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Livres de Femmes, Livres de Vérités (7) Origine et histoire du christianisme – 1/4

« En Elle était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes » (Évangile de Jean, 1, 4.)

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
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2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
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3ème chapitre : Les Aryas – Guerre des sexes chez les Perses et les Hindous
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4ème chapitre : La guerre des sexes dans la Chine antique

5ème chapitre : La guerre des sexes dans la Grèce antique
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6ème chapitre : De l’Israélisme au Judaisme
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Chapitre 7

PRÉAMBULE

« Concernant le pape Léon X (1475-1521), les historiens font l’impasse sur un document troublant et fort dérangeant qui tendrait à prouver que les érudits de la Renaissance étaient très sceptiques quant à l’authenticité des écrits ayant présidé à la fondation de la chrétienté et de l’église catholique.

Ce document consiste en une lettre adressée par le pape à son ami et ancien secrétaire l’érudit cardinal Pietro Bembo, qui fréquentait Alde Manuce :
« Quantum nobis prodest haec fabula Christi ! » (« Combien cette fable du Christ nous est-elle profitable ! »).

Ce texte édifiant et surprenant fait partie des archives de la bibliothèque vaticane (Leonis X Petri Bembi… Epistolarum familiarum ; libri VI ; Venise, 1552). Une opinion aussi péremptoire et définitive de la part d’un pape oblige à réviser tout ce que nous croyions savoir de l’histoire des hommes, des religions et des arts qui en furent les supports. » (Richard Khaitzine, 2003)

 

LE MONDE CHRÉTIEN

Il manque à l’histoire des religions un grand chapitre : celui qui doit être consacré à l’origine réelle du Christianisme.

Cette science n’existe pas. Les vraies origines chrétiennes sont inconnues, et les Eglises diverses qui se rallient à ce titre ne désirent pas qu’on les connaisse.

L’histoire réelle du Christianisme n’a rien de commun avec le récit qui nous a été donné sous le nom de Nouveau Testament.

Derrière ce Livre, caché par lui, est l’histoire d’un mouvement de rénovation sociale, grandiose, extraordinaire, d’une haute portée, qui brilla sur le monde pendant deux ou trois siècles, mais qui fut renversé, dénaturé et caché par des faussaires qui en firent une caricature grotesque et voulurent avec cela dominer le monde.

Dans ce vaste réseau d’intrigues, que nous allons démasquer, presque toutes les personnalités ont été dénaturées. Le mensonge a triomphé et la réalité a disparu sous l’amas d’absurdités qu’on lui a substituées.

La science religieuse des falsificateurs n’a été qu’une collection de mystères, jamais expliqués clairement, mais remplis de sous-entendus et de malentendus, de paraboles obscures, de rapprochements de termes sans signification, de jeux de mots pour les foules avides d’erreurs.

Il y a cependant, sous ce fatras, quelque chose de grand à étudier. C’est à cette étude que nous consacrons ces lignes.

PREMIER SIÈCLE DE NOTRE ÈRE

Une ère historique commence. Nous pouvons l’appeler « le temps de la folie et de la cruauté ».

La première année de l’Ère, dite chrétienne, a été appelée « Anno Domini » (année de la domination).

C’est, en effet, la domination des faibles par les forts, de l’Esprit par la brutalité, qui commence.

Nous sommes à l’aurore d’un monde nouveau, nous allons avoir à rectifier l’histoire mensongère qu’on nous a enseignée et à mettre en évidence le plus terrible des cataclysmes moraux que l’humanité ait subis, la plus grande des révolutions qui, par une antithèse qui est frappante, s’appelle « une religion », alors que son œuvre a été l’effondrement de « LA RELIGION ».

L’Eglise a elle-même, bien souvent, écrit son histoire. Ses adversaires ont eux aussi relaté ses luttes, ses ambitions et ses crimes. Et cependant la vérité qu’il fallait dire n’avait pas encore été écrite. Il restait donc à faire un livre plus utile peut-être que tous ceux qui ont été livrés à l’impression, celui qui devait expliquer comment le mal profond dont souffre l’humanité est venu d’un régime dit religieux, mais en réalité formidablement athée.

Terrible histoire que celle qui va nous montrer tout le passé glorieux de la Terre effacé, toute l’intellectualité torturée par un nouveau régime social, fait de bêtise, de cynisme et d’hypocrite justification.

LA FIN D’UN MONDE

La philosophie de l’homme qui avait étouffé la science de la Femme avait fait naître un tel malaise dans les esprits que partout on attendait un retour à la raison primitive.

La résurrection de la Déesse, qu’on espérait, devait faire cesser la domination de l’homme perverti. C’est en ce sens qu’on annonçait « la fin du monde » ; on entendait par là un changement de régime social.

Cette attente était devenue générale, quoique les hommes ne la comprissent pas dans le même sens que les femmes, qui les premières en avaient parlé. Les hommes répétaient les mots, les phrases, qui étaient courants dans les conversations, et prenaient pour eux ce qui avait été dit pour l’autre sexe, d’autant plus que la corruption, qui grandissait avec le despotisme, faisait perdre à la femme son autorité morale.

Plutarque nous apprend que, au moment où Marius, annonçant les Césars, s’apprêtait à bouleverser la constitution romaine, les haruspices d’Etrurie avaient été consultés sur divers prodiges : « Les habiles dans la science des Etrusques déclarèrent que ces prodiges annonçaient l’avènement d’une autre race d’hommes et le renouvellement du monde. Car il y a en tout, disaient-ils, huit générations d’hommes, de vie et de mœurs toutes différentes, à chacune desquelles est assignée une durée que la Divinité détermine par la révolution d’une grande année. Quand l’une prend fin et que l’autre va commencer, il se produit quelques signes merveilleux sur la terre et dans le ciel, montrant clairement, à ceux qui ont étudié et pénétré ces mystères, qu’il est né une humanité différente de celle qui la précède et moins aimée, ou, au contraire, plus aimée des Dieux. »

Ce passage se rapporte à l’année du premier consulat de Sylla (88 avant notre ère).

Dans Ovide, il est dit : « Toute race vivante sera renouvelée et le ciel donnera à la terre une humanité née sous de meilleurs auspices et qui ignorera le crime. Mais celle-là non plus ne conservera pas longtemps son innocence et elle doit la perdre en vieillissant. »

Tous les auteurs du temps étaient hantés de la même idée.

