ordre de Constantin.

« Les premiers siècles abondent en renseignements de toutes sortes. Il y en a de trois espèces, les livres, les rites primitifs de l’Eglise conservés ou abolis, et enfin les monuments figurés tels qu’il s’en trouve un si grand nombre dans les catacombes de Rome. Les doctrines, surtout quand elles sont mystérieuses, sont quelquefois exprimées avec plus de netteté dans les cérémonies du culte que dans les livres. Ceux-ci, d’ailleurs, peuvent n’offrir que la pensée personnelle de l’auteur, ou la tradition, comme il l’a comprise. Il n’en est pas de même des prières, des formules de foi et des autres parties du rituel, qui, devant se reproduire constamment dans le lieu saint, peuvent être justement considérées comme exprimant la pensée commune (primitive). Quant aux monuments figurés, ils sont naturellement symboliques et faits pour parler aux yeux ; ils sont comme autant de comparaisons et de souvenirs pleinement intelligibles pour les seuls initiés et ne livrant au vulgaire que la partie la plus superficielle de ce qu’ils veulent exprimer ; rapprochés des livres et des formules, ils répandent sur eux une lumière inattendue. Et, se répétant de siècle en siècle, ils peuvent quelquefois nous conduire aux vraies origines de tout un ordre d’idées ou de faits. »

Il est hors de doute que l’enseignement donné par les premiers Chrétiens était celui des lois de la Nature, tel qu’il avait été donné dans les Ecoles Pythagoriciennes.

Du reste, il existait encore des Ecoles de ce genre au commencement de l’ère actuelle, puisque Justin, martyr, raconte qu’à cause de son ignorance de quatre sciences préparatoires (l’arithmétique, l’astronomie, la géométrie et la musique) on refusa de l’admettre comme candidat à une de ces Ecoles.

Donc, la science primitive, cachée dans les Mystères, avait cependant toujours été enseignée. La secte des Esséniens, dont Daniel peut être considéré comme le fondateur, sort de l’Ecole Pythagoricienne.

Burnouf le constate ; il nous dit (p. 112) : « En dehors des Écritures, il y avait aussi, dans le Levant, une doctrine secrète, transmise verbalement dans certaines Ecoles dissidentes et dont l’identité avec celle des Apocryphes a été mise en lumière. Les gardiens de cette tradition étaient, durant les siècles antérieurs à notre ère, les deux sectes appelées les Esséniens et les Thérapeutes. Les premiers étaient en Judée et habitaient particulièrement les bords de la Mer Morte ; ils y étaient nombreux. Au temps de Josèphe, on en comptait 4.000. Ils avaient pour méthode d’interpréter allégoriquement la Loi mosaïque, ce qui les conduisait à ne point reconnaître les interprétations officielles des rabbins et à substituer, à la caste des prêtres, un sacerdoce universel (féminin). Ils n’enseignaient point en public leur doctrine secrète, et ne parlaient jamais que par paraboles ; leur morale avait pour base l’abstinence pour soi-même, la charité pour les autres, l’égalité des hommes et la négation de l’esclavage. Un lien étroit les unissait aux Alexandrins ; ils connaissaient leurs livres, parmi lesquels il y en avait un intitulé La Science de Salomon (1) qui leur était familier. La doctrine essénienne et sa transmission orale forment donc un passage qui conduit de la doctrine des Apocryphes à la doctrine secrète des Chrétiens.

« Aux Esséniens de Palestine répondaient les Thérapeutes d’Egypte. C’était, comme eux, une sorte d’anachorètes d’un caractère tout à fait oriental. Ils vivaient dans les monastères, s’occupant de commenter la Loi et les prophètes, de composer et de chanter des hymnes ; ils faisaient la prière au lever et au coucher du soleil ; dans celle du matin, tournés vers l’Orient, ils demandaient d’être éclairés par la lumière intérieure (l’intuition). (Cette prière est un salut au soleil et un effort fait en soi.) Ils avaient des symboles profonds et cherchaient la science du secret.

« Eusèbe et Jérôme les considéraient comme chrétiens ; mais Philon en fait une secte juive. On ignore cependant l’origine de ces deux sectes. Nous trouvons les Esséniens dans l’histoire au milieu du 11ème siècle avant notre ère ; mais, à cette époque, ils se présentent comme une secte déjà fort ancienne, opposée aux Sadducéens (masculinistes) et se donnant pour rôle de conserver une tradition orale et secrète, différente de la tradition mosaïque des rabbins et destinée à la remplacer un jour. Nous savons de plus, par Eusèbe, par saint Epiphane et par saint Jérôme, qu’il existait chez les Juifs une pareille tradition orale longtemps avant le 11ème siècle, transmettant les mêmes idées qui furent adoptées par les Esséniens et les Thérapeutes et finalement par les Chrétiens. »

Si l’on, étudie attentivement les livres du canon hébreu (masculin), on n’y trouve aucune trace de cette doctrine.

Est-il nécessaire de faire remarquer que l’antique tradition conservée par ces Esséniens était celle des Féministes, leur science, leur morale, leur loi, en opposition avec celle que les Rabbins appelaient mosaïque, c’était celle qui avait été donnée par Myriam dans le Sépher et qu’on avait si soigneusement cachée ?

C’est cette science secrète, cette morale cachée, cette loi persécutée qui est le fond de l’enseignement des premiers Chrétiens, qui s’intitulaient Christiens.

Tout cela est antérieur au personnage que la légende appelle Jésus, et en opposition avec sa doctrine.

Ce n’est pas un homme qui révèle cette science et cette loi, puisqu’elle existe depuis une haute antiquité, c’est un parti une secte si l’on veut, qui la conserve et l’enseigne.

(1) Pendant plus de mille ans, une foule de livres contenant des règles de sagesse pratique ou même d’art manuel ont été mis sous le nom de Salomon.

