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Livres de Femmes, Livres de Vérités (6) De l’Israélisme au Judaisme – 2/4

« La Torah n’instruit pas l’homme, elle le transforme. » – Rabbanite Dina Weinberg.

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
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2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
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3ème chapitre : Les Aryas – Guerre des sexes chez les Perses et les Hindous
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4ème chapitre : La guerre des sexes dans la Chine antique

5ème chapitre : La guerre des sexes dans la Grèce antique
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6ème chapitre : De l’Israélisme au Judaisme
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6ème chapitre suite

LA CHUTE

Quand la vie sexuelle commence à se manifester chez l’enfant, elle le fait entrer dans une phase nouvelle qui est l’adolescence.

Les conditions physiologiques des deux sexes vont se modifier ; chacun d’eux étant régi par une polarité inverse, ils vont commencer à suivre des voies divergentes, et leur donner des caractères psychiques qu’ils n’avaient pas eu jusque là.

Les suites fatales de la sexualité masculine font apparaître en lui les germes des 7 faiblesses humaines dont la Théogonie fit les 7 péchés capitaux :

L’orgueil qui va lui insinuer des idées de supériorité vaine.
L’égoïsme qui lui conseillera de prendre aux autres ce qu’ils ont, leur avoir, leurs places dans la vie, leurs privilèges et les honneurs qui leur sont dus.
L’envie qui va lui souffler ses premières haines.
La colère qui le jettera dans des disputes, des violences et des crimes.
La luxure qui fera apparaître en lui la bête humaine.
L’intempérance qui altérera sa santé et troublera sa raison.
La paresse qui l’amollira et fera de lui un être inutile, à charge aux autres.

Ajoutons à cela l’invasion du doute, père du mensonge, du mensonge, père de l’hypocrisie génératrice de la ruse.

Son esprit a des éclipses, des moments de torpeur. Chacune de ses « œuvres basses » lui fait perdre une parcelle de l’étincelle de vie ; c’est une brèche par laquelle entre peu à peu la déraison, si vite envahissante.

C’est alors qu’il commence à renverser l’ordre des idées, que son jugement perd sa droiture, qu’il se fausse. Des intérêts personnels, des entraînements sexuels commencent à le guider. C’est l’âge de la perversion qui apparaît.

Puis sa force musculaire qui augmente lui donne de l’audace et sa sensibilité qui s’atténue le rend dur et méchant, il ne sent plus autant la souffrance des autres.

Une évolution contraire s’accomplit chez la femme.

Elle a grandi dans l’amour qui lui a fait acquérir les 7 vertus que les Écritures sacrées, notamment l’Avesta, opposaient aux 7 péchés.

Mais sa force musculaire qui diminue va la rendre impropre à l’action. Son esprit s’élargit et ouvre devant Elle un brillant horizon de pensées nouvelles ; la bonté, la douceur, la gaieté, la joie de vivre s’accentuent en Elle.

Pendant que l’homme, poussé à l’action par sa force qui grandit, veut des exercices musculaires, des luttes ou des travaux qui mettent en activité ses facultés motrices, chez Elle c’est l’Esprit qui travaille, c’est la pensée qui s’impose et la domine.

On sait que « Le Paradis Perdu », cette composition sublime de John Milton dont le pendant est la grande oeuvre de Dante Alighieri, « La Divine Comédie », a pour sujet la chute de l’homme et pour théâtre l’Éden, le ciel et les enfers.

BABEL (Confusion)

De cette divergence devait naître un commencement de discorde.

Jusque là il y avait eu accord entre ces deux êtres, harmonie parfaite et tendresse. La fille marchait plus vite que le garçon, elle était initiatrice en tout, mais il la suivait, adoptait ses idées, les faisait siennes, puisqu’elles répondaient encore à sa mentalité droite. Et c’est cet accord qui engendra « l’âge d’or ». Il dura tant que l’homme garda sa chasteté d’enfant.

Mais les nouveaux caractères qui surgirent vinrent altérer cette harmonie. Ces deux adolescents commencent à ne plus se comprendre quand ils commencent à avoir chacun une objectivité différente dans la vie.

Aussi, bientôt les mots n’eurent plus pour eux la même signification parce que les idées de l’homme changeaient de direction ; il allait mettre sur le plan sexuel ce qu’elle continuait à mettre sur le plan spirituel. Et c’est cette confusion que l’histoire va nous montrer dans un monument symbolique, la Tour de Babel, représentant l’évolution ascendante commencée par le genre humain, mais interrompue et inachevée parce qu’au moment de la divergence sexuelle on ne s’entendit plus. C’est cela qui est « la confusion des langues », chaque sexe voyant le monde sous un jour différent, le résultat du désir étant pour l’homme une descente dans la matérialité et pour la femme une montée dans la spiritualité.

LE PÉCHÉ ORIGINEL

L’homme subit, par cela seul qu’il naît homme, les conséquences d’un ordre de choses contre lequel, pour se sauver lui- même, il doit lutter.

« L’homme est un Dieu déchu qui se souvient des cieux », dit Lamartine.

La déchéance est certaine, elle suit la faute dont les conséquences pèsent, non seulement sur l’homme coupable, mais sur toute sa descendance. Cette condamnation contre laquelle les modernes protestent et qui leur semble une injustice absurde, est le résultat de l’hérédité.

L’homme transmet à sa descendance ses facultés comme il lui transmet ses organes.

S’il diminue ses conditions psychiques individuelles, il donne à ses enfants des facultés amoindries.

Les rationalistes modernes disent : Chacun est responsable de ses fautes. Oui, quand ces fautes n’atteignent pas l’organisme ; mais quand la faute est de nature à modifier le fonctionnement physiologique de l’homme et à lui imprimer une tare qui est héréditaire, la faute retombe sur la postérité.

Le péché originel (le premier acte sexuel) a diminué la valeur morale de l’homme, il a donc été une cause de déchéance pour l’humanité tout entière.

Les conséquences premières de la chute, accumulées par la répétition de cette action dans chaque individu, à travers les générations, ont pris des proportions effroyables et mené les races à la dégénérescence finale.

Le mystère de la chute a une importance capitale, c’est le nœud de notre condition qui prend ses replis et ses retours dans cet abîme. Une preuve de plus de notre dégénérescence morale est celle-ci : L’ordre est partout, l’homme seul fait exception. L’Univers entier est ordre, l’homme seul est désordre.

Un choc perpétuel existe entre sa raison et son cœur, entre son entendement et son désir. Quand il atteint au plus haut degré des civilisations, il est au dernier degré moral ; il s’appauvrit en idées, en même temps qu’il s’enrichit en sentiments. Son péché s’étend comme un voile entre lui et l’Univers (et c’est ce qui cause la désunion de l’homme et de la femme). L’unité du monde a été vaincue et l’humanité doit en porter la peine.

L’homme est tombé dans la conception misérable du fini, alors qu’il était né pour l’infini.

C’est le problème fondamental, le problème humain et divin. C’est le dogme intérieur de l’humanité. Une crise terrible fermente en ce moment, parce que le dogme de la chute masque les plus grands problèmes philosophiques.

(Nous y reviendrons dans un long développement lorsque nous aborderons les différents sujets de la « Nouvelle Science »)

L’HÉRÉDITÉ

La réversibilité de la faute sur toute la descendance semble inadmissible aux rationalistes qui croient l’avoir puissamment battue en brèche par l’exégèse moderne (qui n’étudie que les écrits falsifiés par les Prêtres), et cependant leur science rétablit le dogme en proclamant l’hérédité, qui en est la forme moderne.

L’hérédité est physique et morale, c’est la substance même de nos ancêtres qui nous constitue.

L’hérédité puise dans des milliers d’ancêtres nos éléments constitutifs, et les maladies de l’âme se perpétuent comme les maladies du corps.

Quiconque ne prend pas le passé pour racine n’aura pas de progrès dans l’avenir. Il y a une hérédité pour les maladies du corps ; pourquoi n’y en aurait-il pas une pour les maladies de l’âme, pour les tares morales ? Quand un enfant vient à la vie, gangrené par les vices du père, pourquoi ne se plaint-on pas de la nature qui permet cette hérédité ? L’homme mourant pour s’être empoisonné aux fruits de vie, mourant par le péché, explique les secrets du cœur humain, explique toute la politique et toute l’histoire de l’humanité (Jaurès avait entrevu cela et trouvait que le problème du mal domine toute la politique).

Le péché originel est prouvé par la solidarité des générations dans le Bien et le Mal. Nous voyons partout le fils puni pour le père et le contrecoup du crime d’un méchant aller frapper une victime innocente. Le péché originel est prouvé par la malédiction portée contre la femme (qui va souffrir des suites du péché de l’homme, non pas en enfantant dans la douleur, mais en supportant sa contradiction, son oppression, sa tyrannie).

LES VÉRITÉS CACHÉES ET LES ERREURS IMPOSÉES

Renan, qui connaissait la haute valeur du Sépher, dit : « De notre temps, le manque de critique habituel, en France et en Angleterre, aux savants qui ne s’occupent que des sciences physiques, a fait débiter sur ce sujet beaucoup d’enfantillages. Il ne faut pas oublier que le chapitre Bereshith (La Génese) a été de la science à son jour. Le vieil esprit babylonien y vit encore.

« La succession des créations et des âges du monde, cette idée que le monde a un devenir, une histoire où chaque état sort de l’état antérieur, par un développement organique, était un immense progrès sur une plate théorie de l’Univers conçu comme un agrégat matériel et sans vie. La fausse simplicité du récit biblique, l’horreur qu’on y remarque pour les grands chiffres et les longues périodes, ont masqué le puissant esprit évolutionniste qui en fait le fond. Mais le génie des Darwin inconnus que Babylone a possédés il y a 4.000 ans, s’y reconnaît toujours » (Le. peuple d’Israël, T. I, p. 79).

Mais les prêtres ont eux-mêmes déshonoré le Livre on y introduisant, dans la suite des âges, des erreurs fondamentales qui sont devenues les questions les plus discutées.

Quelques éclaircissements sur ces questions sont nécessaires :

– Les Elohim, mot remplacé par Dieu ou les Dieux.
– La Création, qu’on attribue à ce Dieu.
– L’apparition du Soleil le 4ème jour de la Genèse biblique.
– La légende du serpent et de la pomme mangée par Ève.

ELOHIM

Elohim est un mot au pluriel qui indique, non pas une force cosmique, mais des forces. Ce sont les corps actifs de la chimie, agissant dans les radiations astrales qui les propagent comme atome-force.

On reconnaît sept principes radiants projetés par les étoiles diversement colorées.

Les sept couleurs que ces radiations transmettent sont celles de l’arc-en-ciel. C’est pour cela qu’on représente les Elohim par un septénaire. Le mot au singulier serait Eloha.

L’antiquité, qui a connu les lois de la Nature, n’a pas connu le Dieu moderne qui n’a que 2.000 ans d’existence. Ce sont ces Principes radiants que le Sépher affirme dans son premier verset qui dit : « En principe, les Elohim sont en puissance d’élaborer ce qu’il y a dans le Ciel et sur la Terre. »

L’article du blog intitulé « COSMOGONIE » restitue complètement cette science antique que le Sépher ne fait qu’indiquer.