Lucrèce annonce la fin du monde comme prochaine.

Sénèque en dit autant, et il annonce que cette humanité condamnée va faire place à une autre plus innocente et plus heureuse, du moins pour un temps.

C’est l’ancienne idée des prophétesses dont l’écho était arrivé jusqu’à Rome, à moins que les Romaines, elles-mêmes, aient fait les mêmes vœux que les femmes israélites, ce qui est probable.

Virgile annonçait une ère de paix et de félicité à laquelle devait présider un « fils des Dieux », c’est-à-dire un régénérateur béni par eux dès sa naissance, qui établirait la paix universelle et avec qui naîtrait et grandirait l’âge d’or.

On retrouve dans Virgile les idées d’Isaïe. Dans une églogue, il est dit :
« Une nouvelle série de siècles va commencer : voici venir une Vierge, une nouvelle création descend du ciel. »

L’âge de fer est fini et nous allons revoir l’âge d’or.
« Les traces de nos crimes seront effacées et la terre sera délivrée de sa longue épouvante. Le serpent va mourir. » (Eglogue à Pollion.)

Qui sera ce sauveur ?

Du temps des Eglogues, c’était « le premier enfant venu de noble race à qui il plaisait à un poète de prédire une belle destinée ». Puis, du temps des Géorgiques, ce fut Octave. « Ah ! Que ce noble jeune homme vienne enfin au secours du monde détruit ! Ne lui refusez pas cette gloire. »

Le Sunnite croit que son Mahdi, prophète inspiré, doit vaincre l’Antéchrist, et fonder l’empire universel.
Le Chiite continue à croire à l’incarnation future de l’Imam.

Les femmes s’en mêlaient ; des inspirées vivaient dans une exaltation prophétique qui dura pendant toute la crise religieuse qui enfanta le Christianisme.

Rome était pleine de gens qui prophétisaient. On attendait la fin de la terre, soit par le feu (fin physique), soit par un déluge suivi d’une régénération.

Les Oracles sibyllins avaient annoncé un temps de destruction et de ruine et ce sont eux qui avaient dit la vérité.

Bien loin d’être une ère de paix, c’était une ère de guerre qui allait s’ouvrir ; loin d’être le triomphe de la justice, on allait voir l’injustice régner souverainement et répandre partout la douleur et les gémissements. Le mal grandissait et la nouvelle race d’hommes annoncée comme devant régner devait être plus mauvaise que toutes celles qu’on avait vues jusque-là. C’est la puissance romaine qui avait ouvert cette ère du mal qui devait se continuer dans la puissance de l’Eglise et laisser dans l’histoire une tache de boue et de sang.

Les métaphores par lesquelles on avait annoncé la fin du monde avaient été mal interprétées. Ainsi, quand les prophètes avaient dit que les fondements de la terre allaient s’ébranler, cela s’appliquait aux institutions sociales qui allaient être attaquées et détruites, et non au globe terrestre et à ses conditions physiques.

Quand ils avaient dit que le soleil, la lune et les étoiles allaient s’obscurcir et s’éteindre, cela se rapportait aux lumières de l’intelligence comparées aux astres du ciel et qui (suivant l’expression antique) allaient être mises sous le boisseau par l’homme pervers.

Et c’est bien ce qui se produisit, puisque les conquérants qui arrivaient au pouvoir avaient toujours pour premier soin d’étouffer la pensée, souvent même de faire brûler les livres dès qu’ils prenaient possession du trône.

Toutes les métaphores annonçaient le renversement du « monde intellectuel » et le règne de la brutalité.

Ainsi, quand Isaïe dit, apostrophant Babylone : « Brillante étoile, comment es-tu tombée du ciel ? », elle fait une allusion à la ruine du règne de l’Esprit féminin en Chaldée. Ce style était celui de l’époque.

Cicéron écrit à Atticus, en parlant de Pompée déchu de sa popularité et de sa grandeur : « En effet, il était tombé de la hauteur des étoiles. »

Cérinthe, Juif d’Antioche, avait inventé le millénarisme ; il annonçait la fin prochaine du monde et le retour du Christ sur la terre, pour y exercer sur les justes un règne temporel de mille ans, pendant lequel les saints jouiraient ici-bas de toutes les voluptés sensuelles. C’était la doctrine de Krishna mal interprétée, intervertie, donnant au sexe masculin les immunités du sexe féminin.

LA RÉSURRECTION

En même temps qu’on annonçait un Messie, on annonçait une « résurrection » (mot qui vient de re-surgere, surgir de nouveau).

Et les bons esprits entendaient par là le retour de la Femme à la vie sociale afin de faire cesser les calamités amenées par le règne de l’Homme. Mais cette idée simple, inséparable de celle du Messie, finit par prendre une forme surnaturelle. La Déesse antique, la Femme du passé éloigné, était devenue pour l’homme un Esprit sans corps. (On l’avait tant représentée par des têtes d’anges munies d’ailes et volant dans les airs !)

Aussi la Résurrection que les exaltés attendaient était celle d’un Esprit plutôt que celle d’un être réel. Du reste, c’était l’époque du merveilleux le plus extravagant, on croyait à tout excepté au réel. Et cela n’est pas étonnant ; la Femme n’était plus écoutée, n’était plus comprise, et c’est par des divagations qu’on voulait expliquer le verbe lointain de celles qui avaient parlé.

L’idée de la Résurrection de la Femme était partout dans les prophètes ; celle d’une Résurrection surnaturelle n’était nulle part.

Et comment y aurait-elle été, puisque les femmes prophétesses ne connaissaient pas le surnaturel que l’homme inventa plus tard ? Mais ceux qui avaient révisé les Écritures avaient effacé les noms féminins. Dès lors, comment comprendre que c’était d’Elle qu’il s’agissait dans les rêves d’avenir qui avaient été faits ?

Les savants ont considéré l’idée de la résurrection comme une rêverie orientale, parce qu’ils n’ont pas compris le vrai sens du mot résurrection, qui est le retour d’un régime, non d’un homme.

Il est bien certain que l’idée est orientale. Toute l’Asie, avant l’Europe, a attendu le retour de la Déesse, et nous voyons une croyance mazdéenne affirmer la Résurrection, des morts (des femmes mortes socialement). Là, ce n’est pas non plus la résurrection des individus, mais la résurrection d’une autorité. C’est une idée abstraite dont on fait une idée concrète.