JOHANA

C’est au milieu de la préoccupation générale de cette époque qu’une femme s’éleva qui vint prêcher le retour à l’ancienne doctrine israélite et la restitution de la science antique.

Cette femme s’appelait Johana ; ses disciples s’intitulent eux-mêmes Mandaïe de lohana.

Les Mandaïtes sont ceux qui croient au Manda de hayyé (esprit de vie), littéralement connaissance de la vie.

On dit aussi « Chrétiens de saint Jean », depuis qu’on a masculinisé le nom de cette femme.

Mais, nous l’avons déjà dit, ils ne s’intitulaient pas Chrétiens, mais Christiens.

La doctrine de Johana a pris le nom de Sabéisme, comme celle des anciens Iraniens et comme celle des Ethiopiens dont cette secte va restaurer la morale.

Donc les premiers Christiens sont des Sabéens (mot dérivé de sabba, baptistes).

Le nom de baptiste vient de ce que les hommes avaient l’habitude de se purifier tous les huit jours pour se présenter purs à la Déesse.

Dans la confusion des explications modernes, on nous dira que Johana représente le Feu sacré.

Sa fête, célébrée le 24 juin, le jour le plus long de l’année, est destinée à perpétuer la gloire de sa lumière spirituelle. C’est pour cela que, depuis deux mille ans, on allume les feux de la Saint-Jean.

C’est la grande fête du peuple, le grand jour, ou jour du Soleil (1).

Johana, comme une multitude de noms de femmes, vient de la racine Ana ou Hana.

Précédé de la lettre idéographique Iod, il devient lo-hana. Ana est un nom kaldéen qui signifie Ciel ou lumière astrale : on disait Anima mundi, d’où vint Anaïtia.

Ana-Kanya est un nom ésotérique qui signifie « Vierge de lumière » (Cailleux, La Judée en Europe).

En roumain, Jeanne est encore Iana. Nous trouvons aussi Juana et Ivana, d’où Ivan.
C’est le nom symbolique de la Femme.

La colombe qui représente le Saint-Esprit est appelée Iona en hébreu.

Et, parmi les surnoms donnés à Johana, nous en trouvons un qui rappelle ce principe de lumière spirituelle : c’est Saint-Jean-de-Luz.

Le mot Yoni en sanscrit, d’où Yonijas, qui a la même racine, est porté par les partisans du Principe féminin.

(1) Le Solstice d’été (Saint-Jean) a dû servir de fête, célébrant la Divinité, longtemps avant saint Jean. ; On a dû substituer son nom à d’autres noms plus anciens

Burnouf fait remonter les deux fêtes du Solstice, Noël et Saint-Jean, à 7.000 ans. Pour lui, saint Hélie a succédé à Hélios, le Soleil, saint Démétrius à Déméter ou Cérès, la sainte Vierge à la Vierge Minerve, qui fut l’aurore, etc.

LA NAISSANCE ET L’ENFANCE DE JOHANA

D’après les antiques traditions d’Iran, recueillies par Abulfarage Zerdasht, le restaurateur du Magisme, homme de science, grand astronome, annonça sous les premiers successeurs de Cyrus et peu de temps après le rétablissement du Temple qu’un Enfant divin, appelé à changer la face du monde, naîtrait d’une Vierge pure et immaculée dans la région la plus occidentale de l’Asie (2).

Or cette prédiction ne pouvait se rapporter qu’à Johana. C’est bien elle qui est Jean le Divin, Jean de Dieu, Jean bouche d’or.

L’histoire du petit saint Jean a précédé celle du petit Jésus, qui en a été la copie.
Elle est racontée dans l’Evangile selon Luc. Dans le chap. I, tous les versets de 1 à 25 s’y rapportent, puis de 57 à 80. Une coupure est faite au milieu de cette histoire pour y introduire une copie maladroite s’appliquant à Jésus.

(2) Autour de la statue de Kwan-Shi-Yin, on lit l’inscription suivante : « Le Sauveur universel de tous les Êtres vivants ». Kwan-Shi-Yin (femme messie), sauveur des nations, fut le « créateur », l’artisan du monde. En lui était la vie et la vie fut la lumière des hommes. Ce sauveur apparaîtra comme Maitreya (Messie) durant la 7e race. Cette croyance et cette attente sont universelles dans tout l’Orient. C’est une forme du 7° Principe (dernière création, génération). C’est un agrégat synthétique de tous les esprits. Il est l’auto-manifesté.

LA FAMILLE DE JOHANA

Les Évangiles nous parlent souvent des frères et sœurs du Seigneur.

Or le mot Seigneur a été introduit dans les Ecritures par saint Jérôme, dans sa Vulgate, au 4e siècle.
Quel était donc le mot antérieur que ce terme est venu remplacer ?

En remontant aux origines, c’est-à-dire aux étymologies, nous avons montré que c’est le mot Cri ou Kri, sanscrit, abrégé du grec Kyria, qui indique toujours une suprématie. On explique ailleurs que c’était le nom des déesses gauloises : Val-Kyrie.

Ce mot, dans le grec moderne, signifie Ma-dame. On lui a donné un masculin, Kyrios. Mais c’est le féminin seul qui est resté dans la liturgie catholique.

C’est Johana qui est appelée par ses disciples « Kyria », et, quand on dira dans les traductions modernes « les frères du Seigneur », cela signifiera les frères de Johana, qui avait aussi des sœurs.

Jacques est son frère, Jude est sa sœur (Jude, c’est Judith),

André et Pierre sont ses fils, Simon est le fils de Jude, donc le neveu de Johana.

Dans les Évangiles révisés, Pierre est encore appelé « fils de Johana ».

Chez les premiers Christiens, l’enfant porte encore le nom de sa mère.

Quant au père de Pierre, il n’apparaît pas, il a un rôle effacé ; cependant, nous avons pu le découvrir.