Mais je veux citer encore Fabre d’Olivet qui a donné sur cette action radiante des explications remarquables. Il dit : Beraeshith, formé du substantif resh, la tête, le chef, le Principe agissant, signifie « dans le principe », mais au figuré il veut dire en principe, en puissance d’être (en puissance de faire). »

Resh en écriture hiéroglyphique,c’est un point au centre d’un cercle ʘ.

Dans le langage ordinaire, on voyait dans le mot rash ou resh, un chef, un guide ; dans le langage figuré, on entendait, un premier moteur, un principe agissant, une volonté (droite ou perverse), dans le langage hiéroglyphique, on signalait le Principe principiant universel (dont il n’est point permis de divulguer la connaissance.

Voilà les 3 significations du mot « resh » qui sert de base au mot « beraeshith ».

LA CRÉATION

Il créa : Bara

Les disputes soulevées par ce mot se réduisent à savoir si le verbe bara signifie faire quelque chose de rien, ou simplement faire quelque chose de quelque chose.

La véritable signification de ce mot est : tirer d’un élément inconnu ; faire passer d’un principe à l’essence ; rendre même (semblable) ce qui était autre.

Du reste, l’action des Elohim est exprimée par un verbe formé de leur nom : Elaborer.

Les Grecs l’ont traduit par il fit, les Latins par creavit, il créa. Les Français auraient dû créer le verbe choser : Les Samaritains disent compacter, rendre dur et compact. C’est la matérialisation de la substance universelle, l’Ether-Azote, sous l’influence des radiations astrales.

Ivah, la Mère créatrice

C’est la Mère, Ivah, qui est créatrice de l’enfant ; ce ne sont pas les Elohim.

Quand on attribue à Ivah la création des Cieux et de la Terre, on emploie un langage symbolique qui signifie la création des filles et des garçons ; et quand on dit : « les renfermant en puissance contingente d’être dans une autre puissance d’être », cela signifie, dans le langage simple, que l’enfant se forme renfermé dans le corps de la Mère. Rien d’étonnant qu’elle les créât à sa ressemblance.

Mais ce qui est plus étonnant, c’est que les prêtres juifs aient fait tant de mystères autour de cette personnalité divine, Ivah, la Mère universelle.

C’est parce qu’ils l’ont cachée avec tant de précaution qu’ils persécutent les auteurs qui ont assez de science pour la rétablir dans l’histoire.

Fabre d’Olivet, dans les notes consacrées au chapitre II de la Genèse, dit : « Ihvah paraît ici pour la première fois et seulement lorsque l’Être des Êtres, ayant accompli l’acte souverain, se rétablit lui-même dans son immuable séité.

« Ce nom n’est jamais prononcé par les Juifs modernes dans leurs synagogues ; la plupart y attachent de grands mystères, et surtout ceux des rabbins que nous nommons Kabbalistes, à cause du mot hébraïque correspondant à K, B, L, la transmission. Ils entendent par ce mot la loi orale laissée par Mocé et prétendent en être les dépositaires, ce qui n’est vrai que pour la plus petite partie d’entre eux. Je dirai tout à l’heure pourquoi les uns et les autres, qui lisent toujours les livres hébraïques sans points, refusent de prononcer ce nom. »

Fabre d’Olivet, toujours dans ses notes consacrées au chapitre II de la Genèse, dit « Essayons d’analyser le nom Ihvah :
« Ce nom offre d’abord le signe indicateur de la vie, doublé et formant la racine essentielle vivante, ?? (hé). Cette racine est, dès sa formation, non seulement un verbe, mais un verbe unique dont tous les autres ne sont que des dérivés, en un mot, le verbe être-étant (l’être en soi). »

Puis, expliquant les changements survenus par l’annexion de la lettre iod (I), lettre idéographique qui symbolise le sexe masculin et que l’on met devant les noms féminins pour leur donner le caractère hermaphrodite, il dit : « Ces changements sont tels que ces signes spirituels s’étant matérialisés dans le nom, ce nom prononcé IHevah, comme le peuple ignorant le prononçait, loin d’exprimer les perfections divines, ne signifie plus qu’une calamité, une existence malheureuse dont on ne connaît ni l’origine ni le terme. »

Voilà la raison, connue ou inconnue, pour laquelle il n’est plus permis au peuple juif de proférer ce nom, dont il a laissé !e sens s’égarer jusque là. Voilà pourquoi aussi on n’admet dans les synagogues que des écritures sans points, attendu que la prononciation qui résulte de ces points altère quelquefois la signification originelle des mots jusqu’à les rendre méconnaissables.

Donc, ce sont les Kabbalistes qui ont supprimé le nom de la Mère. Ce fait n’est pas assez connu. Mme Blavatsky cite la Kabbale comme une source véridique, alors que c’est de là qu’est venu le mensonge.

Il faut insister pour faire cesser la confusion qui existe entre le Divin, puissance morale vivant sur la Terre, sous des noms divers, et le Dieu moderne qui a pris la place des puissances physiques du Cosmos qui étaient représentées par Elohim. La puissance physique, Brahm, Elohim, crée la végétation, d’où sortira l’enfance humaine par une lente évolution, mais ne crée pas l’homme tout fait tel qu’il apparaît dans la génération sexuée.

C’est la Mère, Divinité terrestre, qui met au monde l’enfant qui est sa créature, qui a refait en elle, rapidement, la longue évolution ancestrale. C’est elle qui crée l’homme à sa ressemblance, ce n’est pas la puissance astrale qui ne peut pas mettre sa ressemblance dans le végétal.

LA TERRE AVANT LE SOLEIL

L’antiquité savait que les astres évoluent, que les soleils s’allument et s’éteignent, et que, dans leurs mutations d’un état à l’autre, les astres changent de place, puisque, en s’allumant, ils acquièrent la force radiante qu’ils perdent en s’éteignant.

Des milliers d’années s’écoulent entre cette inaction d’un astre et son réveil (le soleil) suivi de son extinction (la comète) qui le rejette dans la grande nuit cosmique.

La science antique ne se sert pas du mot création, ni même du mot évolution ; elle dit : « les aspects de la Force sans cause ». La radiation est appelée « le grand souffle ». C’est le germe qui deviendra l’univers. C’est le point dans « l’œuf du monde ». Sa présence abstraite et son action dans le plan du monde produisent des manifestations constantes, qui recommencent éternellement l’œuvre de vie à la surface des planètes. C’est le Kosmos éternel.

Le terme « Roue » est l’expression symbolique qui désigne un monde ou un globe. La science primitive savait donc que la terre est ronde et tourne comme une roue.

Depuis longtemps, les savants modernes mêmes reconnaissent que le mot « Jour » exprime une période de temps de longue durée. Il a fallu l’ignorance des prêtres, et celle de leurs contradicteurs, pour faire de ce mot « Jour » une période de 24 heures.

Mais ce que les savants ne savent pas encore, c’est que chacun de ces cycles solaires a apporté avec lui une puissance de vie qui a fait surgir de la Terre une végétation spéciale à une époque et, par suite, une animalité particulière. De là les grandes époques de la succession des êtres.

Au système des jours-périodes, abandonné par quelques savants, il faut substituer le système des Jours-soleils, qui est nouveau.

Donc, si le Sépher fait apparaître notre soleil actuel au troisième jour de l’évolution terrestre, il ne fait que mentionner un fait rigoureusement scientifique ; notre soleil n’irradie la terre que depuis l’époque tertiaire, il a remplacé d’autres soleils qui avaient régné avant lui. C’est la science moderne, qui est en défaut, ce n’est pas la science antique.

Le repos de la Nature, c’est l’époque à laquelle la création solaire s’arrête, son activité génésique étant épuisée. C’est la nuit solaire qui commence.

Le mot nuit vient de l’hébreu (noun, vaw, heth), nouch ou nyk, mot qui signifie repos.

De ce mot les traducteurs ignorants ont fait Noé.

LA LÉGENDE DU SERPENT ET DE LA POMME

Dans l’original du livre fameux, cette histoire n’existe pas. Elle a été inventée à l’époque de la décadence gréco-romaine et a été introduite dans la version grecque faite deux siècles avant notre ère, on ne sait par qui, quoique l’on nous dise qu’elle fut faite par 70 docteurs, d’où son nom de Version des Septante.

Il s’agissait de cacher un épisode se rapportant à la vie sexuelle. L’original disait brutalement que l’ardeur sexuelle, qui régnait dans toute la nature, tourmentait les hommes. C’est de cela qu’on fera le serpent, l’esprit tentateur qui va séduire Eve et l’entraîner avec lui, vers ses œuvres basses. Mais tout cela va être retourné : c’est la femme qui sera la tentatrice, ce n’est plus l’homme, c’est elle qui va l’inviter à mordre à la pomme de luxure.

Pourquoi cette pomme ? Parce que, dans le texte primitif, le péché de l’homme entraîne une déchéance morale, trouble son cerveau, l’incite au mal. Tout cela est exprimé en latin par le mot Malum.

Ouvrez un lexique latin et vous verrez que ce mot signifie mal, péril, fléau, calamité, malheur, châtiment, peine ; malum habere (être puni du plaisir) ; tort, dommage, préjudice, faute, vice, pernicieux, funeste, etc..

Mais, si malum veut dire tout cela, il signifie aussi pomme. Malum punicum, grenade ; et en général graines, semence contenue dans la pomme (Malus, arbre, pommier).

C’est sans doute parce que cette graine, sacrifiée par l’homme, a été l’origine de toutes sortes de malheurs, que Malus (pomme) est devenu le symbole de la discorde.

Malum discordiae est la pomme de discorde qui a divisé les hommes et les femmes. Donc le pommier (Pyrus malus) sert de point de départ à toutes sortes d’équivoques, de jeux de mots. Ainsi on rapproche de Malus le mot mât parce que le mât s’élève comme l’obélisque chez les Égyptiens, où il symbolise aussi le sexe mâle.

En persan, le mot mul (poire) prêtait à la même équivoque, et ce mot est resté pour désigner le sexe et la bêtise.

On a aussi rapproché de Malum les mots mellis, melleus (de miel), mellitus (doux, aimé) et mellare (ébrécher, écorner, déflorer).

C’est pour cela qu’Hercule est surnommé Mélius.

Un jour que le bœuf ou le bélier qu’on devait lui sacrifier manquait, on le remplaça par une pomme, dans laquelle on enfonça quatre allumettes pour lui faire des pattes, et deux autres pour lui faire des cornes.

Quand on voulait insulter les Muses, on les appelait Meleta (emmiellée, qui a reçu le miel).

LA LOI (HA-THORA)

La loi morale, formulée par Myriam, surnommée Ha-Thora, est la conséquence logique de la loi des sexes exposée dans le Sépher. Cette loi tant de fois séculaire, et vivante encore cependant, portait en elle le cachet de la Vérité absolue, comme toute l’œuvre de la grande inspirée. C’est ce qui lui a donné l’immortalité.

Les œuvres de Vérité persistent malgré les difficultés, les dangers, les persécutions.

La loi est appelée Thora (de iarah, qui signifie « il a proposé, enseigné », ou de thour, « il a exploré, scruté, recherché »).

En Grèce, loi se disait Thesmos. Cérès, qui l’avait formulée, était appelée Thesmophora (de phoros, qui porte).