Mais la misogynie était si violente dans le cœur, de l’homme, à cette époque, qu’il ne voulait pas comprendre cette signification du mot, resurgir et probablement la niait quand les femmes l’expliquaient. Il voilait, sous une idée absurde, une réalité gênante.

Du reste, la femme était déjà assez avilie pour qu’on ne comptât plus sur Elle, ni avec Elle. On l’avait mise à l’écart. « Un oint a été retranché », avait-on déjà dit depuis longtemps.

L’homme avait pris le grand rôle dans la société, il avait si bien fait régner ses idées masculines qu’on avait perdu de vue que c’était justement pour cela que le monde féminin attendait un « sauveur ».

Dans l’esprit de la Femme, il s’agissait, non d’un être surnaturel, mais d’une femme comme Myriam, comme David, venant une fois de plus formuler la « loi morale », la donnant de nouveau aux hommes ; de là le mot de Rédemption.

L’Oint qu’on attendait pour délivrer « les bons » n’était pas un personnage qui allait ressusciter sous une forme humaine et qui, dans une seule existence, allait souffrir et mourir pour les péchés du genre humain ; c’est dans le passé que l’oint avait souffert et qu’il était mort, on n’attendait pas qu’il ressuscitât pour souffrir de nouveau, mais, au contraire, pour régner dans sa gloire.

Les épreuves douloureuses subies par la Femme dans le passé devaient cesser au moment de sa résurrection.

On répète encore tous les jours que les Juifs ne pouvaient comprendre un Messie souffrant et humilié.

Quand on a fait la légende de Jésus, on a rapproché les temps et résumé dans une seule vie ce qui avait duré des siècles. On a fait du passé un futur quand on a annoncé un Messie qui viendrait souffrir les douleurs et les humiliations de la Femme.

L’ANDROCRATIE ROMAINE

C’est par les yeux, par les trophées, les emblèmes, qu’on faisait entrer dans les esprits l’idée de la gloire masculine, qu’on ennoblissait le patriotisme, cette glorification du règne de l’homme et de ses conquêtes.

Sur les temples, sur les fontaines, sur les portiques, les théâtres, les marchés, sur le socle des statues, on inscrivait des résumés de l’histoire de l’homme conquérant et triomphant, qu’on faisait glorieuse alors qu’elle était inique.

Tous les mâles statufiés avaient des biographies gravées sur le marbre, qui stimulaient les autres, qui créaient l’envie, invitant à la surenchère…
Même hors les villes, le long des routes, on trouvait des traces de la glorification du règne de l’homme, et sur les tombeaux les épitaphes en faisaient foi.

On ne voulait laisser perdre aucun fait de la puissance masculine.

Quand le Sénat s’assemblait, on rappelait le souvenir de tous les Romains qui avaient participé au pouvoir, et, pour que la trace en restât dans l’histoire, on ajoutait à leur cortège tous ceux dont les aïeux mâles avaient fait quelque chose.

La famille, constituée sur le régime paternel, glorifiait, dans des espèces de musées familiaux, les ancêtres guerriers ; aux funérailles, on portait leur image faite de cire, en grande tenue et revêtue des insignes du commandement ou du triomphe.

C’est ainsi qu’on enseignait aux masses, à la jeunesse, aux femmes !… à glorifier l’homme ; aux esclaves, aux faibles, à le craindre, mais peut-être aussi à le détester.

Et les Femmes, dans ce régime nouveau, étaient aussi avilies que les hommes étaient élevés.

Les plus grandes figures féminines, loin d’avoir, dans l’histoire, l’éclat des grands hommes qui se glorifiaient mutuellement, étaient enveloppées d’obscurité, le plus souvent anonymes ; leur modestie naturelle les avait diminuées, on l’exagérait encore, tant on les faisait petites. Elles paraissent même abjectes, suivant la nouvelle morale qui avilissait la grandeur intellectuelle et ne glorifiait que l’orgueil.

C’est l’époque où la Femme avilie se débattait contre ceux qui voulaient l’asservir. Triste histoire, terrible épopée d’une race de captives et d’esclaves, qui nous montre la Gynécaïa, cette belle harmonie féminine, comme dit Baschofen, finissant avec Cléopâtre, qui semble marquer la fin du règne de la Femme.

C’est alors que ceux qui protestent contre le régime nouveau vantent les vertus antiques, celles de l’ancien régime.

Les modernes ne doivent pas faire d’anachronisme à ce sujet : la vertu antique ce n’est pas celle de Rome et de la Grèce, c’est celle du « Matriarcat », qui, du temps de Rome et de la Grèce, était déjà antique.

Et, pendant que les Romains affirment ainsi la gloire de l’homme, ils se figurent qu’elle est éternelle.
Jupiter, suivant Virgile, leur a donné la domination qui ne finira pas. « A tout jamais, suivant Horace, on verra monter sur les marches du Capitole le Pontife et la muette Vestale. »

Sera-t-elle toujours muette, la Femme ? Là est la crainte perpétuelle; aussi, que de crimes pour l’empêcher de parler!…

On construisait des écoles pour enseigner les idées masculines, des théâtres pour amuser le peuple et donner à la nation l’illusion de la vitalité intellectuelle, mais aussi des routes stratégiques pour porter par les armes la nouvelle légalité aux nations rebelles qui refusaient ce nouveau Droit.

Singulière éducatrice que Rome, qui enseigne aux hommes l’orgueil et qui appelle le triomphe de la force un droit !

Adieu la paix, les lois naturelles, la vie de l’esprit ; tout cela devait sombrer devant « la loi de l’homme », tout cela devait être renversé. L’antique sagesse féminine allait devenir la virtus du mâle, sa qualité virile.

Mais avec ce renversement naissait l’hypocrisie sociale, et le désordre ; c’est pourquoi, dès lors, on ne parla plus que par sous-entendus.
Quel martyre que celui des femmes de cette époque, alors que le Romain ne trouvait qu’un mot à dire à celle qui souffrait : « Oh ! Que tu me plais dans les larmes ! »

Donc la Femme pleurait dans cette société romaine où le mal sous toutes ses formes triomphait.

Et Vico a pu dire : « Dans le langage antique, qui dit vaincu dit Femme. ».

Ramsès II gravant ses victoires donne au vaincu le sexe féminin.

Tout cela prouve bien que c’est le régime gynécocratique qui finit, c’est l’Androcratie qui commence. Aussi un profond découragement éteint tous les élans de la Femme. On ne trouve presque pas de femmes de lettres dans Rome à cette époque, parce que déjà elles se cachent dans l’anonymat ou se couvrent d’un pseudonyme.