Dans le Dictionnaire des Sciences religieuses de Lichtenberger, nous lisons au mot Jean-Baptiste, après avoir rappelé la vie de Jean :

« Josèphe, dans sa biographie, nous parle d’un autre ermite, nommé Banus, qui fut son maître, pendant quelques années et s’était acquis par son genre de vie, tout à fait analogue à celui du Baptiste, un grand renom de sainteté et de sagesse.

Il y a pourtant, sous la ressemblance du costume et des habitudes, cette différence entre Jean et Banus, que celui-ci ne poursuit qu’un but de sanctification personnelle par des ablutions et des privations volontaires, et que celui-là est surtout préoccupé des péchés et du salut de son peuple. Aussi le premier n’est-il qu’un moine assez parent des Esséniens, tandis que le second se rapproche des anciens prophètes. »

Cet ermite que nous voyons près de Johana fut évidemment son associé dans la vie et le père de ses enfants.

COMMENT JOHANNA DEVINT JEAN-BAPTISTE

C’est sous Tibère, qui régna de l’an 14 à l’an 37, que Johana s’éleva comme une réformatrice, prêchant l’antique morale naturelle et le règne prochain de « Hévah », la Femme, ressuscitée à la vie sociale, ce qui irritait beaucoup les masculinistes.

Elle voulait qu’on se préparât à cette résurrection par la réforme des mœurs. Elle prêchait aussi la « justice » ; elle ajoutait à son enseignement des rites, invitant ceux qui venaient l’entendre à recevoir le baptême du feu, ce qui voulait dire l’initiation aux Mystères.

L’idée cachée au fond de ce mythe venait d’un fait de haute science enseigné par les Prêtresses dans les Temples, mais où seuls étaient admis les initiés.

« Le besoin du secret, dit Burnouf, fut un des besoins aujourd’hui les mieux constatés de la primitive Eglise. »

« Le centre duquel ont rayonné toutes les religions de la Terre est donc la Théorie d’Agni. » C’est-à-dire la glorification de l’amour féminin qui engendre le feu sacré, l’Esprit divin.

Quand les masculinistes écriront, plus tard, la légende relatée dans leurs Évangiles (les synoptiques), ils feront de Johana, Jean-Baptiste, et de son « baptême par le feu » un baptême par l’eau, laissant croire qu’il s’agissait d’une ablution (baptisma en grec) dans le Jourdain, supposant que l’âme se lave quand on lave le corps. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agissait.

Le baptême de Johana avait une signification symbolique.

Nous savons déjà que l’eau représentait le principe opposé au feu et que le feu symbolisait l’Esprit. L’eau qui est son contraire représentait l’ignorance, l’erreur et le despotisme, c’est-à-dire tout ce qui éteint l’Esprit et fait l’obscurité.

Le grand déluge symbolique, mis dans le passé de l’évolution humaine, représentait déjà l’effort tenté par les hommes pour éteindre la lumière de l’Esprit féminin.

Depuis, une multitude de légendes s’étaient propagées, rappelant ou amplifiant ce symbolisme.

Une secte dont nous allons bientôt citer le fondateur et étudier la doctrine, prenait le contrepied de tout ce qu’avait dit la Femme, renversant par ironie, et aussi par ignorance, toutes les vérités cachées dans les symboles.

C’est cette secte qui vint dire « c’est l’eau qui purifie ». C’est que l’eau, symbole de l’ignorance qui éteint les lumières, était le domaine du dieu mâle dans l’ancienne mythologie : Poséidon, Neptune, et on créa le baptême par l’eau, par opposition à la purification spirituelle par le feu.

On retrouve donc, au fond de ces disputes sur les rites, les luttes de sexes, éternellement entretenues par le malentendu qui résulte de l’ignorance de la loi qui régit la différence de polarisation sexuelle.

Les hommes se mirent à baptiser « par l’eau », et l’on fit remonter à Jean-Baptiste l’introduction de ce système.

Les ablutions étaient un souvenir du grand déluge symbolique dans lequel on avait représenté les hommes submergés pendant que la Déesse surnage dans la barque d’Isis qui porte le monde : Fluctuât nec mergitur. Et ceux qui renversent tout diront alors que Christos est un poisson.

Puis, dénaturant l’idée qui s’attachait au symbole, les Prêtres, qui représentaient le déluge comme une punition, prétendirent calmer la colère « des dieux » en jetant dans les flots des victimes expiatoires, des enfants, et c’est ainsi qu’on arriva à baptiser les enfants pour les purifier des fautes des pères.

Dans l’évolution des idées de l’antiquité, la vertu expiatoire de l’eau suit une gradation déterminée. Celle de la mer, qui primitivement avait symbolisé le grand déluge, passait pour plus efficace.

A son défaut, on employait celle des fleuves ; c’est pourquoi toutes les grandes religions masculines avaient leurs fleuves saints : le Gange, le Nil, le Jourdain sont célèbres sous ce rapport dans la mémoire des hommes.

Cependant, les historiens nous disent qu’on fut obligé de supprimer le baptême par immersion et l’ospasmos ou baiser baptismal, parce que tout cela provoquait la raillerie des contemporains.

Une des ruses des imposteurs qui renversèrent le premier Christianisme fut de mettre dans la bouche de Jean des propos qui n’ont aucun rapport avec sa doctrine ; ainsi on lui fait dire : « Pour moi, je baptise d’eau pour vous porter à la repentance ».

Puis on crée l’équivoque autour de la personnalité divine et on nous représente « Jean » voulant mettre « le Père » à la place de l’antique Déesse Hévah.