La loi ordonnait le Bien, défendait le Mal, sans autre châtiment que la menace des maux qui, dans l’ordre naturel des choses, accompagnent la transgression, l’outrage à la raison. Dans la Thora, il n’est nullement question de Ciel et d’Enfer, aucun surnaturel ne s’y est glissé.
Cette loi avait pour but d’unir l’homme et la femme par un lien moral, elle était appelée « pacte d’alliance ».

C’est plus tard qu’on emploie le mot red-ligio, d’où religion, pour désigner cette alliance. De ce mot « pacte » on fera le mot grec diathékè que l’on a traduit par « Testament ».

Pour que cette grande femme ait eu la pensée de formuler une « Loi » qui devait, à l’avenir, servir de base à la vie morale de l’homme, il a fallu qu’elle ait connu une époque de grand désordre, qu’elle en ait souffert et qu’elle ait été animée de cet immense amour du Bien qui nous domine quand nous avons franchi les voies suprêmes de la pensée, au delà desquelles brille l’éternelle et immuable Vérité.

Mais la loi de Myriam ne nous est pas arrivée dans sa forme primitive, les textes qui nous restent ont été révisés par ceux qui ont introduit dans le monde le Dieu masculin, contre lequel les Déesses protestaient.

Remettons la Divinité dans la forme qu’elle avait, en Israël, du temps de Myriam, et voici ce que le texte nous donne mot à mot :

LES DIX COMMANDEMENTS

1. Je suis Ihvah ta Déesse (la Mère universelle), qui t’ai retiré du pays d’Egypte, de la maison des esclaves ; non il sera à toi des dieux autres devant ma face ; non tu feras à toi des images sculptées et autres, ni aucune ressemblance des choses qui sont dans les cieux, ni d’en dessous de la terre ; non tu te prosterneras devant elles et non tu serviras elles, car je suis Hevah (ta Déesse) ardente, châtiant l’iniquité des pères sur les fils, sur les troisièmes et quatrièmes haïssant moi, et faisant miséricorde à des milliers aimant moi et gardant mes préceptes (1).

2. Vous ne jurerez pas par le nom des dieux étrangers et ce nom ne sortira pas de votre bouche. Tu ne prononceras pas le nom de Hevah pour le mensonge. (Tu n’outrageras pas les dieux, fait-on dire à Ihaveh dans l’Exode, XXII, 28.)

3. Rappelle-toi le jour du repos pour le sanctifier. Six jours tu travailleras et tu feras toute ton œuvre, le jour septième est le repos pour Hevah, ta Déesse. Non tu feras toute, aucune œuvre, toi et ton fils et ta fille, ton esclave et ta servante et ta bête et ton étranger, qui est dans tes portes, car en six jours (Jours solaires) a fait AElohim les cieux et la terre et la mer et tout ce qui est en eux et il s’est arrêté au jour le septième (la 7ème manifestation phénoménique qui fut la génération).
Ce pourquoi Hevah a béni le jour du repos et l’a sanctifié (en en faisant le jour consacré à la Femme pour la génération ; c’est l’origine du sabbat).

4. Honore ta Mère, afin que s’allongent tes jours sur la terre que Hevah est donnant à toi.

5. Tu ne tueras pas.

6. Non tu commettras adultère.

7. Non tu déroberas.

8. Non tu témoigneras contre ton prochain comme témoin de fausseté.

9. Non tu convoiteras la maison de ton prochain, non tu convoiteras la femme de ton prochain et son esclave et sa servante et son bœuf et son âne.

10. Et tout ce qui est à ton prochain.

(1) Strabon, qui ne connaît Moïse que par les légendes de son époque, dit : « Moïse, qui fut un prêtre égyptien, enseigna que c’était une erreur monstrueuse de représenter la Divinité sous les formes des animaux ou sous les traits de l’homme. » C’est que longtemps il est resté dans les esprits que la Divinité, c’est la Déesse, et que c’est un sacrilège que de lui donner la forme de l’homme. C’est pour cela que les premiers dieux ressemblaient à des femmes, tel Apollon, Adonis, etc. Cette recommandation de ne pas faire d’images taillées vient de ce que Ramsès se faisait élever partout des statues. Son effigie fut multipliée follement à Thèbes et à Memphis.

Remarquons, d’abord, que la Loi ne s’adresse qu’à l’homme ; c’est le devoir de l’homme formulé par la Femme, la Déesse qui s’affirme. (On ne parle des dieux que pour les condamner.)

– Le premier commandement : « Je suis Hevah, tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face », veut dire : « Je suis celle qui te dirige, tu n’auras pas d’autres maîtres que moi ». Le mot Déesse est pris dans le sens de suprématie morale, et c’est pour ramener les hommes à cette seule autorité spirituelle, représentée par des Déesses multiples, que ce commandement est donné.

La traduction moderne qui en a été faite : « Un seul Dieu tu adoreras », interprétée comme une affirmation du monothéisme contre la pluralité des dieux du polythéisme, n’a plus le sens primitif du commandement de Myriam. On en a fait un ordre enjoignant l’adoration du Dieu anthropomorphique (donc mâle) des Chrétiens, alors que la Loi défendait cette adoration et ordonnait l’adoration de la Divinité féminine, Hevah, renversée par les religions masculines.

La défense de faire des images se comprend quand on se rappelle que les hommes représentaient les Déesses avec des têtes de vaches, des têtes de chattes et autres figurations injurieuses.

– Le second commandement : « Tu ne prononceras pas le nom de Hévah pour le mensonge », traduit par « Dieu en vain tu ne jureras », nous montre combien la femme était déjà outragée en paroles et combien elle était sévère contre les calomniateurs.

Le blasphème, c’est l’injure à la Déesse.

Le Lévitique contient la loi terrible contre celui qui aura blasphémé le nom sacré de Hevah (XXIV, 10) : « Le peuple s’assemblera, chacun mettra la main sur la tête du coupable et il sera tué à coups de pierres. »

Mais le Lévitique est l’œuvre des Lévites, non de Myriam, c’est l’exagération de ses idées.

Blasphémer le nom, c’est maudire Israël, maudire la Déesse, renier sa loi et servir les cultes étrangers.

C’est si grave pour les Israélites, qu’ils ont peine à croire que ce soit possible.

Ajoutons que le serment prêté à Hevah (la Femme) impliquait une sorte de vœu : « A Hevah tu ne jureras pas en vain », c’est-à-dire : « Tu ne feras pas de vaines promesses de fidélité ». Hevah se vengeait si on l’adjurait en vain, car c’était essentiellement une Déesse de Vérité, elle ne pouvait souffrir que son nom couvrît un mensonge, une fausseté.

C’est l’habitude d’observer ce commandement qui a créé chez les Israélites l’atavisme qui, même à l’époque actuelle, fait encore respecter les femmes.

– Le troisième commandement donné à l’homme, celui de sanctifier un jour sur sept et de suspendre tout travail, pour le consacrer à la Femme, a pour but de réglementer les relations de l’homme et de la femme et de les sanctifier en assignant un jour pour les unions. Ce jour est le septième, rappelant la 7ème manifestation dans l’évolution des êtres (la reproduction), qui fut la dernière. On en fit le Sabbat, mot kaldéen qui rappelle la division du temps en septaines, laquelle vient de Babylone.

Le Lévitique, rédigé plus tard, a voulu aussi poser les bases de la réglementation des sexes. Mais les Lévites qui l’ont écrit n’avaient pas la justesse d’esprit de Myriam, ils y mirent des exagérations qui sont aussi nuisibles à la morale que l’absence de réglementation. Ce sont eux qui édictent des peines sévères contre les actes sexuels qui n’ont pas pour but la procréation, ceux qui vont contre les fins de la nature : « Ces impuretés sont punies de mort, elles sont signalées au mépris comme à l’opprobre des peuples » (XVIII, 27).

La loi des Lévites voulait aussi que tous les mâles d’Israël se présentassent « devant Ihaveh » aux trois fêtes solennelles.

L’observation du Sabbat, dans cette nouvelle législation, était prescrite sous peine de mort (XXXI, 14).

Cette manie de tuer n’apparaît qu’avec le Prêtre. Si nous la mentionnons ici, c’est pour montrer combien ce système de châtiment diffère de celui de Myriam, qui ne s’adresse qu’à la conscience de l’homme.

– Le quatrième commandement : « Honore ton père et ta mère », n’était certainement pas rédigé ainsi, puisqu’à l’époque où Myriam l’écrivit, le régime paternel n’existait pas encore, l’Égypte était une gynécocratie, dans laquelle l’enfant ne connaissait que sa mère dont il portait le nom : le père n’apparaissait pas, c’est le frère de la mère qui s’occupait des enfants, c’est pour cela que les hommes disaient « nos neveux » et non « nos fils ».

Fabre d’Olivet traduit ce commandement (verset 12) par : « Respecte ton père et ta mère afin que tes jours soient multipliés sur cette patrie d’Adam que Hevah t’a donnée ».

Il tombe dans l’erreur commune, puisque la paternité n’était pas reconnue en Égypte où le droit paternel n’a été institué que par Ptolémée Philopator au IIIème siècle avant notre ère. Il ne pouvait donc pas y avoir dans le Sépher primitif : « Respecte ton père », mais seulement « Respecte ta Mère ».

Dans la stèle de Hor, il est dit : « J’ai aimé mon Père et honoré ma Mère », ce qui prouve que la Mère avait une position bien différente de celle du père quand il était connu.

Ensuite, la terre natale s’appelait la « Matrie » et non la « Patrie ».

Cette rectification faite, voyons ce que signifie ce commandement. D’abord, comment la piété filiale peut-elle avoir comme conséquence une longue existence?

C’est parce qu’il s’agit de l’existence sociale des nations, de la durée des empires subordonnée au maintien des principes gynécocratiques.

Cela veut dire : « Respecte ta Mère, respecte son autorité, et ta nation, basée sur cette autorité, aura une longue durée. »

Il s’agit de la vie des peuples et non de celle des individus. L’amour de la Patrie, comme plus tard on l’entendit à Sparte et à Rome, ne fut jamais que l’imitation de l’amour de la Matrie : au lieu de la paix et de la durée, il engendra la guerre et la destruction. Sparte et Rome se sont écroulées parce qu’elles ont été fondées sur le principe de la Patrie. Si les nations antiques avaient duré de longs siècles, c’est parce qu’elles étaient fondées sur le principe de la Matrie, « le respect des droits de la Mère » que le 4ème commandement de la Loi ordonnait.

Le mot « Patrie d’Adam » veut dire « terre natale », en hébreu « ha-adamah » (l’Adamienne). Ce n’est pas proprement la terre, c’est ce qu’elle produit, la vie végétale qui en sort et qu’on représente par le mot « terre » par métaphore. Le pays natal, c’est la terre d’où l’homme est sorti, où il a reçu ses caractères spécifiques, où il a été fait ce qu’il est et où il a passé ses premières années de vie.

C’est ce respect de la famille primitive qui a laissé au fond du caractère des Israélites ce grand esprit de solidarité qui les unit et qui fait que tout Israélite, pour un Israélite, est un frère.
(Je ne dis pas Juif, je dis Israélite, ce qui est bien différent.)

– Le sixième commandement : « Tu ne commettras pas d’adultère », ne s’adresse qu’à l’homme et veut dire qu’il ne doit aimer qu’une femme à la fois. Il ne peut pas s’appliquer à la femme, puisque, dans le régime gynécocratique, l’amour féminin est sacré et aucune restriction ne lui est imposée.