Mais les historiens se plaisent à nous montrer des dévouées, des sacrifiées qui se font le caractère qui plaît à l’homme : Clélie, Lucrèce, Virginie, Cornélie, Véturie, Porcie, et cette Arrie que les hommes trouvent sublime parce que, voyant son époux Poetus condamné par Tibère à se donner la mort, elle se frappa la première et lui tendit le poignard en lui disant : Poete, non dolet. (Pœtus, cela ne fait pas de mal.)

Cependant, toutes les femmes ne renoncent pas si facilement à la vie, ni même à la lutte ; seulement, elles vont être prudentes dans les moyens à employer, et Michelet nous dit à propos de leur influence sur l’homme :

« Les mœurs se rient des lois à Rome ; la femme est pauvre par écrit ; en fait, elle est très riche, elle agit et gouverne tout. Tullie, Volumnie, Cornélie, Agrippine, nous montrent assez qu’ici elles sont reines, tout comme les Marozia, les Vanozza du moyen âge. Ce sont elles qui, par deux fois, minèrent Rome en dessous.

Au moment où celle-ci frappait Carthage, repoussait l’Orient, elles lui défaisaient sa victoire, introduisaient la nuit, dans la ville endormie par l’orgie orientale, y mettaient le cheval de Troie.

La beauté de louage, la grande Dame puissante, à elles deux changeront le monde. » (La Bible de l’Humanité)

Non, ce n’est pas la Femme qui va changer le monde, c’est l’homme. C’est lui qui va prendre la place prépondérante partout et avilir la Femme, sans comprendre l’énormité de son crime.

L’homme prend chez les Romains une si haute dignité que l’on donne au fils qui naît quatre noms, le neuvième jour de sa naissance : nomen, praenonien, cognomen (surnom), agnomen (second nom).

Quant aux filles, on leur donne seulement un numéro d’ordre.

Depuis César, Rome vivait plongée dans un abîme de douleur.

Plus de confiance, ni dans la loi ni dans les mœurs. Partout régnait un égoïsme féroce ; les dévastations, les massacres, les coups de fouet, les viols de femmes étaient choses courantes.

Le césarisme considérait les esclaves comme les ennemis publics (hostes).

Sous Auguste, on décida que, si un maître était assassiné, tous les esclaves vivant chez lui seraient mis à mort, sans distinction de sexe. En un jour on en égorgea 400.

Caligula, Claude, Néron, étaient des fous tenus en échec par une philosophie qui était elle-même plus folle que sage. C’est la censure des écrivains qui représentait l’opinion, qui faisait dans ce monde dissolu ce que fait la Presse dans le monde moderne.

Mais l’Empire romain ne cessa pas un instant d’être inquiété par les protestations des opprimés, les plaintes des femmes, répétées par les hommes mécontents, toujours prêts à la révolte.

Dans la Rome impériale, où le burlesque donnait la main à l’horrible, il était défendu de rappeler le régime gynécocratique et la gloire passée des femmes.

Ovide, pour avoir parlé de l’âge d’or, mourut exilé à Tomes, près de la mer Noire. Il vivait au siècle d’Auguste.

Les dogmes étaient noyés dans la foule innombrable des superfétations parasites et des rêveries des rabbins, des Hermès, des Hiérophantes.

Dans ce chaos, toute vérité disparaissait, on avait perdu toutes les anciennes connaissances et, dans la foule des nouveaux dieux, on avait perdu la notion de la vraie Divinité Féminine.

« Le silence, dit Jamblique, était l’unique culte rendu à l’Unité individuelle » (l’entité féminine).

Pendant ce temps-là, on masculinisait tous les anciens titres pour donner à l’homme toutes les puissances.

Depuis qu’on avait annoncé qu’une vierge allait enfanter, une Emperière dont on annonçait le retour, cette place à prendre hantait le cerveau des hommes, et c’est ce qui fit adopter le mot empereur (masculin d’Emperière) qu’on appliqua à une caste nouvelle de dominateurs, qui fondèrent l’Empire romain.

Auguste le premier prit ce titre qui jusque-là avait indiqué le privilège sexuel de la Femme.

Mais, s’il avait pris le nom, il n’avait pas pu prendre, en même temps, l’organisation physiologique et psychique de l’autre sexe.

Si bien que ce règne nouveau de l’homme ne fut qu’une parodie de plus, et la plus infâme ; on allait voir la corruption romaine descendre du haut des sept collines impériales et inonder le monde.

LES SECTES JUIVES ET ISRAÉLITES

La mauvaise traduction du Sépher en grec avait jeté un nouveau ferment de discorde dans le monde.

D’altération en altération, le sens des mots hébraïques devenait de plus en plus incertain, ce qui amena de violentes disputes sur l’interprétation qu’on donnait au Sépher. Car, pendant qu’on altérait ainsi les textes, il y avait la loi orale, la primitive tradition, que se transmettaient toujours les fidèles Israélites.

Ceux-là voulaient l’imposer, la faire entrer dans l’explication des textes.

Ceux qui avaient intérêt à dissimuler la vérité niaient l’existence de cette loi, rejetaient l’ancienne tradition et voulaient qu’on s’en tînt aux explications grossières données dans la nouvelle rédaction des Livres.

Plusieurs sectes naquirent de ces disputes, entre autres celle des Pharisiens et celle des Sadducéens.

LES SADDUCÉENS

Les Sadducéens étaient l’élite intellectuelle et morale de la nation, ceux qui conservaient les saines idées de la science antique et cherchaient à empêcher l’invasion du surnaturel. Ils ne croyaient ni à l’au-delà, ni aux esprits, ni aux anges.

Ils voyaient l’immortalité dans la durée du principe de la vie chez la Femme, dans son intégrité vitale, et non dans une existence future qu’ils niaient. Ils ne voyaient, dans ce que les Pharisiens appelaient l’âme, qu’une conséquence de l’organisation du corps, une faculté passagère qui devait s’éteindre avec lui.

Et ils montraient que le Sépher n’avait nulle part annoncé une immortalité postérieure à la vie actuelle. Ils rejetaient toutes les écritures révisées ou ajoutées par les Prêtres pour introduire des croyances nouvelles (1).

Les Sadducéens s’alliaient aux Samaritains qui avaient conservé intacts les enseignements du Sépher.