On lui fait dire : « Afin que nous ne restions pas les fils de la fatalité et de l’ignorance, mais pour que nous devenions ceux de l’élection et de la science et que nous obtenions le pardon des péchés commis, on prononce sur ceux qui doivent être régénérés et qui se sont repentis de leurs péchés, le nom de Dieu, le Père et le Seigneur de tous, et ce nom EST SEUL prononcé par celui qui conduit à l’eau, celui qui doit recevoir l’ablution. Car personne ne saurait dire le nom inexprimable (l’antique Hévah dont les Juifs ne prononçaient jamais le nom), et, si quelqu’un osait lui donner un nom, il se tromperait infailliblement. Cette ablution est appelée « illumination », parce que ceux qui apprennent ces choses sont éclairés dans leur esprit. »

Tout ceci n’est, au fond, qu’une parodie de la doctrine des initiés dans laquelle on a introduit les mots Père et Seigneur de tous, alors que Johana, qui appelait la Divinité « Sophia », ne voulait pas d’autres dieux que la Déesse-Mère « Hévah ».

La doctrine initiatique des premiers Chrétiens a été conservée dans les Ordres secrets ; on la retrouve dans le rituel des Rose-Croix dont nous parlerons plus loin.

La secte qui trahit le premier Christianisme, composée d’hommes vulgaires et ignorants, fit de Johana un personnage adapté à leur taille, lui donna leurs idées et mit dans sa bouche des propos violents contre les Pharisiens et les Sadducéens, qui étaient les intellectuels du temps, alors que ce sont eux qui tenaient ces propos.

Dans Matthieu, ch. III, 7, on fait dire à Jean : « race de vipères ».
On appellera Jean « fils du Tonnerre ».
On nous le montre comme attaquant avec âpreté les grands, auxquels il donnait tous les vices. Il inquiéta ainsi le tétrarque de la Galilée et de la Pérée, Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand, qui l’emprisonna d’abord, puis le fit mourir, dira-t-on.

La manière dont sa mort est racontée dans les Évangiles a pour but de faire croire que c’était un personnage odieux aux femmes.

Autre preuve psychologique qui nous fait comprendre que Jean était Johana, car c’est toujours en déléguant à des femmes leurs haines et leurs vengeances que les lâches font attaquer celles qu’ils n’osaient pas sacrifier eux-mêmes. On raconte que c’est la fille d’Hérodias, femme de Philippe, frère d’Hérode, qui demanda sa tête (Matthieu, chap. XIII. 1 à 12), et que c’est vers l’an 30 que la décollation de Jean-Baptiste eut lieu.

Or nous ne croyons pas à cette mort, parce que nous avons la conviction que Jean l’Évangéliste et Jean le Baptiste sont deux formes masculinisées de la même femme, laquelle, après avoir été emprisonnée à Jérusalem par Hérode, fut envoyée en exil, à l’île de Pathmos, où elle écrivit l’Apocalypse, dans un âge avancé, on dit à 95 ans.

La réalité historique de ce personnage ne peut pas être mise en doute, d’abord parce qu’elle a laissé des livres ; ensuite parce qu’une multitude d’auteurs du temps se sont occupés du Christianisme primitif qu’elle a fondé, et l’ont nommée ; enfin parce que l’historien Josèphe, qui ne connut pas Jésus, connut Johana et lui consacra quelques lignes dans son Histoire des Juifs. Les voici :

« Plusieurs Juifs ont cru que cette défaite de l’armée d’Hérode était une punition de Dieu à cause de Jean surnommé le Baptiste.
C’était un homme de grande piété, qui exhortait les Juifs à embrasser la vertu, à exercer la justice, et à recevoir le baptême après s’être rendu agréables à Dieu en ne se contentant pas de ne point commettre quelques péchés, mais en joignant la pureté du corps à celle de l’âme. Ainsi, comme une grande quantité de peuple le suivait pour écouter sa doctrine, Hérode, craignant que le pouvoir qu’il aurait sur eux n’excitât quelque sédition, parce qu’ils seraient toujours prêts à entreprendre tout ce qu’il leur ordonnerait, crut devoir prévenir ce mal pour n’avoir pas sujet de se repentir d’avoir attendu trop tard pour y remédier.

Pour cette raison, il l’envoya prisonnier dans la forteresse de Mâchera, et les Juifs attribuèrent la défaite de son armée à un juste jugement de Dieu d’une action si injuste. »

Si ce qu’on appelle la décollation de Jean-Baptiste avait eu lieu réellement, Josèphe l’aurait raconté. Au lieu de cela, on trouve que le texte primitif de cette citation a été altéré.

Finalement, on l’a rendu par ceci : « Redoutant l’éloquence et la popularité de Jean, car les Juifs étaient prêts à suivre tous ses conseils, Hérode trouva bien meilleur de prévenir tout mouvement populaire, et de le faire périr, que d’avoir, une fois la révolution déchaînée, à gémir sur la catastrophe. »

Nous ne savons pas si c’est Josèphe qui a masculinisé Johana, ou si ce sont les réviseurs qui ont remanié son livre, les mêmes, sans doute, qui y ont intercalé un passage sur Jésus.

C’est pour effacer la personnalité de Johana et la supprimer de l’histoire qu’on raconte la mort tragique de Jean-Baptiste.

Mais l’histoire de Jean se déroule après cet événement avec d’autres surnoms : l’Ancien, l’Evangéliste, etc.

M. Leblois, dans Les Bibles, nous dit : « Il y eut dans les temps apostoliques plusieurs Jean ; le Nouveau Testament seul en connaît six ; comme il y a eu plusieurs Jacques, plusieurs Simon, plusieurs Marie, etc. »

LES LIVRES SACRÉS

Les apôtres de Johana avaient des Livres sacrés au nombre de quatre.

Le premier s’appelle le Divan et traite de la « chute des Anges » et de la création de l’homme.
Le second, nommé Sedra Ladam, est le livre d’Adam.
Le troisième, Sedra Yahya, est la révélation de saint Jean.
Le dernier, Cholastech, contient l’ensemble des cérémonies religieuses.

Nul doute à avoir : Johana est bien le fondateur d’une doctrine et l’instaurateur d’une religion, et cette religion, c’est le Christianisme primitif.