Du reste, le 9ème commandement nous en donne la preuve, puisqu’il dit : « Tu ne désireras pas la femme de ton prochain » ; il n’est nullement question d’imposer à la Femme un devoir quelconque, il n’y a pas réciprocité, on ne lui dit pas, à elle : « Tu ne désireras pas le mari de ta prochaine ». Du reste, la suite du même commandement prouve encore que c’est à l’homme qu’il est donné ; c’est à lui qu’on recommande de ne pas prendre le champ, l’âne, le bœuf des autres, parce qu’il était dans les habitudes des hommes, à cette époque, de vivre de rapine ; la femme n’était pas dans ce cas, puisque c’étaient les filles qui héritaient de la propriété maternelle.

La Thora imprima une nouvelle direction à la vie sociale en rendant une grande autorité à l’ancienne religion théosophique et au régime matriarcal.

Tous les grands principes de politique et de morale sont en germe dans le Sépher, œuvre d’une femme. Tout ce qui est ordre, règle, loi, vient d’Aïshah. De l’homme vient le désordre et l’anarchie.

Nous ne savons pas dans quelles conditions Myriam écrivit son livre, ni de quelle manière elle le fit connaître à ceux qui l’avaient suivie dans l’exil d’abord, à toute la Terre ensuite.

Les « tables de la loi », ces fameuses tables de pierre dont on nous a tant parlé, ne devaient être que des tablettes de terre cuite, semblables à celles trouvées dans la Bibliothèque d’Assourbanipal, ou, peut-être, et plus probablement, le Livre fut-il écrit sur des peaux de mouton roulées, car, pour avoir été promené dans une caisse de bois appelée « l’arche » comme il le fut par la suite, il ne fallait pas qu’il fût d’un poids excessif. Du reste, nous le retrouverons, plus tard, sous la forme d’un rouleau, caché dans les murs d’un temple.

Malgré cette absence de renseignements précis, les historiens ont beaucoup fait parler Moïse qui, après avoir écrit « la Loi », l’aurait fait proclamer devant le peuple qui s’écria : « Nous exécuterons tout ce qui vient d’être dit, nous obéirons à la Loi. » Et ils prononcèrent le serment de sanction. Et Moïse aurait répondu : « Conservez les conditions de ce pacte et exécutez-les afin que tout ce que vous ferez soit fait avec intelligence » (Salvador, Histoire des Institutions de Moïse). Il est certain que la Loi acceptée, c’était la raison reconnue par tous, c’était un pacte, un traité solennel, par lequel les hommes reconnaissaient et acceptaient les prescriptions nécessaires pour fonder une société.
La loi est une règle qui n’est pas imposée par la force, mais proposée à la raison et à la conscience de l’homme. Elle a donc besoin de l’assentiment de ceux qui savent en comprendre la portée. Mais les hommes supérieurs seuls la comprennent et l’observent, et c’est ce qui fait leur noblesse ; les autres la suivent par imitation ou pur intimidation.

Comme toute vraie morale, elle ne cherche pas à être l’expression de la volonté générale, mais l’expression de la Vérité, elle n’est pas le résultat d’un travail collectif, elle est dictée par un seul cerveau supérieur aux autres. La sanction de la Loi ne peut être donnée que par une élite, elle doit être imposée à l’ignorance et à l’inconscience, puisqu’elle est faite, justement, pour être une direction. Si chaque homme avait en lui les lumières nécessaires pour faire « la Loi », la loi serait inutile, l’homme guidé par ses propres lumières ne pourrait pas s’écarter du Bien. Mais telle n’est pas la nature humaine. Les lois qui émanent des multitudes masculines sont toujours la sanction des impulsions passionnelles, des mauvais instincts qui parlent plus haut dans les masses que les bons sentiments. Chez l’homme, le consentement aux prescriptions de la raison, c’est le retour au bien par le sacrifice des mauvaises impulsions de sa nature.

Une fois la Loi trouvée, elle doit être indiscutable, puisqu’elle s’appuie sur la Vérité immuable. C’est « la parole de Vérité » faite loi : le Logos. La volonté de l’homme doit s’y conformer puisque la raison et l’expérience en démontrent la justesse. C’est pour cela que l’on a dit : « Tant que les règlements du monde dureront, Israël et sa Loi ne passeront point. »

Au-dessus des tentatives de gouvernement des hommes, était « la loi de Hevah », seule inviolable, seule souveraine. La grande force des Israélites était leur foi en elle, force immense qui les attachait à la puissance de Vérité et qui est l’origine de leur solidarité.

Cette force donnée par une idée de justice, est celle que l’on retrouve dans la Féminologie, seule capable de rallier les grandes âmes de toutes les nations à une même cause.

Ainsi donc, cette fameuse « Loi », dictée par Dieu et inscrite sur les Tables de pierre, au milieu de la foudre et des éclairs, disent les prêtres, n’est autre que le Livre écrit par une femme, une Déesse vivante, Hathor ou Hevah-Myriam (dont on fera Ave-Maria). Toute l’invention chimérique et surnaturelle des prêtres tombe devant cette réalité !

Il ne faut pas confondre la « Loi naturelle » du Sépher avec ce que, plus tard, on appellera « la loi de Dieu ». Ce Dieu n’est venu régner dans le monde que lorsque la Femme a été détrônée, et l’homme ne l’inventa que pour se débarrasser de l’autorité féminine qui le gênait : il le créa à sa ressemblance, lui donna son sexe, ses passions, ses intérêts (1).

Ce qui prouve encore l’origine féminine de la Thora, c’est qu’elle fut ridiculisée par les hommes qui considéraient le Sépher comme quelque chose de difficile à comprendre et pour l’imiter firent le Tarot, suivant le système qui consiste à renverser les voyelles des mots dont on veut changer la signification. En renversant les idées, on renverse l’ordre des lettres.

Le Tarot fut, d’abord, une astrologie, imitant la cosmologie du Sépher, mais sans en contenir le sens élevé ; il servit de règle aux devins et aux chiromanciens.

(1) Les modernes se sont souvent demandé pourquoi la religion Israélite n’avait pas admis la vie d’outre-tombe et la persistance de l’être humain après la mort. La réponse est simple : parce que cette religion fut faite par une femme qui connaissait la Nature réelle ; l’esprit féminin ne crée pas le surnaturel, il reste sur le terrain des choses vraies. Le surnaturel ne s’est introduit dans le monde qu’avec les religions faites par les Prêtres, il émane de l’esprit masculin et résulte d’une mauvaise compréhension des idées féminines. Ceci est expliqué ailleurs, à propos du « Livre des Morts » des Égyptiens (voir l’article consacré à l’Égypte), si mal interprété, que l’on confond les réprouvés de ce monde réel, appelés des « ombres » ou des « morts », avec de vrais défunts.

Les Juifs modernes n’ont pas une égale vénération pour tous les livres qui composent l’Ancien Testament. Ils conservent les écrits de Moïse-Myriam avec une attention beaucoup plus scrupuleuse, les apprenant par cœur et les récitant beaucoup plus souvent que les autres.

Les savants qui ont été à même d’examiner leurs divers manuscrits assurent que la partie consacrée aux livres de « la Loi » est toujours beaucoup plus exacte et mieux traitée que le reste.

Les plus savants, parmi les rabbins, connaissent les substitutions de sexes qui ont été faites par les prêtres quand ils ont révisé les Écritures, mais ils se gardent bien de les révéler : c’est ce qu’on appelle les secrets rabbiniques.

La sortie d’Égypte, cet exode libérant de la servitude une classe importante de la société, a été considérée comme un magnifique épisode de l’humanité. On a donné à la personne qui l’a réalisée une place exceptionnelle dans le monde ; les grands travaux scientifiques qu’elle y a ajoutés, la loi morale formulée et les institutions sociales dont elle posa les bases, tout cela fit de cette législatrice une grande figure. On lui prête des paroles qui feraient croire qu’elle a eu elle-même le sentiment de la grandeur de son œuvre ; on lui fait dire : « Informe-toi des temps passés d’une extrémité du monde à l’autre, tu verras que, jusqu’à ce jour, on n’a rien exécuté de semblable » (Salvador).

Mais ce qu’elle n’a certainement pas prévu, c’est la durée de son œuvre qui devait franchir tant de siècles et arriver jusqu’à nous, providentiellement conservée pour que nous puissions la rétablir dans sa grandeur primitive et la venger, elle qui en est l’auteur méconnu, des outrages qui ont été faits à sa mémoire. Car, chose étonnante, après avoir parcouru un circuit immense, l’évolution humaine, cédant à une force irrésistible, revient à la pensée féminine.

Sans doute, nous aurons de la peine à faire accepter cette histoire vraie ; la suppression brutale de la femme et de ses œuvres, la ruse que l’on mit à dénaturer ses actes, à les attribuer à des hommes, a laissé dans l’esprit des modernes une empreinte profonde, difficile à effacer, et que la conscience de l’homme juste saura seule détruire.

Les préjugés que nous avons à renverser sont nombreux, datent de loin, sont compliqués d’atavisme et d’orgueil humain. Mais qu’est-ce que tout cela en face de la Vérité, cette force toujours vivante qui sort brillante du passé, en même temps que le Sépher, jusqu’ici mal compris, reprend toute sa valeur scientifique?

M. de Bonald dit que les sectes qui veulent changer l’ordre des sociétés et revenir à la Religion naturelle repassent par le Judaïsme. Il aurait dû dire l’Israélisme.

En effet, revenir à la Nature, c’est refaire, en sens inverse, l’évolution religieuse et revenir à l’idée féminine. Seulement, ce n’est pas le Judaïsme qui est le point de départ de cette évolution, c’est l’Israélisme qui l’a précédé et fut dépositaire de la vérité primitive.

Des auteurs ont dit que Moïse n’avait été qu’un copiste servile des prêtres de l’Égypte (1). Mais ils oublient, ou ils ne savent pas, que, au moment où Myriam écrit son livre (vers le XIVème siècle avant notre ère), le sacerdoce masculin n’existait pas encore.

Nous allons, dans les siècles qui suivent cette histoire, le voir apparaître ; il ne faut donc pas lui attribuer ce qui fut fait avant lui.

Quant à la science égyptienne de cette haute antiquité, elle était déjà alors l’expression de la pensée féminine des premiers jours, formulée dans différentes nations et, c’est ce qui fait le caractère commun de ce qu’on a appelé partout « la Révélation Divine ».

On n’a calomnié Myriam, on n’a nié l’originalité de son œuvre, qu’à l’époque où son sexe était connu. Alors toutes les jalousies s’abattaient sur elle, comme cela arrive encore dans les temps modernes quand une femme produit une œuvre de valeur.

Les Muses avaient accusé les hommes de leur prendre leurs idées et de faire des ouvrages qui n’étaient qu’un assemblage de copies disparates des pensées d’elles toutes.

On représentera cet assemblage dans la comédie étrusque par l’habit d’Arlequin.

Les hommes se vengèrent de cette accusation en la renvoyant à la femme, et Mosa, la Muse, Hathor, en fut victime comme les autres ; on créa le mot « mosaïque » (fait de morceaux disparates) pour désigner son œuvre et se venger de « l’habit d’Arlequin ».

(1) Voltaire dit : « Le grand ridicule de toutes les chronologies fantaisistes est d’arranger toutes les époques de la vie d’un homme sans savoir si cet homme a existé. » (Dictionnaire philosophique, article sur la vanité des systèmes, surtout en chronologie.)