Ils formaient une aristocratie dont l’influence ne s’étendait pas sur le peuple corrompu et disposé à admettre toutes les erreurs nouvelles ; aussi le nombre des Sadducéens n’était pas grand, mais c’étaient les premiers de la nation.

D’après les Actes des Apôtres, Caïphe, le Grand-Prêtre du premier siècle, faisait partie de cette secte, ainsi qu’Ananias.

Prideaux pense que cette secte, qui était la religion des grands, a fini à la destruction de Jérusalem ; il ajoute qu’il n’en est plus parlé depuis ce temps-là.

D’après Fabre d’Olivet, le nom donné aux Sadducéens dérive de Shad, qui exprime diffusion, propagande, et aussi la nature productrice dont la mamelle est le symbole.

Ce nom signifie proprement « physicien ou naturaliste », c’est-à-dire savant. Mais le Talmud prétend que les Sadducéens ont tiré leur nom de Saddoc, qui aurait été leur fondateur, et qui était le disciple d’Antigone Sochoeus, qui vivait peu de temps après Alexandre.

(1) C’est pendant la grande lutte pour le droit paternel que l’homme nie les conditions physiologiques de la Femme, et prétend que son âme à lui est immortelle aussi. Ainsi il déplace la source de l’immortalité, qui n’est Plus, pour lui, dans la Femme, mais dans le principe qui engendre, lequel, il est vrai, se perpétue à travers la descendance.

Il se revêt de la gloire de la Divinité, et cette idée est défendue avec un tel fanatisme par les hommes que Platon dit : « La croyance à l’immortalité est le lien de toute société ; brisez ce lien et la société disparaît. »

Il s’agit, bien entendu, de la Société masculine, car la Société gynécocratique avait nié l’immortalité surnaturelle et donnait à ce mot « immortalité » un sens physiologique.

LES PHARISIENS

Les Pharisiens, plus nombreux, étaient composés de gens plus préoccupés de paraître que d’être des êtres supérieurs.

Leur nom signifie, en général, ce qui est élevé, illuminé, glorieux, illustre.

II dérive de la racine « Aor » (la lumière), régie par l’article « Phe », qui exprime l’emphase ; de là Phoer, une auréole, une tiare (peut-être aussi phare).

Les docteurs lui donnent une autre origine ; ils font venir Pharisiens de Phares qui signifie séparer, ce qui indique qu’ils se sont séparés des anciens orthodoxes, appelés Am haaretz, le peuple de la terre, qu’ils regardaient avec un souverain mépris.

Ce sont donc des orgueilleux qui créent une fausse aristocratie, basée sur une prétention hypocrite de posséder une sainteté supérieure à celle des autres.

Ils se donnaient comme des êtres dignes de vénération et d’admiration. Ils étaient fort unis entre eux et donnaient à leur vie tous les dehors de la sainteté.

Ils se piquaient d’une extrême exactitude dans la pratique de la Loi, (non celle du Sépher mais celle d’Esdras) ; ils donnaient la dîme, non seulement des gros fruits, mais encore des moindres herbes, du cumin, de la menthe, du millet.

Ils avaient un très grand soin de se laver, de purifier leur corps, leur vaisselle et tous leurs meubles.

C’étaient des pratiquants fanatiques de la religion judaïque ; ils observaient le Sabbat juif avec scrupule, ils jeûnaient souvent et affectaient de porter des totaphoth ou téphilim ; on appelait ainsi des écriteaux contenant quelques passages de la Loi (d’Esdras), attachés sur le front, ou au bras gauche, suivant le précepte des Prêtres d’avoir toujours la Loi de Dieu devant les yeux ou entre les mains.

Le peuple était plus favorable aux Pharisiens qu’aux Sadducéens, à cause de leur extérieur de grande piété.

Dans Matthieu (VI, 2-5-16), on nous dit :

« Les Pharisiens donnaient l’aumône en public, ils priaient dans les places, ils se jaunissaient le visage pour paraître plus grands jeûneurs ; c’eût été leur faire injure que de les toucher étant impur ; et ils tenaient pour tels non seulement les Gentils et les pécheurs publics, mais tous ceux qui exerçaient des professions odieuses.

Enfin, la plupart ne montraient de la dévotion que par intérêt.

Ils séduisaient par leurs beaux discours le peuple ignorant et les femmes qui se privaient de leurs biens pour les enrichir ; et, sous prétexte qu’ils étaient le peuple de Dieu et dépositaires de sa Loi, ils méprisaient les Grecs et les Romains et toutes les nations de la terre. »

C’est pour cela qu’ils ne voulurent pas payer le tribut aux romains lorsqu’ils en dépendirent.

Ils joignaient aux textes de la Loi les traditions des Prêtres, qui se propageaient sans écritures, et dont certaines, sous prétexte d’expliquer les livres, en cachaient le sens et y mêlaient quantité de superstitions.

Les Pharisiens admettaient la résurrection des corps ; ils croyaient aux anges et aux esprits surnaturels et voyaient dans les Écritures un sens spirituel ; ils traitaient d’allégories toutes les antiques vérités qu’ils ne voulaient plus admettre.

Les Pharisiens ont été continués par les spiritualistes religieux, les Sadducéens par les matérialistes scientifiques.

LES ESSÉNIENS

En face de ces deux sectes rivales, une troisième se forma qui arriva à compter 4.000 membres d’après Philon et Josèphe, et qui était infiniment plus instruite et plus sage ; ce fut celle des Esséniens.

Ces sectaires considéraient que le spiritualisme des Pharisiens tombait souvent dans des visions ridicules, mais que la science des Sadducéens paraissait trop sèche ; ils prirent un terme moyen ; ils conservèrent la lettre et le sens matériel à l’extérieur et gardèrent la tradition et la loi orale pour le secret du sanctuaire.

Les Esséniens formèrent, loin des villes, des sociétés particulières dont le caractère fut celui de la tradition gynécocratique et théogonique, ce qui nous fait croire que cette secte se forma de ce qui restait des fidèles Israélites.

On trouvait des Esséniens partout où il y avait des Israélites, ce qui nous fait supposer que c’était des tribus détruites qu’ils s’étaient formés.

Livrés à l’étude de la Nature, ils ne s’occupaient ni de la politique de leur pays, ni du sacerdoce de la religion juive. Ce peu d’ambition et leur préoccupation des choses de la morale nous confirment dans l’idée que c’était une secte féministe. On faisait d’eux le plus grand éloge.