Or n’oublions pas que Jona, Johna ou Johana est un nom féminin dont on fera un masculin plus tard, Johannes. Du reste, la psychologie vient toujours à notre secours pour nous faire retrouver le sexe des auteurs.

Nous savons que les « Chrétiens » furent d’abord ridiculisés et outragés. L’accueil fait aux livres de Johana par les masculinistes va nous montrer qu’il s’agit bien ici d’une lutte de sexes.

Le mot Divan, qui sert de titre à son premier livre, est un mot resté dans les langues, mais il sert bien plus à désigner un siège allongé sur lequel on se couche qu’à désigner un livre sacré (1).

Ce mot, dérivé de Dêva ou Diva (la Déesse), employé pour désigner le livre (on donne à la chute des anges un double sens), est resté comme une ironie : la Dêva tombée, avilie, est devenue le Divan.

Autre exemple : Le Christos mystique, l’Etre sacré, prend, dans la doctrine des premiers Chrétiens gnostiques, le nom de Sophia, la sagesse féminine. Or le mot Sophia eut le même sort que le mot Divan. Après avoir désigné la Femme dans sa suprême sagesse, il arriva à désigner le meuble sur lequel l’homme aimait à la voir étendue, le sopha. Et ceci s’appelle faire litière d’une doctrine.

Mais les femmes ne se laissaient pas attaquer sans répondre.
On leur attribue l’idée de donner à ce meuble un autre nom : canis pedes (d’où canapé), chien à mes pieds (d’après Fabre d’Olivet, Les Vers dorés).

La psychologie, qui est la clef de l’histoire, nous donne encore bien des lumières sur la personne de Johana.

D’abord le silence fait de son temps sur sa personnalité. Le silence d’écrivains qui avaient vécu avec Jean, de son temps, est significatif.
Papias se sert de l’Apocalypse et ne cite pas Jean.

Polycarpe, qui utilise presque tous les livres du Nouveau Testament, ne cite pas une fois l’Évangile de Jean, lui, le disciple de Jean à en croire Irénée.

Remarquons, du reste, combien la question de l’auteur est partout, dans les Livres sacrés, la question discutée.
Il n’est pas un prophète dont la vie soit laissée au grand jour ; on sent partout la préoccupation du plagiat, du démarquage.

On ignore qui a écrit la Sagesse. On supprime Myriam et Daud (David). Mais, si on supprime les auteurs, on garde les œuvres, qu’on met au nom d’un homme qui se déclare inspiré par Dieu.

Cependant, il dut exister un parti qui défendait Johana et voulait perpétuer sa mémoire, puisqu’on trouve de vieilles gravures du moyen âge qui représentent Jean sous les traits d’une femme. Dans une d’elles, il y a une inscription qui dit : « Quand vous vous rassemblerez, je serai au milieu de vous. »

Dans une autre se trouvent onze disciples réunis, la Vierge Marie est au milieu d’eux, elle tient le livre et les instruit.

Sabatier, dans un article qu’il consacre à Jean dans le Dictionnaire des Sciences religieuses de Lichtenberger, dit : « Il est digne de remarque que le nom de Jean ne revient dans les synoptiques qu’avec des reproches que les rédacteurs ne cherchent pas à atténuer par le souvenir de ce que le même apôtre serait devenu plus tard. Il y a là un singulier contraste avec l’image du disciple bien-aimé, qui se penche sur la poitrine de Jésus, reçoit ses confidences intimes, semble seul le comprendre quand tous les autres se méprennent, de ce disciple idéal enfin qui se cache et se dévoile en même temps dans le quatrième Évangile.

Cependant, les Actes des Apôtres nous montrent Jean à côté de Pierre.

Paul le rencontre encore à Jérusalem, et il nous confirme le rôle prééminent de Jean à cette époque dans la première communauté chrétienne.
Il était le troisième membre du triumvirat apostolique. A partir de ce moment, il disparaît pour nous dans le nuage mystérieux de la tradition ecclésiastique, sous lequel il est bien difficile de le reconnaître et de constater son identité. »

(1) Divan, terme qui sert encore chez les Arabes, les Turcs et les Persans, à désigner des recueils littéraires qui renferment les œuvres de certains auteurs : c’est ainsi qu’on dit le Divan de Hafiz, le Divan de Djelaleddin, Roumi, etc.

L’APOCALYPSE

L’Apocalypse est un livre écrit par un auteur qui se répand en doléances sur le mal qui règne partout, sur le sort des opprimés victimes des religions et des institutions nouvelles des hommes.

Il s’élève contre Jézabel, désignant ainsi les femmes perdues qui suivent les Paulinistes. Il accuse les Nicolaïtes et les Juifs qu’il appelle « ceux de la synagogue de Satan », et annonce, une fois de plus, le retour de la Femme-Messie.

Ce livre, tout rempli de réminiscences de l’Ancien Testament, a évidemment été altéré par les Jésuites qui y ont mis, après coup, leur Jésus, leur Dieu Père, leur personnel ecclésiastique et les douze apôtres à la place des douze tribus, ce qui fait qu’ils apparaissent comme contemporains des prophètes.

L’Apocalypse a dû être écrite avant la destruction du temple ; les remaniements qu’elle a subis, peut-être plusieurs fois, ont dû commencer dans le IIème siècle,

L’ancien symbolisme, dont la signification était connue et facile à comprendre, y devient un surnaturel fantastique en prenant les idées abstraites symbolisées pour des réalités concrètes. Cette transformation de l’idée se retrouve dans tous siècles, c’est l’éternel manteau de l’ignorance et de la bêtise posé sur l’éternelle Vérité.

L’Apocalypse en est un des plus frappants exemples. Ceux qui savent la lire et la comprennent y voient de grandes choses, de tout temps elle a eu un grand prestige. Ceux qui ne comprennent que la lettre sans apercevoir l’esprit n’y voient qu’une vision étrange d’un illuminé.