ORIGINE DES MYSTÈRES DE LA TRADITION ORALE

Mais il est dans la nature de l’homme de chercher à entraver ce que fait la Femme sans lui.

Depuis que les Israélites étaient sorties d’Égypte, elles étaient signalées comme des adversaires redoutables. Le Livre de Myriam courait donc le plus grand danger ; ceux qui en comprenaient la portée le considéraient comme une œuvre si extraordinaire, qu’on ne supposait pas même que d’autres puissent la continuer ou la refaire, après la mort de son auteur.

Le Sépher avait donné une impulsion intellectuelle qui ne se reproduirait pas, croyait-on ; on avait donc un intérêt puissant à conserver cette œuvre dans son intégrité à travers les générations à venir.

Myriam avait prévu le sort que son livre devait subir, elle avait prévu les fausses interprétations qu’on devait lui donner dans la suite des temps. Son œuvre portait en elle le sceau de la Vérité, donc elle dut soulever des colères dans le parti des hommes, mais éveiller des sympathies dans celui des femmes. Connaissant la nature humaine comme sa grande science nous en donne le témoignage, elle savait que la « loi des sexes », qu’elle avait développée dans le Sépher, est une des vérités que les hommes pervertis n’aiment pas à entendre.

Les plus fameux rabbins, parmi lesquels se trouve Moïse de Costi, parlent de ces craintes « du législateur », de voir son livre altéré. Que de révélations dans cette crainte pour qui connaît bien la psychologie humaine !

C’est pour assurer la propagation de son œuvre que Myriam eut recours à une « loi orale », qu’elle donna de vive voix à des personnes sûres, qui avaient le même intérêt qu’elle à la propagation de la Vérité. Elle chargea ses fidèles dépositaires de transmettre la Loi, dans le secret du sanctuaire, à d’autres fidèles qui la transmettraient à leur tour d’âge en âge, afin de la perpétuer jusqu’à la postérité la plus reculée.

La « loi orale » était enseignée dans la famille de Mère en fille. On la retrouve dans toutes les anciennes légendes, dans toutes les mythologies, dans les contes populaires, même dans les contes de fées.

En général, les hommes la comprennent mal parce qu’ils ne connaissent pas la nature de l’Esprit féminin et parce qu’ils ont une sorte de gêne à reconnaître le rôle de la Femme dans l’histoire.

Le savant Maïmonide écrivait que « ceux de sa nation avaient perdu la connaissance d’une infinité de choses, sans lesquelles il était presque impossible d’entendre la Loi ». Ce qui prouve que l’ignorance et la mauvaise foi qui altérait les textes, altérait également la tradition.

Court de Gébelin dit : « Les livres anciens sont mieux entendus aujourd’hui qu’ils ne l’étaient même par leurs contemporains, parce que leurs auteurs, par la force de leur génie, se sont autant rapprochés de nous qu’ils se sont éloignés d’eux. Il n’est pas seulement question de saisir le sens des mots, il faut encore entrer dans l’esprit des idées. Souvent les mots offrent, dans leurs rapports vulgaires, un sens entièrement opposé à l’esprit qui a présidé à leur rapprochement » (Le Monde Primitif, T. I, p. 88).

Cette citation renferme une profonde vérité, mais Court de Gébelin l’explique mal. Oui, les modernes comprennent mieux que les anciens les Livres sacrés de l’antiquité, tous écrits par des femmes, et exprimant des idées féminines, et cela est ainsi parce que ces idées, jetées dans le monde dans la jeunesse des sociétés et incomprises de l’homme jeune, livré à ses passions, ont été soumises à tant d’examens, de discussions, de controverses, provoquées par le désir de retrouver le sens primitif des livres altérés, que l’esprit de l’homme a fini par s’assimiler en partie les idées de la Femme. Je dis « en partie », car ce travail d’assimilation est loin d’être complet, on peut même dire qu’il n’est qu’ébauché.

Quant aux masculinistes misogynes, contemporains des grandes femmes qui écrivaient, ils ne cherchaient même pas à comprendre, ils niaient en bloc tout ce qui venait d’elles, comme le font les modernes lorsqu’il s’agit des œuvres féminines.

Si ces livres avaient été écrits par des hommes, comment se serait-il fait que les autres hommes ne les comprenaient pas ? Pourquoi les aurait-on persécutés, altérés, brûlés ? Et pourquoi, chaque fois que quelqu’un fait une tentative pour les restituer, les hommes, formant la multitude des savants, sont-ils pris d’inquiétude et se mettent-ils d’avance en état de défense, comme si on les attaquait ?

Après la mort de Myriam, ceux auxquels elle avait confié son « dépôt sacré », la Vérité écrite, demeurèrent encore quelque temps dans le désert.

Petit groupe isolé au milieu des nations, petit groupe fidèle à la gynécocratie, au milieu d’un monde où commençait à régner la domination masculine, leur esprit impatient de faire connaître la Vérité les poussait à l’action, mais c’est cela, justement, qui alarmait les hommes.

Les mœurs pures qu’ils conservaient, continuant à observer les lois de la Vraie Morale, leurs sages institutions, leur dignité hautaine, que l’on prenait pour de l’orgueil, tout cela irritait les peuples voisins ; les Israélites furent sans cesse en butte à leurs attaques ; en moins de quatre siècles, ils subirent jusqu’à six fois l’esclavage, et, six fois, ce peuple vaillant reconquit sa liberté. Il semble que la Destinée voulait le conserver pour accomplir une grande mission dans le monde.

Au milieu de toutes ces vicissitudes, le Sépher était respecté, gardé avec soin, mais en même temps dissimulé et couvert d’une utile obscurité ; le révéler eût été une occasion de luttes, on le savait et on le cachait ; c’est ainsi qu’il put suivre partout les vaincus et échapper toujours aux vainqueurs qui n’auraient pas manqué de détruire un livre qui les condamnait.

Pendant longtemps, il resta inconnu, peu connu même de ceux qui le possédaient et le gardaient si bien, sans le lire. On savait qu’il renfermait la Vérité qu’il ne faut pas dire, qu’il n’est pas bon de dire ; aussi, c’est dans le plus inviolable secret qu’on se transmettait les instructions relatives à la conservation du Livre sacré.

Myriam, ayant prévu les révoltes que le Sépher devait causer, avait laissé des instructions orales non seulement pour éviter la corruption du texte, mais surtout pour assurer sa conservation.

LES LIVRES DE LA BIBLE

Il y a dans la Bible des livres de Vérité : la Loi et les Prophètes, et des livres de mensonge et de justification qui ont été ajoutés par des prêtres à différentes époques, après le schisme de Juda.

Les Juifs ont ajouté 4 livres à celui de Myriam : l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutêronome, auxquels ils ont donné Moïse comme auteur. Avec la Genèse, cela forme le Pentateuque, dont l’autorité est justifiée, à leurs yeux, par le nom de l’auteur qu’ils lui donnent.

Le premier livre de la Bible, la Genèse, est le seul vestige du Sépher primitif, mais, dans la forme que les divers traducteurs lui ont donnée, il en est la caricature et non la reproduction. Les passages des divers auteurs de l’Ancien Testament où il est fait mention de la Thorah ne parlent jamais de sa division en livres distincts. La division du Sépher en cinq livres pour former le Pentateuque est attribuée à Esdras. On la croit même plus récente.

Le Deutéronome, un des cinq livres, est de l’époque chrétienne.

Josèphe est le premier qui mentionne cette division (dans Contre Appion).Van Dale (anabaptiste) dit qu’il faut distinguer entre le Livre de la Loi et le Pentateuque tel que nous l’avons. Le Livre de la Loi, selon lui, ne contient que les ordonnances de Moïse, les bénédictions et les malédictions, et quelques discours du législateur. « Voilà, dit-il, ce qui est sorti de la plume de Moïse. Mais le Pentateuque entier n’est pas son ouvrage. C’est Esdras qui l’a composé sur les écrits des anciens prophètes. »

Selon Richard Simon, le Pentateuque et tous les livres historiques de l’Ancien Testament ont été composés par un collège d’écrivains publics sur les actes originaux, déposés dans les Archives de la Nation, et il ajoute « qu’ils n’écrivaient pas seulement les histoires de leur temps, mais qu’ils prenaient aussi la liberté d’ajouter ou de diminuer ce qu’ils jugeaient à propos aux mémoires des autres prophètes qui les avaient précédés ».

Le dogme fondamental des Juifs est renfermé dans les livres du Pentateuque qui font suite à la Genèse ; on les donne comme inspirés du Saint-Esprit, alors que ces quatre livres, œuvres de prêtres ignorants, ne sont qu’un monument d’imbécillité et de rapacité.

Comment cette parole divine, expliquant la manière de faire des holocaustes, spécifiant les morceaux de la bête sacrifiée qu’il faut donner aux prêtres, serait-elle tombée en désuétude si elle était inspirée par Dieu lui-même, car, parmi les modernes, il n’y a pas un prêtre juif qui oserait faire dans sa synagogue ce que le Dieu de Moïse aurait prescrit s’il avait dicté le Pentateuque?

En réalité, ces prétendus livres saints ne sont que des plagiats comme la Genèse qui copie le Sépher, ou des œuvres de mensonge, puisqu’ils ne sont pas de l’auteur qu’on leur donne, ni de la date qu’on leur assigne.

C’est parce que ces mensonges sont depuis longtemps démasqués, que la préoccupation des hommes d’Eglise est d’affirmer leur authenticité et de soutenir que les discours qui s’y trouvent ont bien été prononcés par la bouche des hommes dont ils soutiennent l’existence. Et, pour donner plus d’autorité à cette parole, ils y ajoutent des miracles. Moïse en aurait fait un grand nombre, lui qui aurait expliqué les lois de la Nature dans la Cosmogonie, se serait plu à les violer.

LES SAGES D’ISRAËL (Les Juges)

Les tribus matriarcales étaient soumises à l’autorité des Sofetim, mot que l’on traduit par « Juges ».

Le mot Sofet (au singulier), Sofetim (au pluriel), veut dire sage ; il est l’origine du mot Sophia et vient de Safeth, une Déesse égyptienne qui personnifiait la vie intellectuelle et présidait aux bibliothèques.

Les Sofetim avaient le caractère religieux des Prêtresses, leur autorité était absolue, on les choisissait parmi les plus dignes, les Supérieures. Cette charge n’était pas héréditaire, parce que la sagesse ne se transmet pas par hérédité, mais se manifeste dans les individus, quels que soient leurs ascendants.

Pourquoi a-t-on changé le nom des Sages d’Israël et les a-t-on appelées « les Juges » ?

Parce que Sofet est une appellation féminine, Judex une appellation masculine. Les 12 tribus d’Israël étaient alors gynéconitis, c’est-à-dire une gynécie.

Après le schisme de Juda (en 975), on masculinisa l’histoire. Le nom de Juda et ses dérivés furent mis partout. Judaeus signifia de la Judée ; Judaei, les Juifs ; Judex, juge.

Donc on a changé le nom de ceux qui dirigeaient les tribus à cette époque. On a aussi changé leur histoire dans le même esprit.

Le Père Japletal, qui était professeur à l’Université de Fribourg, affirmait qu’une partie du récit contenu dans le livre des Juges était en vers. Ce serait une épopée populaire comme l’Iliade, qui est de la même époque.