C’est en Judée, en Syrie, en Egypte qu’on les rencontrait surtout. Attirés par l’éclat de l’Ecole d’Alexandrie, ils s’établirent près de cette ville sur un mont qu’ils appelèrent Moria et qui fut leur principale retraite.

Moria, qui deviendra Maria, est une forme altérée du nom de Myriam. Moria signifiait alors la lumière réfléchie, la splendeur.

On a toujours cru que c’était parmi les Esséniens que la loi orale de Myriam s’était conservée, cette science primitive, cette tradition secrète, que les chercheurs modernes étudient avec tant de curiosité.

On s’est demandé qui avait été le fondateur de la Société des Esséniens, et jamais on n’a trouvé un nom à proposer ; ce fut une fondation anonyme, donc féminine ; les femmes seules exagèrent à ce point la modestie, l’homme signe toujours ses œuvres. Une multitude de faits le prouvent :

1°) L’enseignement donné, qui est la continuation de celui des Prophétesses et des anciennes Prêtresses. Les Esséniens, en effet, passaient pour des Prophètes.

2°) Leur préoccupation de se cacher à l’époque où la femme est persécutée, de se constituer en société secrète, après la captivité.

3°) Leur attitude vis-à-vis du pouvoir masculin qu’ils condamnaient. Proclamant que « la foule impure des Juifs n’était pas le vrai peuple de Hévah » (Strauss) ; leur soin de s’éloigner des agitations effrénées des hommes, de leurs querelles oiseuses, bruyantes et puériles, surtout celles qui régnaient entre les Sadducéens et les Pharisiens. L’insistance qu’ils mettent à parler de « la misère des temps » à une époque où l’homme triomphe, où la femme est vaincue.

4°) Leur opposition au culte masculin des Juifs, l’abolition qu’ils font des pratiques extérieures et brutales instituées par le sacerdoce des Lévites, l’épuration de ce culte, la condamnation des sacrifices d’animaux.

En cela les Esséniens se trouvaient d’accord avec toutes les femmes qui avaient déjà rejeté la religion masculine. Le même esprit de sagesse de toutes ces femmes se retrouve dans la secte des Esséniens, « où s’est réfugié tout ce qui restait, alors de religion sincère et de vraie force morale chez l’ancien peuple de Hévah ».

5°) Les Esséniens ne laissaient à l’homme aucun franc arbitre, aucune liberté de choisir dans aucune de ses actions.

L’homme dépendait de la Raison Divine qui règne dans la Femme et qui devait diriger ses jugements.

C’est de là qu’est venue la discussion sur le libre arbitre, dont on a fait une question de métaphysique, alors qu’elle n’était, d’abord, qu’une question de psychologie sexuelle impliquant la subordination de l’homme à l’esprit féminin.

Les Esséniens connaissaient les propriétés des simples, guérissaient par une sorte de magnétisme physique et psychique tout à la fois, enseignant les lois de la Nature aux malades qui les appelaient, leur faisant connaître les aphorismes de leur haute morale, soignant l’âme autant que le corps.

On croit que le mot Essénien vient de Hasidéens qui signifie en hébreu Saints. De hassidim (ou hasidim) on aurait fait Sâh-ah (soigner), ou bien il viendrait de Asah, guérir. Mais il peut venir aussi de Hâshah, « se taire », Hashaïm, « qui cherche le silence ».

Leur manière de vivre était sans luxe et sans orgueil, ne voulant ni serviteurs, ni esclaves, vivant en communauté et s’habillant de pur lin blanc. Ils s’occupaient de divers métiers, d’agriculture, mais surtout d’éducation. Ils mettaient leurs biens personnels en commun et les revenus de leurs travaux entre les mains d’administrateurs électifs qui présidaient à l’entretien de l’ordre et aux œuvres de charité.

Leur pureté est restée proverbiale, puisqu’on les appelait « les Purs » (Pulchra, dont on fera Pulchérie, nom féminin qui n’a pas de masculin).

L’historien Josèphe rapporte que la secte se partageait en deux branches : l’une qui vivait dans les collèges d’Engaddi, sur les bords de la Mer Morte (ancien refuge des Amazones grecques), et l’autre répandue dans les villes, mêlée à la population, exerçant des métiers, militants moins austères, mais cependant astreints aux règles de l’ordre.

Les Esséniens étaient persécutés par les Judéens orthodoxes de Jérusalem, qui les poursuivaient « au nom de la loi de Moïse » et les classaient parmi les idolâtres, comme du reste tous ceux qui n’admettaient pas leur dogme. « Un prophète ne peut venir de Galilée », disait le Sanhédrin, parce que les Esséniens occupaient surtout la Galilée et la Samarie.

Les Esséniens furent imités par des groupes masculinistes.

Nous retrouvons leur organisation dans des couvents d’hommes sortis des sectes qui se formèrent dans les siècles suivants, mais qui n’auront des Esséniens que la forme, non l’esprit.

Ces faux Esséniens n’avaient pas de femmes parmi eux, passaient une partie de leur temps en prières et en méditations comme les cénobites bouddhistes ou chrétiens, et prétendaient s’interdire toute volupté. (Il y avait cependant, d’après Josèphe, des Esséniens mariés.)

Cette secte de faux saints s’était formée sous l’influence bouddhiste.

ORIGINE LOINTAINE DU CHRISTIANISME

Dans l’article intitulé « DE L’ISRAÉLISME AU JUDAÏSME », nous avons fait l’histoire de l’origine secrète de la Bible.

Le Christianisme aussi a une origine secrète que nous allons dévoiler maintenant.

Mais, pour comprendre le mouvement qui le provoqua, il faut remonter aux écrits des Prophétesses qui furent les premières à l’annoncer.
Toute la littérature des prophètes est messianique ; c’est une continuelle exhortation adressée au peuple pour l’engager à revenir à Hévah, c’est-à-dire au régime gynécocratique qui doit ramener la paix et la prospérité (1).

Chaque événement malheureux, pour les femmes est suivi de lamentations, de déchirements, de menaces et de promesses.

Durant la période d’anarchie et d’usurpation qui précéda la ruine de Samarie, Osée exprime l’espoir que le royaume d’Israël acceptera le culte de Ihaveh et se soumettra à la maison de Daud – David – (qui personnifie le régime féminin).