On nous dit que c’est Jean l’Evangéliste qui est l’auteur de l’Apocalypse. Or, comme Jean, c’est Johana, nous ne doutons pas que c’est cette grande femme, fondatrice du premier Christianisme, le seul vrai, qui a écrit le livre dans lequel, découragée après toutes ses luttes, toutes les persécutions subies, elle met son dernier cri d’espérance : « Si la femme n’a pas triomphé avec nous, elle triomphera dans l’avenir », après que le règne de l’homme aura apporté au monde toutes les tribulations qu’elle annonce.

Johana, comme auteur de l’Apocalypse, est appelée saint Jean le Théologien ; c’est une façon nouvelle de la désigner.

Nous la connaissons déjà sous le nom de Jean-Baptiste, sous celui de Jean l’Evangéliste ; elle est aussi Jean l’Ancien, et nous ne savons pas si le Jean, chef des Zélotes, qui défendit les Israélites dans le Temple de Jérusalem lors du siège, ce n’est pas encore elle.

On intitule son livre « la Révélation de saint Jean le Théologien ». Or révéler, c’est re-voiler, et Johana, loin de revoiler, a au contraire dévoilé la science cachée ; ce sont, ceux qui sont venus après elle qui ont revoilé sa science.

Ainsi, le premier verset de son livre altéré par les Paulinistes dira : « La révélation de Jésus-Christ qu’il a reçue de Dieu pour faire connaître les choses qui doivent arriver bientôt et qu’il a déclarée et envoyée par son ange à Jean, son serviteur. »

Donc, c’est Jésus-Christ, le personnage inventé par Paul, qui envoie sa révélation (re-voilation) à Johana ! Qu’on juge, par ce premier verset, des absurdités qu’on va mettre dans le reste du livre.

L’Apocalypse semble avoir été, d’abord, le livre rituélique des « Mystères Johanites ».

Dans un lieu désert, à Pepuzza, voisin de l’île de Pathmos se tenaient les assemblées mystiques des Phrygiens qui attendaient la Jérusalem Céleste.

C’est là qu’on se rendait pour célébrer les Mystères ; on allait s’y faire initier par Johana et ses disciples, en attendant la Théophanie, l’apparition de la Déesse Christ réintégrée dans sa suprématie. Synésius appelle les nouveaux venus « hommes initiés aux Théophanies ». « Le Temps est proche », disait-on, et on attendait le grand Juge, espoir qui berçait les initiés qui aspiraient au retour prochain de la Justice et de la Lumière qui devait éclairer la Terre.

Les Prêtresses de Pepuzza prenaient le titre de Prophétesses, Elles traçaient le tableau des malheurs des peuples sous le règne de l’homme et se lamentaient comme on s’était lamenté dans les Thesmophories des Mystères de Béotie (1).

C’est surtout contre la prétention de l’homme d’élever son sexe jusqu’à la hauteur des puissances cosmiques et d’en faire un Dieu créateur que ces femmes se révoltent, et, pour conserver la vérité que ce nouveau dogme obscurcit et prétend remplacer, on s’occupait surtout, dans ces Mystères, de faire connaître la Science qui explique l’action des sept « Principes cosmiques » organisateurs de l’Univers, dont on rappelle la puissance pour l’opposer aux rêveries de ceux qui ont grandi l’homme jusqu’à en faire le créateur de l’Univers.

Dans les Mystères de Phrygie, nous trouvons à Pepuzza une société secrète où, dans une cérémonie d’initiation, sept jeunes prêtresses vêtues de blanc entraient dans le Temple, tenant dans leurs mains chacune un flambeau dont la lumière était colorée ; en se plaçant les unes à côté des autres, les sept flambeaux reproduisaient l’arc-en-ciel.

Ce qui prouve que l’Apocalypse était le livre rituélique de ces Mystères, c’est que, dans la revision qui en a été faite, on retrouve la caricature des cérémonies faites à Pepuzza.

Ainsi, on fait dire à Jean que, étant dans l’île de Pathmos, il vit sept chandeliers d’or (I, 12), et au milieu des sept chandeliers quelqu’un qui ressemblait au fils de l’homme, vêtu d’une longue robe (le costume des Prêtresses) et ceint sur la poitrine d’une ceinture d’or (le cordon de l’ordre secret).
Apocalypse 1.16. Il avait dans sa main droite sept étoiles, une épée aiguë à deux tranchants sortait de sa bouche, et son visage resplendissait comme le soleil quand il luit dans sa force.

Et il dit :

Apocalypse 1.20. Voici le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et des sept chandeliers d’or. Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers que tu as vus sont les sept Églises.

Voilà le « fils de l’homme » qui va devenir un Dieu doué de la puissance des forces cosmiques. L’épée aiguë à deux tranchants qui sort de sa bouche, c’est la radiation astrale ; c’est pour cela que son visage resplendit comme le soleil quand il luit dans sa force.

Est-ce assez grotesque ? Pourquoi l’auteur de l’Apocalypse est-il appelé « le Théologien » ?
C’est que son livre a pour but de rétablir la science du Divin.

Deux Prêtresses, Priscilla et Quintilia, enseignaient à Pepuzza. Origène dit de leur doctrine qu’elle contient la théorie mystique du retour des âmes vers les êtres divins (les femmes) ; c’est, en effet, un retour vers la Sagesse divine appelée ratio, ou mens, ou verbum ; c’est le Verbe chrétien, l’antique Logos dont Johana a tant parlé. (Voir l’Evangile publié selon Jean.)

C’est cet enseignement qui est l’inspiration donnée par la Femme-Esprit à l’homme qui est inspiré par elle ; c’est elle qui éveille en lui la conscience, le sentiment moral, la raison.

L’inspiration, c’est la communication des hautes vérités et des principes supérieurs de conduite que les hommes ne peuvent pas trouver par eux-mêmes ; c’est cela que les Catholiques vont appeler la Révélation, supposant qu’il existe un Dieu-homme extérieur à l’homme qui lui fait connaître sa pensée et sa volonté.