D’autre part, le livre qui, chez les Samaritains (féministes), porte le nom de Josué, n’a rien de commun avec celui de l’écriture des Juifs (masculinistes). C’est une chronique écrite en langue arabe et en caractères samaritains, laquelle commence à la mort de Mosès et se termine au règne de l’empereur Adrien.

Le livre de Josué, qui, dans la Bible vulgaire, nous rend compte de la lutte entreprise par les Hébreux contre les Chananéens, est un écrit rédigé longtemps après les événements qu’il relate. Ce livre porte en lui sa date, et son but qui est de dénaturer les faits.
Il raconte donc la conquête du pays de Chanaan, en y mêlant des combats et des miracles (les murs de Jéricho qui s’écroulent au son des trompettes, le soleil qui s’arrête, etc.).

Cette littérature-là fut l’œuvre des prêtres, quand il y en eu. Ce sont des aberrations qui naissent de la fausse interprétation des idées primitives ; de la mauvaise foi d’abord, de l’ignorance ensuite, des lévites jaloux de la puissance morale de la femme, et qui traduisent cette puissance dans le plan physique, créant ainsi le surnaturel. Aucune femme n’aurait écrit de pareils récits, d’autant moins que les combats qu’on va relater seront toujours présentés comme ayant été livrés à l’instigation de Hevah, la Déesse qu’on n’a pas encore pu détrôner, mais à laquelle les hommes donnent le caractère sanguinaire et brutal qui fut, en principe, celui des divinités masculines.
C’est cette façon d’écrire qui a jeté du discrédit sur Israël et sa Divinité.

Cependant, à travers les contradictions et les absurdités du récit, on aperçoit des choses vraisemblables ; or il s’agit d’une lutte morale, d’une lutte de sexes ; les Hébreux apportent en Asie un Livre qui, après des siècles de désordre, affirme la science des premiers jours et la Loi morale.

La grande femme qui a écrit le livre est, en même temps, une grande législatrice : Elle a employé le temps qu’elle a passé dans le désert, entre la sortie d’Egypte et l’entrée au pays de Chanaan, à poser les bases d’une Société régénérée. Elle a donné à son peuple des commandements et des statuts, puis elle a organisé la propagande. D’avance elle a partagé le territoire du pays qu’elle veut convertir, donnant à chaque tribu une région à occuper.

Leur établissement en terre de Chanaan a surtout pour but d’y faire régner la puissance morale qui dirige les peuples, la sagesse qui les pacifie, et non d’y établir un pouvoir despotique comme les hommes chercheront bientôt à le faire.

Mais l’entreprise n’était pas sans danger. Convertir une société livrée au désordre, s’opposer à la domination naissante des hommes, leur imposer une morale dont ils ne veulent pas, et cela au nom et sur l’ordre d’une Femme, c’était vraiment s’exposer à bien des aventures, des brutalités, des outrages… Aussi y avait-il des hésitations et des craintes dans le camp des Israélites, puisque nous voyons leur chef, Josué, leur dire (I, 9) : « Fortifie-toi et prends courage : ne t’épouvante point, et ne t’afflige de rien, car Hevah, ta Divinité, est avec toi partout où tu iras. » C’est-à-dire : tu combats pour la bonne cause, la cause sacrée du droit de la Femme.

Josué (Hoshea ou Joshua, le vainqueur) était un compagnon de Mosès, « Joshua, suivant de Myriam » et son continuateur. L’antiquité associe souvent leurs deux noms : Maria-Josua ;

d’où plus tard l’association des deux noms : Marie-Joseph.

Les prêtres ont écrit l’histoire de manière à faire croire que Josué était un grand guerrier, gagnant de foudroyantes victoires et faisant de monstrueuses exterminations. Cela n’a aucune réalité. Israël n’eut qu’un ascendant moral et nullement guerrier, et c’est précisément contre ceux qui agissent en batailleurs que ce peuple lutte sans cesse.

Lorsque les Israélites se dirigèrent vers le pays de Chanaan avec l’intention de le convertir à leur doctrine, ils trouvèrent le territoire occupé par différents petits royaumes.

Citons les Hitiens (reste des Hétas ou Hétéens) contre lesquels Ramsès II fit la guerre et qu’il appelle « vile race des Chetas » (1). Ce mépris nous fait présumer que ce sont des féministes, puisque ce fameux Ramsès II est, en Egypte, le grand adversaire du pouvoir féminin.

Les Hébreux trouvèrent aussi au pays de Chanaan les Héviens, peuple évidemment féministe, puisqu’il porte le nom de Hevah, très répandu alors. Ceux-là ne combattent pas les Israélites ; ils font alliance avec eux. Ils occupaient la ville de Gabaon et les cités voisines, et se livraient au commerce.

Puis ce sont les Jébusiens, qui vivaient à Jébus, laquelle devint plus tard « Jérusalem » (de Jerou-Salem, lieu de sûreté), bâtie près d’une petite source appelée « Gihon » (fontaine de la Vierge).

Silo était un centre israélite. C’est là que l’Arche fut établie. Elle y resta des siècles, jusqu’à Elie et Samuel. Bethel aussi a une grande importance ; le « Dieu de Bethel » était le Dieu de toute la Palestine.

(1) Le chef des Kétas est appelé Khetasar ou Khetasou. On dit aussi Shasou. Les Kétas sont décrits par les masculinistes comme des tribus sémitiques de l’est de l’Egypte qui se livraient au brigandage. On les trouve habitant des îles ; leur ville est surnommée Isah (Jérémie, LI, 41) et le peuple est appelé Iona (ce sont les Ioniens).

Quand Tyr est prise par les Kaldéens, sa flotte fait voile vers les Kétim (Isaïe, xxni, 12) ; Hébron devint la capitale des Kétas, qui sont quelquefois appelés Rhétas.

ISRAËL SOUS LES « JUGES » (du 13ème au 11ème siècle)

A cette époque reculée, le pays de Chanaan était fertile, bien cultivé, bien irrigué ; partout on rencontrait des citernes et des puits. Une florissante civilisation matérielle y régnait ; l’industrie y était développée, les arts cultivés, le commerce établi, l’écriture en usage partout. La langue babylonienne y était parlée et écrite comme langue littéraire, ainsi qu’elle l’était dans toute l’Asie Mineure.

La langue vulgaire, était celle que parlaient les Hébreux. Isaïe nous l’apprend (XIX, 18) et la stèle de Mesa en témoigne. Cette stèle date de la première moitié du 9ème siècle avant notre ère et rappelle les plus anciens écrits hébraïques par le style et la langue. On a remarqué que des lieux fertiles, sous la gynécocratie, devinrent des déserts improductifs, sous le régime suivant.

Ainsi les Prophètes vantent une plaine de Saron, qui est un trésor de beauté et de richesse (Isaïe, chap. XXXIII et XXXV). Depuis, les choses ont bien changé. Chateaubriand qui visita Saron, en Palestine, dit : « Le sol de toute part n’offre que des chardons, des herbes sèches entremêlées de chétives plantations de coton, d’orge, de froment. »

Dans la plaine, sur le bord du Jourdain, en face de Jéricho, au pied du mont Nebo, se trouvait un lieu appelé Sittim (les Acacias) ou Abel-ha-Sittim (la prairie des acacias). L’arche demeurait en cet endroit sous une tente. Or, l’acacia était l’emblème féminin, à cause de la forme de sa fleur, et parce que le Sépher le donnait comme l’arbre de vie, origine du genre humain.
On l’opposait au chêne, emblème masculin, à cause de la forme de son fruit.

LES ZEQENIM (ANCIENS)

Les Hébreux étaient gouvernés par « le conseil des anciens » dont la fonction consistait à régler les affaires générales.

Ceux que les historiens appellent les anciens, ce sont les Mères (matriarches ou matrones).

Dans chaque ville, les Sages d’Israël étaient chargées de maintenir l’ordre et d’administrer la Justice ; elles ne relevaient du conseil des anciens que pour les questions importantes qui intéressaient toute la nation.

L’Etat hébraïque formait une république fédérative dans laquelle chaque tribu, chaque Matrie, avait ses chefs propres et se gouvernait par elle-même. Les relations des tribus entre elles se maintenaient par l’observance de la Loi (Ha-Thora) et le culte de Heva, la Déesse-Mère.

LE GRAND CONSEIL

Le grand Conseil des « anciens » ou Sénat d’Israël était composé de 70 (ou 72) « Mères ».

C’est ce nom de Mère que portent les femmes qui dirigent les Tribus, puisque Déborah nous dit :« J’ai été une Mère en Israël. » C’est pour cacher leur sexe que le mot Mère a été traduit par le mot ancien (Zeqenim).

A Rome, on les appelle les « Matrones », et on célèbre en leur honneur une fête appelée Matronalia.

Donc, les « anciens d’Israël » étaient des « Mères ». Partout elles étaient mises au premier rang. Leur assemblée (Ecclesia, Concio) était un Sénat. D’autres petits conseils, ou Sénats secondaires, existaient dans les Tribus.

Le grand Conseil des Hébreux fut appelé plus tard Sanhédrin, du mot grec Sunedrion (Assemblée ou Congrès).

Le Conseil tenait ses séances dans une partie du Temple (quand il y en eut), et le Temple même où se tenait l’assemblée était appelé « Maison de Vérité ». Chez les Latins, la Domus est la demeure maternelle, considérée comme le Temple, le sanctuaire, où l’on enseigne la Vérité.

Le sacerdoce était une fonction essentiellement féminine. Il avait pour mission de faire respecter la Loi, de la conserver dans son intégrité, de l’enseigner, de punir ceux qui voulaient l’enfreindre, de veiller à l’exécution des cérémonies du culte.

Ce sont les « Mères » des Tribus qui rendaient la Justice.

Il appartenait aux seules sacerdotes-femmes de présider aux grandes cérémonies. Le Sénat formait une véritable Académie. L’assemblée choisissait parmi ses membres la plus savante, pour l’élever à la présidence. Cette présidente devait remplacer et représenter Myriam.

Le Conseil se recrutait parmi les Mères des Tribus.

On n’avait pas l’idée de consulter le peuple pour faire les élections. Pour faire choix d’un membre, qui soit à la hauteur de la mission législative, il faut des savants et non des ignorants. La volonté d’une multitude ne fait pas plus un législateur qu’elle ne fait un astronome ou un chimiste. Aussi le Sénat était véritablement une élite intellectuelle, la « tête » de la nation. Il était formé des femmes les plus distinguées de toutes les Tribus. C’est ainsi que Myriam et les Matrones gouvernaient la Matrie.

Avant de mourir, Myriam confia le texte original de son Livre, tout entier écrit de sa main, aux « anciennes » pour qu’il fût conservé par elles à travers les générations.

LE RÉGIME FAMILIAL EN ISRAËL

Sous le régime matriarcal en Israël, la famille était le seul groupement existant.

On avait la haine d’un gouvernement central ; les Israélites ne toléraient aucune autorité sur eux ; chaque tribu vivait de sa vie propre, soumise aux mêmes lois naturelles, en vertu desquelles les biens sont garantis par l’intérêt familial.

Les tribus étaient prospères. Les Israélites possédaient un esprit d’ordre et d’économie qui leur donnait des richesses dont bénéficiait la communauté. Mais de tous côtés se manifestait la jalousie des hommes, paresseux et nomades, et l’on craignait sans cesse les attaques du dehors.