Rappelons que le nom de David est la traduction du nom hébreu Daud, nom féminin qui était celui de la dernière souveraine qui fut martyrisée à Jérusalem après y avoir régné 33 ans.

Son nom reste dans l’histoire du peuple d’Israël pour caractériser le règne de la femme, le régime gynécocratique dont l’unique Divinité est la Déesse Hévah, devenue par des altérations successives Ihaveh.

D’autres femmes décrivent l’idéal de bonheur et de paix qui suivra la réunion des deux royaumes et tracent le portrait de l’homme juste et pieux qui amènera cette heureuse réconciliation.

Mais ces espérances n’étaient jamais réalisées, et le royaume d’Israël devait être à jamais détruit et pour longtemps dispersé avant le retour du règne de la Femme encore attendu.

Michée promet que de Bethléem Ephata sortira « le Régent d’Israël », parce que Daud (David) était de Bethléem. On avait aussi gardé l’idée que le sauveur d’Israël serait un Isaïde, nom d’Isa la Grande.

Jérémie indignée dit : « Ils serviront Ihaveh et leur roi (c’est-à-dire Reine) David, que je leur susciterai. »

Elle montre Rachel, l’ancêtre d’Ephraïm, sortant de sa tombe près de Ramah et pleurant la perte de ses enfants. Jérémie annonce aussi « que David aura une progéniture juste, et qu’il ne lui manquera jamais un successeur assis sur le trône de la maison d’Israël ».

Après le retour de la captivité, on avait adopté l’usage de lire publiquement le Livre de la Loi, et plus tard aussi celui des Prophétesses (devenues des prophètes).

C’est en entendant cette belle littérature, ces idées élevées, que l’imagination se frappa et s’enthousiasma pour les promesses de grandeur et de gloire qui devaient être réalisées par le futur Messie.

On cherchait à les faire naître par une sorte de suggestion ; ces prédictions défi venaient des ordres à exécuter. On voyait dans les prophètes quelque chose de surhumain, l’imagination les ayant grandis de siècle en siècle. Les Prophétesses devenaient des personnages extraordinaires, des voyantes qui avaient annoncé les choses futures, leurs écrits étaient regardés comme des oracles qui ne pouvaient pas manquer de s’accomplir, tant est grand le prestige qui s’attache aux idées qui émanent de l’esprit féminin.

Quand la Rome brutale de l’Homme fut à l’apogée de sa colossale puissance, quand le despotisme masculin eut fait naître une époque d’orgie et de sang, on se souvint de la vieille prédiction annonçant qu’une vierge belle et pure comme la lumière relèverait l’espoir d’une race déchue.

La vieille tradition populaire, perpétuée à travers la mémoire des hommes, annonçait qu’une Femme Messie devait paraître sur la Terre d’infamie.
« Une Vierge viendra qui écrasera la tête du serpent et régénérera la race coupable. »

C’est le Shilo de Jacob ; Le Messie des Oracles ; Le Christos des Chrétiens.

C’est le retour de la Vierge-Mère, qui est au fond de toutes les Théogonies.

Les Druides, avant le Christianisme, élevaient dans les forêts de la Gaule un autel à la Vierge qui doit enfanter. (Mais ce qu’elle enfante, ce n’est pas une créature vivante, c’est un livre, c’est une doctrine.)

Les Chinois attendaient le Saint que devaient mettre au jour les régions occidentales de l’Asie.

Les Brahmanes soupiraient après le glorieux avatar de celle qui devait purger le monde du péché, et le demandaient à Vishnou.

Dans les livres de la Sybille de Cumes (contemporaine d’Homère-Hemoera), que lisaient les Romains, et qui étaient si jalousement et si politiquement gardés, on lisait que l’âge d’or devait être rendu à la Terre par la Vierge Divine.

(1) « Que Hévah juge les extrémités de la Terre, qu’elle donne la puissance à son roi et exalte la force de son oint ». C’est la première fois que l’idée du Messie apparaît, du temps de Samuel, donc avant David, dont le règne fut une affirmation du pouvoir féminin déjà attaqué.

CHRIST

Avant de commencer l’histoire du Christianisme, il faut savoir d’où vient le nom qui va servir à désigner la doctrine et dont la signification a été si dénaturée par les prêtres des religions modernes.

Burnouf, dans son livre La Science des religions, dit :

« Avant d’aborder la question des monuments figurés, je dois encore appeler l’attention du lecteur sur le nom même de Christ et sur la qualité de roi qui l’accompagne. C’est un point controversé parmi les Chrétiens dès l’origine de l’Eglise, les uns entendant cette qualification dans son sens réel, les autres dans un sens figuré, personne ne pouvant dire pourquoi le Christ l’avait reçue et conservée, quand on savait que les Juifs ne la lui avaient donnée que par dérision. »

Quelle est donc la signification de ce nom ?

C’est l’ancien mot sanscrit Çrêyas qui signifie suprématie. L’être appelé Çri, c’est l’être suprême (mais terrestre) ; il indique la suprématie de la Déesse et, par extension, tout ce qui vient d’Elle, comme le bonheur, la bonté, désignant alors « le bonheur suprême », « la bonté suprême ».

II se met devant les noms de femmes et leur donne un caractère d’élévation : Çrî-Krishna. Ce mot entre dans la formation d’une quantité de noms, tels ceux-ci donnés à Vishnou-Krishna :

– Çrîdhara, le porteur de bonheur.
– Çrîpati, l’époux de la Déesse Çrî.
– Çrîvatsa, nom de la figure mystique formée de quatre boules en croix et considérée comme un signe de prospérité.
– Çrîvatsabhrit, portant sur sa poitrine le Çrîvatsa.

Mais, si ce terme a glorifié la femme aimée, il sert, en même temps, à avilir la femme détestée, la femme jalousée, il devient alors une ironie, on en fait le mot chriein qui signifie oindre. La personne sacrée, Çrî, devient alors celle qui a reçu l’onction.

C’est dans la réaction masculine, qui met sur le plan sexuel ce que les femmes mettent sur le plan spirituel, que le mot Chri changea de signification ; il ne représenta plus l’Esprit Féminin, mais le sexe féminin qui reçoit une onction, une imprégnation.

On avait dénaturé tous les mots à l’époque du Phallicisme bacchique et mis l’obscénité partout.

Déjà, aux Indes, la Femme qui recevait le soma recevait l’onction, elle était l’oint.