Dans le chapitre II, on parle de la synagogue de Satan (l’Église de Paul évidemment), de ceux qui ont été trouvés menteurs, lui ont abandonné la première charité (mis pour amour), qui se disent apôtres et qui ne le sont pas.

« Il arrivera que le diable en mettra quelques-uns en prison. »

On parle du lieu où Satan a son trône et où des gens font scandale en mangeant des choses sacrifiées aux idoles.
On parle de ceux qui ont connu les profondeurs de Satan.
Et on dit à la Femme : « Tiens-toi ferme afin que personne ne prenne ta couronne. »

Chapitre II, 17. — A celui qui vaincra, je lui donnerai un caillou blanc sur lequel sera écrit un nouveau nom que personne ne connaît que celui qui le reçoit.

Chapitre III, 12. — Celui qui vaincra, je le ferai être une colonne dans le temple de mon Dieu ; et j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu et le nom de la cité de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du Ciel (symbolique) venant de mon Dieu, et mon nouveau nom.

Ce nom nouveau, c’est la Gnose, destiné à remplacer le nom des premiers Chrétiens parce que ce titre, ayant été pris par les partisans de Paul, ne signifie plus les partisans de l’antique Christ. C’est, en effet, après l’Apocalypse que les premiers Chrétiens vont s’intituler Gnostiques.

On a cru que ce passage a été interpolé ou dénaturé par les réviseurs des livres, qui ont voulu laisser entendre par là que le nom nouveau, c’est Jésus que l’on va substituer à la Divinité des Israélites, Jhévah ; le nom de Jésus est si nouveau alors qu’il semble inconnu pendant tout le premier siècle. On croit même qu’il a été ajouté aux Épîtres de Paul par Marcion au IIème siècle.

Le chapitre IV nous donne la description du temple dans lequel s’accomplit la cérémonie d’initiation des Mystères Johanites.

Ces Mystères ont été conservés dans la Franc-Maçonnerie ; c’est le 17ème degré, intitulé Chevalier d’Orient et d’Occident.

Dans ce grade maçonnique, la salle est disposée de manière à rappeler l’existence et l’action du septénaire, elle est revêtue de tentures rouges parsemées d’étoiles d’or. Il y a sept colonnes de couleurs différentes, rouge, orange, jaune, vert, bleu clair, bleu foncé et violet.

Dans le fond de la salle, à l’Orient, est un trône élevé de sept degrés. Au haut du trône est figuré un arc-en-ciel ; sept lampes suspendues sont allumées devant ce trône. D’un côté, vers le Midi, le soleil ; vers le Nord, la lune.

Des deux côtés de la salle, sur deux lignes, sont 22 autres trônes, onze de chaque côté, chacun élevé sur trois marches, pour représenter les onze disciples de Johana (le 12ème, Judas-Paul, ayant, trahi) (2).

A l’Orient se trouve un transparent lumineux qui représente les sept sceaux de l’Apocalypse. Le sceau qui est au centre représente la femme revêtue du soleil, posant ses pieds sur le croissant de la lune, autour de ce sceau un serpent (l’homme méchant) ; sur un autre sceau, l’homme sous la figure d’un vieillard tenant à la bouche un sabre, etc.

Quand on découvre le transparent, tout le monde dit : Abaddon, qui signifie, dissolution, destruction.

Puis on apporte un livre avec sept sceaux semblables à ceux du transparent ; seulement, chacun de ces sceaux est une petite boîte contenant un symbole.

Dans l’une, un arc que le président donne à l’un des assistants en lui disant : « Partez et continuez la conquête. »
Dans une autre, une petite couronne.
Dans une troisième, de l’encens. Dans une quatrième, une tête de mort. On distribue tous ces symboles en disant : « Allez à Pathmos, il n’y a plus d’heure », ou bien : « Empêchez les profanes et les méchants Frères de trouver jamais justice dans nos Loges. »

Après cela, on distribue à chaque assistant une trompette pour annoncer la bonne nouvelle. L’assemblée se compose de 24 membres : le président, intitulé Très Puissant, qui représente le chef des 24 vieillards de l’Apocalypse et siège au grand trône ; les deux surveillants, intitulés Respectables Anciens ; et 21 Chevaliers d’Orient et d’Occident qui occupent les trônes latéraux.

Les Frères assis sur les trônes ont tous une longue robe blanche et portent une ceinture rouge ; sur leur tête est une couronne d’or.
Nous arrêtons ici les descriptions.

Tel est ce livre étrange qu’on a appelé « le livre de la Fatalités », parce que les malheurs du règne de l’homme, qu’il annonce, sont les conséquences fatales des instincts de sa nature masculine Dans sa forme altérée, il a un caractère surnaturel qui le rend ridicule ; mais on aperçoit, cependant, à travers ce voile qui cache et déforme, la pensée première, l’annonce du retour de la Femme à la vie sociale, du réveil de son Esprit refaisant la science, en un mot de sa Résurrection.

Les détails mêmes de cet événement étonnent ceux qui savent par leur exactitude, ce qui fait qu’une question se pose :
Johana, qui a écrit le livre, a-t-elle aperçu les événements futur par intuition ? Si cela est, l’intuition est une faculté qui peu s’exercer à longue distance, ce qui supprime pour notre cerveau la notion du temps. Quel problème à méditer !

Il est probable qu’il existe des Loges, parmi celles qui propagent la doctrine johanite, qui possèdent des Rituels assez complets pour qu’on y retrouve l’Apocalypse dans sa forme première.

En France, on en a conservé peu de choses.