On avait à lutter contre les Chananéens, les Philistins, les Moabites, les Ammonites, les « habitants des tentes », c’est-à-dire ceux qui étaient nomades, tels les Madianites et les Amalécites.

On craignait surtout les Arabes du grand désert, à l’Orient, appelés les Beni-Qedem, ou Orientaux (Saracènes, d’où Sarrasins), qui, sans aucune notion d’honnêteté, faisaient sans cesse des incursions chez leurs voisins, où ils venaient avec leurs chameaux, surtout après les semailles, et méchamment détruisaient la moisson naissante. Ils volaient les troupeaux et tout ce qu’ils pouvaient emporter, causant la terreur des populations matriarcales qui s’ingéniaient à se garantir des pillards, se barricadant, se cachant dans des cavernes. C’est ainsi qu’on a trouvé des grottes fortifiées et des masada aux sommets couverts de pierres, servant d’observatoires et de cachettes.

CE QU’ÉTAIENT LES JUGES

Les noms des Juges, qu’on nous donne, sont :

1- Othniel
2- Ehud
3- Sangar
4- Déborah
5- Gédéon (celui-ci est douteux)
6- Thola
7- Jaïr
8- Jephté (qui est douteux)
9- Ibtsan de Bethléem
10- Elou
11- Zabulon et Abdon.

Enfin on met Samson comme 12ème, alors qu’on sait que ce nom ne consacre qu’une vieille légende.

De cette époque nous n’avons qu’un seul document authentique, le « Cantique de Déborah ».

Nous ne pouvons donc affirmer l’existence des « Juges » que par ce morceau dans lequel il est dit : « J’ai été une « Mère » en Israël. »

Or, si le seul « Juge » authentique est une femme qui prend le titre de « mère », pourquoi les autres ne seraient-ils pas aussi des « mères » ?… étant donné que le mot « Soffet » veut dire « Sophia », qui est au féminin, et qu’on a traduit longtemps après cette époque par le mot « Juge » au masculin.

Le nom du 3e Soffet, Sangar, est un nom de femme ; Thola et Jaïr aussi. Partout, à cette époque, la justice est rendue par des « Soffetim », des « Sophias », des « Sagas ».

Les substitutions de sexes qui remplissent l’histoire sont l’origine de confusions perpétuelles. Les auteurs modernes ne comprennent pas le rôle de la femme dans l’antiquité, parce qu’ils l’assimilent toujours à la femme actuelle, asservie par le mariage, institution masculine et moderne.

Non seulement le mariage n’existait pas en ce temps-là, mais la royauté masculine non plus.

LE MALÉAK DE IHAVÉ

Dans le Cantique de Déborah, il est question du Maléak de Ihavé ; ceci a besoin d’être expliqué, car c’est l’origine lointaine d’un mot appelé plus tard à une grande destinée : le mot « melek », que l’on traduit par roi.

On appelait Maléak Iahvé celui qui était à côté de la Déesse et lui servait de messager ; son parèdre, son alter ego.

Or, quand un homme est l’alter ego d’une femme, c’est qu’il existe entre eux un lien intime qui les unit. Il est son double, comme disaient les Égyptiens, sa moitié, comme disent les modernes.

On le représente comme son messager, c’est-à-dire qu’il est celui qui exécute ses volontés, obéit à ses ordres, il est son serviteur dévoué, expression qui restera dans le langage chevaleresque et que les hommes emploieront toujours vis-à-vis des femmes, dont ils reconnaissent la supériorité morale.

Ceux qui arrivaient à obtenir la faveur d’être choisis par la Déesse étaient les élus. « Ce sont les hommes vertueux que Dieu prend pour qu’ils soient avec lui », dit Renan qui donne à Dieu le sexe masculin après qu’il nous a dit que Iahvé était une déesse locale. Et il ajoute : « A part ces élus, le sort de l’homme est la disparition dans l’oubli. »

Dans l’oubli de la Femme, en effet, et c’est ce que l’homme craint le plus. C’est pour éviter ce triste sort que, lorsque les hommes eurent conquis le pouvoir, ils instituèrent le mariage qui attachait indissolublement la femme à eux.

Les hommes « hors la loi » vivaient en état de vagabondage, attendant, qu’on ait besoin d’eux pour des expéditions contre les ennemis d’Israël. On appelait ces hommes les « Enakim » ou « Refaim » (les géants en hébreu).

La signification attachée à leur nom est la même que celle qui désigne les héros, les morts, les fantômes… et qui, au propre, signifie les hommes libres, c’est-à-dire libérés de la Loi morale, les Libertins.

Une plaine au sud-ouest de Jérusalem portait leur nom, et on les confondait avec les races titaniques qu’on supposait avoir été ensevelies sous les eaux.

Ces hommes étaient ordinairement des bannis, forcés de se mettre dans la compagnie des malandrins parce que leur famille ou leur tribu les avaient chassés.

Quelques-uns avaient quitté la Matrie par goût d’aventures, ou par l’appât d’un gain illicite, mais la vie calme et heureuse qu’elle assurait était toujours regrettée. Et puis les hommes avaient peur du herem des femmes, et ils se soumettaient à la loi pour obtenir leurs grâces, leurs faveurs.

Ce Maléak était envoyé par elles, pour un objet déterminé, Il régnait sous son propre nom sur 2 ou 3 lieues alentour.

Mais Renan nous dit que « quelquefois les Maléakim, abusant du pouvoir qu’ils se donnent, se présentent en voyage chez des gens par qui ils se font nourrir et héberger parce qu’ils se présentent au nom de Hevah dont ils se disent les messagers ».

On voit tout de suite, par ceci, combien l’abus arriva vite, et comme la Déesse, faible de cœur, était souvent mal représentée. Les supercheries, les abus de confiance ne sont pas des agissements modernes.

La femme avertie de ces abus devait être sévère, pour le délinquant. Alors il se défendait, mentait, accusait pour s’innocenter, en troublant son accusatrice.

Peu à peu le « Maléak » devint un grand vizir partageant les pouvoirs de la Déesse.

Les premiers historiens qui parlent de ces origines ne purent pas dénaturer les faits aussi complètement que le firent les modernes. Leurs récits sont une transition entre la vérité et le mensonge, une sorte de compromis.

« Les piétistes de Juda, dit Renan, trouvèrent malséants certains passages des anciens livres où Iahvé agissait trop naturellement et se compromettait en des aventures humaines que l’on trouve trop vulgaires. On prit l’habitude, dans ce cas-là, de substituer le « Maléak Iahvé » au mot Iahvé. »

Voyez la ruse : on substitue l’homme à la femme, parce qu’il l’a entraînée dans des actes qui ne sont choquants que parce qu’il les a rendus tels, et c’est ainsi que peu à peu on en vint à la supprimer tout à fait.

Mais d’abord on arrive, par cette substitution, à créer de nouvelles personnes ou hypostares divines. L’homme et la femme ne font qu’un, dira-t-on depuis.

Ces unions d’une Déesse et d’un mortel élèvent l’homme en le faisant participer aux privilèges de la Divinité. Cela lui donne de l’orgueil, il se croit un demi-dieu, puisqu’il est la moitié de la Déesse, et c’est ainsi qu’apparaissent dans la mythologie les couples divins : Hermès-Aphrodite (hermaphrodite), Castor et Pollux (les Dioscures), etc.

C’est la création de l’androgyne, et il faut remarquer qu’aussitôt que l’homme entre dans la constitution du couple, il met son nom le premier.

C’est du 13ème au 12ème siècle que les nations commencent à naître en Orient.

C’est-à-dire que c’est à cette époque que sont faites les premières tentatives pour établir la royauté, mais elles ne réussirent pas, puisque cette royauté éphémère est abolie en Grèce en l’an 1092 et remplacée en 1068 par la création des Archontes, qui se disent chefs perpétuels, mais qui sont plus despotes que les rois.

Le Maléak des Israélites, c’est le Basileus des Grecs d’Homère, qui marche en tête du peuple un bâton à la main ; c’est le Herzog germanique, c’est-à-dire un homme-chef, entraînant à sa suite les autres hommes.

On ne peut voir dans ces fonctions que le commencement du régime militaire, mais nullement la royauté sous la forme morale ou sacerdotale qu’elle prendra plus tard.

Ce pouvoir ne répond qu’à l’esprit de lutte qui est inné dans l’homme. Il est roi dans un Etat gouverné par la force. Mais la femme qui a en partage l’esprit de Justice est « Reine » dans un Etat gouverné par le droit.

Nous allons mieux comprendre maintenant, l’histoire des luttes soutenues en Israël, contre ceux qui voulaient imposer à ce peuple libre la redoutable royauté de l’homme.

GÉDÉON

L’histoire de Gédéon, dont on fait le 5e Juge, semble introduite dans le récit pour mettre des hommes parmi les « Soffetim ».

On fait de lui un fervent défenseur de Iahvé afin de rester dans l’esprit du temps où on le met. Il combat pour Israël, et bat ses ennemis.
Mais où l’histoire devient suspecte, c’est quand on nous dit qu’il refuse d’être « roi », et répond à ceux qui lui offrent le pouvoir : « C’est Iahvé qui règne sur nous ».

On cherche à lui donner des vertus en raison de ce renoncement, sans songer que personne en Israël ne pouvait lui offrir la royauté puisque c’était précisément ce genre de gouvernement que les Israélites combattaient.

« Avec l’argent qu’il gagna, il fit fondre une image de Iahvé en or, et un éphod au moyen duquel il donnait des consultations ». Or ces pratiques superstitieuses ne naquirent qu’avec les prêtres et lévites qui n’ont pas encore fait leur apparition du temps des « Juges ». Donc ce sont eux qui écrivirent l’histoire de Gédéon.

Gédéon a un fils, Abi-Melek, le premier auquel on donne le titre de « Roi », non pas parce qu’il a régné sur Israël, mais parce qu’il en a eu le désir.

Après cela Thola se lève pour délivrer Israël. On ne lui donne pas de sexe, mais ce Soffet règne 23 ans, sans troubles.

Puis vient Jaïr qui juge Israël 22 ans, toujours sans indication de sexe.

Après cela la révolte recommence, le culte des Dieux mâles reparaît, et le désordre est encore suivi de reproches, puis de délivrance.

JEPHTÉ

Le chapitre XI du Livre des Juges nous raconte l’histoire de Jephté, dont on fait le huitième Soffet.

Ce personnage, que l’on représente comme un homme fort et vaillant, est célèbre par l’histoire de sa fille.

Cette histoire de la fille de Jephté est une légende souvent répétée. Dans sa forme simple, c’est-à-dire prise à la lettre, elle semble inventée pour donner aux filles un exemple de la soumission filiale, ce qui serait d’autant plus maladroit qu’en ce temps-là le père n’avait aucune autorité sur sa fille.

SAMSON

La légende de Samson, l’Hercule Israélite, a été introduite dans les Livres à une époque tardive. C’est la légende d’un homme, vaincu par une femme, que l’on retrouve partout (Hercule et Omphale).