Les Femmes à qui on l’appliquait, par ironie sans doute, pour leur rappeler le rôle que l’homme leur destinait lorsqu’elles voulaient prendre leur élan vers les choses spirituelles, devaient considérer ce terme comme une injure. En effet, il servait à les désigner comme le vase qui sert de réceptacle, le « vase sacré », le « vase d’élection », etc.

C’est par l’onction que les femmes consacraient ceux qui les servaient. Mais d’abord ils ne la recevaient pas, ils la donnaient.
Avec le temps, les idées s’obscurcissent, l’homme, prenant la place de la femme et sa suprématie, voulut aussi recevoir une onction, de là le sacre des rois.

Dans les Psaumes, on trouve le mot oint pour désigner celui qui conduit le peuple au nom de Hévah. On y représente les hommes comme des conjurés contre Hévah et contre son oint. On espère que Hévah délivrera son oint menacé. « Regarde la face de ton oint, tourne le visage en arrière ».

Ce sont les Psaumes qui, dans le monde hellénique, avaient mis le nom de Christ dans toutes les bouches. Ce nom était devenu un idéal flottant, quelque chose d’imprécis, renouvelé plusieurs fois, mais qui n’avait plus de figure concrète.

C’était Krishna, c’était David, c’étaient toutes les grandes femmes qui avaient été crucifiées.
« J’allumerai, dit Hévah, une lampe pour mon oint ».

Ces expressions étaient-elles dans le livre primitif, ou y ont-elles été introduites par ceux qui en firent la révision ?

C’est très probable.

Dans le récit fait dans le livre de Samuel, l’« oint », c’est David.

Quand ceux qui révisèrent les livres voulurent représenter Saül comme un roi, c’est lui qu’ils appelèrent « oint », oubliant sans doute la signification primitive du mot.

Et puis, quand cette appellation sera masculinisée, on la justifiera en créant un nouveau genre d’onction, répandant sur le front le Saint Chrême.

Tout cela constituait une comédie destinée à donner à l’homme l’apparence de la sainteté féminine, et cela devait, peu à peu, faire perdre de vue la signification réelle des choses, d’autant plus que, dans ces travestissements de la pensée, les hommes ne prenaient jamais pour eux que la signification glorieuse des idées, laissant au sexe féminin la signification outrageante qu’ils y avaient ajoutée.

En syriaque, l’« oint » est appelé Mesha, ou Meshiha ; en hébreu Meshiah. C’est de là qu’on fait le mot Messias en latin (Messie).

Et ce mot Messias semble être le substantif de Missa, féminin de Missus, participe passé passif de Mittere (mise).
(Celle qui est mise sur la table ou sur l’autel du sacrifice, la sainte table.)

C’est ainsi que, par une confusion fréquente, on arrive à désigner la table par le mot mesa.

Mais ces expressions devaient être des mots mal vus à l’époque dont nous nous occupons ; on devait les exclure du langage correct et décent parce qu’ils exprimaient un outrage au sexe féminin.

Le Çrî sanscrit vient de la langue celtique, c’est l’abréviation de Kyrie, nom donné aux Déesses, les Val-Kyries.

Ce mot, devenu Kyria en grec, désignera l’être suprême au féminin. Il est resté dans la liturgie catholique, « Kyrie ». Les Grecs le masculiniseront et en feront Kyrios, que l’on traduit par Seigneur. Mais primitivement ce mot n’existe qu’au féminin.

En Grèce, le Kri celtique fut représenté par un monogramme formé de deux lettres grecques, le X (chi) et le P (ro), enlacées.

La terminaison féminine « I » n’y est pas représentée, mais elle était conservée dans les traditions.

Ce symbole était adopté par un parti nombreux. On le trouvera sur les monnaies d’Hérode le Grand. (Voir le médaillon juif de Madden.)

Mais ce vocable va encore changer de signification en se complétant par l’annexion de nouvelles lettres.

Au Chri primitif, on ajoutera stos et nous aurons Chri-stos.

Voici l’origine de cette modification : La plupart des grandes Déesses de l’antiquité avaient été crucifiées. Krishna est représentée crucifiée dans le temple de Madura. Daud (David) fut crucifiée sur le Mont des Oliviers, mais n’en mourut pas, puisqu’elle dit elle-même dans les Psaumes : « Ils ont percé mes pieds et mes mains. »

On crucifie des femmes en masse dans la forêt de Dodone à l’époque des Bacchanales, et, pour comble d’ironie, c’est sur leur signe sacré, le tau (T) que les Déesses portaient à la main comme signe de suprématie, qu’on les clouait.

Le tau (qui devint la croix) représentait d’abord l’Arbre de vie, le grand secret de l’origine de l’homme trouvée par une femme, la grande Myriam-Hathor, qui avait été tant persécutée et trahie à cause de cette découverte dont on gardait le souvenir dans les « Mystères de Jérusalem ».

A propos de cette première signification du Tau, S. Bernard dit, dans son livre La Révélation : « L’arbre de la sagesse, de la connaissance, l’arbre symbole de vie divine et de salut, est devenu l’arbre de la croix, symbole d’infamie et d’humiliation. La réaction contre le principe féminin est accomplie. Le symbole de l’arbre devient le terme mystérieux et caché, mystère du mystère qui attend son heure marquée pour sa révélation »

En grec, la croix se dit stauros ; on ajouta ce mot au monogramme XP et cela fit Chri-stauros.

C’est ce terme qui devint Christos.

C’est parce que les femmes étaient crucifiées sur leur signe sacré, le T qu’elles portaient à la main, qu’on les appela d’abord Christophoros, et cela signifia Çrî « qui porte sa croix. »

S. Bernard dit encore à ce sujet (La Révélation, p. 192) :

« Mais si cette seconde signification, celle de mort et de sacrifice a prévalu, et si elle se change enfin en celle de supplice, de honte et de péché, ne faut-il pas voir en cela une indication de plus qu’il y avait là-dessous la haine d’anciennes idées et de principes qu’on réprouvait maintenant, et que la croix n’était plus pour l’homme des temps ultérieurs que le souvenir de cette doctrine féminine et de son ancienne suprématie religieuse et spirituelle qu’il anathématisait dans le symbole de la croix, devenu l’instrument d’infamie et de condamnation ? »

Ces explications étaient nécessaires pour nous faire comprendre la véritable signification de la doctrine qui va s’appeler le Christianisme.

Aller vers le chapitre 7 2ème partie

 

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