Après le serment prêté par le récipiendiaire, un des Respectables Anciens lui adresse un discours dans lequel il lui explique la tradition du grade ; il dit : « Les Johanites, vrais disciples de Jean de Pathmos, étaient les fidèles de la Gnose. Ils étaient humbles et ignorés ; les Chevaliers d’Orient maintenaient en Secret, dans toute sa pureté, le culte de la Déesse (le Grand Architecte de l’Univers). Ces Johanites donnèrent à quelques Chevaliers d’Occident la révélation de leurs sublimes mystères. Les Chevaliers d’Occident s’unirent aux chevaliers d’Orient. »

L’Apocalypse, qui annonce le retour de la Femme à la vie sociale et son triomphe sur le mauvais esprit, est toute remplie du septénaire qui retrouvé doit être le signal de la réconciliation des hommes avec la Déesse. C’est l’arc-en-ciel messager de paix.

Cette science des Forces cosmiques apparaît au commencement de chaque cycle, elle en est le point de départ, et cela s’appelle le commencement de chaque année sidérale (jour solaire) qui recommence une période de vie ; c’est de là que les Kabeiria (les Kabir ou Kabarin) tirent leur nom de la Kaldée, car ils signifient « les mesures du ciel » (du mot Kob, mesure, et d’Urim, les cieux).

Le feu éthéré (la radiation astrale) est l’émanation du Kabir. cette radiation émane de sept principes comburants qui sont les sept forces cosmiques.

Aux Indes, on les avait appelés les « Prajâpati » ou les sept Conducteurs.

En Grèce, on appela cette science l’Heptade, et c’est de là qu’est venu l’Hebdomagène, la consécration du septième jour divisant les semaines.
Johana était venue rappeler la science perdue, la science que les hommes ne comprenaient plus et qu’ils avaient remplacée par leur conception masculiniste d’un homme-Dieu créant le monde (3).

C’est pour cela que les vieilles légendes nous disent qu’« au commencement de chaque cycle les huit grands (Dieux) descendent pour accomplir leur grande oeuvre et laissent derrière eux d’impérissables monuments pour rappeler leur visite ».

Ce ne sont pas les huit principes de vie qui descendent parmi les hommes, c’est la Femme intuitive qui en rapporte la connaissance.

La légende de ce grade nous dit qu’à la suite de la prise de Jérusalem par les Romains, les Israélites quittèrent la Judée pour le désert et se mirent à la recherche d’une contrée où le respect des droits de la Femme serait une réalité. Ne la trouvant pas, ils fondèrent les sociétés des Thérapeutes, des Esséniens, des Johanites. (Ceci est inexact ; les Thérapeutes et les Esséniens existaient bien avant les premiers Chrétiens.)

Les Johanites étaient en possession des vrais Évangiles de saint Jean ; ils déclaraient entachés de falsification l’Apocalypse, les Épîtres et l’Évangile de saint Jean tels qu’ils sont adoptés par l’Église catholique et traitaient de faussaires les prétendus disciples des apôtres qui professaient un enseignement abominable tiré des livres de leur façon. C’est ainsi qu’ils avaient transformé l’Apocalypse en un ouvrage de cabale et de magie.

Après la mort de Johana, les « Mystères de Pepuzza » se perpétuèrent dans les « Loges de Saint Jean » qui existent encore et dans lesquelles on célèbre saint Jean le Blanc. Ces Loges sont très répandues, on les trouve notamment dans le Rite de Zinnendorf appelé aussi Rite Johannite, qui est pratiqué par 91 Loge dites Loges Johannites dépendant de la Grande Loge national d’Allemagne (siège central à Berlin) et qui comprend 8120 Maçons.

Et le Rite de Herodom, qui est le rite primitif dit Rite ancien et de perfection, qui est pratiqué par la Grande Loge Saint Jean d’Ecosse (siège central à Edimbourg), par 118 Loges dépendant de la Loge Mère aux Trois Globes (siège central à Berlin), par 19 Loges dépendant de la Grande Loge nationale d’Allemagne, par l’Union des Loges germaniques indépendantes (siège central à Leipzig), et par la Grande Loge de Hongrie (siège central à Budapest).
92.760 Maçons en tout pratiquent ce rite. (4)

C’est de ces sociétés secrètes que sortiront plus tard les Ordres de chevalerie fondés en l’honneur de saint Jean, tels les Hospitaliers de saint Jean, les Chevaliers de saint Jean de Jérusalem, successivement connus dans l’histoire sous les noms de Chevaliers de Rhodes et Chevaliers de Malte, en attendant les Chevaliers du Temple.

Dans l’héraldique des Druides, on retrouve la « Jona ».

Il faut remarquer que toutes les sectes secrètes des premiers Chrétiens se rattachent à Johana, aucune à Jésus.

(1) Dans les traditions gnostiques.on enseigne que Priscilla ou Quintilia, une de leurs prophétesses, s’était endormie à Pepuzza et que, là, le Christ lui était apparu sous la forme d’une femme vêtue d’habits d’une blancheur éclatante, qu’elle avait répandu en elle son esprit de sagesse, qu’elle lui avait appris que le lieu était saint. C’est pour cela qu’on s’y rendait pour se faire initier. Cette femme-Christ apparue, c’est Johana.

(2) Dans l’Apocalypse, il y a 12 disciples et non pas 11 ; on ne supprime pas le traître, puisque le traître, c’est Judas-Paul que les Paulinistes ne mentionnent jamais.

(3) Philon se moque des Kaldéens qui « faisaient tout dépendre du mouvement des astres, qu’ils regardaient comme souverains de l’oeuvre du monde. Ils bornèrent leurs hommages à la cause visible et ne se firent aucune idée de l’être invisible et intellectuel » (Dupuis, Origine des cultes, t. 1, p.7)

Les esprits forts des temps modernes, héritiers de l’ignorance des Prêtres diront aussi que « les Priscilliens mêlent au Manichéisme quelques rêvent des astrologues et des Gnostiques ».

(4) informations datant de 1927

Aller vers chapitre 7 partie 3

 

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