C’est à Renan que j’emprunte l’histoire de ce prétendu douzième Juge en Israël :

« La fable roulait autour des exploits d’un certain Samson, fils de Manoah de Soréa, guerrier danite, d’une force extraordinaire. Il prenait, sur son dos les portes d’une ville et les transportait à des kilomètres ; il faisait tomber un édifice en prenant 2 de ses piliers et en les secouant. Sa vie se passe en luttes contre les Philistins de son canton, en tours de force, en énigmes, en stratagèmes de guerre. Il y avait des épisodes pour l’étonnement, d’autres pour le gros rire. Sa force résidait en une chevelure puissante, qui lui couvrait la tête ; mais il était faible pour les femmes. Une drôlesse du pays des Philistins l’endormit sur ses genoux et lui coupa les cheveux.

« Plus tard, quand il s’agit d’insérer dans la série des Livres Saints cette histoire, on y fit d’étranges retouches. On transforma le burlesque héros de Dan en un respectable Juge de tout Israël. »

Tout cela prouve l’ignorance des rédacteurs de ces légendes qui confondent les faits, les causes, les récits, embrouillent tout pour faire triompher la cause masculine.

Faire de Samson, l’homme fort, un Soffet, un sage, est une première aberration, en même temps qu’une preuve de la mauvaise foi des historiens. Mettre la force dans les cheveux alors que c’est à l’homme chauve qu’on reprochait sa force, est une autre manière d’embrouiller les lois de la nature et de narguer ceux qui les enseignent.

SAMUEL (Shemou-el) vers 1070

Samuel est connu par des documents légendaires, mais qui laissent deviner un grand personnage qu’on a voulu masquer sous des apparences trompeuses.

Shemou-el était Soffet, donc un sage, et une femme, puisque nous avons vu que cette fonction n’a pas pu être remplie par des hommes.

Elle avait une influence considérable sur les assemblées de Mispa. Chaque année elle faisait une tournée à Bethel, à Gilgal, à Mispa, y tenait des assises et jugeait souverainement les affaires du pays.

C’était une « Mère » comme Déborah. Sa maison de Rama était le centre des affaires de Benjamin et du sud d’Ephraïm.

C’est à Samuel qu’on attribue l’établissement d’un registre (Sépher) gardé dans l’arche, sur lequel on inscrivait les Annales d’Israël.

Samuel est considéré comme « une voyante », mot qui fut employé d’abord pour désigner celle qui sait les lois de la nature et donne des conseils.

C’est par le mot « voyantes » qu’on désignait les femmes qui, comme les Sibylles grecques, enseignaient, et la nature même de leur enseignement prouve leur sexe. Elles sont les premières prêtresses.

Du reste, Shemou-el est une féministe ardente, convaincue, exerçant une grande influence morale pendant les 40 ans qu’elle rend la justice à Mispa. C’est de plus une austère qui s’abstient de boissons fermentées et vit simplement.

Le premier acte de Samuel fut de rappeler le peuple à la religion Théogonique (Chap. VII):

3. « Si vous retournez de tout votre cœur à Hevah, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et Hastaroth (la caricature d’Astarté) et rangez votre cœur à Hevah et ne suivez qu’elle seule, et elle vous délivrera de la main des Philistins (1) ».

13. « Et les Philistins furent humiliés, et depuis ils ne vinrent plus au pays d’Israël, et la main de Hevah fut sur les Philistins pendant tout le temps de Samuel ».

Il est bon de remarquer que, dans les luttes de sexes, qui sont des luttes morales, le vaincu n’est pas battu, mais humilié. Rappelons par exemple que l’épée dans le langage symbolique primitif, c’est la parole qui perce.

Les historiens, pour faire de ce Soffet un homme, en feront un lévite ou un cohen (prêtre), donnant ainsi du prestige à leur profession sans se soucier de l’anachronisme qui leur fait mettre le prêtre avant l’institution de la prêtrise.

(1) Les Philistins ou Palestins étaient un ancien peuple du pays de Chanaan qui donna son nom à la Palestine. Il battit Saül sur le mont Gelboé, et fut vaincu par David.

SAÜL (Shaoul)

Nous voyons l’agitation révolutionnaire dirigée par un guerrier, un lutteur, qui établit une sorte de militarisme en Israël, et prétend baser sur la force la royauté qu’il veut accaparer. Il ne pense qu’aux luttes, aux combats ; c’est un homme fort de muscles, mais faible d’esprit ; c’est un précoce déséquilibré. Il se crée une armée permanente ; il a des cadres, un Sar-Saba ou Séraskier, des hommes de guerre par état, des chefs parmi lesquels se trouve Abner.

Saül attaque les Philistins (naturellement, puisque ce sont les ennemis d’Israël), mais cela les excite à la guerre au lieu de les calmer, et cela amène un état permanent de troubles dans le pays. On se cache dans les anfractuosités des rochers, dans les citernes, partout où l’on peut fuir.

Les rédacteurs du Livre de Samuel, dans le but d’antidater l’existence de l’autorité masculine, pour la justifier par des précédents acquis, font de Saül un « roi », comme si la prétention de prendre un titre donnait le droit de le porter.

Il n’eut jamais de capitale ni de résidence royale, ce qui prouve qu’il ne régna pas de fait, et ne fut en somme qu’un prétendant à la royauté, prétendant non reconnu par les masses (1).

Du reste, le récit de ce fait est répété dans plusieurs endroits de façons contradictoires.

D’abord on dit que c’est Samuel qui le sacre, ce qui est absurde, puisque c’est au contraire Samuel qui le combat et qui dit au peuple :

19. « Aujourd’hui vous avez rejeté votre Déesse qui est celle qui vous a délivrés de tous vos maux et de votre affliction. Et vous avez dit : « Non, mais établis-nous un roi ».

Il est vrai qu’à cette époque, quand on disait d’un homme qu’il avait été sacré ou consacré, cela voulait seulement dire qu’il avait reçu les faveurs d’une Déesse.

Saül (Shaoul) était un bel homme plus grand que tous les autres « depuis les épaules en haut ».

Au physique, un beau mâle, aimant le plaisir, n’observant pas la loi morale, offrant l’holocauste quand il ne faut pas ; ce qui irrite Samuel. (Il faut se rappeler que la Thorah imposait à l’homme six jours de chasteté sur sept.) Les reproches que Samuel adresse à Saül à propos de l’oubli de cette Loi nous éclairent sur la psychologie de cette histoire (I Sam., chap. XIII) :

13. « Alors Samuel dit à Saül : « Tu as agi follement ; tu n’as point gardé le commandement que l’Éternel, ton Dieu, t’a donné ; l’Éternel eût maintenant affermi ton règne sur Israël à toujours.

14. « Mais maintenant ton règne ne sera point stable : l’Éternel s’est cherché un homme selon son cœur, et l’Éternel lui a commandé d’être le conducteur de son peuple parce que tu n’as point gardé ce que l’Éternel t’avait commandé ».

Cet « homme selon son cœur » que Hevah s’est cherché, c’est David, que nous allons voir bientôt entrer en scène.

Continuons à enregistrer les paroles de Saül et Samuel :

24. « Saül répondit à Samuel : « J’ai péché, car j’ai transgressé le commandement de Hevah et sa parole, parce que je craignais le peuple et j’ai obéi à sa voix.

25. « Mais maintenant, je te prie, pardonne-moi et reviens avec moi ».

26. Et Samuel dit à Saül : « Je ne retournerai point avec toi, car tu as rejeté la parole de Hevah ».

Tout ceci indique bien clairement qu’entre Samuel et Saül il existe des relations intimes que Samuel veut rompre. C’est la lutte de l’homme et de la femme avec les reproches qu’elle comporte toujours.

Mais Samuel a peur de Saül, ce qui est encore bien féminin ; elle répond : « Comment irais-je, car Saül l’ayant appris me tuera ? »

Elle y va cependant, et demande à voir les enfants d’Isaïe. On lui montre d’abord les garçons ; mais ce ne sont pas eux que Hevah veut ; elle insiste pour voir le dernier enfant « qui n’est pas un fils », qui est entre les brebis. Or les brebis, dans le langage symbolique, qui fait de la femme un agneau, ce sont les jeunes filles.

Dans ce chapitre, au verset 12, il est dit de David : « Elle était blonde et belle de visage ».

Le symbolisme qui fait de la femme une brebis a fait croire que David était berger ; mais on sait au contraire que David appartenait à une des plus importantes familles d’Israël.

C’est de David (Daud) qu’on disait: « Une femme viendra qui s’élèvera au milieu des filles de Juda telle qu’un lys entre les épines ».

(1) Dans le Deutéronome, écrit après le triomphe de la royauté masculine, on dira (xxx, 5, prologue des bénédictions de Moïse): « Le roi fut fait en Israël par l’assemblée des chefs du peuple et l’accord de toutes les tribus ». On ne peut pas mentir plus effrontément. En réalité, il n’y eut jamais de rois en Israël : la royauté ne s’imposa qu’en Juda, après le schisme.

DAVID (DAUD)

Lorsque Renan, dans le cours qu’il professait au Collège de France, arrivait au verset 12 du chapitre XVI du premier livre de Samuel, où il est dit : « Elle était blonde et belle de visage », il s’arrêtait et, avec son air de paternelle bonhomie, disait au public qui l’écoutait : « Quelle bizarrerie ! tous les adjectifs qui qualifient David sont au féminin. Pourquoi belle ? »

Puis il faisait lui-même à sa question cette étrange réponse : « C’est sans doute parce que la beauté est un attribut féminin… Les Hébreux ne devaient pas employer ce mot au masculin. »

En effet, dans la Bible hébraïque, tous les adjectifs qui qualifient David sont au féminin, et Renan ne s’apercevait pas qu’il s’agissait d’une femme, alors que lui-même, dans son Histoire du Peuple d’Israël, écrivait ceci : « David est un charmeur, prodige de grâce, d’élégance et d’esprit, capable des sentiments les plus délicats ; dès qu’on le connaissait, on s’attachait à lui, son type de figure tranchait sur les visages basanés de ses contribules. Il avait le teint rose, des traits fins et aimables, une parole douce et aisée. De très anciens textes le présentent comme habile cithariste et poète exercé. »

Tels sont les traits caractéristiques de sa féminité qu’on n’a pas pu lui ôter. Son sexe qu’on a voulu cacher se révèle à chaque ligne du livre qui parle d’elle.

Le nom de David (Daud, דוד ) veut dire : le favori de Hevah.

Ce nom a plusieurs significations symboliques, comme tous les noms de femmes ; il exprime tantôt les vraies qualités de la femme-esprit, tantôt ses conditions sexuelles, tantôt ses souffrances.

David fut la plus grande figure de l’histoire d’Israël, la plus haute expression de la puissance morale de la femme, le plus beau caractère, la plus haute intelligence, mais aussi la plus douloureuse, des martyres.

Elle fut proclamée Soffet à l’unanimité vers 1050. Elle avait alors 30 ans, une beauté éclatante et une grande renommée.

Tous les défenseurs du droit et de la justice, c’est-à-dire de l’ancien régime, se mirent ouvertement avec elle ; elle était surtout défendue par les écoles de prophètes de Rama. Les tribus vinrent lui faire soumission à Hébron, disant : « Nous sommes tes os et ta chair », manière de dire : nous sommes du même sexe.

David fut, à partir de ce moment, inviolable et sacrée.

Hébron qui était une grande ville devint la capitale d’Israël. David continua d’y résider encore 5 ans 1/2 et y vit naître sa famille. C’est après ce temps qu’elle fonda Jérusalem.

A suivre…

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